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Profs d'Histoire lycée Claude Lebois
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24 juin 2015

la Bourgogne pendant la guerre de Cent Ans

 

 

 

 

 

 

la Bourgogne et les Bourguignons

pendant la guerre de Cent ans

 

 

 

 

 

 

 

duché de Bourgogne comté de Bourgogne
duché de Bourgogne et comté de Bourgogne au XIVe siècle

 

 

Jean sans Peur 1371-1419
Jean sans Peur (1371-1419), devint duc de Bourgogne en 1404

 

entrée des Bourguignons à Paris
entrée des Bourguignons dans Paris, juin 1418

 

Philippe le Bon 1396-1467
Philippe le Bon (1396-1467), devint duc de Bourgogne en 1419

 

 

 

* en cours d'édition

 

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4 août 2015

guerre et sociétés : 1270-1480

Crécy miniature Froissart 1415 British Library

 

 

guerre et sociétés : 1270-1480

 

 

Dossier destiné aux étudiants, aux agrégatifs, aux professeurs d'histoire.

 

- l'expression "guerre de Cent ans"

- chronologies, guerre 1270-1480, dont guerre de Cent ans

- plans d'ouvrages sur la guerre, 1270-1480

- hommes de guerre aux XIVe et XVe siècles

- chroniqueurs du Moyen-Âge en France

- tableaux généalogiques, 1270-1480 (sur toute la période)

 

* tableaux généalogiques des rois de France :

- 1) ascendance et descendance du roi Philippe VI de Valois (1328-1350)

- 2) la descendance du roi Jean II le Bon (1350-1364) : tableau

- 3) la descendance du roi Charles V le Sage (1364-1380) et de Jeanne de Bourbon

- 4) la descendance de Charles VI (1380-1422) et d'Isabeau de Bavière

- le territoire du royaume de France pendant la guerre de Cent ans (cartes)

- les villes du royaume de France et la guerre, 1270-1480

- grands personnages

- Aquitaine, Guyenne, XIII-XVe siècle

- la Bourgogne pendant la guerre de Cent ans

- compte rendu du livre de l'historien anglais Maurice Keen (1933-2012), Chivalry (1984), par Jean Flori (1986)

- L'Armée du roi de France. La guerre de Saint-Louis à Philippe le Bel, Xavier Hélary

- Philippe Contamine, médiéviste

- sujets de commentaire et confrontation donnés à l'agrégation de géographie en 2014

 

* publications en cours

 

 

Crécy miniature Froissart 1415 British Library
bataille de Crécy, 1346, Chroniques de Froissart, vers 1415,
British Library Shelfmark : Cotton Nero E. II pt.2

 

 

* dossier destiné aux étudiants, aux agrégatifs, aux professeurs d'histoire. 

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6 août 2015

les Républicains et la campagne (1870-1892)

Honneur aux agriculteurs comice Iffendic
"Honneur aux agriculteurs" adossé au mur sud de l'église, comice à Iffendic (Ille-et-Vilaine) (date ?)

 

 

La campagnocratie républicaine :

une double conversion

 Soo-Yun CHUN (2003, extraits)

 

Sans doute Wickersheimer dit-il la vérité lorsqu’il prononce en janvier 1886 cette phrase :

«J’ai le regret de constater que lorsqu’on interroge quelques-uns de nos collègues républicains, ils prétendent partager nos principes en matière de libre-échange ; tandis qu’en fait ils se sont laissés gagner par les arguments de nos adversaires» (Chambre des députés, 3 juillet 1886).

Quelques années plus tard, ces «collègues républicains» semblent partager les principes de ces «adversaires».

 

Des républicains «ruralisés»

En fait, on peut discerner la division du parti républicain autour de la question douanière dès le moment où l’anticléricalisme n’arrive plus à faire la «concentration républicaine».

René Goblet min Instruction pub

Ce n’est pas un hasard si le ministre de l’Instruction, Goblet [ci-contre], invoque le danger du mouvement clérical, quand il demande la priorité pour son projet de loi relatif à l’enseignement sur celui du relèvement des droits. Or, la concentration républicaine ne paraît plus à l’ordre du jour, parce que Ganault, membre du groupe agricole républicain, s’y oppose en demandant la priorité de la loi douanière. La Chambre rejette la demande de Goblet (Chambre des députés, 26 juin 1886).

En face de cette question douanière qui ne respecte pas le clivage politique de la décennie précédente, et bien que la droite compte quelques dissidents, en particulier parmi les bonapartistes, c’est le parti républicain qui se trouve divisé en deux camps bien nets : les républicains libre-échangistes de la France urbaine s’opposent aux républicains protectionnistes représentant la France rurale. L’union des villes et des campagnes, chère chez les républicains des années 1870, paraît tomber en désuétude.

Il semble que les républicains libre-échangistes emploient l’expression de «députés ruraux» ou «électeurs ruraux» dans le sens retrouvé des années de la fin de l’Empire et de l’Assemblée nationale de 1871 (Chambre des députés, 6 juillet 1886), alors que les discours des républicains protectionnistes ne sont pas très éloignés de ceux de leurs ennemis d’il y a à peine une ou deux décennies.

Dès les élections de 1881, les républicains modérés font allusion au contraste frappant entre la raideur des formules et les aspérités de l’intransigeance de certaines circonscriptions urbaines, et le calme général dont jouissent les circonscriptions rurales. Ils laissent entendre leur opinion d’après laquelle la République, en dépit de la brutalité des intransigeants qui «déshonorerait Paris, si Paris pouvait être confondu avec la horde de déclassés sans patrie» (La Semaine agricole, 28 août 1881), prospérerait sous la sauvegarde de la paysannerie, considérée comme réservoir de la société française.

On a l’impression qu’ils sont autant, sinon plus, gagnés par la cause paysanne que les paysans ne sont gagnés par la cause républicaine. Les agriculteurs que Méline félicite pour leur capacité de lecture et de mémoire (cf. son discours du 2 juin 1885 devant le groupe agricole, déjà cité) sont devenus conscients de la puissance de leur voix et les républicains opportunistes le sont à leur tour de ce fait.

On peut parler dès lors de la «ruralisation des républicains» aussi bien que de la «républicanisation des masses rurales». (Sur la question de la politisation des campagnes, concernant surtout sa «dernière étape», voir les interventions de Maurice Agulhon, Jean-François Chanet, de Ronald Hubscher, et de Caroline Ford dans les actes du colloque de Rome (20-22 février 1997) : La Politisation des campagnes au XIXe siècle. France, Italie, Espagne et Portugal, École française de Rome, 2000).

L’acculturation ou la conversion ne se jouent pas à sens unique (Lehning, 1995, p. 179-203).

 

Des ruraux «républicanisés»

Nous avons de nouveau une «majorité rurale», mais est-ce qu’elle constitue une «Chambre rurale dans le sens profond et vrai de ce mot» qu’a annoncée Gambetta dans son fameux discours de Bordeaux ?

S’agit-il d’une campagnocratie, reconstruite autour du protectionnisme ? Voit-on dans cette nouvelle majorité rurale un avant-goût de ralliement des conservateurs au régime républicain ou bien la conversion d’une bonne partie du parti républicain au conservatisme agricole ?

Ce qui semble évident, c’est que les dirigeants de la République opportuniste prennent leurs distances aussi bien avec les populations ouvrières qu’avec leurs représentants «démagogues». La conséquence est pour le parti républicain la perte de son aile radicale et de son électorat urbain. Cependant, les dirigeants du parti peuvent se satisfaire d’un effet compensateur : en se ralliant à la cause protectionniste, et en associant le Second Empire et le libre-échange à l’origine de la crise agricole, ils font un grand pas en avant dans leurs efforts de longue date pour détacher les paysans français du régime impérial.

La campagnocratie républicaine se différencie, au moins de ce point, de vue de la campagnocratie impériale. Les agrariens républicains ont raison de faire l’éloge de la fidélité des campagnes qui ont témoigné à la République «leur reconnaissance en la sauvant du coup de folie auquel se laissaient aller la plupart de nos grandes villes, et particulièrement Paris, à la suite du général Boulanger» (article de Couteaux, «L’agriculture», La Semaine agricole, 3 juillet 1892).

Soo-Yun Chun
extraits de l'article
"«Amis de l’agriculture» (1870-1892"
publié dans Histoire & Sociétés rurales, 2003/2
en ligne

 

 

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14 juin 2015

chronologies, guerres 1270-1480

Crécy Froissart ms2675 fol 159 v
la bataille de Crécy (1346), in Jean Froissart, Chroniques (ed. 1420-1450), BnF, ms 2675, fol. 159 v

 

 

chronologies, guerres 1270-1480

dont guerre de Cent ans

 

 

Christopher Allmand couv

- chronologie figurant dans l'ouvrage de Christopher Allmand, La guerre de Cent Ans. L'Angleterre et la France, 1300-1450, (1988), éd. Points, 2013, p. 331-333.

 

- 1259 : traité de Paris.

- 1294 : Philippe IV (Le Bel) confisque le duché d'Aquitaine. [menace de confiscation]

- 1306 : procès de Montreuil.

- 1311 : propcès de Périgueux.

- 1323 : incident de Saint-Sardos.

- 1324 : Charles IV confisque le duché d'Aquitaine.

- 1327 : mort d'Édouard II, roi d'Angleterre ; avènement de d'Édouard III.

- 1328 : mort de Charles IV, dernier des Capétiens directs ; avènement de Philippe VI, premier roi de France Valois.

- 1331 : Édouard III rend un hommage lige pour ses terres françaises.

- 1332-1333 : procès d'Agen.

- 1337 : Philippe VI confisque le duché d'Aquitaine ; début de la guerre.

- 1340 - victoire navale d'Édouard III à Sluys.

- 1344 : pourparlers de paix à Avignon.

- 1346 : Édouard III débarque en Normandie ; victoire anglaise à Crécy.

- 1347 : les Anglais s'emparent de Calais.

- 1348-49 : peste Noire.

- 1350 : mort de Philippe VI ; Jean II, roi de France.

- 1353-54 : négociations à Guines.

- 1356 : le Prince Noir remporte la bataille de Poitiers ; Jean II est fait prisonnier.

- 1360 : traité de Brétigny ; début d'une périod e paix relative.

- 1364 : mort de Jean II à Londres ; Charles V lui succède.

- 1367 : victoire de l'armée du Prince Noir à Nájera.

- 1369 : reprise des hostilités entre la France et l'Angleterre.

- 1372 : victoire navale française deant La Rochelle.

- 1375 : nouvelles négociations à Bruges.

- 1376 : mort du Prince Noir.

- 1377 - mort d'Édouard III ; Richard II, roi d'Angleterre.

- 1378 : début du Grand Schisme d'Occident.

- 1380 : mort de Charles V ; Charles VI, roi de France ; dernière expédition anglaise sur le continent pour le XIVe siècle.

- 1381-1382 : troubles sociaux majeurs en France et en Angleterre.

- 1396 : conclusion d'une trêve de vingt-huit ans.

- 1399 : déposition de Richard II, auquel succède Henri IV.

- 1411-12 : petites expéditions anglaises en France.

- 1413 : mort d'Henri IV ; Henri V montre sur le trône d'Angleterre.

- 1415 : Henri V envahit la Normandie, s'empare de Harfleur et défait les troupes françaises à Azincourt.

- 1417 : fin du Grand Schisme.

- 1417-1420 : une plus grande partie du Nord de la France passe sous contrôle anglais.

- 1419 : assassinat du duc de Bourgongne Jean sans Peur à Monterau.

- 1420 : traité de Troyes ; Henri V épouse Catherine de France.

- 1421 : victoire franco-écossaise à Baugé.

- 1422 : mort d'Henri V ; Henri VI, roi d'Angleterre ; mort de Charles VI, Charles VII lui succède.

- 1424 : l'armée franco-écossaise est défaite à Verneuil par les Anglo-Bourguignons.

- 1429 : Jeanne d'Arc délivre Orléans ; sacre de Charles VII à Reims.

- 1431 : procès et exécution de Jeanne d'arc à Rouen ; Henri VI est sacré roi de France à Paris.

- 1435 : traité d'Arras et rapprochement franco-bourguignon.

- 1436 : les Français reprennent Paris.

- 1439 : négociations à Oye, près de Calais.

- 1444 : trêve de Tours.

- 1449 : l'armée française, conduite par Charles VII, envahit la Normandie ; prise de Rouen.

- 1450 : victoire française à Formigny ; les Anglais évacient la Normandie.

- 1451 : les Français s'emparent de Bordeaux, puis reperdent la ville l'année suivante.

- 1453 : victoire française à Castillon ; les Anglais évacuent l'Aquitaine.

- 1475 : Édouard IV débarque à Calais à la tête d'une armée, puis regagne l'Angleterre après avoir rencontré Louis XI à Picquigny.

 

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France-tv

 

    • 24 juin 1340 - Bataille navale de L’Écluse :
    • les Anglais détruisent la flotte franco-génoise qui faisait le blocus de Bruges.
    • 1346 - Bataille de Crécy : victoire anglaise.
    • 1346-1347 - Siège de Calais par les Anglais.

    • 1347 - Arrivée de la Peste noire en France.

    • septembre 1356 - Bataille de Poitiers victoire des Anglais, et capture du roi de France Jean le Bon.

    • mai 1360 - Traité de Brétigny : les Anglais obtiennent des concessions territoriales enlevant à la France le tiers du pays.
    • mai 1364 - Bataille de Cocherel : victoire de Bertrand Du Guesclin sur Charles de Navarre.
    • mai 1364 - Bataille de Cocherel : victoire de Bertrand Du Guesclin sur Charles de Navarre.
    • 1370 - Bataille de Pontvallain : victoire de Du Guesclin sur les Anglais.
    • 1372 - Bataille de La Rochelle :
    • la flotte anglaise est vaincue par la flotte castillane alliée de la France.
    • octobre 1415 - Bataille d’Azincourt : sévère défaite française, que Henri V a complété par la conquête de la partie nord du pays.
    • octobre 1420 - Traité de Troyes, qui consacre la suprématie anglaise sur le nord de la France et l’Aquitaine.
    • octobre 1428 - Début du siège d’Orléans par les Anglais.
    • avril 1429 - Levée du siège d’Orléans

    • juin 1429 - Bataille de Patay : victoire française, qui ouvre la voie à la reconquête du nord du pays.
    • juillet 1429 - Sacre de Charles VII à Reims :
    • Jeanne d’Arc fait sacrer Charles VII dans la ville symbolique.
    • avril 1436 - Les troupes de Charles VII reprennent Paris

    • avril 1450 - Bataille de Formigny, victoire française, qui permet la reconquête de la Normandie.
    • juillet 1453 - Bataille de Castillon : victoire française, et reconquête de la Guyenne. Dernier choc militaire de la guerre de Cent Ans.
    • août 1475 - Traité de Picquigny : Louis XI et Edouard IV scellent la fin du conflit entre France et Angleterre.

source

 

Castillon monument commémoratif
monument commémoratif de la bataille de Castillon, 12 juillet 1453

 

 

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13 novembre 2011

...et la France ? n'est-elle plus un "territoire" de proximité ?

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Mais où est donc passée la France ?

Rémy KNAFOU


Mis en oeuvre à partir de cette rentrée scolaire [2011], les nouveaux programmes de géographie de la classe de 1re ont été publiés dans l'indifférence générale, alors même qu'il s'agit d'un enjeu d'importance majeure pour la formation des jeunes Français et l'idée que nous pouvons nous faire de la France, de la République, de son territoire et de la société qui l'habite. On sait pourtant, ou on devrait le savoir, que l'enseignement de l'histoire et la géographie de la France a joué et joue encore un rôle important dans la manière dont se forge notre identité nationale.

Une identité ouverte, évolutive mais qui ne doit pas pour autant dépendre de l'air du temps interprété par un quarteron d'inspecteurs généraux de l'éducation nationale peu ou mal encadrés par ceux dont la responsabilité est de veiller à l'adéquation entre le contenu des programmes scolaires et l'idée qu'une collectivité souhaite se faire d'elle-même.

La «géographie de la France» n'est plus depuis longtemps celle d'un espace dont le mont Blanc est le point culminant et où la Loire prend sa source au mont Gerbier des Joncs, mais l'analyse raisonnée d'un territoire national produit, entretenu et renouvelé par une société qui elle-même s'est densifiée et transformée.

Autrement dit, la géographie de la France ne peut prétendre être uniquement un savoir positif et objectif ; elle est aussi pour partie - mais une partie politiquement déterminante - une idée que nous souhaitons collectivement proposer à nous-mêmes et aux jeunes que nous avons la charge de former.

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Or, à lire les nouveaux programmes de géographie de 1re, on reste pantois devant l'élision du niveau national : l'entité «France», celle de la République française, a purement et simplement disparu au profit de deux autres niveaux : le niveau européen, d'un côté, et celui des territoires qui composent la France, de l'autre, la part belle étant faite aux «territoires de proximité».

Il est permis de penser que la France ne se résume pas uniquement à l'addition ou à la juxtaposition des territoires qui la composent et que si, effectivement, on peut observer un recul du niveau national - l'État lui-même ayant transféré plusieurs de ses compétences ou prérogatives à des niveaux inférieurs ou à celui de l'Union européenne -, ce niveau existe toujours et constitue une partie importante du ciment qui lie une société. Le constat mérite d'être fait sans qu'on passe automatiquement pour un souverainiste.

À tout le moins, cet effacement aurait mérité un véritable débat politique et démocratique, car assurément, la question de l'identité nationale appelait une réflexion collective et non un médiocre travail d'experts sans vision générale et enfermés dans des enjeux disciplinaires de nature secondaire.

Quant à la consultation des enseignants qui a suivi, faite dans des délais anormalement limités, elle n'a été qu'un simulacre, ce qui en dit long sur l'idée que ceux qui nous gouvernent se font des professeurs : des intermédiaires, sortes d'opérateurs-relais, chargés de faire passer une vision très discutable de la géographie comme de l'histoire, et non des intellectuels pouvant avoir l'ambition de penser leur discipline, au contact qu'ils sont de la réalité sociale que constituent les élèves d'aujourd'hui et leurs familles.

Au-delà de la question de l'infaisabilité du nouveau programme d'histoire, cette indifférence de la hiérarchie au considérable potentiel que constitue le corps des professeurs d'histoire-géographie est probablement pour beaucoup dans le malaise qui alimente une fronde montante contre une réforme certes ambitieuse, mais mal pensée, sans appréciation des enjeux réels, et conduite avec une précipitation excessive.

On peut défendre l'idée qu'il est nullement incompatible de se sentir européen, de vivre dans des régions bien vivantes, de s'intéresser à son ou ses territoires de proximité et de penser que le niveau national signifie encore quelque chose, ne serait-ce qu'une certaine manière de vivre ensemble, qui ne ressemble pas tout à fait à celle des Allemands, des Britanniques, des Espagnols ou des Luxembourgeois.

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Et que ce vivre-ensemble ne peut se résumer au seul portage de la dette publique accumulée par un État de plus en plus empêtré dans ses contradictions et impuissant au point de payer des fonctionnaires littéralement irresponsables pour rédiger en toute bonne conscience l'acte de décès par omission de l'entité nationale.

Bref, ce nouveau programme de géographie de la classe de 1re est très représentatif d'une certaine désorientation collective et exemplaire de tout ce qu'il ne faut pas faire : une carence préoccupante d'interrogation sur l'objectif fondamental de formation des citoyens ; une absence inquiétante de mise en débat d'une question aussi importante ; une prise de pouvoir de la discipline au détriment de l'intérêt de la formation des jeunes : s'il est normal que les programmes scolaires s'appuient sur les avancées de la science, ils ne doivent pas pour autant devenir des béquilles pour les disciplines en mal d'affirmation.

Si l'école n'enseigne pas l'idée républicaine en lien avec un territoire, une société et son histoire, qui le fera ? La France est-elle devenue un niveau si obsolète que l'Éducation nationale en arrive à le passer par pertes et profits ? On ne peut que souhaiter que les politiques se saisissent, même tardivement, d'un enjeu au moins aussi important que la plupart des questions qui agitent la scène politique française depuis plusieurs mois. Mais il s'agit, il est vrai, d'un enjeu de long terme et l'on sait que la France contemporaine éprouve une difficulté croissante à se penser positivement dans la longue durée.

En cédant, en histoire à la tyrannie contemporaine de la mémoire et en géographie à la démagogie territoriale de la quotidienneté et de la proximité qui conduit à consacrer chaque individu comme centre du monde, les nouveaux programmes de la classe de 1re illustrent cruellement l'impuissance de nos «experts» à penser cette version française de la démocratie que l'on appelle République.

Rémy Knafou
professeur émérite de géographie à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne
Le Monde
, 5 octobre 2011

 

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22 juillet 2015

Berlin en juillet 1945, en couleurs

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Berlin, juillet 1845

 

 

Berlin en juillet 1945, en couleurs

 

 

Berlin in July 1945 HD 1080p color footage

 

On ne connaît pas le nom ni la nationalité de l'opérateur. Mais il s'agit d'un film tourné, juste quelques semaines après la chute de Berlin devant l'offensive soviétique.

 

Berlin juillet 45 (2)
Berlin, juillet 1945 ; panneaux en langue russe :
en haut à gauche, place de Paris, au dessous, Brandebourg ; à droite, en haut, Reichstag...

 

Berlin juillet 45 (3)
Berlin, juillet 1945 : panneau indicateur soviétique, Alexander Platz

 

Berlin juillet 45 (4)
Berlin, juillet 1945 : dans les ruines de la Chancellerie

 

 

La ville de Berlin fut conquise par l'Armée Rouge (soviétique) en avril-mai 1945. Les troupes américaines et britanniques, avec un petit contingent français, entrèrent dans Berlin à partir du 4 juillet 1945.

 

lien

- résumé historique de l'occupation de Berlin à l'été 1945 par les Alliés.

 

 

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9 janvier 2010

Kingdom of Heaven, un film sur les Croisades

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Kingdom of Heaven


(le Royaume des Cieux, film de 2005)



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les erreurs (invraisemblances) historiques

du film

Kingdom of Heaven ("le Royaume des Cieux") de Ridley Scott, 2005

 

Le film du réalisateur britannique Ridley Scott (Blane Runner, 1492, Gladiator…) paru en 2005, Kingdom of Heaven propose une histoire qui se déroule entre 1184 et 1187, peu avant la troisième Croisade, et qui se termine par la prise de Jérusalem par Saladin. l'image des rapports entre chrétiens et musulmans est largement idéalisée. Ainsi :

- l’idée que sous le règne des chrétiens, Jérusalem était ouverte à toutes les religions, ce qui est absolument faux !

- la mise en garde du médecin Templier à Balian arrivé à Jérusalem et qui lui dit qu'il a perdu sa religion : "Ce n'est pas ce qui compte la religion. Au nom de la religion, j'ai vu le délire de fanatiques de toutes les confessions du monde appelé la volonté de Dieu. La sainteté, c'est de faire ce qui est juste, de se battre avec courage pour ceux qui sont sans défense. Ce que Dieu veut, la bonté qu'il exige, est là". Ces propos sont tout à fait inconcevables à cette époque. C'est la religion qui compte, avant tout le reste, pour tous les croyants qu'ils soient Croisés chrétiens ou Sarrasins musulmans. Bien sûr, l'intensité du sentiment religieux peut varier mais pas au point de se situer au-dessus des religions pour évoquer un Dieu de bonté. Les Sarrasins sont des idolâtres païens pour les chrétiens et ceux-ci sont des mécréants pour les musulmans.

- la harangue de Balian lors de la défense de Jérusalem à propos des Lieux Saints ("tous sont légitimes") : impensable à l'époque…!

- les Templiers sont présentés comme des fanatiques, auteurs d'opérations sanglantes (Renaud de Chatillon) dans lesquelles on reconnaît une critique de la politique au Proche-Orient menée par la Maison Blanche et le Pentagone.

- l'affirmation que l’armée de Saladin comptait un minimum de 200 000 hommes, ce qui est également faux ! Au cours de la bataille décisive de Hattin, en juillet 1187, l’armée musulmane comptait entre 12000 et 60 000 hommes selon les sources, alors que les croisés étaient entre 1200 et 2000 chevaliers appuyés par 20 000 autres combattants (?).

- de nombreux petits détails, tels des plans de la ville de Jérusalem, ou des intérieurs de palais n’ont en fait rien d’oriental. Le film a été tourné au Maroc et en Espagne, et ça se voit tout de suite. L’architecture musulmane du Maghreb est très particulière dans ses détails, ses arcades et ses faïences et elle ne ressemble pas à celle de Palestine ou de Syrie.

- la clémence de Saladin lors de la prise de Jérusalem en octobre 1187. Dans le film le dialogue dit : "Saladin - je vous accorde sauf-conduit à tous jusqu'en terre chrétienne, à tous, femmes, enfants, vieillards, tous tes chevaliers et tous tes soldats et ta reine, nul n'aura à souffrir, Allah m'en est témoin. Balian - Les chrétiens ont massacré tous les musulmans après la chute de la ville. Saladin - Sache que je ne suis pas de ces hommes-là, moi, je suis Saladin, Salah ed Dîn". Or, les chroniques nous apprennent que le discours a été totalement inverse… Saldin a dit : "Je ne me conduirai pas envers vous autrement que vos pères envers les nôtres, qui ont tous été massacrés ou réduits en esclavage" (propos tenus dans le film par un lieutenant de Saladin mais pas par Saladin lui-même…). Il a fallu la menace de Balian d'exécuter les 3 à 5 000 prisonniers musulmans et de détruire le Dôme du Rocher et la mosquée al-Aqsâ pour que Saladin accepte de transiger.

Pourquoi toutes ces erreurs ? Parce que le réalisateur utilise le cadre historique comme métaphore des conflits de son époque : les templiers sont les méchants faucons de l'Amérique, les présidents Bush père et fils partis en "croisade" contre l'Irak (1991 et 2003) ; la cupidité de Renaud de Châtillon dans le film renvoyant à celle des affamés de pétrole.

Source ?

 




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5 avril 2015

le technopôle et la technopole

technopôle schéma
schéma d'un technopôle (source)

 

 

 technopôle et technopole

 

le technopôle

La notion de technopôle (nom masculin) est apparue vers 1970, à l'initiative de la DATAR, comme application des théories de François Perroux sur les pôles de croissance.

Un technopôle réunit, sur un site le plus souvent suburbain, des activités qui ont en commun de recourir à des technologies innovantes sur des thématiques communes (génie génétique et biotechnologies, informatique, sciences de la matière par ex.).

S'y trouvent rassemblés des centres universitaires ou de recherche, des entreprises (souvent petites ou moyennes, formant "pépinières"). L'objectif est de faciliter les transferts de technologie, la "fertilisation croisée" entre tous ces acteurs. Animation et mise en réseau des compétences, création d’entreprises innovantes, promotion du territoire : telles sont les différentes composantes de la dynamique technopolitaine. L'environnement urbain et architectural est de qualité.

Le modèle existait déjà aux États-Unis : route 128, près de Boston, Silicon Valley dans le sud de San Francisco, près de l'université de Stanford. Il existait aussi en URSS et au Japon sous la forme de villes nouvelles scientifiques : Akademgorodok en Sibérie, et Tsukuba au nord de Tokyo.

Le technopôle se distingue du district industriel qui peut concerner des activités traditionnelles et pas seulement innovantes. Le district industriel s'applique à un territoire alors que le technopôle se situe dans une agglomération urbaine.

 

la technopole

Les technopoles (nom féminin) sont à la fois des pôles d'innovation et des pôles urbains capables d'entraîner un développement régional, voire national. Elles s'identifient aux grandes métropoles. Le terme, après avoir été beaucoup employé dans les années 1990, est quelque peu passé de mode.

En France, les premiers exemples en ont été le Parc international d'activités de Valbonne Sophia-Antipolis (arrière-pays de Nice-Cannes-Antibes), dont le plan d'aménagement avait été approuvé en 1974 ; la Zone d'innovation et de recherche scientifique et technique (ZIRST) de Meylan, près de Grenoble ; mais beaucoup d'autres ont suivi, constituant un temps l’arc des technopôles de la "sun belt" française.

 

les technopôles

La nature et le degré de réussite de ces technopôles sont variés. Ils peuvent être restés de simples pôles sans innervation réelle dans le tissu régional, leur objectif de diffusion de l'innovation n'a donc pas toujours été atteint. Certains relèvent davantage d'un souci d'image de modernité, de marketing urbain sans rapport avec les réalités.

En 2015, on dénombre 47 technopôles réunis au sein du réseau RETIS.

Sophia-Antipolis, le pionnier, regroupait, en 2008, sur 2 300 ha : 4 000 chercheurs du secteur public, 5 000 étudiants, 1 414 entreprises (dont 40 % ont une activité de R&D) générant 30 000 emplois. Les entreprises à capitaux étrangers sont au nombre de 140, représentant 25 % des emplois. Les technologies de l'information y représentent 45 % des emplois. Mais on y observe une croissance plus modérée ces dernières années, selon une enquête du Symisa, syndicat rassemblant les acteurs institutionnels du parc.

Parallèlement, les Centres européens d'entreprises et d'innovation (CEEI) se sont développés, à l'initiative de la Direction des politiques régionales de l'Unuin Européenne (DG XVI), depuis 1984. Depuis trente ans, les CEEI jouent un rôle d'appui à la création d'entreprises innovantes.

En France, 25 BIC (European Union Business and Innovation Centers) sont labellisés par l’UE. Ils sont reconnus par la Commission européenne sur la base d’une certification de qualité qui permet l’obtention du label européen «EU BIC».

source : http://geoconfluences.ens-lyon.fr/glossaire/technopole

 

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technopôle, technopole

Le technopôle ou parc technologique est une zone d'activités qui rassemble des entreprises de fabrication ou de services dans le secteur des hautes technologies. Les technopôles sont la plupart du temps situés dans la périphérie de grandes villes, à proximité de structures de recherche (universités, laboratoires privés). Ils se sont développés surtout à partir des années 1980.

La technopole est de plus grande envergure qu'un technopôle. Il s'agit d'une ville entière spécialisée dans les hautes technologies et développant une politique d'accueil des cadres, des chercheurs et des techniciens. Le modèle de la technopole est la Silicon Valley, qui se trouve dans la périphérie de l'agglomération de San Francisco. En France, Sophia-Antipolis dans l'arrière-pays de Nice, ou Montpellier présentent ce même profil d'agglomération technopolitaine.

source Le Monde - révision Bac

 

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Attention !

La page "Technopole" de Wikipédia dit n'importe quoi sur ces deux notions. S'abritant derrière l'Académie française - qui a, sûrement, ses raisons - l'auteur de la page prétend que : "la distinction de sens est inexistante ; et pour cause : les deux termes recouvrent une même notion".

Si le terme de technopôle n'est pas, linguistiquement très heureux, il recouvre une réalité différente de la technopole.

 

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une technopole

 

technopole schéma Villeneuve-d'Ascq
la technopole verte de Villeneuve-d'Ascq dans le Nord (source)

 

- ce schéma est le travail de Madame Danielle Jolicoeur : source.

 

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méthodologie

 

Pour s'entraîner à la réalisation d'un croquis (interprétation cartographique problématisée et localisée) ou d'un schéma cartographique (visualisation simplifiée et non localisée de quelques notions précises), imprimez le fond de carte et utilisez les couleurs pour traiter : la légende, les figurés de surface et les figurés linéaires ; matériel : crayons de couleurs pour les à plats, et feutres à pointe fine pour les figurés linéaires.

 

schéma technopôle n&b
schéma cartographique d'un technopôle : cliquer sur l'image pour l'agrandir, l'imprimer et la colorier

 

 

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20 juillet 2015

descendance de Charles VI (1380-1422) et d'Isabeau de Bavière

Charles VI et Isabeau détail
Charles VI et Isabeau de Bavière

 

descendance du roi Charles VI (1380-1422)

et d'Isabeau de Bavière

 

descendance de Charles VI et d'Isabeau de Bavière (Michel Renard)
descencance du roi Charles VI (1380-1422) et d'Isbeau de Bavière

 

 

le roi Charles VI (1380-1422), quatrième de la dynastie des Valois

 

Charles VI de Valois en majesté
le roi Charles VI en majesté, pourvu de tous les attributs royaux

 

Charles VI est le premier des deux enfants qui ont survécu de l'union de son père, Charles V le Sage (roi de 1364 à 1380) et de sa mère, Jeanne de Bourbon qui donna la vie à neuf enfants au total (voir le tableau ici). Charles eut en effet un frère cadet, Louis (1372-1407) qui vécut trente-cinq ans dont vingt-sept pendant le règne de son aîné.

Charles VI était né le 3 décembre 1368 et mourut le 21 octobre 1422, à l'âge de 73 ans. Sa folie débuta en 1392 et dura trente ans, mais avec des intermittences pendant lesquelles il recouvrait une certaine lucidité.

 

Isabeau de Bavière (1371-1435)

 

Isabeau de Bavière et ses suivantes
Isabeau de Bavière et ses suivantes

 

la mort d'Isabeau de Bavière
la mort d'Isabeau de Bavière

 

 

mariage de Charles VI

Charles VI épousa Elisabeth ou Isabeau de Bavière (née en 1370) le 17 juillet 1385, étant donc déjà roi mais seulement âgé de moins de dix-sept ans.

 

Charles VI en costume et Isabeau de Bavière devant une ville
Charles VI en costume de sacre et Isabeau de Bavière devant l'entrée d'une ville

 

 

les enfants de Charles VI et d'Isabeau


De leur mariage sont nés douze enfants, comme le montre le tableau ci-dessus. Et comme le précise l'archiviste-paléographe et historien Auguste Vallet de Viriville (1815-1868) dans un article paru en 1858 : "Note sur l'état civil des princes et princesses nés de Charles VI et d'Isabeau de Bavière", Bibliothèque de l'École des Chartes, 1858, n° 19, p. 473-482 (en ligne), dans le récapitulatif ci-dessous :

 

tableau enfants Charles VI Vallet de Viriville
tableau récapitlatif dressé par Auguste Vallet de Viriville (1858)

 

 

Charles (1386)

Charles 1386
Auguste Vallet de Viriville (en ligne)

 

chapelle Charles V à Saint-Denis
plan de la chapelle de Charles V, basilique de Saint-Denis, dessin tiré de l'ouvrage de Dom Félibien (1706) :
A : Le tombeau de Charles V ; B : Le tombeau de Charles VI, C : le tombeau de Charles VII - disparu.
D : Du Guesclin ; E : Bureau de La Rivière ; F : Charles, dauphin ; G : Louis de Sancerre; H : Arnaud de Barbazan

 

 

 

Jeanne (1388-1390)

2° "Jeanne de France, première fille, naquit en la maison royale de Saint-Ouen, près Saint-Denis, le 14 juin 1388, à une heure de prime (de six à sept heure du matin). Elle fut baptisée et vécut peu. Elle mourut en 1390, et fut inhumée en l'abbaye royale de Maubuisson."

Auguste Vallet de Viriville (en ligne)

 

abbaye de Maubuisson (1)
abbaye royale de Maubuisson où fut inhumée Jeanne (1390) la deuxième fille de Charles VI

 

abbaye de Maubuisson (2)
abbaye royale de Maubuisson où fut inhumée Jeanne (1390) la deuxième fille de Charles VI

 

 

Isabelle (1389-1409)

Mariée au roi Richard II d'Angleterre (1396-1400), en 1396, pas encore âgée de sept ans. L'union ne fut pas consommée, et Isabelle revint en France (août 1401) peu après la mort de son époux.

Elle fut ensuite

 

Isabelle de France 1389-1409
Auguste Vallet de Viriville (en ligne)

 

mariage Chaterine de Valois et Henri V en 1520
mariage d'Isabelle de Valois et du roi Richard II d'Angleterre, en 1396

 

mariage Chaterine de Valois et Henri V en 1520 détail
mariage d'Isabelle de Valois et du roi Richard II d'Angleterre, en 1396 (détail)

 

 

Jeanne (1391-1433)

 

Epouse Jean V, duc de Bretagne (1389-1442). Le mariage a lieu le 19 septembre 1896 : Jeanne est âgée de 5 ans, et Jean de 8 ans.

 

mariage Jeanne de Valois et de Jean V duc de Bretagne
mariage de Jeanne de France et de Jean V, duc de Bretagne, en 1896

 

 

Charles (1392-1401)

 

Premier dauphin, duc de Guyenne.

 

Charles dauphin 1392-1401 portrait
Charles, premier dauphin (1392-1401)

 

Charles dauphin 1392-1401
figure de jeune prince renant une couronne (dessin de Gaignières, 1642-1715)
Charles (1392-1401) ? [source]

 

 

Marie de Valois (1393-1438)

 

Prieure à Poissy. Y entra en 1397. Elle mourut de la peste. Enterrée dans l'église de Poissy près de la grille.

 

 

Michelle de Valois (1395-1422)

 

Michelle de Valois
Michelle de Valois (1395-1422), mariée à Philippe III de Bourgogne

 

 

 

Louis (1397-1415)

 

 

 

Louis (1398-1417)

 

 

 

Catherine de Valois (1401-1437)

 

Catherine de Valois épouse d'Henri V Ang
Catherine de Valois ((1401-1437), épouse du roi Henri V d'Angleterre

 

En application du traité de Troyes (21 mai 1420), la plus jeune fille de Charles VI fut accordée en mariage au roi d'Angleterre, Henri V. La cérémonie eut lieu le 2 juin 1420 dans l'église Saint-Jean-du-Marché à Troyes même.

Cette union ne dura que deux ans, puisque le souverain anglais mourut le 31 août 1422.

 

mariage Chaterine de Valois et Henri V en 1520 église
mariage de Catherine de Valois et d'Henri V d'Angleterre, le 2 juin 1420

 

 

Charles VII (1402-1461)

 

Charles VII roi jeune
le roi Charles VII, jeune

 

 

Philippe (1407)

 

 

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bibliographie : Auguste Vallet de Viriville (1815-1868), "Note sur l'état civil des princes et princesses nés de Charles VI et d'Isabeau de Bavière", Bibliothèque de l'École des Chartes, année 1858, n° 19, p. 473-482 (en ligne)

- Auguste Vallet de Viriville : data.bnf.fr

Auguste Vallet de Viriville (1815-1868) 2
     photographie Nadar

 

Auguste Vallet de Viriville (1815-1868)
Auguste Vallet de Viriville (1815-1868), archiviste-paléographe, historien,
auteur de nombreux travaux sur la guerre de Cent ans, les XIVe et XVe siècles

 

Michel Renard
professeur d'histoire

* à terminer

 

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18 juillet 2015

Philippe VI, roi (1328-1350) : ascendance et descendance

sacre de Philippe VI de Valois
sacre de Philippe VI de Valois, 1328 (Froissart, Chroniques, BnF)

 

ascendance et descendance du

roi Philippe VI de Valois (1328-1350)

et de Jeanne de Bourgogne

 

ascendance et descendance de Philippe VI de Valois (Michel Renard)
ascendance et descendance du roi Philippe VI de Valois (1328-1350)

 

Le roi Philippe VI de Valois (1328-1350) et son épouse Jeanne de Bourgogne eurent de nombreux enfants dont les données factuelles relatives à leur naissance, et même à leur prénom, ne sont pas toujours établies précisément. La plupart étant décédés en très bas âge et leur sort devant être laissé dans une certaine discrétion pour ne pas alimenter les jugements hostiles sur la "male royne boiteuse".

Des reproches, en effet, furent formulés à l'encontre de Jeanne de Bourgogne dont on réprouvait le rôle politique et son influence pour "lier le plus étroitement possible la politique française aux intérêts de la Papauté, de l'Empire et de sa famille bourguignonne, particulièrement ceux de son frère Eudes IV, duc de Bourgogne. Un historien contemporain voit dans cette attention "portée aux choses de l'Est" le contrepoids nécessaire à l'influence des hommes de l'Ouest - bretons et normands -  plus naturellement ouverts aux thèses anglaises. Il est bien évident que ce jugement porté à froid ne pouvait être celui des hommes du XIVe siècle, surtout s'ils étaient hostiles aux Bourguignons ou écrivaient sous le règne de Charles VI, en pleine domination anglaise. Or, les chroniqueurs qui ont cité Jeanne de Bourgogne, Froissart en tête, sont dans ce cas et rédigent à partir de racontars, dans la seconde moitié du siècle, donc bien après la mort de la reine. Leurs jugements sont ceux d'ennemis politiques (...)', explique Aiine Vallée-Karcher en 1980 (source).

De tous les enfants du couple, deux garçons survécurent : l'aîné Jean qui devint roi (Jean II le Bon) en succédant à son père, et le cinquième fils, Philippe, devenu duc d'Orléans par son apanage. Philippe d'Orléans (1336-1376) était donc l'oncle du roi Charles V (1364-1380).

 

Jeanne de Bourgogne, une "reine maudite" ?

Philippe VI enfants Vallée-Karcher - 1
"Jeanne de Bourgogne, épouse de Philippe VI de Valois : une reine maudite ?"
Aline Vallée-Karcher, conservateur aux Archives nationales,

Bibliothèque de l'École des Chartes, 1980, tome 138, livraison 1, p. 94-96 (source)

 

Michel Renard
professeur d'histoire

 

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6 août 2009

l'argent - pour les élèves de prépas

9782253003670



L'argent,

un roman d'Émile Zola et son contexte



Le roman d'Émile Zola, L'argent (1891 ), pose au moins deux problèmes : a) la technicité des opérations financières évoquées ; b) le décalage chronologique entre l'époque revendiquée (le Second Empire ; le roman commence en mai 1864) et des événements intervenus peu avant l'écriture du livre comme le krach de l'Union Générale en 1882, donc largement postérieurs au cadre historique revendiqué.


liens

- tableau des personnages de L'argent (format pdf)


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quelques explications sur les Bourses


1) Bourses de commerce et bourses de valeurs (Jean Bouvier, 1972)

- (il y a les marchandises au sens courant, "consommées par l'industrie ou le consommateur (matières premières, denrées, produits manufacturées). Mais il existe un second type de marchandises, très particulier, mais très réel : les valeurs mobilières, titres d'emprunts des États et titres des sociétés privées (actions et obligations). Ces valeurs, comme n'importe quelle autre marchandise, font l'objet d'achats et de ventes, de transactions, de négociations : et ceci à l'échelle du marché international comme à l'intérieur de chaque pays.
D'où une circulation de titres créant des courants de paiements, donc d'argent (achats et ventes de titres) à l'intérieur des pays et d'un pays à l'autre.
L'Angleterre, par exemple, au XIXe siècle, achetait aux États-Unis du blé, de la viande, du coton, de la laine, de l'or et de l'argent. Mais elle leur prêtait des capitaux : sur le marché de Londres, on négociait les titres des sociétés américaines (surtout ferroviaires). Une certaine partie du capital des firmes ferroviaires et industrielles américaines avait été écoulée en Angleterre : leurs actions avaient été vendues à Londres à des épargnants anglais et le produit de la vente - l'argent anglais - s'était transformé aux USA en installations industrielles. De même se traitaient à Londres les emprunts fédéraux et les emprunts municipaux des USA.

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intérieur de la Bourse de Londres (London Stock Exchange) en 1847

Finalement, les capitaux anglais étaient placés à long terme aux États-Unis soit sous forme d'investissements industriels, soit sous forme de prêts aux collectivités publiques. Les titres, représentant ces créances anglaises sur les États-Unis, se négocient à Londres à la Bourse des valeurs.

D'où l'existence de deux grandes catégories de Bourses mondiales : Bourses de commerce pour les marchandises ; Bourses des valeurs pour les titres (dites aussi marchés financiers).



2) les traits communs aux Bourses de commerce et bourses de valeurs

Une Bourse est un lieu où l'on négocie en permanence un produit ou une valeur mobilière. Elle diffère ainsi des foires commerciales anciennes (ou récentes) qui ont un caractère périodique. Les bourses de commerce sont souvent spécialisées par produits : il existe plusieurs bourses à Londres pour les principales marchandises, géographiquement dispersées dans la City. En revanche, les Bourses de valeurs ne sont pas spécialisées : il n'y a qu'une Bourse des valeurs à Londres (le Stock Exchange), une à New York (dans Wall Street), une à Paris : le local actuel, place de la Bourse, date de la première moitié du XIXe siècle.

On discerne deux traits communs à ces deux types de Bourses :

1) La négociation dans les Bourses n'est pas libre ; elle se fait obligatoirement par le canal d'intermédiaires agréés : les courtiers des Bourses de commerce ; les agents de change des Bourses de valeurs. Les négociations se font, à jour et heure fixes, dans des locaux déterminés. Chaque jour jour on établit le cours, issu de l'ensemble des transactions sur la marchandise ou le titre considéré ; l'ensemble des cours, publié quotidiennement, est la cote de la Bourse.

2) La négociation, dans les deux types de Bourse, se fait selon deux modes au choix du vendeur ou de l'acheteur : marché au comptant ou marché à terme.



3) marché au comptant, marché à terme

- Le marché au comptant, c'est le règlement, le paiement immédiat de la négociation, s'il y a achat ; ou la fourniture immédiate (s'il y a vente) de la marchandise ou du titre.

- le marché à terme, c'est le paiement différé dans le temps s'il y a achat ; ou la livraison différée s'il y a vente : 1, 2, 3 ou 6 mois au maximum. Acheter du coton à terme, c'est donner à un courtier un ordre d'achat applicable par exemple dans trois mois : livraison et paiement. Vendre des actions pétrolières à terme c'est donner à un agent de change l'ordre de vendre, pour votre compte, dans un mois, tel nombre d'actions Royal Dutch.



4) Pourquoi un marché à terme ?

Pourquoi ce report dans le temps du règlement de l'opération (achat ou vente) ? Parce que le prix (cours) des produits négociés (coton ou titres), est en constant changement pendant l'année. Il oscille sans cesse. Quelles sont les causes de ces oscillations ? Il y a fluctuation des cours suivant l'état d'une récolte, ou suivant les prévisions de récolte ; selon la marche d'une entreprise, dont les actions montent ou baissent en proportion du dividende qu'elles rapportent.
Quelles sont donc les causes générales ? Les cours sont influencés par des faits généraux d'ordre politique (politique intérieure ou internationale) ou des faits d'ordre économique généraux (crises, boom). Les cours des valeurs pétrolières sur le marché de Paris ont fort oscillé depuis quelques années [ce texte date de 1972...] ; un puits nouveau jaillissant, un discours politique important sur les question sahariennes, l'annonce de la découverte de gisements concurrents en Libye, les aléas de la situation politique nord-africaine, ont entraîné des perturbations dans divers sens. Les marchés sont donc de remarquables baromètres, parfois ultra-sensibles, de la conjoncture économique et politique.

Dans ces conditions - c'est-à-dire l'oscillation constante des cours - le marché à terme est à la base de la spéculation boursière aussi bien sur le coton que sur les valeurs mobilières. Spéculer, c'est tenir un pari sur l'évolution ultérieure dans les semaines ou les mois à venir, des cours : et c'est régler ses achats et ventes à terme en conséquence - dans le but de gagner, naturellement.



5)
L'exemple de la spéculation à la hausse

On peut spéculer, soit sur la Bourse de son pays, soit sur les bourses étrangères (rôle du téléphone, de la radio, des téléscripteurs : pour l'information et les ordres à donner) [rappelons ce texte date de 1972, avant internet...].

Prenons l'exemple de la spéculation à la hausse.

Vous pariez (en fonction de vos informations,bonnes ou mauvaises), que les cours de tel produit ou de tel titre vont monter : vous donnez aujourd'hui l'ordre d'achat à terme dans un mois (c'est-à-dire sans prendre immédiatement livraison ni payer) au cours d'aujourd'hui ; et vous donnez aujourd'hui l'ordre de vente à terme au prix (supérieur, pensez-vous) - que le produit aura dans un mois. À l'échéance, un mois plus tard, vous empochez la "différence", le prix du produit ayant effectivement monté.

Vous avec acheté à 100 000, vous vendez à 105 000 sans avoir déboursé un centime ni sans avoir vu le produit ou le titre. Mais vous gagnez 5000 que vous verse le courtier ou l'agent de change. Naturellement si vous avez gagné, cela signifie qu'un autre spéculateur, lui, a perdu. On peut spéculer aussi "à la baisse" si l'on croit prévoir une baisse en cours : le mécanisme est alors inverse (à vous de le trouver). Voir : A. Kostolany, Si la Bourse m'était contée [1961, édition épuisée...]. Et lire le passionnant roman de Zola, L'Argent, récit romancé, puisant à pleines mains dans l'actualité (krach de l'Union Générale, 1882).

Courtiers et agents de change sont de simples intermédiaires dans ce genre de transactions.

Le marché à terme peut être condamné par les moralistes : le gain de spéculation ne provient pas d'un travail, mais d'un pari. Il a cependant une utilité économique certaine. Il aide au commerce international de diverses manières (qu'il est impossible d'étudier ici techniquement dans leurs processus réels), mais qui aboutissent toutes au même résultat : par l'attrait de la spéculation, du gain possible, les achats et ventes sont stimulés ; les échanges de marchandises sont facilités, la mobilité des mouvements de capitaux aussi.

Il faut comprendre que les marchés à terme sont l'un des rouages des marchés internationaux et du marché mondial. Ils ne sont pas à considérer en eux-mêmes, isolément, mais comme des pièces d'un plus vaste ensemble. C'est, si l'on veut, l'impact des principes de la libre entreprise dans le domaine des échanges et des paiements. Il n'y a pas de système capitaliste, sans marché boursier, marche de marchandises ou marché de valeurs. C'est un fait.

La marge est étroite, sans doute, entre négoce, mot noble, et spéculation, mot plus douteux parfois. Mais les deux termes, c'est-à-dire les deux procédés, s'adossent l'un à l'autre. Il n'y a pas de négoce possible dans le système capitaliste sans spéculation, sans pari. Et réciproquement, bien sûr. Si l'on tient cependant à condamner la spéculation boursière, alors il faut pousser la condamnation et la critique bien plus loin, et mettre en cause la libre entreprise elle-même : ce qui est un tout autre débat. Mais le faire sur des bases morales ne convient absolument pas à l'analyse historique.

Jean Bouvier, Initiation au vocabulaire et aux mécanismes économiques
contemporains (XIXe-XXe s.)
, éd. Sedes, 1972, p. 222-226


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Bourse de Lyon (photo Le Figaro)

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les rouages du crédit bancaire à l'époque

d'Émile Zola


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Les rouages contemporains du crédit apparaissent en Angleterre dès les années 1830, en France à l'époque du Second Empire, sous la forme de banques d'un nouveau type dont l'extension devient en quelque sorte prodigieuse pendant la seconde moitié du siècle et au XXe siècle.



Banques d'affaires et banques de dépôts

Ces banques répondent à des besoins nouveaux. L'évolution du système bancaire accompagne le développement industriel, les progrès des échanges intérieurs et internationaux. Quels sont ces besoins nouveaux ? Ce sont les besoins en crédits sous leurs deux formes : crédit commercial à court terme, investissements et crédit industriel à long terme.

Exemple de besoins en crédit commercial : ceux des négociants lyonnais en soies et soieries, lorsqu'à partir des années 1860, rêvant de transformer Lyon en marché mondial des soies brutes (grèges), et contraints par la maladie des vers à soie en France de se fournir de plus en plus en soies lointaines (Moyen-Orient, puis Extrême-Orient), ils se tournent vers les banques pour le financement de leurs importations.

Exemple de besoins en crédit industriel : face aux menaces de la concurrence anglaise, après le traité libre-échangiste de janvier 1860, la sidérurgie française de lance dans un long programme de modernisation de son outillage ; d'où les augmentations de capital, les emprunts obligataires et le recours aux crédits bancaires (cas de Schneider dans les années 1860 auquel le Crédit Lyonnais ouvre un crédit de 1 million en 1863 et qui augment son capital au même moment de 9 à 14 millions).

Que sont les banques d'affaires et les banques de dépôts ?

1 – leurs ressemblances
Ce sont des banques par actions, sous forme de sociétés anonymes ; ce ne sont pas des maisons familiales, style "haute banque", pour lesquelles la capital de la firme – non mis en actions – se confond avec la fortune du chef de la maison. Dans le cas des banques nouvelles, la fortune privée de leurs administrateurs ne se confond pas du tout avec le capital de la société, divisé en actions de 500 F, actions qui ont été vendues à des milliers, puis à des dizaines de milliers d'actionnaires : en 1864, ainsi, la Société Générale rassemblera aisément un capital de 60 millions de francs-or.

2 – leurs différences
a) Structures et politiques des banques d'affaires. – La banque d'affaires n'a, sous le Second Empire, comme aujourd'hui, ni succursales ni agences, mais un seul siège. Elle n'est pas en contact avec une clientèle de masse. Sa clientèle est peu nombreuse, mais choisie, formée de sociétés et de "riches capitalistes" (expression courante dans la langue des milieux d'affaires au XIXe siècle).

Capital et dépôts : les ressources de la banque d'affaires se composent de ressources propres (capital et réserves) très importantes, alors que les ressources dues aux dépôts sont relativement limitées. Les dépôts de la banque d'affaires sont des dépôts dont elle a la disposition pendant un certain nombre d'années : ce sont des dépôts à moyen et à long terme ; ils lui permettront, précisément, de faire des prêts à long terme, c'est-à-dire de s'engager dans l'investissement industriel. Les dépôts proviennent de firmes, et de personnes riches.

Les opérations : la banque d'affaires ventile ses emplois dans les grandes industries, les transports ferroviaires et maritimes, les services publics (gaz…), les assurances, les immeubles et terrains. Elle investit soit par des prêts à long terme, soit en prenant des participations-contrôle (achats d'actions de firmes). La banque d'affaires prête aussi de l'argent aux gouvernements, surtout étrangers, sous les deux formes d'emprunts à long terme, ou de "dette flottante", qui ont tenu une place considérable dans les opérations de banque d'affaires avant 1914.
Enfin, la banque d'affaires intervient régulièrement sur les Bourses de valeurs (marché financier) pour soutenir les cours des titres des sociétés industrielles,ou autres, auxquelles elle est intéressée ; elle spécule ici, nécessairement à large échelle (prêts de la banque aux spéculateurs en Bourses dits : reports).

Cependant à partir des années 1890 les banques d'affaires, tout en conservant leurs caractères, se sont de plus en plus occupées d'affaires courantes (crédits à court terme).
Au XIXe siècle, ce sont les banquiers privés de Paris, la "haute banque" qui ont eux-mêmes lancé la formule banque d'affaires. Aujourd'hui [1972] – depuis une vingtaine d'années – ce sont d'anciens groupes industriels qui se trouvent former les banques d'affaires souvent les plus dynamiques (exemple : l'Union des Mines – la Hénin, issue de compagnies houillères nationalisées en 1945).

b) Structures et politique des banques de dépôts. – La banque de dépôts a tout un réseau d'agences. Les procédés nouveaux de drainage nécessitent un vaste réseau susceptible de recevoir l'argent de dizaines de milliers de clients, les petits et les moyens épargnants. Ces réseaux apparurent dans les dernières années du Second Empire et se développèrent rapidement à partir des années 1870. Ils joueront un triple rôle : drainage des épargnes ; ventes de titres à la clientèle ; crédits au commerce et à l'industrie.

Capital et dépôts : dans une banque de dépôts, le capital est relativement peu important, mais les dépôts sont considérables. En 1881 ainsi, après 18 ans d'existence, le Crédit Lyonnais, dont le capital versé était de 100 millions de francs avait déjà 382 millions de dépôts. En 1913, pour un capital de 250 millions versés, les dépôts approcheront 3 milliards. Ces dépôts sont surtout des dépôts à vue, ce qui veut dire que l'on peut aller retirer l'argent déposé, quand on le veut, sans préavis (dépôts d'épargnants ; et de firmes : dépôts en comptes-courants "créanciers"). Et non des dépôts à terme (à 6, 12, 18 mois, 2 ans) dont le volume, important dans les premiers temps des banques de dépôts diminua vite à partir des années 1880.

L'évolution de leur politique : les banques de dépôts disposant de dépôts à vue, ne peuvent utiliser ces ressources à des investissements à long terme, des crédits commerciaux, en particulier l'escompte. Mais ceci est resté d'abord tout théorique : car les banques de dépôts en France ont fait des prêts à long terme et se sont toutes, à leurs débuts, longuement engagées vis-à-vis de l'industrie. Des années 1860 à la fin du siècle, les banques de dépôts françaises étaient en réalité des organes mixtes, à la fois de dépôts et d'affaires. Elles en ont toutes souffert.

La soudaine ruée des possédants ("run") venant réclamer leur argent au moment des crises les a parfois mises dans une situation difficile, puisque l'argent déposé avait été immobilisé dans des crédits à long terme. Elles ont peu à peu compris, après des faillites spectaculaires, qu'il fallait se cantonner dans des crédits à court terme. C'est cette politique que le Crédit Lyonnais adopte, quant à lui, le premier, dès les années 1870. Il n'empêche que certaines banques de dépôts demeurèrent longtemps imprudentes : en août 1914, l'État proclame le "moratoire bancaire" (interdiction faite aux possédants d'aller retirer leurs dépôts) pour sauver la Société Générale qui avait immobilisé son argent dans des investissements à long terme à l'étranger et qui n'aurait pu faire face, alors aux demandes de retraits de ses possédants.

Jean Bouvier, Initiation au vocabulaire et aux mécanismes économiques
contemporains (XIXe-XXe s.)
, éd. Sedes, 1972, p. 184-188








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29 juillet 2009

les "notions" au programme de philo

JANMOT_la_ronde_487
Louis Janmot (1814-1894), peintre lyonnais, La ronde


les notions et repères

du programme de philo en Terminale,

selon les séries


série littéraire

    Notions :

Le sujet
- La conscience
- La perception762px_Louis_Janmot___Po_me_de_l__me_16___Le_Vol_de_l__me
- L’inconscient
- Autrui
- Le désir
- L’existence et le temps

La culture
- Le langage
- L’art
- Le travail et la technique
- La religion
- L’histoire

La raison et le réel
- Théorie et expérience
- La démonstration754px_Louis_Janmot___Po_me_de_l__me_17___L_Id_al
- L’interprétation
- Le vivant
- La matière et l’esprit
- La vérité

La politique
- La société
- La justice et le droit
- L’État

La morale
- La liberté
- Le devoir
- Le bonheur

 Repères :

Absolu/relatif - Abstrait/concret - En acte/en puissance - Analyse/synthèse - Cause/fin - Contingent/nécessaire/possible - Croire/savoir - Essentiel/accidentel - Expliquer/comprendre - En fait/en droit - Formel/matériel - Genre/espèce/individu - Idéal/réel - Identité/égalité/différence - Intuitif/discursif - Légal/légitime - Médiat/immédiat - Objectif/subjectif - Obligation/contrainte - Origine/fondement - Persuader/convaincre - Ressemblance/analogie - Principe/conséquence - En théorie/en pratique - Transcendant/immanent - Universel/général/particulier/singulier


série économique et sociale

 Notions :

Le sujet776px_Louis_Janmot___Po_me_de_l__me_14___Sur_la_Montagne
- La conscience
- L’inconscient
- Autrui
- Le désir

La culture
- Le langage
- L’art
- Le travail et la technique
- La religion
- L’histoire

La raison et le réel
- La démonstration
- L’interprétation763px_Louis_Janmot___Po_me_de_l__me_18___R_alit_
- La matière et l'esprit
- La vérité

La politique
- La société et les échanges
- La justice et le droit
- L’État

La morale
- La liberté
- Le devoir
- Le bonheur

 Repères :

Absolu/relatif - Abstrait/concret - En acte/en puissance - Analyse/synthèse - Cause/fin - Contingent/nécessaire/possible - Croire/savoir - Essentiel/accidentel - Expliquer/comprendre - En fait/en droit - Formel/matériel - Genre/espèce/individu - Idéal/réel - Identité/égalité/différence - Intuitif/discursif - Légal/légitime - Médiat/immédiat - Objectif/subjectif - Obligation/contrainte - Origine/fondement - Persuader/convaincre - Ressemblance/analogie - Principe/conséquence - En théorie/en pratique - Transcendant/immanent - Universel/général/particulier/singulier


série scientifique

 Notions :

Le sujet765px_Louis_Janmot___Po_me_de_l__me_8___Cauchemar
- La conscience
- L’inconscient
- Le désir

La culture
- L’art
- Le travail et la technique
- La religion

La raison et le réel765px_Louis_Janmot___Po_me_de_l__me_4___Le_Printemps
- La démonstration
- Le vivant
- La matière et l’esprit
- La vérité

La politique
- La société et l’État
- La justice et le droit

La morale
- La liberté
- Le devoir
- Le bonheur

 Repères :

Absolu/relatif - Abstrait/concret - En acte/en puissance - Analyse/synthèse - Cause/fin - Contingent/nécessaire/possible - Croire/savoir - Essentiel/accidentel - Expliquer/comprendre - En fait/en droit - Formel/matériel - Genre/espèce/individu - Idéal/réel - Identité/égalité/différence - Intuitif/discursif - Légal/légitime - Médiat/immédiat - Objectif/subjectif - Obligation/contrainte - Origine/fondement - Persuader/convaincre - Ressemblance/analogie - Principe/conséquence - En théorie/en pratique - Transcendant/immanent - Universel/général/particulier/singulier

source officielle


773px_Louis_Janmot___Po_me_de_l__me_7___Le_Mauvaus_Sentier
Louis Janmot (1814-1894), peintre lyonnais, Le mauvais sentier

- les tableaux de peinture insérés sur cette page, outre les deux qui sont déjà légendés, sont du même artiste, Louis Janmot. De haut en bas : le vol de l'âme ; l'idéal ; sur la montagne ; réalité ; cauchemar ; le printemps.  On en trouve d'autres sur la page wikipedia consacré à Louis Janmot.


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4 juillet 2015

Aquitaine, Guyenne, XIIIe-XVe siècle

Guyenne 1360 carte
extension maximale de la Guyenne anglaise, 1360

 

 

Aquitaine, Guyenne, XIIIe-XVe siècle

 

La Guyenne : Anc. prov. française qui se confondit avec l'Aquitaine jusqu'au XIIe s. Ensemble des possessions françaises du roi d'Angleterre, après le traité de Paris (1259), elle comprenait le Limousin, le Périgord, le Quercy, l'Agenois, une partie de la Saintonge et la Gascogne.  Définitivement reprise par la France en 1453 (bataille de Castillon), elle fut donnée en apanage par Louis XI à son frère Charles (1469), puis revint à la Couronne. Elle forma avec la Gascogne, la Saintonge, le Limousin et le Béarn, un grand gouvernement qui avait Bordeaux pour capitale. » (Le petit Robert des noms propres, 2002)

 

Le 12 avril 1229 le duché d'Aquitaine prend le nom de duché de Guyenne, lors du traité de Paris.

 

 

duché d'Aquitaine

 

 

Guyenne en 1360
la Guyenne en 1360

 

Guyenne en 1429
la Guyenne en 1429

 

 

 

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20 novembre 2008

Bel Ami, un roman et un film

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Bel Ami, un roman de Maupassant, un film


résumé : Un cabaret parisien à la fin du XIXe siècle. On chante, on danse, et Georges Durois se désespère. Ancien militaire fraîchement débarqué, il n'a plus un sou et ne connaît personne dans cette grande ville intimidante et mystérieuse. Une rencontre va bouleverser sa vie. Charles Forestier, ancien compagnon d'armes en Algérie, l'engage comme rédacteur à La Vie Française, un journal d'opinion.
En changeant de monde, Georges va changer d'horizon. Fasciné, il découvre la politique et les salons, les calculs et les sourires. Il apprend vite. Il plaît. Sa séduction lui ouvrira toutes les portes croit-il. C'est effectivement par le cœur, l'esprit et le talent des femmes qu'il va se faire une place dans ce monde et à mesure qu'il en comprendra les usages gravir les degrés qui mènent au pouvoir et à la désillusion...
Bel ami, d'après l'œuvre de Guy de Maupassant est l'histoire d'une ascension sociale dans le Paris des années 1880, celle de Georges Duroy interprété par Sagamore Stévenin (Michel Vaillant) opportuniste, ambitieux et séducteur vaniteux.

(dos de la jaquette du film en dvd)

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Rachel et Georges au début du récit


un film de Philippe Triboit (2005)

personages du roman et comédiens du film : Sagamore Stévenin (Georges Duroy), Claire Borotra (Clotilde de Marelle), Florence Pernel (Madeleine), Laurent Bateau (Charles Forestier), Milan Knazko (Walter), Caroline Sihol (Virgine Walter), Caroline Baehr (Rachel), Jean-Pierre Malo (Bardin), Audrey Lunati (Suzanne), Karel Hábl (Laroche Mathieu), Jan Vagner (Jacques Rival)


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Rachel


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"Je ne suis pas un minable", lance Georges à Rachel


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Charles Forestier, à gauche, l'ancien compagnon d'armes de Duroy, occupe
une place importante dans le journal La Vie française, dirigé par Walter, à droite ;
entre les deux, Virginie, l'épouse de Walter


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Madelaine, l'épouse de Charles Forestier


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Clotilde de Marelle, cousine de Madeleine Forestier

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la première rencontre de Georges et de Clotilde


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la Vie française, le journal


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l'assassin et maître-chanteur ; ce n'est pas un personnage du roman

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Georges Duroy à la merci de son créancier


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Georges et son ami Forestier (à droite)

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le journal


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Madeleine réécrivant le premier article de Georges Duroy


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"signez votre premier article, M. Duroy"


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le duel


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l'angoisse de Clotilde


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le duel


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les deux protagonistes s'effondrent


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Georges à Clotilde : "es-tu prête à divorcer pour m'épouser ?"


Bel_Ami_film__10_
"ma réponse est non"

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visite de Bel Ami à Virginie Walter, l'épouse du propriétaire de La Vie Française


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Bel Ami courtise Virginie Walter

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le constat d'adultère de Madeleine

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Walter, propriétaire de La Vie Française, dans son bureau

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Walter, imperturbable, s'adapte aux succès ou revers des uns et des autres

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j'irai loin, patron


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le désespoir de Virgine Waler quand elle apprend que Bel Ami veut épouser sa fille

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documentation

extrait du dossier Bel Ami de Maupassant publié sur le site alalettre.com

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affiche du film de Philippe Triboit (2005)


Résumé de Bel-Ami

Première Partie

Juin 1880. Georges Duroy, sous-officier rendu à la vie civile, est un beau jeune homme peu scrupuleux. Nouvellement employé aux chemins de fer du nord, il déambule sur les boulevards parisiens, en quête de fortune et de réussite. Il rencontre un ancien camarade de régiment, Forestier, qui va le recommander au directeur de son journal, la Vie française. Grâce à l'appui de son ami, Georges est embauché comme reporter ce qui lui permet de doubler son salaire.

Le jeune homme découvre les salles de rédaction et les coulisses de a vie parisienne. Il plaît aux femmes et est bien décidé à en profiter pour "arriver" . Mme Forestier, la femme de son ami lui donne des conseils et l'aide à rédiger ses premiers articles. Puis Georges fait la connaissance de Clotilde de Marelle, une sympathique bourgeoise bohème, qui lui délivre une éducation sentimentale très libre. La très jeune fille de Mme de Marelle, Laurine, donne à notre héros le surnom de Bel-Ami.

Offensé par son ami Forestier, Georges décide de séduire sa femme. Dès le lendemain, il déclare son amour à Mme Forestier. Mais celle-ci le tient à distance et lui explique que si elle est disposée à être son amie, jamais elle ne sera sa maîtresse. Sensible pourtant à l'admiration que lui porte le jeune homme, elle lui conseille de rendre visite à la femme de son directeur, Mme Walter, qui "l'apprécie beaucoup". Duroy s'exécute. Il se rend chez elle et la séduit par son esprit. Elle le fait nommer chef des Echos. Cet avancement lui vaut une augmentation. En l'absence de son ami Forestier, malade, Georges Duroy signe plusieurs articles de fond.

Suite à l'un de ces articles il est diffamé par le rédacteur d'un petit journal en mal de publicité. L'honneur de son journal étant en jeu, Walter, son directeur, le pousse à provoquer l'offenseur en duel. Angoissé à l'idée de mourir, Duroy ne ferme pas l'œil de la nuit. Le lendemain, à l'aube, il se rend au bois du Vésinet pour le duel. Les deux adversaires font feu l'un sur l'autre, mais se manquent. Cet épisode, dont lis ressortent tous les deux indemnes, leur vaut une belle publicité. Cet acte de courage permet à Georges de gagner l'estime de son directeur qui lui offre une nouvelle promotion. En plus de son poste de chef des Echos, il devient chroniqueur. Duroy obtient aussi de sa maîtresse, Clotilde de Marelle, qu'elle le loge dans l'appartement de la rue de Constantinople. Elle l'invite également à dîner chez elle tous les jeudis, son mari, M. de Marelle l'appréciant beaucoup...

En février, Georges reçoit une lettre de Madeleine Forestier qui lui demande de venir la rejoindre à Cannes, Charles, son mari étant au plus mal. Il se rend au chevet de Forestier, agonisant. Charles meurt quelques jours après. Pendant la veillée funèbre, Georges Duroy propose à Madeleine de se remarier avec lui. Elle réserve sa réponse. Après l'enterrement de Charles, elle l'accompagne à la gare. De retour vers Paris, Duroy nourrit beaucoup d'espoir.

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Deuxième Partie

Madeleine accepte quelques mois après, d'épouser Bel-Ami. Rêvant de noblesse, elle convainc Georges de signer ses articles "du Roy" ou "Du Roy de Cantel". Georges est devenu rédacteur politique et ils écrivent ensemble ses articles. Ils se fixent comme objectif d'aider le député Laroche-Mathieu à accéder au pouvoir. Mais Georges a du mal à oublier son ami Forestier. Avoir pris sa place ne lui suffit pas , il éprouve vis à vis du défunt une jalousie obsessionnelle .

Georges découvre alors que le député Laroche-Mathieu mène un cour très assidue auprès de sa femme. Il en éprouve une vive jalousie et décide de se venger. Il entreprend de séduire Virginie Walter, l'épouse de son directeur, et parvient à en faire sa maîtresse.

Virginie lui apprend que Laroche-Mathieu, qui est devenu ministre des Affaires Etrangères, et son mari, M. Walter, ont organisé une spéculation très lucrative au Maroc. Georges éprouve une violente haine de ne pas avoir été mis plus tôt dans la confidence. Il décide dès lors de n'œuvrer qu'à sa seule réussite.

Il fait chanter sa femme et parvient à lui extorquer la moitié de l'héritage que vient de lui léguer un vieil amant millionnaire, le Comte de Vaudrec. Puis il réussit à la surprendre en flagrant délit d’adultère et obtient le divorce .

Durant une réception organisée chez les Walter, Il se met à rêver d’épouser Suzanne Walter, leur fille ; non par amour mais par ambition.

Il parvient à séduire Suzanne et lui annonce qu’il va l’enlever afin d'obtenir l'accord de son père pour leur mariage. Ils se marient à la Madeleine en octobre 1883. Le Baron Du Roy de Cantel sort de l'église au bras de sa nouvelle épouse. Il est riche et sera bientôt député puis ministre.

 

Les personnages de Bel-Ami

  • - Georges Duroy, le personnage central du roman. Celui que l'on surnomme Bel-Ami est un arriviste absolu. Ce petit employé de 25 ans, monté à Paris pour réussir, va, grâce aux femmes qu'il a su séduire, Clotilde de Marelle, Madeleine Forestier et Virginie Walter, gravir tous les échelons d'un grand journal parisien et épouser la fille de son directeur.
  • - Charles Forestier, celui qui permet à Georges Duroy de se faire embaucher comme reporter. Il meurt au milieu du roman, ce qui permet à Duroy d'épouser sa femme.
  • - Madeleine Forestier, la femme de Forestier. C'est une journaliste ambitieuse prête à tout pour satisfaire sa passion de la politique. Après la mort de son mari, elle épousera Duroy. Celui-ci finira par divorcer après lui avoir extorqué sa fortune.
  • - Clotilde de Marelle, une jolie bourgeoise bohème. Ce sera la première maîtresse de Duroy.
  • - Mme Walter, la femme et la fille d'un banquier, c'est la troisième conquête de Duroy, elle est maladroite mais sincère.

    - M. Walter, directeur de La Vie française, financier puissant.

  • - Laroche-Mathieu, député, puis ministre des Affaires Étrangères. Amant de Madeleine Forestier, sa carrière sera brisée par Bel-Ami.

  • - Suzanne Walter, la fille de M. et Mme Walter. Elle s'ennuie dans sa famille bourgeoise. Elle se laissera séduire par Duroy qui parviendra à l'épouser.
  •  

    Maupassant répond aux critiques qui lui ont été adressées

    Bel-Ami fut publié en feuilleton dans Gil Blas entre le 6 avril et le 30 mai 1885. Les réactions des critiques furent vives et partagées. Maupassant, qui était en voyage en Italie lors de cette publication, en eut connaissance. Il adressa une réponse au rédacteur en chef de Gil Blas qui fut publiée dans le journal le 7 juin 1885. En voici quelques extraits :

    Mon cher rédacteur en chef,

    Au retour d'une très longue excursion qui m'a mis fort en retard avec le Gil Blas, Je trouve à Rome une quantité de journaux dont les appréciations sur mon roman Bel-Ami me surprennent autant qu'elles m'affligent (...).

    Donc, les journalistes, dont on peut dire comme on disait jadis des poètes : Irritabile genus, supposent que j'ai voulu peindre la Presse contemporaine tout entière, et généraliser de telle sorte que tous les journaux fussent fondus dans La Vie Française, et tous leurs rédacteurs dans les trois ou quatre personnages que j'ai mis en mouvement. Il me semble pourtant qu'il n'y avait pas moyen de se méprendre, en réfléchissant un peu. J'ai voulu simplement raconter la vie d'un aventurier pareil à tous ceux que nous coudoyons chaque jour dans Paris, et qu'on rencontre dans toutes les professions existantes.

    Est-il, en réalité, journaliste ? Non. Je le prends au moment où il va se faire écuyer dans un manège. Ce n'est donc pas la vocation qui l'a poussé. J'ai soin de dire qu'il ne sait rien, qu'il est simplement affamé d'argent et privé de conscience. Je montre dès les premières lignes qu'on a devant soi une graine de gredin, qui va pousser dans le terrain où elle tombera. Ce terrain est un journal. Pourquoi ce choix, dira-t-on ?

    Pourquoi ? Parce que ce milieu m'était plus favorable que tout autre pour montrer nettement les étapes de mon personnage ; et aussi parce que le journal mène à tout comme on l'a souvent répété. Mais j'arrive à un autre reproche. On semble croire que j'ai voulu dans le journal que j'ai inventé, La Vie Française, faire la critique ou plutôt le procès de toute la presse parisienne.   

    Si j'avais choisi pour cadre un grand journal, un vrai journal, ceux qui se fâchent auraient absolument raison contre moi ; mais j'ai eu soin, au contraire, de prendre une de ces feuilles interlopes, sorte d'agence d'une bande de tripoteurs politiques et d'écumeurs de bourses, comme il en existe quelques-unes, malheureusement. J'ai eu soin de la qualifier à tout moment, de n'y placer en réalité que deux journalistes, Norbert de Varenne et Jacques Rival, qui apportent simplement leur copie, et demeurent en dehors de toutes les spéculations de la maison.   

    Voulant analyser une crapule, je l'ai développée dans un milieu digne d'elle, afin de donner plus de relief à ce personnage. J'avais ce droit absolu comme j'aurais eu celui de prendre le plus honorable des journaux pour y montrer la vie laborieuse et calme d'un brave homme (...).

    Guy de Maupassant

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    Quelques jugements sur Bel-Ami

    - "Bel-Ami...est...ce que M. de Maupassant, pour parler le langage du jour, a écrit de plus fort et je ne craindrai pas d'ajouter : ce que le roman naturaliste, le roman strictement et vraiment naturaliste a produit de plus remarquable... J'entends par là que rarement on a de plus près imité le réel, et rarement la main d'un artiste a moins déformé ce que percevait son œil. Tout est ici, d'une fidélité, d'une clarté, d'une netteté d'exécution singulière." Ferdinand Brunetier, Revue des deux mondes, 1 juillet 1885

    - "Nous avons beaucoup à apprendre de Maupassant sous le rapport de la briéveté et aussi de la compassion humaine. Sa grivoiserie cache un grand écrivain et peut-être un homme d'une grande bonté". Julien Green , Journal, 1971

    - Bel-Ami est né au plus beau moment de la première grande période de spéculation qui ait marqué l'histoire de la troisième République et mérite d'êter considéré comme le chef d'oeuvre qu'ait inspiré les événements de cette période. André Vial, Guy de Maupassant et l'art du roman, 1954


    Source bibliographique

    Anne-Marie Cléret et Brigitte Réauté, Bel Ami de Maupassant (Hachette Education)
    Jacques Vassevière, Bel Ami de Maupassant (Nathan)
    Kléber Haedens  Une Histoire de la Littérature française, Grasset 1970
    Le Robert des Grands Ecrivains de langue française


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    24 avril 2009

    textes et écrits sur le féminisme dans l'histoire

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    17 mai 1908


    le féminisme dans l'histoire

    du XIXe siècle




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    la figure de Flora Tristan (1803-1844)

    Flora Tristan a sa place en histoire de France dans le même compartiment que sa contemporaine George Sand, celui des femmes que leurs déboires privés, aggravés par les injustices propres à la condition féminine d’alors, ont amenées à une sorte d’anticipation du féminisme, en même temps qu’à une insertion inattendue dans les combats politiques de leur siècle. Combats de la gauche bourgeoise, pourrait-on dire, pour George Sand, qui devient libérale puis républicaine, combats de l’extrême-gauche pour Flora Tristan, qui demeure comme un acteur trop peu connu du «mouvement ouvrier».

    Elle était d’éducation très bourgeoise, étant fille d’un noble et riche Péruvien marié en Espagne à une Française. Le mariage ayant été béni par un prêtre en exil mais n’ayant pu être enregistré civilement fut considéré comme nul et, après la mort de son père, Flora, malgré un voyage au Pérou, ne put obtenir la moindre part d’héritage de la famille américaine. Donc, retour à Paris, et vie dans la précarité, tantôt dame de compagnie, tantôt ouvrière d’art (gravure, lithographie). Un patron la séduit, l’épouse, ils ont des enfants ; puis c’est la séparation, échange sordide de procès et de coups. Le poumon percé d’un coup de pistolet en 1838, Flora Tristan, la santé ébranlée, mourut «poitrinaire» six ans plus tard. Les enfants survécurent, et l’une des filles devait devenir la mère de Paul Gauguin.

    Assez proche du peuple pour en subir et en sentir les misères, et assez lettrée pour connaître le monde foisonnant des artistes, écrivains et théoriciens des années 1830 et 1840, Flora Tristan devient l’une des plus authentiques et des plus complètes figures du socialisme dit utopique, précurseur de la Révolution de 1848. Un roman, Memphis, une autobiographie, Pérégrinations d’une paria, une enquête sévère dans le pays phare du capitalisme industriel, Promenades dans Londres, enfin un essai de programme et d’appel à la constitution d’une association ouvrière réformatrice, l’Union ouvrière.

    Pour prolonger le succès parisien de ce dernier écrit, elle se lance dans un «Tour de France» de plusieurs mois qu’elle n’aura pas le temps d’achever, mourant épuisée à Bordeaux où sa tombe, érigée en 1848, est visible au cimetière Bordeaux-Chartreuse. La mémoire de Flora Tristan nous aide utilement à enrichir l’histoire d’un «mouvement ouvrier» réel, qu’on ne saurait réduire aux noms évocateurs et symboliques de Karl Marx, d’Auguste Blanqui ou d’Agricol Perdiguier.

    Maurice Agulhon
    professeur honoraire au Collège de France
    membre du Haut comité des célébrations nationales


    Flora Tristan

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    _____________________________________________________



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    une lettre de l'écrivain George Sand (1804-1876)

    On évoque souvent le "féminisme" de George Sand, sa volonté de liberté et d'autonomie (notamment financière, grâce à ses talents, et à ses revenus, d'écrivain). Mais la question de la participation durable des femmes à l'activité politique n'est pas possible selon elle.

    à Édouard de Pompéry
    Paris, 23 décembre 1864

    Cher Monsieur,

    Je n'ai pas encore pu lire votre livre (1). je ne fais pas de mon temps ce qui me plaît ; mais j'ai lu l'article de la Revue de Paris et je ne serai pas parmi vos contradicteurs. Je pense comme vous sur le rôle que la logique et le coeur imposent à la femme. Celles qui prétendent qu'elles auraient le temps d'être députés et d'élever leurs enfants ne les ont pas élevés elles-mêmes ; sans cela elles sauraient que c'est impossible. Beaucoup de femmes de mérite, excellentes mères, sont forcées, par le travail, de confier leurs petits à des étrangères ; mais c'est le vice d'un état social qui, à chaque instant, méconnaît et contrarie la nature.

    La femme peut bien, à un moment donné, remplir d'inspiration un rôle social et politique, mais non une fonction qui la prive de sa mission naturelle ; l'amour de la famille. On m'a dit souvent que j'étais arriérée dans mon idéal de progrès, et il est certain qu'en fait de progrès, l'imagination peut tout admettre. Mais le coeur est-il destiné à changer ? Je ne le crois pas, et je vois la femme à jamais esclave de son propre coeur et de ses entrailles. J'ai écrit cela maintes fois et je le pense toujours.

    je vous fais compliment des remarquables progrès de votre talent, la forme est excellente et rend le sujet vivant et neuf, en dépit de tout ce qui  été dit et écrit sur l'éternelle question.

    Bien à vous.

    George Sand

    (1) La femme dans l'humanité, sa nature, son rôle et sa valeur sociale, Hachette, 1864.Lettres_d_une_vie

    in George Sand, Lettres d'une vie, choix et présentation de Thierry Bodin,
    Folio-classique, 2004, p. 1048.





    le féminisme de George Sand


    De son vivant, George Sand fut considérée comme trop féministe par les uns, pas assez selon d’autres. La question reste posée de nos jours, comme le démontrent les titres de quelques-uns des articles publiés dans Le Magazine Littéraire de mai 2004 déjà cité : «Femme ? La question inévitable» de Christine Planté, et de Michelle Perrot «George Sand n’a pas trahi le féminisme» (17). Pour ces deux auteurs, si la baronne Dudevant ne fut pas à la pointe des premiers combats féministes, ses romans ont à l’évidence posé clairement les problèmes, et à titre personnel, elle a su préserver ses droits en obtenant une séparation d’abord amiable, puis judiciaire d’avec son mari Casimir Dudevant. Grâce à ses talents d’écrivain, elle démontre qu’une femme peut obtenir son autonomie financière, chose rare à l’époque.

    L’accueil réservé fait par George Sand aux mouvements féministes peut s’expliquer par des motifs conjoncturels, d’une part, et par les lacunes que comportait l’éducation des femmes à cette époque. Il n’est pas sans intérêt de noter que les relations de George Sand et de Flora Tristan, dont les idées étaient proches des siennes à bien des égards ne furent pas toujours cordiales.

    En 1837, Flora Tristan, dans les Pérégrinations d’une paria, reproche à George Sand la prudence qui l’amène à formuler ses critiques de la condition féminine sous le voile de la fiction romanesque, et à l’abri d’un pseudonyme masculin (18). Cette divergence de points de vue n’empêche pas les deux femmes d’entrer en relations. Mais George Sand aura une attitude de plus en plus réservée à l’égard de Flora, à qui elle reproche son exaltation de propagandiste, ainsi qu’un excès de confiance dans ses idées qu’elle qualifie d’«enfantillages» (19). La controverse de George Sand avec Eugénie Niboyet, en 1848, est mieux connue et amène George Sand à préciser ses positions.

    Le 16 avril 1848, Eugénie Niboyet proposait dans le journal La voix des femmes, la candidature de George Sand aux élections de l’Assemblée Constituante. Celle-ci répond par un désaveu le 8 avril suivant dans une lettre au rédacteur de La Réforme et à celui de La Vraie République. Elle regrette que son nom ait été avancé sans qu’elle ait été consultée : «Je ne puis permettre que, sans mon aveu, on me prenne pour enseigne d’un cénacle féministe avec lequel je n’ai jamais eu la moindre relation, agréable ou fâcheuse» (20).

    Pour George Sand, les femmes ne peuvent, en l’état, participer à la vie politique, en raison du type d’éducation qui leur est donnée, et de leur statut matrimonial. Cette situation n’est peut-être pas définitive, mais il faudra pour qu’elle évolue que les structures de la société se modifient en profondeur. Le héros du roman Isidora, Jacques Laurent se donne pour tâche de «régler les rapports de l’homme et de la femme dans la société, dans la famille, dans la politique» (21).

    L’éducation, les mœurs, les coutumes sont à l’origine du statut actuel des femmes. Si ces facteurs étaient modifiés, il se pourrait «que les aptitudes de l’un ou de l’autre sexe fussent complètement modifiées» (22).
    Au fil des années, les idées de George Sand en ce qui concerne les femmes se modifieront peu. Elle indique dans sa correspondance que l’amour maternel prévaudra toujours sur n’importe quelle considération, notamment dans une lettre à Édouard de Pompéry en date du 23 décembre 1864 : «Je vois la femme à jamais esclave de son cœur et de ses entrailles» (23).

    Marie-Reine Renard
    "Les idées religieuses de George Sand", article paru dans
    Arch. de Sc. soc. des Rel., 2004, 128, (octobre-décembre 2004), p. 25-38

    George Sand

     

    _SandGeorge_Sand_par_Auguste_Charpentier__1838_sand_nadar

    monument_home_img_maison
    maison de George Sand à Nohant, village paisible de l'Indre à côté de Chateauroux

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    1 septembre 2010

    les professeurs d'histoire sont rentrés (sept. 2010)

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    les professeurs d'Histoire

    du lycée Claude Lebois


    2010-2011


    Val_rie__1_
    Mme Goy, coordinatrice Histoire

    Val_rie__2_
    Mme Goy

    Pierre_Luc_et_Jean_Luc
    M. Bouderlique et M. Degraix

    Michel_et_Laurence
    Mme Reynaud et M. Renard


    Laurence_et_Jonathan
    Mme Reynaud et Jonathan, professeur remplaçant

    - pages générales sur l'équipe des professeurs d'histoire à Claude Lebois (2008-2010)

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    7 juillet 2015

    guerre et sociétés, 1270-1480 : sujets de commentaire et confrontation donnés à l'agrégation de géographie en 2014

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    guerre et sociétés, 1270-1480 :

    sujets de commentaire et confrontation

    donnés à l'agrégation de géographie en 2014

     

     

    sujets

    - La reconquête de la Normandie (1449-1450).

    - Édouard de Woodstock (1330-1376), prince de Galles et prince d'Aquitaine, dit le "prince Noir".

    - Charles d'Orléans, un prince dans la tourmente.

    - Arras, une ville dans les premières années de la guerre de Cent ans (1340-1347).

    - Jean sans Peur, chef de guerre.

    - La guerre de succession de Bretagne (1341-1364).

    - Héros de guerre, quelques profils.

    - La guerre de siège.

    - La guerre juste.

    - Encadrement et professionnalisation des guerriers.

    - Logistique et financement de la guerre.

    - Coûts et profits de la guerre.

     

    documents

    - La reconquête de la Normandie (1449-1450).

    reconquête Normandie - 1 (1)

    Formigny mon (1)

    Formigny mon (2)

    Formigny mon (3)

    Formigny mon (4)

    Formigny chap (1)

    Formigny orne (1)

     

    - Édouard de Woodstock (1330-1376), prince de Galles et prince d'Aquitaine, dit le "prince Noir".

    Édouard de Woodstock (1)

    Édouard de Woodstock (2)

    Edward the Black Prince receives Aquitaine

    gisant Prince Noir

     

    - Charles d'Orléans, un prince dans la tourmente.

    Charles d'Orléans prince dans la tourmente - 1

    Charles d'Orléans robe rouge - 1

     

    - Arras, une ville dans les premières années de la guerre de Cent ans (1340-1347).

    Arras 1340-1347 - 1

    Bulletin historique et philologique

     

    - Jean sans Peur, chef de guerre.

    Jean sans Peur (1)

    Jean sans Peur (2)

    Jean sans Peur (4)

    Jean sans Peur (1)

    Jean sans Peur (2)

    Jean sans Peur (3)

     

    - La guerre de succession de Bretagne (1341-1364).

    guerre de succession de Bretagne - 1

    miniature bataille d'Auray Froissart (1) - copie

    Auray fond rouge
    deux images de la bataille d'Auray (1364)

    Combat des Trente (1)

    Combat des Trente (2)

    Combat des Trente (3)
    trois images du Combat des Trente (1351)

    tombeau Jean IV Nantes

     

     

    - Héros de guerre, quelques profils.

    héros de guerre quelques profils - 1

    Jeanne d'Arc par Fauquembergue

    Jeanne d'Arc Martin le Franc

    Jeanne d'Arc Vigiles de Charles VII (2)

     

     

    - La guerre de siège.

    guerre de siège (3) - 1

    guerre de siège (2)

    * le document n° 6 est attribué à "Jean du Clercq" ; il s'agit d'une erreur, il faut lire : Jacques du Clercq.

    Firework Book (1)

    Firework Book (2)
    deux images du Firework Book

     

    - La guerre juste.

    la guerre juste - 1

    Thomas d'aquin guerre juste
    Thomas d'Aquin, Somme théologique, "Y a-t-il une guerre qui soit licite?"

    Alain Chartier portrait - 1
    Alain Chartier, Le Quadrilogue, 1422

    Alain Chartier Quadrilogue invectif - 1

    Alain Chartier Quadrilogue début
    présentation du texte par anonyme : "Ci commence un notable et excellent traictié sur le fait de la guerre
    en corrigent et reprenant les escuiers chascun en l'endroit de soy, lequel traicté est nommé quadriloghe par ce que
    en quatre personnes fut comprise par deffunct vénérable discret et saige maistre Alain Chartyer en son vivant
    docteur en décret et secrétaire du Roy nostre sire Charles le VIIeme de ce nom"

     

    - Encadrement et professionnalisation des guerriers.

    encadrement et professionnalisation des guerriers - 1

    ordonnance gens de guerre 1351
    ordonnance de Jean II, 1451

    Monthléry 1465 (1)

    Monthléry 1465 (2)
    Philippe de Commynes, Mémoires

     

     

    - Logistique et financement de la guerre.

    Logistique et financement (1)

    Logistique et financement (2)
    * à mon avis, il y a une erreur dans le 1 : les dates citées sont 1327 et 1403, or le texte de Maurice Jusselin
    n'évoque pas cette dernière, il s'arrête à 1340 ; il doit s'agir d'une faute de frappe : 1403 au lieu de 1340

    prévision guerre 1327 (1)

    prévision guerre 1327 (2)

    prévision guerre 1327 (3)

     

    - Coûts et profits de la guerre.

    coûts et profits de la guerre - 1

    Froissart Flandre

    Montbard vestige château ducal
    vestige du château ducal de Montbard

     

    - source de la liste des sujets
    iconographie et textes ajoutés : Michel Renard

     

    * dossier destiné aux étudiants, aux agrégatifs, aux professeurs d'histoire.

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    12 juin 2015

    le Journal des Débats, tableau de Jean Béraud, 1889

    Journal des Débats Une

     

    la presse au XIXe siècle

    "La salle de rédaction du Journal des Débats"

    tableau de peinture de Jean Béraud, 1889

     

     

    1) un tableau de peinture

     

    tableau de Béraud 1889
    la salle de rédaction du Journal des Débats, peinture de Jean Béraud, 1889

     

     

    2) son auteur : Jean Béraud


    Le peintre Jean Béraud (1849-1935), l'une des figures artistiques les plus célèbres de la vie parisienne à la "Belle Époque".

    Jean Béraud peintre (1)  Jean Béraud peintre (2)  Jean Béraud peintre (3)  Jean Béraud peintre (4)

     

     

    3) l'identification des personnages présents sur le tableau

     

    Béraud rédaction Journal des Débats 1889 - 1
    identification des personnages dans la salle de rédaction du Journal des Débats, peinture de Jean Béraud (1889) ;
    la numérotation n'est pas la même que celle qui figure dans le livre d'Henri Avenel, ci-dessous

     

    Histoire presse française 1900 Henri Avenel page 827
    identification des personnages de la salle de rédaction du Journal des Débats peinte par Jean Béraud, in
    Henri Avenel, Histoire de la presse française, éd. Flammarion, 1900, page 827

     

    En 1889, à l'occasion du centième anniversaire de sa fondation le Journal des Débats publia un livre au titre sans surprise : Le livre du Centenaire du Journal des Débats, 1789-1889, éd. Plon (en ligne sur BnF, Gallica).
    On y trouve des récits de la vie politique du quotidien selon un ordre chronologique (Révolution, achat par les frères Bertin en 1799, Consulat et Empire, Restauration, Monarchie de Juillet, Second Empire, siège de Paris et Commune, Troisième République), des études thématiques sur les domaines non politiques (littérature, musique, arts, science, économie politique, militaire...) ainsi que des notices diverses et la liste des sept cents collaborateurs du journal sur un siècle.

    L'ouvrage offre une gravure du tableau de Jean Béraud représentant la salle de rédaction du Journal des Débats en 1889, mais sans que ne soit mentionnée l'identité de chacun des personnages.
    Celle-ci se trouve dans le livre d'Henri Avenel, Histoire de la presse française, depuis 1789 à nos jours, édité en 1900. C'est, à ma connaissance, la première fois que ce tableau est nominativement informé.
    J'ai suivi cette liste et fourni pour chaque personnage des renseignements biographiques - le plus souvent arrêtés à la date de 1889 - ainsi que des éléments iconographiques. De grandes figures sont célèbres et leur renommée intellectuelle est toujours présente (Renan, Lavisse, Taine...) ; d'autres collaborateurs sont aujourd'hui moins connus voire totalement oubliés.
    Ce décryptage sociographique peut être le point de départ d'un travail sur le champ intellectuel couvert par le Journal des Débats, publication conservatrice mais républicaine, aux débuts de la Troisième République.

    Michel Renard
    professeur d'histoire

     

    4) données bio-iconographiques sur les personnages du tableau

     

    1 - Ernest Renan (1823-1892) : professeur au Collège de France. En 1889, le célèbre savant a notament déjà publié : Vie de Jésus (1863) ; La Réforme intellectuelle et morale de la France (1871) ; Qu’est-ce qu’une nation ? (conférence prononcée le 11 mars 1882 à la Sorbonne) ; Souvenirs d'enfance et de jeunesse (1883) ; et de nombreux autres travaux, particulièrement d'histoire religieuse.
    A donné au Journal des Débats son premier article le 8 juin 1853 ; a écrit ensuite de nombreuses fois sur les religions, les littératures de l'Orient et les questions philologiques.

    Ernest Renan en 1870   Renan couv (3)   Renan couv (1) - 1   Renan couv (2) - 1

     

    2 - Jean-Jacques Weiss (1827-1891) : homme de lettres, professeur, fondateur du journal Le Soleil (1873) ; d'opinions politiques bonapartistes puis monarchistes modérées mais a été nommé directeur des Affaires politiques au ministère des Affaires étrangères par Gambetta. En 1890, il publia les Lettres de Victor Hugo aux Bertin, 1827-1877.
    Entré au Journal des Débats le 13 mai 1860 comme chargé du bulletin politique ; il a donné aussi des Variétés littéraires et des articles de critique dramatique.

    Jean-Jacques Weiss   Jean-Jacques Weiss couv (1)   Jean-Jacques Weiss couv (2)   Jean-Jacques Weiss (3)


    3 - Jules Lemaître (1853-1914) : élève de l'École normale supérieure et agrégé des Lettres en 1875, professeur de rhétorique au lycée du Havre, maître de conférences à l'École supérieure des lettres d'Alger en 1880, chargé de cours de littérature française à la Faculté des lettres de Besançon en 1882 et professeur à celle de Grenoble en 1883. Collaborateur de la Revue Bleue et du Temps, il se fit connaître comme critique dramatique au Journal des Débats. Il est notamment l'auteur de : La Comédie après Molière et le théâtre de Dancourt, thèse présentée à la Faculté des lettres de Paris (1882) ; Les Contemporains. Études et portraits littéraires (à partir de 1886).
    Chargé de la critique dramatique au Journal des Débats depuis le 3 avril 1883 ; écrit également d'autres articles.

    Jules Lemaître  Jules Lemaître (2)   Jules Lemaître couv (1)

     

    4 - John Lemoinne (1815-1892) : né à Londres, diplomate, rédacteur au Journal des Débats, collaborateur à la Revue des Deux Mondes et au Matin ; élu à l'Académie française en 1875 ; sénateur en 1880 ; auteur de nombreuses publications sur la politique internationale, sur l'Angleterre.
    Entré au Journal des Débats en 1840, il en était le doyen en 1889 ; il était chargé de la Correspondance anglaise mais traitait aussi de toutes les questions de politique intérieure et extérieure et donnait encore des Variétés littéraires.

    John Lemoine   John Lemoinne (3)   John Lemoinne (2)

     

    5 - Henri-Guillaume de Montferrier, de son vrai nom : Guillaume-Henri Granier (1814-1890) : né à Montpellier où son père Guillaume Zoé Granier, manufacturier, a été deux fois maire et élu sept fois député entre 1830 et 1848 ; la famille habitait dans l'hôtel de Lunas (photo) ; en 1848, les affaires de son père périclitent puis sont mises en liquidation ; Guillaume-Henri devient avocat dans cette même ville, puis journaliste politique ; auteur de Voyage de fantaisie politique en Autriche-Hongrie, en Serbie et en Bulgarie (1885). Dans le Livre du Centenaire du Journal des Débats (1889), on trouve cette notice dans l'index :

    Montferrier index Livre du Centenaire 1889  Montferrier hôtel de Lunas

     

    6 - Jules François Dietz (1847-1928) : avocat à la Cour d'Appel de Paris, journaliste, professeur à l'École libre des sciences politiques (1885), rédacteur en chef du journal Le Parlement (1879-1884), rédacteur au Journal des débats (depuis 1885). [notice nécrologique du Journal des Débats sur Jules Dietz, 29 novembre 1928]
    Entré au Journal des Débats le 8 janvier 1884 avec un article sur la révision de la Constitution de 1875 ; collaborateur politique quotidien du journal.

    Dietz (1)  nécro Jules Dietz, parue le 29 nov 1928

     

    7 - André Hallays (1859-1930) : avocat à la Cour d'appel de la Seine, hommes de lettres, chroniqueur ; entré au Journal des Débats en 1884. Auteur de En flânant, 1899, recueil d'articles notamment publiés dans le Journal des Débats (en ligne sur gallica.bnf.fr). (notice biographique et étude critique, par Ruth Fiori, 2009)
    Premier article dans le Journal des Débats le 13 juin 1884 ; depuis, nombreuses Variétés littéraires et critiques.

    André Hallays  Hallays couv

     

    8 - Raymond Koechlin (1860-1931) : directeur des services de la politique étrangère au Journal des Débats de 1887 à 1902 ; historien de l'art, collectionneur. (notice biographique, par Paul Alfassa, 30 avril 1932 et étude critique, par Michele Tomasi, 2008).
    Premier article dans le Journal des Débats le 1er mai 1886 ; spécialement chargé de la politique extérieure.

    Raymond Koechlin  Raymond Koechlin 1860-1931   Raymond Koechlin salon 14 bd Saint-Germain

     

    9 - Arthur Germanovitch Raffalovich (1853-1921) : économiste et haut-fonctionnaire russe qui a surtout vécu à Paris ; il a été secrétaire particulier de l’ambassadeur de Russie en France de 1876 à 1879, puis membre du Conseil supérieur du commerce et de l’industrie au Ministère des finances de Russie. En 1889, il est conseiller secret du ministère des finances russes à Paris.
    Il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont : Les finances de la Russie depuis la dernière guerre d’Orient, 1883 ; La nouvelle loi sur les sociétés anonymes en Allemagne, 1884 ; l'Industrie au Wurtemberg, 1886 ; L’impôt sur les alcools et le monopole en Allemagne, 1886 ; La ligue pour la défense de la liberté et de la propriété en Angleterre, 1886 ; Le logement de l’ouvrier et du pauvre (États-Unis, Grande-Bretagne, France, Allemagne, Belgique), 1887 ; L’année économique, 2 vol., 1887-1889 ; Les finances de la Russie (1887-1889), 1889.
    Premier article dans le Journal des Débats, le 20 mai 1874.

    Arthur Raffalovitch  Raffalovitch couv (1)

     

    10 - Harry Alis, né Jules-Hippolyte Percher (1857-1895) : romancier, chargé des services d'informations au Journal des Débats depuis le 15 janvier 1884, auteur d'articles à partir d'octobre 1884. En 1889, il avait déjà écrit, entre autres, Le revers de la médaille (1878), Hara-Kiri (1882) et Quelques fous (1889). [tué en duel par Alfred Le Châtelier, cf. image ci-dessous]

    Harry Alis portrait par Nadar   Harry Alis Revers médaille   Harry Alis Hara-Kiri  Harry Alis Quelques fous

    Harry Alis duel tragique


    11 - André-Charles-Paul Michel (1853-1925) : historien et critique d'art, professeur ; entré au Journal des Débats le 2 mai 1886.
    Cf. notice biographique et critique, très complète, par Geneviève Bresc-Bautier, conservateur général, directeur du département des sculptures du musée du Louvre sur inha.fr.
    Photo d'André Michel en 1910 (L'Instantané, supp. illustré de la Revue Hebdomadaire, 30 avril 1910) et portrait en 1920, dessin d'après photo, (Gazette des Beaux-Arts, décembre 1925).

    André Michel couv  André Michel Hist Art couv  André Michel photo publiée en 1910  André Michel en 1920

     

    12 - Jules Simon, né François Simon Jules Suisse (1814-1896) : élève de l'École Normale supérieure, professeur de philosophie (1836), il succède à Victor Cousin à la Sorbonne ; homme politique dont la carrière culmina quand il fut président du Conseil de décembre 1876 à mai 1877 ; auparavant, il fut un opposant à l'Empire et membre du gouvernement de "Défense nationale" en 1870 (ministre de l'Instruction publique). Auteur de très nombreux ouvrages.
    Écrit dans le Journal des Débats depuis septembre 1886.

    Jules Simon (1)   Jules Simon (3)   Jules Simon (2)

     

    13 - Francis Charmes, né Marie François Charmes (1848-1916) : haut-fonctionnaire au ministère des Affaires étrangères, député du Cantal (1881-1885, puis à partir de 1889), journaliste ; partisan de la promotion d'une politique arabe de la France et d'une colonisation libérale (avec Léon Say et Alexandre Ribot).
    A collaboré au Journal des Débats, de manière très active, du 9 août 1872 au 22 novembre 1885. [à ne pas confondre avec son frère Gabriel Charmes, également collaborateur du Journal des Débats]

    Francis Charmes (1)   Francis Charmes (2)   Francis Charmes (4)   Francis Charmes (3)   

     

    14 - Eugène-Melchior de Vogüé, vicomte (1848-1910) : diplomate à Constantinople, au Caire et à Saint-Pétersbourg, et homme de lettres. Il épouse Alexandra Annenkoff, fille d'un général qui était aide de camp de l'empereur de Russie (1878). Jour un grand rôle dans la connaissance de la littérature russe en France. Auteur de : Syrie, Palestine, Mont-Athos, 1876 ; Histoires orientales, 1880 ; Les Portraits du siècle, 1883 ; Le Roman russe, 1886. Élu à l'Académie française en 1888.
    Premier article dans le Journal des Débats, le 14 novembre 1884 ; écrits des correspondances de Russie et des articles sur la littérature russe.

    Eugène Melchior de Vogüé (1)   Eugène Melchior de Vogüé (2)  de Vogüé Roman russe couv  de Vogüé portrait en pied

     

    15 - Léon Say (1826-1896) : président du Sénat, oncle de Cécile Bapst, collaborateur régulier du Journal des Débats. Il était l'un des gendres d'Armand Bertin qui dirigea le Journal des Débats de 1841 à 1854.
    Premier article au Journal des Débats, le 12 mars 1864 ; depuis, grand nombre d'articles sur l'économie politique, les questions financières, le budget, la comptabilité publique, la conférence monétaire, les réformes.

    Léon Say (1)   Léon Say (2)  Léon Say couv (1)  Léon Say couv (2)

     

    16 - Paul Bourget (1852-1935) : écrivain, critique littéraire. Écrit dans le Journal des Débats depuis le 20 janvier 1884. En 1889, il est déjà l'auteur, notamment, de Pauvre petite ! (1887) et Le Disciple (1889) ; l'essentiel de son oeuvre est postérieure.

    Paul Bourget (1)   Paul Bourget Pauvre petite couv - 1   Paul Bourget Le Disciple couv - 1

     

    17 - Hippolyte Taine (1828-1893) : philosophe, historien. Écrit dans le Journal des Débats depuis le 31 juillet 1856 ; a donné de très nombreux articles historiques, critiques et littéraires réimprimés pour la plupart en volumes.

    Hippolyte Taine (1)   Hippolyte Taine (2)   Hippolyte Taine (3)

     

    18 - Henry Houssaye (1848-1911) : critique et historien ; chargé, depuis le 4 avril 1874, du compte rendu des séances de l'Académie française dans le Journal des Débats.

    Henri Houssaye portrait   Henry Houssaye (2)   Henri Houssayre 1814   Henri Houssayre Athènes Rome Paris

     

    19 - Étienne Lamy (1845-1919) : avocat, député républicain et catholique (Jura, 1871, 1876 et 1877), essayiste. En 1889, il était l'auteur des ouvrages suivants : Le Tiers Parti, 1868 ; Du Pacte de constitut, en droit romain. Des Opérations de Bourse, en droit français, thèse pour le doctorat, 1870 ; L'Assemblée nationale et la dissolution, 1872 ; L'Avenir républicain, ou l'Histoire authentique des finances de la France depuis 1789 jusqu'en 1882, 1881.

    Étienne Lamy Tiers parti couv   Étienne Lamy La Dissolution couv   Étienne Lamy en 1905

     

    20 - Henri Chantavoine (1850-1918) : professeur de Lettres au lycée Charlemagne puis Henri IV et maître de conférence à l'École normale supérieure de Sèvres, associé à la Nouvelle Revue (1879) puis au Journal des Débats à partir de 1884. À la date de 1889, il a déjà publié plusieurs recueils de poésies.

    Henri Chantavoine couv (1)   Henri Chantavoine couv (2)   lycée Henri IV (2) - 1   lycée Henri IV (1) - 1  

     

    21 - Gustave de Molinari (1819-1912) : économiste belge, disciple de Frédéric Bastiat. En 1881, il est rédacteur en chef du Journal des Économistes.

    Gustave de Molinari (2)   Gustave de Molinari couv (1)    Gustave de Molinari (1)   Gustave de Molinari couv (3)

     

    22 - Paul Leroy-Beaulieu (1843-1916) : professeur d'économie politique au Collège de France. Écrit dans le Journal des Débats depuis le 19 juin 1871 ; collaboration assidue avec des articles de finances et d'économie politique.

    Paul Leroy-Beaulieu (2)   Paul Leroy-Beaulieu (1)   Leroy-Beaulieu Colonisation couv   Leroy-Beaulieu Précis éco po couv

     

    23 - Agénor Bardoux (1829-1897) : avocat,  écrivain et homme politique qui, à l'époque du tableau avait déjà été maire de Clermont-Ferrand (1870-1871), député du Puy-de-Dôme (1871-1881), sénateur depuis 1882, président du conseil général du Puy-de-Dôme de 1878 à 1883, sous-secrétaire d'État à la Justice en 1875, ministre de l'Instruction publique, des Cultes et des Beaux-Arts (décembre 1877 à janvier 1879). [il est l'un des arrière-grands-pères de Valéry Giscard d'Estaing, président de la République de 1974 à 1981]

    Agénor Bardoux (1)   Agénor Bardoux (2)  Bardoux Un mot sur couv  Bardoux Comtesse de Beaumont couv

     

    24 - Ernest Reyer, né Louis Etienne Ernest Rey (1823-1909) : compositeur, critique musical et bibliothécaire à l'Opéra de Paris. Son premier article dans le Journal des Débats, portant sur la tragédie lyrique Mignon, date du 2 décembre 1866.

    Ernest Reyer (1)   Ernest Reyer (2)   Ernest Reyer (3)   Ernest Reyer (4)

     

    25 - Georges Hément (1862-1903) : chargé des informations politiques et parlementaires ; entré au Journal des Débats le 4 mai 1884. [ne pas confondre avec son frère, Edgard Hément (1846-1927), entré comme rédacteur au journal Le Temps en 1875] [ci-dessous, notice nécrologique parue dans le Gil Blas, le 5 juin 1903]

    Georges Hément portrait   Hément Georges Légion d'Honneur   Georges Hément nécro

     

    26 - Jules Bapst (1830-1899) : joaillier parisien, épouse en 1854 la fille d'Armand Bertin, alors directeur du Journal des Débats ; il devient administrateur puis directeur du Journal des Débats de 1871 à 1883.

    Jules Bapst (1)

     

    27 - Régis Jalliffier (13 février 1846 - 5 juin 1912) : normalien agrégé d'histoire en 1869, professeur des lycées (inspecteur général de l'Instruction publique en 1908) ; auteur de nombreux manuels destinés à l'enseignement secondaire, et d'ouvrages sur les États généraux, sur l'Auvergne, etc. [obsèques au cimetière du Père-Lachaise, 7 juin 1912]

    Jalliffier Auvergne couv   Régis Jalliffier (2)   Régis Jalliffier (1)

     

    28 - Maurice Le Corbeiller (1859-1936) : rédacteur au Journal des Débats de 1886 à 1892 ; auteur dramatique de théâtre ; il mena plus tard une carrière politique au conseil municipal de Paris, dont il est président en 1920-1921 [photos], puis comme député de la Seine ; il fit partie de la Ligue de la Patrie Française dès 1899.

    Maurice Le Corbellier 1920-1921 (1)   Maurice Le Corbellier 1920-1921 (2)

     

    29 - Ernest Bertin (1833-1901) : pédagogue, professeur libre à la faculté des Lettres de Paris (Sorbonne), journaliste. A publié le journal et la correspondance de Cuvillier-Fleury qui fut précepteur puis secrétaire particulier du duc d'Aumale (fils du roi Louis-Philippe).

    Ernest Bertin couv   Bertin Cuvillier-Fleury couv (1) - 1   Bertin Cuvillier-Fleury couv (2) - 1

     

    30 - Edmond Le Berquier (1852-1919) : avocat à la cour d'Appel, bâtonnier de l'Ordre des Avocats à Paris ; chargé du "bulletin judiciaire" au Journal des Débats depuis le 26 avril 1884.

    Le Berquier

     

    31 - Jean Bourdeau (1848-1928) : essayiste, traducteur (de l'allemand), feuilletonniste au Journal des Débats depuis 1876, au début sur les sujets de littérature étrangère ; grand spécialiste des questions sociales et du socialisme, sur lesquelles il écrit abondamment dans les années qui suivent et jusqu'à sa mort. Il entretient une correspondance avec Georges Sorel dans la présentation de laquelle figure une biographie de Jean Bourdeau par sa petite-fille, Irène Petit (1996). Son grand-oncle, Pierre-Alpinien Bourdeau, avocat et homme politique, avait été nommé sous-secrétaire d'État à la Justice en janvier 1829 puis Garde des Sceaux en mai 1829 par Charles X, et se montra plutôt répressif à l'égard de la presse (Dictionnaire de la conversation et de la lecture, 1844, p. 347).

    Jean Bourdeau Heine couv  Jean Bourdeau socialistes et sociologues couv - 1  Jean Bourdeau (détail tableau Béraud) - 1

     

    32 - Léon Renault (1839-1933) : avocat, homme politique, député (1876-1885) puis sénateur à partir de 1885. Cousin de Georges Patinot, directeur du Journal des Débats depuis décembre 1883.

    Léon Renault 1839-1933

     

    33 - Ernest Lavisse (1842-1922) : historien. Élève de l'École Normale supérieure, reçu deuxième à l'agrégation d'histoire derrière Gabriel Monod, il devient secrétaire du cabinet du ministre de l'Instruction publique Victor Duruy (1865-1868) puis est nommé précepteur adjoint du prince impérial Louis-Napoléon en 1868. Il se rallie définitivement au régime républicain en 1877. En 1888, il accède à la chaire d'histoire moderne à la Sorbonne. À cette époque, il a surtout publié des ouvrages sur l'Allemagne où il avait passé trois ans après 1870 : Étude sur l’histoire de la Prusse (1879) ; Essai sur l'Allemagne impériale (1881) ; Trois Empereurs d’Allemagne (1888). Sa carrière se déploya ensuite jusqu'à faire de lui "l'instituteur national" de la Troisième République.
    Écrit dans le Journal des Débats depuis le 21 janvier 1888.

    Ernest Lavisse  Lavisse couv (1)   Lavisse couv (2)

     

    34 - Edmond Frank (1846-1911) : secrétaire à la rédaction du Journal des Débats depuis le 15 juin 1887, chroniqueur parlementaire entre 1888 et 1895.
    * la notice du Musée d'Orsay se trompe sur ce personnage ; elle lui attribue le nom d'Adolphe Franck (1809-1893), philosophe ; ce dernier a fait partie de la rédaction du Journal des Débats, mais dans une période antérieure comme on le voit sur le portrait "en mosaïque" de 1857-1865 (photo ci-dessous).

    Edmond Frank couv (1)   Edmond Frank couv (2)

     

    35 - Georges Patinot (1844-1895) : avocat, préfet à partir de 1876 ; en 1881, il épouse Cécile Bapst, fille de Jules Bapst et descendante de la famille Bertin qui dirige le journal depuis la fin du XVIIIe siècle ; en 1883 Georges Patinot renonce à l'administration pour se consacrer au journal à côté d'une carrière politique très active ; il participe, avec le journaliste Harry Alis, à la création du Comité de l'Afrique Française favorable à la colonisation, en 1891 ; il meurt à l'âge de 51 ans (cf. Le Monde Illustré, 27 juillet 1895).

    Georges Patinot (1) - 1   Georges Patinot (2)

     

    36 - André Heurteau (1851-1901) : docteur en droit (1881), rédacteur au Journal des Débats depuis le 8 janvier 1884 ; la plupart de ses articles sont signés V. ; écrit également dans la Revue Bleue [généalogie André Heurteau]

    Revue Bleue couv

     

    37 - Henri de Parville, né François-Henri Peudefer de Parville (1838-1909) : rédacteur scientifique dans de nombreuses revues ; rédacteur en chef de La Nature. [la revue La Nature publie la nécrologie d'Henri de Parville le 24 juillet 1909 ; il est mort le 11 juillet 1909]
    Il est notamment l'auteur de : Causeries scientifiques : découvertes et inventions, progrès de la science et de l’industrie, F. Savy (Paris) et J. Rothschild, Paris, 1861-1890 : Un habitant de la planète Mars, roman d'anticipation, J. Hetzel, Paris, 1865 ; L’Électricité et ses applications : exposition de Paris (2e éd., revue et augmentée d’une table alphabétique des matières et des figures et d’une table des noms cités), G. Masson, Paris, 1883 ; Itinéraire dans Paris : Exposition universelle de 1867 ; précédé de Promenades à l’Exposition, Garnier frères, 1867.

    Henri de Parville (1)      Henri de Parville (3)   Henri de Parville (4)   Henri de Parville (2)

     

    38 - Georges Michel (1843-1900) : journaliste, économiste, rédacteur au Journal des Débats, depuis le 4 mars 1884 ; auteur d'ouvrages sur Vauban, notamment une Histoire de Vauban parue en 1879.

    Georges Michel hist Vauban couv   Georges Michel Vauban économiste couv

     

    39 - Charles Albert Malo (1851-1912) : écrivain militaire, rédacteur au Journal des Débats depuis le mois d'octobre 1879 ; directeur de la Revue de cavalerie de 1885 à 1910.

    Revue de cavalerie couv

     

     

    tableau Béraud gros plan (1)
    détail du tableau de Jean Béraud, "La salle de rédaction du Journal des Débats", 1889

     

    Sur ce détail du tableau de Jean Béraud, huit personnages du Journal des Débats peuvent être reconnus, de gauche à droite et du rang supérieur (six personnages) au premier rang (deux personnages) :

    - Edmond Le Berquier, avocat à la cour d'Appel (notule n° 30 ci-dessus) ;

    - Ernest Bertin, professeur libre à la faculté des Lettres de Paris (notule n° 29 ci-dessus) ;

    - Maurice Le Corbeiller, de profil gauche, rédacteur au Journal des Débats (notule n° 28 ci-dessus) ;

    Régis Jaliifier, de profil droit, historien (notule n° 27 ci-dessus) ;

    - Jules Bapst, directeur du Journal des Débats de 1871 à 1883 (notule n° 26 ci-dessus) ;

    - Georges Hément, chargé des informations politiques et parlementaires (notule n° 25 ci-dessus) ;

    - Henri de Parville, cigarette aux lèvres, rédacteur scientifique (notule n° 37 ci-dessus) ;

    - Georges Michel, spécialiste des questions militaires (notule n° 39 ci-dessus).

     

    tableau Béraud gros plan (2)
    détail du tableau de Jean Béraud,
    "La salle de rédaction du Journal des Débats", 1889

     

    Sur ce détail du tableau de Jean Béraud, deux personnages du Journal des Débats peuvent être reconnus, de gauche à droite :

    - Ernest Reyer, cigarette à la main, critique musical (notule n° 24 ci-dessus) ;

    - Agénor Bardoux, avocat,  écrivain et homme politique (notule n° 23 ci-dessus).

     

    Michel Renard
    professeur d'histoire

     

    - source première, avec identification de tous les personnages du tableau : Henri Avenel, Histoire de la presse française, de 1789 à nos jours, éd. Flammarion, 1900, p. 827 (en ligne sur bnf.gallica.fr). La numérotation retenue ci-dessus n'est pas celle d'Henri Avenel.

    Histoire presse française 1900 Henri Avenel page 827
    identification des personnages de la salle de rédaction du Journal des Débats peinte par Jean Béraud, in
    Henri Avenel, Histoire de la presse française, éd. Flammarion, 1900, page 827

     

    - voir aussi : Alfred  Pereire, Le "Journal des Débats politiques et littéraires", 1814-1914, Librairie ancienne Édouard Champion, 1924 (livre qui aurait dû paraître en 1914).

    - sous format Gif animé : Wikimedia Commons.

    - recherches biographiques et iconographiques : Michel Renard

    Alfred PEREIRE, Le Journal des débats politiques et littéraires 1814-1914, Paris, Librairie ancienne Edouard Champion, 1924 - See more at: http://www.histoire-image.org/site/etude_comp/etude_comp_detail.php?i=450#sthash.oRinstfJ.dpuf
    Alfred PEREIRE, Le Journal des débats politiques et littéraires 1814-1914, Paris, Librairie ancienne Edouard Champion, 1924 - See more at: http://www.histoire-image.org/site/etude_comp/etude_comp_detail.php?i=450#sthash.oRinstfJ.dpuf

     

    _________________

     

    5) notice sur le tableau

     

    "Le Journal des Débats fut fondé en 1789, l'année de la Révolution. Avec 32 000 abonnés, il était, en 1812, le quotidien le plus diffusé. Son orientation libérale le conduisit à exprimer la tendance orléaniste sous la monarchie constitutionnelle. Par la suite, il ouvrit ses colonnes aux républicains et se présenta comme un journal conservateur de tendance modérée jusqu'à la fin du XIXe siècle. Sa publication fut interrompue en 1944.

    Le tableau de Béraud est commandé par la rédaction du journal à l'occasion du centenaire de sa fondation. Le tableau réunit les principaux administrateurs et collaborateurs du journal en activité en 1889 : Taine, Renan, Jules Simon, Paul Bourget... Au mur, à gauche, est suspendue une reproduction du portrait du fondateur, Louis-François Bertin (1766-1841) par Ingres.

    Il s'agit bien-sûr d'une scène recomposée, tout ce groupe n'ayant pu poser ensemble dans les locaux du Journal des Débats."

    source : Musée d'Orsay

     

    _________________

     

    - Le livre du Centenaire du Journal des Débats, 1789-1889, éd. Plon, 1889. (BnF, Gallica)

     

    Livre du centenaire Journal des Débats couv intérieure - 1
    page de titre intérieure du Livre du Centenaire du Journal des Débats (1889)

     

     

     

    _________________

     

    6) les directeurs du Journal des Débats entre 1799 et 1889

     

    directeurs du Journal des Débats de 1799 à 1889
    Le livre du Centenaire du Journal des Débats, 1789-1889, page 595

     

     De 1799, date de l'acquisition du journal par Bertin, jusqu'à 1889, les directeurs du Journal des Débats furent :

    - Bertin l'Aîné (Louis-François) : 1799-1841

    - Armand Bertin : 1841-1854

    - Édouard Bertin : 1854-1871

    - Jules Bapst : 1871-1883

    - Georges Patinot : depuis décembre 1883

     

    _________________

     

     

    7) Armand Bertin, fils du fondateur du Journal des Débats

     

    Armand Bertin (1)
    Armand Bertin (1801-1854), fils du fondateur Louis-François Bertin

     

    Armand Bertin (2)
    Armand Bertin (1801-1854), directeur du Journal des Débats de 1841 à 1854

     

    Armand Bertin (3)
    Armand Bertin (1801-1854), directeur du Journal des Débats de 1841 à 1854

     

    Armand Bertin (4)
    Armand Bertin (1801-1854), directeur du Journal des Débats de 1841 à 1854

     

    Armand Bertin fut directeur du Journal des Débats de 1841 à 1854.

     

     

    _________________

     

     

    8) Édouard Bertin, fils du fondateur du Journal des Débats

     

    Édouard Bertin (3)
    Édouard Bertin (1797-1871), fils aîné du fondateur Louis-François Bertin, à l'âge de 18 ans
    (peinture de Pierre Louis Deleval, 1815)

     

    Édouard Bertin 1797-1871 photo Nadar
    Édouard Bertin (1797-1871), fils du fondateur Louis-François Bertin (source)

     

    Édouard Bertin (2)
    Édouard Bertin (1797-1871), photo publié dans le livre de 1889

     

    Édouard Bertin fut directeur du Journal des Débats de 1854 à 1871.

     

    _________________

     

     

    9) quelques rédacteurs du Journal des Débats entre 1857 et 1865

     

    Journal des Débats entre 1857 et 1865
    Journal des Débats, anonyme, entre 1857 et 1865, Musée d'Orsay; la légende indique :
    "N° 1 Franck, 2 Horn, 3 Jules Janin, 4 Laboulaye, 5 Lemoine, 6 Paton, 7 Prévost Paradol, 8 Ratisbonne,
    9 Renan, 10 de Sacy, 11 St Marc-Girardin, 12 Stahl (Hetzel), 13 Weiss, 14 Yung"
    (source)

     

    Ce portrait collectif est appelé "en mosaïque" ; il a été inventé par Eugène Disderi (1819-1889). Ici, l'auteur est anonyme. La notice du Musée d'Orsay précise que la date se situe entre 1857 et 1865, soit sous le Second Empire (Napoléon III). On y trouve quatorze noms de rédacteurs du Journal des Débats :

    1 - Adolphe Franck (1809-1893) : philosophe, membre de l'Académie des Sciences morales et politiques à l'âge de 36 ans ; de confession israélite, auteur d'un travail reconnu sur la kabbale (1843) ; professeur au Collège de France ; président de la Ligue nationale contre l'athéisme, fondée en 1886.
    * Son nom figure à tort sur la notice du Musée d'Orsay relative au tableau de Jean Béraud (1889) ; il est confondu avec Edmond Frank (1846-1911).

    Adolphe Franck (2)  Adolphe Franck (1)   Adolphe Franck (2)

     

    2 - Ede Horn (1825-1875) : économiste hongrois, entré en contact avec le Journal des Débats en 1855 à l'occasion de sa venue à Paris pour l'Exposition universelle. A pris le nom de J. Édouard Horn.

    Ede Horn (1)   Ede Horn couv

     

    3 - Jules Janin (1804-1874) : romancier et critique littéraire né à Saint-Etienne.

    Jules Janin 1820 ou 1830 - 1   Jules Janin (4)   Jules Janin (2) - 1   Jules Janin (3)

     

    4 - Édouard Lefebvre de Laboulaye (1811-1883) : juriste et homme politique libéral et républicain, professeur au Collège de France à la chaire d’Histoire des législations comparées de 1849 à 1883. Grand connaisseur de l'Allemagne puis des États-Unis, il fut un homme d'influence dans les relations entre la France et les États-Unis. Laboulaye est à l'origine, en 1865, de l'idée d'une statue gigantesque à offrir aux États-Unis comme symbole de l'amité française ; à la fin de sa vie, il joua un rôle décisif dans la campagne de souscription pour la Statue de la Liberté (le sculpteur Bartholdi était ami de Laboulaye) en tant que président du Comité directeur de l'Union franco-américaine ; on compta cent mille donateurs français (cf. "Édouard Laboulaye et la Statue de la Liberté : l'élaboration de l'expérience démocratique", par Stephen Sawyer, La Lettre du Collège de France, n° 26, juin 2009) ; voir aussi : "Un portrait d'Édouard Laboulaye (1811-1883)", par Marc Kirsch, La Lettre du Collège de France, n° 26, juin 2009.

    Édouard Laboulaye (1)   Laboulaye portrait (2)    Édouard Laboulaye (2)   Laboulaye couv

     

    5 - John Lemoinne (1815-1892) : (1815-1892) : né à Londres, diplomate, rédacteur depuis 1840, puis directeur du Journal des Débats.

    John Lemoinne   John Lemoinne (3)

     

    6 - Jules Paton , pseudonyme de Jules Fleurichamp (1817-1890) : chroniqueur financier, a rédigé le bulletin de la bourse au Journal des Débats de la fin des années 1840 à 1887.

    Jules Paton (Fleurichamp) (1)   Jules Paton (Fleurichamp) (2)

     

    7 - Lucien Anatole Prévost-Paradol (1829-1870) : élève de l'École Normale supérieure (major de sa promotion), il s'oppose au coup d'État de Louis-Napoléon Bonparte (1851) ; professeur de littérature à l'université d'Aix-en-Provence (1855) dont il démissionne pour se consacrer au Journal des Débats. Opposant libéral au Second Empire ; entré à l'Académie française en 1865 ; auteur de l'ouvrage de référence du libéralisme français, La France nouvelle (1868). Ambassadeur aux États-Unis, il est désespéré quand éclate la guerre avec la Prusse, qu'il avait prévue : il se suicide d'un coup de révolver.

    Prévost-Paradol (1)   Prévost-Paradol (2)   Prévost-Paradol (3)

     

    8 - Louis Ratisbonne (1827-1900) : auditeur au Conseil d'État, écrivain, traducteur remarqué de La Divine Comédie ; rédacteur au Journal des Débats de 1853 à 1876. Nommé bibliothécaire de la bibliothèque du Palais de Fontainebleau, le 1er mai 1871, Louis Ratisbonne devint bibliothécaire de la bibliothèque du Luxembourg le 1er janvier 1873 et bibliothécaire du Sénat le 1er juillet 1876.

    Louis Ratisbonne (1)   Louis Ratisbonne (4)   Louis Ratisbonne (3)

     

    9 - Ernest Renan (1823-1892) :

    Ernest Renan jeune (1)

     

    10 - Silvestre de Sacy Ustazade (1801-1879) :

    Silvestre de Sacy (1)

     

    11 - Saint-Marc Girardin, né Marc Girardin (1801-1873) : écrivain et député (entre 1837 et 1846) ; professeur au Collège Louis Legrand et à la Sorbonne ; élu à l'Académie française en 1844. En 1859, il publie les Souvenirs et réflexions politiques d'un journaliste. Dans sa préface, il note : "J'ai peut-être écrit vingt volumes de polémique dans le Journal des Débats, pendant que j'y défendais en commun avec mes amis la cause de la monarchie constitutionnelle" (p. VI).

    Marc Girardin (2)   Saint-Marc-Girardin (1)   Marc Girardin (1)

    Marc Girardin couv (1)

     

    12 - Pierre-Jules Stahl, né Pierre-Jules Hetzel (1814-1886) : éditeur, a signé ses articles de ce pseudonyme, Pierre-Jules Stahl.

    Hetzel (1)

     

    13 - Jean-Jacques Weiss (1827-1891) : homme de lettres, professeur, journaliste ; d'opinions politiques bonapartistes puis monarchistes modérées.

    Jean-Jacques Weiss

     

    14 - Godefroy Eugène Jung (1827-1887) : élève de l'École Normale supérieure, professeur de lycée en province, secrétaire de la Revue des Deux-Mondes, prend la direction de la Revue des cours littéraires (1863) connue sous le nom de Revue Bleue ; en 1855, il publiait Henri IV, écrivain.

    Eugène Jung portrait   Eugène Jung Henri IV écrivain couv
         Eugène Jung (Yung)

     


     

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    9 juillet 2015

    Philippe Contamine, médiéviste

    Contamine couv (1)

     

     

    Philippe Contamine, historien du Moyen Âge

     

     

    Philippe Contamine 1957-58
         Philippe Contamine
            en 1957-1958

     

    Carrière

    Carrière de Philippe Contamine : site de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres

    - 1956. Agrégé d’histoire.
    - 1957. Professeur au lycée de Sens.
    - 1960. Professeur au lycée Carnot (Paris).
    - 1961. Attaché de recherche au C.N.R.S.
    - 1962-1965. Assistant à la Sorbonne.
    - 1965-1969. Chargé d’enseignement d’histoire du Moyen Âge à la Faculté des lettres et des sciences humaines de Nancy.
    - 1969. Docteur ès lettres.
    - 1969-1973. Maître de conférences, puis professeur (1970) d’histoire du Moyen Âge à l’Université de Nancy II.
    - 1973-1989. Professeur d’histoire du Moyen Âge à l’Université de Paris X-Nanterre.
    - 1985-1989. Direction du Centre Jeanne-d’Arc (Orléans).
    - 1989-2000. Professeur d’histoire du Moyen Âge à la Sorbonne.
    - 2000. Professeur émérite.

     

    Philippe Contamine lycée de Sens 1957-58
    les professeurs du lycée de Sens, année scolaire 1957-1958 :
    au 2e rang, 3e à partir de la gauche : Philippe Contamine, jeune professeur d'histoire

     

    Philippe Contamine 2012 (1)
    Philippe Contamine, photo publiée en 2012 (source)

     

    Philippe Contamine 2012 (2)
    Philippe Contamine, photo publiée en 2012 (source)

     

    Philippe Contamine académicien
    Philippe Contamine, académicien
    (Inscriptions et Belles-Lettres)

     

    - entretien avec Philippe Contamine (2013).

     

    ______________

     

    Publications

     

    Principales publications : site de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres

    - 1964. Azincourt.
    - 1968, 1992 (6e éd.). La guerre de Cent ans.
    - 1972. Guerre, État et société à la fin du Moyen Âge. Études sur les armées des rois de France, 1337-1494 (thèse de doctorat).
    - 1975. L’oriflamme de Saint-Denis aux XIVe et XVe siècles. Étude de symbolique religieuse et royale.
    - 1976, 1989 (3e ed.). La vie quotidienne en France et en Angleterre pendant la guerre de Cent ans (XIVe siècle).
    - 1976. La noblesse au Moyen Âge, XIe-XVe siècles. Essais à la mémoire de Robert Boutruche (dir.).
    - 1980, 1993 (4e éd.). La guerre au Moyen Âge.
    - 1980. Histoire générale de l’Europe. Du début du XIVe à la fin du XVIIIe siècle (ouvrage collectif).
    - 1981. La France aux XIVe et XVe siècles. Hommes, mentalités, guerre et paix.
    - 1985. La France de la fin du XVe siècle. Renouveau et apogée (dir., en coll.).
    - 1987. Orléans, 987 (catalogue d’exposition).
    - 1989. L’État et les aristocraties, France, Angleterre, Écosse, XIIe-XVIIe siècles (dir.).
    - 1991. Guerre et société en France, en Angleterre et en Bourgogne, XIVe-XVe siècle (dir., en coll.).
    - 1992. Des pouvoirs en France, 1300-1500.
    - 1992. Histoire militaire de la France. I, Des origines à 1715 (direction).
    - 1993, 1997 (2e éd.). L’Économie médiévale (direction).
    - 1994. Histoires de France, historiens de la France (dir.).
    - 1994. De Jeanne d’Arc aux guerres d’Italie. Figures, images et problèmes du XVe siècle.
    - 1994. Mémoires de Philippe de Commynes (présentation).
    - 1996. La France des principautés. Les Chambres des comptes, XIVe et XVe siècles (dir., en coll.).
    - 1997. La noblesse au royaume de France, de Philippe le Bel à Louis XII, essai de synthèse.
    - 1998. Les Chambres des comptes en France aux XIVe et XVe siècles, textes et documents (dir., en coll.).
    - 1998. Guerre et concurrence entre États européens du XIVe au XVIIIe siècle (dir.).
    - 1999. Autour de Marguerie d’Écosse. reines, princesses et dames du XVe siècle (dir., en coll.).
    - 1999. Les enceintes urbaines (XIIIe-XVIe siècles) (dir., en coll.).
    - 2002. Histoire de la France politique. I, Le Moyen Âge, 481-1514, le roi, l’Église, les grands, le peuple.
    - 2002. L’impôt au Moyen Âge. L’impôt public et le prélèvement seigneurial, fin XIIe-début XVIe siècle. I, Le droit d’imposer ; II, Les espaces fiscaux ; III, Les techniques, 3 vol. (actes du colloque édités en coll. avec A. Rigaudière).
    - 2003. Louis XII en Milanais. XLIe colloque international d’études humanistes, 30 juin-3 juillet 1998 (actes réunis en collaboration avec J. Guillaume).
    - 2003. Guerre, État et société à la fin du Moyen Age : Études sur les armées des rois de France (1337-1494), 2 volumes.
    - 2004. Le Moyen Âge : Le roi, l’Église, les grands, le peuple.
    - 2005. Pages d’histoire militaire médiévale (XIVe - XVe siècles).
    - 2005. Armes du diable : Arcs et arbalètes au Moyen Age (en collaboration avec Valérie Serdon).
    - 2006. Les chevaliers (Collectif). - 2007. Histoire de la diplomatie française : Tome 1, Du Moyen Âge à l’Empire (collectif).
    - 2007. Monnaies, fiscalités et finances au temps de Philippe le Bel. - 2007. La France médiévale (en collaboration avec Robert Fossier et Robert Delort).
    - 2007. L’art de la guerre au Moyen Âge (en collaboration avec Renaud Beffeyte).
    - 2012. Jeanne d’Arc, Histoire et dictionnaire.

     

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    Quelques couvertures de livres

     

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    Le choix d'un sujet de thèse

     

    J’ai alors fait le tour des maîtres de la Sorbonne dont j’avais suivi l’enseignement, Robert Fawtier, Charles-Edmond Perrin, et quelques autres. Plusieurs choix se présentaient. C’était l’époque où on aimait l’histoire de France régionale, étudier une région en épluchant toutes les sources possibles relatives à cette région. Alors, après tout, j’avais été professeur au lycée de Sens : pourquoi pas les campagnes de la région de Sens ? Et puis Charles-Edmond Perrin m’avait suggéré les justices féodales. Un sujet aussi intéressant que difficile, que je n’ai pas retenu. Je n’en ai pas saisi la portée à ce moment-là.

    À la fin, j’avais sélectionné trois sujets possibles. À savoir Paris à la fin du Moyen Âge, XVe-début XVIe siècle. Jean Favier n’avait encore rien publié à ce sujet, par conséquent il y avait quelque chose à faire, incontestablement. Deuxièmement, l’université de Paris à la fin du Moyen Âge... Ce livre manque toujours en quelque sorte. Dans les deux cas, je n’ai pas été encouragé. On m’a dit que quelqu’un travaillait déjà sur Paris, qui n’était du reste pas Jean Favier mais Anne Terroine, donc impossible, chasse gardée. Le sujet de l’Université avait été plus ou moins monopolisé par un prémontré américain, Astrik Gabriel. Donc finalement, je me suis orienté vers le troisième sujet, qui était tout simplement La guerre à la fin du Moyen Âge.

    Déjà sensibilisé à cette question, j’ai prospecté ; j’ai vu qu’il y avait des chroniques, des témoignages, des traités : Froissart, Commynes, Jean de Bueil et quelques autres. Et surtout qu’il y avait de très belles sources documentaires. La guerre, c’est l’État et les archives de l’État, à partir de la fin du Moyen Âge surtout, sont abondantes ; jamais suffisamment abondantes, mais abondantes quand même. Ces fonds avaient été plus ou moins négligés par les médiévistes qui ne s’intéressaient pas à ce type de sujet. Les médiévistes sont des gens pacifiques, n’est-ce pas ? [rires]. Donc, la guerre c’était un non-objet en quelque sorte. C’était le mauvais côté de l’histoire. À quoi bon l’exhumer ? Du coup il y avait là une lacune historiographique. À l’époque, le climat universitaire français n’était pas très accueillant pour ce type de sujet. Inutile de dire que je ne regrette pas mon choix.


    Philippe Contamine, septembre 2013
    source

     

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    Vidéos

     

    Philippe Contamine

    Colloque international des 13 et 14 septembre 2013 au château de Berbiguières : «Routiers et mercenaires d'Aquitaine, d'Angleterre et d'ailleurs (v. 1340-1453)».

    Un «marmouset» contre les compagnies : Jean de Blaisy (mort en 1396) par Philippe Contamine.

     

     

     * article destiné aux étudiants, aux agrégatifs, aux professeurs d'histoire.

    - retour à l'accueil

    2 décembre 2008

    vote au lycée

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    Les opérations de vote pour désigner les représentants aux commissions paritaires (CAP) nationales et locales ont eu lieu ce mardi 2 décembre 2008. Ces élections déterminent la représentativité des organisations syndicales.

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    Les professions de foi, les enveloppes, l'isoloir, les urnes...


    - retour à l'accueil

    22 septembre 2009

    conscient et inconscient

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    conscient et inconscient

     

    Ferdinand Alquié, Leçons de philosophie (1939)

    9782710331162FS


     

     

     

    L'inconscient

    Notre conscience ne contenant pas la raison de tout ce qui se trouve en elle, nous devons admettre qu'elle dépend de réalités non conscientes. Mais peut-on parler d'un inconscient psychique ? En bien des cas, les manifestations de l'inconscient sont telles que celui-ci ne peut être conçu que comme psychique. Mais l'inconscient ne pouvant être l'objet d'aucune constatation directe, il ne saurait s'agir ici que d'une hypothèse commode.
    Si notre vie psychique consciente ne peut être considérée comme un tout se suffisant à lui-même, si, en elle, bien des états ne s'expliquent que par du biologique, du physiologique, du social, il importe, avant d'aborder son étude, de considérer cet "inconscient", dont elle semble issue, et qui paraît contenir sa raison d'être.

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    A – inconscient réel et inconscient psychique

    1) En son sens le plus général, le terme inconscient désigne ce qui, par nature, n'est pas conscient, et n'est pas susceptible de le devenir.

    a) Ainsi, ce qui existe "en soi" est inconscient. L'inconscient, c'est le réel tout entier et, plus précisément, la matière.
    On pourrait objecter que, si la matière n'est pas constamment connue, elle peut pourtant devenir consciente (ainsi dans la perception). Mais il est clair que, dans la perception, ce n'est pas la matière elle-même qui devient consciente. La perception est faite d'états psychiques exprimant une relation entre la matière et nous. On ne peut donc la considérer comme nous révélant directement la matière, telle qu'elle existe en soi.

    b) En un sens plus précis, on peut entendre par inconscient l'ensemble des réalités qui, bien qu'étant en soi, non conscientes, semblent être en contact direct avec la conscience, et la conditionner étroitement, en sorte qu'on ne peut expliquer la conscience sans faire appel à elles, et sans les supposer à la base même des phénomènes conscients : ainsi le biologique, le physiologique, le social.

    2) La plupart des psychologues modernes ont admis en outre l'existence d'un inconscient proprement psychique.

    a) Celui-ci comprendrait tout d'abord les tendances de base, les réactions immédiates, les instincts premiers qui, bien qu'antérieurs à la conscience, amènent l'être à se comporter comme s'il éprouvait des désirs, comme s'il avait inventé les moyens de les satisfaire, en un mot comme si la réflexion consciente était la source de nos actions (ainsi, des abeilles fabriquant le miel semblent intelligentes).
    En ce sens, l'inconscient psychique, c'est ce qui, bien que n'étant pas, à proprement parler, susceptible de devenir conscient, ne peut toutefois être conçu que par analogie avec la conscience.

    b) Mais on entend aussi par inconscient psychique l'ensemble des faits qui, sans être conscients, peuvent le devenir. Ainsi, un souvenir conservé n'est pas conscient, mais le redevient dès qu'on le rappelle. La conscience, en effet, semble n'éclairer, à chaque instant, qu'une petite partie des faits psychiques. On peut donc supposer que le plus grand nombre de nos états demeurent inconscients, bien que présents et réels. En ce sens, on peut définir l'inconscient, avec M. Lalande, "ce qui n'est pas conscient pour un sujet et dans un cas déterminé, tout en étant susceptible de le devenir pour lui à d'autres moments ou sous certaines conditions".

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    B – La notion d'inconscient psychique

    La notion d'inconscient psychique a été longtemps rejetée comme contradictoire. Comment admettre, disait-on, qu'un fait soit à la fois psychique et inconscient ? Ainsi, une sensation inconsciente devrait être à la fois sentie (puisque étant sensation) et non sentie (puisque étant inconsciente). Et de nos jours, l'existence de l'inconscient est niée par Alain, qui voit dans les phénomènes prétendus inconscients des faits physiologiques, et par Sartre, qui les tient pour des phénomènes de mauvaise foi.

    À vrai dire, il n'y aurait contradiction à admettre un inconscient psychique que si l'on avait préalablement défini le psychisme par la conscience. Or toute la question est de savoir si cette définition est valable, autrement dit si l'on peut proclamer l'identité du psychique et du conscient. Nous pensons qu'on ne peut le faire : nous venons de voir qu'il est des faits, tels les actes instinctifs, qu'on ne peut concevoir que comme psychiques et qui, cependant, ne sont pas conscients.

    L'objection classique à la notion d'inconscient n'est pourtant pas sas valeur. Il est vrai que parler d'une sensation inconsciente, c'est-à-dire non sentie, est contradictoire. En d'autres termes, on peut remarquer que l'inconscient étant, par définition, inconscient, donc inconnu et inconnaissable, rien ne nous autorise à croire qu'il contienne des sensations, des volitions, autrement dit qu'il soit psychique. De l'inconscient on ne peut rien savoir, et imaginer l'inconscient, dire qui il est, c'est, à n'en pas douter, tomber en une contradiction.

    Les essais tentés pour imaginer les faits inconscients ont en effet nécessairement consisté à les concevoir par rapport à la conscience, ou du moins à une conscience. Pour les uns, les faits dits inconscients seraient des faits éclairés d'une conscience rapide suivie d'oubli (hypothèse qui ne peut convenir qu'à un petit nombre de cas). Pour d'autres, ils seraient rapportés à une conscience secondaire, distincte de la conscience principale (hypothèse purement arbitraire). D'autres prétendent concevoir l'activité inconsciente par continuité : puisqu'il y a, en notre conscience, des zones de moins en moins éclairés, ne peut-on, à la limite, concevoir un état inconscient ? (On est ainsi parvenu à la notion de subconscient). Mais cette argumentation semble vicieuse. On peut, à la rigueur, concevoir le moins-conscient, mais on l'inconscient, puisqu'une chose ne peut être conçue que si elle devient pour nous consciente. Il faut donc, si l'on veut admettre un inconscient psychique, renoncer à le concevoir.

    Mais si affirmer l'existence de l'inconscient revient à affirmer l'existence d'un inconnaissable, la notion d'inconscient devient purement négative, et l'on ne peut parler d'un inconscient psychique. Il n'y a plus de raison en effet de supposer que les faits en question soient psychiques plutôt que physiques (c'est ainsi que l'on a soutenu que ce que nous appelions l'inconscient se réduisait au physiologique et que, par exemple, les souvenirs conservés étaient non des souvenirs, mais des traces cérébrales).

    Nous devrons donc, en étudiant les phénomènes inconscients, nous demander s'il s'agit bien là de phénomènes psychiques, et ne l'affirmer qu'avec une extrême prudence.

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    Salvador Dali



    C – Les faits psychiques inconscients

    Examinons en effet quelques-uns des cas où les psychologues ont cru nécessaire d'admettre un psychisme inconscient.

    a) Toute sensation consciente, a-t-on dit tout d'abord, suppose à sa base des sensations inconscientes. Un son musical est entendu comme simple. Mais serait-il entendu si nous ne percevions pas les vibrations élémentaires qui le constituent ? Ces vibrations, pourtant, ne sont pas consciemment perçues : elles sont l'objet de sensations inconscientes.

    Cet argument a pris des formes multiples. Leibniz déclarait que si nous percevons le bruit de la mer, c'est que nous entendons inconsciemment le bruit des gouttes qui se heurtent. Hamilton prétendait que, pour voir une forêt, il faut apercevoir inconsciemment ses feuilles. Et Taine pensait qu'on pourrait trouver un atome psychique, un élément dernier inconscient, qui, combiné avec lui-même, donnerait la sensation.

    Ces théories nous semblent arbitraires, et nous ne pensons pas qu'on puisse parvenir à l'inconscient psychique par la décomposition du conscient.

    On comprend mal comment une somme de sensations inconscientes produirait une sensation consciente, comment des sensations de vibration se transformeraient en une sensation de son, comment l'augmentation de la fréquence de ces sensations de vibration donnerait lieu à un changement qualitatif de la sensation du son.

    Sans doute toute sensation résulte-t-elle d'une grande multitude d'excitations. Mais ces excitations sont matérielles, et non psychiques. Rien ne nous autorise à admettre qu'à chaque excitation élémentaire corresponde une sensation élémentaire. Le passage du matériel au conscient  est, certes incompréhensible ; mais supposer entre les deux, un psychisme inconscient ne résout pas la difficulté. Admettons donc qu'une cause physiologique complexe puisse produire un phénomène conscient simple. L'hypothèse d'un psychisme inconscient est ici inutile.

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    b) À chaque instant, dit-on, redeviennent conscients des états psychiques qui, un instant auparavant, ne l'étaient pas (c'est le cas des images, des souvenirs). Ces états étaient réels (puisque susceptibles de reparaître) sans pourtant être conscients. Ils étaient donc inconscients. Il en est de même pour les habitudes : elles sont en nous des actes, des comportements tout montés, prêts à se déclencher.

    Mais il est loin d'être établi qu'il s'agisse de phénomènes proprement psychiques. Le problème de la conservation des souvenirs est fort obscur, et peut-être cette conservation est-elle uniquement matérielle et cérébrale. De même pour l'habitude : si elle commence dans l'esprit, elle s'emmagasine dans le corps. Rien ne prouve qu'en tout ceci ce que nous appelons l'inconscient ne soit pas tout simplement le corps, l'organique.

    c) Il est pourtant des phénomènes inconscients qui semblent ne pouvoir s'expliquer par les lois de la matière, mais seulement par celles de l'esprit.

    1) C'est le cas, tout d'abord, des instincts animaux. Comment nier qu'ils soient psychiques ? Ils tendent vers des fins, mettent en œuvre tous les moyens propres à les atteindre, semblent connaître implicitement les lois du réel sur lequel ils agissent, expriment les tendances, les besoins du sujet dont ils émanent.

    2) En notre propre vie, nous rencontrons sans cesse des faits qui semblent ne pouvoir être expliqués qu'en faisant intervenir la notion d'un inconscient psychique. Il arrive, par exemple, qu'une séparation subite nous révèle un amour ignoré : cet amour n'existait-il pas à l'état inconscient ? Dans la volonté, les motifs agissent souvent sans parvenir à la conscience claire, et nous ne connaissons pas toujours les raisons de notre décision. Ne fait-il pas admettre ici l'action de forces psychiques inconscientes ?

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    L'inconscient se retrouve aussi dans la vie intellectuelle. La perception du monde extérieur, l'appréciation des distances supposent des sensations élémentaires, des associations d'idées dont nous n'avons pas conscience. Quand nous comprenons un mot, une idée, c'est grâce à tout un contexte mental inconsciemment connu. L'invention, la découverte scientifique jaillissent en nous de façon subite : ne supposent-elles pas un travail inconscient effectué antérieurement ?

    3) Les observations pathologiques nous conduisent, elles aussi, à admettre l'existence d'un inconscient psychique.
    La psycho-pathologie de Pierre Janet en contient de multiples exemples. Dans les cas de ce qu'elle nomme l'anesthésie hystérique, le sujet est pincé, piqué dans le sentir, et pourtant il se souvient, par la suite, de l'avoir été. Dans les cas dits de double personnalité, le sujet second répond, par écrit, à des questions qui lui sont posées à voix basse alors que le sujet premier cause sans interrompre sa conversation. Un sujet hypnotisé, puis réveillé, a l'air de ne plus se souvenir des ordres qui lui ont été donnés pendant son sommeil, et pourtant il les exécute.

    Il convient de noter ici l'importance des phénomènes mis en lumière par Freud. Selon ce dernier, la vie psychique nous présente un grand nombre de phénomènes (lapsus, actes manqués, rêves, névroses, maladies mentales) qui ne peuvent s'expliquer qu'à partir de "complexes" inconscients refoulés.

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    Ces complexes ont à leur base des tendances refoulées. Beaucoup de nos tendances, en effet, étant contraires aux convenances, à la vie sociale, à nos conceptions morales, ne peuvent devenir conscientes. Elles sont arrêtées par la censure et refoulées dans l'inconscient. Mais elles y subsistent et y constituent de véritables systèmes psychiques (les complexes) dont l'influence sur notre vie consciente se manifeste sans cesse.

    d) Il semble donc difficile de nier l'existence d'un inconscient psychique. Tout se passe, en effet, comme si étaient conscients des souvenirs, des jugements, des désirs qui ne le sont pas. L'instinct émane de tendances, et contient une raison implicite : or tendances et raison sont psychiques.

    Des sentiments inconscients nous mènent : or, tout sentiment est psychique. La découverte subite de la solution d'un problème suppose un raisonnement antérieur. Or, tout raisonnement est psychique.

    Beaucoup de phénomènes, normaux ou pathologiques, ne s'expliquent donc que par l'existence d'un psychisme inconscient. Tout se passe comme si une activité psychique inconsciente fonctionnait en nous, résolvant des questions, nous orientant vers certains buts, etc.

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    D – L'inconscient et le réel

    Il ne faut pas oublier cependant que, l'inconscient n'étant pas directement connaissable, l'existence d'un inconscient psychique ne peut être posée qu'à titre d'hypothèse.

    La valeur de la notion d'inconscient psychique est donc essentiellement méthodologique. Autrement dit, on parlera d'inconscient psychique chaque fois qu'il sera commode d'en parler, et pour signifier que tout se passe comme si, avant la conscience et en dehors d'elle, existaient des processus analogues aux processus conscients (raisonnements et connaissances implicites, tendances, etc.).

    On peut remarquer, à ce propos, que l'hypothèse d'un inconscient psychique a été, dans la psychologie moderne, l'origine de nombreuses découvertes et de remarquables progrès.

    Mais, si cette hypothèse est méthodologiquement féconde, quelle valeur lui reconnaître quant à la conception générale qu'elle nous donne du réel ? Sur ce plan, nous pensons qu'elle peut être, selon le sens où elle est prise, dangereuse ou utile :

    a) l'hypothèse d'un inconscient psychique risque de nous amener à une conception intellectualiste de l'univers. Dire, par exemple, en ce qui concerne les premiers comportements vitaux, que tout se passe comme si il y avait conscience, n'est-ce pas imaginer ces comportements sur le type des comportements humains ?

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    Mais l'inconscient, il faut s'en souvenir, ne peut être imaginé sans contradiction. Nous ne pouvons avoir nulle idée de ce que sont, en soi, les processus inconscients.

    Par ailleurs, l'histoire de la vie montre que c'est la conscience qui est sortie de l'inconscient : l'inconscient ne saurait s'expliquer par elle.

    Bien entendu, l'hypothèse d'un inconscient psychique doit nous amener à penser, non point que tout est, à quelque degré, explicable par la conscience, mais au contraire que la conscience ne suffit pas à expliquer ce qui se trouve en elle. Les processus qui nous apparaissent sous forme de raisonnements conscients, de tendances conscientes, ne peuvent être limités à leur aspect conscient : nous les rencontrons déjà avant la conscience, sous des formes dont nous constatons, du dehors, les effets, mais que nous devons renoncer à concevoir. Grâce à la notion d'inconscient, la conscience sera donc mise à sa véritable place dans l'univers.

    b) L'hypothèse d'un inconscient proprement psychique risque aussi de nous conduire au dualisme, à la séparation du psychique et du physique. Mais nous devons nous souvenir que les limites du psychique ne sauraient être fixées et que, si nous avons tenu certains faits inconscients pour essentiellement psychiques, c'est uniquement pour des raisons de commodité. De telles distinctions peuvent ne correspondre à rien de réel.

    - Ainsi, si l'instinct nous est apparu comme psychique, rien ne nous permet cependant de le séparer radicalement du comportement, essentiellement biologique et physiologique, des organes de l'animal. Les comportements végétaux sont eux-mêmes analogues à des instincts.
    - Et il ne sert à rien d'invoquer ici la distinction d'un inconscient pré-conscient et d'un inconscient post-conscient. En effet, des comportements qui ont été conscients peuvent devenir purement physiologiques : ainsi dans l'habitude.

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    Les limites du psychique, du biologique, du physiologique ne peuvent être établies. la distinction de divers ordres de faits semble plutôt conditionnée par notre ignorance que fondée dans leur nature réelle. Notre connaissance, en effet, se constituant selon les hasards de l'expérience, aborde le réel par divers côtés et se constitue en sciences séparées.

    C'est ainsi que nous avons pu parler du domaine physiologique, du domaine psychique, et avoir recours à l'hypothèse d'un inconscient proprement psychique. Mais tous les faits de notre expérience, bien que distincts, sont unis pas des lois et se conditionnent réciproquement.



    E – L'inconscient et la conscience

    L'homme, tel que le considère la psychologie, est "un". Sa vie organique, sa vie sociale, sa vie psychique se tiennent et forment une réalité que la conscience n'éclaire que par moments et par endroits, selon les nécessités de la pensée ou de l'action. Cette réalité doit être considérée d'abord comme inconsciente.

    a) Cet inconscient comprend d'abord les structures profondes, les tendances de base, les besoins, les instincts et, à l'état virtuel, les comportements vitaux que la conscience n'a pas eu à inventer. Tel est l'inconscient pré-conscient.

    b) Mais il y a aussi un inconscient post-conscient. Il est constitué par tout ce qui a été conscient et qui a cessé, momentanément ou définitivement de l'être et, en particulier :
    - Par des tendances dérivées, par des mécanismes moteurs pour l'acquisition desquels la conscience a été nécessaire, mais qui sont maintenant susceptibles de fonctionner sans elle. En ce sens, l'inconscient se confond avec l'habitude.
    - Par des jugements de valeur implicites, des impératifs sociaux qui traduisent notre dépendance vis-à-vis de la société et résultent de l'éducation.
    - Par les états qui, ne présentant pas d'intérêt actuel, ou n'étant pas liés à nos préoccupations présentes, sont momentanément laissés dans l'ombre : ainsi les souvenirs non évoqués.
    - De façon plus spéciale, par les états dont le moi refuse d'avoir conscience par l'effet d'une sorte de "censure" d'origine sociale. Tel est l'inconscient qu'étudie la psychanalyse.

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    La conscience


    Instrument d'adaptation, la conscience avertit l'être vivant des changements qui se produisent en son milieu, lui signale les excitations qu'il reçoit. Elle est, par là même, connaissance symbolique de la relation et faculté de synthèse : on peut donc, dès ses formes les plus élémentaires, reconnaître en elle ce qui, aux stades supérieurs de son développement, sera la pensée rationnelle.

    On nomme conscience "l'intuition qu'a l'esprit de ses états et de ses actes" (Lalande).

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    A – Conscience spontanée et conscience réfléchie

    La conscience, étant à la base de toute connaissance, ne peut, à strictement parler, être définie. Tout ce que nous connaissons est, par là même, conscient. On peut dire que la conscience est la propriété la plus générale de ce qui apparaît : elle coïncide avec la totalité de notre expérience.

    En ce sens, le problème de la conscience ne se pose pas différemment pour l'objectif et pour le subjectif, et l'on ne peut admettre la distinction de base (faits par l'école écossaise, ou encore par Royer Collard) entre la conscience (ou sens intérieur) et les sens externes. Les sens ne sont qu'une partie de la conscience. Pour l'expérience immédiate, du reste, faits physiques et faits psychiques ne font qu'un : ils ne peuvent être séparés qu'en vertu d'une interprétation du donné. De même, on ne saurait faire de la conscience une faculté abstraite, vide en elle-même, et tournée vers un objet : la conscience se confond purement et simplement avec son objet (ainsi la conscience de la douleur, c'est la douleur ; la conscience du rouge, c'est le rouge). Tous les faits sont conscients et nous ne pouvons les concevoir à part d'une conscience.

    C'est pourquoi la psychologie ne saurait partir d'une conception phénoménologique, où la conscience serait définie par son intentionnalité, ou comme conscience d'un objet qui lui serait, par nature, hétérogène. La psychologie ne débute pas par une analyse, phénoménologique ou transcendantale, de la conscience : elle part des faits, et les faits sont conscients.

    Considérée comme étant le propre de tout ce qui est donné, la conscience est dite "conscience spontanée". Mais la conscience peut aussi se retourner sur elle-même. Nous pouvons porter attention à l'un de nos états et prendre conscience de la conscience que nous en avons.

    Ainsi, une douleur est, en tant que telle, consciente. Mais je puis prendre conscience du fait que que j'éprouve une douleur, autrement dit je puis prendre conscience de la conscience spontanée que j'ai de ma douleur (conscience qui se confond avec la douleur elle-même). Alors, à la conscience spontanée, qui est le propre de tout objet connu, se superpose une seconde conscience, une conscience de la conscience. C'est la conscience réfléchie.

    La conscience spontanée peut être active, affective ou intellectuelle. La conscience réfléchie est toujours intellectuelle. Elle provient de ce que tout état de conscience peut engendrer, chez le sujet qui l'éprouve, l'idée de lui-même : à notre douleur, nous pouvons joindre l'idée que nous souffrons, à notre perception, l'idée que nous percevons, à notre désir, l'idée que nous désirons. Mais une idée de douleur n'est pas une douleur : c'est un état intellectuel qui nous fait  "connaître" notre douleur. Aussi la conscience réfléchie, quand elle est utilisée de façon méthodique, constitue-t-elle l'introspection.

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    Rodin, la douleur, bronze

    La conscience spontanée n'implique aucune opposition du sujet et de l'objet. En fait, "le fait conscient n'est pas considéré comme différente du fait qu'il est conscient" (Lalande). La conscience réfléchie, au contraire, "suppose une opposition nette de ce qui connaît et de ce qui est connu" (Lalande). Elle pose donc le moi-sujet en face du moi-objet. En ce sens, elle nous permet de dominer nos affections, rend possibles le jugement objectif sur soi-même, et la véritable liberté.



    B – Les conditions de la conscience

    Chez les végétaux, l'équilibre de l'être vivant et du milieu se réalise par le jeu d'une adaptation inconsciente. Chez l'animal, qui possède un nombre plus grand de besoins et de tendances, et qui, mobile, change sans cesse de milieu, le problème de l'adaptation devient plus difficile. C'est alors qu'apparaît la conscience.

    La conscience semble en effet dépendre avant tout de conditions biologiques et pratiques. Elle a un rôle de conservation et de défenses vitales : elle apparaît quand il y a désadaptation de l'animal et du milieu, et constitue un instrument de réadaptation.

    Grâce à elle, ce qui est utile à connaître s'éclaire. Or, ce qui est utile à connaître, c'est d'abord le monde extérieur (car il contient les dangers qui menacent le vivant, les obstacles auxquels peut se heurter son activité, les objets qui peuvent satisfaire ses besoins). Aussi la conscience est-elle essentiellement conscience de l'objet (même dans l'instinct, il paraît y avoir une conscience rudimentaire du milieu sur lequel s'exerce l'action).

    Mais le vivant doit aussi être renseigné sur le rapport de l'objet et de ses tendances, c'est-à-dire sur la satisfaction ou la non-satisfaction de ces dernières. La conscience sera donc affective.

    Enfin, la conscience arrive parfois à être, à proprement parler, conscience du sujet (mais seulement en ses formes supérieures et, semble-t-il, chez l'homme). L'homme a, en effet, des tendances multiples et contradictoires entre lesquelles il doit choisir. La conscience devra lui permettre de les connaître. C'est ce qui a lieu dans la volonté.

    Si la conscience a pour but d'adapter l'être à son milieu, chez l'homme dont le milieu est surtout social, la conscience sera soumise à des conditions sociales. (C'est ainsi que nos opinions deviennent conscientes dans la mesure où elles se heurtent à celles des autres hommes). La conscience nous révèle aussi les règles sociales, et se présente parfois comme impérative et morale. Elle refoule les désirs antisociaux, les tendances que la société condamne. En un mot, elle nous adapte à la société dans laquelle nous devons vivre.

    On comprend le sens et la portée des deux lois psychiques qui régissent la conscience :

    A) La première est la loi de relativité. La conscience ne nous révèle pas un état, mais un changement, une variation.

     

     

     

    (à suivre)

    Ferdinand Alquié, Leçons de philosophie, 1939,
    éd. 2009, La Table Ronde, p. 71-83

    Alquié
    Ferdinand Alquié, 1906-1985)





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    2 avril 2015

    les territoires de Saint-Chamond

    zones St-É, Forez et Pilat

     

     

    les territoires de Saint-Chamond

     

     

    carte_loire_sud
    les communautés d'agglomérations et de communes autour de Saint-Étienne et dans le massif du Pilat

     

    Saint-Étienne Métropole, c'est quoi ? vidéo

    - Saint-Étienne Métropole, sur le site de l'INSEE

    - les élus de Saint-Chamond à Saint-Étienne Métropole

    - la carte du territoire

     

    20091231140739!Logo-saint-Etienne-Metropole

     

    - les trois types de compétences de Saint-Étienne Métropole

    les compétences obligatoires

    • En matière de développement économique :

    Création, aménagement, entretien et gestion de zones d'activité industrielle, commerciale, tertiaire, artisanale, touristique, portuaire ou aéroportuaire qui sont d'intérêt communautaire.
    Actions de développement économique d'intérêt communautaire.

    • En matière d'aménagement de l'espace communautaire :

    Schéma de cohérence territorial et schéma de secteur.
    Création et réalisation de zones d'aménagement concerté d'intérêt communautaire.
    Organisation des transports urbains au sens du chapitre II du titre II de la loi N° 82-1153 du 30 décembre 1982 d'orientation des transports intérieurs, sous réserve des dispositions de l'article 46 de cette loi.

    • En matière d'équilibre social de l'habitat sur le territoire communautaire :

    Programme local de l'habitat.
    Politique du logement, notamment du logement social, d'intérêt communautaire et action, par des opérations d'intérêt communautaire, en faveur du logement des personnes défavorisées .
    Amélioration du parc immobilier bâti d'intérêt communautaire.

    • En matière de politique de la ville dans la communauté :

    Dispositifs contractuels de développement urbain, de développement local et d'insertion économique et sociale d'intérêt communautaire.
    Dispositifs locaux, d'intérêt communautaire.

     

    - le budget 2015 de Saint-Étienne Métropole

     

    carteSEM
    les moyens de transport

     

     

    figure_2
    la population entre 2006 et 2011

     

    _______________________________

     

    - Saint-Martin-en-Coailleux : "son âme de village"

     

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    9 février 2015

    la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945) : cartes et chronologies

    Barbarossa-juin1941-4
    offensive allemande en URSS

     

    la Deuxième Guerre mondiale :

    quelques repères

     

     

    1) carte de l'Europe en 1939

     

    carte Europe 1939
    l'Europe et le bassin méditerranéen en 1939

     

    2) les chronologies

     

    frise 9 dates WW2

     

    Les 9 dates à connaître absolument :

    - 1er septembre 1939 : invasion de la Pologne par l'Allemagne, ce qui entraîne l'entrée en guerre de la France et la Grande-Bretagne.

    - mai et juin 1940 : offensive allemande contre la France et défaite de celle-ci en six semaines. L'Angleterre résiste.

    - juin 1941 : invasion de l'URSS par l'Allemagne (plan Barbarossa).

    - 7 décembre 1941 : attaque de la base américaine de Pearl Harbor par le Japon, ce qui provoque l'entrée en guerre des États-Unis. La guerre, principalement européenne depuis deux ans, devient vraiment mondiale.

    - 4-7 juin 1942 : défaite aéro-navale japonaise de Midway, dans le Pacifique, contre les États-Unis.

    - janv.-fév. 1943 : défaite allemande à Stalingrad contre l'Union soviétique. Tournant stratégique majeur de la guerre en Europe.

    - 6 juin 1944 : débarquement allié (USA + GB) en Normandie. Plus grande opération de débarquement de l'histoire (au total : 3 millions de soldats).

    - 8 mai 1945 : capitulation allemande. Fin de la guerre en Europe.

    - 6 et 9 août 1945 : largage des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki. Fin de la guerre en Asie. (15 août : capitulation japonaise ; et 2 sept. signature des actes de capitulation).

     

    Pologne_Invasion_Allemands_1septembre1939
    invasion allemande en Pologne : 1er septembre 1939

     

    ligne Maginot
    la ligne Maginot et les alliés de la France : G.-B. et Belgique

     

    objectifs attaque all URSS
    les objectifs de l'attaque allemande de l'URSS, 22 juin 1941

     

    Midway carte
    localisation de la bataille de Midway : 4-7 juin 1942

     

    Stalingrad 1943
    Stalingrad après la défaite allemande, fin janvier-début février 1943

     

    ng3049
    champignon atomique après le bombardement d'Hiroshima : 6 août 1945

     

     

    3) les bilans

     

    Berlin 1945 femme fuyant et char soviétique

     

    Pertes humaines pour les principaux pays

    tableau bilan hmain 2GM

     

    Victimes civiles et militaires de l'Axe et des Alliés

    Graphique victimes 2GM
    lire "Civils de l'Axe et non "Cicils..."

     

    4) le génocide des juifs

     

    victimes juives (1)

    victimes juives (2)

    source : Raoul Hilberg, La destruction des Juifs d'Europe III, Folio-Histoire, 2006, p. 2272 et 2273.

     

     

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    6 février 2015

    les émeutes du 6 février 1934 - dossier, classes de 1ères lycée

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    Le 6 février 1934, «un mythe fondateur»

    de l'extrême droite

    Olivier DARD, historien, professeur à la Sorbonne (Paris IV)

     

    olivier-dard
    Olivier Dard

     

    INTERVIEW

    Il y a quatre-vingts ans, des émeutes impliquant les ligues nationalistes éclataient à quelques pas de l'Assemblée nationale. L'historien Olivier Dard revient sur ces événements et leur postérité.

    L'évènement est emblématique d'une époque, les années 1930, que certains comparent à la nôtre. Il y a quatre-vingt ans jour pour jour [article paru le 6 février 2014], le 6 février 1934, des manifestations emmenées par les ligues nationalistes dégénéraient en émeutes à quelques pas de l'Assemblée nationale. Celles-ci faisaient quinze morts, et laissaient croire à une tentative de coup d'État de la part de l'extrême-droite.

    Etait-ce le cas ? Quelles furent les conséquences du 6 février, et quelle place occupe-t-il aujourd'hui dans l'imaginaire droitier ? Les réponses d'Olivier Dard, professeur à la Sorbonne, auteur de Charles Maurras (Armand Colin, 2013) et de Les années trente - Le choix impossible (Le Livre de poche, 1999).

    Dominique Albertini
    journaliste à Libération

    9782253905561FS

     

    ________________________

     

    il ne s'agissait pas d'un coup d'État fasciste

     

    Action Française 6 février 1934
    L'Action Française, journal de la droite monarchiste anti-républicaine, 6 fév. 1934

     

    Que s’est-il passé au juste le 6 février 1934 ?

    Pour le comprendre, il faut commencer quelques jours plus tôt. Eclaboussé par le scandale Stavisky [la mort douteuse d’un escroc lié à plusieurs parlementaires, ndlr], le gouvernement Chautemps a démissionné le 28 janvier 1934.

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    l'escroc Alexandre Stavisky, en 1926

    Le 6 février est la date à laquelle le nouveau gouvernement, présidé par Édouard Daladier, doit être présenté à l’Assemblée. Or, avant cette échéance, Daladier a limogé le préfet de police Jean Chiappe, réputé proche des ligues d’extrême-droite, ce qui provoque la fureur de celles-ci et leurs appels à manifester. On a donc une conjonction d’éléments qui provoquent les évènements du 6 février.

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    Jean Chiappe, préfet de police de Paris

     

    1313390-Ministère_Daladier
    Daladier a été plusieurs fois président du Conseil (1er ministre) ; ici, on le voit avec son
    gouvernement en janvier 1933. Mais deux autres présidents du Conseil lui ont succédé cette année-là :
    Sarraut et Chautemps. Le 30 janvier 1934, il devient à nouveau président du Conseil.

     

    Contrairement à ce qu’ont pensé les contemporains de gauche, il ne s’agissait pas d’un coup d’État fasciste. Mais ce ne fut pas non plus une simple manifestation. D’ailleurs, au départ, il y a plusieurs cortèges : les mouvements participants ont donné des lieux de rendez-vous différents à leurs membres.

    Une partie d’entre eux se sont regroupés rive droite, d’autres rive gauche, avant de converger sur la place de la Concorde. On voit affluer des gens ayant répondu l’appel des ligues, mais aussi de simples curieux. Et bientôt les cortèges refoulés de la rive droite. Puis, des arbres sont arrachés, des bus incendiés, des grilles de fonte descellées. La manifestation tourne à l’émeute.

    À cause du changement de tête à la préfecture de police, les forces de l’ordre sont désorganisées, et vite dépassées par les évènements. Au matin, le bilan est de 14 morts chez les manifestants – 18 si l’on compte les blessures fatales. On relève sur les victimes des blessures par balles, par coups de matraques, mais aussi des traces de sabots et de sabres. Du côté des forces de l’ordre, on compte un mort et des blessures suite à des jets de projectiles.

     

    6fevrier1934
    manifestation du 6 février 1934, place de la Concorde à Paris

     

    Qui sont les émeutiers ?

    Il s’agit de ligues nationalistes, aux profils assez divers. L’Action Française est en pointe : depuis janvier, cette ligue monarchiste mobilise régulièrement ses adhérents étudiants.

    221675416
    la "Une" du journal L'Action Française, le 9 janvier 1934, lendemain du suicide de Stavisky

     Il y a aussi les Jeunesses patriotes de Pierre Taittinger, la Solidarité française, et surtout les Croix de Feu du colonel de La Rocque, qui font bande à part. On trouve également les anciens combattants de l’UNC, classés à droite, et ceux de l’ARAC, proche des communistes – ces derniers préfèreront faire le coup de poing sur les Champs-Elysées. Ces organisations seront elles-mêmes débordées par la violence de l’émeute, qui exprime l’indignation de leurs membres vis-à-vis de la République parlementaire.

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    le colonel de La Rocque et ses Croix-de-Feu

     

    Quelles ont été les conséquences politiques de ces émeutes ?

     

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    L'Humanité, journal du PCF, 7 février 1934

    La gauche défile les 9 et 12 février, ce qui crée un sentiment d’unité à la base. Toutefois, la naissance du Front populaire doit surtout à la nouvelle stratégie de Staline, qui, face à la menace allemande, demande désormais aux partis communistes de s’unir avec les sociaux-démocrates. Du côté de l’extrême-droite, deux discours s’opposent. Pour la plupart des dirigeants, il aurait été impossible de prendre le pouvoir : même si les manifestants avaient envahi l’Assemblée, qu’auraient-ils fait ?

    Chez une partie des militants, ce discours provoque une prise de distance avec les ligues. On les retrouvera parmi les fascistes français, par exemple au Parti populaire français de Jacques Doriot. Enfin, le colonel de La Rocque choisira, lui, de créer un Parti social français : celui-ci deviendra un vrai parti de masse, avec de 800 000 à 1 million de membres avant la guerre. Quant aux ligues, elles ont été interdites en 1936 : pour elles, le 6 février 1934 était donc une queue de comète.

     

    68055289
    brochure du Parti Social Français, en 1936

     

    programme PSF
    brochure du Parti Social Français (P.S.F.), en 1936 :
    la formule "Travail, Famille, Patrie" y figure déjà

     

    En janvier 2011, Bruno Gollnisch, alors vice-président du FN, a rendu hommage aux «morts du 6 février 1934». Quelle est la place de cet évènement dans la mémoire de l’extrême droite ?

    Pour la génération de Gollnisch, c’est toujours un mythe fondateur. D’autant que le 6 février 1945 correspond à l’exécution de l’écrivain collaborationniste Robert Brasillach, et le 6 février 1956 à la «journée des tomates» d’Alger, où le Président du conseil, Guy Mollet, fut chahuté par les partisans de l’Algérie française. Jusqu’aux débuts du FN, en 1972, le souvenir du 6 février est très présent. Jean-Marie Le Pen est d’ailleurs un héritier des ligues, que le pouvoir n’intéresse pas plus que ça. Cela dit, il a toujours préféré les urnes à la rue. Pour sa fille, en revanche, le 6 février 1934 n’a sûrement pas la même importance.

     

    La comparaison entre les années 1930 et notre époque vous semble-t-elle justifiée ?

    Pas vraiment, car la France a considérablement changé. À l’époque, c’était un pays rural, ne connaissant pas le chômage de masse et vivant sous la menace d’une guerre avec l’Allemagne. Il y a cependant deux points communs entre les deux époques : un malaise profond de la société et la crise de l’identité nationale. Dans les années 1930, les élites avaient les solutions en main, mais hésitaient à les prendre. Quant aux discours politiques, ils ressemblaient souvent à des rodomontades. On peut avoir la même impression aujourd’hui.

    lavoir-solissonniere-399906
    Chantonnay, commune de Vendée dans les années 1930

     

    Station-service-rurale-Citroen-1930
    café de la Poste et station-service à Conques-sur-Orbeil dans l'Aude, dans les années 1930

     

    Marche de la faim 1933
    marche de la faim des régions du Nord jusqu'à Paris en 1933

     

    Et le parallèle entre les ligues et la manifestation «Jour de colère», agglomération de mouvements radicaux opposés au «système» ?

    Pourquoi pas : c’est le même ras-le-bol qui est exprimé. La différence, c’est qu’un mouvement comme l’Action française avait un socle doctrinal beaucoup plus élaboré. L’hymne de l’Action française ["La Royale"] disait : «Si tu veux sauver la France, pense clair et marche droit.» Il faut donc commencer par penser clair... Je doute de toute façon que l’on puisse revoir un 6 février, ne serait-ce que parce que les forces de police ont considérablement amélioré leurs procédés.

    La Royale

     

    interview recueillie par Dominique ALBERTINI
    source : Libération, 6 février 2014
    iconographie : Michel Renard

     

    548206555

     

    * dossier en cours

     

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    3 juin 2015

    le droit de vote des femmes en France

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    le 29 avril 1945 à Paris, les Françaises votent pour la première fois à l'occasion des élections municipales © AFP

     

     

    le droit de vote des femmes en France

     

    Les Françaises votent pour la première fois le 29 avril 1945, à l'occasion des élections municipales puis, quelques mois après, le 21 octobre 1945 elles participent au scrutin national.

    L'ordonnance du 21 avril 1944 prise par le gouvernement provisoire du général de Gaulle à Alger stipule que «les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes». Deux ans et demi plus tard, le préambule de la constitution du 27 octobre 1946 inscrit ce principe dans les principes fondamentaux de la République : «la loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l'homme».

    Alors que la France avait été l'un des premiers pays à instaurer le suffrage universel masculin, il faudra un long processus pour que ce droit soit étendu aux femmes.

    Le droit de vote fut dans un premier temps réservé aux propriétaires de sexe masculin. Les femmes en furent exclues car, estimait-on, leur dépendance économique les empêchait d'exercer un choix libre. Ainsi, sous l'Ancien régime, seules les veuves dotées d'un fief et les mères abbesses pouvaient élire leurs représentants aux États généraux.

    À la Révolution, les femmes étant considérées comme «citoyens passifs» et malgré l'appel de Condorcet, elles furent exclues du droit de vote. Exclusion maintenue par la Constitution de 1791. Le code civil de 1804 leur donnait certes des droits civils mais leur refusait la citoyenneté politique.

    Au XIXe et au début du XXe siècle, les arguments avancés changent : les devoirs de mère et d'épouse seraient incompatibles avec l'exercice du droit de vote mais, surtout, dans un contexte d'hostilité entre les partisans d'une République laïque et l'église catholique, les femmes sont jugées sous influence cléricale et immatures politiquement.

    De la «Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne» d'Olympe de Gouges (1791) aux actions des «suffragettes» et aux organisations telles la ligue française pour le droit des femmes (1882) et l'Union française pour le droit des femmes (1905), des femmes luttèrent pour obtenir le droit de vote, étape majeure sur le chemin de la parité et de l'égalité avec les hommes.

    source : site france.fr

     

    _____________

     

     

    Germaine Canonne
    Germaine Canonne, première femme élue de Maine-et-Loire

     

    - Germaine Canonne, première femme de Maine-et-Loire

     

     

    _____________

     

    les femmes ont été électrices dans certains domaines, bien avant 1945

     

    suffrage des femmes 1911
    dans la commune de Mignaloux-Beauvoir (département de la Vienne), l'élection d'une commisison de délimination du cadastre,
    le 12 mars 1911, prévoit le suffrage des femmes

     

    dans la commune de Mignaloux-Beauvoir (département de la Vienne)

     

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