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Profs d'Histoire lycée Claude Lebois
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3 octobre 2012

"Bel Ami", roman et film

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Littérature et société

Bel Ami, roman de Guy de Maupassant (1885)

et film de Philippe Triboit (2005)

 

Pourour mes élèves de 2e7 ("Littérature et société", 2012-2013)... un sublimissime dialogue du film Bel Ami, qui ne ne figure pas dans le roman de Maupassant, mais qui révèle avec une force inouïe le cynisme des rapports sociaux et la dépendance des sentiments et des relations entre les êtres à leurs égards...
(entre 1 mn 30 et 4 mn 32) :
http://www.youtube.com/watch?v=YxwtHigS0Fk

Bel Ami, roman de Guy de Maupassant (1885) et film de Philippe Triboit (2005).
 

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Dialogues d’une scène du film qui ne figure pas dans le roman (après le duel dont Bel Ami sort blessé... dans le film) :

- Bel Ami : …et tous les faux-culs, derrière, qui m’encourageaient. Ah, ils doivent bien rigoler maintenant.
Quand je pense que je me suis sacrifié pour eux, Clotilde… J’ai risqué ma vie et c’est eux qui ramassent. Je crois que je préfère encore le désert.
- Clotilde de Marelle : C’est ça, maintenant que tu as fait le plus difficile, tu veux fuir comme un lâche… Tu es devenu un héros, tu as investi et tires-en les bénéfices.
- Bel Ami : Les bénéfices ? J’croirais les entendre, tiens ! … Il doit bien y avoir autre chose. Une vie plus simple. J’ai commencé ici, je peux recommencer ailleurs Clotilde… Divorce et pars avec moi. J’ai fait un papier sur une colonie de Français au Mexique, j’ai gardé des contacts là-bas …
- Clotilde : …mais tu dis n’importe quoi… Mais qu’est-ce que j’irais faire au Mexique ?
- Bel Ami : Là ou ailleurs, peu importe. Le monde est vaste. Du moment que je suis avec toi… regarde-moi…Est-ce que tu divorcerais pour moi ?
- Clotilde :  …mais là n’est pas la question. Pour l’instant, tu vois tout en noir, mais ça va se passer.
- Bel Ami : Je ne parle pas de cela. Est-ce que tu divorcerais pour moi ? Pour porter mon nom, arrêter de me voir ici comme une voleuse, on a rien volé, pourquoi faudrait se cacher ? Et puis, je pourrais élever Laurine, tu sais…
- Clotilde : ... hein, hein… en donnant des cours de cheval ?
-
Bel Ami : Et alors, il n’y a pas de honte !
- Clotilde : Mais non.. mais…
- Bel Ami : Ce matin, tu es venue dans la prairie parce que j’allais mourir… alors est-ce que tu vivrais avec moi ? [Clotilde détourne la tête] REGARDE-MOI !
- Clotilde : Avec ma fille, tu es ce que j’ai de plus cher au monde…
- Bel Ami : Alors, divorce et épouse-moi.
- Clotilde:: C’est ridicule… mais on va parler de cela maintenant ? T’es en vie, on est là tous les deux, c’est ça qui est important .
- Bel Ami : Clotilde !
 

Bel Ami tu veux vraiment que je te répondre
Clotilde de Marelle, maîtresse de Bel Ami


- Clotilde : Mais tu veux vraiment que je te réponde ?
- Bel Ami : [ne dit rien mais son visage attend une réponse]
- Clotilde :  J’te mentirai jamais… C’est ma façon à moi de t’aimer… Alors NON ! Je ne divorcerai pas… J’ai un nom, un rang, un mari, une fortune qui nous a bien aidé, je te le rappelle…, une vie agréable, une fille à élever… Tu critiques notre monde parce que t’en fais pas encore partie… hum, hum… Mais attends un peu quand t’auras pris leurs habitudes… Moi j’y suis née, j’my suis mariée, c’est dans ce monde-là que je t’aime, à ma manière… Bel Ami… il y a tant de rage en toi, et j’aime tellement le plaisir…
- Bel Ami :  Et comment tu peux m’parler de plaisir… C’est ma condition que tu me reproches !
 

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21 septembre 2012

Hermès/Mercure, tableau de 1611

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Hermès-Mercure

 

 - Qui est l'auteur de ce tableau...? J'ai cherché plusieurs heures, sollicité plusiers avis a priori compétents... En vain. Finalement, j'ai trouvé que l'on pouvait questionner "Google images" en envoyant l'image comme requête quelque soit le nom du fichier jpg (enfin... cela ne fonctionne pas toujours...).

J'avais bien diagnostiqué la date de l'oeuvre comme appartenant au XVIIe siècle (la peinture à sujets mythologiques sous la Renaissance ne fait généralement pas cohabiter les personnages de la mythologie avec des "mortels"). Avant Nicolas Poussin (1595-1665) et d'une autre facture que française... j'ai cherché du côté de l'école espagnole et de la peinture russe... fausses pistes. Il s'agit d'un peintre flamand.

L'artiste est né en 1558 et mort en 1617 et s'appelle Hendrik Goltzius (cf. en langue anglaise ; sur Wikipedia). Le tableau date de 1611. Il est aujourd'hui au musée Frans Hals à Haarlem aux Pays-Bas. Le titre en flamand est : "Mercurius als personificatie van de schilderkuns" et en anglais "Mercury as personification of painting", soit, en français :  Mercure peintre.

Hermès est représenté avec ses attributs habituels. Le caducée, servant à guérir les morsures de serpents, symbole complexe attribué aux hérauts qui les rend inviolables, mais devenu également symbole du commerce et de l'éloquence. Le coq, symbole de la nouvelle journée. Les sandales ou le casque ailé, symbole du dieu messager des autres divinités.
La peinture...

Enfin, Mercure est aussi, un dieu "psychopompe", c'est-à-dire celui conduit les âmes récemment décédées en enfer.

 

Ce que je ne parviens pas à comprendre, c'est le sens de la présence de cette femme à gauche du tableau... Peut-être une image de la vie, jusque dans son impudence sommaire et crue, opposée à la mort évoquée sur le côté droit du tableau... Hermès psychopompe assurant l'inévitable passage entre l'une et l'autre...

 

(à suivre)

Michel Renard
professeur d'histoire

 

 

 

 

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14 septembre 2012

journée "intégration" des classes de Seconde

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après-midi dans la nature avec la 2e 7 :

journée "intégration" de septembre 2012

 

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quelques élèves de la classe de 2e7, le vendredi 14 septembre 2012

 

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quelques élèves de la classe de 2e7, le vendredi 14 septembre 2012

 

Cela s'appelle la "journée d'intégration" pour les classes de 2e au lycée. Des professeurs accompagnent les nouveaux élèves pour une excursion ou une initiative de découverte du lycée. Finalement, c'est sympathique... et pédagogiquement efficace.

Nous sommes allés avec la 2e 7 au-dessus de Saint-Chamond, à Saint-Martin-en-Coailleux (ça ne s'invente pas...) : une heure de marche (évidemment menée en tête par M. Renard) et itinéraire de découverte conscienseusement préparé par la professeure de Physique, Mme Guillot... Les élèves se connaissent mieux entre eux et avec leurs professeurs. Soleil et vent frais...

Avant, on effectuait des sorties en fin d'année scolaire. J'avais remarqué, il y a longtemps déjà, qu'une sortie en début d'année avait beaucoup plus d'efficacité sur la cohésion de la classe et les relations professeurs/élèves (ou le contraire).

Bien sûr, une sortie au musée du Louvre serait plus stimulante intellectuellement parlant... Mais il faut compter avec le peu de moyens dont dispose un lycée de province. En revanche, ce lycée bénéficie d'un environnement qui permet de faire réfléchir les élèves à la grande histoire, par exemple à travers les vestiges des bombardements alliés de 1944 sur les Aciéries de la Marine à Saint-Chamond.

M. Renard, professeur d'histoire

 

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4 août 2012

regarder en soi-même pour y retrouver le monde

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Années, un roman d'Annie Ernaux

Michel RENARD

 

J’ai lu aujourd’hui le livre d’Annie Ernaux, Années (Gallimard, 2008).

On en sort, évidemment, dominé par la nostalgie de ce tracé de vie d’une femme qui sent la vieillesse la séparer du monde qui bouge.

Mais aussi étrangement troublé par la distance qu’elle instaure entre ses sentiments et le lecteur par son procédé narratif, un peu sociologique (je le dis sans malveillance ; l’influence de Georges Perec, Les choses, est perceptible) consistant à décrire une «elle» insérée dans le tourbillon des événements et des métamorphoses d’un peu plus d’un demi siècle… Comme un garde-fou contre les effusions d’une sensibilité, de ses passions et de ses regrets.

«Ce ne sera pas un travail de remémoration, tel qu’on l’entend, visant à la mise en récit d’une vie, d’une explication de soi. Elle ne regardera en elle-même que pour y retrouver le monde, la mémoire et l’imaginaire des jours passés du monde, saisir le changement des idées, des croyances et de la sensibilité, la transformation des personnes et du sujet, qu’elle a connus…» (p. 239). Y est-elle parvenu ?

L’ambition était vaste. Elle fournit un enchevêtrement des deux : le récit fragmentaire de sa vie et celui des «jours passés du monde», en tout cas de son monde.

Oui, tout est vrai. On s’y retrouve, mais pas en entier puisqu’il s’agit des indices du monde tel qu’ils se sont imprimés en elle.

J’ai aimé la justesse de nombreuses formulations. Parlant de son jeune amant : «Il m’a arrachée à ma génération. Mais je ne suis pas dans la sienne. Je ne suis nulle part dans le temps. Il est l’ange qui fait revivre le passé, rend éternel» (p. 203).

Ou encore : «…elle sait que la question n’a pas de sens, qu’aucune question n’a de sens s’appliquant aux choses du passé» (p. 177).

À propos des repas de familles à la fin des années 1970 et de leurs sujets de discussion : «Le temps des enfants remplaçait celui des morts» (p. 136).

Et cette confidence d’une grande mélancolie presque mystique : «…plus que tout, maintenant, elle voudrait saisir la lumière qui baigne des visages désormais invisibles, des nappes chargées de nourritures évanouies, cette lumière qui était déjà là dans les récits des dimanches d’enfance et n’a cessé de se déposer sur les choses aussitôt vécues, une lumière antérieure» (p. 241).

Les lycéens y trouveront la fresque vécue d'une séquence historique qui va des années d'après-guerre jusqu'à 2006/2008. L'évocation d'événements historiques, d'auteurs, de livres, de personnages connus.

Michel Renard

 

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lien

- entretien avec Annie Ernaux

- http://newsletter.paris-sorbonne.fr/spip.php?article2304

 

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30 juillet 2012

l'histoire de Damiens n'est pas une affaire de moeurs

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réalité ou fiction ?

à propos d'un livre de Marion Sigaut

Mourir à l'ombre des Lumières. L'énigme Damiens

 

Robert-François Damiens (1715-1757), domestique parisien de son état, est connu dans l'histoire pour avoir commis un "attentat" contre le roi Louis XV le 5 janvier 1757 à Versailles alors que le souverain allait monter dans son carrosse. Il suffisait simplement de toucher le roi pour que cela soit qualifié "d'attentat". Il fut jugé et condamné à mourir de manière atroce. Son supplice fut le dernier écartèlement de l'histoire de France. (voir aussi : enfance et supplice d'un régicide).

 

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gravure évoquant le supplice de Damiens, le 28 mars 1757


L'époque est un peu compliquée. La monarchie a perdu de son aura. Elle est soutenu par un courant de l'Église catholique, l'ordre des Jésuites, mais combattu par un autre, les jansénistes, qui ont de solides positions dans le Parlement, c'est-à-dire dans le milieu judiciaire.

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Christophe de Beaumont, archevêque de Paris de 1746 à 1781, ennemi des jansénistes

Ce conflit dura des dizaines d'années, notamment à propos de la bulle (décision religieuse) Unigenitus édictée par le pape Clément XI en 1713 qui condamnait les thèses des jansénistes. Le roi Louis XV laissait gouverner son ministre Fleury. Il mena deux guerres, assez impopulaires.

 

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audience au Châtelet (l'un des lieux du Parlement) sous Louis XV

Damiens mena une carrière de domestique très apprécié à Paris. Passé un court temps chez les Jésuites, il côtoya surtout les milieux des parlementaires (juges) jansénistes dans lesquels il entendait très souvent critiquer le roi. Malheureusement, en juillet 1756, il déroba à son nouvel employeur, la somme importante de 240 livres et s'enfuit dans sa région d'origine (l'Artois). La mort était le sort promis aux domestiques qui volait leur maître.
Peut-être est-ce pour cela que, perdu pour perdu, il se résolut à ce geste contre le roi.

Un livre intitulé Mourir à l'ombre des Lumières. L'énigme Damiens, est paru en 2010, écrit par une "historienne" et romancière, Marion Sigaut, qui, par ailleurs s'est exprimé dans plusieurs vidéos sur internet.

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J'ai lu cet ouvrage d'une traite, un samedi de fin juillet 2012. Bon récit, palpitant, mais ce n'est pas un livre d'histoire. Marion Sigaut n'a "percé" aucun "mystère" comme on le prétend.

L'hypothèse d'un Damiens agissant, par l'attentat contre Louis XV en 1757, comme père vengeur des outrages infligés à sa fille relève de la fiction pure et simple.

Marion Sigaut affirme avoir trouvé l'existence d'une fille de Damiens dans l'ouvrage de l'historien américain, Dale Van Kley (1984), auteur par ailleurs du savant Les origines religieuses de la Révolution française (Points-Seuil, 2006).

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Or, la mention d'une épouse et d'une fille de Damiens figure dans les "Pièces originales et procédures du procès..." datant de 1757...!
(Books-Google sur internet : http://books.google.fr/books?id=JvRCAAAAcAAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false, voir p. 308-360).

Ses recherches semblent donc assez superficielles.

J'ai interrogé moi-même, au lendemain de ma lecture, l'historien américain Dale Van Kley (Ohio State University) qui, lui, a effectué des investigations longues et rigoureuses.

Dale Van Kley m'a répondu, immédiatement, avoir passé de nombreuses semaines aux Archives à propos des enlèvements d'enfants et avoir dépouillé les papiers de TOUS les commissariats parisiens pour l'année 1750 (année supposée de l'enlèvement et du viol de la fille de Damiens selon Marion Sigaut).

Or, aucun enlèvement de fille n'est signalé. Et aucun enlèvement de fille ou garçon n'a eu lieu rive gauche, où Damien habitait, rue Étienne-des-Grès...!

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Damiens a agi pour des raisons de convictions religieuses (il en avait peu en fait) et politiques surtout. Ce n'est pas une affaire de moeurs, même si l'époque n'en manquait pas, et même si le roi Louis XV est connu pour ses turpitudes.

Marion Sigaut a écrit un bon roman historique. Mais il ne faut pas le faire passer pour un travail historien. On ne peut jouer sur les deux registres. Sinon cela relève de l'imposture.

Qui n'a tout fait pour la vérité n'a rien fait (paraphrase de Robespierre qui disait : "si vous ne faites tout pour la liberté, vous n'avez rien fait", Sur la nécessité de révoquer le décret sur le marc d'argent, avril 1791).

Michel Renard
professeur d'histoire
Saint-Chamond (Loire)

 

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Paris au XVIIIe s., devant le Louvre

 

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portrait de Damiens peu avant son supplice
(on a exagéré la "méchanceté" de ses traits)

 

____________________________

 

la différence entre les Jésuites et les jansénistes

 

L'odre des Jésuites fut créé en 1540... Grâce suffisante

Les jansénistes, grâce efficace

 

à suivre

 

 

 

 

 

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27 octobre 2012

photos du lycée Claude Lebois à Saint-Chamond

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photos du lycée Claude Lebois

à Saint-Chamond

 

sommaire

 

- Hommes et femmes (1)

- salle des professeurs

- entrée principale du lycée

- plaque du souvenir des "morts pour la France" (1914-1918)

- le cabinet d'Histoire-Géographie

- Festiclaude du 12 juin 2008

- journée portes ouvertes : 15 mars 2008

- photos du lycée 30 mai 2007

- le C.D.I. (juin 2009)

 

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mercredi 17 juin 2009

 

adresse : 8, boulevard Alamagny - 42403 Saint-Chamond cedex - tél. 04 77 22 096 37

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26 décembre 2007

souvenirs d'élèves - Term ES1

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Je me souviens


Je me souviens, c’était le 11 décembre 2007, nous avions RDV à la gare de Saint Chamond.

Je me souviens d’avoir pris l’avion, une fois à Cracovie, des Polonais, des porte-paroles des Juifs m’attendaient.

Je me souviens, dans le bus avant d’arriver à Birkenau, Ginette, une ancienne déportée expliquait son histoire, réelle mais inimaginable.

Je me souviens de l’immensité du camp et de sa tranquillité malgré toute l’horreur du passé.

Je me souviens de mon mal-être.

Je me souviens de ces blocs atroces.

Je me souviens de ce voyage et les souvenirs restent.

Je me souviens de l’arrivée au camp d’Auschwitz.

Je me souviens de l’immensité du site.

Je me souviens du vide laissé par ces bâtiments détruits.

Je me souviens des histoires des rescapés.

Je me souviens de la souffrance au fond de leur voix.

Je me souviens de cette minute de silence.

Je me souviens de cette sortie silencieuse du site.

Je me souviens de cette dernière vue sur Auschwitz.

Je me souviens du long rail.
Je me souviens de l’immensité du paysage.

Je me souviens de cette barrière infranchissable.

Je me souviens de cette image sur un livre d’histoire.

Je me souviens de la solitude.

Je me souviens du silence pesant.

Je me souviens du froid vivant.

Je me souviens de maisons vides.

Je me souviens d’un camp vide mais ravageur de tant de vie.

Je me souviens de ces pensées qu’aucun mot ne saurait exprimer.

Je me souviens d’une journée tellement triste.

Je me souviens d’une violence tellement forte.

Je me souviens de leurs sourires qui devront malheureusement un jour mourir.

Je me souviens du mardi 11 décembre 2007 dans l’avion en destination de la Pologne.

Je me souviens de cette appréhension au fond de moi-même lors de mon arrivée face à cette vue immense et vide, trop importante dans notre Histoire.

Je me souviens de Ginette et de ses histoires qui nous ont fait trembler de peur et de compassion.

Je me souviens de tous ces monuments qui ont servi à la destruction de tant d’humains.

Je me souviens pour toujours.

Je me souviens de l’immensité du camp lors de notre arrivée.

Je me souviens d’avoir ressenti l’atrocité du massacre quand on nous a tout expliqué.

Je me souviens de toutes ces chaussures entassées pour donner un aperçu de toutes ces personnes torturées.

Je me souviens des toilettes insalubres dont se servaient toutes ces filles fatiguées.

Je me souviens de mon effroi à l’entrée de la chambre à gaz.

Je me souviens de ce grand vide, je me souviens de ces rails interminables, je me souviens de ces conditions de vie déplorables, de cette atrocité des lieux.

Je me souviens de ce dégoût éprouvé à la vue des fours crématoires, synonymes de mort.

Je me souviens de ces vêtements d’enfant ayant été auparavant portés.

Je me souviens de ces cheveux entassés par milliers devant lesquels il paraît impossible de s’imaginer l’horreur des choses.

Je me souviens de la mort, présente à chaque endroit du camp.
Je me souviens de toutes ces choses, de tous ces moments qui resteront gravés dans ma mémoire à jamais.

Je me souviens de notre arrivée au camp et de l’expression sur le visage de mes camarades.

Je me souviens du moment que l’on a passé devant l’entrée des camps.

Je me souviens du silence pesant qui régnait lors de la visite.

Je me souviens des gouttes de pluie qui rendaient cet endroit encore plus effrayant.

Je me souviens du visage de madame Kolinka et de la tristesse dans sa voix lorsqu’elle nous a raconté son arrivée.

Je me souviens de notre incompréhension et de l’ampleur du désastre face aux explications.

Je me souviens des frissons qui m’ont traversé lors de notre entrée dans les chambres à gaz.

Je me souviens de toutes ces chaussures enfermées derrière cette vitre qui nous rappellent les milliers de victimes.

Je me souviens de mon soulagement d’avoir évité une telle souffrance.

Je me souviens d’un grand mur avec un porche : l’entrée du camp.

Je me souviens d’un grand vide et d’un grand silence.

Je me souviens d’une femme, une ancienne déportée, nous racontant cette vérité que certains ont essayé de nous cacher.

Je me souviens de cette montagne de chaussures enlevées à des hommes, des femmes, des enfants.

Je me souviens de ces baraques, avec, à l’intérieur, des choses semblables à des étagères dans lesquelles ils devaient dormir.

Je me souviens de ces 40 km2 toujours présents bien que détruits.

Je me souviens de la douleur certaine.

Je me souviens de cette tonne de cheveux.

Je me souviens de cette image effroyable de l’entrée du camp de Birkenau. Cette entrée tant de fois vu dans les livres d’histoire et qui, une fois devant nous réellement, nous plonge tous dans un silence glacial, plein d’émotions.

Je me souviens des émouvants témoignages de Ginette qui nous permettaient de sentir encore mieux l’atmosphère qui devait régner à l’époque.

Je me souviens du brouillard qui descendait et qui donnait aux lieux une atmosphère glaciale et effroyable, pleine d’émotions et de tristesse.

Je me souviens de ce grand silence, un silence qui paradoxalement accentuait l’émotion du lieu et transmettait un calme tragique où les idées, les questions, les représentations fusaient dans les esprits.

Je me souviens de la tombée de la nuit, une tombée de nuit assez tôt : tout un symbole. Une nuit à l’image de cette histoire ; sombre, brumeuse et glaciale. Une tombée rapide, comme celle des millions d’êtres humains en si peu de temps.

Je me souviens de l’entrée dans la chambre à gaz. Moment le plus émouvant de la journée. A l’intérieur, l’émotion et le silence étaient si lourds que les sentiments ne pouvaient que nous submerger.

Je me souviens de l’entrée du camp, cette entrée aujourd’hui vide mais qui a vu passer tant d’innocentes victimes.

Je me souviens de l’immensité, cette immensité désormais vide mais pleine d’horreur.

Je me souviens d’un récit, celui de Ginette, ancienne déportée, en me demandant encore aujourd’hui comment elle a pu témoigner avec tant de courage et de précision.

Je me souviens des cheveux, des tonnes de cheveux entassés, destinés à la fabrication de tapis.

Je me souviens des chaussures, surtout celles d’enfants morts loin, mais en même temps si près de leurs parents.

Je me souviens d’une triste apparition.

Je me souviens d’un semblant de gare.

Je me souviens de barrières infranchissables.

Je me souviens de rails à sens unique.

Je me souviens d’une sombre ambiance.

Je me souviens de sinistres lieux.

Je me souviens de bâtiments écroulés.

Je me souviens de ces reliques de mort.

Je me souviens d’un lieu ne laissant pas indifférent.

Je me souviens d’une confusion de sentiments.

Je me souviens d’un sombre portrait.

Je me souviens de lieux inoubliables.

Je me souviens du témoignage de la déportée dans le car.

Je me souviens de la minute de silence.

Je me souviens des portraits des déportés.

Je me souviens des conditions de vie des habitants du camps .

Je me souviens du froid.

Je me souviens de ces tonnes de chaussures, de cheveux...

Je me souviens de l’atmosphère du camp à notre entrée.

Je me souviens du passage dans la chambre à gaz.

Je me souviens du contact froid des barbelés.
Je me souviens des regards baissés, plein d’humanité.

Je me souviens des sanglots de la jeune fille à quelques pas de moi, devant ces fantômes d’enfants.

Je me souviens d’avoir guetté la figure sombre du camp.

Je me souviens de ses yeux.

Je me souviens de la pluie froide, de la boue et des briques rouges.

Je me souviens de la mer de cheveux qui m’entourait, comblait le vide, qui m’étouffait.

Je me souviens d’avoir vacillé, je me souviens d’avoir été enseveli sous l’angoisse et la peur dans la chambre à gaz. Je me souviens avoir senti les morts. Je me souviens que le monde brûlait dans un four crématoire.


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5 février 2011

peinture chrétienne gothique (XIVe siècle)

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Scènes de la Passion du Christ

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1- l'entrée du Christ à Jérusalem


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9 - Premier reniement de Pierre


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10  - le Christ devant Caïpeh (grand prêtre)





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Il est intéressant de noter les différentes fonctions des scènes représentées sur les deux faces de la Maestà. La façade avant représente une image de dévotion destinée à la communauté des fidèles (ce qui explique sa taille, bien visible de tous les coins de l'église), tandis que l'arrière était essentiellement destiné au clergé desservant le sanctuaire. La face arrière se compose de quatorze panneaux, initialement séparés par des colonnes ou pilastres qui ont été perdus avec le cadre extérieur dans le démembrement de 1771.

Hormis l'entrée à Jérusalem et la Crucifixion, chaque panneau présente deux épisodes. La partie centrale du registre inférieur qui représente l'agonie au jardin des Oliviers et l’arrestation du Christ est deux fois plus large que les autres compartiments, sauf en ce qui concerne le panneau de la Crucifixion au registre supérieur, de même taille, mais avec une scène unique. De nombreuses théories ont été avancées par les critiques quant à l’ordre des séquences, rendu problématique par la variété des sources du Nouveau Testament qu’utilise Duccio. Il est certain que le cycle débute en bas à gauche et s’achève en haut à droite, en procédant de gauche à droite sur le registre inférieur, puis sur le registre supérieur.

 

 

L’entrée à Jérusalem
La scène est inhabituelle en raison de l'attention accordée au paysage, riche en détails. La route pavée, la porte de la ville et ses remparts, les embrasures des murs, les tours élancées et le bâtiment polygonal de marbre blanc témoignent d’une mise en page remarquablement réaliste. Le petit arbre, flétri et sans feuilles à l’arrière de la tête du Christ, est le figuier qu’il a trouvé sans fruits et qu’il a maudit. Florens Deuchler a suggéré que cette scène tire sa source d’un travail historique du premier siècle après JC, le «De Bello Judaico» de Flavius Josèphe, très connu au Moyen-Âge. Le panneau de Duccio est une reproduction fidèle à la description de Jérusalem dans le livre V de l’historien juif. La photographie infrarouge durant la restauration a révélé plusieurs changements dans la zone située autour de l'arbre au centre et autour de la route.

 

 

Le lavement des pieds
Seul Jean raconte l’épisode du Lavement des pieds. Le cadre est l'intérieur d'une salle très simple, avec comme seuls éléments décoratifs le plafond à caissons et l’espèce de rose sur la paroi arrière. Ce détail doit être imaginé dans la scène suivante, celui de la Cène, car il est caché par l’auréole du Christ. Il réapparaît en effet dans la scène du discours aux apôtres qui, selon l'évangile à lieu dans la même salle.
Le Lavement des pieds reflète quelques échos de l'art byzantin, dans le groupe compact des apôtres et le geste de Pierre, tandis que la position de Christ rappelle les modèles occidentaux. La forme des sandales noires, bien décrites par Cesare Brandi «comme si elles étaient des scarabées précieux en onyx», est typique de l’époque.

 

 

La Cène
La Cène est dominée par la figure centrale de Jésus qui, à la stupéfaction des apôtres, offre le pain à Judas Iscariote, absent de la scène suivante (il s’est éclipsé pour trahir), mais présent dans la scène de l’arrestation. La position de Jean est classique, mais cependant son auréole se trouve derrière le dos du Christ. Des bols en bois, des couteaux, une cruche décorée et un plat de viande, l'agneau pascal, sont disposés sur la table, couverte d'une simple nappe tissée en motifs de losanges.

 

 

Le Christ prend congé des Apôtres
Après le repas, toujours d’après Jean, alors que Judas s’esquive pour trahir son maître, le Christ parle une dernière fois à ses onze apôtres et les prépare à leur mission future d’enseigner le « ommandement nouveau». Assis de trois-quart devant la porte ouverte, il contraste avec le groupe compact des disciples, positionnés tous de la même manière et plongés dans l’écoute et la réflexion. La scène est animée par les drapés doux de personnages, et les auréoles de la rangée supérieure des disciples donnent de la profondeur à la scène. Comme dans le lavement des pieds et la dernière Cène, Duccio a évité, pour des raisons d’équilibre et d’espace, de peindre des auréoles aux personnages du premier plan.

 

Le pacte avec Judas

 

La trahison de Judas et son pacte avec le Sanhédrin se déroulent dans un environnement extérieur où l'espace est organisé en différents degrés de profondeur. Le groupe des personnages se trouve sur le même plan que le pilier de droite et est rassemblé devant une loggia voûtée d’ogives et à grandes et arches en plein cintre. La tour polygonale, un peu en arrière du bâtiment central, remplit l'arrière-plan.

 

Jésus au jardin des Oliviers

 


 

Dans l'agonie du mont des Oliviers, Jésus se tourne vers Pierre, Jacques le Majeur et Jean, et de les admoneste afin qu’ils ne tombent pas en tentation, alors que les autres disciples dorment. Sur la droite, en conformité avec l'Evangile de Luc, le seul à mentionner l’apparition d’un ange, il se retire dans la prière. Il se dégage une grande atmosphère de calme, rompue uniquement par les gestes du Christ, de Pierre et de l’Ange…

 

L’arrestation de Jésus

 

Le mont des Oliviers devient le théâtre d’une l'agitation inattendue dans la scène de l’arrestation du Christ, qui raconte trois épisodes distincts : au centre le baiser de Judas, à gauche Pierre coupant l'oreille du serviteur Malchus, et à droite la fuite des apôtres. L'intensité dramatique de la scène est renforcée par la succession de lances, lanternes et torches, dans les mouvements excités des personnages et l'expressivité de leurs visages. Le paysage, uniquement décoratif dans les scènes précédentes, prend ici un nouveau rôle scénique : la végétation et les falaises rocheuses, d'inspiration nettement byzantine, font partie intégrante de l'action : dans la scène de l’agonie les trois arbres à droite isolent le Christ, tandis que dans cette scène ils jouent une sorte de rôle, comme s’ils permettaient aux disciples de s'échapper.

 

Le Christ devant Anne

 

La règle de l'autonomie absolue de chaque scène est rompue avec bonheur dans ce panneau. Les deux épisodes, racontée par Jean, se produisent simultanément, mais dans des endroits différents et l'escalier joue un rôle de lien dans l’espace et dans le temps. Alors que Jésus est traduit devant le Grand Prêtre Anne, Pierre reste dans la cour où une servante le reconnaît comme comme ami de l'accusé : de sa main, il fait le geste de dénégation. L’environnement est rempli des détails architecturaux qui animent la scène : la porte à arc brisé ouvrant sur un porche, la fenêtre gothique à baie géminée du petit balcon souligné d’une bande lombarde, l’arcature du mur du fond de la salle d’audience, le plafond à caissons de petits carrés… Pierre, dont le halo passe curieusement derrière la tête de son voisin, se chauffe les pieds d'une manière très réaliste.

 

Le Christ devant Caïphe
Selon l'Évangile de saint Matthieu, le panneau doit être lu de bas en haut. Les scènes du Christ devant Caïphe et du Christ aux outrages se déroulent dans le même lieu, la cour de justice du Sanhédrin, où le Christ est amené devant le Grand Prêtre Caïphe et les Anciens.
Duccio donne une grande importance au personnage isolé parmi une foule de casques et de visages anonymes qui lève la main et pointe le doigt pour attirer le regard du spectateur. Réminiscence anticipative au geste du Baptiste montrant le crucifié ? Caïphe est représenté dans une attitude de colère et d'indignation face à Jésus : les mains sur sa poitrine, il déchire sa tunique rouge, montrant celle qu’il porte en dessous (détail est raconté par Matthieu et Marc). Au seuil de la salle, Pierre renie une seconde fois.

 

Le Christ outragé
Selon l'Évangile de saint Matthieu, le panneau doit être lu de bas en haut. Les scènes du Christ devant Caïphe et du Christ aux outrages se déroulent dans le même lieu, la cour de justice du Sanhédrin.
Dans cette scène il y a beaucoup plus d’animation : le Christ, les yeux bandés (selon la version de Marc et de Luc) et immobile dans son manteau sombre, est outragé et battu par les soldats sous les quolibets des pharisiens.
À l'extérieur de la salle, Pierre renie encore devant la servante, alors que le coq chante…

 

Les Christ accusé par les pharisiens devant Pilate
Les scènes où Pilate apparaît (le Christ accusé par les Pharisiens, le premier interrogatoire du Christ, le second interrogatoire, Pilate se lavant les mains…) se déroulent dans le palais du gouverneur. Les minces colonnes spiralées de marbre blanc et la décoration sculptée en haut des murs sont une référence à l'architecture classique. Pilate, dépeint avec la solennité d'un empereur romain et coiffé comme lui d'une couronne de laurier, évoque le monde de l'antiquité classique.
Comme dans l'Evangile, le groupe des pharisiens, au demeurant en pleine excitation (remarquer encore une fois la main avec le doigt pointé), se trouve à l'extérieur du bâtiment : les Juifs évitent de pénétrer à l'intérieur pour ne pas se souiller avant la Pâque. À droite, au milieu des soldats qui regardent vers Pilate et les Juifs, le Christ semble écrasé de solitude…

 

Pilate interroge le Christ une première fois

 

Le Christ devant Hérode
Pilate, apprenant que Jésus relève de la juridiction d'Hérode, l’envoie au roi pour qu’il le juge. Après l’avoir questionné, après l’avoir traité avec dérision et mépris, Hérode le renvoie au gouverneur romain, après l’avoir fait revêtir d’une tunique blanche, distinctive des fous.

 

Le Christ devant Pilate
Le Christ, renvoyé par Hérode dans la robe blanche des fous, est à nouveau devant Pilate. Bien que placée dans deux environnements architecturaux différents la disposition des deux scènes est presque identique, à la fois dans la distribution des personnages et dans leurs mouvements. Le Christ, décrit dans un état de grande tristesse, est muré dans un silence total. Les gestes de Pilate et d’Hérode sont les mêmes dans les trois scènes. Le trône du roi avec des marches, sa structure de base embellie et ornée, se différencie très nettement du siège très simple du gouverneur.

 

La flagellation
La flagellation est à peine mentionnée dans les Évangiles. La description qu’en fait Duccio est d’une remarquable inventivité, visant à illustrer chaque moment de la Passion. Le personnage de Pilate désobéit à toutes les règles de la perspective.

 

Le couronnement d’épines
La composition respecte fidèlement les Écritures et la scène est illustrée dans les moindres détails.

 

Pilate se lave les mains
Tout un panneau est consacré au lavement des mains de Pilate, malgré que l'histoire ne soit que brièvement et seulement racontée par Matthieu. Encore une fois, la scène est remplie de mouvement et de vitalité ; la perspective est rendue par différents plans se superposant dans la scène : Pilate, le grand attroupement devant le pilier gauche.

 

Le chemin du calvaire
La scène de la montée au Golgotha, telle que la représente Duccio, est une scène « intermédiaire » entre le passé et les événements futurs. D'une part, la figure du Christ, avec ses mains encore liées, renvoie le spectateur aux différents épisodes du procès. D'autre part, la direction vers laquelle tous les personnages se meuvent (vers le panneau de la Crucifixion à droite de la scène) et la croix que porte Simon de Cyrène, sont une allusion au supplice ultime.

 

La crucifixion
L'intensité émotionnelle des épisodes de la Passion atteint son moment le plus dramatique dans la scène de la Crucifixion, qui, placée au registre supérieur du centre, domine l'ensemble de la face arrière du retable. La croix élancée se détache du fond or, divisant la foule en deux groupes distincts. À gauche, le groupe des fidèles du Christ, calme et bien ordonné, mais dont les visages expriment la douleur et l’affliction : on y trouve Marie, Mère de Jésus, les « trois Maries » (Marie de Cléophas, sœur de la Vierge, Marie Salomé, mère de Jacques et de Zébédée et Marie-Madeleine vêtue de rouge, avec sa longue chevelure déliée) et Jean l'Evangéliste.

ur la droite, les membres du Sanhédrin et les gardes Juifs froment une foule bigarrée et très agitée, insultant et se moquant du crucifié. Le modelé fin du visage du Christ n'est pas sans rappeler le plasticisme des ivoires gothiques, tandis que le contraste très fort opposant les deux groupes a des parallèles avec la Crucifixion de la chaire de la cathédrale, sculptée par Nicola Pisano en 1266-1268. La scène se déroule dans un paysage désolé de rochers déchiquetés, allusion claire au Golgotha.
Le modelé très fin du visage du Christ n’est pas sans rappeler le plasticisme des ivoires gothiques.

 

La déposition de la croix
La déposition, avec le même fond or que la crucifixion (excluant toute possibilité de distraire l’oeil), est représentée comme un moment d’une intense émotion. Joseph d'Arimathie et Jean soutiennent le corps sans vie, alors que Nicodème enlève les clous des pieds et que la Vierge accueille son fils mort dans ses bras, contemplant son visage aux yeux clos. Une des Maries serre contre son visage un bras du Christ bras, tandis que les autres tiennent leurs mains couvertes dans les plis de leurs manteaux. Les visages expriment le tragique du deuil. Le filet de sang au pied de la croix, également présent dans la précédente scène, ajoute une note de réalisme dramatique.

 

La mise au tombeau
Les mêmes personnages que dans la Crucifixion apparaissent dans la mise au tombeau. Seule est absente la femme au manteau bleu. Tous sont penchés sur le corps du Christ. Joseph maintient le linceul alors que Jean soulève doucement la tête de Christ et que Marie l’embrasse pour la dernière fois. Seule Marie-Madeleine exprime son désespoir en levant les deux bras au ciel.

 

La descente aux limbes
L'épisode de la descente aux enfers n'est pas mentionné dans les évangiles canoniques, mais relatée dans l’Evangile apocryphe de Nicodème. Il s'agit d'un thème iconographique peu diffusé dans la peinture occidentale : il révèle clairement l’influence de l'art byzantin par l'utilisation abondante de la couleur or sur le vêtement du Christ et la présentation de la scène elle-même. Ayant ouvert les portes de l'enfer, le Christ arrive dans les limbes pour y libérer ses aïeux : tout en aidant Adam à se lever, il terrasse un Satan hideux, vaincu et aveuglé par la rage.

 

Les trois Maries à la tombe
La subtilité des postures dans la scène des trois Maries au caveau est remarquable. Les femmes sont représentées dans les attitudes mèlées d'émerveillement et de peur ; leurs mouvements délicats vers l'arrière et les gestes nerveux de leurs mains montrent leur étonnement devant la soudaine apparition. Pour la réalisation de ces trois personnages, il semble que Duccio se soit inspiré de la Sibylle de Giovanni Pisano sculptée sur la façade de la cathédrale de Sienne. En face, l'ange est assis tranquillement sur le couvercle du sarcophage déplacé et pointe un doigt vers le tombeau vide. Sa robe blanche (plus blanche et aérienne que le linceul au bord du sarcophage) coule doucement sur lui avec des plis harmonieux et contraste magnifiquement avec les rochers sombres, illuminant l'ensemble de la composition.
Les femmes sont représentées dans les attitudes mèlées de l'émerveillement et de la peur ; leurs mouvements délicats vers l'arrière et les gestes nerveux de leurs mains montrent leur étonnement devant la soudaine apparition.

 

«Noli me tangere»
Dans l'apparition à Marie-Madeleine, le paysage rocheux fait partie intégrante de la mise en scène : les ravins escarpés insèrent le dialogue intime dans un milieu de solitude absolue, et dont les arbres (qui figurent à nouveau dans un panneau depuis la scène où le Christ est fait prisonnier) sont les seuls témoins. Jésus se présente de la même manière que dans la scène de la descente en enfer, avec la croix surmontée d’un petit drapeau flottant au vent, tandis que Marie-Madeleine capte le regard dans son manteau rouge vif. La barre oblique des roches accompagne et met l'accent sur la forme de son corps en flexion.

Le chemin d’Emmaüs
Seul l'Evangile de saint Luc mentionne que le Christ, vêtu comme un pèlerin, apparaît à ses disciples sur le chemin d'Emmaüs. Duccio reprend le texte de l'Évangile, en reproduisant le portrait d'un authentique pèlerin médiéval qui se distingue par le sac à dos sur l'épaule, la «pèlerine» et le chapeau à larges bords typique. Comme dans la partie inférieure, la composition est orientée vers la droite, où il ya un village sur une colline. Un détail intéressant est la route pavée avec deux variantes : une partie avec des pavés ronds et, sous la porte principale, avec des pierres à pavage régulier.

 

 

 

 

 




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6 janvier 2011

tympan de Conques : univers religieux de l'Occident médiéval

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analyse du tympan de Conques
 

introduction

Étape majeure, entre Le Puy et Moissac, sur le chemin du pèlerinage de Compostelle en Espagne, l’abbatiale Sainte-Foy de Conques, dans l'Aveyron, est un témoignage très riche du patrimoine architectural médiéval.
Haut-lieu de la chrétienté, elle incarne une expression de l'univers religieux et de la foi des hommes du Moyen Âge.
Conques a préservé de très nombreuses sculptures romanes (tympan du Jugement dernier, chapiteaux historiés) et conserve un trésor de reliquaires, recouverts d’or et d’argent, d’émaux, de camées, d’intailles (
pierres dures et fines gravées en creux pour servir de sceau ou de cachet) et de pierres précieuses.
Un premier monastère fut fondé à l'époque carolingienne par l'abbé Dadon, puis une nouvelle église fut construite au XIe siècle, entre 1041 et 1082 selon les principes de l'art roman. Entre temps, un moine rapporta les relique de sainte Foy qu'il avait dérobées.

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la statue reliquaire de sainte-Foy de Conques

L'élément d'architecture le plus célèbre de l'abbatiale de Conques est le tympan en façade de l'église ; c'est un bas-relief composé de 124 personnages. Il a été réalisé entre 1107 et 1125.

 

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le tympan de Conques avec la figure centrale du Christ



1) l'abbaye de Conques et son tympan à l'été 2007 (photos)

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la façade dans sa partie haute

 

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façade et portail d'entrée avec le tympan

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le tympan au-dessus des deux grandes portes


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le tympan mesure 6m70 de large et 3m60 de haut

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partie gauche du tympan

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partie droite du tympan

 

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partie centrale du tympan


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partie haute du tympan

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2) vocabulaire

- eschatologie : tout ce qui concerne les fins dernières de l'humanité dans une vision religieuse

- Fils de l'homme : une expression abondamment utilisée au début du VIe siècle av. J-C par le prophète Ezéchiel, dans un sens courant : "être humain", soulignant l’humanité. Au IIe siècle av. J-C, Daniel décrit une vision de la nuit où il a vu Dieu sous l’apparence d’un vieillard sur son trône céleste, servi par des milliers d’anges. Dans sa vision apparaît aussi un être comme un fils d’homme qui est la figure allégorique d’Israël.
Au Ier siècle av., un auteur va reprendre le Fils de l’homme et amplifier considérablement ce personnage.
Ce ne sera plus seulement une figure allégorique, mais un être céleste (comme les anges) tenant son existence de Dieu seul avant la création du monde. Il est incarnable et il viendra sur terre "exercer le jugement "aux derniers jours, avant d’assumer définitivement le pouvoir dans le Royaume de Dieu instauré sur une Terre transformée.

"Fils de l’homme" est une expression utilisée essentiellement par Jésus : 44 fois dans l’Évangile de Matthieu, 43 fois dans celui de Luc, 12 fois dans celui de Jean et 10 fois dans celui de Marc.
Les Évangiles – l’histoire de Jésus – vont y ajouter deux caractères très importants que n’avaient imaginés ni l’auteur de Daniel ni celui des Paraboles d’Hénoch, deux caractères typiquement chrétiens :
1 – le Fils de l’homme / Fils de Dieu s’incarne dans un nouvel être humain ;
2 – le Fils de l’homme devra souffrir et mourir avant d’entrer dans sa gloire.

- tympan : espace semi-sphérique décoré de sculptures entre le linteau et l'ensemble des voussures d'un portail d'église romane ou gothique.

- phylactère : banderole (du gr. phulaktêrion, ce qui sert à protéger) enroulée à ses extrémités, imitant souvent le parchemin et sur laquelle figure une inscription. Dans la peinture chrétienne du Moyen Âge, les phylactères servent à inscrire les paroles prononcées par les personnages représentés : texte de l'archange Gabriel dans la salutation angélique, du Gloria pour les anges de la Nativité. Ils sont souvent présentés par des anges... (source d'après : encyclopédie Larousse)

 

3) les références religieuses évangéliques

- Évangile selon saint Matthieu 25, 31...40

Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siègera sur son trône de gloire. Il dira à ceux qui seront à sa droite : «Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !»
Alors les justes lui répondront : «Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ? tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?»
Et le Roi leur répondra : «Amen, je vous le dis, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.»

 

4) structure d'ensemble, les trois registres

 

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les principaux acteurs (source)

 

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les espaces-temps (source)



5) identification des personnages et des inscriptions

 

 

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traduction des inscriptions du tympan de Conques (source)

 

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inscription du linteau, à la base du tympan de Conques (source photo)


- inscription du linteau, à la base du tympan : O PECCATORES, TRANSMUTETIS NISI MORES JUDICIUM DURUM VOBIS SCITOTE FUTURUM, ce qui signifie "Pêcheurs, si vous ne réformez pas vos mœurs, sachez que vous subirez un jugement redoutable".

 

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tympan de Conques : le Christ en majesté, jugeant


"Central, le Sauveur est assis majestueusement sur un trône car il est roi de gloire. Ce rayonnement de gloire l'environne par cette nuée d'où surgit un ovale caractéristique, identifiant l'état de ressuscité : la mandorle. Des étoiles l'entourent selon un rythme facilement identifiable alors que deux anges portant un cierge - cérophéraires - l'encadrent en-bas, avec deux autres figures angéliques au-dessus.
Vêtu d'une longue tunique plissée à l'orientale, le Christ porte autour du cou le pallium : cette écharpe de laine blanche brodée de croix noires, réservée au pape et à certains dignitaires ecclésiastiques.
Son bras droit, à la pliure vigoureuse, désigne les hauteurs, la main surmontée de la seule étoile à huit branches. Son bras gauche, souple, présente de face, une main largement ouverte. Le côté ouvert permet aussi d'évoquer l'apôtre Thomas désireux de vérifier que le Ressuscité est bien le Crucifié.
"Toi que nous contemplons dans la foi, fait nous partager la joie éternelle à l'heure du jugement" (Intercession du temps de l'Avent)." source

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croix au-dessus de la tête du Christ

"Une partie du motif de la condamnation se lit encore tout en haut de la croix SREXIDEORUM : Jésus de Nazareth, roi des Juifs.
La lance (LANCEA) et le clou (CLAVI) sont tenus par deux  anges en apesanteur, aux ailes arc-en-ciel.
Le soleil (SOL) et la lune (LUNA) sont personnifiés car une éclipse eut lieu le vendredi saint à l'heure de la mort de Jésus. Ces astres rythment aussi le temps qui est racheté par l'acceptation de la croix, d'où la réflexion de saint Cyrille : "la gloire du Christ c'est sa croix". Ce signe de la croix sera dans le ciel, peut on lire encore : OC SIGNVM CRVCIS ERIT IN CELO CVM... quand il viendra dans la gloire.
"Aussitôt après la détresse de ces jours-là, le soleil s'obscurcira, la lune ne brillera plus, les étoiles tomberont du ciel (...). Alors le signe du fils de l'homme apparaîtra dans le ciel. Tous les peuples de la terre verront le fils de l'homme venir sur les nuées du ciel avec beaucoup de puissance et de gloire"..." (source)

 

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"L'assemblée des saints se tient debout, joyeuse, devant le Christ-Juge"
(traduction de l'inscription qui n'est pas une légende de l'image)

 

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les anges porteurs de phylactères

Auréolés, coiffés à l'identique, les anges déploient leur phylactère en oblique : pliure qui répond aux toitures du registre inférieur.
VMILITAS : l'Humilité est nommée au-dessus de la Vierge Marie "petite servante du Seigneur". La règle monastique de saint Benoît  décrit les douze degrés de cette vertu chrétienne.
Effacée, la Constance vient en seconde place. C'est l'endurance dans les épreuves et les tentations, la persévérance dans la suite du Christ.
CARITAS : l'Amour dont Dieu nous aime et dont nous pouvons aimer le prochain, précède Foi ou Espérance sur le quatrième phylactère.
(source)

 

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sainte Foy priant intercède pour les défunts (© M. Renard)

- "La main de Dieu bénit dans un raccourci spatial la martyre sainte Foy, patronne de l'Église. À la main de Dieu qui descend vers la sainte pour la bénir et l'élire répond celle de la sainte qui monte pour prier Dieu et l'adorer. Le nimbe qui entoure la main de Dieu touche la tête nimbée de sainte Foy. L'image médiévale nous élève vers le sacré." (Jacques Le Goff)


 

6) bibliographie

  • Conques, moyenâgeuse, mystique, contemporaine, Marie Renoue et Renaud Dengreville, éd. du Rouergue, 1997.
  • Un Moyen-Age en images, Jacques Le Goff, éd. Hazan, 2007.
  • Description et interprétation du tympan de Conques, Pierre Seguret (site internet)
  • Le Tympan de Conques en détail du frère Jean-Régis Harmel, prémontré de l'abbaye Sainte Foy (site internet)

 

* mauvais sites

 

 

travail en cours...

 

global

 

 

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3 août 2010

le kantisme est un idéalisme mitigé de réalisme

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qu'est-ce que le kantisme ?

E. Janssens


Le kantisme est, nous semble-t- il, un idéalisme mitigé de réalisme, un phénoménisme atténué par un étrange retour au monde des choses-en-soi et de l'intelligible pur.

L'innovation fondamentale de la Critique de la raison pure consiste à expliquer la connaissance, non par l'action des choses sur notre entendement, comme on l'avait fait jusqu'alors, mais par les lois a priori de l'esprit, modelant à leur image les données ou intuitions sensibles.

Cette méthode nouvelle, son auteur la considérait comme une révolution analogue à celle qui avait renversé le système géocentrique de Ptolémée. "On avait admis jusqu'ici - écrit Kant dans la préface de la seconde édition de la Critique de la raison pure - que toutes nos connaissances devaient se régler sur les objets... Que l'on recherche donc une fois si nous ne serions pas plus heureux dans les problèmes de la métaphysique, en supposant que les objets se règlent sur notre connaissance... Il en est ici comme de l'idée que conçut Copernic : voyant qu'il ne pouvait venir à bout d'expliquer les mouvements du ciel en admettant que toute la multitude des astres tournait autour du spectateur, il chercha s'il ne serait pas mieux de supposer que c'est le spectateur qui tourne et que les astres demeurent immobiles" (1).

notes

(1) Emmanuel Kant, Critique de la raison pure, trad. Barni, t. I, p.24.

E. Janssens, extrait d'une dissertation intitulée :
Le néo-criticisme de Charles Renouvier, Louvain,
Institut de philosophie, 1904.

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explication des notions

- le kantisme, ou philosophie kantienne, est la théorie élaborée par Kant à la fin du XVIIIe siècle.

"Alors que le matérialisme dominait en France, (...) et que le dogmatisme le plus absolu dominait l'esprit allemand, un philosophe parut qui, avec une puissance sans égale d'analyse et de synthèse, prétendit démontrer à chaque système philosophique qui l'avait précédé toute l'inanité de ses principes et l'étroitesse de ses vues ; c'était Kant, et c'était le dogmatisme de Wolf et le scepticisme de Hume qu'il voulait attaquer de front ; c'était avec eux qu'il prétendait en finir, et pour cela, il entreprit de faire la critique de la raison humaine, de marquer ses bornes et son étendue et de mesurer sa portée.

Contre les matérialistes et les sceptiques, Kant défendit le point de vue selon lequel l'esprit ou plutôt l'entendement possède a priori des principes de savoir ; et contre les dogmatistes il maintint que l'expérience seule peut conduire à la certitude de l'existence réelle ou objective et que, même dans cet ordre de faits, nous ne pouvons encore être assurés que les choses soient telles qu'elles nous apparaissent. Il faisait cependant une exception en faveur des vérités morales, de la loi du devoir dont nous pouvons percevoir la réalité objective et la certitude absolue." (dictionnaire Imago @ Mundi source)

- idéalisme : "le propre de l'idéalisme est de ne pas admettre que la réalité externe soit la cause de nos représentations, soit qu'il nie cette réalité externe (immatérialisme), soit qu'il en nie l'indépendance par rapport à l'esprit (Kant), soit qu'il affirme que sa cause est l'Idée (Platon)". S. Auroux, Y. Weil, Nouveau vocabulaire des études philosophiques, Paris, Hachette, 1975, pp. 106-107.

- réalisme : thèse philosophique selon laquelle le monde existe bien en dehors de la représentation que nous en avons.
"Au contraire des idéalistes, les réalistes considèrent que les formes n'existent pas en dehors de leurs incarnations physiques. C'est plutôt l'esprit humain qui abstrait ces formes à partir de l'observation attentive des choses qu'il y a à connaître avec nos cinq sens. Les réalistes insistent sur l'existence objective des formes dans le monde". (source)

- phénoménisme :

"Doctrine philosophique dont la thèse principale, sous sa forme absolue, consiste à révoquer en doute l'existence de toute substance matérielle ou spirituelle sous les phénomènes perçus par les sens et la conscience. Le phénoménisme est ainsi un cas très particulier d'une doctrine beaucoup plus vaste, l'idéalisme.
Car, tandis que l'idéalisme, étroitement uni avec le rationalisme par ses plus grands représentants, Platon, Descartes, Malebranche, Hegel et Schelling, résout simultanément le problème de la connaissance et celui de l'existence, le phénoménisme s'associe volontiers à l'empirisme pour donner à la question : «de quoi les êtres sont-ils faits ?» cette réponse : «ils ne sont qu'un faisceau de phénomènes».

Ni l'idéalisme, ni l'empirisme des Anciens n'ont revêtu la forme phénoméniste. Malgré les différences qui les séparent, Platon et Épicure s'accordent à reconnaître aux apparences sensibles un support substantiel, objectivement réel, Idée chez l'un, Atome chez l'autre.
Éprise de raison ou attachée à l'expérience, toute la philosophie antique est substantialiste, et le Moyen âge l'a suivie dans cette voie au point de réaliser certaines qualités sensibles de la matière.
Il faut arriver jusqu'à Descartes pour trouver, sous des dehors purement substantialistes, le germe de la thèse phénoméniste. Sans doute, Descartes distinguait, sous les qualités sensibles relatives au sujet qui connaît, l'étendue, essence invariable de la matière. Mais il préparait ainsi la voie aux disciples plus hardis et plus conséquents qui devaient réduire l'idée d'étendue elle-même à des sensations tactiles et musculaires et dissiper ainsi le dernier substratum métaphysique de tout attribut sensible." (dictionnaire Imago @ Mundi source)

- chose-en-soi, noumène : c'est une "réalité" intelligible que l'on peut penser. Dans la philosophie kantienne, le noumène s'oppose au phénomène sensible. Le noumène ne peut être connu puisque toute connaissance implique une intuition sensible.
Le noumène ne peut avoir de sens qu'en relation avec les notions d'objet transcendental et de chose-en-soi.
La chose-en-soi est cette réalité inconnaissable que nous devons supposer pour comprendre ce qu'est un phénomène : elle se phénoménalise, se manifeste, apparaît en lui.
Le sujet transcendental suppose, dans le mécanisme de la connaissance, que soit posé un objet en général, dit objet transcendental (qui n'est pas sensible).
Noumène et chose en soi sont assimilés parfois, la chose-en-soi est confondue avec l'objet transcendental. Le sujet humain, en tant qu'il n'est pas entièrement déterminé par des causes naturelles, est dit noumène.
(source : Kant, une révolution philosophique, Michèle Crampe-Casnabet, éd. Bordas, 1989, lexique, p. 179.

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13 décembre 2009

les liaisons dangereuses

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Choderlos de Laclos


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Choderlos de Laclos

- Les liaisons dangereuses, 1782 : roman épistolaire

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l'exécution littéraire du galant :
"Et qu'avez-vous donc fait que je n'aie surpassé mille fois ? Vous avez séduit, perdu même beaucoup de femmes : mais quelles difficultés avez-vous eu à vaincre ? quels obstacles à surmonter ? où est le mérite qui soit véritablement à vous ? Une belle figure, pur effet du hasard ; des... grâces que l'usage donne presque toujours, de l'esprit à la vérité, mais auquel du jargon suppléerait au besoin ; une impudence assez louable, mais peut-être uniquement due à la facilité de vos premiers succès ; si je ne me trompe, voilà tous vos moyens".

Lettre 81, de la marquise de Merteuil au vicomte de Valmont,
Les liaisons dangereuses, Choderlos de Laclos.

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22 octobre 2011

"devoir de mémoire" ? avec M. Degraix et M. Renard

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"devoir de mémoire" (France)

ou "récupération de la mémoire" (Espagne) ?

un débat au cinéma de Rive-de-Gier, 20 octobre 2011

 

Le Progrès 22 oct 2011
cliquer sur l'image pour l'agrandir et lire l'article
(de gauche à droite : Michel Renard, Ginette Mouin, Jean-Luc Degraix)

- compte rendu du débat de jeudi dernier au cinéma de Rive-de-Gier à propos du film sur l'Espagne, "Les chemins de la mémoire", dans le journal Le Progrès de ce 22 octobre 2011, avec la participation de deux professeurs du lycée : Jean-Luc Degraix et Michel Renard.

- site du film "Les Chemins de la mémoire"

 

Éléments des interventions de Michel Renard

Le film, au regard du thème de la mémoire, n'est pas comparable à la situation française. En France, la notion de "devoir de mémoire" se répand largement à partir des années 1980. En Espagne, à la mort de Franco en 1975, la problématique est inverse et fondée sur le "pacte d'oubli". On décide de ne pas évoquer le passé pour rendre possible la démocratie, la coexistence politique d'anciens franquistes et de partisans du passé républicain.


De 1975 à 1995, l'Espagne développe une politique de réconciliation, avec le vote de lois diverses. De 1995 à 2004, naît et croît une vague mémorielle avec la création de l'Association pour la récupération de la mémoire historique qui milite activement pour l'ouverture des fosses et l'exhumation des corps. Depuis 2004, et l'élection du socialiste Zapatero, petit-fils d'un capitaine de l'armée assassiné par ses pairs, une nouvelle politique mémorielle est impulsée avec la longue élaboration et le vote de la loi de décembre 2007.


En France, le "devoir de mémoire" repose sur un consensus, notamment la condamnation de la persécution des juifs sous l'Occupation. En Espagne, la "récupération de la mémoire historique" fait largement débat et  même contestation.
Avec le "devoir de mémoire", on envisageait d'abord de rendre vérité et hommage aux victimes, puis on passe à l'idée de corriger la souffrance individuelle des descendants par la réparation matérielle.

***

Pourquoi cette émergence mémorielle en Espagne à partir des années 1990 ? On peut discerner trois causes :

1) un effet de génération avec la disparition de la plupart des témoins de la guerre civile ;

2) l'arrivée à l'âge adulte des petits-enfants (ex. Zapatero) des victimes de la guerre civile ; (l'effet "troisième génération" avait déjà été observé pour la mémoire des massacres d'Arméniens) ;

3) la levée de la crainte d'une résurgence d'un conflit armé en Espagne.

D'une manière plus générale, on relève une temporalité parallèle du phénomène mémoriel dans plusieurs pays, aux États-Unis, en France et en Espagne.

Aux États-Unis, dès 1988, on avait assisté à une politique de dédommagements des citoyens américains d'origine japonaise emprisonnés arbitrairement à partir de 1941. Puis, dans les années 1996-1998, se développèrent les class actions (plaintes collectives) contre les banques suisses pour indemniser les victimes ou descendants de victimes de l'Holocauste.

Le point commun de ces attitudes mémorielles ? C'est non seulement l'idée d'établir une vérité sur un passé conflictuel mais surtout l'idée d'obtenir une réparation matérielle. On passe du droit pénal au droit civil. Il s'agit d'un nouveau régime d'historicité. Le passé considéré comme indépassable et pensé d'abord en termes politiques (avec un jugement pénal du genre Tribunal de Nuremberg) est désormais conçu comme un passé à repenser juridiquement dans les termes du droit individuel même si les responsables ont disparu.

C'est l'idée qu'une société ne peut vivre démocratiquement de manière pacifiée que si ses traumatismes historiques donnent lieu à une compensation des victimes ou descendants de victimes. C'est "refuser que le temps consacre l'injustice" (Antoine Garapon, Peut-on réparer l'histoire ? éd. Odile Jacob, 2008, p. 65).

Mais, en Espagne, il a d'abord fallu passer par la restitution, la "récupération" d'un passé nié pendant 40 ans de dictature franquiste.

***

La caractéristique du film documentaire, Les chemins de la mémoire, est de n'évoquer que les victimes du franquisme - il est vrai plus nombreuses que les victimes du républicanisme durant la guerre civile. Les morts dus aux nationalistes puis au régime franquiste après la victoire de 1939 sont plus importantes en nombre, pour deux raisons.
D'abord parce que les territoires conquis dès 1936 puis jusqu'en 1939 furent plus étendus et que la répression s'y exerça sans mesure. Ensuite, parce que Franco ne fit pas la paix en 1939 et sa vengeance s'exerça pendant de longues années dans le cadre des tribunaux militaires (Auditorias de Guerra). Il y eut jusqu'à 270 000 prisonniers politiques en décembre 1939, et encore 112 000 trois ans plus tard. En 1944, on en comptait presque 50 000 et il fallut attendre 1950 pour que le chiffre descende sous les 30 000.

 

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Ceci dit, il y eut aussi une répression républicaine aveugle, de 1936 à 1939, contre les supposés nationalistes  (tous ne l'étaient pas forcément...) et à l'intérieur même de la Gauche. Et le film a choisi de ne pas en parler. À l'image du livre Les fosses du franquisme d'Emilio Silva et de Santiago Macías (éd. Calmann-Lévy, 2006).

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Mais alors, le film n'est effectivement qu'une vision des chemins d'une mémoire. Et oublie l'autre mémoire. On dira que l'autre a été largement célébrée pendant 40 ans. Cest vrai. La mémoire des victimes du franquisme pourrait cependant s'écrire au pluriel. Car les opposants au national-catholicisme de Franco ont eu aussi leurs propres divisions et se sont massacrés entre eux.

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Sans oublier que certains furent aussi sauvés par des nationalistes, des phalangistes... comme le faisait remarquer une participante à la soirée en évoquant le cas de son propre père sauvé d'une arrestation par le message d'un phalangiste qui l'avertit la veille au soir. Ou que certains républicains sauvèrent des phalangistes. Comme on le voit dans le roman Les soldats de Salamine de Javier Cercas (2002).

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Mémoire, histoire, quel rapport entre les deux ? J'écoute la mémoire, je réfléchis avec l'histoire.

Michel Renard
professeur d'histoire

 

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10 septembre 2009

la modernisation agricole au XIXe siècle

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la modernisation agricole au XIXe siècle


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En tête de lettre de la société Lotz fils de l’Aîné,
par Guiguet, fin XIXe siècle. Archives départementales
de Loire-Atlantique - Nantes.
 source

- Au début du XIXe siècle, à l’instar de la majorité des régions françaises, l’agriculture reste la première ressource du département [de Loire-Atlantique]. À partir des années 1820, afin d’accroître les surfaces agricoles, une politique d’assèchement des marais et de défrichement des landes est menée. Dans ce contexte, en même temps que se développe l’utilisation des engrais, de nouveaux outils sont peu à peu employés, métamorphosant le travail de la terre et permettant la mise en place de véritables industries agricoles.

La batteuse connaît un engouement précoce. Le gain de main-d’œuvre et sa rapidité pour des quantités plus importantes expliquent son adoption par le monde paysan. Dans le département, l’entreprise Lotz l’Aîné se fait particulièrement remarquer dans ce domaine.

A contrario, la charrue moderne connaît des débuts plus laborieux en raison de l'attachement des campagnes à leur matériel traditionnel. Malgré tout, la charrue brabant [inventée en Belgique] est largement diffusée à la fin du XIXe siècle. À Châteaubriant, l’entreprise Huard se spécialise dans se type de matériel.

L’entreprise Lotz installée à Nantes en 1833, produit 2 350 machines à vapeur et 5 200 batteuses et égreneuses jusqu’en 1899 et reçoit 228 médailles. Lotz fils est le premier à être décoré de l’Ordre du mérite agricole.

auteur et source



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18 septembre 2009

le sujet

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le sujet


- trouvé sur philagora : révision sur la notion : le sujet

le sujet

Maîtrise = Le sujet apparaît avec la maîtrise de soi, l'attention qui permet de "réaliser" les niveaux de conscience (attention à soi, attention au monde, attention à autrui). Par cette maîtrise de soi, le sujet peut devenir l'auteur de ses représentations (conscience réfléchie) et de ses actions (conscience morale). il accède aussi à l'invention, à la création de soi par soi : en choisissant il se choisit (revoir l'échelle de Jacob : attention => mémorisation => combinaison => invention et poser le problème du rapport entre la nature et la culture.)

Origine = Le Sujet de vient donc celui qui dit OUI ou NON en connaissance de cause :  il est donc à l'origine de ses pensées, de sa volonté, de ses actes. C'est un pouvoir de commencement (dans la nature rien ne commence, rien n'est libre, car tout phénomène est déterminé par un processus causal antérieur).

Seul l'homme peut décider, engager une action qui vient d'une invention, commencée (revoir le "pouvoir natal" et relire le texte de Rousseau "Nul être matériel n'est actif par lui-même, et moi je le suis ... ma volonté est indépendante de mes sens, je consens ou je résiste ... je connais la volonté que par le sentiment de la mienne.")

Morale => Droit => Politique = Le sujet est la condition de possibilité de ces trois notions.

=> Morale : elle a pour fondement l'impératif catégorique qui exige absolument (sans considérations particulières) que je considère autrui comme un Sujet, libre, une fin en soi , ce qui lui donne une dignité, une valeur infinie, ce qui exige le respect. Autrui, comme personne, ne peut être considéré comme un simple moyen. 

=> Droit : la loi oblige : elle s'adresse donc à la liberté. Le droit ne peut se concevoir avec des êtres qui ne seraient pas responsables : la condition de possibilité du droit c'est donc le Sujet

=> Politique : en démocratie, c'est l'exercice du pouvoir par les représentants des citoyens :  si le peuple est le souverain, la souveraineté lui revient : sans citoyens libres qui obéissent à la loi qu'ils se sont prescrites, la politique est remplacée par le dressage et la dictature. (revoir Arendt, Le pouvoir partagé)

       

CONCLUSION SUR  CONSCIENCE / INCONSCIENT / SUJET

Si de l'avis de vous tous ce parcours vous a intéressé (!) c'est que, en reliant ces trois notions, le nouveau  programme(merci) nous permet de mieux comprendre comme nous sommes "impliqués":

  • le Sujet, chacun de nous si nous le voulons, est le résultat d'un arrachement et d'un attachement : de avoir conscience à  prendre conscience ; de être intéressé à  s'intéresser.        

Nous retrouvons les racines de la philosophie, la distinction fondamentale de l'opinion et de la science, du spontané et du réfléchi. Celui qui prend conscience doit non seulement se détourner de l'opinion mais faire apparaître ce qui lui est inconnu (là où était ça je dois advenir, Freud ). Le Sujet est donc ce qui advient grâce à un effort d'attention.

Avec la conscience immédiate ce n'est pas la liberté qui est donnée, mais l'idée d'une libération toujours possible. Voilà pourquoi aucun homme ne peut être méprisé : le sanctionner c'est le respecter car la sanction n'est possible que parce qu'il était libre et responsable. Cette reconnaissance  de sa valeur, c'est le respect.


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30 avril 2011

le Louvre et l'ignorance des "anti-illuminati"

Pyramide_Louvre 

 

Réponse à la vidéo

"Illuminati et le Louvre"

Michel Renard

 

Url :
http://www.youtube.com/watch?v=rPUmNrme85M&playnext=1&list=PL2878AC4B1FDBEFCB

- l'utilisateur a supprimé la vidéo à cette adresse... mais j'en avais retranscrit tout le texte. Et on la retrouve à cette nouvelle adresse :
http://www.youtube.com/watch?v=Za7W8jT_K2Q

Finalement, un élève de Seconde (sept. 2014) m'informe qu'il a retrouvé cette vidéo à l'adresse suivante :

https://www.youtube.com/watch?v=KeQoIqFwx2s&list=PLX7Wt7Utj6WWTNN-tk3hM6FG5B5OG2JdX&index=1vre

* les photos des sculptures extérieures du Louvre ne sont pas de moi. Elles proviennent du site : http://louvre.sculpturederue.fr/

 

1 - Une vidéo délirante sur les sculptures du Louvre

J'ai découvert cette vidéo avec amusement et effarement tout à la fois. Amusement devant l'ignorance du commentateur et son obsession d'une symbolique franc-maçonne en réalité absente de ce qu'il décrit. Effarement devant l'attrait que peut représenter cette indigence sous-culturelle pour des esprits non informés et a-critiques.

Le commentateur n'est pas haineux, il manifeste une espèce de naïveté sympathique. Mais son propos est frappé d'une inconsistance qui rend son "analyse" mystificatrice.

J'entreprends, ci-dessous, d'en démontrer l'inanité interprétative et de rétablir la signification historique de ces œuvres.

pyramide

 

vidéo - 0 mn 02 : "Aujourd'hui, nous allons étudier les Illuminati et la franc-maçonnerie, à l'intérieur même du musée du Louvre."

réponse – "Étudier"… quelle prétention…! Il aurait fallu commencer par définir ce que sont ces Illuminati et ce qu'est la franc-maçonnerie, et quel rapport ils pourraient éventuellement entretenir avec cet ancien palais royal qu'est le Louvre devenu musée. Non, rien de cela. Quelques photos avec des commentaires totalement infondés. Le tout, inscrit dans le délire anti-illuminati et anti-complot qui s'est emparé des esprits simples à travers la foire des vidéos postées sur Youtube.

Les théories du complot font des ravages sur internet. Elles ont pour avantage de paraître délivrer une "vérité" cachée au plus grand nombre. Celui qui accède à cette "vérité" se met à "croire" que l'ordre du monde, depuis des siècles, n'est que la mise en œuvre du programme de sociétés secrètes à la volonté toute-puissante. En ce moment, ces réseaux occultes seraient dominés par les Illuminati, nouveaux "Maîtres du monde" prônant le satanisme, le sionisme et le Nouvel ordre mondial.

Évidemment, on trouve toujours des bribes de déclarations, des formules, des signes, des rencontres privées, des initiatives tendant à "prouver" la réalité de ce complot permanent. On voit les Illuminati partout. Mais tout cela est sur-interprété et porté par une paranoïa puissante.

 

Les Illuminés de Bavière (1776-1784)

En réalité, les Illuminés de Bavière (Illuminaten, en allemand, et non "illuminati") ont été créés par Adam Weishaupt, un professeur de droit, en 1776 pour combattre l'intolérance religieuse et répandre les idées des Lumières.

Ils étaient égalitaristes, républicains, hostiles à l'Église et à la monarchie. Devant son peu de succès, Adam Weishaupt tenta de donner une forme maçonnique (avec initiation) à sa confrérie. Et parvint à infiltrer la franc-maçonnerie en Autriche, en Bohème et en Hongrie.

Les Illuminaten furent interdits en 1784 par le prince Charles Théodore, électeur de Bavière qui émit un édit ordonnant la dissolution de toute société secrète. Le dernier dirigeant de la société des Illuminaten, Christian Bode, se rendit en France en 1787 et rencontra une haute personnalité de la franc-maçonnerie française. Mais de là à démontrer que l'Illuminisme bavarois fut "exporté" et qu'il prit le contrôle en France, il y a toute la marge qui sépare le délire du fait historique avéré.

De toute façon, on ne voit pas le rapport avec le Louvre, édifice construit et décoré pendant plusieurs siècles par la monarchie française puis par différents pouvoirs jusqu'au Second Empire.

 

2 - La Navigation et la Mécanique

vidéo - 0 mn 23 : "Là, voilà deux personnages qui portent des symboles francs-maçons. C'est quand même relativement incontestable, qui indique bien que la franc-maçonnerie donne des signes. Nous avons le compas sur la main droite et un signe franc-maçon sur la main gauche. Ensuite, nous avons l'étoile au centre. Là, à nouveau sur le pied, le compas, on le reconnaît très très bien, et là l'ancre. Tout ça, ce sont des symboles francs-maçons."

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réponse – Cette composition n'a rien de franc-maçonne. Il s'agit de "La Navigation commerciale et la Mécanique" réalisée par Joseph Michel Ange Pollet (1814-1870) en 1857. Elle est à gauche de la porte du pavillon Colbert entourant un oeil de boeuf du rez-de-chaussée, alors qu'à droite, on trouve deux autres allégories, "La Télégraphie et l’Imprimerie".

Le compas est l'instrument de mesure des navigateurs (pour calculer et reporter des distances sur des cartes) comme des architectes ou des "mécaniciens". C'est un symbole du savoir sur le monde matériel.

La main, à gauche, ne fait que reproduire l'image du compas. L'étoile à cinq branches (pentagramme) est un symbole très ancien à multiples significations, et notamment la manifestation de la lumière. Il n'a rien de spécifiquement franc-maçon. Il évoque aussi le monde terrestre par rapport au macrocosme qui nous dépasse. Il n'y a rien d'étonnant à ce qu'une étoile, repère des marins, figure dans une allusion à la Navigation.

Quant aux roues dentées et à l'engrenage, il s'agit d'un mécanisme connu dès l'Antiquité à l'époque d'Héron d'Alexandrie (Ier siècle de notre ère). Et les premières représentations d'ancre marine datent du VIe siècle av. notre ère, celles avec élargissement des bras en pattes apparurent au Ier siècle de notre ère. Il n'y a pas de compas sur cette évocation mécanique.

Par contre, une équerre est tenue dans la main gauche du personnage de droite – ce que n'a pas relevé notre commentateur vidéo. L'origine de cet instrument est disputée ; Théodore de Samos au VIe s. av. (le constructeur du temple d'Artémis à Éphèse), ou Dédale, personnage mythologique et célèbre architecte du labyrinthe où fut enfermé le Minautore. Autre instrument de mesure célèbre, l'équerre est aussi un puissant symbole de savoir.
Il n'y a donc rien "d'incontestablement" franc-maçon ici.

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le Télégraphe et l'Imprimerie,
autres statues du pavillon Colbert

 

3 - Saint Bernard

vidéo - 0 mn 51 : "Là, nous avons un saint qui est porteur de lumière. Saint Bernard, eh oui. C'est relativement symbolique".

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réponse – Mais où va-t-il chercher que Saint Bernard est "porteur de lumière"…? Où…? C'est tout simplement saugrenu. Cette sculpture de François Jouffroy (1806-1882) date de 1857. Elle représente l'ecclésiastique Bernard de Clairvaux, moine cistercien (1090-1153) très influent dans les débats et les conflits de l'Église à l'époque. Il est surtout connu pour son prêche en faveur de la deuxième Croisade après la chute du comté chrétien d'Édesse en "Terre Sainte" (1144). Sa harangue prononcée le 31 mars 1146 à Vézelay entraîna les chevaliers à la Croisade. On le voit ici appeler son auditoire à se croiser. Il n'est pas question de "porteur de lumière"…!

 

4 - Un ange avec un sexe ?

vidéo - 1 mn 06 : "Nous avons un ange avec un sexe".

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réponse – Ce n'est pas un ange mais un génie. Tout simplement. Il y a en a des dizaines sur les couronnements de nombreuses ailes ou pavillons du Louvre. Celui-ci figure sur le couronnement de l’aile Colbert, à côté d'autres personnifiant la Paix, le Printemps, la Pêche…

Ce prétendu ange n'est qu'une allégorie de "l’Art romain" due à Ferdinand Taluet (1820-1904) et datant de 1857. Une "République française", conçue par le même auteur, en 1848, est visible au musée d'Angers ; c'était une figure de femme déjà vêtue à la romaine. Le modèle antique est l'une des règles de l'académisme au XIXe siècle.

Cet "art romain" est pourvu de plusieurs attributs, notamment :

- l'aigle, oiseau du dieu grec Zeus puis du romain Jupiter, fréquemment utilisé par d'autres peuples ; il est l'enseigne des légions romaines mais aussi, plus tard, de Napoléon 1er ;

- le glaive et la couronne de lauriers, symboles des succès militaires de Rome ;

- les baguettes ou faisceau des licteurs représentant la puissance de juger ;

- le rouleau tenu dans la main droite évoquant l'activité législatrice romaine.

Un génie n'est pas un ange. Qu'il soit montré comme un enfant sexué n'a rien d'étrange.

 

5 – Porteur de lumière. Symbolique de quoi ?

vidéo – 1 mn 11 : "Nous avons à nouveau un personnage porteur de lumière… très symbolique".

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réponse – Symbolique de quoi ? J'aimerais le savoir…! En réalité, cette sculpture monumentale, appelée en architecture une "console d'amortissement", représente "La Science". Son auteur Louis Elias Robert (1821-1874) l'a réalisée en 1857. Les historiens spécialistes de la statuaire publique au XIXe siècle ont montré que c'étaient surtout les hommes de science et d'industrie qui, sous le Second Empire, avaient l'honneur de statues publiques.

Ici, c'est la science en tant que telle qui est personnifiée. Son symbole tient dans le flambeau exprimant la lumière de la raison et du génie. Dans de nombreuses traditions, la flamme symbolise la purification, l'esprit et le savoir. Que les écrivains, savants et philosophes du XVIIIe siècle affrontant l'obscurantisme pour faire triompher la connaissance rationnelle aient été qualifiés de "Lumières" s'inscrit dans ce symbolisme. Voltaire le dit clairement en désignant les concepteurs de l'Encyclopédie comme : "une société de savants remplis d'esprit et de lumières" (1751).

Que les francs-maçons revendiquent aussi la lumière ne saurait faire confusion. Ce sont moins les savoirs rationnels qui, sans être méprisés, sont recherchés, mais plutôt une lumière spirituelle. À la clôture des travaux d'une loge, le Vénérable dit : "Mes Frères, quand pour perfectionner votre travail vous chercherez la lumière qui vous est nécessaire, souvenez-vous qu'elle se tient à l'orient, et que c'est là seulement que vous pouvez la trouver." (Dictionnaire thématique illustré de la Franc-Maçonnerie, Jean Lhomme, Édouard Maisondieu, Jacob Tomaso, éd. Du Rocher, 1993, p. 404).

On ne peut donc assimiler toute référence à la lumière au symbolisme maçonnique.

 

6 - Encore du n'importe quoi…!

vidéo – 1 mn 18 : "Là, nous avons un flambeau avec des serpents autour, et au-dessus de ce flambeau – c'est très symbolique, un soleil ; donc le porteur de lumière. Le soleil peut… chacun peut interpréter ce qu'il veut ; ça peut être le roi-Soleil ou il peut représenter aussi Horus ; c'est fort possible puisque tout au long de notre ballade, il y a pas mal de symboles d'Horus. Et de chaque côté de ce flambeau, il y a des anges… est-ce [sic] des anges ou est-ce [re-sic] des démons ? Tout est possible".

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réponse – Encore du n'importe quoi…! Ici, le couronnement de la lucarne du pavillon Colbert représente "la Terre et l’Eau", œuvre de Nicolas Victor Vilain (1818-1899) réalisée en 1857.

D'abord, il n'y a pas de flambeau, mais un caducée, c'est-à-dire un bâton ou une baguette entourée de deux serpents dont les têtes se font face et surmonté de deux ailes déployées (symbole du dieu Hermès/Mercure).
La scène est une évocation des quatre éléments de la nature :

- à gauche, une allégorie de l'Eau avec quelques rangs de vagues à ses pieds, la coque d'un navire et ses bouches de canon ;

- à droite, l'allégorie de la Terre et des deux activités qu'en tirent les hommes : l'élevage (tête de bœuf dans la main gauche) et la culture (bêche dans la main droite) ;

- au centre, un ciel constellé (l'air) ;

- au sommet, le soleil (le feu) irradiant et personnifié ; à gauche, un monstre marin ; à droite, des animaux sauvages ; double image d'une nature peut-être anté-humaine.

Au milieu, le caducée, attribut de Mercure, messager des dieux de l'Antiquité grecque. Il pourrait être invoqué comme un équilibre entre les aspects maléfique et bénéfique des serpents maîtrisés par Mercure ; est-ce un message de stabilité, de sérénité dans la destinée humaine ?

On peut également envisager une interprétation politique (je n'ai trouvé aucun commentaire savant de cette composition ; je laisse donc aller une explication personnelle…). On aurait alors une image de la puissance du roi que l'effigie du Soleil permet d'identifier aisément. La culture des images depuis le XVIe siècle est basée sur la mythologie et l'allégorie. Aujourd'hui, nous avons perdu ces codes Mais le culte solaire du souverain s'enracine dans une longue tradition historique à laquelle la Rome impériale a sacrifié au IIIe siècle.

Louis XIV a adopté le soleil comme emblème. Dans ses Mémoires pour l'instruction du Dauphin, il écrit pour l'année 1662 : "On choisit pour corps le soleil qui, dans les règles de cet art, est le plus noble de tous, et qui, par la qualité d'unique, par l'éclat qui l'environne, par la lumière qu'il communique aux autres astres qui lui composent comme une espèce de cour, par le partage égal et juste qu'il fait de cette même lumière à tous les divers climats du monde, par le bien qu'il fait en tous lieux, produisant de tous côtés la vie, la joie et l'action, par son mouvement sans relâche, où il paraît néanmoins toujours tranquille, par cette course constante et invariable, dont il ne s'écarte et ne se détourne jamais, est assurément la plus vive et la plus belle image d'un grand monarque" (Louis XIV, Mémoires, éd. "Texto" Tallandier, 2007, p. 172).

Le Roi-Soleil présiderait alors à l'ordonnancement de la nature (Eau et Terre), comme il a su le montrer à Versailles. Louis XIV entend dominer la nature ("L'homme doit se rendre comme maître et possesseur de la nature", Descartes) comme illustration de sa puissance politique. S'il contrôle la nature, alors il contrôle le monde.

En tout cas, il n'est absolument pas question d'anges ni de démons ni d'Horus comme le prétend le commentaire de cette vidéo affligeante.

 

7 – Quels symboles ?

vidéo – 1 mn 54 : "Là, nous avons encore un personnage porteur d'un flambeau et derrière lui un aigle, un aigle ou un faucon, tout ça c'est très significatif… toujours l'oiseau qui est très représenté, et sous ses pieds il y a une bête… ça aussi, c'est très, très très symbolique… et après voilà… chacun… moi, c'est ma pensée, mon interprétation, je ne dis pas que j'ai la vérité…".

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réponse – Mais "ton" interprétation, on s'en moque…! Sur quoi te bases-tu pour dire de telles choses…? Cela seul est intéressant. On peut discuter certes, mais à partir de bases sérieuses, pas à partir de rien.

Ici, la sculpture porte le titre : "la Paix". Elle est d'Antoine Auguste Préault (1809-1879) qui l'a composée en 1857, avec des motifs inspirés de la mythologie gréco-romaine.

La Paix est une allégorie féminine tenant un grand flambeau dans la main droite et vêtue d'un peplos. Au-dessus, un aigle déployé, symbolise la puissance victorieuse et protectrice. Deux séries de symboles accompagnent la Paix. À gauche, sur le dos d'un lion dompté mais vigilant, les images de la culture grecque : masques du théâtre tragique et comique, une phorminx (harpe) dont se sert l'aède quand il chante, et peut-être une corne d'abondance signifiant la richesse et l'abondance. À droite, le haut d'une colonne et les volutes de son chapiteau ionique, une sphère terrestre qu'une main semble gouverner paisiblement, puis un sac empli de céréales (?) et, enfin, la hampe et la pointe d'un étendard.

Voilà ce dont nous sommes redevables à la Paix : la culture et la prospérité. Cette évocation est à mettre en vis-à-vis d'une autre sculpture d'Antoine Auguste Préault : "la Guerre", de 1857 aussi. On y trouve le même recours à l'univers gréco-romain avec le célèbre Gorgonéion, tête de la Méduse tranchée par Persée qui l'offrit à Athéna dont la déesse fit un bouclier (l'égide).

Rien de franc-maçon dans tout ce descriptif.

 

8 - Satan ? est-ce sûr ?

vidéo – 2 mn 20 : "Là, par contre, c'est très explicite, très clair. Nous allons voir de chaque côté deux têtes de Satan, et l'âme de Satan, si on peut parler d'âme car au début il s'agit d'un ange déchu qui, après s'être opposé à Dieu a perdu son identité d'ange et est devenu l'ange rouge qu'est Satan. Représentation artistique montre réellement qui est Satan. C'est vraiment très clair. Et là, tout au-dessus, vous allez voir une couronne et une croix, une croix du Christ. Mais je vois plutôt une croix pas très claire...

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réponse – Quelle assurance qu'il s'agit de deux figures de Satan ? Les cornes ne l'indiquent pas a priori. Elles sont l'attribut des représentations de faunes ou de satyres dérivés du bouc ou du bélier mais ne sont pas forcément associées au diable.

L'image commentée est celle du monogramme de Napoléon III sur le pavillon Sully au Louvre. Je n'ai pas trouvé l'auteur de cette composition ni d'informations sur le sens qu'il a voulu donner à ce travail.

J'estime cependant qu'il y a un contresens à voir Satan dans les deux visages à la base de cet ensemble sculpté.

D'abord parce que tout visage doté de cornes ne renvoie pas à Satan mais à de multiples représentations zoo-anthropomorphiques remontant à l'Antiquité grecque et réinjectées dans l'art occidental depuis la Renaissance jusqu'à nos jours (le "Prélude à l'après-midi d'un faune" de Claude Debussy a été composé entre 1892 et 1894 et les dessins de faunes dus à Jean Cocteau datent de la fin des années 1950). Ensuite, parce qu'au XIXe siècle, la figure de Satan a été positivée. Elle n'a rien de commun avec les délires "satanistes", réels ou supposés, d'aujourd'hui.
Pour de nombreux écrivains, sans parler de Milton (1608-1674, "Le Paradis perdu"), de Vigny et Lamartine jusqu'à Hugo, elle signifie le potentiel de vie, de désir, de bonheur que l'Église avait comprimé pendant des siècles : "L'une des obsessions les plus constantes du XIXe siècle concerne en effet bizarrement le personnage de Satan. Pour la première fois avec une telle ampleur, une telle énergie collective, des écrivains, des romanciers, des philosophes ou des poètes entreprirent ce qu'il faut bien appeler la révision en profondeur du procès du démon et sa réhabilitation" (Philippe Muray, Le XIXe siècle à travers les âges, 1994; éd. Tel-Gallimard, 1999, p. 644).

Il est toujours difficile de distinguer s'il s'agit de cornes de bouc (caprin) ou de bélier (ovin). Dans le cas d'un bélier, l'image renvoie au premier signe du zodiaque représentant "l'énergie régénératrice du cosmos et la renaissance printanière du Soleil sortant des ténèbres hivernales" (Matilde Battistini, Astrologie, magie et alchimie, éd. Hazan, 2005).

Je citerai ici, une explication que m'a fournie directement Guillaume Fontelle, historien du Louvre (par exemple sur ce site) : "Les têtes grotesques qui ornent les clefs des fenêtres sont un motif très courant de l’architecture du XVIe au XVIIIe siècle que Lefuel, l’architecte de Napoléon III a maintenu pour des raisons d’homogénéité stylistique. Quant à la tête de lion, c’est aussi un élément classique du répertoire des «cuirs bellifontains» (la forme chantournée sur laquelle se détache le monogramme). Il ne faut donc pas leur donner accorder une signification particulière."

Le monogramme de Napoléon III est porté par un écrin qui est une métaphore de la Nature, avec les deux têtes de faune, image d'énergie créatrice, de fécondité, et non pas image de Satan ; avec des Putti mi-végétaux mi-hommes ; avec des guirlandes de fruits. C'est la nature créatrice et féconde qui est célébrée et non le diabolisme de Satan. La couronne impériale, dont les fleurons alternent les aigles de puissance et des motifs végétaux, est surmontée d'une croix tout à fait normale pour Napoléon III protecteur du Pape et du Vatican.

 

9 - Moïse non reconnu…!

vidéo - 3 mn 04 : "Là, il y a un écrit qui parle d'Égypte (…) On parle d'Égypte et de Dieu… enfin d'un Dieu, parce que ça a plutôt rapport avec Horus."

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réponse – comment ne pas reconnaître ici Moïse ? La sculpture date de 1806 et a pour auteur Jean Moitte (1746-1810) ; elle est sur l'aile Lemercier dans la cour Carrée. Moïse tenant les Tables de la Loi, reçues sur le Sinaï, n'est ni Dieu ni Horus. Il n'y a là aucun mystère, aucune allusion franc-maçonne ni "illuminati".

Le texte (cf. Ancien Testament, Exode, 20) est partiellement lisible : "Je suis (…) Seigneur, votre Dieu, qui vous a tiré de la terre d'Égypte, de la maison de servitude Vous n'aurez point d'autre Dieu (…)", etc.

Il existe d'autres évocations de Moïse dans la statuaire extérieure du Louvre, comme celle-ci due à Mme Bertaux et datant de 1878, sur l'aile de Marsan, cour du Carrousel.

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10 – 1806, et alors…?

vidéo - 3 mn 32 : "Là, il y a un texte difficile à décrypter et par-dessus il y a écrit 1806, c'est quand même relativement étrange."

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réponse – Cette inscription se trouve sur la sculpture de Jean Moitte (1806) intitulée "La Loi. Thucydide et d’Hérodote". L'allégorie de la Loi écrit : "Napoléon le Grand" mais cette formule a été effacée en 1815 et le geste iconoclaste a gravé "1806", date de réalisation de l'œuvre. Aucune étrangeté, là encore.

 

11 - Femme d'Horus…?

vidéo - 3 mn 48 : "Là, il y a la femme d'Horus qui porte la lumière, et à côté il y a deux symboles très très clairs."

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réponse – Et en quoi ces symboles sont-ils clairs…? En réalité, ce personnage est la représentation d'Isis, due à Jean Moitte en 1806. Elle est placée dans une série de législateurs : Moïse, Manco Capac (empire inca) et Numa (pour Rome). Isis, dans le mythe égyptien (ennéade osirienne), est la sœur et l'épouse d'Osiris qu'elle réussit à ressusciter et dont elle enfante d'un fils, Horus.
Ses attributs sont nombreux et diversifiés. Ici, elle porte sur sa tête le disque solaire et les cornes de la déesse Hathor (vache nourricière), surmonté d'une fleur de lotus (allusion aux marais du Delta où elle cache son nouveau-né). Dans sa main droite, elle tient un sistre, instrument sacré utilisé lors des cérémonies rituelles et pour se protéger des crues du Nil. Sur son épaule gauche, un faucon évoquant évidemment Horus, son fils. Dans sa main gauche, encore une fleur de lotus. Les seins nus (Isis lactans) renvoient à sa fonction maternelle allaitant Horus enfant.

Isis législatrice ? Le rapport avec la mythologie de l'ancienne Égypte n'est pas évident. D'ailleurs, avant de sculpter Isis sur cette lignée de législateurs, il avait été question d'y placer un pharaon.

Le thème d'Isis législatrice apparaît tardivement dans l'Antiquité ("tu as donné des lois"), à l'époque grecque puis romaine. Isis est alors pourvue de multiples pouvoirs "elle est déesse souveraine, solaire, démiurge, maîtresse des éléments, législatrice, inventrice de bienfaits nombreux pour les hommes (écriture, langues, temples, mystères), déesse des femmes et incarnation de la fonction maternelle, protectrice des naissances, des récoltes, maîtresse du destin" (cf. article de Laurent Bricault, "La diffusion isiaque : une esquisse" (Stuttgart, 2004).

Il est vrai que les francs-maçons, aussi, considèrent Isis comme la "Mère universelle législatrice et rédemptrice", mais ils ne sont pas les seuls…!

 

12 - Qui est Manco Capac…?

vidéo - 3 mn 56 : "Là, nous avons Horus qui, lui aussi, porte la lumière, et main gauche (de son côté), il porte un ange… étrange hein, avec un symbole maçonnique."

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réponse – Il suffit simplement de chercher le titre de la sculpture pour s'apercevoir que le commentateur de la vidéo accumule ignorance sur contre-sens. Ici, il s'agit d'un personnage de l'univers inca : "Manco Capac", œuvre de Jean Moitte, en 1806.

Historique ou mythique ? L'existence de Manco Capac est incertaine. Il apparaît comme le fils du Soleil, fondateur de l'empire inca à Cuzco au Pérou et dispensateur des connaissances en matière d'agriculture et d'artisanat. D'où sa présence dans ce choix de "législateurs". L'astre rayonnant sur la tête de Manco Capac n'a rien de surprenant pour ce peuple adorateur du soleil. L'oiseau porté dans la main droite peut être un condor, vénéré chez les Incas. La figure humaine ailée reposant sur piédestal et supportée par la main gauche, est assez difficile à identifier. Mais on ne voit pas en quoi, ce serait un symbole maçonnique…

 

13 - Le Génie de la France

vidéo - 4 mn 11 : "Là, nous avons un ange, un ange en théorie n'a pas de sexe, mais là il a un sexe d'homme ; et tout autour de lui, il a sa cours. Normalement, le seul devant qui on doit se mettre à genoux, ce n’est pas un ange mais Dieu… en théorie, mais après cela regarde chacun. Moi, je vous donne mon interprétation."

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réponse - Interprétation fantaisiste, là encore. Il n'est pas question d'ange sur ce bas-relief mais d'une œuvre intitulée : "Le Génie de la France sous les traits de Napoléon, évoquant Minerve et les divinités de la Paix et de la Législation pour qu’elles succèdent à Mars et à l'appareil guerrier que la Victoire a rendu inutile". Son auteur est Claude Ramey et la sculpture date de 1811, en plein règne et à l'apogée de l'empire napoléonien.

L'empereur est représenté sous la forme d'un athlète grec, dans une nudité héroïque et classique. Mais ce n'est pas un ange. Les ailes n'évoquent que sa dimension allégorique (le "Génie de la France"). Donc, rien à voir avec un Dieu ni rien d'ésotérisme. Du symbolisme simplement.

 

14 - Armoiries royales et coq gaulois

vidéo - 4 mn 37 : "Là, nous avons un faucon ou un aigle, et tout autour un serpent. C'est très clair. Derrière, nous avons la lumière, toujours significative du porteur de lumière et non de la lumière elle-même. Et de chaque côté, il y a des anges. Je trouve cela étrange qu'il y ait ce serpent autour… Normalement, aucune représentation de Dieu ne doit être faite sur Terre car nul ne sait qui est Dieu, nul ne l'a vu. Voilà, c'est une représentation artistique."

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réponse - Propos totalement décousu qui n'explique rien du tout. Il n'est absolument pas question de représenter Dieu ici.

En réalité, ce fronton porte le titre suivant : "Un coq, entouré d’un serpent qui se mord la queue, est soutenu par des génies". Il est dû, au départ, à Guillaume II Coustou et date de 1759. Guillaume Coustou, fils (1716-1777), possédait un grand atelier de l'autre côté de la Colonnade du Louvre.
Il avait initialement sculpté les armoiries royales au centre du grand fronton du pavillon de Saint Germain-l’Auxerrois, côté cour carrée, comme on peut le vérifier dans le "Carnet d’attachement pour la sculpture de la Cour Carrée, 1757-1758" (plume, encre noire et encre rouge, Paris, Centre historique des Archives nationales). Les armoiries royales ceinturées des rayons du soleil étaient supportées par deux anges tenant une guirlande et portés par des nuages.

Mais le symbole central fut détruit à la Révolution et remplacé par un coq gaulois et les anges transformés en génies. Le serpent qui se mord la queue (ouroboros, en grec), est une très ancienne image du monde, du cycle perpétuel de la nature renaissante. Dans le Moyen Âge chrétien, le cercle renvoie au céleste, à la perfection. Il peut être figuré par un serpent arrondi et formant un anneau (cf. Marie-Madeleine Davy, Initiation à la symbolique romane, XIIe siècle, éd. 1977).

Le serpent offre évidemment de multiples significations selon les registres mythologiques. En tout cas, il n'est pas réductible à un ésotérisme illuminati.

 

15 - Le compas

vidéo - 5 mn 13 : "Là, nous avons un personnage qui a un compas dans la main. J'aimerais savoir réellement ce que représente un compas pour la franc-maçonnerie… Il y a en ce moment une publicité qui passe avec un gros compas, énorme, qui fait peur… Voilà, tout ça est quand même très étrange, très mystérieux."

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réponse - C'est mystérieux seulement pour celui qui se contente de préjugés et ne cherche pas à se renseigner sérieusement.

Le titre de cette composition est : "Minerve accompagnée des Sciences et des Arts". Elle est due à Jacques Lesueur et date de 1811. Le compas n'est pas réservé au symbolisme maçonnique. Il est l'un des instruments d'Uranie, muse de la mythologie grecque de l'astronomie, grâce auquel elle mesure le globe terrestre. Elle est presque toujours représentée avec ces deux attributs.
Le compas est utilisé par les mathématiciens grecs de l'Antiquité. Son invention était attribuée à Talos, neveu de Dédale. L'architecte romain Vitruve, au Ier siècle avant notre ère, emploie trente fois le terme "circinus" avec le sens très précis de compas dans son "De architectura". Au Moyen Âge, le compas est l'instrument du maître de chantier. À l'époque de la Renaissance, le compas est mis en valeur par la réception des "Éléments" d'Euclide. Une recherche plus précise permet de multiplier les allusions multiples au compas comme signe de savoir.

Dans la franc-maçonnerie, le compas est la plupart du temps associé à l'équerre, ce qui n'est pas le cas sur ce fronton du Louvre qui n'a donc rien d'étrange.

 

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16 - Un palais n'est pas une église ni une mosquée

vidéo - 5 mn 42 [discours sans aucun rapport avec les images montrées] : "Les catholiques, c'est clair. Vous pouvez aller à la messe, vous pouvez voir les choses, c'est clair. Il n'y a rien de secret, rien de caché. Vous allez dans une mosquée, c'est ouvert, pareil, rien n'est caché, tout est clair. Il n'y a pas de choses étranges, de trucs mystiques. Pareil, chez les juifs, c'est la même chose, rien de caché, pas de secret. À côté de ça, la franc-maçonnerie, c'est tout un tas de petites choses cachées, étranges, bizarres. J'aimerais qu'un franc-maçon m'explique sa vision du monde et pourquoi ils rendent tout mystérieux, ils veulent pas dire la vérité. Qu'est-ce qu'ils ont à cacher, hormis le fait qu'il y a une part d'élite, les 33e degrés qui font des choses un peu étranges. Ça fait pas très sain, ça fait peur. C'est peut-être voulu après tout."

réponse - Mais quel rapport entre le Louvre et une église ou une mosquée…? Aucun. Le Louvre est une ancienne demeure royale, du Moyen Âge jusqu'au XVIIe siècle. Il n'a pas de fonction religieuse. La richesse de sa décoration est l'expression de l'apparat dont s'entoure le monarque qui montre sa magnificence et sa puissance, son goût pour les arts également. La statuaire extérieure, pour l'essentiel, date des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Elle porte donc la marque des conceptions artistiques de l'époque. Notamment l'empreinte de la mythologie et de l'art grec de l'Antiquité. Il faut apprendre à connaître ces oeuvres, à les décrypter. Et ne pas leur attribuer, arbitrairement, des significations qu'elles n'ont pas.

La franc-maçonnerie appartient aux "sociétés" fondées sur une initiation à un ésotérisme, c'est-à-dire une vision du monde réservée à des individus qui ont accompli un cheminement spirituel.

Chez, les chrétiens on appelle ça l'hermétisme ou la théosophie, chez les musulmans on parle du soufisme (tasawûf), chez les juifs on évoque la Kabbale. Cela existe donc déjà dans les religions. En islam, on dirait que Dieu se manifeste par le zâhir (l'exotérique) et par le bâtin (l'ésotérisme). L'ésotérisme est une explication du monde au second degré, souvent difficile d'accès pour les exotériques. C'est la distinction entre la sharî‘a (voie large) et la tarîqa (voie étroite). La voie soufie rassemble l'élite spirituelle (al-khâssa) qui se distingue des autres croyants (al-‘âmma). Ces derniers ne connaîtront Dieu que dans l'Au-delà alors que les soufis cherchent à connaître Dieu dans ce monde.

Les francs-maçons ne "rendent pas tout mystérieux". La réalité (al-haqq, en arabe) est en partie mystérieuse et les symboles sont un langage qui permet d'accéder à cette réalité.

L'ordre symbolique est aussi étudié par l'anthropologie, par exemple chez Lévi-Strauss.

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17 - La main de Justice et Napoléon III, au pavillon Denon

vidéo - 6 mn 50 [reprise du discours sur les sculptures] : "Là, vous avez la symbolique. La base, c'est nous, l'humanité en bas, au centre vous avez une fenêtre. Et tout au-dessus, vous avez l'élite, avec toujours le porteur de lumière, du côté gauche, et au centre un personnage qui porte un flambeau avec un main, et cette main elle fait un signe, un signe très probablement franc-maçon. Je ne donnerai pas mon analyse sur ce signe là car je ne suis pas de la franc-maçonnerie ; mais peut-être qu'un franc-maçon pourrait me dire : trois doigts levés et la main fermée. Expliquez-moi ce que ça veut dire. Là, nous avons un flambeau avec des serpents. Là aussi, j'aimerais avoir des explications, hormis le fait qu'on connaît un peu l'histoire, l'origine de la Bible, du Coran. On connaît un peu cette histoire avec le serpent de la Genèse. Moi j'aimerais avoir des explications. Trois doigts levés et le reste fermé, les deux doigts. Qu'est-ce que ça veut dire ce signe ? Il y a tellement de signes dans la franc-maçonnerie. C'est vraiment obscur, étrange".

 

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le pavillon Denon

réponse – Une fois encore, le commentaire de ces sculptures prouve l'ignorance du commentateur. Quand il dit qu'il y a l'humanité en bas et l'élite au-dessus, il montre qu'il ne connaît strictement rien à l'histoire de l'architecture. Le motif des cariatides, qu'il assimile à "l'humanité", sont des statues de femmes soutenant un entablement et un fronton en lieu et place de colonnes. C'est très ancien. Les plus célèbres sont celles de l'Érechtion sur l'Acropole à Athènes, sur lesquelles le sculpteur du Louvre, Jean Goujon a pris exemple. Elles ne représentent pas "l'humanité" en général, ou alors celle-ci aurait exclut les hommes…! Par ailleurs, sur les quatre couples de cariatides, deux ne soutiennent que l'entablement, sans aucune scène figurée au-dessus…

 

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La scène est intitulée par son auteur, le sculpteur Pierre Simart (1806-1857), "Napoléon III entouré de la paix et des arts" et date de 1857. Nous sommes alors sous le Second Empire. Simart avait déjà reçu plusieurs commandes publiques, c'est lui qui avait travaillé au tombeau de Napoléon 1er aux Invalides.

Voici la description de cette image sur le site consacré à la statuaire extérieure du Louvre :

"Le pavillon Denon (du nom du premier directeur du musée du Louvre) est entièrement centré sur la mise à l’honneur de Napoléon III. Le fronton représente Napoléon III entouré de la paix et des arts (ou L'empereur fort de ses destinées et de l'appui que lui donne la reconnaissance des français pour les bienfaits de Napoléon 1er, clôt l'ère des révolutions et des discordes civiles), oeuvre néoclassique de Pierre Simart. Il s’agit de l’unique représentation de l’empereur dans le cadre du Louvre d’aujourd’hui (le Napoléon III à cheval d’Antoine Barye pour les guichets Lesdiguières fut enlevé en 1870)." (source : http://louvre.sculpturederue.fr/page272.html).

Alors, que représente cette main qualifiée "d'obscure et d'étrange" par notre commentateur ignorant ?

 

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La main de Justice n'est pas un signe franc-maçon. C'est l'un des symboles de la monarchie française qui date au moins du XIIIe siècle. Il s'agit d'un bâton de bois ou d'or surmonté d'une main d'ivoire avec trois doigts ouverts, renvoyant à la Trinité chrétienne, en principe tenue par la main gauche du souverain. Cet insigne désigne le pouvoir royal comme détenteur du droit de justice d'origine religieuse.

Selon certains, les doigts de la main ont également, pour chacun d'eux, un sens symbolique : le pouce représenterait Dieu, l'index la Raison, le majeur la Charité ; les deux autres repliés, la Foi et la Pénitence. Mais cette distribution symbolique n'a pas de source identifiée. Elle ne figure pas dans le célèbre ouvrage de Cesare Ripa (1593), L'iconologia qui est un "recueil de personnifications allégoriques de vertus, de vices, de tempéraments, de passions, qui met à contribution la littérature ancienne sur les hiéroglyphes, la physiognomonie, les emblèmes, le symbolisme des couleurs, les bestiaires et les encyclopédies du Moyen Âge"("Encyclopaedia Universalis").

La dimension religieuse et monarchique de cet insigne est cependant évidente. Et la main de Justice n'est absolument pas un signe franc-maçon.

 

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la force

 

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l'ordre

Plus bas, sur l'édifice, un fronton inférieur est encadré de deux groupes représentant la Force et l’Ordre, œuvre d’Antoine Barye (en vis-à-vis de la Paix et la Guerre, toujours de Barye, du pavillon Richelieu), qui assoient encore l’image de la puissance de l’empereur Napoléon III. Cette position sur l'édifice prouve que l'ordonnancement vertical n'est pas une hiérarchie de valeur qui placerait "l'humanité" sous "l'élite", puisque les allégories de la Force et de l'Ordre sont intégrées plus bas que les cariatides censées représenter "l'humanité" selon le commentaire fantaisiste de la vidéo.

Quand le commentateur croit reconnaître un "flambeau avec des serpents", il ignore, une fois encore, ce qu'est le caducée qui n'a rien à voir avec un serpent.

 

18 – Le globe terrestre

vidéo - 8 mn 02 : "Là, nous avons un beau globe avec écrit Afrique, Australie.. étrange ça aussi… Comme par hasard, en plus, on entend parler de nouvel ordre mondial, de mondialisation… On dirait que c'était déjà prévu, depuis tellement longtemps. Tout ça, c'est quand même clair, c'est quand même visible. Mais c'est vrai qu'à l'époque, on n'avait pas de jumelles… c'est très haut, il faut vraiment lever les yeux pour voir toutes ces petites choses très intéressantes autour du Louvre. Allez-y ! Ça vaut vraiment la peine. Analysez, voilà… laissez libre cours à votre pensée personnelle. Voilà, voilà… L'obscurité, l'obscurité… Moi, c'est ma pensée, mon envie de m'exprimer là-dessus. Je trouve tout ça bien obscur, bien étrange. Par contre, le musée du Louvre est très beau, très intéressant."

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Réponse – Discours d'une indigence rare…! Voir dans toute représentation de la sphère terrestre la préfiguration du "Nouvel ordre mondial" est une pure idée paranoïaque et anachronique.

Que les francs-maçons soient attachés à la symbolique de la sphère comme celle de l'universalité, ne fait que les inscrire dans une très ancienne lignée du savoir et de l'imaginaire humain en général.

La sphéricité de la Terre est connue des Grecs anciens depuis Pythagore, Parménide, Platon ou Aristote. En Égypte, le grec Ératosthène, qui dirigeait la bibliothèque d'Alexandrie au IIIe siècle avant notre ère, donna la première estimation du rayon du globe dont la mesure est à peu près exacte…! Le savoir islamique maîtrisait cette conception à l'époque de l'âge d'or de son astronomie entre les IXe et XIIe siècles.

La tradition chrétienne monarchique utilisait la sphère, concrétisation de l'orbis terrarum (disque terrestre qu'entoure le fleuve Océan et non conscience de la rotondité de la Terre), comme illustration du pouvoir sur le monde. Charlemagne a été représenté tenant dans sa main le globe surmonté d'une croix. Il est difficile d'anticiper dans cette imagerie les tentatives de "nouvel ordre mondial" du capitalisme globalisé de la fin du XXe siècle.

Imaginer que "toutes ces petites choses très intéressantes", repérées par le commentateur de la vidéo, ne sont pas forcément visibles à l'œil nu, c'est oublier que ces œuvres étaient commandées, discutées puis fabriquées dans des ateliers avec un maître sculpteur et ses aides. Au XIXe siècle, l'État a fait travailler des centaines de sculpteurs et de sculpteurs ornemanistes. Il n'y avait pas d'officines obscures où auraient été conçues secrètement cette dispersion des signes ésotériques…

Par ailleurs, le commentateur multiplie les contradictions, parfois à quelques phrases d'intervalle… Ainsi : "Tout ça, c'est quand même clair", et plus loin : " Je trouve tout ça bien obscur"… Il faudrait trancher !

Et quand on appelle à "… laisser libre cours à votre pensée personnelle", on pêche par défaut de méthode intellectuelle. Analyser, c'est d'abord éviter l'anachronisme et l'arbitraire du jugement, en recherchant le sens que ces œuvres et ces symboles avaient pour ceux qui les ont réalisés selon les modes artistiques de l'époque, les conditions sociales de leur travail, leurs préférences personnelles. Prétendre décoder un signe franc-maçon dans tout compas ou toute allusion à la lumière est une grosse bêtise. C'est tout.

La sculpture évoquée ici est intitulée "L'Art et la Science", œuvre de François Jouffroy en 1857. Placée au fronton du pavillon Mollien, côté cour Napoléon, elle représente diverses expressions de la culture : théâtre grec ancien, musique, palette de peintre, livre de géométrie…
Que cette apologie du savoir et des compétences artistiques soit disposée autour d'un globe terrestre dont on montre les régions qu'on ambitionne de voir atteinte par cette culture, est le signe que celle-ci se pense comme universelle. Et il faut bien reconnaître que la culture produite de la Grèce jusqu'à l'Occident européen au XIXe siècle, a sans conteste élevé le niveau général de l'humanisme universel, de la dignité entre les êtres et de la compétence scientifique. C'est ce qu'on l'on croit fermement au XIXe siècle. Même si la domination occidentale a aussi exporté autre chose de moins glorieux.

 

 

19 – Quel homme-Dieu…?

vidéo - 9 mn 06 : "Alors là, c'est quand même significatif de l'Égypte ancienne. Nous avons le bateau, avec un homme-Dieu, on va dire ça… parce que c'est un peu la représentation de ce que veulent devenir certains êtres humains. Au centre de ce bateau, il y a un côté divin, et autour vous avez toujours… Côté gauche, vous avez un ange encore porteur de ces deux serpents. C'est quand même très étrange, hein… Faut quand même savoir… Lisez la Bible, lisez le Coran, c'est valable, ça vaut vraiment le coup."

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réponse – Encore un contre-sens…! Ce fronton du pavillon Turgot, dans la cour Napoléon, représente "l'Abondance", œuvre d'Eugène Guillaume (1822-1905) en 1857, d'après un dessin d'Édouard Baldus (1813-1889). C'est une allégorie, et non un "homme-Dieu" (mais où va-t-il chercher cela…?) sous forme d'un buste de femme coiffée d'un casque. Peut-être s'agit-il d'Athéna-Minerve (semi-cuirasse, ou égide, sur la poitrine, boucliers protecteurs sur les côtés) ? La vigilance de la déesse étant, en effet, source de sécurité et de paix qui garantissent l'abondance. Les rameaux d'olivier, sur le côté droit de l'allégorie, évoquant "Minerva Pacifera".

Athéna-Minerve sur un bateau n'a rien d'étonnant. Ce n'est pas la barque de la religion égyptienne qui fait passer les trépassés au royaume des morts, mais plus vraisemblablement le navire qu'elle construisit pour mener Jason et les Argonautes en Colchide à la recherche de la Toison d'Or. Et le vaisseau renvoie de toute façon à la puissance des échanges commerciaux.

Deux allégories secondaires entourent la principale. À sa droite, l'une porte un caducée qui n'est autre que le célèbre attribut d'Hermès, dieu du commerce, tout à fait à propos sur une telle fresque. Dans son autre main, elle tient une corne d'abondance. L'autre figure présente aussi une corne d'abondance mais on distingue mal ce qu'elle tient dans sa main gauche.

Comme il ne saurait y avoir d'abondance sans loi ni justice, deux petits génies montrent, l'un une main de justice, et l'autre une table de loi. Une fois encore, rien d'étrange dans cette composition. Sauf pour les esprits non informés qui prennent leurs préjugés pour des réalités.

Pour la curiosité, il existe, sur un autre fronton, une sculpture de même configuration mais sans titre particulier et d'allure plus martiale. Elle est due à Théodore Gruyère en 1868.

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Conclusion – Ne s'improvise pas commentateur qui veut. Le décodage de la symbolique artistique d'œuvres s'étalant sur au moins trois siècles exige un minimum de connaissances préalables, d'investigation rigoureuse, de souci historique. Le commentateur de cette vidéo n'y a pas souscrit.

Il est parti avec l'idée que les francs-maçons, les "illuminati", disposaient d'un pouvoir de parasitage des productions artistiques visibles au musée (ancien palais royal) du Louvre. Comme si ce groupe, dirigeant secrètement la société, avait besoin de parsemer de ses symboles occultes l'imaginaire du peuple. Cette hypothèse est absurde. Si une instance toute puissante exerçait réellement un tel pouvoir sur les destinées du monde, pourquoi aurait-elle recours à ces subterfuges ?

Mais, surtout, le décodage proposé s'avère totalement erroné. C'est une imposture intellectuelle sans excuse. Elle méprise le savoir immense accumulé par tous les esprits rigoureux qui ont inventorié les manifestations symboliques de l'esprit humain dans cet espace culturel remontant à l'Antiquité gréco-romaine. L'auteur se croit lucide parce qu'il postule une réalité secrète dont il percevrait les émanations cabalistiques. Mais il oublie le b-a ba de la méthode critique : vérifier les informations, les croiser, identifier les généalogies symboliques réelles, aller chercher le savoir à sa source authentique et non supposée.

Le Louvre n'est pas le repère de messages subliminaux délivrés par la franc-maçonnerie, contrairement à ce que prétend cette vidéo. C'est le dépositaire d'œuvres artistiques dont la symbolique exige un peu plus que le "libre cours laissé à la pensée personnelle". Il faut des connaissances solides et vérifiées avant de tenter des interprétations aléatoires et/ou défaillantes.

Michel Renard
Professeur d'histoire

 

Source iconographique principale : http://louvre.sculpturederue.fr/index.html

- visite d'un temple maçonnique : le Grand Orient de France  : http://www.liberation.fr/culture/06014785-la-face-cachee-des-francs-macons?xtor=EPR-450206 (un peu rapide...)

 

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6 avril 2011

Arte : documentaire sur le génocide des arméniens

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génocide Arménien par les Turcs

 


La chaine Arte va diffuser un documentaire sur le génocide des arméniens, mercredi 20 avril à 20 h 40.

En arménien, le mot Aghet signifie catastrophe. Cette catastrophe, c’est celle du massacre d’un million et demi d’Arméniens entre 1915 et 1918, dans l’empire ottoman. Mais la Turquie d’aujourd’hui refuse toujours de reconnaître sa responsabilité dans ce que les historiens sont presque unanimes à qualifier de génocide. Le président turc Erdogan déclare avoir encore besoin de preuves.

Et même si l'on commence, timidement, à oser aborder publiquement le sujet dans le pays, ceux qui s’opposent à la version officielle risquent gros. Après l'assassinat, début 2007, du journaliste turc arménien Hrant Dink, c'est le Prix Nobel de littérature Orhan Pahmuk qui a été traîné en justice.

Le documentariste Eric Friedler enquête depuis plusieurs années sur les motifs politiques qui poussent encore des gouvernements et des individus à nier ce génocide. Il a beaucoup voyagé pour interviewer des intellectuels turcs, l’ancien ministre arménien des Affaires étrangères Raffi Hovannisian, le député français Patrick Devedjian, le boxeur Arthur Abraham et d’autres représentants de la diaspora arménienne en Allemagne, en France, en Syrie et aux États-Unis.

Il a également épluché les archives diplomatiques allemandes et américaines. Les différentes sources consultées lui permettent de faire la chronique impitoyable du drame arménien et d’en suivre la chronologie. Pour donner corps à son film, il insère les témoignages vécus de médecins, d’enseignants, de missionnaires, de correspondants de presse et d’infirmières qui se trouvaient en Turquie à l’époque. Leur voix retentit grâce à quelques uns des meilleurs acteurs allemands actuels comme Hanns Zischler, Martina Gedeck et Burghart Klaussner.

correspondant



http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/Aghet--1915-le-genocide-armenien/3813028,CmC=3818692.html

- dossier Arménie sur ce blog

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29 août 2009

classes de M. Renard : 2009-2010

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ancien hospice de la Vieille Charité à Marseille ; aujourd'hui musée et université :
cette dédicace me convient parfaitement



pages des classes de M. Renard :

2009-2010


- 2e 2

- 2° 5

- 1e STG

- 1e S2

- 1 ES


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la mer à Marseille, vue de la Corniche ; au fond les îles du Frioul avec
le château d'If
évoqué par Alexandre Dumas dans Le Comte de Monte-Cristo


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9 décembre 2007

Robert Desnos : «Demain… »

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Robert Desnos : «Demain… »


Robert Desnos naît le 4 juillet 1900, à Paris. Entre 1918 et 1920, il découvre le mouvement Dada et est présenté à André Breton. Il commence à publier et se lance dans toutes sortes d'expérimentation sur le langage. En 1922-1923, il devient un membre actif du groupe surréaliste. Il travaille comme journaliste d'abord à Paris-Soir (1925-1926), puis à Le Soir (1926-1929), à Paris-Matinal (1927-1928) et au « Merle ». Passionné de cinéma, il publie des chroniques cinématographiques dans divers journaux.

En 1927, lorsque le groupe surréaliste se rapproche du Parti Communiste, Desnos s'éloigne et rompt en 1929. Ses amours se partagent entre Yvonne George, chanteuse de music-hall des années 20 et Youki Foujita avec laquelle il vit à partir de la fin des années 20. En 1934, il adhère au Comité de vigilance des Intellectuels antifascistes et à l'Association des Écrivains et Artistes Révolutionnaires (A.E.A.R.). Il abandonne son pacifisme pour l'action antinazie. Il part se battre dans l'armée française en 1939-40 : «J'ai décidé de retirer de la guerre tout le bonheur qu'elle peut me donner : la preuve de la santé, de la jeunesse et l'inestimable satisfaction d'emmerder Hitler» (Lettre du 20 janvier 1940 à Youki.

Il continue d'être journaliste (à Aujoud'hui) sous l'occupation et ce travail lui permet de couvrir ses fonctions dans le réseau de résistance AGIR auquel il appartient à partir de juillet 1942 : son rôle consiste d'un part à fournir des informations à la presse clandestine et d'autre part à rédiger et fabriquer des pièces pouvant aider des membres du réseau et des Juifs. En même temps, il participe à diverses publications clandestines.

Robert Desnos est arrêté un matin, le 22 février 1944 par la Gestapo. Il est d'abord emprisonné à Fresnes, puis interné dans le camp de Compiègne du 20 mars au 27 avril 1944. Il fait partie d'un convoi de 1 700 hommes qui arrive à Auschwitz le 30 avril 1944. Il est ensuite déporté vers le camp de Buchenwald (12 au 14 mai 1944), puis sera déplacé vers Flossenbürg le 25 mai, puis vers le kommando de Flöha, en Saxe (usine Messerschmitt). Le 14 avril 1945 sous la pression des armées alliées, le kommando de Flöha est évacué. Le 15 avril, 57 d'entre eux sont fusillés. Vers la fin du mois d'avril la colonne est scindée en deux groupes : les plus épuisées - dont Desnos - sont acheminés jusqu'à Térézin (Theresienstadt), en Tchécoslovaquie. Il y meurt du typhus le 8 juin 1945.


Âgé de cent-mille ans, j'aurais encore la force

De t'attendre, o demain pressenti par l'espoir.

Le temps, vieillard souffrant de multiples entorses,

Peut gémir : neuf est le matin, neuf est le soir.

Mais depuis trop de mois nous vivons à la veille,

Nous veillons, nous gardons la lumière et le feu,

Nous parlons à voix basse et nous tendons l'oreille

À maint bruit vite éteint et perdu comme au jeu.

Or, du fond de la nuit, nous témoignons encore

De la splendeur du jour et de tous ses présents.

Si nous ne dormons pas c'est pour guetter l'aurore

Qui prouvera qu'enfin nous vivons au présent.

                                                                                   État de veille, 1942


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24 octobre 2007

Histoire du lycée Claude Lebois et anciens élèves

27 juin 2009

bac 2009 : Histoire-Géographie 2009

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l'histoire et la géographie

au Bac 2009



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la façade atlantique des États-Unis

 

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source

1) la façade atlantique des Etats-Unis

Introduction : La façade atlantique des Etats-Unis s’étire du Maine au Nord, au Golfe du Mexique, au Sud (voir carte). Elle comprend les Grands Lacs et est composée de deux ensembles parallèles ; le littoral fortement urbanisé, et l’arrière pays, où les villes sont les relais de celles du littoral.

Comment caractériser cette façade maritime ? Est-elle l’une des grandes façades du monde ?

Nous verrons dans un premier temps quels sont les atouts du développement de cette façade. Puis, nous nous interrogerons sur le poids de cette façade. Enfin, nous nous concentrerons sur un des éléments moteurs de cette façade, la Megalopolis.

A - Une façade ouverte sur l’Europe, riche en ressources

La façade atlantique est davantage ouverte sur l’océan et donc l’Europe que sur l’arrière pays. En effet, au Nord, les Appalaches forment une barrière rocheuse ; au Sud, le Mississipi et son delta forment des obstacles difficiles à franchir.

Historiquement, c’est à partir de cette façade maritime que les Européens, à partir de la fin du XVe siècle, ont exploré et conquis l’espace américain.

Cette façade possède d’importantes ressources naturelles.

Faune : Les côtes sont riches : au Nord, baleine et morue autrefois, homard aujourd’hui. Au Sud, la pollution des estuaires est un handicap à la pêche.

Hydrocarbures : au Sud de la façade maritime, le golfe du Mexique est l’une des régions majeures productrices d’hydrocarbures notamment avec l’exploitation des gisements off-shore (25% de la production nationale)/


B-  Une interface entre les États-Unis et le monde

On distingue quatre ensembles :

- Les grandes portes océaniques ouvertes sur l’Océan atlantique et sur le monde ; elles sont constituées de ports importants bien reliés à l’arrière pays par les voies de communication terrestres ou aériennes : Megalopolis, Chicago, Nouvelle Orléans, Houston, Miami.

- Les littoraux spécialisés : tourisme en Floride, hydrocarbures au Texas.

- Les espaces transfrontaliers que le libre échange dans le cadre de l’ALENA renforce : le long du Rio Grande (Mexique), la région des Grands Lacs (Canada) que l’on appelle «Main Street America» ou la «grande rue de l’Amérique» qui s’étire de Chicago à Québec.

- L’arrière pays qui s’organise autour de métropoles-relais : Atlanta pour le Sud-Est, Dallas pour le Sud-Ouest.

source : université de Provence

 

2) la façade atlantique de l'Amérique du nord : beaucoup d'informations et de croquis

1 - Qu'est-ce qu'une façade littorale ? (Yves Guiet)

2 - Francis Monthé  a réalisé plusieurs croquis :
                un premier d'après le croquis de M Dorel

                un second, sur organisation et dynamiques spatiales
 (2 versions, une version allégée au fomat gif , une originale en pdf - 1,4 Mo -)

3 - Le travail de Pierrick Gaucher : Le croquis - La légende    - Légende, autre version

4 - Olivier Quéruel, prof au lycée de Vire, a conçu un modèle graphique sur cet espace

5 - Une animation conçue par Jacques Muniga :
     http://perso.wanadoo.fr/croquis.geo.sdlv/Croquis/Amerique_du_Nord_SDLV.htm
-
           (en copie d'écran, le croquis proposé et sa légende )

6 - Sur le site d'Anne Philippon, Joelle Salazar propose un croquis et sa légende

7 - La carte de  Lise-Marie Couronne
     (Manuel Hatier, p 135, dir Annette Ciattoni, coord Gérard Rigou)
          reproduite avec l'aimable autorisation des éditions Hatier.

8 - 2 propositions de Vincent Capdepuy

- Deux autres propositions sur le site des historiens & Géographes de Versailles
                         (avec leur accord) :
   . Le croquis d'Anne-Marie Destefanis
           (également à partir du croquis de G Dorel)

   . Deux réalisations de Claude Robinot (Lycée GSH, Etampes) :
           le schéma      -   le croquis de synthèse

Ces mêmes réalisations, sur le site de Versailles

- Ces croquis sont à comparer avec un exemple de la géographie régionale enseignée en 1965,
le croquis sur le Sud-Est des EU (Nathan p 181)

source : Daniel Letouzey

 

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notes et croquis divers

1) l'organisation spatiale de la façade atlantique

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source



2) la façade atlantique de l'Amérique du nord

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source

http://lewebpedagogique.com/geographie/pour-faire-le-point-sur-les-etats-unis/


3) la façade atlantique des États-Unis

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source

 

4) L'organisation spatiale de la façade atlantique de l'Amérique du nord

Les mots clés et sigles à connaître impérativement

Arrière pays  - cabotage - Cartier - Cortès - conurbation -façade littorale - fall line - fond d'estuaire - frontière - gentrification - Hinterland - hurricane - interface - Ligne Mason-Dixon - "Main street"- Maquiladoras - Mégalopolis - mexamerique - mégalopole - MIT - piers - pont transcontinental - poultry Belt - produits pondéreux - Range - Rust belt - Seaway - synapse Snowbirds - technopole - "Twin-city" -
"ville-mondiale" -

Une façade est un espace littoral, interface entre un arrière-pays continental et un avant pays océanique, auxquels il est relié par des réseaux de communication denses et variés. C'est àl a fois un espace d'échanges et de production dont les activités ont pu entraîner un phénomène de littoralisation (concentration démographique, portuaire et urbaine.)

La façade atlantique s'étend du Saint Laurent au golfe du Mexique inclus et associe les trois pays de l'ALENA.

En quoi peut-on dire que la façade atlantique est une aire de puissance ?

source : blog de Carl, lycée Dessaignes de Blois



5) carte façade atlantique

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source : hg-le-perroquet

 

 

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correction

Pistes de correction du bac Histoire-Géographie 2009 (majeure géographie série S)

Proposées par Louis Brun, professeur d'histoire-géographie au  lycée Jacob Holtzer de Firminy
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30 mai 2009

Serment du Jeu de Paume (J.-L. David)

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le Serment du Jeu de Paume

analyse du tableau de David (1791)

 

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Quatorze études pour le Serment du Jeu de Paume

Jacques-Louis DAVID (Paris 1748 - Bruxelles 1825)

Plume et encre noire, lavis gris, sur traits de crayon (excepté pour l’étude d’homme en haut à gauche, exécutée à la mine de plomb) sur papier crème, 0,490 x 0,600 m
Annotations au crayon de la main de David, en haut à gauche :
Martin d’Auch, au centre : ceux qui arrivent peuvent / encore avoir leurs chapeaux sur la tête / par distraction, à droite : arrivés donc arrivés donc. Le long du bord droit, essais de plume et de teintes de gris.
Mise au carreau partielle à l’extrême droite de la rangée médiane.
Pièce de papier irrégulièrement découpée collée en plein à droite du premier groupe, à gauche sur la rangée médiane.

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le Serment du Jeu de Paume

L'événement entré dans l'histoire sous le nom de "Serment du Jeu de Paume" a eu lieu le 20 juin 1789. Une année plus tard, en septembre 1790, le Club des Jacobins (Dubois-Crancé) a commandé au peintre Jacques-Louis David (1748-1825) un tableau célébrant cet épisode de la révolution. Il était destiné à être exposé dans l'Assemblée nationale. Sous forme de croquis et dessins, l'oeuvre fut exécutée entre septembre 1790 et septembre 1791.

L'idée centrale était de faire passer le message unitaire du Serment, réaffirmé par celui de la Fête de la Fédération (14 juillet 1790) : l'unité des patriotes, de la révolution. Or, en septembre-octobre 1791, cette unité est brisée et le tableau commémore donc une période finie de la révolution. Mais David voulut la proclamer à nouveau et maintenir l'idéal des Jacobins.
Par ailleurs, le tableau n'est pas une reconstitution exacte de la réalité. David y a introduit des absents.

M. Renard

 

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identification des personnages du tableau de David,

Le Serment du Jeu de Paume

 

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identification nominale de 35 personnages du tableau de David,
Le Serment du Jeu de paume (Michel Renard)

1 - Bailly, lit le serment, astronome (1736-1793)

2 - Target, a rédigé le serment, avocat (1733-1806)

3 - Siyès, abbé, grand vicaire de l'évêque de Chartres (1748-1836)

4 - Pétion (1756-1794)

5 - Robespierre (1756-1794)

6 - Merlin de Douai (1754-1838), s'appuie sur l'épaule de Pétion

7 - Dubois-Crancé

8 - le Père Gérard (Michel Gérard, dit), vêtu comme un paysan breton et les mains jointes (1735-1815)

9 - Mirabeau (1749-1791)

10 - Barnave, député du Dauphiné (1761-1793)

11 - Martin d'Auch, député de Catelnaudary, le seul qui ne prête pas serment (1741-1801)

12 - Dom Gerle, bénédictin, prieur de la Chartreuse du Port Sainte-Marie, jacobin (1736-1801) ; mais il était absent

13 - l'Abbé Grégoire, curé d'Embermesnil, député de Nancy (1750-1831)

14 - Rabaut Saint-Étienne, pasteur protestant, député de Nîmes (1743-1793)

15 - Barère, député de Tarbes (1755-1841)

16 - Reubell, député de Colmar (1747-1807)

17 - Thibault, curé de Saint-Clair de Souppes, élu du clergé à Nemours (1747-1813)

18 - Le Chapelier, député de Rennes, l'un des fondateurs du "Club breton" (1754-1794)

19 - Le Goarze de Kervelegan, élu de Quimper (1748-1825)

20 - Lanjuinais, député de Rennes (1755-1827)

21 - Delaville-Leroux, élu de Lorient (1747-1803)

22 - Gleizen, élu de Rennes (1737-1801)

23 - Marat, écrivant L'Ami du Peuple (1743-1793) ; mais Marat n'était pas député et son journal ne parut qu'en septembre

24 - Maupetit, élu de Tours, présenté comme malade, allégorie de la vieillesse (1742-1831)

25 - un des deux sans-culottes, présents dans la salle ; celui-ci porte un bonnet phrygien ; il soutient Maupetit

26 - Muguet de Nanthou, député de Vesoul (1760-1808)

27 - Prieur de la Marne, élu de Châlons-sur-Marne, ami de David (1756-1827)

28 - Camus, élu de Paris, cherche à faire voter Martin d'Auch (1740-1804)

29 - Guilhermy, l'autre député de Castelnaudary, dissuade Camus de forcer le vote de Martin d'Auch (1761-1829)

30 - Jallet, Jacques, curé de Chérigné en Poitou (1732-1791)

31 - Lecèsve, René, curé de Sainte-Triaise de Poitiers (1733-1791)

32 - Ballard, David-Pierre, curé de Poiré-sur-Velluire (1728-1798)

33 - Malouet, député de Riom (1740-1814), fixe dans les yeux le député de Saint-Domingue, Gouy d'Arsy (1753-1794)

34 - Laborde de Méréville, riche financier, député du tiers à Étampes (1761-1802)

35 - Dupont de Nemours (1739-1817)

36 - le docteur Guillotin (1738-1814)

37 - Mounier, député du Dauphiné (1758-1806)

 

repérer Marat

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l'angle en haut à droite du tableau de David


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quelques identifications

 

quelques gros plans

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l'union des religieux

 

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Martin d'Auch

 

liens

- voir la belle animation avec identification de plusieurs prestataires du Serment : http://www.histoire-image.org/media/media.php?i=518

- le Serment du Jeu de paume, une oeuvre éminemment maçonnique

 

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analyse des images

La scène prend place dans la salle du Jeu de paume dont David dessina l’architecture in situ. Dans la composition d’ensemble connue par le grand et magnifique dessin de Versailles exposé au Salon de 1791, les députés sont regroupés au delà d’une ligne fictive comme sur la scène d’un théâtre, laissant ainsi au public l’illusion d’appartenir à l’autre moitié (invisible) des spectateurs de la scène.

Cette théâtralité est encore relevée par la gestuelle des députés prêtant serment. Sur la toile inachevée, la nudité suggérée sous les vêtements concourt encore à l’idéalisation de la scène à laquelle David n’assista pas, mais qu’il souhaita hisser au rang d’acte universel. Tous les regards convergent vers Bailly, maire de Paris, ébauché sur la toile au crayon blanc, comme l’ensemble des figures encore nues. C’est Bailly, doyen du tiers état, qui répond au marquis de Dreux-Brézé, émissaire du roi : «Je crois que la nation assemblée ne peut pas recevoir d’ordres.»

Sur ces dessins à l’anatomie parfaite, héroïque, sont esquissés les habits à la peinture grise, puis les corps sont à nouveau, toujours nus, remodelés à la peinture grise ombrée de bistre. Le grand fragment de la toile inachevée de David présente quatre portraits presque finis : Barnave, Michel Gérard, Dubois-Crancé et Mirabeau. Parmi les personnages ébauchés on distingue Robespierre, Dom Gerle, l’abbé Grégoire, Rabaut-Saint-Etienne, le docteur Guillotin et Treilhard.

Quant au grand dessin d’ensemble, même si plusieurs personnages, dont Bailly, y sont déjà reconnaissables, le livret du Salon de 1791 précisait curieusement que «l’Auteur n’a pas eu l’intention de donner la ressemblance aux membres de l’Assemblée». David n’en avait pas moins commencé à peindre quelques têtes

Robert Fohr et Pascal Torrès
source


Interprétation

David souhaite ici fonder une nouvelle peinture à l’image de la nouvelle France révolutionnaire : toile symbole s’il en est, Le Serment du Jeu de paume aurait dû rivaliser avec L’École d’Athènes d’un Raphaël tant par l’ampleur de la composition que par le souffle qui l’anime, par son théâtral dépouillement, sa pureté inspirée de l’antique, que par l’ordre et la clarté qui président à la distribution des personnages et à la rigueur de l’action. La notion même de serment, symbole de l’engagement de la nation dans son unité indestructible, sera au cœur de tous les grands engagements de la Révolution.

C’est l’idée de la fête unificatrice (comme celle de la Fédération) qui préside donc à l’exécution de ce chef-d’œuvre dont la destination, voulue par la Constituante, était la salle des séances de l’Assemblée. Le destin du Serment du Jeu de paume est à l’image de la mouvance révolutionnaire : la souscription lancée par les jacobins pour financer sa réalisation n’aboutit point.

La Constituante décida de financer l’œuvre de David aux frais du «Trésor Public», mais l’engagement progressif de l’artiste dans la Révolution et le fossé qui se creusa entre les modérés et les extrémistes rendirent caduque cette divinisation de l’unité nationale, et la toile ne fut jamais achevée. Elle reçut même, selon le témoignage de Vivant Denon, de nombreux coups de baïonnette lors de l’insurrection du 10 août 1792, alors qu’elle était entreposée dans la Grande Galerie du Louvre.

 

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La salle du Jeu de paume, à Versailles, le 20 juin 1789. 
Bailly, debout sur la table,
prête serment le premier.
Dessin de Prieur (Musée du Louvre).
 

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Sylvain Bailly (1736-1793), astronome, maire de Paris,
tenant le texte du Serment du Jeu de Paume
,
Jacques-Louis David (1748-1825) (d'après)

 

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texte du serment du 20 juin 1789

«L’Assemblée nationale, considérant qu’appelée à fixer la Constitution du royaume, opérer la régénération de l’ordre public et maintenir les vrais principes de la monarchie, rien ne peut empêcher qu’Elle ne continue ses délibérations dans quelque lieu qu’Elle soit forcée de s’établir, et qu’enfin, partout où ses membres sont réunis, là est l’Assemblée nationale ; Arrête que tous les membres de cette Assemblée prêteront à l’instant serment solennel de ne jamais se séparer et de se rassembler partout où les circonstances l’exigeront, jusqu’à ce que la Constitution du royaume soit établie et affermie sur des fondements solides, et que, ledit serment étant prêté, tous les membres et chacun d’eux en particulier confirmeront par leur signature cette résolution inébranlable.»

* Qui a rédigé le texte du Serment du Jeu de Paume ?

Traditionnellement, on avance le nom de Target, député de Paris. Mais on trouve aussi Jean-Baptiste-Pierre Bevière (1723-1807). Ou encore Mounier, le député du Dauphine qui avait organisé l'Assemblée de Vizille le 21 juillet 1788, dont on dit qu'il fut l'inspirateur de l'idée du serment. On lit parfois qu'il est la co-rédaction de Target, Bevière et Sieyès...

 

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la salle du Jeu de Paume (source)

 

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27 mars 2009

option théâtre

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pourquoi avoir choisi l'option théâtre ?

les réponses de Silya et Phoebé, de Première ES

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Silya, Première ES
Je fais du théâtre depuis que je suis en 6e. Au début c'était pour m'amuser. Aujourd'hui, c'est une passion. Quand je me suis inscrite, je n'ai pas pensé au Bac et aux points que peut me rapporter l'option. C'était la continuité. Le théâtre m'apporte tellement de choses : la culture, la confiance en moi.

Phoebé, Première ES
Je fais du théâtre depuis que je suis au collège. C'est une source incroyable de culture. On s'enrichit parce que l'on voit plein de pièces. Sur scène, on se défoule. Le théâtre m'a appris à gérer mon stress et c'est une aide super à la prononciation. Au théâtre, on est obligé d'articuler et de poser notre voix.

Le Progrès, 27 mars 2009

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Pourquoi le théâtre ?


Peter BrookPeter_Brook
- Peter Brook dans l’Espace vide : «Pourquoi le théâtre ? Dans quel but ? Le théâtre est-il un anachronisme, une survivance bizarre qui reste debout comme un vieux monument, une habitude surannée ? […] Le théâtre occupe-t-il une place réelle dans nos vies ?».

Théâtre vivant
- On peut faire du théâtre pour deux raisons : pour aider les gens à réfléchir sur la condition humaine ou pour les aider à oublier.
On peut penser que l’existence apporte un lot de souffrances tel qu’il est préférable de s’en délester un peu, le temps d’un spectacle par exemple, pour ressentir une légèreté que la vie quotidienne ne nous apporte guère. On peut aussi, à travers le théâtre, s’interroger sur le sens de la vie, sur la nature de l’homme et croire que le théâtre nous aide à être plus libre, à démêler ce qui nous angoisse, ce qui nous empêche d’avancer. Deux directions opposées, toutes deux utiles et sans doute complémentaires.

"Pourquoi on a créé Théâtre vivant ?" - source


Théâtre "Grains de sable"
Pourquoi faire du théâtre ?
Hé, oui : lire des textes jusqu'à trouver le coup de foudre, apprendre apprendre apprendre le texte jusqu'à en être hanté la nuit, dire mille fois la même phrase jusqu'à ce qu'elle sonne juste, être enfermé même si les sirènes du large nous appellent, recommencer encore et encore, convaincre... Malgré TOUT ÇA, nous persistons à faire du théâtre, mais pourquoi ?

Pour éprouver le pouvoir des mots, explorer les dits mais surtout les non-dits, donner sens aux silences, donner sa voix aux mots d'un autre ?
Pour se perdre dans un labyrinthe jusqu'à ce qu'une lueur apparaisse, suivre ce fil, se battre pour le restituer, le perdre aussi pour s'entêter à le retrouver ?
Bien sûr, mais aussi pour devenir autre, ce n'est que le théâtre qui nous donne cette possibilité de vivre une autre vie, d'être celui qu'on n'aurait pas aimé être ou d'atteindre un jardin secret profondément enfoui.  C'est aussi retrouver notre enfance, la douce ou cruelle époque de "moi, j'étais, toi tu fais... Mais non, c'est pas ça !". L'ivresse d'être peu à peu habité par un être de papier qui s'incarne, prêter notre chair, notre corps, retrouver l'utilité, la nécessité du mouvement pour exprimer ses émotions, libérer ses émotions dans un monde de plus en plus uniforme qui nous demande d'être lisse. Faire du théâtre pour mieux se connaître, se perdre dans ses propres profondeurs qui feront écho à celles du spectateur, se frotter aux aspérités, aux dangers d'être soi sous le masque du personnage, finalement sentir notre humanité. N'est-ce pas pour cela que le théâtre fascine ?

Mais le théâtre c'est aussi  la rencontre, rencontre d'imaginaires qui se croisent et se répondent : auteur, comédiens, metteur en scène, spectateurs. Chaque spectacle est unique, trouvera des résonances différentes chez chacun, langage à la fois universel et intime qui nous bouleverse. Quelle étrangeté, lorsque nous sommes sur la scène que de sentir la présence réactive de cette masse qui nous épie, qui attend, qui mêle son souffle au nôtre ; quelle terrible angoisse aussi !
Nous faisons aussi du théâtre pour résister à la routine de la difficulté  d'être totalement soi, aux divertissements qui ne cherchent qu'à endormir la conscience, à la facilité de ne pas se remettre en question.
Théâtralement vôtre !!!

source

9782035050540FS

 

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12 février 2009

droit de suffrage électoral

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«Ça c'est pour l'ennemi du dehors, pour le dedans, voici
comme l'on combat loyalement les adversaires...»

L'urne et le fusil, gravure de M.L. Bosredon, avril 1848



évolution du droit de suffrage électoral

de 1790 à 1851


                                                                       hommes de + 21ans
                                              électeurs               (en millions)            en %

1790                          4 500 000               8,2            55        suffrage indirect

1792                          7 000 000               8,2            85        suffrage indirect

1795                          6 000 000               8               75        suffrage indirect

1800                          6 000 000               8,1            74        suffrage indirect

1815                            110 000                8                 1,4

1815 (15 mai)                66 500                8                 0,8

1825                             89 000                8,8               1

1830                           166 000                9,2               1,8

1845                           241 000              10,3               2,3

1848                        9 600 000              10,7             90

1850                        6 800 000              10,7             64        loi du 31 mai 1850

1851                        9 800 000              10,7             92


decret_1848_p
5 mars 1848, décret du Gouvernement provisoire
sur les élections prévues pour le 9 avril
(cliquer sur l'image pour l'agrandir)




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13 novembre 2006

La dernière tentation du Christ


La dernière tentation du Christ

un film de Martin Scorsese (1988)



intérêt de ce film

Le film, La dernière tentation du Christ, trace le portrait de Jésus partagé entre son humanité et sa divinité.

Cette affirmation de la double nature de Jésus, par la religion chrétienne est parfois difficile à comprendre (je ne parle pas d'y croire ou pas, ce n'est pas la question ; à l'école, il ne s'agit que d'acquérir des connaissances et des références critiques permettant de comprendre les grands traits du passé, et donc des religions ; la croyance ou la non croyance concerne chacun dans sa liberté de conscience, cela ne regarde pas l'école laïque).

Le film de Scorsese, tiré du livre de Kazantzakis(1955), met en scène un Jésus qui doute, qui cherche à échapper à la mission qu'il découvre avec angoisse en lui (se sacrifier pour racheter l'humanité de ses péchés), un Jésus dont la part humaine se rebiffe devant cette nature divine, avant de l'accepter.



Où les chrétiens lisent-ils que Jésus est Dieu ? Qu'il a deux natures, humaine et divine, indissolublement mêlée ? Dans l'Évangile. Par exemple, celui de Jean :

Thomas lui dit : Seigneur, nous ne savons où tu vas ; comment pouvons-nous en savoir le chemin ?

Jésus lui dit : Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi.

Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. Et dès maintenant vous le connaissez, et vous l'avez vu.

Philippe lui dit : Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit.

Jésus lui dit : Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m'as pas connu, Philippe ! Celui qui m'a vu a vu le Père ; comment dis-tu : Montre-nous le Père?
Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; et le Père qui demeure en moi, c'est lui qui fait les oeuvres.

Croyez-moi, je suis dans le Père, et le Père est en moi ; croyez du moins à cause de ces oeuvres.

Évangile, Jean, 14, 5-11


Pour les chrétiens, Dieu est unique, mais il y a trois personnes en lui : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Le christianisme appelle cela, la Trinité, et parle du "mystère de la Trinité" ; ce qui signifie : quelque chose de difficile à concevoir, mais cependant accessible à la compréhension. Pour cette religion, Jésus est l'incarnation de la Parole divine, le Verbe divin ; il est ce qu'il est possible de voir de Dieu sous la forme d'un être humain.
Les juifs (c'est-à-dire les autorités religieuses juives liées au Temple) l'ont ainsi compris puisqu'ils lui reprochent de blasphémer et cherchent à le lapider : "Ce n'est pas pour une belle oeuvre que nous voulons te lapider, mais pour un blasphème, parce que toi qui es un homme, tu te fais dieu" (Évangile, Jean, 10, 33).

Evangile_Jean_1
Un exemplaire de l’Evangile de Jean provenant
du monastère de Saint Stephanos, à Chypre. Il date de 1156



présentation

- présentation du film sur un site consacré à l'histoire du cinéma :

L'histoire : Jésus, charpentier à Nazareth, fabrique des croix pour les romains. Son ami, Judas désapprouve cette attitude. Plus tard, Jésus sauve de la lapidation, une prostituée, Marie-Madeleine. Mais il se sent investi d'une mission…

   

Scorsese avait pour projet d'adapté le roman de Nikos Kazantzakis depuis plusieurs années. C'est Barbara Hershey (qui joue le rôle de Marie-Madeleine) qui lui offrit le livre, en 1972, pendant le tournage de Boxcar Bertha.
Scorsese nous montre un Christ qui doute et qui refuse d'admettre qu'il est le Messie. Scorsese a confié le rôle à Williem Dafoe, tandis que l'on retrouve Harvey Keitel (qui n'avait pas travaillé avec Scorsese depuis Taxi Driver) dans le rôle d'un Judas qui aide Jésus à accepter son destin.

La vision peu commune des personnages choqua des catholiques. Aux Etats-Unis, un révérend milita pour interdire le film.
En France, des intégristes manifestèrent devant et dans les cinémas projetant le film. Des bombes
lacrymogènes interrompaient régulièrement les projections, et un incendie se déclara dans une salle parisienne.
Le film fut tourné au Maroc avec un budget relativement modeste de 5,6 millions de dollars.


- analyse du début du film par Valentin Noël, de la revue Eclipses, revue de cinéma

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lutdc_1t

La foto es del momento central de la película : el ángel enviado por Dios para salvar a Jesús (en realidad, ya sabrán, es Satanás) lo desclava de la cruz ; y le besa las llagas, y le explica que Dios no quiere sacrificios sino amor... Los dos se alejan, entonces ; Jesús se muestra aliviado al saber que no es el Mesías, que no tiene que salvar al mundo con su muerte ; y el ángel lo envía a disfrutar del mundo, a casarse con Magdalena y a tener hijos.
Esa es la última tentación. (source)


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La última tentación de Cristo

The last Temptation of Christ

- un commentaire en langue anglaise, par un écrivain étasunien : Ronald Bruce Meyer

- une chronique-résumé de ce film par "Kumar" (?)

Willem Dafoe

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Jesus Christ: Tempted human and perfect God in one.

Évangile de Jean, 8

«Va et ne pèche plus»

1 Quant à Jésus, il partit pour le mont des Oliviers.

2 Mais le lendemain, il revint de bonne heure dans la cour du Temple et tout le peuple se pressa autour de lui ; alors il s'assit et se mit à enseigner.

3 Tout à coup, les spécialistes de la Loi et les pharisiens traînèrent devant lui une femme qui avait été prise en flagrant délit d'adultère. Ils la firent avancer dans la foule et la placèrent, bien en vue, devant Jésus.

4 - Maître, lui dirent-ils, cette femme a commis un adultère ; elle a été prise sur le fait.

5 Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider les femmes de ce genre. Toi, quel est ton jugement sur ce cas ?

6 En lui posant cette question, ils voulaient lui tendre un piège, dans l'espoir de trouver quelque prétexte pour l'accuser.
Mais Jésus se baissa et se mit à écrire du doigt sur le sol.

7 Eux, ils insistaient, répétant leur question. Alors il se releva et leur dit :
- Que celui d'entre vous qui n'a jamais péché lui jette la première pierre !
   
8 Puis il se baissa de nouveau et se remit à écrire sur le sol.

9 Après avoir entendu ces paroles, ils s'esquivèrent l'un après l'autre, à commencer par les plus âgés, laissant finalement Jésus seul avec la femme, qui était restée au milieu de la cour du Temple.

10 Alors Jésus leva la tête et lui dit :
- Eh bien, où sont donc passés tes accusateurs ? Personne ne t'a condamnée ?

11 - Personne, Seigneur, lui répondit-elle.
Alors Jésus reprit :
- Je ne te condamne pas non plus. Va, mais désormais, ne pèche plus.



The Last Temptation of Christ


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Last Temptation of Christ 11

Last Temptation of Christ 16

Last Temptation of Chist 3

Last Temptation of Chist  1

Last Temptation of Chist  2


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Nikos Kazantzakis

La dernière Tentation du Christ, 1955


Le film La dernière Tentation du Christ (1988) de Martin Scorcese est tiré du livre de Nikos Kazantzakis, La dernière Tentation du Christ, écrit en 1955.

Nikos Kazantzakis, 1883-1957Kazantzakis_couv
 
Picture of Nikos Kazantzakis, author of Zorba the Greek and The Last Temptation of Christ; twentieth century Cretan Literature / Greek Literature

- une biographie de Kazanzakis

- une études des oeuvres de Kazantzakis

Crete and Matala Information

KazantzakisGrave
Δεν ελπίζω τίποτα. Δε φοβάμαι τίποτα. Είμαι λεύτερος
sur sa tombe, Kazantzakis a fait graver l'épitaphe suivante :
Je n'espère rien, je n'ai peur de rien, je suis libre


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10 décembre 2006

Population mondiale - références




Population mondiale - références



 

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2015

 

1) données statistiques

 

pop mondiale 17 août 2015 à 18 h 2
population mondiale : résultats statiques le lundi 17 août 2015 à 18 h 27

 

- résultats en évolution sur le site worldometers.

 

pays les plus peuplés 17 août 2015 à 19 h 20
pays les plus peuplés du monde : résultats statiques le lundi 17 août 2015 à 19 h 20

 

- résultats en évolution sur le site worldometers.

 

 

2) répartition

 

répartition pop mondiale 2011
répartition de la population mondiale en 2011 (source)

 

 

3) évolution

 

évolution population mondiale jusqu'en 1900
évolution des population européenne et mondiale jusqu'en 1900 (source)

 

 

évolution population mondiale de 5 M à 6 MM
évolution de la population mondiale sur 12 000 ans (source image, pas chiffres)

 

* Sur ce graphique, la première date sur l'axe des ordonnées, à droite, est : 1800.

 

 

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2005

 

 

Diapositive1
cliquer sur l'image pour l'agrandir

 

Diapositive2
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