Giotto, Nativité de Marie, 1304-1306, Florence, fresque
le calendrier chrétien
1) principales fêtes
- l’Avent : période de 4 semaines avant Noël, date de la venue du Christ (commence le quatrième dimanche avant le 25 décembre).
- Noël : fête de la Nativité ; commémoration de la naissance du Christ.
- Épiphanie : hommage des rois Mages à Jésus messie (6 janvier). [galette des rois]
- Présentation ou Chandeleur : présentation de Jésus au temple de Jérusalem, avec procession de chandelles et cierges (2 février : 40 jours après Noël). [fête des crêpes]
- Carême de Pâques : temps de 40 jours de pénitence allant du mercredi des Cendres au jour de Pâques ; il commence après le Mardi gras qui est le dernier jour du carnaval (carême, vient du latin quadragesima, quarantaine).
- Pâques : fête annuelle de l’Église chrétienne en mémoire de la résurrection de Jésus-Christ (sa date varie entre le 22 mars et le 25 avril) ; cette victoire sur la mort fonde la foi des chrétiens ; elle est située en même temps que la fête juive de Pâques (pascha : le passage, en souvenir de la fuite des Hébreux d’Égypte) ; elle fait partie de la Semaine sainte qui comprend :
Dimanche des Rameaux : dernier dimanche du Carême et entrée triomphale de Jésus à Jérusalem où le peuple recouvre la route de vêtements et de rameaux.
Mercredi : trahison de Judas.
Jeudi : Cène, dernier repas du Christ et des Apôtres (du latin cena, ae, f. dîner, repas principal du milieu du jour) ; et institution de l’Eucharistie (du grec eukharistia, action de grâce) : sacrement du pain et du vin ;
Vendredi : Passion, crucifixion, mort (“Vendredi saint”)
Dimanche : Résurrection, Pâques ;
- Ascension : élévation miraculeuse de Jésus-Christ au ciel ; 40 jours après Pâques.
- Pentecôte : descente de l’Esprit Saint sur les Apôtres ; 10 jours après l’Ascension ; (ou 50 jours après Pâques, d’où son nom).
- Trinité : célébration du Mystère de la Trinité ; 7 jours après la Pentecôte.
- Fête-Dieu : célébration du saint Sacrement ; jeudi qui suit la Trinité.
- Assomption : enlèvement miraculeux de la sainte Vierge (Marie) au ciel par les anges (du latin assumptio, onis, action de prendre, et assumo, is, assumere, prendre avec soi) ; 15 août.
- Toussaint : fête de tous les saints le 1er novembre (à ne pas confondre avec la fête des morts du lendemain : les défunts ou les trépassés).
2) iconographie
épiphanie
Masaccio (1401-1428), Épiphanie
Présentation, ou Chandeleur
Fra Angelico, Présentation de Jésus au Temple, vers 1440, fresque
Hans Holbein, Présentation de Jésus au Temple, 1501
carême
Bruegel (1525-1569),Le combat de Carnaval et de Carême, 1559
Bruegel,Le combat de Carnaval et de Carême, détail
Bruegel, Carnaval contre Carême
Ascension
Fra Angelico, l'Ascension, 1447-1448
Pentecôte
Pentecôte 1913 à Longpont (Aisne)
Pentecôte 1914 à Croix-Gente, commune de Montendre (Charente-Maritime)
Pentecôte à Marciac (Gers), avant 1914
Trinité
le Père éternel tenant en ses bras le corps supplicié du Verbe incarné, peinture sur bois du début du XVIe siècle, conservée dans l'église Saint-Hilaire à Poitiers
Fête-Dieu
célébration de la Fête-Dieu au collège Sainte-Marie de Saint-Chamond en 1926
célébration de la Fête-Dieu au collège Sainte-Marie de Saint-Chamond en 1926
célébration de la Fête-Dieu au collège Sainte-Marie de Saint-Chamond en 1926
En 1926, la Fête-Dieu eut lieu le jeudi 3 juin.
Assomption
Lorenzo Lotto (1480-1556), Assomption
Toussaint
Fra Angelico, Tous les Saints du Ciel, vers 1423
Défunts, ou Trépassés
abbaye de Soligny-la-Trappe (Orne), prière pour défunts (carte postale ancienne)
3) calendrier 2016
* ne figure pas sur ce calendrier la Fête-Dieu qui a lieu le dimanche 29 mai 2016.
famille à Yerres (Essonne), premier quart du XXe siècle
vivre et mourir en Europe,
1850-1960
I - la population française : évolution et rapport ville/campagne
II - un cas local : Saint-Chamond (Loire)
rue de la Gare à Saint-Chamond, vers 1900 : enfants endimanchés
1) évolution de la population à Saint-Chamond, 1793-2013
tableau du nombre d'habitants à Saint-Chamond, de 1793 à 2013
évolution de la population de Saint-Chamond, de 1793 à 2013
Cette courbe d'évolution est établie à partir des données fournies par les 36 recensements effectués de 1793 à 2013.
À l'époque de la Révolution française, Saint-Chamond compte un peu plus de 5 000 habitants. La commune triple sa population au cours du XIXe siècle, puis stagne plus ou moins dans la première moitié du XXe siècle. Les années d'après-guerre connaissent un début de croissance. Et la fusion des quatre communes (1964) fait passer la population de 17 000 habitants à plus de 37 000 au recensement de 1968. Après un pic dans les années 1975-1982, elle décroît régulièrement depuis trente ans.
2) naissances et décès à Saint-Chamond
Le relevé du mouvement annuel des naissances et des décès - qui n'avait pas encore été effectué ; c'est donc un travail inédit qui est présenté ici - permet de mesurer l'évolution naturelle de la démographie saint-chamonaise. Si il n'en fournit pas les facteurs, il autorise un diagnostic de la natalité et de la mortalité locales.
Ces données proviennent des registres d'état civil conservés aux archives départementales de la Loire et numérisés. Les chiffres retenus dépassent parfois les strictes naissances car ils enregistrent également les "reconnaissances" ; il en va de même du nombre des décès qui comprend les "transcriptions" de morts intervenues ailleurs.
naissances et décès à Saint-Chamond, de 1821 à 1840
naissances et décès à Saint-Chamond, de 1841 à 1860
naissances et décès à Saint-Chamond, de 1861 à 1880
naissances et décès à Saint-Chamond, de 1881 à 1900
naissances et décès à Saint-Chamond, de 1901 à 1914
Sur les 94 années que compte l'espace de temps 1821-1914, 49 présentent un solde démographique négatif. On peut calculer cette perte à l'unité près comme l'établit le tableau suivant :
solde démographique (naissances/décès) à Saint-Chamond entre 1821 et 1914
Ainsi, de 1821 à 1914, le solde positif est de 1 442 personnes, le solde négatif de 1 707. Par le seul mouvement de ses naissances et décès, Saint-Chamond a perdu 265 habitants.
Or, la courbe générale de la population, sur cette même période, fait apparaître un gain d'environ 9 000 habitants. Il faut donc en conclure que la commune a accru sa population par un apport extérieur, celui d'une immigration attirée par l'offre de travail de l'industrie locale.
Le Gouvernement français, après avoir demandé l'armistice, connaît maintenant les conditions dictées par l'ennemi.
Il résulte de ces conditions que les forces françaises de terre, de mer et de l'air seraient entièrement démobilisées, que nos armes seraient livrées, que le territoire français serait totalement occupé et que le Gouvernement français tomberait sous la dépendance de l'Allemagne et de l'Italie.
On peut donc dire que cet armistice serait non seulement une capitulation, mais encore un asservissement.
Or, beaucoup de Français n'acceptent pas la capitulation ni la servitude, pour des raisons qui s'appellent l'honneur, le bons sens, l'intérêt supérieur de la Patrie.
Je dis l'honneur ! Car la France s'est engagée à ne déposer les armes que d'accord avec ses Alliés. Tant que ses Alliés continuent la guerre, son gouvernement n'a pas le droit de se rendre à l'ennemi. Le Gouvernement polonais, le Gouvernement norvégien, le Gouvernement hollandais, le Gouvernement belge, le Gouvernement luxembourgeois, quoique chassés de leur territoire, ont compris ainsi leur devoir.
Je dis le bon sens ! Car il est absurde de considérer la lutte comme perdue. Oui, nous avons subi une grande défaite. Un système militaire mauvais, les fautes commises dans la conduite des opérations, l'esprit d'abandon du Gouvernement pendant ces derniers combats, nous ont fait perdre la bataille de France. Mais il nous reste un vaste Empire, une flotte intacte, beaucoup d'or. Il nous reste des alliés, dont les ressources sont immenses et qui dominent les mers. Il nous reste les gigantesques possibilités de l'industrie américaine. Les mêmes conditions de la guerre qui nous ont fait battre par 5 000 avions et 6 000 chars peuvent nous donner, demain, la victoire par 20 000 chars et 20 000 avions.
Je dis l'intérêt supérieur de la Patrie ! Car cette guerre n'est pas une guerre franco-allemande qu'une bataille puisse décider. Cette guerre est une guerre mondiale. Nul ne peut prévoir si les peuples qui sont neutres aujourd'hui le resteront demain ; même les alliés de l'Allemagne resteront-ils toujours ses alliés ? Si les forces de la liberté triomphent finalement de celles de la servitude, quel serait le destin d'une France qui se serait soumise à l'ennemi ?
L'honneur, le bon sens, l'intérêt supérieur de la Patrie, commandent à tous les Français libres de continuer le combat, là où ils seront et comme ils pourront.
Il est, par conséquent, nécessaire de grouper partout où cela se peut une force française aussi grande que possible. Tout ce qui peut être réuni, en fait d'éléments militaires français et de capacités françaises de production d'armement, doit être organisé partout où il y en a.
Moi, Général de Gaulle, j'entreprends ici, en Angleterre, cette tâche nationale.
J'invite tous les militaires français des armées de terre, de mer et de l'air, j'invite les ingénieurs et les ouvriers français spécialistes de l'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui pourraient y parvenir, à se réunir à moi.
J'invite les chefs, les soldats, les marins, les aviateurs des forces françaises de terre, de mer, de l'air, où qu'ils se trouvent actuellement, à se mettre en rapport avec moi.
J'invite tous les Français qui veulent rester libres à m'écouter et à me suivre.
Vive la France libre, dans l'honneur et dans l'indépendance !
* dossier en cours de reconstitution (la première version ayant été effacée...)
1 - le royaume d'Israël dans l'Antiquité
2 - les Juifs à l'époque romaine
3 - la conquête arabo-musulmane
4 - l'époque des États francs de "Terre Sainte"
5 - la Palestine sous l'empire ottoman
L'examen cartographique de la région fait apparaître les noms sous lesquels est désignée et les limites administratives dans lesquelles est insérée l'ancienne Judée-Palestine à l'époque de l'empire Ottoman, du XVIe au début du XXe siècle. Le nom de Judée est récurrent.
A - les cartes d'Abraham Ortelius à la fin du XVIe siècle
En 1570, Abraham Ortelius (1527-1598), né et mort à Anvers aux Pays-Bas, ami du célèbre géographe Mercator, dessine le monde dans son Theatrum Orbis Terrarum (le Théâtre du Globe terrestre), premier atlas moderne comptant soixante-dix cartes. Son atlas a connu plusieurs éditions.
Dans la partie asiatique, le Proche-Orient ne fournit que très peu de noms. On y trouve un peu plus d'une douzaine de noms de villes (dont l'énigmatique Carime qui pourrait être Acre...) et deux noms de régions à l'ouest de la Mésopotamie : la Syrie (Soria) et la Judée (Iudea).
extrait du Theatrum Orbis Terrarum, du cartographe Abraham Ortelius (1571)
le Proche-Orient cartographié par Abraham Ortelius (1571) - extrait de la carte ci-dessus
En 1595, Abraham Ortelius publie une Description de l'empire turc (ottoman). Cette fois encore sont mentionnées la Syrie et la Judée comme régions du Proche-Orient maritime.
Turcici imperii descriptio (Description de l'empire turc), carte d'Abraham Ortelius (1595)
Turcici imperii descriptio (Description de l'empire turc), carte d'Abraham Ortelius (1595) : le Proche-Orient
le Proche-Orient maritime et les deux régions de Syrie et Judée, 1595
B - la carte de Nicolas Sanson, géographe de Louis XIII, au XVIIe siècle
Nicolas Sanson, dit aussi Sanson d'Abbeville, né en 1600 à Abbeville (Somme) et mort à Paris en 1667, fut remarqué dès l'âge de dix-huit ans par Richelieu ; il instruisit les rois Louis XIII puis Louis XIV en géographie. Louis XIII le nomma au Conseil d'État et il portait le titre de géographe ordinaire du roi. Il publia de nombreux travaux de cartographie et de description historique et géographique.
Nicolas Sanson, la Syrie générale et ses trois provinces, 1655
Nicolas Sanson a commenté ses cartes dans un ouvrage paru en 1683 : L'Europe [l'Asie, l'Afrique, l'Amérique] en plusieurs cartes. La Syrie est évoquée sous ce propre nom ou sous celui de Sourie ; la Mésopotamie sous celui de Diarbeck. Et la Syrie comprend notamment la Judée, ou Palestine.
Nicolas Sanson, L'Europe [l'Asie, l'Afrique, l'Amérique] en plusieurs cartes, 1683, p. 11 pour la partie "Asie"
La Sourie [Syrie] et le Dirabeck [Mésopotamie] ont été connues autrefois sous le nom seul de Syrie, ou d'Assyrie : laquelle Assyrie ou Syrie a été divisée premièrement en deux grandes parties ; dont la plus orientale a retenu le nom d'Assyrie, la plus occidentale celui de Syrie : ce dernier nom plus connu aux peuples occidentaux, le premier aux orientaux ; et ce premier encore plus fameux dans la première antiquité, l'autre dans la dernière.
L'une et l'autre partie (du) depuis a été subdivisée chacune en trois. L'Assyrie en Assyrie, Mésopotamie et Chaldée, ou Babylonie ; la Syrie, en Syrie, Phénicie et Judée, ou Palestine. Ces trois derniers ensemble reprennent aujourd'hui leur ancien nom général de Syrie, ou Sourie. Les trois autres passent communément sous le nom général de Diarbeck, bien que et la Sourie et le Diarbeck ne laissent encore de se subdiviser chacune en trois parties suivant les anciens.
Mais la Sourie retient ses noms anciens, et pour le général et pour les trois parties, au moins entre nous. Le Diarbeck tout au contraire change entièrement ses noms, et pour le général et pour les trois autres parties : l'Yerack [Irak] répondant à la Chaldée, ou Babylonie, le Diarbeck particulier à la Mésopotamie, le Churdistan, etc., à l'Assyrie particulière.
Nicolas Sanson, L'Europe [l'Asie, l'Afrique, l'Amérique] en plusieurs cartes, 1683, p. 15 pour la partie "Asie"
La dernière partie [Judée], et la plus méridionale de la Sourie, a premièrement reçu le nom de Terre de Canaan, parce que les enfants de Canaan s'en saisirent les premiers et la partagèrent entre eux. Quand Dieu l'eut promis(e) à Abraham, et à sa postérité, elle fut appelée Terre de Promission [promesse] ; mais lors qu'elle fût entre les mains des Hébreux, après leur retour de l'Égypte, et qu'ils l'eurent divisée par tribus, elle prit le nom de Terre des Hébreux ; sous lesquels elle fut gouverné(e) par des Prophètes, par des Juges et enfin par des Roys, sous lesquels elle fut bientôt divisée en deux royaumes, qu'ils appelèrent de Juda et d'Israël.
Sous les Romains, elle n'est plus connue que sous le nom de Judée, ou de Palestine : de Judée parce que la tribu de Juda a toujours été la plus puissante des douze, et le royaume de Juda le plus noble, et s'est conservé plus longtemps que le royaume d'Israël ; de Palestine, parce que les Philistins qui occupaient une partie de la côte maritime de la Judée étaient puissants et fort connus des étrangers. Après la mort de Jésus Christ, toute cette terre fut appelée Terre Sainte.
De ces différents noms, et de leurs différentes divisions, nous en traiterons quelque jour plus particulièrement. Disons à présent un mot de ses principales places [cités ou villes] qui sont Jérusalem, Samarie, Naplouse, Jaffa.
C - les données administratives de l'empire Ottoman au début du XXe siècle
vilayets et sandjaks ottomans au Proche-Orient
les divisions administratives de la Palestine et de la "Jordanie" en 1914
Données démographiques de la ville de Jérusalem depuis les recensements modernes. Source : Joseph Millis, Jérusalem, histoire illustrée de la ville sainte, éd. Guy Trédaniel, novembre 2015.
Jérusalem Ottoman(archives Empire ottoman)
En 1844, Jérusalem compte 15.510 personnes dont 7.120 juifs, 5.000 musulmans et 3.390 chrétiens.
En 1860, Jérusalem compte 18.000 personnes dont 8.000 juifs, 6.000 musulmans et 4.000 chrétiens.
En 1876, Jérusalem compte 25.030 personnes dont 12.000 juifs, 7.560 musulmans et 5.470 chrétiens.
En 1896, Jérusalem compte 45.420 personnes dont 28.112 juifs, 8.560 musulmans et 8.748 chrétiens.
En 1910, Jérusalem compte 73.700 personnes dont 47.400 juifs, 9.800 musulmans et 16.500 chrétiens.
La vieille ville de Jerusalem, le mont du Temple ou esplanade des mosquées (après 1910)
Jérusalem Mandataire(Archives britanniques)
En 1922, Jérusalem compte 52.081 personnes dont 33.971 juifs, 13.411 musulmans et 4.699 chrétiens (baisse de la population chrétienne due à la Première Guerre mondiale).
En 1931, Jérusalem compte 90.451 personnes dont 51.222 juifs, 19.894 musulmans et 19.335 chrétiens
En 1948, Jérusalem compte 165.000 personnes dont 100.000 juifs, 40.000 musulmans et 25.000 chrétiens.
6 - le sionisme
7 - la Première Guerre mondiale
8 - le Mandat sur la Palestine, 1922-1936
9 - la fin du Mandat britannique, 1936-1948
Le partage de la Palestine et la Commission Peel, 1937
par Daniel Horowitz
En 1937 la Palestine était occupée par les Britanniques, qui, suite au démantèlement de l'Empire Ottoman avait reçu mandat de la Communauté Internationale d'administrer le pays jusqu'à ce qu'il se dote d'institutions qui le rende capable d’accéder à l'indépendance.
Il y avait en Palestine à cette époque quatre cent mille juifs et un million d'Arabes. Sous la pression d’une flambée de violence entre les deux communautés, les Britanniques formèrent une commission présidée par Lord William Peel, personnalité politique expérimentée, pour la charger d'examiner le conflit et faire des recommandations. Les conclusions de la Commission Peel furent déposées quelques mois plus tard, préconisant le partage de la Palestine en deux États, l’un juif et l’autre arabe. Ci-dessous la synthèse de quelques-unes des idées maîtresses formulées par la Commission Peel en juillet 1937 :
La Communauté Juive de Palestine est une réalité sur le terrain. Cette population a engendré des développements politiques, sociaux et économiques considérables et a permis l'émergence de centres urbains et industriels en Palestine. Les terres cultivées par les juifs étaient essentiellement des dunes ou des marais avant d’être mises en valeur par eux.
Le contraste entre le caractère démocratique et occidental de la Communauté Juive de Palestine comparé à celui de la communauté arabe est frappant. Il ne peut en aucun cas être question de fusion ou d’assimilation entre ces deux cultures. L’écart est énorme de tous points de vue, et continuera à grandir quoi que l'on fasse.
Les systèmes d’éducation juifs et arabes sont très différents. Les juifs ont une Université de grande qualité et les arabes n’en ont pas du tout.
Un conflit incoercible existe entre les deux communautés. Leurs aspirations sont incompatibles. Les arabes rêvent de revivre leur Âge d’Or, et les juifs désirent déployer leur savoir-faire dans le cadre d’une souveraineté nationale.
Le Mandat Britannique consistant à administrer concurremment les deux communautés est devenu impossible. Sa mission ne peut être menée à bonne fin tant que le conflit entre juifs et arabes n’est pas réglé.
Les arabes de Palestine pourraient évoluer vers un gouvernement sur le modèle de l’Iraq ou de la Syrie. Les juifs quant à eux sont capables de se gouverner comme n’importe quelle société européenne avancée. Maintenir sous statut de colonie une société démocratique et avancée telle que la Communauté Juive de Palestine serait irresponsable et malsain.
Le mal est si profond que le seul espoir de pacification entre juifs et arabes repose sur une intervention chirurgicale, c’est-à-dire une partition de la Palestine.
Le problème ne peut être résolu en donnant à la fois aux juifs et aux arabes tout ce qu’ils désirent. Chaque communauté devra se satisfaire d’une partie de la Palestine parce qu'il serait injuste d’exiger que les uns soient soumis aux autres.
Le principe de la partition devra être basé sur la réalité démographique du moment. Dans certains cas, il sera nécessaire de faire des échanges de territoires, et peut-être des échanges de population.
La partition signifie que chaque côté obtiendra ce qu’il considère comme le plus important, de telle sorte que les uns et les autres pourront se développer conformément à leurs aspirations et traditions. Les arabes pourront interagir d'égal à égal avec leurs pairs du Moyen-Orient, et les juifs auront un État qui réalisera les aspirations du sionisme.
On ne peut qu’être atterré en constatant à quel point les éléments du conflit israélo-palestinien étaient déjà présents en 1937. Le rapport de la Commission Peel démontre en outre que l’avènement de l’État d’Israël est sans rapport avec la Shoah, mais que la Deuxième Guerre Mondiale a au contraire retardé l'avènement de l'État d'Israël, dont les institutions étaient prêtes depuis longtemps. Les années 1940-1945 furent un cataclysme qui a mis l'Histoire entre parenthèses, après quoi elle s'est remise en marche.
Les solutions proposées par la Commission Peel étaient toutes proportions gardées proches de celles auxquelles aspire Israël depuis les origines du projet sioniste. Il est terrible de se dire que sans l’intransigeance arabe non seulement le conflit israélo-palestinien aurait pu s’éteindre en 1937, mais qu'Israéliens et palestiniens vivraient aujourd’hui en bonne entente, et que des millions de juifs dont personne ne voulait en Europe auraient échappé aux nazis.
Le rapport Peel n'a rien perdu de son actualité sur le fond. Il n'est pas trop tard pour les principaux intéressés de le lire.
Le Monde, 25 octobre 2011
Le plan de partage de la Palestine par l'ONU, 1947
En 1947, la détérioration de la situation conduisit la Grande-Bretagne à abandonner à l’ONU le pouvoir de prendre des décisions concernant le statut du Pays d’Israël.
L’Assemblée générale nomma une commission spéciale qui recueillit des témoignages et décida à l’unanimité qu’il fallait accorder l’indépendance à Israël. La plupart des membres de la commission se prononcèrent en faveur d’un partage du pays en deux États, un juif et un arabe, Jérusalem devant se trouver sous contrôle international.
Le 29 novembre 1947, l’Assemblée générale de l’ONU adopta la résolution de partage de la Palestine par 33 voix contre 13.
10 - la première guerre israélo-arabe, 1948-1949
11 - la guerre de 1956
12 - la guerre des Six jours, 1967
13 - la guerre du Kippour, 1973
14 - la guerre du Liban, 1982
15 - la conférence de Madrid, 1991
16 - les "accords d'Oslo", 1993-1994-1995
La présence israélienne en Cisjordanie s’appuie sur les accords israélo-palestiniens d’Oslo qui ont réparti les prérogatives entre Juifs et Palestiniens, non d’une occupation.
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- Qui sont les Frères Musulmans (islam politique) ?
XXX. La reine [Clothilde] ne cessait de prêcher pour qu’il reconnaisse le vrai dieu et abandonne les idoles ; mais elle ne put en aucune manière l’entraîner dans cette croyance jusqu’au jour enfin où la guerre fut déclenchée contre les Alamans, guerre au cours de laquelle il fut poussé par la nécessité à confesser ce qu’il avait auparavant refusé de faire volontairement.
Il arriva en effet, que le conflit des deux armées dégénéra en un violent massacre et que l’armée de Clovis fut sur le point d’être complètement exterminée. Ce que voyant, il éleva les yeux au ciel, et, le cœur rempli de componction, ému jusqu’aux larmes, il dit : «Ô Jésus-Christ, que Clothide proclame fils de Dieu vivant, toi qui donnes une aide à ceux qui peinent et qui attribues la victoire à ceux qui espèrent en toi, je sollicite dévotement la gloire de ton assistance ; si tu m’accordes la victoire sur ces ennemis et si j’expérimente la vertu miraculeuse que le peuple voue en à ton nom déclare avoir mise à l'épreuve, je croirai en toi et je me ferai baptiser en ton nom. J’ai, en effet, invoqué mes dieux mais, comme j’en fais l’expérience, ils se sont abstenus de m’aider ; je crois donc qu’ils ne sont doués d’aucune puissance, eux qui ne viennent pas au secours de leurs serviteurs. C’est toi que maintenant j’invoque, c’est à toi que je désire croire, pourvu que je sois arraché à mes adversaires».
Comme il disait ses mots, les Alamans tournant le dos commencèrent à prendre la fuite. Lorsqu’ils virent leur roi tué, ils firent leur soumission à Clovis disant : «Ne laisse pas, de grâce, périr davantage des gens, nous sommes à toi désormais».
Mais lui, ayant arrêté le combat, harangua son peuple et la paix faite, rentra ; il raconta à la reine comment, en invoquant le nom du Christ, il avait mérité d'obtenir la victoire. Ceci s’accomplit la quinzième année de son règne [496].
XXXI. Alors la reine fait venir en cachette saint Rémi, évêque de la ville de Reims, le priant d'insinuer chez le roi «la parole du salut». Le pontife l’ayant fait venir en secret, commença à faire naître en lui qu’il devait croire au vrai Dieu, créateur du ciel et de la terre et abandonner les idoles, qui ne peuvent lui être utiles ni à lui, ni aux autres. Mais ce dernier lui répliquait : «Je t’ai écouté volontiers, très saint Père, toutefois, il reste une chose ; c’est que le peuple qui est sous mes ordres ne veut pas délaisser ses dieux ; mais je vais l’entretenir conformément à ta parole».
Il se rendit donc au milieu des siens, et, avant même qu’il eût pris la parole, la puissance de Dieu l’ayant devancé, tout le peuple s’écria en même temps : «Les dieux mortels nous les rejetons, pieux roi, et c’est Dieu immortel que prêche Rémi que nous sommes prêts à suivre». Cette nouvelle est portée au prélat qui, rempli d’une grande joie, fit préparer la piscine. Les places sont ombragées de tentures de couleur, les églises ornées de courtines blanches ; le baptistère apprêté, des parfums sont répandus, des cierges odoriférants brillent ; tout le temple du baptistère est imprégné d’une odeur divine et Dieu y comble les assistants d’une telle grâce qu’ils se croient transportés au milieu des parfums du paradis.
Ce fut le roi, qui, le premier, demanda à être baptisé par le pontife. Il s’avance, nouveau Constantin, vers la piscine, pour se guérir de la maladie d’une vielle lèpre et pour effacer avec une eau fraîche les sordides taches anciennement acquises. Lorsqu’il fut entré pour le baptême, le saint de Dieu l’interpella d’une voix éloquente en ces termes : «Courbe doucement la tête, ô Sicambre ; adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré». […]
Ainsi donc, le roi, ayant confessé le Dieu tout puissant dans sa Trinité, fut baptisé au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit et oint du saint chrême avec le signe de la croix du Christ. Plus de trois mille hommes de son armée furent également baptisés.»
Grégoire de Tours, Historia Francorum
Le récit du baptême de Clovis par l'archevêque de Reims, Hincmar (806-882) fait intervenir le miracle de la Sainte Ampoule apportée par une colombre lors de la cérémonie(Vie de Saint Rémi).
En réalité, les deux fioles de parfum trouvées par Hincmar près de la dépouille de Rémi remontaient à la tradition romaine de l'embaumement… Mais ce récit relève du symbolisme religieux : analogie entre le baptême de Clovis et celui du Christ, durant lequel l'Esprit Saint apparaît sous forme d'une colombe ; dans les églises primitives, l'Eucharistie (le pain sous lequel Jésus est réellement présent selon la foi catholique) était conservé dans une colombe au-dessus de l'autel ; dans le baptistère, il en allait de même pour le saint-Chrême utilisé pour le sacre des évêques. C'est Hincmar qui, le premier, établit un lien entre le baptême de Clovis et le sacre des rois de France fondé sur un événement miraculeux.