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Profs d'Histoire lycée Claude Lebois
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3 avril 2016

La Chine depuis 1911

Mandarin avant 1890
mandarin chinois avant 1890

 

 

La Chine depuis 1911 :

de la fin de l'Empire du Milieu à

l'un des centres de la mondialisation

 

 

Comment la Chine, affaiblie et dominée au début du XXe siècle, est-elle devenue une grande puissance mondiale ?

 

 

vidéo : le mystère de l'exception communiste (2009)

 

 

vidéo : histoire et ascension de la Chine (2012)

 

 

vidéo : Chine, le nouvel Empire, 1925-1959

 

 

vidéo : Chine, la politique de l'enfant unique, c'est fini (2015)

 

 

 

Break up of China
le Break-up of China (éclatement, partage de la Chine)

 

mandarin de la dynastie Qing
un mandarin de la dynastie Qing

 

costume de mandarin
costume traditionnel de mandarin chinois

 

carte Chine 1911
le territoire de la Chine en 1911

 

Chine carte 1911-1949
la Chine de 1911 à 1949 : un territoire éclaté

 

Sun Yat Sen
Sun Yat Sen (1866-1925), fondateur de la république chinoise

 

trois portraits Chine
les trois principaux dirigeants chinois au XXe siècle

 

Mao Longue Marche
Mao Zedong durant la Longue Marche (1934-1935)

 

itinéraire Longue Marche
itinéraire de la Longue Marche, octobre 1934 à octobre 1935

 

proclamation Rép Pop Chine par Mao 1er oct 1949
proclamation de la République Populaire de Chine par Mao Zedong, le 1er octobre 1949

 

 

 

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5 mars 2016

vivre et mourir en Europe, 1850-1960

famille à Yerres (91) premier quart XXe s
famille à Yerres (Essonne), premier quart du XXe siècle

 

 

vivre et mourir en Europe,

1850-1960

 

 

 

 I -  la population française : évolution et rapport ville/campagne

 

Population France 1846 à 2004

 

 

 

II - un cas local : Saint-Chamond (Loire)

 

rue de la Gare, début années 1900
rue de la Gare à Saint-Chamond, vers 1900 : enfants endimanchés

 

 

1) évolution de la population à Saint-Chamond, 1793-2013

 

tableau pop St-Chamond 1793-2013
tableau du nombre d'habitants à Saint-Chamond, de 1793 à 2013

 

Diapositive1
évolution de la population de Saint-Chamond, de 1793 à 2013

 

Cette courbe d'évolution est établie à partir des données fournies par les 36 recensements effectués de 1793 à 2013.

À l'époque de la Révolution française, Saint-Chamond compte un peu plus de 5 000 habitants. La commune triple sa population au cours du XIXe siècle, puis stagne plus ou moins dans la première moitié du XXe siècle. Les années d'après-guerre connaissent un début de croissance. Et la fusion des quatre communes (1964) fait passer la population de 17 000 habitants à plus de 37 000 au recensement de 1968. Après un pic dans les années 1975-1982, elle décroît régulièrement depuis trente ans.

 

2) naissances et décès à Saint-Chamond

Le relevé du mouvement annuel des naissances et des décès - qui n'avait pas encore été effectué ; c'est donc un travail inédit qui est présenté ici - permet de mesurer l'évolution naturelle de la démographie saint-chamonaise. Si il n'en fournit pas les facteurs, il autorise un diagnostic de la natalité et de la mortalité locales.

Ces données proviennent des registres d'état civil conservés aux archives départementales de la Loire et numérisés. Les chiffres retenus dépassent parfois les strictes naissances car ils enregistrent également les "reconnaissances" ; il en va de même du nombre des décès qui comprend les "transcriptions" de morts intervenues ailleurs.

 

1821-1840 tab
naissances et décès à Saint-Chamond, de 1821 à 1840

 

1841-1860 tab
naissances et décès à Saint-Chamond, de 1841 à 1860

 

1861-1880 tab
naissances et décès à Saint-Chamond, de 1861 à 1880

 

1881-1900 tab
naissances et décès à Saint-Chamond, de 1881 à 1900

 

1901-1914 tab
naissances et décès à Saint-Chamond, de 1901 à 1914

 

Sur les 94 années que compte l'espace de temps 1821-1914, 49 présentent un solde démographique négatif. On peut calculer cette perte à l'unité près comme l'établit le tableau suivant :

 

solde démographique 1821-1914
solde démographique (naissances/décès) à Saint-Chamond entre 1821 et 1914

 

Ainsi, de 1821 à 1914, le solde positif est de 1 442 personnes, le solde négatif de 1 707. Par le seul mouvement de ses naissances et décès, Saint-Chamond a perdu 265 habitants.

Or, la courbe générale de la population, sur cette même période, fait apparaître un gain d'environ 9 000 habitants. Il faut donc en conclure que la commune a accru sa population par un apport extérieur, celui d'une immigration attirée par l'offre de travail de l'industrie locale.

 

 

 3) quelques décès à Saint-Chamond en 1854

 

décès Saint-Chamond 1854 (1)

 

décès Saint-Chamond 1854 (2)

 

décès Saint-Chamond 1854 (3)

 

décès Saint-Chamond 1854 (4)

 

 

4) iconographie

 

 

20 juin 1920 groupe pensionnat St-Charles

 

 

 

enfants kiosque gros plan

 

enfants kiosque

 

 

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5 octobre 2017

le Proche et le Moyen-Orient depuis la fin de la Première Guerre mondiale (les Frères Musulmans)

1000x550_video-la-confrerie-enquete-sur-les-freres-musulmans

 

 

 

Le Proche et le Moyen-Orient

depuis la fin de la Première Guerre mondiale

les Frères Musulmans

 

 

Hassan al-Banna : 1906-1949

Sayyid Qutb : 1906-1966

- révolution islamique iranienne : 1979

- 6 octobre 1981 : assassinat d'Anouar el-Sadate (président égyptien)

- 24 juin 2012 , Mohamed Morsi (Frère Musulman) est officiellement proclamé président élu de la République égyptienne

 

 

  • Genèse de l'islam politique et analyse du mouvement des Frères Musulmans (2013)

 

 

 

 

Nasser, les Frères Musulmans et le voile (1953)

 

 

 

https://www.arretsurimages.net/breves/2012-10-05/Nasser-le-voile-et-les-rires-id14544 

 

 

la guerre contre les juifs

 

 

https://www.memri.org/tv/saudi-cleric-muslim-war-with-jews-not-just-zionists

 

Dans une conférence intitulée «Qui libérera Al-Aqsa», le cheikh saoudien Mamdouh Al-Harbi a déclaré que la guerre des musulmans était dirigée contre les juifs, et non seulement les sionistes, et a pércisé que le nier «constitue un démenti des paroles d’Allah et du prophète Mohammed. » La conférence a été mise en ligne sur la chaîne YouTube d’Al-Harbi le 26 juillet 2017. 

Dans une précédente vidéo diffusée sur MEMRI TV le 22 mai 2015, Al-Harbi déclarait que «la notion de terrorisme est bénie» et que celui-ci est «requis par la charia». Il ajoutait que le seul sens du djihad était de combattre les infidèles, soulignant que le terme «djihad», qui «se trouve dans le magnifique Coran», «s’applique exclusivement au combat».

Cheikh Al-Harbi (né en 1966) est un chercheur indépendant qui analyse les communautés, les religions et les civilisations. Il a écrit plusieurs livres, dont au moins deux anti-chiites et contenant des appels à tuer les apostats. [1] Extraits :

Cheikh Mamdouh Al-Harbi : Le prophète Mohammed a prédit que nous tuerions les juifs. Il a prédit que nous tuerions les juifs. Ne laissez personne prétendre [que le Prophète a dit] que nous tuerons les sionistes. Quiconque prétend que notre guerre est dirigée contre les sionistes plutôt que les juifs se trompe. C’est un démenti des paroles d’Allah et du prophète Mohammed. Notre guerre est contre les juifs, et non les sionistes, même si les sionistes font partie des juifs les plus dangereux. Mais la guerre est dirigée contre les juifs. Ce qu’Allah a dit dans le Coran, et ce que le prophète Mohammed a dit dans la vraie Sunna… Le Prophète n’a pas dit : «Les sionistes.» Il a dit : «les juifs» – même si les sionistes sont parmi les pires d’entre eux. Je dis donc : notre guerre au Jour du Jugement sera contre les juifs. […]

Le prophète Mohammed a déclaré : «Le Jour du Jugement ne viendra que lorsque les musulmans combattront les juifs. Les musulmans les tueront, et les juifs se cacheront derrière des pierres et des arbres. […] Les pierres et les arbres diront : Ô musulman, ô serviteur d’Allah…» Maintenant écoutez bien : «Ô, musulman, ô serviteur d’Allah, il y a un juif derrière moi. Viens le tuer.» Le Prophète a dit : «Sauf l’arbre Gharqad, qui est l’arbre des juifs.» L’arbre Gharqad est un arbre laid, plein d’épines. Cet arbre ne parlera pas parce qu’il est avec les juifs.

 

 

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26 juillet 2015

Pouvoir au village et Révolution. Artois, 1760-1848 (1987) de Jean-Pierre Jessenne - compte rendu par J. Godechot

Jessenne Artois couv

 

 

Pouvoir au village et Révolution. Artois,

1760-1848 (1987)

de Jean-Pierre Jessenne - compte rendu par J. Godechot (1990)

 

Jean-Pierre Jessenne, Pouvoir au village et Révolution. Artois, 1760-1848, Lille, Pul, 1987.

L'auteur a étudié un problème encore mal connu, et, en tout cas fort controversé malgré des thèses importantes, telles que celles de Georges Lefebvre sur les paysans du Nord ou de Paul Bois sur ceux de l'Ouest.

Il établit d'abord la hiérarchie des groupes sociaux, qui était très nette et très stricte en Artois à la fin du XVIIIe siècle : en tête les fermiers (5% de la population). Ce terme ne désigne pas seulement, comme aujourd'hui, les locataires de terres, mais aussi les propriétaires, et d'une manière générale les gros exploitants. Puis les laboureurs (15%) qui se suffisent à eux-mêmes. Viennent ensuite les personnes "vivant de leurs biens", anciens fermiers ou bourgeois revenus au village et vivant des revenus de leurs terres. Les professions libérales, peu nombreuses, surtout médecins et hommes de loi (3%), les marchands (de chevaux, bestiaux etc., 8%), les artisans, groupe assez important (15%), les ménagers (7%) qui ne peuvent vivre de leurs seules propriétés, les manouvriers, le quart de la population rurale, qui doivent se louer pour vivre (dans le Midi on les appelle brassiers), les ouvriers (14%), en général tisserands, les domestiques (7%), les mendiants, de plus en plus nombreux à la veille de la Révolution, et coiffant le tout le seigneur et le curé (ou les religieux, s'il existe une abbaye dans le voisinage).

À la différence du Midi où le village est administré par un conseil politique élu (selon des règles il est vrai, en général peu démocratiques) en Artois c'est le seigneur qui désigne le lieutenant et le maire. Il existe bien des assemblées générales des chefs de famille, mais elles ne se rassemblent que rarement, et pour discuter le plus souvent des biens communaux. En fait le seigneur et les fermiers (par leur influence) dirigent la communauté villageoise.

Qu'en advint-il avec le nouveau régime qui institua les municipalités ? Jean-Pierre Jessenne constate, qu'en moyenne, 45% des membres de nouvelles municipalités ont été recrutés parmi les anciens dirigeants des villages. Quant aux citoyens actifs, c'est-à-dire les électeurs, que Georges Lefebvre estimait minoritaires, Jean-Pierre Jessenne constate comme Paul Bois et d'autres chercheurs travaillant sur le Midi de la France qu'ils formèrent la grande majorité des hommes de plus de 25 ans et n'étant pas domestiques.

Mais, question qui préoccupe - avec raison - les chercheurs aujourd'hui, quelle était la participation électorale ? Faible en général. Rarement elle dépasse 50% des citoyens actifs, et tombe parfois à 11% en 1790. En 1791 les taux de participation sont encore plus faibles, la moyenne atteint 12,7%. Quant aux élus, les fermiers, cette année-là, se taillent la part du lion : 83%. Les élections de septembre 1792 eurent lieu au suffrage universel, la participation ne fut pas plus forte, mais elle amena un renouvellement des élus, la place des paysans semble avoir régressé au profit des artisans. Mais beaucoup de documents ont été perdus. Toutefois les fermiers continuent à dominer les villages. C'est, écrit l'auteur, une "véritable fermocratie". Il conclut : "La continuité du pouvoir au village dans le changement politico-social caractérise la situation des villages artésiens jusqu'en 1792".

En 1793 un nouveau pouvoir naît : les comités de surveillance révolutionnaires, où manouvriers, artisans, tisserands ont la majorité. Ce sont les organismes locaux de la Terreur. Mais ils sont supprimés dès 1795. La Terreur, la guerre - toute proche - et ses conséquences (contributions, réquisitions, logement de soldats), la déchristianisation, la persécution des prêtres réfractaires, éloignent les paysans de la Révolution.

Sous le Directoire, les fermiers reconquièrent le pouvoir, mais la participation électorale reste très faible : en l'an V, 8 à 19%.

À partir du Consulat, et jusqu'à la révolution de 1848, on constate une grande stabilité dans le recrutement des maires, des adjoints et des conseillers municipaux. Les fermiers forment toujours l'énorme majorité. Mais les nobles et les prêtres sont totalement éliminés. Les artisans sont assez bien représentés. Souvent, on se succède de père en fils dans une fonction municipale.

La deuxième partie du volume est consacrée au système de production du village artésien, répartition des terres, mode de tenure (propriété ou fermage), moyens d'exploitation (trains de culture). Le chapitre VII est intitulé la Fermocratie et explique les stratégies familiales et matrimoniales pour maintenir les grosses fermes dans les mêmes familles. Tout ceci explique pourquoi, sauf en 1793-1794, les fermiers ont conservé le pouvoir au village.

Le livre se termine par d'utiles annexes : cartes de l'Artois, liste des villages étudiés avec les principales données numériques les concernant, répartition socio-professionnelle des délégués des communautés en 1789, des municipalités en 1790, participation électorale en 1790, répartition socio-professionnelle des électeurs en 1814, 1821, 1846, répartition des acquéreurs de biens nationaux et reproduction de quelques documents fondamentaux. L'ouvrage est illustré de photographies bien choisies. Il comporte une liste de sources et une bibliographie. Peut-être un index eût-il été utile.

Dans l'ensemble, excellente étude, qui servira de modèle et permettra des comparaisons avec d'autres régions de France.

Jacques Godechot

 

- source : Jacques Godechot, Revue belge de philologie et d'histoire, année 1990, volume 68, numéro 68-4, pp. 1012-1013

 

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 cartes

 

carte du livre de Jessenne
carte du livre de Jean-Pierre Jessenne

 

Nord-Pays-de-Calais paysages ruraux synthèse
Nord-Pas-de-Calais actuel : paysages ruraux, synthèse

 

- source : http://www.nord-pas-de-calais.developpement-durable.gouv.fr/?-Cartotheque-

 

 

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 images : cartes postales anciennes (avant 1914)

de quelques villages étudiés par Jean-Pierre Jessenne

 

Ayette (Arras) berger cpa
berger à Ayette (Arras)

 

Fleurbaix cpa
Fleurbaix, entrée du bourg par la route d'Armentières

 

Monchy-le-Preux cpa
Montchy-le-Preux, la porte du château

 

 

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16 juillet 2015

la descendance du roi Jean le Bon (1350-1364)

Jehan le Bon
Jehan Roy de France, portarit anonyme

 

 

la descendance du roi de France

Jean II le Bon (1350-1364)

 

 

descendance de Jean II le Bon (Michel Renard)
la descendance du roi Jean II le Bon (1350-1364) et de Bonne de Luxembourg


Jean le Bon a épousé Bonne de Luxembourg à l'âge de treize ans ; elle en avait dix-sept. De cette union, ils eurent onze enfants, sept filles et quatre garçons. Ces derniers ont tous été des personnalités politiques importantes.

L'aîné, Charles, fut régent du temps de la captivité de son père en Angleterre, puis lui succéda à l'âge de 26 ans.

Le deuxième, Louis, exerce des responsabilités militaires de premier plan durant le rège de son frère puis devient président du conseil de régence à la mort de ce dernier en 1380.

Le troisième, Jean, est connu pour l'intérêt qu'il a manifesté à l'égard des arts et comme commanditaire de six livres d'heures dont le très célèbre Les très Riches heures du duc de Berry exécuté par les frères Limbourg (1410-1416, inachevé) ; mais il a également participé aux campagnes militaires.

Le quatrième, Philippe le Hardi, dont la légende a retenu le rôle héroïque, à l'âge de quatorze ans, aux côtés de son père lors de la bataille de Poitiers (1356) : "Père, gardez-vous à gauche ; père, gardez-vous à droite" ; est devenu duc de Bourgogne et le premier des quatre grands duc de cette contrée, avec son fils Jean sans Peur, le fils de celui-ci, Philippe le Bon et enfin Charles Téméraire.

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Les filles de Jean le Bon n'ont pas eu toutes une destinée égale. Quatre, sur les sept, sont mortes en bas âge (deux à moins d'une an, une à quatre ans et l'autre à cinq ans). Mais Jeanne, Marie et Isabelle, par leur mariage jouèrent un rôle politique et dynastique.

Jeanne de France (ou de Valois) vécut quarante ans. Elle épousa Charles II de Navarre, dit "Charles le Mauvais" (1332-1387).

 

Jeanne de France, fille de Jean le Bon (1)
Jeanne de France, fille de Jean le Bon

 

Jeanne de France, fille de Jean le Bon (2)
Jeanne de France (ou de Valois), fille de Jean le Bon, épouse de Charles le Mauvais (BnF)

 

(à suivre)

 

Psautier de Bonne de Luxembourg
Jean le Bon et Bonne de Luxembourg, Psautier de Bonne de Luxembourg (1348-1349)

 

Psautier de Bonne de Luxembourg (les deux époux)
Jean le Bon et Bonne de Luxembourg sur le Psautier de cette dernière

 

 

* au sujet de la naissance de Charles V, considérée comme ayant eu lieu en 1337, sur le témoignage erroné de Christine de Pisan, voir l'article de Roland Delachenal (1903) : "Date de la naissance de Charles V".

* sur le portrait Jehan Roy de France, voir "Le portrait royal entre Moyen Âge et Renaissance".

 

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28 août 2016

L'est et le nord de la France ne se sont pas remis de la crise

Mouthe village du Doubs
Mouthe, village du Doubs (Franche-Comté)

 

 

L'est et le nord de la France

ne se sont pas remis de la crise de 2008

 

 

En France, les inégalités territoriales restent forte et le PIB régional varie fortement.

L'Île-de-France : première de la classe, sans surprise ! C'est la région qui a le mieux supporté la crise de 2008 selon l'Insee. Son PIB a augmenté de 7 % en valeur entre 2008 et 2013.

L'Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca) arrivent également à sortir la tête de l'eau. La première a su se relever grâce à une industrie dynamique. La région Paca, quant à elle, se distingue avec ses activités de transport et d'entreposage.

Globalement, le PIB est revenu à son niveau d'avant crise pour la majorité des régions françaises.

Cependant, certaines sont à la peine. La Bourgogne-Franche-Comté est la région qui a le plus subi les difficultés économiques, avec une chute de 1 % de PIB par an, en moyenne, entre 2008 et 2013.

Quant aux régions Grand Est (Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine) et Hauts-de-France (Picardie et Nord-Pas-de-Calais), elles ne sont toujours pas remontées à leur niveau d'avant 2008.

Depuis la fin de la crise, les PIB régionaux par habitant de ces trois zones ne dépassent pas 26 800 euros, alors que la moyenne française est à 32 100 euros.

Les inégalités territoriales restent fortes : le PIB régional va de 8000 euros par habitant à Mayotte à 53.600 euros par habitant en Île-de-France. La concentration des activités à productivité apparente élevée (finance, information et communication) - et donc à hauts salaires - explique la richesse de l'Île-de-France, dont le PIB par emploi est supérieur de 30 % à la moyenne nationale (105.300 euros contre 70.300 euros).

Julia Blancheton
lefigaro.fr économie
12 juillet 2016
source

 

1 - Pib : produit intérieur brut = valeur totale de la production de richesse effectuée par les agents économiques résidant à l’intérieur d'un territoire, en l'occurence les régions françaises.

 

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9 août 2015

Citoyenneté, république et démocratie en France de 1789 à 1914

Martigny-les-Bains bureau élection 12 mars 1848
Martigny-les-Bains (Vosges) : le lavoir sur la place où eut lieu le bureau d'élection
de la Municipalité provisoire le 12 mars 1848

 

 

Citoyenneté, république et démocratie

en France de 1789 à 1914

 

 

* liste des articles

- Évolution du droit de suffrage électoral de 1790 à 1851

- Pouvoir au village et Révolution. Artois, 1760-1848 (1987), de Jean-Pierre Jessenne - compte rendu

- Chronologie des élections cantonales sous le IIIe République

- Chronologie des élections législatives

- Le gouvernement de Défense Nationale, dit "d'Union sacrée", 26 août 1914

-

 

Diapositive1
quelques thèses "départementales" : le pouvoir, la république au village, la modernisation

 

 

Agulhon Rép village couv

 

- Maurice Agulhon, La République au village (les populations du Var, de la Révolution à la seconde République), Paris, Plon éd., 1970.

* compte rendu de Claude Langlois dans la Revue d'histoire de l'Église de France, 1972, vol. 58, n° 160, p. 111-114.

 

 

Estève Cantal couv

 

- Christian Estève, À l'ombre du pouvoir. Le Cantal du milieu du XIXe siècle à 1914, Clermont-Ferrand, Presses universitaires Vlaise-Pascal, 2002.

* compte rendu de François Ploux dans Ruralia, 2004, n° 14.

 

 

Jessenne Artois couv

 

- Jean-Pierre Jessenne, Pouvoir au village et Révolution. Artois, 1760-1848, Presses universitaires de Lille, 1987.

* compre rendu de Jacques Godechot dans Revue belge de philologie et d'histoire, 1990, vol. 68, n° 68-4, p. 1012-1013. Et ici, sur ce blog.

 

 

Le Gall Finistère couv

 

- Laurent Le Gall, L'Électeur en campagnes dans le Finistère. Une Seconde République de Bas-Bretons, éd. Les Indes savantes, 2009.

* compte rendu de Gilles Malandain dans Revue d'histoire du XIXe siècle, 2011, n° 43, p 165-167.

 

 

Marcache Périgord couv

 

- Corinne Marache, Les métamorphoses du rural. L'exemple du Double en Périgord (1830-1939), éd. CTHS, 2006.

* compte rendu de Cyrille Chopin dans La Cliothèque (en ligne), 22 avril 2007.

 

 

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biliographie de Christine Dousset-Seiden et Patrick Cabanel

(université de Toulouse)

 

biblio univ Tlse (1)

biblio univ Tlse (2)

biblio univ Tlse (3)

biblio univ Tlse (4)

biblio univ Tlse (5)

 

 

 

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11 juillet 2015

généalogies, 1270-1480

arbre-genealogique-des-rois-et-reines-de-france

 

 

tableaux généalogiques

1270-1480

 

 

rois de France

 

gene
liens dynastiques entre France et Angleterre depuis Philippe le Bel (1285-1314

 

arbre_genealo
Captiens directs, Valois et rois d'Angleterre

 

trois prétendants en 1328
ascendance des trois prétendants au trône en 1328

 

739px-Généalogie2_Guerre_de_Cent_Ans
généalogie simplifiée des prétendants à la couronne de France en 1328

 

Genealogie_Philippe_III
descendance de Philippe III le Hardi

 

descendance de Philippe III le Hardi
descendance de Philippe III le Hardi : Capétiens directs, Valois, Bourgogne, Évreux

 

Charles de Valois jamais roi
la destinée de Charles de Valois, mort en 1325

 

Philippe III à François 1er
descendance de Philippe III le Hardi : Capétiens directs, Valois, Bourgogne

 

ma_valois
les Valois sur le trône de France, de 1328 à 1589

 

Valois
Valois et Bourbon

 

 

 

rois d'Angleterre

 

arbre-genealogique
ducs de Normandie et rois d'Angleterre

 

genealogie2
rois d'Angleterre descendants d'Isabelle de France, fille de Philippe le Bel

 

 

succession de Bretagne

 

Bretagne_genealogie
la succession de Jean III, duc de Bretagne (1317-1341)

 

 

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29 mai 2015

L’expression «guerre de Cent Ans»

Contamine Que sais-je (1)Contamine Que sais-je (2)Contamine Que sais-je (3)Contamine Que sais-je (4)

 

 

l’expression «guerre de Cent Ans»,

est une création récente

Philippe CONTAMINE

 

L’expression «guerre de Cent Ans» est une création relativement récente des historiens. On ne la voit pas apparaître avant le début du XIXe siècle, où elle fut introduite en France à des fins de pédagogie par des ouvrages scolaires. Par la suite, elle prit lentement sa place dans l’historiographie tant anglaise que française et devint d’usage courant dans la seconde moitié du siècle [1].

Mais on n’avait pas manqué de remarquer, depuis longtemps, l’étendue exceptionnelle du conflit : en 1744, le président Hénault [auteur français, 1685-1770] datait de 1336 «le commencement de la guerre entre la France et l’Angleterre, qui dura à diverses reprises plus de cent ans». Peut-être reprenait-il ici une remarque faite, au début du xvie siècle, par J. Meyer dans ses Commentariu sive Annales Rerum Flandicarum : «La guerre anglaise… fut de toutes la plus longue et la plus cruelle ; par intervalles, elle dépassa la centième année.»

Mais les contemporains eux-mêmes eurent le sentiment de l’unité et de la durée de l’antagonisme. À la fin du XIVe siècle – il semble qu’il faille dater ces vers de 1389 –, Eustache Deschamps écrit :

«Las ! Qui verrait puis cinquante-deux ans
Le peuple mort, la grande occision
Des chevaliers, des femmes, des enfants !»

Lorsque les hostilités reprirent, en 1415, les actes de la chancellerie de Charles VI qualifièrent les Anglais d’«anciens ennemis et adversaires» [2]. En 1436, Hugues de Lannoy, pour expliquer la situation présente à son maître, le duc de Bourgogne Philippe le Bon, remonte au temps «que les guerres se murent entre le roi de France et le roi Édouard d’Angleterre pour la couronne de France».

Une certaine mémoire sociale survécut à la succession des générations, non seulement auprès des dirigeants, nourris de toute une tradition écrite, mais auprès de la conscience populaire. Dans cette mesure, la guerre de Cent Ans, en dépit des apparences, n’est donc pas seulement la création a posteriori d’historiens modernes découpant le passé pour répondre aux exigences de la Periodisierung.

Philippe Contamine,
La guerre de Cent ans, "introduction",
coll. "Que sais-Je ?", Puf, 2010, p. 3-4
en ligne sur cairn.info

 

Contamine expression

 

__________________

 

"guerres des Anglais"

 

Henri Martin tome 5Henri Martin 1810-1883

 

Dans son Histoire de France (1855), Henri Martin (1810-1883) utilise l'expression "guerres des Anglais", refusant ainsi l'unicité chronologie de ces affrontements militaires, et pointant l'initiative anglaise dont on dit, implicitement, qu'elle a eu pour théâtre l'espace français.

 

guerre des Anglais entouré

 

 

__________________

 

la fin de la guerre de Cent ans, césure chronologique

 

Malet Isaac Moyen Age 1926
manuel Malet-Isaac pour la classe de 4e, édition 1926

 

 

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la guerre de Cent ans n'a pas eu lieu

 

 

Levron guerre Cent ans pas eu lieu 1981
"la guerre de Cent ans n'a pas eu lieu !"
Historia
n° 412, mars 1981, première page de l'article de Jacques Levron

 

 

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4 juin 2015

Maurice Keen, "Chivalry" (1984), par Jean Flori

Chivalry Maurice Keen éd 2005

 

 

Chivalry (1984),

un livre de l'historien anglais Maurice Keen,

compte rendu par Jean Flori (1986)

 

 

Chivalry Maurice Keen

M. Keen - Chivalry, New Haven/Londres, Yale Univers, Pr. 8°, X-303 pp. 55 ill.

Maurice Keen nous avoue être tombé amoureux de son sujet : la chevalerie. Cette passion nous vaut un bel ouvrage d'ensemble qui, jusqu'ici, faisait défaut.

L'auteur possède au plus haut degré l'art de la synthèse. Au point que les chapitres traitant des périodes qui lui sont moins familières (XI-XIIe s.) en arrivent à être meilleurs que les autres. C'est particulièrement le cas des six premiers chapitres où sont étudiés les origines séculières de la chevalerie, ses rapports avec l'Église et la croisade, les origines et le développement de l'adoubement, l'essor des tournois et surtout ce magnifique chapitre VI consacré à l'élaboration de la mythologie d ela chevalerie.

Toute cette partie (la moitié du livre) est admirable de concision et de vigueur. À travers un eforêt de témoignages, l'auteur nous entraîne d'un pas ferme, marquant sa route, au fil de la marche, par des jalons sûrs. Ainsi il rappelle le rôle de la technique guerrière (lance couchée) dont il place avec raison la modification à la fin du XIe siècle ; l'évolution de sens du mot miles est esquissée avec bonheur (quelques retouches seraient nécessaires).

L'évolution de l'attitude de l'Église envers la guerre et les guerriers mérite attention ; l'auteur souligne que la croisade a eu assez peu d'impact sur la chevalerie : c'était là un cadre trop étroit et trop spécifique pour elle. En revanche, la sacralisation de la guerre et des guerriers par la liturgie eut sur elle une influence plus marquée. On reconnaît ici deux thèmes développés par J. Flori (L'idéologie du glaive, Genève, 1983) et F. Cardini (Alle radici della cavalleria medievale, Florence, 1981) que l'auteur semble pourtant avoir ignorés. La convergence n'en est que plus frappante.

 

Flori idéologie du glaive         Cardini

 

On s'étonne également de ne pas voir citées les thèses d'histoire régionale qui, toutes, ont apporté des éléments nouveaux et fondamentaux concernant en particulier les rapports entre noblesse et chevalerie, illustrés par le débat Duby-Genicot. Je pense par exemple aux remarquables thèses de Fossier, Poly, Bur, Parisse, Bonnassie, Toubert, Chédeville, Beech, Lewis et bien d'autres. Peut-être l'auteur a-t-il estimé que le débat risquait de l'entraîner trop longtemps hors de sa route ? C'est dommage : j'avoue, ici, être un peu resté sur ma faim.

Que de clarté, en revanche, dans le chapitre consacré à la "mythologie historique" de la chevalerie ! Les trois "matières" signalées par Jean Bodel [1165-1210] concourent toutes trois à la formation de cette mythologie : la matière de France, celle d'Alexandre et celle d'Arthur. L'épopée qui se veut historique, enracine la mythologie dans l'histoire des Francs. La matière antique, vers 1160, l'enracine plus loin encore, par Rome et la Grèce, dans le vieux fonds pré-chrétien. Du même coup, elle véhicule des restes de morale antique et renforce le goût pour l'Orient. Quant à arthur, on ne mettait pas en doute son historicité. Mais l'absence de sources écrites a permis d'incorporer à sa geste des valeurs puisées chez les troubadours : l'amour comme moteur de la chevalerie puis, avec le Graal, la christianisation s'effectue par un lien établi entre la chevalerie arthurienne et la chevalerie biblique. Ce lien est évidemment noué par le personnage de Joseph d'Arimathie, grâce à la trilogie des trois tables : celle de la Cène, celle de Joseph d'Arimathie, celle de la Table Ronde.

 

Bodel trois matières
les trois "matières" selon le poète Jean Bodel sans La Chanson de Saisnes (1197)


On aboutit alors à une combinaison de trois triades de héros qui formeront les "neuf preux", auxquels la chevalerie voua un culte. L'Ancienne Alliance est représentée par Josué, David et Judas Macchabée ; c'est la chevalerie d'Israël. La chevalerie antique, païenne, a pour héros Hector, Alexandre et César. Ces deux chevaleries, tels les sages et les prophètes, annoncent la dispensation chrétienne représentée par les trois héros : Arthur, Charlemagne et Godefroy de Bouillon ; c'est la chevalerie chrétienne.
La chevalerie a donc une mission - elle a des héros - elle a son mythe enraciné dans l'histoire. Elle devient alors une une culture savante nécessitant ses "clercs" : ce seront les experts en chevalerie, les interpètes de la science héraldique. On reconnaît au passage des thèmes chers à J. Frappier, auxquels M. Keen a su donner une vigueur nouvelle.

 

Jean Frappier (1)   Jean Frappier (2)   Jean Frappier (3)   Jean Frappier (4)

 

La seconde partie, plus fouillée, plus proche des textes, gagne en érudition... mais perd en clarté. L'auteur s'attache surtout à combattre la thèse de Huizinga. Pour M. Keen (et il a sans doute raison), la chevalerie du bas moyen âge n'a pas subi un déclin, mais une modification profonde. Il le montre par l'étude minutieuse des blasons, des tournois et des Ordres laïcs de chevalerie.

Ainsi, pour l'auteur, le cérémonial de plus en plus riche des Ordres de chevalerie ne prouve pas une décadence. C'est à tort, d'ailleurs, que l'on insiste sur la sécularisation de ces Ordres, parce qu'on les relie indûment aux Ordres monastiques des templiers ou des hospitaliers.

La chavalerie fut toujours séculière. De même le ritualisme et le faste des tournois du XVe siècle ne sont pas des indices de déclin. D'abord parce que l'on a trop généralisé quelques tournois "extravagants" du XVe siècle ; ensuite parce qu'on a trop voulu vider de toute signification les "voeux" (de croisade, par exemple) faits lors de ces grands tournois. Enfin, note l'auteur, le rappel nostalgique du passé doit être pris pour une marque de sérieux, non de frivolité. Tout comme le rappel constant des vertus et des devoirs chevaleresques.

Par ailleurs, M. Keen n'a pas de mal à montrer dans son chapitre "La chevalerie et la guerre" que la chevalerie du XVe siècle était moins éloignée que le dit Huizinga des réalités du temps. Si l'on meurt moins dans les tournois qu'en bataille grâce à la généralisation des armes "à plaisance", les chevaliers errants, encore formés dans les tournois (jusqu'à Bayard) sont souvent chefs de bandes et pillent pour subsister entre deux campagnes. Ces pillages ne sont pas nouveaux : les désordres de la chevalerie viennent précisément de sa trop grande vigueur. C'est le propre de toute idéologie que d'être confrontée aux faits.

Les choses changent plus profondément au début du XVIe siècle : les armées régulières, l'essor de l'infanterie, celui de l'artillerie, la formation des grandes armées royales modifient le contexte. Les rois, pour se concilier la noblesse lui assurent des privilèges. Ceci conduit à valoriser l'idéal de la chevalerie (confondue avec la noblesse).

Mais les Ordres laïcs demeurent et l'idéal chevaleresque est encore et toujours exalté. Changement, donc, mais non pas déclin. La thèse ne manque pas d'intérêt. Elle est défendue avec érudition et passion.

Au total, quelques lacunes bibliographiques, quelques oublis, une trop grande propension à identifier noblesse et chevalerie, deux ou trois chapitres confus, n'altèrent pas profondément cette synthèse savante et utile, remarquablement illustrée de documents parfois inédits.

Jean Flori
Cahiers de civilisation médiévale
n° 29-115, p. 283-284, 1986
iconographie : Michel Renard

 

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- "Warfare was the principal force shaping the course of European history during the Middle Ages", Historynet, 12 août 2001.

- "Maurice Keen", The Telegraph, 19 septembre 2012.

- "Maurice H. Keen Dies at 78 ; Redefined Chivalry", The New York Times, 25 septembre 2012.

- "Maurice Keen obituary", The Guardian, 26 septembre 2012.

 

Maurice Keen portrait (1)
Maurice Keen, 1933-2012

 

Maurice Keen portrait (2)
Maurice Keen

 

Maurice Keen portrait (3)
Maurice Keen, 1933-2012

 

* article destiné aux étudiants, aux agrégatifs, aux professeurs d'histoire.

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29 octobre 2016

la mesure de la circonférence terrestre par Eratosthène (IIIe siècle av.)

Diapositive1

 

 

 

la mesure de la circonférence terrestre

par Eratosthène (276-194 av.)

 

 

 

 

schéma 2

 

 

schéma 3
source

 

 

La Terre était déjà considérée comme sphérique au IVe siècle. Aristote l'avait démontré de manière pratique, en observant notamment les bateaux disparaître au loin. Mais Ératosthène en fit la démonstration en mesurant sa circonférence de manière purement géométrique.

Ératosthène (276-194 av. J.-C.) avait remarqué qu'au solstice d'été, le 21 juin, le soleil arrivait directement à la verticale dans un puits de la ville de Syène, située sur le tropique du Cancer : le puits était donc parfaitement éclairé.

Or, au même moment, à Alexandrie, un obélisque formait une ombre : le soleil n'était donc pas à la verticale en ce lieu. Ératosthène calcula que l'écart était de 7,2°. Connaissant la distance entre les deux villes, il calcula la circonférence terrestre à 250 000 stades, soit environ 39 375 km (40 075 km mesurés aujourd'hui), soit une marge d'erreur de 3 % !

source (après correction de date)

 

 

voir aussi

 

 

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27 août 2016

conventions d'écriture en histoire et en géographie

le XIXe siècle journal républicain et conservateur

 

 

Conventions d’écriture

en histoire et en géographie

 

 

A - En histoire, on écrit les années en chiffres communs (indo-arabes) et les siècles en chiffres romains.

Ex. : l'année 1337 appartient au XIVe siècle.

Ex. : l'année 2016 appartient au XXIe siècle.

 

chiffres romains tableau

 

 

B - En géographie, on ne dit pas le haut ni le bas d'une carte ; on ne dit pas : la Russie est à droite de l'Europe. Mais on utilise les points cardinaux et on dit : le nord ou le sud ; la Russie est à l'est de l'Europe.

Les noms des points cardinaux qui servent à exprimer une direction, une orientation, une position par rapport à un autre point, s'écrivent avec une minuscule.

Ex. : Ils se sont dirigés vers le nord-est.

Ex. : L'architecte prévoit d'exposer la terrasse au sud.

Ils s'écrivent également avec une minuscule quand ils ont la valeur d'un adjectif.

Ex. : L'hémisphère nord.

Ex. : L'axe nord-sud.

Ex. : 120° de latitude sud.

Mais on utilise les majuscules pour dire :

Ex. : le pôle Nord.

Ex. : le pôle Sud.

Ex. : le cap Nord.

Ou pour désigner la différence entre pays développés :

Ex. : les États du Nord.

et pays sous-développés ou en voie de développement :

Ex. : les pays du Sud.

 

Nord et Sud planisphère

 

 

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8 mars 2017

les grands philosophes en classe de Terminale

tableau philosophes

 

 

les grands philosophes

en classe de Terminale

Platon, Descartes, Hume, Kant, Nietzsche, Husserl, Sartre...

 

 

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Platon

 

Platon























Platon (427-347 av. JC)



- télécharger le texte des livres de Platon

- Platon et ses dialogues, par Bernard Suzanne

- le texte du Gorgias, de Platon, avec une notice d'Émile Chambry (1864-1938)


Platon est le disciple de Socrate (469-399). Socrate n'a jamais rien écrit, seul Platon (427-347) a rédigé des ouvrages. Platon est le fondateur de la philosophie occidentale.

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Socrate buvant la ciguë : La mort de Socrate, Jacques-Louis David, 1787
Socrate : il vaut mieux subir l'injustice que la commettre

- à propos de la phrase de Socrate, "il vaut mieux subir l'injustice que la commettre" : explication d'extraits du Gorgias de Platon et réflexion sur les notions de juste et d'injuste (par Bernard Piettre, professeur de philosophie, Annabac Hatier)

 

Socrate, philosophe et condamné à mort

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Socrate et Criton

 Toute l'œuvre de Platon est un hommage à Socrate : celui-ci conduit l'interrogation dans la plupart des dialogues. Or il n'a rien écrit et les témoignages des Anciens sur sa personne sont difficiles à accorder. Pour ses contemporains déjà il était une énigme vivante, le plus étrange, le plus déconcertant des hommes. Aristophane, dans les Nuées, le présente aussi malin que les pires sophistes [maîtres de l'art du discours, la rhétorique], mais perdu dans de nébuleuses spéculations astronomiques et météorologiques, comme les "physiciens" ses prédécesseurs.
Platon, qui avait quatre à cinq ans lors de cette comédie, la taxera de calomnie dans l'Apologie : loin de chercher à percer les secrets du ciel, Socrate, inspiré par le précepte delphique, "Connais-toi toi-même", s'est attaché à une sagesse toute humaine. (…)

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Socrate, film de Rossellini, 1970

 Signe de contradictions, Socrate a suscité les passions les plus violentes : l'amour impur d'Alcibiade, comme la ferveur du pur "philo-sophe", amant de la seule Sagesse, mais aussi la haine de ceux qui l'ont condamné à boire la ciguë.

l'ironie socratique

Par ses enquêtes perpétuelles, il s'était rendu insupportable à beaucoup. Désigné par l'oracle de Delphes comme le plus sage ou le plus savant des hommes (le grec sophos unit les deux acceptions), il voulut mettre à l'épreuve le savoir des autres, en découvrit les faux-semblants, et que lui seul savait qu'il ne savait rien.

Ainsi cheminant par les ruelles d'Athènes, il arrêtait le premier venu et l'interrogeait sur ce qui devait être de sa compétence : l'artisan sur sa technique, le poète sur son inspiration, deux généraux sur leur courage, un devin, c'est-à-dire un spécialiste de ce qui plaît aux dieux, sur la piété. Insensiblement conduit par des questions insidieuses, l'interlocuteur est bientôt pris aux rets de ses propres affirmations et commence par se débattre.

Cette interrogation qui se retourne contre toute réponse (tel est le sens étymologique de l'ironie socratique) le paralyse, comme le fait le poisson-torpille pour qui le touche. Souvent il s'irrite, d'autant plus que les assistants se rient de son embarras tant que leur tour n'est pas venu.

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Socrate, film de Rossellini, 1970

L'insolence de Socrate, se jouant avec prédilection des gens installés dans leur bonne conscience et leur mauvais foi, attachait à ses pas quantité de jeunes sans doute pressés de mettre ensuite leurs proches à l'épreuve, "n'épargnant ni père ni mère", dira Platon, et tiraillant les arguments en tous sens comme de jeunes chiens.

c'est la réaction démocratique qui condamne Socrate

Corruption de la jeunesse, énonce l'acte d'accusation. En outre le cercle socratique avait compté parmi ses familiers, non seulement le scandaleux Alcibiade, mais Charmide et Critias, du parti des Trente tyrans ayant régné quelques mois par la terreur, au moment où Athènes était vaincue par Sparte : le procès de Socrate eut lieu dans les années de violente réaction démocratique qui suivent leur chute.

Socrate, qui avait tenu tête à la stupide fureur populaire, lors de l'injuste condamnation des généraux vainqueurs des Arginuses, ne cachait pas ses sympathies pour la constitution lacédémonienne [Sparte]. Et son entourage pratiquait, assez largement semble-t-il, ces mœurs favorisées par l'éducation spartiate, et que Platon dira "contre-nature" (Phèdre, Lois). Aussi, mettra-t-il dans la bouche d'Alcibiade lui-même, avouant sa frustration, le plus net éloge de la chasteté de Socrate (Banquet).

Il expliquera aussi comment un jeune homme bien né [Alcibiade], mais ambitieux, qui a goûté au miel de la flatterie démagogique, se laisse mener par "la démesure, l'anarchie, la prodigalité, l'impudence" (République), même si en sa versatilité il se frotte parfois à la philosophie : par ce portrait allusif d'Alcibiade comme le type même du démocrate corrompu, Platon se retourne contre le mouvement populaire qui a coûté la vie à Socrate.
Sa propre origine aristocratique l'orientait dès sa jeunesse vers une vie active dans la cité, mais il en fut détourné par les excès de ses proches dans la tyrannie, qu'il considérera toujours comme le pire régime, puis par les aberrations de a démocratie, qui ne vaut guère mieux.

Cet affrontement de l'individu à la cité découvre à Platon la nécessité de transformer d'abord celle-ci par une législation confiée aux penseurs,qui assureront ainsi l'éducation de chacun : ainsi le procès de Socrate contribua-t-il à préciser la vocation du philosophe réformateur.

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Socrate, film de Rossellini, 1970

Mais, si aveugle fût-elle, la condamnation de Socrate était une réaction de défense de l'Athènes traditionaliste contre la passion de la discussion qui remettait en cause les valeurs de la cité : les croyances religieuses en étaient le ciment social.

Accusé de rejeter les dieux d'Athènes, et d'en introduire de nouveaux, Socrate y avait prêté par sa liberté d'esprit devant les justifications officielles de la piété, comme par son obéissance à une voix intérieure, "démon" personnel qui ne se manifestait que pour interdire ; et l'on pouvait taxer d'ironique la façon dont il retournait l'oracle proclamant sa sagesse supérieure, en la définissant comme simple conscience d'une totale ignorance.

Platon, Geneviève Rodis-Lewis, Seghers, 1965, p. 7-10

 

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Socrate, film de Rossellini, 1970

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Âme, Cité, cosmos

En fait, se manifeste, dans la théorie de Platon, une conception qui domine l'ensemble de la pensée antique. Elle considère l'ordre du monde, l'organisation de la Cité et l'agencement de l'Âme comme devant posséder naturellement une analogie ou une homologie des structures. Plus précisément, le cosmos, le "bien arrangé", fournit une sorte de plan et de dynamisme régulateurs indiquant comment se peuvent ordonner, selon leur vertu, l'univers politique et le monde individuel.

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C'est à l'intérieur de ce cadre que se pose le problème de la conduite : se conduire, c'est agir en un certain sens au sein du cosmos – dans le bon ou dans le mauvais sens--, se comporter politiquement pour ou contre l'essence de la Cité et assurer, en son âme, la prééminence à tel ou tel principe ; c'est donc, aux trois niveaux, tenter de faire dominer un ordre dont l'arrangement de la nature nous indique qu'il est l'ordre.

On voit clairement, dès lors, qu'il ne saurait y avoir, pour Platon, de distinction – cette distinction si opérante dans la pensée contemporaine – entre question politique et question morale. Ainsi que l'ont montré les analyses de La République, le sort de ce que nous appelons, nous, "sujet" est inséparable de celui du citoyen : la Cité corrompu pervertit les meilleurs naturels – c'est ce que rend évident le Livre V – de même que les âmes décadentes – comme le prouve le Livre VIII – déterminent le déclin politiques.

Salut individuel et solution aux problèmes de la collectivité s'édifient conjointement. C'est pourquoi une présentation approfondie de la théorie platonicienne de l'homme exigerait qu'à propos de chaque problème on évoque à la fois aspect moral, aspect politique et aspect cosmique. (…)

À la vérité, la problématique platonicienne de la conduite suppose un donné, ce triple donné que nous venons d'évoquer. Ce à quoi la Raison va donc pouvoir s'employer, c'est, ayant reconnu l'ordonnance des Essences, à fixer la stratégie convenable, une stratégie qui assure finalement, autant qu'il est possible, son triomphe. Et nous, nous avons à comprendre ce qu'il en est de l'Âme, de la Cité, du cosmos et quelles stratégies, différentes et liées, correspondent à chacun de ces domaines.

François Châtelet, Platon, Idées-Nrf, 1967, p. 194-196 ; rééd. Folio, 1989.

9782070325061FS

 

 

 

 

l'Âme des humains est triple

Nous devons supposer l'âme immortelle : le Phèdre et le Phédon ont établi que l'hypothèse selon laquelle le principe de vie ne meurt pas est la seule qui soit finalement acceptable. Elle confirme un enseignement très ancien et se trouve être dialectiquement la plus sérieuse. La possibilité même de la connaissance présuppose cette survie à travers tous les temps.
Nous n'avons sans doute pas suffisamment insisté sur ce point : ainsi que le prouve le texte célèbre du Ménon dans lequel Socrate permet à un adolescent inculte de développer un raisonnement correct concernant un problème mathématique difficile, il faut bien que celui-là qui cherche ait une sorte de prescience de ce qu'il avait à chercher et à trouver. Connaître n'est jamais que re-connaître.

Utilisant l'argument qui demeurera toujours valable contre ceux qui prétendent que toute connaissance vient de l'expérience, il souligne le fait que, dans l'expérience, on ne peut jamais en découvrir qu'on ne l'y ait déjà mis, qu'aucune généralisation à partir des faits donnés n'est capable de fournir le fait essentiel même qui permet de généraliser et que le terme abstrait, générateur de savoir universel; ne peut être construit que s'il a en germe un abstrait préalable, enfoui et redécouvert…

La théorie moderne de la connaissance a construit bien des variations – positives et négatives – autour de ce thème : Platon est plus direct et, comme nous l'avons déjà signalé, postule comme condition d'instauration de tout savoir universellement communicable, l'idée que l'Âme, préalablement à sa manifestation empirique au sein du monde phénoménal, est déjà en connivence avec le logos, avec la Raison, qu'elle a vécu, qu'elle vivra encore dans la communauté des Essences. Principe de vie qui contredit, comme tel, à la mort, l'Âme, principe de connaissance, répugne à cette variabilité incertaine qui est le propre des réalités soumises à la contingence de la dégénérescence temporelle.

Cependant, l'Âme, élément d'animation, reste ce dynamisme que nous éprouvons ici-bas et qui permet à la fois d'éprouver notre statut passionnel et d'aller au-delà : elle est enfoncée dans ce "tombeau" que sont les corps et la sollicitation sensible. Pour nous conduire effectivement, il faut que nous sachions comment faire avec ce désordre relatif qu'est la participation avec l'univers phénoménal, avec l'indéfini matériel. La question de la conduite est là – que le philosophe ne peut, en aucune manière, éluder.

À la complexité du statut de l'Âme, l'image proposée par Phèdre nous habitue. supposez un char à deux chevaux ; les chevaux sont impétueux ; l'un d'eux se veut rétif et préfère, comme systématiquement, le désir capricieux qui le traverse ; il s'abandonne à sa fantaisie et risque, à tout instant de faire verser l'attelage ; l'autre est tout aussi courageux et actif, mais lui, veut le bien, quoiqu'il ne sache pas, le plus souvent, comment le réaliser ; il va de l'avant, soucieux de maintenir l'unité et le projet de l'équipage. Il y a aussi le cocher : il sait – il doit savoir – où l'on va ; sa fonction est modératrice ; il a à mater le premier coursier, à diriger le second ; il a à imposer sa direction, quelque difficulté douloureuse qu'il en résulte. L'Âme réussie est celle qui reconnaît la prééminence du cocher.

La République présente, d'une manière plus didactique, le même schéma : l'analyse du donné empirique des comportements, des formes individuelles, montre que l'âme des humains est triple. Il y a une partie de cette âme, enfoncée étroitement dans le corps, qui est de l'ordre des pulsions et des besoins ; l'âme désirante, qui trouve son lieu corporel dans le ventre, cette "fonction en vertu de laquelle elle aime, a faim, a soif, éprouve des transports relativement à ses autres désirs" (La République, 439 d, éd. GF, p. 192).

À elle, s'oppose l'âme raisonnante, qui se situe dans la tête,qui s'est quasiment dégagée du domaine corporel, qui constitue la partie divine de l'homme, qu'on peut appeler, parce qu'elle est, par nature, en rapport avec l'intelligible, "l'œil de l'âme". Son rôle, quotidiennement, est de calculer, de prévoir, de mettre en question les caprices du désir ; sa tâche finale, nous l'avons vu abondamment, est de contempler les Essences.

Cependant, l'expérience conduit à admettre l'existence d'une fonction médiatrice : "Ne nous apercevons-nous pas, en maintes occasions, qu'un homme, poussé par la violence de ses désirs à agir contre la raison qui calcule, s'injurie lui-même et s'emporte contre ce qu'il y a en lui-même, dont il subit la violence ; et que, comme s'il s'agissait d'une lutte entre deux partis, la raison trouve un allié dans l'ardeur de sentiments qu'anime un tel homme" (La République, 440 ab, éd. GF, p. 193).

Entre la pulsion et la raison, entre l'âme subjuguée par le corps et l'Âme éprise des Idées, il y a le courage, le cœur, qui ne sait pas, mais qui veut et pressent confusément l'ordre du Bien.

Bref, au manichéisme simple que supposaient les doctrines religieuses, Platon substitue une analyse plus nuancée : nous verrons ultérieurement la confirmation cosmique et politique que le fondateur de la philosophie occidentale donne à cette conception "psychologique". Il reste que celle-ci – comme telle – implique une certaine stratégie morale… Laissé à lui-même, à supposer qu'il puisse en être ainsi (et, de toute évidence, Platon évoque cette éventualité), l'homme individuel a affaire à cette triplicité, il a à s'y reconnaître. La multiplicité admise pose des différences de fait, mais elle exige un ordre…

Cet ordre, toute la "morale" platonicienne le définit. L'image du Phèdre, la description de La République indiquent clairement que ce à quoi doit tendre l'individu, c'est à réaliser en-soi la bonne hiérarchie, à assurer le pouvoir du cocher, à faire que le désir se soumette au courage et celui-ci à la raison.

Il s'agit toujours de "libérer" la partie divine de l'âme : cette remontée purificatrice peut s'accomplir selon deux techniques : ou bien, par l'exercice intellectuel, la partie calculatrice se rend plus ferme et accroît son pouvoir en mettant, à leur niveau, les instances seconde et troisième, en réalisant pratiquement l'autorité que lui confère sa dignité ontologique ; ou bien jouant le jeu de "l'amour", elle s'active à mobiliser l'énergie du "bon cheval", celui que son impétueuse vertu dirige vers le Bien

François Châtelet, Platon, Idées-Nrf, 1967, p. 196-199

 

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céramique grecque, 500-490 av. JC

Le Banquet (l'amour)

Le Banquet est quelquefois désigné sous le nom de Discours sur l'amour. C'est en effet une suite de discours qui furent censés tenus au banquet donné par le poète Agathon, quand il remporta le prix au concours de tragédie, avec son premier ouvrage (vers 416 av.).

Un ami d'Apollodore, disciple de Socrate, le prie de raconter ce qui s'était dit à ce banquet. Justement quelques jours auparavant un certain Glaucon lui avait déjà fait la même demande : il se trouvait donc bien préparé à faire le récit de cet entretien. Ce n'est pas qu'il eût pris part lui-même au banquet, lequel remontait à quelque seize années plus tôt ; mais il avait été renseigné par un disciple fidèle de Socrate, Aristodème, et, en questionnant Socrate lui-même sur certains détails, il s'était convaincu de la véracité et de l'exactitude du narrateur. Or voici ce que racontait Aristodème.

Émile Chambry (1964),
présentation de l'édition Garnier-Flammarion
(il existe une nouvelle traduction dans cette collection, 1998)


 

Diapositive1

le dispositif de narration dans Le Banquet (M. Renard)

 
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documents vidéos

- le discours d'Aristophane dans le Banquet, lu par Jean-François Balmer (vidéo) : le mythe de l'androgynie

- extrait du film de Ferreri : passage du Banquet au cours duquel Socrate prête sa voix à Diotime (1)

- extrait du film de Ferreri : passage du Banquet au cours duquel Socrate prête sa voix à Diotime (2)

le Banquet, dialogue des disciples

On a souvent fait remarquer que Le Banquet est le dialogue des disciples : Apollodore et Aristodème, les deux narrateurs, l’un relatant le récit de l’autre, sont des disciples de Socrate, toujours à l’affût de ce qu’il dit ou fait, ou encore, amoureux de lui ; Phèdre, Pausanias, Eryximaque et Agathon peuvent être considérés comme des élèves des Sophistes, car Le Protagoras nous les fait voir appartenant au cortège des admirateurs d’Hippias ou de Prodicos (314e-316a), tandis que la plaisanterie de Socrate associe Agathon à Gorgias (Banquet, 198 c) ; Alcibiade, qui fait l’éloge de Socrate, raconte comment Socrate a refusé d’être l’amant éducateur qu’il lui demandait d’être pour lui, dans l’espoir qu’il lui enseignât tout ce qu’il savait, et il est peut-être ce mauvais disciple que bon nombre d’Athéniens reprochaient à Socrate d’avoir eu ; Socrate, enfin, fut à l’école de Diotime de Mantinée, une prêtresse, une étrangère, une femme.

M.-F. Hazebroucq, "la leçon de Diotime"
Philosophie, Bulletin de Liaison, n° 2
CRDP, Académie de Versailles, mars 1993

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la mythologie dans Le Banquet

Alceste

Dans Le Banquet, elle apparaît au début : "Il est certain que les amants seuls savent mourir l'un pour l'autre, et je ne parle pas seulement des hommes, mais aussi des femmes. La fille de Pélias, Alceste, en fournit à la Grèce un exemple probant : seule elle consentit à mourir pour son époux, alors qu'il avait son père et sa mère, et son amour dépassa de si loin leur tendresse qu'elle les fit paraître étrangers à leur fils et qu'ils semblèrent n'être ses parents que de nom ; et sa conduite parut si belle non seulement aux hommes, mais encore aux dieux qu'elle lui valut une faveur bien rare. Parmi tant d'hommes, auteurs de belles actions, on compterait aisément ceux dont les dieux ont rappelé l'âme de l'Hadès [l'enfer] : ils rappelèrent pourtant celle d'Alceste par admiration pour son héroïsme : tant les dieux mêmes estiment le dévouement et la vertu qui viennent de l'amour !"

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la mort d'Alceste, ou l'héroïsme de l'amour conjugal, Pierre Peyron (1785)

explication - Alceste, la plus belle fille de Pélias [celui qui envoya Jason à la conquête de la Toison d'Or], fut demandée en mariage par des rois et des princes. Finalement, elle épousa Admète. Ce dernier, roi de Phères, avait gagné sa main grâce à l'aide d'Apollon. Mais il oublia de rendre un sacrifice à Artémis, sœur d'Apollon. La déesse outragée punit cet oubli en envoyant des serpents dans sa chambre nuptiale.
Plusieurs versions de la suite de cette histoire existent. Toujours est-il qu'au moment de mourir, Admète obtint d'Artémis d'être sauvé si un membre de sa famille s'offrait volontairement à mourir à sa place. Son père et sa mère refusèrent en disant que la vie leur apportait encore beaucoup de joies et qu'il devait, quant lui, accepter son sort.
Alors, sans qu'on ne lui eut rien demandé, Alceste, par amour, avala du poison et son ombre descendit au Tartare.
Certains disent que Perséphone, pensant qu'il était injuste qu'une femme meure à la place de son mari, lui cria "Va-t'en, remonte vers la lumière !" D'autres racontent que Hadès en personne était venu chercher Admète, et qu'Alceste, alors que son mari s'enfuyait, s'offrit pour prendre sa place. C'est Héraklès qui sauva Alceste au terme d'un combat avec Hadès.

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Héraklès luttant contre la mort pour sauver Alceste, par Leighton (1871)

( à suivre pour le Banquet...)

 

 

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Descartes

 

descartes

René Descartes (1596-1650)

 

- un cours vidéo en ligne sur la formule "Je pense donc je suis" (cogito ergo sum)

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- Descartes et la philosophie : étude d'un texte tiré de Principes de la philosophie (1644), par Sylvain Reboul, professeur honoraire de philosophie

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le morceau de cire


«Prenons par exemple ce morceau de cire ; il vient tout fraîchement d'être tiré de la ruche, il n'a pas encore perdu la douceur du miel qu'il contenait, il retient encore quelque chose de l'odeur des fleurs dont il a été recueilli...» Il faut lire tout ce passage de la Deuxième Méditation, et plus d'une fois.

Il nous suffit maintenant de retrouver Descartes vivant, Descartes devant la chose, Descartes en qui perception et attention ne sont jamais séparées. C'est un beau trait de lui d'avoir attendu de rencontrer la neige pour en penser quelque chose, heureux alors, selon sa propre expression, que les idées lui tombassent du ciel. Ce n'est pas ici un homme qui arrange ses idées au mieux, mais bien plutôt il pense l'univers présent, et il ne pense rien d'autre, comme on a vu aussi dans ses méditations sur le doute, où c'est des corps présents et perçus, le feu, la lampe, les manteaux, que l'âme rebondit. Telle est la règle de réflexion, toujours méconnue. Mais il s'agit maintenant de savoir ce que je pense d'un corps réel.

Et cette célèbre analyse du morceau de cire consiste en ceci, que j'en puis changer la forme en le maniant, la solidité en l'approchant du feu, jusqu'à voir périr couleur, odeur et consistance, je dirais jusqu'à voir perdue cette cire, en vapeur, en flamme, en fumée. «La même cire demeure-t-elle encore après ce changement ? Il faut avouer qu'elle demeure ; personne n'en doute, personne n'en juge autrement.»

La cire n'est donc point cette odeur, cette couleur, cette consistance, cette figure. Les sens ne la saisissent point en son être ; c'est l'entendement qui la doit poursuivre. Mais non point hors de la perception ; quoi que je doive pense du morceau de cire, «c'est le même que j'ai toujours cru que c'était au commencement». Mais qu'en dois-je penser ?

Ici le lecteur méditant tombe comme dans un trou. Il ne faut pas avoir peur, mais plutôt, délivrés maintenant de l'image, suivre intrépidement une idée dont personne ne doute. Je brûle donc cette cire, ou bien je la volatilise ; elle se perd en cet univers ; mais l'entendement l'y suit toujours. Les atomes, comme nous disons, de carbone et d'hydrogène, ne sont point détruits ; ils ont leur lieu et place.

Mais posons encore qu'ils soient détruits, nous n'entendons pas par là autre chose que ceci, c'est qu'ils soient dissociés ou divisés, méconnaissables en des arrangements nouveaux dont nous n'avons peut-être pas l'idée ; mais enfin, les morceaux ou fragments ou éléments de cette cire, quels qu’ils puissent être, sont certainement quelque part, loin ou près, en telle direction ou en telle autre, séparés ou agglomérés, se rapprochant de tels éléments, s'éloignant de tels autres, contrariant ou favorisant ici ou là quelque mouvement de feu ou de vapeur, ou bien pris de nouveau dans quelque solide, feuille d'arbre ou coquillage. Je les ai perdus de vue, je ne sais pas dire précisément ce qu'ils sont ni où ils sont, mais ils sont parties de cet univers ; il n'en sont point sortis. Je répète, avec notre philosophe : «Personne n'en doute, personne n'en juge autrement»

Ils sont quelque part, ici ou là ; je ne puis vaincre cette pensée. Aucun d'eux n'est en même temps ici et là ; c'est dire qu'ils tombent sous des dimensions déterminées, qu'un certain rapport de direction et de résistance est vrai à chaque instant entre eux et les autres choses. Tel est leur être, dont je ne puis les dépouiller. Qu'est-ce donc que cette existence, qui peut être rompue et dispersée de mille manières, mais qui ne cesse point de concourir avec toutes les autres choses, poussant et poussée, pressant et pressée ?

Alain (Émile Chartier), Idées, introduction à la philosophie (1939)

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le "Je pense" cartésien : une perspective instantanéiste

Une étude de la réalité humaine doit commencer par le cogito. Mais le "Je pense" cartésien est conçu dans une perspective instantanéiste de la temporalité. Peut-on trouver au sein du cogito un moyen de transcender cette instantanéité ? Si la réalité humaine se limitait à l'être du "Je pense", elle n'aurait qu'une vérité d'instant. Et il est bien vrai qu'elle est chez Descartes une totalité instantanée, puisqu'elle n'élève, par elle-même, aucune prétention sur l'avenir, puisqu'il faut un acte de "création" continuée pour la faire passer d'un instant à l'autre. Mais peut-on même concevoir une vérité de l'instant ?

Jean-Paul Sartre, L'être et le néant (1943), éd. Tel-Gallimard, 1993, p. 123.

 

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source

 

 

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Hume



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David Hume (1711-1776)


La philosophie de Hume est l'héritère du courant empiriste qui s'est développé en Angleterre aux XVIIème et XVIIIème siècles. Le maître mot de l'empirisme c'est que toute connaissance procède des sens, et il n'y a rien dans notre entendement qui n'ait d'abord été dans les sens ("Nihil est in intellectu quid non prius fuerit in sensu").

À la suite de Locke, Hume va s'opposer au rationalisme classique, pour qui la connaissance provient soit d'idées innées, soit de principes abstraits et a priori qui structurent notre pensée.

Pour les empiristes, les idées sont formées à partir de l'expérience et la connaissance provient de l'observation sensible.

Dans le Traité de la nature humaine, le dessein du philosophe écossais est de tracer les limites du connaissable en se consacrant à la recherche d'une science de la nature humaine :

"Il n'y a pas de question importante dont la solution ne soit comprise dans la science de l'homme ; et il n'y en a aucune qui puisse se résoudre avec quelque certitude, tant que nous ne connaissons pas cette science. Quand nous prétendons expliquer les principes de la nature humaine, nous proposons en fait un système complet des sciences" (Traité de la nature humaine, introduction).

De fait, dans la première partie du Livre I, "Théorie et entendement", du Traité, tout comme dans les trois premières des douze sections de L'enquête sur l'entendement humain, Hume va se livrer à l'examen attentif de la manière dont se forment en nous les pensées, suivant en cela la méthode empruntée à la science de Newton.

Michel Liégeois, professeur de philosophie
source

 

- les Dialogues sur la religion naturelle de David Hume, par Michel Liégeois

9782711617944







  
pg_2238



 

 

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Kant

 

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Emmanuel Kant (1724-1804)

 

- "Kant critique la métaphysique, dans sa prétention à être une science ; pour lui l'homme ne peut connaître la réalité telle qu'elle est en soi mais que telle qu'elle est pour nous" (Carole Bline, prof. philo, source)

- commentaire d'un texte de Kant sur la conscience (extrait de l'Anthropologie du point de vue pragmatique) - par Carole Bline

 

selon Kant, notre conscience est limitée de façon sensible par un monde extérieur à elle

Le «moment kantien» représente un retournement de perspective sans précédent dans l’histoire de la pensée. La Critique de la raison pure est en effet le théâtre du renversement  de la relation qui fut, depuis l’aube de la métaphysique moderne, celle de la finitude et de l’Absolu. La philosophie des XVIIe et XVIIIe siècles pensait la finitude en posant d’abord Dieu, l’Absolu, pour situer ensuite la condition humaine dans l’ordre du moindre.

C’était la démarche de Descartes, mais aussi celle de Spinoza ou de Leibniz : l’homme apparaît ainsi, par rapport à Dieu, comme un être fini, un être de manque, ce qui se traduit par l’ignorance, la sensibilité, la mort et le péché.

Kant, au contraire, commence par la finitude ; il met en évidence, comme le fait premier dont il faut partir pour aborder toutes les autres questions de la philosophie, le simple fait que notre conscience soit toujours déjà limitée de façon sensible par un monde extérieur à elle, et qu’elle n’a pas créé. S’en déduit l’impossibilité de relativiser le point de vue de la finitude par rapport à un entendement divin infini, dont il demeure hors de portée de la connaissance  humaine de démontrer l’existence ; la figure divine de l’Absolu se trouve rabaissée au rang d’une «Idée», de simple point de vue de la raison humaine.

Le retrait du divin se manifeste ainsi, dans la Critique de la raison pure, par une sécularisation de l’idée de Dieu au niveau de la théorie de la connaissance. La notion d’omniscience est renvoyée à l’ordre de l’illusion métaphysique (...) : Dieu n’est plus au fond que l’effet d’un processus par lequel la raison devenue folle croit dans l’existence réelle de ses propres produits.

Cependant cette omniscience divine, réduite à n’être qu’une idée de la raison, demeure, lors même que l’on a admis son caractère non objectif, l’horizon de sens nécessaire au progrès de l’activité scientifique. Dans la Critique de la raison pratique, Dieu acquiert une existence moins illusoire, mais il ne représente rien d’autre que l’idéal moral de l’humanité, c’est-à-dire un postulat posé en fonction des exigences de la finitude humaine en matière morale.

L’œuvre de Kant, c’est ce qui lui confère aujourd’hui encore son originalité et son actualité, nous invite à penser non seulement la politique et le droit, mais aussi l’éthique et la culture, indépendamment d’une dérivation de  type théologique. Cela fait assurément de Kant le penseur de cette Europe qui, après avoir été le continent des nations chrétiennes, va devenir le continent de la laïcité.

                           Luc Ferry, philosophe
source

- "un résumé de l'introduction à Kant, de G. Pascal (Bordas)", par Stéphane Barbery

- Kant : "Qu'est-ce que les Lumières ?" (1784), texte intégral

- présentation de Kant et de sa philosophie, par Jacqueline Russ

- le kantisme est un idéalisme mitigé de réalisme, E. Janssens

 

9782080713049FS         9782080710901

 

 

 

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Nietzsche

 

nietzsche


























Friedrich Nietzsche (1844-1900)

- le thème de la volonté de puissance - l'idée de décadence de la philosophie occidentale - l'idée de surhomme (qui ne doit pas être confondue avec l'idée de "race supérieure" du nazisme)

 

- éléments de biographie de Nietzsche, par Daniel Pimbé (site académie Grenoble)

- tableau de l'inversion des valeurs dans Le Gai Savoir et dans Ainsi parlait Zarathoustra (site Geocities)

 

 

 

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Husserl

 

Husserl

Edmond Husserl (1859-1938)

Quiconque veut vraiment devenir philosophe devra "une fois dans sa vie" se replier sur soi-même et, au-dedans de soi, tenter de renverser toutes les sciences admises jusqu'ici et tenter de les reconstruire. La philosophie - la sagesse - est en quelque sorte une affaire personnelle du philosophe. Elle doit se constituer en tant que sienne, être sa sagesse, son savoir qui, bien qu'il tende vers l'universel, soit acquis par lui et qu'il doit pouvoir justifier dès l'origine et à chacune de ses étapes, en s'appuyant sur ses intuitions absolues.

Du moment que j'ai pris la décision de tendre vers cette fin, décision qui seule peut m'amener à la vie et au développement philosophique, j'ai donc par là même fait voeu de pauvreté en matière de connaissance. Dès lors il est manifeste qu'il faudra alors me demander comment je pourrais trouver une méthode qui me donnerait la marche à suivre pour arriver au savoir véritable.

Les Méditations de Descartes ne veulent donc pas être une affaire purement privée du seul philosophe Descartes, encore moins une simple forme littéraire dont il userait pour exposer ses vues philosophiques. Au contraire, ces méditations dessinent le prototype du genre de méditations nécessaires à tout philosophe qui commence son oeuvre, méditations qui seules peuvent donner naissance à une philosophie.

Husserl, Méditations cartésiennes, éd. Vrin, p.15


la phénoménologie vient à la place de la philosophie

La tâche de la philosophie est, pour Husserl, induite et déterminée très strictement à partir de la dispersion des différents ensembles pratiques et théoriques qui, sciences ou systèmes de valeurs, forment des positivités technologiques comme instruments d'emprise sur le monde.

La philosophie consiste au contraire dans la recherche et la prise de conscience du sens de ces systèmes dans lesquels l'activité et la pensée sont naïvement engagées. Former cette prise de conscience, vivre en elle, c'est comprendre que le monde, avec son être naturel et objectif donné, est, de part en part, constitué par et pour l'être-sujet. Cette philosophie est incontestablement idéaliste et s'est désignée comme telle.

Mais, alors que toute la tradition philosophique depuis Descartes s'est contentée du retour au sujet comme solution du problème de la connaissance, l'exploration de ce qu'est l'être-sujet devient, pour Husserl, le problème et requiert une méthode qui va bouleverser toutes les conceptions jusqu'alors reçues.

Sous le nom de phénoménologie, cette méthode définit la philosophie husserlienne ; ou, plus conformément à l'idée qui l'anime, avec Husserl, la phénoménologie vient à la place de la philosophie, dont elle prend en charge tout le sens.

Elle se présente comme seule capable de formuler et de remplir la tâche universelle, de résoudre la double énigme de l'existence d'un monde formé d'objets et de l'existence de sujets qui sont dans le monde, et pour lesquels seuls pourtant ce monde est.

Grâce à la phénoménologie, Husserl a eu l'intention de donner à la philosophie contemporaine un statut de scientificité absolue (apodictique) [jugement dont la vérité ne peut être contredite, expérience indubitable] qui ferait d'elle l'œuvre non d'un individu, mais d'une communauté de chercheurs, ayant pour but d'appliquer le même type d'analyse à tous les domaines de la connaissance et de la vie. Cette intention est purement théorique ; elle affirme la prévalence de la conscience philosophique dans la destination dernière de la raison.

La tâche inaugurale de conférer à la philosophie le statut définitif de la science se confond d'ailleurs pour Husserl avec l'idée de la reviviscence en elle d'une motivation profonde de l'humanité européenne depuis les Grecs, qui a donné naissance à la raison scientifique, mais en laissant celle-ci, au cours des siècles, ignorante de sa structure secrète et de sa fin.

René Schérer, "Husserl", Histoire de la philosophie, III, vol. 1
(Gallimard, 1974), Folio, 1996, p.527-528.

 

9782070703470FS      9782070717194FS




 

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Sartre

 

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Jean-Paul Sartre (1905-1980)

"Jean-Paul Sartre était, dans les premières années qui ont suivi la Deuxième Guerre mondiale, le philosophe le plus commenté d'Europe. Certes, il doit surtout sa célébrité dans les milieux non philosophiques à ses romans et pièces brillamment écrits et aussi aux résumés superficiels de sa doctrine (L'existentialisme est un humanisme, 1946). Mais, au-delà, Sartre est l'auteur d'une série d'ouvrages strictement philosophiques et mérite d'être considéré comme un classique de la philosophie contemporaine, grâce en particulier à son ouvrage capital, livre volumineux, difficile et très technique, L'Être et le Néant, essai d'ontologie phénoménologique (1943).

On méconnaît Sartre en ne voyant en lui qu'un écrivain. Il est non seulement un philosophe spécialisé au style de pensée très précis, technique et original, mais encore de tous les philosophes de l'existence celui qui est le plus près de la philosophie de l'être. Il faut aussi remarquer que c'est justement chez lui, seul philosophe qui professe ouvertement l'existentialisme, que l'on ne trouve pas certain caractère poético-romantique souvent propre à cette philosophie.

Son système est, au contraire, construit avec une logique rigoureuse, dans un sens tout à fait rationaliste, on pourrait presque dire aprioriste. Sans doute Sartre fait, la plupart du temps, de l'anthropologie, mais cette anthropologie repose sur une ontologie, elle consiste presque exclusivement dans l'application logique de principes ontologiques à l'homme et à ses problèmes. On peut voir à juste titre, dans cette philosophie, une expression du désespoir de l'homme d'après-guerre, spécialement du Français, et trouver qu'elle correspond à la "Weltanschauung" d'un être sans croyance, sans famille, sans but de vie.

Il est clair aussi que l'influence de Sartre s'explique dans une mesure non négligeable par le fait que sa pensée tourne autour des problèmes théologiques et, en fait, dans un sens athéiste. Il est, malgré tout, incontestable que son système philosophique comme tel a une signification éminente et que l'acuité avec laquelle Sartre a saisi plusieurs problèmes métaphysiques fondamentaux est digne d'admiration."

Joseph Bochenski, La philosophie contemporaine en Europe,
col. "Petite Bibliothèque Payot" no. 7, Paris, Payot, 1967, p. 142.

 

la liberté est fondement de toutes les essences

(…) si la condition fondamentale de l'acte est la liberté, il nous faut tenter de décrire plus précisément la liberté. Mais nous rencontrons d'abord une grosse difficulté : décrire, à l'ordinaire, est une activité d'explicitation visant les structures d'une essence singulière.
Or, la liberté n'a pas d'essence. Elle n'est soumise à aucune nécessité logique ; c'est d'elle qu'il faudrait dire ce que Heidegger dit du Dasein en général : "En elle l'existence précède et commande l'essence". La liberté se fait acte et nous l'atteignons ordinairement à travers l'acte qu'elle organise avec les motifs, les mobiles et les fins qu'il implique. Mais précisément parce que cet acte a une essence, il nous apparaît comme constitué ; si nous voulons remonter à la puissance constitutive, il faut abandonner tout espoir de lui trouver une essence. Celle-ci, en effet, exigerait une nouvelle puissance constitutive et ainsi de suite à l'infini.
Comment donc décrire une existence qui se fait perpétuellement et qui refuse d'être enfermée dans une définition ? La dénomination même de "liberté" est dangereuse si l'on doit sous-entendre que le mot renvoie à un concept, comme les mots font à l'ordinaire. Indéfinissable et innommable, la liberté ne serait-elle pas indescriptible ?
Nous avons rencontré de semblables difficultés lorsque nous avons voulu décrire l'être du phénomène et le néant. Elle ne nous ont pas arrêté. C'est qu'en effet il peut y avoir des descriptions qui ne visent pas l'essence mais l'existant lui-même, dans sa singularité. Je ne saurais, certes, décrire une liberté qui serait commune à l'autre et à moi-même : je ne saurais donc envisager une essence de la liberté.
C'est au contraire la liberté qui est fondement de toutes les essences, puisque c'est en dépassant vers ses possibilités propres que l'homme dévoile les essences intramondaines. Mais il s'agit en fait de ma liberté.
Pareillement, d'ailleurs, lorsque j'ai décrit la conscience, il ne pouvait s'agir d'une nature commune à certains individus, mais bien de ma conscience singulière qui, comme ma liberté, est par delà l'essence ou – comme nous l'avons montré à plusieurs reprises – pour qui être c'est avoir été.
Cette conscience, je disposais précisément pour l'atteindre dans son existence même d'une expérience particulière : le cogito. Husserl et Descartes, Gaston Berger l'a montré [Gaston Berger : Le Cogito chez Husserl et chez Descartes, 1940], demandent au cogito de leur livrer une vérité d'essence : chez l'un nous atteindrons à la liaison de deux natures simples, chez l'autre nous saisirons la structure eidétique de la conscience. Mais si la conscience doit précéder son essence en existence, ils ont commis l'un et l'autre une erreur.
Ce qu'on peut demander au cogito, c'est seulement de nous découvrir une nécessité de fait. C'est aussi au cogito que nous nous adresserons pour déterminer la liberté comme liberté qui est nôtre, comme pure nécessité de fait, c'est-à-dire comme un existant contingent, mais que je ne peux pas ne pas éprouver.
Je suis, en effet, un existant qui apprend sa liberté par ses actes ; mais je suis aussi un existant dont l'existence individuelle et unique se temporalise comme liberté. Comme tel je suis nécessairement conscience (de) liberté, puisque rien n'existe dans la conscience sinon comme conscience non-thétique de ma nature ; elle est très exactement l'étoffe de mon être ; et comme mon être est en question dans mon être, je dois nécessairement posséder une certaine compréhension de la liberté.

Jean-Paul Sartre, L'être et le néant (1943), éd. Tel-Gallimard, 1993, p. 492-493.

9782070293889FS

 


- essence : en philosophie, terme qui désigne le caractère propre ou la nature même d’un objet, d’un être ou d’une idée, par opposition à ses propriétés contingentes. Ainsi, si l’on admet que l’essence de Socrate est d’appartenir au genre humain, dire qu’il est un être humain est alors une vérité nécessaire.
Certains philosophes considèrent que l’essence d’un objet est ce qui constitue son identité, autrement dit ce qui fait que l’objet est ce qu’il est.
Pour Aristote, la définition d’une chose énonce son essence. On ne parvient à la compréhension scientifique d’une chose que si l’on saisit son essence. Aristote identifie l’essence de l’objet à sa forme substantielle : ainsi, l’essence de Socrate est d’être un être humain et l’essence d’une maison est d’être un abri pour les hommes et les biens. (encyclopédie Encarta) - l'essence dans l'histoire de la philosophie





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dossier : Michel Renard

 

 

chouette

"Ce n’est qu’à la tombée de la nuit que la chouette de Minerve
prend son envol" (Hegel)

 

 

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12 janvier 2017

Napoléon Bonaparte, une vie (résumé)

Bonaparte premier consul, François Gérard, 1803
Bonaparte, premier consul, par François Gérard, 1803

 

 

Napoléon Bonaparte, une vie

résumé

 

Napoléon Bonaparte est né le 15 août 1769 à Ajaccio, en Corse.

[Formation militaire : lieutenant d'artillerie, puis capitaine, puis général en 1793. Partisan des idées révolutionnaires et républicaines. Proche de Robespierre. En octobre 1795, il protège le Directoire en réprimant au canon l'insurrection royaliste à Paris : 13 Vendémiaire]

En 1796, l’Angleterre et l’Autriche sont en guerre contre la France et Bonaparte prend la tête de l’armée d’Italie pour aller attaquer les Autrichiens qu’il bat à Lodi, Arcole et Rivoli.

Quant à l’Angleterre, il décide de l’attaquer en Égypte pour couper les routes commerciales vers les colonies anglaises des Indes. En 1798, Bonaparte gagne donc l’Égypte avec une armée, mais aussi des savants chargés d’étudier le pays. Cependant, la France connaît alors une grave crise politique, économique et sociale.

En 1799, Bonaparte revient à Paris et, le 18 Brumaire (9 novembre 1799), il chasse le gouvernement et prend le pouvoir : il devient Premier Consul puis, le 2 décembre 1804, il est sacré Empereur sous le nom de Napoléon Ier. Inquiets de l’ambition de Napoléon, les Anglais, les Russes et les Autrichiens déclarent la guerre à la France. Mais, le 2 décembre 1805, Napoléon remporte sur les armées austro-russes une grande victoire à Austerlitz.

En France, Napoléon réorganise l’administration et place des préfets à la tête des départements ; il crée en 1800 la Banque de France ; en 1802, la Légion d’honneur ; en 1803, une nouvelle monnaie, le franc ; en 1804, il fait publier le Code civil.

Cependant, l’Europe veut la chute de l’Empereur. Entre 1806 et 1814, Napoléon se bat contre les Prussiens, les Autrichiens, les Espagnols, les Russes, les Anglais.

En 1814, il doit abdiquer et partir en exil pour l’île d’Elbe, en Méditerranée.

Louis XVIII, un frère de Louis XVI, est rétabli sur le trône de France, mais il devient vite impopulaire. Le 1er mars 1815, Napoléon quitte l’île d’Elbe, revient à Paris et gouverne de nouveau au cours des Cent Jours, du 20 mars au 8 juillet 1815. Anglais, Russes, Prussiens et Autrichiens s’unissent contre Napoléon Ier et le battent en Belgique, à Waterloo.

L’Empereur se rend aux Anglais qui l’exilent sur l’île de Sainte-Hélène où il meurt le 5 mai 1821.

François Pernot, "Napoléon Bonaparte, une vie comme un roman...",
La revue pour l’histoire du CNRS [En ligne], 24|2009, mis en ligne le 05 octobre 2009.
URL : http://histoire-cnrs.revues.org/9162

 

Bonaparte par Jacques-Louis David
Bonaparte, portrait inachevé, par Jacques-Louis David, 1798

 

Napoléon Bonaparte chrono 1769-1799

 

 

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2 novembre 2016

cartographie, projections

 

brouillon

Géographie :

les cartes et le langage cartographique

 

 

 

I - Définitions

 

a) définition générale : représentation graphique conventionnelle de données concrètes (relief...) ou abstraites (agrégats économiques, flux...) localisées sur le globe terrestre.

 

b) définition plus technique : représentation fondée sur un langage (système de signes codés) qui construit une image analogue d'un espace(il existe une relation immédiate, intuitive entre la carte et le terrain, une proportionnalité entre les longueurs, celles de la réalité et celles de la carte).

  • vidéo 1 : représenter la Terre et la cartographier.

 

 

 

I - La projection cartographique
Représenter une sphère sur une surface plane et rectangulaire déforme nécessairement l'espace terrestre. Cela s'appelle une projection cartographique.

1) la projection de Mercator (1565)

 

projection Mercator et déformation longitudes

la longitude est la distance entre deux méridiens

 

projection Mercator centrée sur l'Amérique

projection Mercator centrée sur l'Amérique

 

 

Cette projection est dite cylindrique car elle consiste à projeter tout point du globe terrestre, assimilé à une sphère, sur un cylindre tangent à l'Équateur.

 

cylindre Mercator

 

Après une telle projection, si on développe le cylindre (on le "déroule"), les parallèles, cercles de la sphère parallèles au plan de l'équateur, projetés auront tous la même longueur.

Ce qui est ennuyeux pour une bonne conformité, car plus la latitude est élevée, plus les parallèles sont "petits". La projection conduit alors à une représentation d'autant plus aplatie et étirée que la latitude est élevée, c'est-à-dire en se rapprochant des pôles.

 

  • vidéo 2 : la projection cartographique.

 

 

vidéo 3 : la déformation subie par l'usage du cylindre pour porter sur une surface plane le globe terrestre.

 

 

 

vidéo 4 : la projection cartographique et ses méthodes.

 

 

 

1) la projection de Peters (1973)

 

 

projection de Peters ou Gall-Peters

 

 

La projection de Peters, ou projection de Gall-Peters d'après James Gall (1808-1895) et Arno Peters (1916-2002), est une projection cartographique qui, contrairement à celle de Mercator, tente de prendre en compte la taille réelle des continents.

Elle maintient la proportion entre les surfaces sur la carte et les surfaces réelles : l’Afrique apparaît bien 14 à 15 fois plus grande que le Groenland.

Mais cette carte ne garde pas les bonnes formes des continents au contraire de la carte de Mercator.

Néanmoins, ce type de cartographie permet de mettre en avant les pays dits du Sud contrairement à celle de Mercator qui promeut une certaine hégémonie des pays de l’hémisphère Nord en fournissant de fausses informations géographiques : l’Amérique du Sud qui semble beaucoup plus petite que le Groenland alors qu’elle est en réalité 7 à 8 fois plus grande ou encore l’Afrique qui apparaît comme étant deux fois plus petite que la Russie alors qu’elle le dépasse par près de deux fois en superficie.

La projection de Peters est donc souvent utilisée en géographie pour étudier les pays du Tiers-Monde et permet d’éviter la vision parfois jugée trop colonialiste de la projection de Mercator.

 

  • vidéo 5 : la projection Mercator et celle de Peters.

 

 

 

28 juillet 2016

Victor-Hugo (1802-1885) : un écrivain et une conscience dans le siècle

Victor Hugo huit portraits

 

 

Victor-Hugo (1802-1885) :

un écrivain et une conscience dans le siècle

 

 

Victor Hugo politique en images
quelques étapes de Victor Hugo en politique

 

commentaire des images

Victor Hugo, immense écrivain français du XIXe siècle, s’est engagé en politique tout au long de sa vie. Mais son parcours a varié.

La première image nous le montre en pair de France, de 1845 à 1848. Sachant que c’était le roi Louis-Philippe qui l’avait nommé, on peut en déduire que Hugo était partisan de la monarchie. constitutionnelle.

La deuxième image nous montre l’écrivain inaugurant la plantation d’un arbre de la Liberté le 2 mars 1848. Cette tradition remonte à la Révolution française. L’événement a lieu quelques jours après la révolution de février 1848. Il témoigne donc d’une certaine approbation de Victor Hugo pour la révolution qui a proclamé la République le 25 février précédent.

Mais, élu député le 23 avril 1848, il siège parmi les conservateurs. En décembre 1848, il soutient la candidature de Louis-Napoléon Bonaparte à l'élection présidentielle.

Élu à nouveau à l’Assemblée législative unique en mai 1849. Hugo intervient plusieurs fois à l’Assemblée (images 3 et 4).

Après le coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte, le 2 décembre 1851, Hugo est recherché pour avoir critiqué l’acte du président de la République et s’exile volontairement le 9 janvier 1852 pour combattre librement celui qui devient Napoléon III fin 1852. Son exil dure 19 ans.

Le retour de Victor Hugo en France s’effectue en septembre 1870 après la chute de Napoléon III. Il est élu à l’Assemblée nationale en février 1871 mais en démissionne au bout d’un mois.

Il reprend une activité politique élective lorsque les républicains commencent à devenir dominants à partir de 1875. Il est élu sénateur de la Seine en 1876, réélu en 1882 (image 5).

À sa mort, devenu un symbole de l’idéal républicain, le gouvernement lui organise des funérailles nationales en 1885, suivies par deux millions de personnes (image 6).

Victor Hugo a donc évolué dans ses convictions politiques et ses engagements, passant d’un monarchisme libéral à un républicanisme affirmé.

 

l'expérience de tous les régimes politiques

Victor Hugo tableau
tableau à remplir en indiquant les régimes politiques, rois, empereur et présidents dans les cases de droite

 

 

Victor Hugo par lui-même

"Depuis l’âge où mon esprit l’entrevoit, et où j’ai commencé à prendre part aux transformations politiques ou aux fluctuations sociales de mon temps, voici les phases successives que ma conscience a traversées en avançant sans cesse et sans reculer un jour – je me rends cette justice – vers la lumière : 1818, royaliste ; 1824, royaliste libéral ; 1827, libéral ; 1828, libéral socialiste ; 1830, libéral, socialiste et démocrate ; 1849, libéral, socialiste, démocrate et républicain."
                                                                                                                 Actes et Paroles (1850)

Victor Hugo 1852  Victor Hugo Actes et paroles couv

 

 

 

 

 

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16 mai 2016

la politique démographique en Chine communiste

affiche propagande couple et enfant unique

 

 

la politique démographique

en Chine communiste

 

Avec une population estimée par l’ONU à 1 335 millions d’habitants en juillet 2009, soit 19,6 % de la population mondiale, la Chine est le pays le plus peuplé du monde devant l’Inde (1 175 millions) et les États-Unis (309 millions). Sa population est 10 fois celle du Japon, 20 fois celle de la France.

Les données officielles ne furent pas toujours véridiques. Ainsi, la surmortalité entre 1959 et 1961 ("Grand Bond en avant") est estimée entre 20 et 50 millions de personnes (100 millions pour les auteurs les plus pessimistes).

On estime aussi que la Révolution culturelle a causé entre 1 et 4 millions de morts. Mais on évalue à 100 millions le nombre de ceux qui ont été estropiés, martyrisés, maltraités, humiliés. Cela veut dire un Chinois sur huit, c’est-à-dire un adulte sur deux...

 

1) L'évolution démographique en Chine, de 1965 à 2008

 

tableaux démographie chinoise

 

 

2) La Chine assouplit le dogme de l'enfant unique

Le Monde.fr avec AFP | 15.11.2013 à 12h35 • Mis à jour le 15.11.2013 à 13h43 (extraits)

 

enfant à Hong-Kong 2011

 

À l'issue du troisième plénum du 18e comité central du Parti communiste chinois (PCC), Pékin a fait vendredi 15 novembre [2013] une série d'annonces majeures relayées par l'agence de presse officielle Chine nouvelle : assouplissement du contrôle des naissances (...).

Contrôle des naissances

La Chine va assouplir sa politique de contrôle des naissances, dite de l'enfant unique, lancée en 1979. Les couples dont au moins l'un des membres est lui-même enfant unique seront autorisés à avoir deux enfants, selon "une décision majeure" dévoilée par le PCC, selon le média d'État.

Les démographes chinois réclamaient en vain depuis plusieurs années un assouplissement de la planification familiale, voire son abandon, au motif que le taux de fertilité était passé bien au-dessous du seuil de renouvellement de la population.

Le syndrome du "pays vieux avant d'être riche" préoccupe aujourd'hui les Chinois. Des démographes, mais aussi des économistes, signalent que la Chine approche du "tournant de Lewis", moment où le déclin de la population en âge de travailler à l'usine lui fera perdre ses avantages comparatifs : le dividende démographique, c'est-à-dire les bénéfices de la réduction de la population, est appelé à devenir une dette démographique, en raison du fardeau représenté par la population âgée.

Actuellement, la loi chinoise autorise les couples à n'avoir qu'un seul enfant, mais des exceptions existent pour les couples dont les deux membres sont enfants uniques. "La politique des naissances sera ajustée et améliorée progressivement pour promouvoir l'accroissement équilibré à long terme de la population de la Chine", a rapporté Chine nouvelle.

Jusqu'à présent, les dirigeants chinois répétaient de façon constante que la politique de l'enfant unique restait nécessaire et qu'un développement démographique excessif menacerait la croissance économique du pays.

En trente ans d'application, de 1980 à 2010, la politique de l'enfant unique a conduit à 281 millions d'avortements et 516 millions d'opérations de pose de contraceptifs et de stérilisation, selon le ministère de la santé.

Le Monde, 15 novembre 2013

 

 

affiche propagande enfant unique
affiche de propagande pour l'enfant unique, années 1980

 

 

3) Chute démographique, déficit de filles : les effets de la politique de l'enfant unique en Chine

Le Monde, 29 octobre 2015, Alexandre Pouchard

 

La Chine a annoncé, jeudi 29 octobre, la fin officielle de la politique de l’enfant unique. Cette dernière avait été instaurée en 1979 et n’autorisait qu’un seul enfant par couple, sauf exception pour certaines minorités par exemple.

La politique avait déjà été assouplie en 2002 (possibilité d’«acheter» le droit à un deuxième enfant) puis, surtout, en 2013 avec l’autorisation d’avoir deux enfants si l’un des parents était lui-même enfant unique. Désormais, tous les Chinois seront autorisés à avoir deux enfants.

La politique de l’enfant unique paraît avoir atteint son objectif : la natalité en Chine a drastiquement chuté en trente-cinq ans, passant de 33 naissances pour 1 000 habitants en 1970 à 12 en 2013, selon les données de la Banque mondiale.

 

chute natalité en Chine 1970-2010
Le Monde, 29 octobre 2015

 

Logiquement, cette baisse de la natalité a fortement ralenti le taux de croissance de la population chinoise, passé de 2,76 % en 1970 à 0,51 % en 2014.

 

chute croissance pop en Chine 1970-2010
Le Monde, 29 octobre 2015

 

Conséquence collatérale de cette politique : la part des femmes dans la population a peu à peu diminué, pour atteindre 48,48 % en 2014, soit 106 hommes pour 100 femmes. Le chiffre est encore plus impressionnant au sein de la génération née en 2010, où l’on comptait près de 118 naissances de garçons pour 100 naissances de filles, notamment à cause d’avortements sélectifs.

Ce déficit de filles s’explique par l’état de la société chinoise au sein de laquelle «les femmes sont socialement dévalorisées» et où les familles préfèrent généralement avoir des fils, notait la démographe Isabelle Attané dans Chinoises au XXIe siècle, paru en 2012. Autre signe de cette préférence masculine, la mortalité infantile des filles atteint ainsi 26,8 ‰ sur la période 2005-2010, contre 18 ‰ pour les garçons.

source

 

bibliographie

article de fond : "La démographie chinoise en mutation", Espace, populations, sociétés, 2009/3, p. 551-568.

 

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27 octobre 2015

Appels du 18 et 22 juin 1940, général de Gaulle

affiche-appel-18-juin-1940

 

 

général de Gaulle :

appels des 18 et 22 juin 1940

 

 

Appel du 18 juin 1940 (non enregistré)

 

"Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement.

Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat.

Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi.

Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui.

Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !

Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.

Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des États-Unis.

Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.

Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi.

Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.

Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de Londres."

source

 

Appel du 22 juin 1940

 

 

"Le gouvernement français, après avoir demandé l'armistice, connaît, maintenant, les conditions dictées par l'ennemi.

Il résulte de ces conditions que les forces françaises de terre, de mer et de l'air seraient entièrement démobilisées, que nos armes seraient livrées, que le territoire français serait totalement occupé et que le gouvernement français tomberait sous la dépendance de l'Allemagne et de l'Italie.

On peut donc dire que cet armistice serait non seulement une capitulation mais encore un asservissement.

Or, beaucoup de Français n'acceptent pas la capitulation ni la servitude pour des raisons qui s'appellent l'honneur, le bon sens, l'intérêt supérieur de la patrie.

Je dis l'honneur, car la France s'est engagée à ne déposer les armes que d'accord avec ses alliés.

Tant que ses alliés continuent la guerre, son gouvernement n'a pas le droit de se rendre à l'ennemi.

Le gouvernement polonais, le gouvernement norvégien, le gouvernement hollandais, le gouvernement belge, le gouvernement luxembourgeois, quoique chassés de leur territoire, ont compris ainsi leur devoir.

Je dis le bon sens, car il est absurde de considérer la lutte comme perdue.

Oui, nous avons subi une grande défaite.

Un système militaire mauvais, les fautes commises dans la conduite des opérations, l'esprit d'abandon du gouvernement pendant ces derniers combats nous ont fait perdre la bataille de France.

Mais il nous reste un vaste empire, une flotte intacte, beaucoup d'or.

Il nous reste des alliés dont les ressources sont immenses, et qui dominent les mers.

Il nous reste les gigantesques possibilités de l'industrie américaine.

Les mêmes conditions de la guerre qui nous ont fait battre par cinq mille avions et six mille chars peuvent nous donner, demain, la victoire par vingt mille chars et vingt mille avions.

Je dis l'intérêt supérieur de la patrie car cette guerre n'est pas une guerre franco-allemande, qu'une bataille puisse décider.

Cette guerre est une guerre mondiale.

Nul ne peut prévoir si les peuples qui sont neutres, aujourd'hui, le resteront demain.

Même les alliés de l'Allemagne resteront-ils toujours ses alliés ?

Si les forces de la liberté triomphent finalement de celles de la servitude, quel serait le destin d'une France qui se serait soumise à l'ennemi ?

L'honneur, le bon sens, l'intérêt supérieur de la patrie commandent à tous les Français libres de continuer le combat là où ils seront et comme ils pourront.

Il est, par conséquent, nécessaire de grouper partout où cela se peut une force française aussi grande que possible.

Tout ce qui peut être réuni en fait d'éléments militaires français et de capacité française de production d'armement doit être organisé partout où il y en a.

Moi, général De Gaulle, j'entreprends ici, en Angleterre, cette tâche nationale.

J'invite tous les militaires français des armées de terre, de mer et de l'air, j'invite les ingénieurs et les ouvriers français spécialistes de l'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui pourraient y parvenir, à se réunir à moi. J'invite les chefs, les soldats, les marins, les aviateurs des forces françaises de terre, de mer, de l'air, où qu'ils se trouvent actuellement, à se mettre en rapport avec moi. J'invite tous les Français qui veulent rester libres à m'écouter et à me suivre.

Vive la France libre dans l'honneur et dans l'indépendance !"

source

 

21 décembre 2013

Clovis, "premier roi de France"

Saint_Remy_baptise_Clovis
le baptème de Clovis par l'évêque Rémi de Reims, ivoire du IXe siècle

 

Clovis et les Francs

à la conquête de la Gaule

 

 cartes

GauleClovis_WEB
le petit royaume des Francs Saliens

 

Clovis_Carte_500
le royaume de Clovis après sa victoire contre les Alamans en 496 (?)

 

ApresClovis_WEB
le royaume de Clovis à sa mort

 

Grégoire de Tours, historien de Clovis

Gregory_of_Tours_cour_Napoleon_Louvre
statue de Grégoire de Tours, par Jean Marcellin Pierre, avant 1853, le Louvre

Grégoire_de_Tours,_Histoire_des_Francs,_livres_1_à_6,_page_de_frontispice
première page de l'Histoire des Francs de Grégoire de Tours

 

 

images et peintures relevant d'imaginaires divers

 

PICT0001
le baptême de Clovis, XVe siècle, palais du Tau à Reims

 

Sculpture
portrait sculpté de Clovis par Viollet-le-Duc, architecte et restaurateur (1814-1879)

 

Clovis,_Le_Baptême_de_Clovis,_Paul-Joseph_Blanc_v
tableau de Paul-Joseph Blanc, 1881

 

Clovis_sur_le_pavois
"image d'Épinal" des Francs (XXe siècle) : Clovis porté sur le pavois

 

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l'épisode du vase de Soissons

 

Bapteme-Clovis
baptême de Clovis, avec la "sainte Ampoule"

 

Clovis-Vouille
Clovis à la bataille de Vouillé, en 507

 

hgc23_clovis2
imagerie d'Épinal, vers 1889

 

vidéos

1) Une vidéo du site Toute l'histoire : de l'Empire romain à Clovis ;

http://www.youtube.com/watch?v=nGLsZUIJH1c

http://www.youtube.com/watch?v=029m5aLd5TU

site Toute l'histoire

 

2) Une vidéo à critiquer par certains de ses aspects et le fait qu'elle utilise des images d'époques très différentes, sans jamais les identifier, mais qui a le mérite d'évoquer les repères chronologiques principaux :

http://www.youtube.com/watch?v=3RR8iHqoMtE


Critique d'une phrase gaullienne

Il faut contester, pour commencer, la phrase de Charles de Gaulle : "L'histoire de France commence avec Clovis". Non, l'histoire de France remonte à une lointaine préhistoire.

Réfutant un sociologue qui affirmait que la Gaule, "mystique comme un agneau", était presque sans rapports avec notre pays qui a pris naissance dans l'histoire, le grand historien français Fernand Braudel (1902-1985) écrivait :

"Comme si l'histoire n'allait pas jusqu'au fond des âges, comme si la préhistoire et l'histoire ne constituaient pas un seul processus, comme si nos villages ne s'enracinaient pas dans notre sol dès le IIIe millénaire avant le Christ, comme si la Gaule n'esquissait pas à l'avance l'espace où la France allait grandir, comme si le dépassement du Rhin au Ve siècle par des peuplades germaniques – petits groupes d'hommes mais qui restent à l'écart de la Gaule et de ses sortilèges et qui, de ce fait, conserveront leur langue - ne constituait pas un trait contemporain vivant (voyez par exemple la Belgique coupée linguistiquement en deux), comme si, dans notre sang, dans notre vie, l'hématologie restrospective ne décelait la trace même des lointaines «invasions barbares», comme si croyances autant que langues ne venaient pas, vers nous, des siècles obscurs du plus lointain passé… Or, précisément, c'est cette histoire-là, sous-jacente, obscure, dure à mourir, que ce livre se propose, si possible, de ramener au jour" (introduction à L'identité de la France, 1986).

46642004

 

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30 avril 2016

le patrimoine industriel de Saint-Chamond à la démolition

Halle 6 samedi 30 avril 2016 (27)

 

 

Génération acier

à la mémoire des ouvriers

des Aciéries de la Marine de Saint-Chamond

 

 

 

 

Halle 6 samedi 30 avril 2016 (23)
l'espace central de la Halle n°6 en cours de démolition, le 30 avril 2016

 

 

visite sur le terrain
30 avril 2016
Michel Renard
professeur d'histoire

 

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21 avril 2016

iconographie du suffrage universel

Alfred Bramtot 1891
Alfred Bramtot, un bureau de vote, 1891, musée de la mairie des Lilas

 

 

 iconographie du suffrage universel

 

 

 

 

1) Le suffrage universel, 1870

 

suffrage universel allégorie (2)
Le suffrage universel, 1870, musée Carnavalet, Paris

 

commentaire

Introduction

Le tableau Le suffrage universel est une oeuvre anonyme, conservée au musée Carnavalet à Paris. Il date de 1870 ou, plus vraisemblablement, de 1871.

Il s'agit d'une allégorie du suffrage universel conçu comme le fruit d'une conquête commencée en 1789 et aboutissant en 1870, sous le double parrainage de Mirabeau et de Gambetta.

Il est visible que la reproduction ne couvre pas la totalité de l'image d'origine. En effet, les bordures latérales ont été rognées : les cadres verticaux sur chacun des côtés sont dépourvus de leur pourtour extérieur. Le haut du tableau semble également avoir été privé de la partie supérieure de l'arc reposant sur les piedroits latéraux.

 

Contexte

La date de 1870, inscrite à droite, indique que l'oeuvre est postérieure à la chute de l'Empire et au renversement de Napoléon III : 4 septembre 1870.

La mention de Gambetta, ministre de l'Intérieur du Gouvernement de Défense nationale de septembre 1870 au 6 février 1871, connu pour l'ardeur de son action dans la guerre continuée contre la Prusse, précise la datation.

La France est dans une situation difficile et instable, son territoire occupé, une province majoritairement monarchiste et hostile à la guerre aux élections de février, le peuple de Paris entré en révolution (Commune de Paris de mars à mai 1871).

Le tableau offre, au contraire, une image de stabilité et d'optimisme.

 

Analyse de la composition

Le tableau est la mise en scène de l'allégorie du suffrage universel (le nom est gravé sur le socle) positionnée dans l'encart d'un passage lumineux lui-même délimité par de solides piedroits surmontés d'un arc en plein cintre. Le tout repose sur un socle. Les attributs sont juxtaposés au personnage.

 

composition géométrique (0)
composition et éléments

 

Les lignes de force de la scène combinent des axes verticaux/horizontaux et des axes obliques créant l'unité et l'harmonie de la perception visuelle.

 

composition géométrique (3)
axes verticaux/horizontaux et axes obliques

 

Les lignes verticales et horizontales forment une structure inspirant un sentiment de solidité et d'équilibre. Le suffrage universel repose sur un socle puissant et inébranlable. Il est flanqué de deux larges piliers représentant le temps (de 1789 à 1870) et les idées (honneur et patrie).

 

composition géométrique (1)
composition géométrique : structure des lignes verticales et horizontales

 

Les lignes obliquent élargissent le champ en lui donnant un horizon imaginaire fuyant.

ouvrent...

 

composition géométrique (2)
position des axes obliques

 

 

Analyse de la thématique

 

 

suffrage universel allégorie détail (1)
Le suffrage universel, 1870, détail : couronne royale et chaînes foulées au pied

 

suffrage universel allégorie détail (2)
Le suffrage universel, 1870, détail : tables de la Constitution, niveau et ruche

 

suffrage universel allégorie détail (3)
Le suffrage universel, 1870, détail : faisceau de licteur à feuilles de chêne, et rameaux d'olivier

 

suffrage universel allégorie détail (5)
Le suffrage universel, 1870, détail : Mirabeau, honneur

 

suffrage universel allégorie détail (4)
Le suffrage universel, 1870, détail : Gambetta, patrie

 

 

- Pourquoi les dates de 1789, 1830, 1848 et 1879 ? Que signifient-elles ?

- Pourquoi les effigies de Mirabeau et de Gambetta ? À quel rôle particulier est-il fait allusion ?

 

 

*  à terminer

 

 

 

 

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23 avril 2016

l'abbaye cistercienne de Fontenay

cloître Fontenay travée méridionale début XXe siècle
travée méridionale du cloître de Fontenay, photo L. Bégule (1848-1935), BnF Gallica

 

 

le cloître de l'abbaye

cistercienne de Fontenay

 

 

 

travaux d'élèves de 2e (2016)

 

cloître Fontenay
image du manuel d'histoire dont les élèves devaient réaliser
une représentation graphique du premier plan

 

 

cloître Fontenay par Chloé 2e7 en 2016
dessin de Chloé Poutch, élève de 2e7 en 2016

 

cloître Fontenay Asya 2e6
dessin d'Asy Calaka, élève de 2e6 en 2016

 

cloître Fontenay par Alexandre 2e7 en 2016
dessin d'Alexandre Henri-Martin, élève de 2e7 en 2016

 

cloître Fontenay par Émily 2e7 en 2016
dessin de Émily Fazio, élève de 2e7 en 2016

 

cloître Fontenay par Leelou 2e7 en 2016
dessin de Leelou Prades, élève de 2e7 en 2016

 

 

commentaires critiques

 

Fontenay Facebook (1)

Fontenay Facebook (2)

Adrien Assous est un dessinateur de talent habitant la région parisienne.

 

 

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6 mai 2016

l'humanisme de la Renaissance

Vénus Botticelli et Pic de la Mirandole

 

Simonetta Vespucci

 

l'humanisme de la Renaissance

XVe - XVIe siècle

 

 

1) définitions

 

humanisme titre (1)

  • un mouvement intellectuel qui a transformé la vision du monde et de l'homme en plaçant celui-ci au centre de la vie terrestre.
  • une approche nouvelle de l'héritage de l'Antiquité qui refuse les interprétations et déformations de la scolastique (pensée religieuse des universités médiévales).
  • une discussion critique et historique des documents du passé, notamment à partir de l'étude (philologie historique) des langues latine, grecque et hébraïque ; on appelle cela le libre examen. Les penseurs de l'Antiquité ne sont plus des autorités (auctoritas) mais des auteurs (auctor).
  • une refonte des conceptions de la pédagogie (école et programmes).
  • dans le domaine de la peinture et de la sculpture, l'humanisme s'exprime par la priorité du sujet humain et par le naturalisme fondé sur l'étude scientifique du monde extérieur au moyen de deux nouvelles armes : la perspective et l'anatomie.

 

humanisme titre (2)

  • il n'est pas une doctrine, mais un mouvement divers dont les auteurs sont réunis par l'usage d'une langue commune à toute l'Europe savante : le latin.
  • il n'est pas anti-religieux ni anti-chrétien, même si il célèbre les mérites de la civilisation païenne.
  • il n'est pas une vision du monde partagée par tous les éléments des sociétés d'Europe, mais seulement par une élite de la fortune et de l'esprit. Les mentalités populaires n'ont pas été affectées par lui.
  • il n'a pas effacé les autres expressions intellectuelles et artistiques issues du Moyen Âge qui ont coexisté avec lui.
  • il n'est pas une transformation profonde des structures économiques et sociales. Aucune renaissance ne s'est accomplie dans la vie économique ni dans les institutions politiques.

 

D'une manière générale, la Renaissance ne se confond pas avec les XVe et XVIe siècles, mais se définit par l'humanisme qui est l'exaltation de l'individu ; pas de n'importe quel humain mais des membres d'aristocraties de la fortune et du savoir.

La Renaissance est donc la face culturelle de la domination des aristocraties. Mais elle a apporté à toute l'humanité.

 

Ghirlandaio les humanistes Ficin, Landino, Politien et Gentile Becci
Domenico Ghirlandaio, détail de l'Annonciation... (1485-1490), avec quatre humanistes :
de g. à d., Marsile Ficin, Cristoforo Landino, Ange Politien et Gentile Becchi

 

 

2) du Moyen Âge à la Renaissance 

 

Pour les hommes du Moyen Âge, deux institutions ont longtemps semblé constituer l'horizon de leur vie : l'Église et l'Empire. Mais des crises internes ont divisé la Papauté et l'Empire qui ont perdu leur crédibilité.

Un nouveau pouvoir a émergé : la force intellectuelle des humanistes avec qui les empereurs, rois et papes doivent composer.

Dans ce contexte, trois découvertes ont élargi le champ des esprits cultivés :

  • la découverte des livres (scoprimento di libri) ;
  • la découverte de l'Antiquité (scoprimento d'Antichità) ;
  • la découverte de l'Amérique (scoprimento dell' America).

Mais les hommes du temps de ces découvertes sont en partie restés ce qu'ils étaient : des médiévaux. La rupture entre le Moyen Âge et la Renaissance n'est pas une frontière nette. Les cultures ont coexisté.

La culture du Moyen Âge se caractérisait par :

  • l'art gothique ;
  • l'idéal de la chevalerie ;
  • la philosophie scolastique.

Ces trois composantes sont nées en France et l'apogée du Moyen Âge a été une époque d'hégémonie culturelle française en Europe. Ces formes ont perduré au XVe et jusqu'au XVIIe siècle.

Mais, à la Renaissance, elle ont perdu leur monopole et ont dû rivaliser avec des principes et des styles, issus du monde antique, apparus en Italie.

Pourquoi en Italie ?

  • parce que les modèles français avaient moins pénétré que dans d'autres régions d'Europe ;
  • parce que la scolastique était arrivée tard et que dans les universités italiennes, on enseignait surtout le droit, les arts et la médecine ;
  • parce que les cités italiennes étaient autonomes avec une culture laïque et non ecclésiastique.

 

Leonardo Bruni
Leonardo Bruni (1370-1444)

 

L'étude des langues anciennes et des textes de l'Antiquité était liée aux notions de vertu, d'amour du prochain. On leur donnait le nom latin d'humaniores litterae (les lettres qui nous rendent plus humains) ou de studia humanitatis (lettres humaines), d'où le nom d'humanistes (humanistas, en latin ; umanista, en italien).

Le vocable humanisme n'est apparu qu'au milieu du XIXe siècle.

 

humanisme citations (2)

 

Donc, on passe de l'humain à l'homme quand on revêt l'humanitas dans la pratiques des belles-lettres ou des studia humanitatis..

 

 

3) cartes

 

Italie après 1454
l'Italie après la paix de Lodi (1454) entre les grandes cités du Nord

 

Italie en 1494
l'Italie, ou "les Italie", en 1494

 

foyers humanisme italien
les foyers de l'humanisme en Italie au XVe siècle

 

Italie artiste (1)
l'Italie artiste au XVe siècle

 

berceau et foyers Renaissance
berceau et foyers de la Renaissance

 

foyers humanisme en Europe
les quatre foyers de la Renaissance en Europe : Italie, France, Allemagne, Flandre

 

foyers humanisme européens
les quatre foyers de la Renaissance en Europe : Italie, France, Allemagne, Flandre

 

 

 

4) les précurseurs en Italie

 

Diapositive1

 

 

5) les humanistes en Italie au XVe siècle

 

humanistes en Italie XVe siècle

 

 

 

6) les humanistes conseillers du Prince : début du XVIe siècle

 

humanistes conseillers du Prince tableau

 

 

 

7) les premiers humanistes en France : XVe-XVIe siècle

 

premiers humanistes en France tableau à compléter

 

 

8) les poètes humanistes en France : XVe-XVIe siècle

 

poètes humanistes France (1) tableau

 

 

poètes humanistes France (2)

 

 

 

Joachim du Bellay

 

 

 

________________

 

 

 

uomo vitruviano
le symbole de l'humanisme : l'Homme de Vitruve par Léonard de Vinci

 

 

 

bibliographie

  • Érasme et l'Espagne, Marcel Bataillon, (1937-1991), Droz, 1998.
  • L'humanisme italien, Eugenio Garin, (1947), Albin Michel, 2005.
  • La théorie des arts en Italie, 1450-1600, Anthony Blunt, (1940-1956), "idées/arts", Gallimard, 1966.
  • L'homme de la Renaissance, Eugenio Garin, (1988), Seuil, 2002.
  • La civilisation de l'Europe à la Renaissance, John Hale, (1993), éd. Tempus/perrin, 2003.
  • L'humanisme. L'Europe de la Renaissance, André Chastel et Robert Klein, (1963), éd. Skira, 1995.
  • La civilisation de la Renaissance, Jean Delumeau, Arthaud, 1984.
  • L'origine de la perspective, Hubert Damisch, (1987), "Champs arts", Flammarion, 2012.
  • La révolution culturelle dans la France des humanistes. Guillaumé Budé et François 1er, Gilbert Gadoffre, Droz, 1997.
  • La Renaissance européenne, Peter Burke, Seuil, 2002.
  • La Renaissance, 1470-1560, Christian Hermann, Éditions du Temps, 2002.
  • Anthologie des humanistes européens de la Renaissance, édition de Jean-Claude Margolin, Folio classique, 2007.

 

Garin couv

 

 

Michel Renard
professeur d'histoire
au lycée de Saint-Chamond

* travail en cours de rédaction

 

 

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16 janvier 2016

les sons de l'Univers

Sons de l'Univers

 

 

les sons de l'Univers

enregistrés par la NASA

 

La NASA a publié (2014) des enregistrements sur lesquels on peut écouter les sons produits par les ondes électromagnétiques spatiales. Elle est parvenue par le biais de plusieurs de ses sondes à enregistrer les sons qui sont présents dans l'Univers ! Car oui, ils existent...

En raison du vide de l'espace virtuel, ce ne sont pas des sons comme ceux que nous entendons à longueur de temps, qui sont en réalité des ondes sonores, mais ceux-ci proviennent des ondes électromagnétiques qui sont présentes dans l'espace, et qui vibrent de la même manière que les ondes sonores.

Alors, grâce aux sondes envoyées par la NASA, ces ondes électromagnétiques ont pu être traduites en véritables sons, et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils sont assez terrifiants ! On note que pour chaque planète et son environnement, les sons sont réellement différents. Autour de Neptune, on croit entendre des vagues se briser, alors qu'à la fin de la vidéo, on peut entendre la "voix" de la Terre... 

 

 

 

"Sons" enregistrés par la navette Voyager à proximité de Jupiter en 1990.

 

 

 

 

Songs of Earth

 

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4 avril 2016

église romane et gothique : plan et construction

église Saint-Menoux (Allier) avant 1860
église de Saint-Menoux (Allier), avant 1960

 

 

église romane et gothique :

plan et construction

 

 

vidéo : du roman au gothique

 

 

vidéo : différences entre art roman et art gothique

 

 

vidéo : l'abbé Suger (Saint-Denis) et le gothique

 

 

vidéo : les cathédrales dévoilées

 

 

 

ARCROMPLGENERAL002

 

voûtes romanes

 

 

ARCROMPLGENERAL009

 

ARCROMPLGENERAL017

 

 

art roman architecture (page Google)

- l'art roman (Grand Palais)

 

 

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