mardi 28 novembre 2006

les 3 premières Républiques


la République

 

 

les 3 premières Républiques en France :

1792, 1848 et 1870

 

 

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- définition de la République : forme d'État non monarchique ; régime dans lequel les pouvoirs politiques sont désignés par l'élection

 

- un récit explicatif (© Hachette) de la révolution de février 1848

 

 

1792

 


prise des Tuileries (résidence du roi Louis XVI) le 10 août 1792

 

 

1848

 


24 février 1848

 

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barricade de la rue Soufflot,  février 1848, peinture d'Horace Vernet

 

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Combat du peuple parisien dans les journées des 22, 23 et 24 février 1848,
grande barricade du Château-d’eau. Image d'Épinal de la révolution de février 1848.
Musée de l’Histoire de France © Centre historique des archives nationales

      


24 février 1848


séance du 24 février 1848 à la Chambre des députés

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proclamation de la République par Lamartine devant l'Hôtel de Ville de Paris




1870

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4 septembre 1870, proclamation de la République,
musée Carnavalet, Paris




4 septembre 1870




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lundi 27 novembre 2006

Origines et installation de la République en France, 1792-années 1880

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Origines et installation de la République

en France, 1792-années 1880

 

La République

Le point de vue historique fait du XIXe siècle le temps de l'installation difficile mais définitive du régime républicain en France.

Elle est précédée par deux grands "essais" : la Première et la Seconde République.

* La Première République est proclamée le 21 septembre 1792. Elle est née de la Révolution de 1789 et suit la chute de la Monarchie le 10 août 1792. Le régime napoléonien puis la Restauration la remplacèrent.

* La Deuxième République est née de la Révolution des 22-24 février 1848 à Paris. Elle est proclamée les 24 février et 4 mai 1848 (par l'Assemblée nationale constituante). Elle s'achève avec le coup d'État du Prince-Président Louis-Napoléon Bonaparte - futur Napoléon III - le 2 décembre 1851.

 

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Napoléon III (à gauche) prisonnier de Bismarck, le 2 septembre 1870

 

* La Troisième République, proclamée le 4 septembre 1870 après la défaite de Sedan et la déchéance de l'Empire, a des débuts hésitants et ne s'impose que progressivement :

  • en 1871, l'Assemblée nationale est majoritairement monarchiste.

  • en 1873, après la chute de Thiers, l'élection à la présidence de Mac-Mahon et le gouvernement du duc de Broglie instaurent "l'Ordre Moral" : mouvement de réaction royaliste qui tente de rétablir la monarchie. Cependant le retour du prétendant au trône, le comte de Chambord, est un échec.

  • 30 janvier 1875 : l'amendement Wallon définit le mode d'élection du président "de la République".

  • la constitution de 1875 : un compromis.

  • mars 1876, puis octobre 1877 : les républicains remportent les élections législatives.

  • janvier 1879 : Mac-Mahon démissionne. Jules Grévy, un "vrai" républicain, est élu président de la République.

  • 1880-1884 : les grandes lois républicaines : sur les libertés publiques, l'enseignement, l'établissement des grands symboles républicains...

 

 

- source : chronologie du dossier "La République et ses images", musée d'Orsay

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le premier Président de la République vraiment républicain,

élu en janvier 1879

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Jules Grévy, président de 1879 à 1885 et de 1885 à 1887

 

biographie de Jules Grévy

Jules Grévy (1807-1891)

Né le 15 août 1807 à Mont sous Vaudrey (Jura), d'une famille aux convictions républicaines. Après de brillantes études au collège de l'Arc à Dole, il obtient une licence de droit à Paris et devient avocat. Il publie, en 1836, un recueil général de formules pour tous les actes judiciaires, Le Procédurier.

Sous la monarchie de juillet, il plaide lors de procès politiques (notamment l'affaire des "Saisons" en 1839 où les accusés sont poursuivis pour atteinte à la sûreté de l'Etat). Sa carrière politique débute à la faveur des événements de 1848

il est nommé commissaire de la République dans le Jura par le gouvernement issu de la révolution de 1848 puis il est élu député du Jura en avril 1848. Il se rend célèbre, lors des débats relatifs à l'élaboration de la Constitution, par son opposition à l'élection du président de la République au suffrage universel. Mais "l'amendement Grévy" est repoussé.

Le 4 avril 1849, Jules Grévy est élu vice-président de l'Assemblée.

À la suite du coup d'Etat du 2 décembre 1851, il redevient avocat en 1862, il est élu membre du conseil de l'ordre des avocats du Barreau de Paris puis, le 4 août 1868, bâtonnier de l'ordre des avocats.

À la fin du IIe Empire, il revient à la politique et est à nouveau élu député du Jura en 1868 et en 1869.

Il s'oppose, avec Thiers et Gambetta, à la déclaration de guerre en 1870 et condamne l'insurrection de la Commune.

En février 1871, il est élu président de l'Assemblée nationale jusqu'à sa démission en avril 1873. Il est à nouveau président de la Chambre des députés à partir de 1876.

A la suite de la disparition de Thiers, le 3 septembre 1977, dont il prononce l'éloge funèbre, il est chargé de la direction du parti républicain.

Le 30 janvier 1879, le président Mac Mahon démissionne et Jules Grévy est élu président de la République par le Congrès réuni à Versailles. Dans le message lu aux Chambres le 6 février 1879, Jules Grévy expose sa conception de la fonction présidentielle: "Soumis avec sincérité à la grande loi du régime parlementaire, je n'entrerai jamais en lutte conte la volonté nationale exprimée par ses organes institutionnels". Ainsi a-t-on parfois parlé de "constitution Grévy" pour qualifier cette interprétation restrictive des prérogatives présidentielles désormais en vigueur sous la IIIe République.

En politique intérieure, son mandat est marqué par des mesures anticléricales

Malgré ses convictions modérées, il laisse le gouvernement Freycinet prendre deux décrets en mars 1880, l'un pour disperser les jésuites, l'autre pour instaurer un enregistrement obligatoire des congrégations.

En politique extérieure, le président Grévy manifeste un grand souci de paix, en particulier vis-à-vis de l'Allemagne, tandis qu'il doit faire face à la crise boulangiste.

Il fait opérer quelques transformations au Palais de l'Elysée durant son mandat: installation du téléphone, construction du jardin d'hiver et pose d'une pendule sur le bâtiment central.

Président bourgeois, il avait épousé en 1848 Coralie Fraisse, fille d'un tanneur de Narbonne, dont il a eu une fille, Alice. Le mariage de sa fille avec Daniel Wilson, député, est célébré en 1881 à l'Elysée même, en présence de Jules Ferry, témoin du marié, et de Léon Gambetta.

Réélu en décembre 1885, il est contraint de démissionner le 2 décembre 1887 à la suite du scandale provoqué par la découverte d'un trafic de décorations auquel est mêlé son gendre Daniel Wilson.

Il s'éteint à Mont sous Vaudrey le 9 septembre 1891.

Source : Service des archives et de l'information documentaire de la Présidence de la République.

Bibliographie :
Pierre Jeambrun, Jules Grévy ou la République debout, Librairie Jules Tallandier, 1991.

site internet de la Présidence de la République

 

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- voir : les symboles de la République

 

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dimanche 26 novembre 2006

Symboles de la République

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les symboles de la République

 

 

définitions

- "Allégorie, symbole, emblème, ne sont pas vraiment synonymes.

  • Une femme, coiffée d'un bonnet phrygien, et qui foule aux pieds une couronne, forme un tableau relativement complexe, destiné à exprimer l'idée que la République écrase la monarchie : ce discours imagé, substitué au discours abstrait, est typiquement une allégorie.
  • Le bonnet phrygien signifie que cette femme est par excellence un champion de la liberté, puisque ce bonnet était à Rome mis sur la tête des esclaves affranchis ; cette liaison n'est pas d'une évidence primaire, elle vient de l'histoire, on la possède par la culture ; on dira donc que le bonnet phrygien est un symbole.
  • Si cette femme à bonnet phrygien se réduit à un buste ou même à un profil banal, après un siècle d'accoutumance à ce qui sera devenu une convention, stable et partout reçue, on parlera plutôt d'emblème.

«La femme au bonnet phrygien est l'emblème de la République française» - ainsi s'exprime le Petit Larousse, pour illustrer précisément le mot emblème..."

Maurice Agulhon, Marianne au combat.
L'imagerie et la symbolique républicaines de 1789 à 1880,
Flammarion, 1979, p. 8.

 

 

 

synthèse et repères

- Drapeau tricolore :

- Liberté-égalité-fraternité : devise républicaine issue de la Révolution française - décret n° 88 du 25 septembre 1870, qui reprend mot pour mot la décision de 1848, à propos du sceau de l'État républicain : faire figurer sur une face la devise Liberté, Égalité, Fraternité.

- Victor Hugo défend les idées de progrès incarnées par la Révolution contre les empereurs d'Autriche, de Prusse et de Russie :
«À trois empereurs, opposons trois dates : le 14 juillet, le 10 août, le 21 septembre. Le 14 juillet a démoli la Bastille, et signifie Liberté ; le 10 août a découronné les Tuileries et signifie Égalité ; le 21 septembre a proclamé la République et signifie Fraternité». (cité dans Choses vues, Quarto-Gallimard, 2003, p. 1021).

- La Marseillaise : redevient hymne national par un décret du ministre de la Guerre, le 14 février 1879 (suivant le décret du 26 messidor an III).

- Le 14-juillet : devient fête nationale, le 14 juillet 1880.

- Marianne : représentation en femme de la République (buste de femme coiffée du bonnet phrygien), dans les années 1880.

* monument à la République : Paris en 1883

** dès 1879, la victoire politique est consommée avec le remplacement à l'Élysée de Mac-Mahon par Jules Grévy et la mise en place de toute une symbolique de cette République triomphante : La Marseillaise promue hymne national et, l'année suivante, le 14-juillet proclamé fête nationale. (Sirinelli)

 

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grille du Coq à l'Élysée
arrière du palais présidentiel de l'Élysée, Paris : grille du Coq avec le monogramme RF

 

 

La République française et ses symboles

Maurice AGULHON

La vieille nation appelée France est aujourd’hui officiellement désignée par le terme "République française". De là l’usage assez fréquent du monogramme RF, employé comme une sorte de logo.
Le régime républicain fait aujourd’hui à peu près l’unanimité dans l’opinion, mais il n’en a pas toujours été ainsi. Au XIXe siècle, dans le sillage de la Révolution française, les symboles de la République dont on va trouver ici l’énumération et le bref commentaire ont été ceux de la France révolutionnaire puis libérale (ou, si l’on veut, de la France de gauche) contre la France monarchique et conservatrice. C’est au XXe siècle qu’ils sont devenus ceux de la République française acceptée, consensuelle, et, en somme, ceux de la France tout court.

Un seul symbole visuel est officiellement consacré par son inscription dans la Constitution, c’est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge, dans cet ordre, à partir de la hampe. Inventé en 1789, lié à la France révolutionnaire puis impériale, il a été violemment rejeté et remplacé par un drapeau blanc de 1814 à 1830. C’est la révolution de 1830, dite de Juillet, qui l’a définitivement ramené et reconsacré. La droite royaliste et catholique intransigeante a peu à peu transféré sa dévotion du drapeau blanc aux trois couleurs. Cependant que l’extrême gauche révolutionnaire qui, vers la fin du XIXe siècle, vouait un culte subversif au drapeau rouge s’est à son tour ralliée au tricolore (période du Front populaire puis de la Deuxième Guerre mondiale).

Aujourd’hui le drapeau tricolore est unanimement reconnu comme signe de la France. Il existe une certaine tendance à le relativiser en portant quasiment à son niveau les drapeaux d’autres ensembles territoriaux. Il n’est plus rare de voir au fronton d’une mairie un même écusson supporter trois drapeaux, le tricolore au centre, le drapeau (officieux) de la région d’un côté, et le bleu étoilé de l’Europe de l’autre.

La même dialectique se reconnaît dans un autre symbole national officiel, La Marseillaise. Créé en 1792, l’hymne a été pendant près d’un siècle perçu comme révolutionnaire, donc partisan.
C’est la Troisième République qui en a fait, en 1880, l’hymne national légalement consacré. Puis l’opposition de droite s’y est ralliée en même temps qu’elle acceptait le drapeau tricolore et qu’elle s’investissait dans le nationalisme. Quant à l’opposition d’extrême gauche, elle l’accepta à son tour à la grande époque de l’antifascisme et de la Deuxième Guerre mondiale.
Aujourd’hui La Marseillaise reste officielle au niveau des célébrations nationales et militaires mais sa popularité "n’est plus ce qu’elle était", victime du pacifisme diffus et de l’antinationalisme implicite d’une société qui cherche à tâtons d’autres repères. Ici s’arrête d’ailleurs le parallélisme avec l’histoire du drapeau : si en effet, on l’a dit, le drapeau européen est connu et déjà popularisé, il n’a pas d’équivalent en musique, du moins au même niveau de notoriété.

La représentation de la République française par une figure allégorique, celle d’une femme, généralement coiffée d’un bonnet phrygien, n’est pas inscrite dans la Constitution, mais on ne peut lui dénier un caractère officiel puisqu’elle figure sur le sceau de l’État, ainsi que sur les pièces de monnaie et les timbres-poste, autres signes d’activité et de responsabilité publiques.

Là encore, tout remonte à la Révolution qui, en rejetant la Monarchie, ses armoiries, ses emblèmes à fleurs de lys, ne pouvait se dispenser de les remplacer. Le sceau de l’État – décréta la Convention à la fin de septembre 1792 – porterait une "figure de la Liberté".
Or les traités d’iconologie classiques depuis plusieurs siècles faisaient du bonnet phrygien l’attribut caractéristique de la Liberté. Par la décision de 1792, cette coiffure devenait donc l’emblème principal de la République française, et entrait dans l’histoire de France pour ne plus en sortir.
Dès lors que la République a vaincu et a tendu à s’identifier à la France, l’allégorie de la France porte bonnet phrygien, et le bonnet se trouve en quelque sorte francisé. Cette nationalisation française du bonnet phrygien était assez évidente dès la fin du XIXe siècle pour que la Liberté universelle doive se trouver d’autres coiffures (la plus célèbre étant celle de la statue de La Liberté du sculpteur Bartholdi, à New York).

Cependant, au cours de l’histoire compliquée du XIXe siècle, il s’était trouvé des républicains pour considérer que le bonnet phrygien était trop révolutionnaire, et qu’une République légaliste et pacifique devait être représentée coiffée d’autre façon (lauriers, par exemple). C’est à cette parenthèse vite refermée de notre histoire que la symbolique républicaine doit pourtant quelques créations encore notoires, voire visibles aujourd’hui : le premier timbre-poste français, dit à la Cérès, de 1849, ou la République assise et couronnée de soleil sur le sceau de l’État et les panonceaux des notaires, ou encore la tête qui figure sur la médaille de la Légion d’honneur.

Avec ou sans bonnet, mais le plus souvent avec, les types de République française allégorique rendus officiels par les monnaies et les timbres se sont succédé en grand nombre. La plus célèbre, du fait de son originalité (figure en pied sur un petit format), du fait de sa surcharge symbolique et – tout simplement – de son charme est la Semeuse (création d’O. Roty en 1897).
La représentation en femme de la République révolutionnaire, puis de la sage "République française", puis de la France a connu bien d’autres emplois et bien d’autres supports que les signes d’État que l’on vient de présenter : statues de places publiques, bustes pour orner l’intérieur d’édifices divers, œuvres libres de peintres, sculpteurs ou graveurs, allégories vivantes sur la scène ou dans la rue, bibelots pour collections et domiciles privés, enfin et surtout caricatures de presse. Tout cela libre, officieux… ou contestataire.

Même liberté, hors de toute prescription légale, dans l’emploi, attesté depuis 1792, du surnom de "Marianne" pour la désigner. De nos jours, il semble que l’usage du buste de la République en femme à bonnet phrygien, avec le nom de "Marianne", se spécialise dans l’institution municipale (plutôt que dans la politique d’État) et se prête, parfois, à des jeux folkloriques et médiatiques assez éloignés de la gravité républicaine officielle.
Plus récemment cependant, une Marianne sereine s’est officiellement mariée aux trois couleurs du drapeau français pour devenir la marque identifiant visuellement la Fonction publique d’État. Créée en 1999, elle est désormais présente sur les papiers à lettre, brochures, formulaires, affiches et supports d’information émanant des ministères, préfectures ou ambassades.

La même ambiguïté concernait depuis longtemps le Coq. Le Coq, symbole chrétien de la vigilance depuis le récit de la Passion, était depuis longtemps francisé dans la culture nationale par la proximité latine du Coq et du Gaulois (Gallus gallicus). Sans oublier sa flatteuse réputation de combativité et de vaillance : vertus du Coq, vertus réputées bien françaises. Malgré cela, l’érection du Coq en symbole national officiel n’a jamais dépassé le stade des velléités, malgré des tentatives aux temps de la Révolution, de la monarchie de Juillet et de la Troisième République.

Il semble que le Coq ait été refusé pour deux raisons : l’une étant que le choix d’un animal symbole aurait en soi quelque chose de héraldique, donc de "féodal", donc de mauvais ; l’autre est que, de toute façon, le Coq, animal de basse-cour, ne pourrait être mis avec vraisemblance au niveau des lions et des aigles. Le Coq a donc été réduit à deux emplois, non négligeables mais néanmoins en retrait par rapport à la dignité politique de l’État : la symbolisation de notre excellence sportive, et – parfois – celle de la vaillance militaire dans quelques monuments aux morts de la Grande Guerre.

La Deuxième Guerre mondiale a été faite et gagnée (du moins en ce qui concerne la contribution française) sous le signe de la Croix de Lorraine, emblème choisi par la France libre puis par la Résistance pour distinguer leur drapeau du tricolore gardé par Vichy. La Croix de Lorraine est donc utilisée couramment pour marquer les monuments évocateurs de l’époque 1940-1945, depuis le mont Valérien jusqu’aux plus humbles et plus rustiques lieux de combats de maquis.

Mais la Cinquième République a fait plus encore pour elle en exaltant la magistrature présidentielle et en lui donnant pour premier titulaire en 1958-59 le général de Gaulle. Celui-ci fut le premier à remplacer, sur la médaille commémorative de son accession à l’Élysée, l’image de la République en femme par celle de la Croix de Lorraine encadrée du V. L’innovation était même double : promotion de sens pour la Croix de Lorraine, et obligation faite aux successeurs du Général de se choisir à leur tour des sortes d’armoiries personnelles.

Y a-t-il enfin des symboles en forme de monuments ? La Troisième République a renoncé en 1882 à faire reconstruire les Tuileries incendiées en 1871, elle a continué à faire siéger les pouvoirs publics dans les palais hérités de siècles anciens (Luxembourg, palais Bourbon, Élysée, etc.). Paris n’offre donc rien qui soit comparable au gigantesque Capitole de Washington DC, siège d’assemblées, musée et marque symbolique républicaine tout à la fois. Ce qui se rapproche le plus d’un symbole monumental de la République à Paris est donc le Panthéon, bâti sous Louis XV comme église Sainte-Geneviève, et laïcisé nationalisé en 1791 comme sépulture des "Grands Hommes".

Au XIXe siècle, le Panthéon a véritablement polarisé l’hostilité que les forces de droite vouaient à la République : on le rendit à l’Église de 1814 à 1830, puis de 1851 à 1885, ou bien on le méprisa, tant il contenait de  célébrités sulfureuses (Voltaire et Rousseau, Victor Hugo et Émile Zola, Marcelin Berthelot et Jean Jaurès, etc.). On exagérerait à peine en disant qu’au milieu du XXe siècle encore le Panthéon n’était un panthéon que pour la Gauche, et que la Droite avait son véritable panthéon aux Invalides (Turenne et Vauban, Napoléon et le maréchal Foch, etc.).

La France de Droite devait pourtant finir par se rallier au respect du Panthéon comme elle en était venue à accepter la République elle-même. Décisive sans doute l’année 1964 où le général de Gaulle, en faisant panthéoniser Jean Moulin, acceptait ipso facto de reconnaître le grand temple du Quartier latin comme national aux yeux des deux camps, donc, en principe, aussi unificateur de la France politique que l’étaient devenus en leur temps la République, son drapeau et son bonnet phrygien.

Maurice Agulhon, professeur honoraire
de la chaire d’histoire contemporaine au Collège de France,
membre du Haut Comité des célébrations nationales,
est auteur de nombreux ouvrages sur la France des XIXe et XXe siècles.

Bibliographie
Agulhon (Maurice), Marianne au combat, l’imagerie et la symbolique républicaines de 1789 à 1880, Flammarion, 1979.
Agulhon (Maurice), Marianne au pouvoir, l’imagerie et la symbolique républicaines de 1880 à 1914, Flammarion, 1989.
Agulhon (Maurice), Métamorphoses de Marianne, l’imagerie et la symbolique républicaines de 1914 à nos jours, Flammarion, 2001.
Agulhon (Maurice), et Bonte (Pierre), Marianne dans la cité, (cet album de photographies est complémentaire de l’ouvrage précédent), Dexia et Imprimerie nationale, 2001.
Agulhon (Maurice) et Bonte (Pierre), Marianne, visages de la République, Gallimard Découvertes,1992.
Nora (Pierre), Les lieux de mémoire, tome 1, La République, Gallimard, 1984.
Pastoureau (Michel), Les emblèmes de la France, Bonneton, 1998.

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- sur ce blog : Maurice Agulhon, Marianne au combat, 1789-1880, compte rendu par Alain Corbin (1979).

 

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allégorie de la République, 1848


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source

 

le symbolisme dans les images de Marianne

Le bonnet phrygien                            la liberté, l'affranchissement

La couronne                                      le pouvoir

Le sein nu                                         la nourrice et l'émancipation

La cuirasse                                        l'invincibilité

Le rameau d'olivier                            la paix

Le lion                                              le courage et la force du peuple

L'étoile                                              la lumière

Le triangle                                         l'égalité

Les chaines brisées                             la liberté conquise

Les mains croisées                              la fraternité

Les faisceaux                                     l'autorité de l'État

La balance                                         la justice

La ruche                                            le travail

Les tables de la loi                              la loi

 

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une synthèse sur le symbolisme dans l'image de Marianne

Marianne et la devise de la République

Marianne représente la permanence des valeurs qui fondent l'attachement des citoyens à la République : "Liberté, Égalité, Fraternité".

Parfois employé par les opposants au régime républicain, mais surtout par ses défenseurs, le prénom de Marianne (Marie-Anne), populaire, est le symbole d'une République qui s'est construite par l'adhésion progressive de tous les citoyens à cette devise. Marianne est devenue peu à peu la représentation la plus facile à partager de la "mère-patrie", tantôt fougueuse et guerrière, tantôt pacifique et nourricière.

L'image de La Marianne trouve son origine dans l'Antiquité. Le bonnet phrygien est porté par les affranchis de l'Empire romain, esclaves auxquels leur maître a rendu la liberté et dont les descendants sont considérés de ce fait comme citoyens de l'Empire. La Démocratie est déjà représentée sous des traits féminins ; à ses pieds un gouvernail et un sac de blé à moitié renversé ; peu soucieuse de puissance, elle se préoccupe en effet surtout des aspirations du peuple.

À partir de 1789, des sculptures, des tableaux, représentent des personnages féminins portant les valeurs de la Révolution française au premier rang desquelles est placée la Liberté. La Liberté apparaît sous les traits d'une jeune femme, portant une robe courte et tenant dans sa main droite une pique ornée du bonnet phrygien. C'est une guerrière symbolisant l'idée que la liberté s'acquiert par les armes. Parfois, cette figure de la Liberté paraît plus sage, plus grave, drapée d'une longue robe tunique, dans une posture plus sereine. Elle perd alors nombre de ses attributs dont le bonnet phrygien, porté par les révolutionnaires.

L'Égalité prend aussi la forme d'une jeune femme suivie par des enfants portant les symboles des trois ordres de l'Ancien régime : les outils agricoles du Tiers-État, la Bible du Clergé et la couronne de la Noblesse, synthèse de l'ancienne et de la nouvelle France. À l'origine, L'Égalité tient dans ses mains une balance en équilibre, celle du Jugement dernier, mais les artistes révolutionnaires lui préfèrent le niveau, symbole d'égalité plus que d'équité. La Fraternité tient un bâton surmonté du coq gaulois et derrière elle, deux enfants mènent attelés ensemble un lion et un mouton. Marianne est souvent armée et casquée, comme l'Athéna grecque. La République est guerrière et protectrice, elle combat pour défendre ses valeurs, au premier rang desquelles la Liberté, comme à Valmy où, face à la réaction monarchiste, elle affirme sa vocation universelle.

Un décret de 1792 dispose que "le sceau de l'État serait changé et porterait pour type la France sous les traits d'une femme vêtue à l'antique, debout, tenant de la main droite une pique surmontée du bonnet phrygien, ou bonnet de la Liberté, la gauche appuyée sur un faisceau d'armes ; à ses pieds un gouvernail". Marianne a retrouvé des attributs anciens, notamment le lion et le Trône, mais elle tient dans ses mains, outre l'épée ou le faisceau d'armes, le drapeau tricolore français. À ses pieds, on trouve la loi et la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen présentée au monde. À la même époque, ses ennemis caricaturent la République en lui donnant le nom populaire de Marie-Anne car si la République veut s'occuper du peuple, disent-ils, elle doit en porter le nom.

Après 1799, la fin de la République et l'établissement du régime de l'Empire affaiblissent la représentativité de Marianne, même si le thème de la Liberté reste vivace. Nombre d'artistes la perpétuent, parmi lesquels notamment Eugène Delacroix dans La liberté guidant le peuple aux barricades de 1830. Le nom de Marianne réapparaît un temps avec la seconde République mais prend souvent un sens péjoratif. Les partisans de la République sociale reprennent le prénom. Dans le même temps, un concours est organisé en 1848 pour définir la représentation de la nouvelle République où réapparaîtraient les valeurs révolutionnaires. En proclamant le régime de l'Empire en 1852, Napoléon III fait remplacer sur les pièces de monnaie et sur les timbres-poste la figure de Marianne par sa propre effigie. Parallèlement, des groupes d'opposition républicains se constituent, et prennent Marianne comme figure de ralliement.

Dès le retour de la République, la Commune parisienne développe le culte de la combattante révolutionnaire au buste dénudé qui porte le bonnet phrygien rouge des sans-culotte. Mais à Paris celle-ci n'est jamais appelée Marianne et le nom n'est utilisé que dans les provinces. Dans chaque ville, des statues, des cloches portent ce prénom et rappellent les grandes heures révolutionnaires : 1789, 1830, 1848.

En 1871, après la Commune, les fondateurs de la IIIe République veulent restaurer la symbolique républicaine sans pour autant encourager des mouvements révolutionnaires. Ils préfèrent donc au bonnet phrygien la couronne d'épis de blés, inspirée de la couronne de soleil qui ornait les pièces de 1848. Mais le modèle est diversement suivi et dans toute la France s'oppose statue à épis et statue à bonnet phrygien. Quant au nom qu'il faut lui donner, tout dépend de la classe sociale : le républicain du peuple la nomme "Marianne", le républicain bourgeois parle de "la République" et l'antirépublicain, s'il ne l'injurie pas par un "la gueuse", emploie "Marie-Anne" de façon péjorative. Peu à peu les bustes se multiplient dans les mairies, les écoles. La mairie de Paris commande un modèle portant le bonnet phrygien en 1880. Le modèle se fige peu à peu : c'est un buste de femme au visage calme et jeune portant parfois la couronne d'épis, plus souvent le bonnet phrygien. La République s'installe.

Au vingtième siècle, toutes les mairies se dotent progressivement d'un buste de Marianne qui porte désormais systématiquement le bonnet phrygien et apparaît débarrassée de ses autres attributs (faisceau d'armes, niveau ou balance). Marianne est représentée de manière très épurée. Les dernières représentations, les plus en vogue dans les mairies aujourd'hui, sont celles reprenant les traits de Brigitte Bardot et de Catherine Deneuve. En marge des représentations officielles, des représentations libres se multiplient ; les caricaturistes s'emparent de Marianne comme image symbolisant la nation. L'assimilation de la République française à "La Marianne" est maintenant acquise. Marianne a survécu aux cinq Républiques et aux vicissitudes de l'histoire en renforçant son pouvoir symbolique à mesure que s'affirmait l'idée de la nation française.

http://www.insecula.com/article/F0010611.html

 

liens

- Les bustes de Marianne, Assemblée Nationale

- Marianne : la République est une femme [lien actuellement périmé - mars 2016]

- Symbolisme et visages de Marianne sur les timbres-poste

- D'où vient le bonnet de Marianne ?

repr_sentations_Marianne

 

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analyse d'image

 

1) La République, de Antoine-Jean Gros, 1794

 

Diapositive2
identifier les signes qui caractérisent cette allégorie de la République

 

Diapositive2

 

 

Diapositive3
identification des symboles de La République, tableau d'Antoine-Jean Gros, 1794 (version 2016)

 

symboles figurant sur le tableau La République d'Antoine-Jean Gros (1794)

  • bonnet phrygien : la liberté arrachée à l'esclavage ou à la servitude
  • pique, pointe renversée : vertu guerrière mais non agressive
  • tunique courte à l'antique, toge et sandales légères : allusion à Athènes et à Rome dont les citoyens défendent leur liberté
  • casque de Minerve ou d'Athéna : attribut de la déesse de l'intelligence au combat (stratégie)
  • niveau : notion d'égalité
  • feuilles de chêne : puissance, solidité, longévité, majesté
  • faisceau de licteur : l'autorité du licteur qui exécute les sentences des magistrats romains

* horizon informe : le paysage est négligeable dans ce tableau, seule compte l'allégorie puissante.

 

 

2) xxx

 

 

 

 

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mercredi 22 novembre 2006

repères historiques pour comprendre le film "Indigènes"

Diapositive1



"Indigènes"


repères historiques et références

 

pour comprendre le film




       à venir

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iconographie tirée du film

 

- la bande annonce du film

 

 



- une comparaison des images du film Il faut sauver le soldat Ryan, de Spielberg, avec celles du film de Rachid Bouchareb, Indigènes. Similitudes...

 

Indigènes : Jamel Debbouze payé au tarif syndicalIndigènes : Jamel Debbouze payé au tarif syndicalIndigènes : Jamel Debbouze payé au tarif syndical





Days of Glory




 







http://nono.hautetfort.com/images/medium_ds_indigenes.jpg




(JPEG)




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(JPEG)

 




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mardi 21 novembre 2006

l'apôtre Paul, iconographie

Le_Caravage_conversion_saint_Paul
Le Caravage (1571-1610), La conversion de Saint Paul, (1600),
chapelle Cesari, Santa Maria del Popolo (Sainte Marie du Peuple) à Rome


l'apôtre Paul, iconographie


Le Caravage est un peintre italien (1571-1610) qui prit ses distances avec les conceptions artistiques de la Renaissance répandues durant le XVIe siècle (prédominance de l'Antiquité, influence de Raphaël...). Il met en oeuvre un naturalisme dans ses compositions qui provoquent des effets dramatiques grâce à la puissance des oppositions de lumière. La peinture religieuse est ainsi renouvelée par les tableaux du Caravage.

  • L’essentiel de la peinture du Caravage est la présence massive du corps, révélée par le contraste de l’ombre et de la lumière, qui fait émerger la figure des ténèbres (David, 1605) : l’artiste révèle la face nocturne du monde, dans des mises en scène abruptes et obliques (La Conversion de saint Paul, 1600).

  • Même si les peintres - et notamment le Caravage - nous ont habitués à imaginer ainsi la scène, aucun des trois récits ne mentionne ou n’évoque un cheval du haut duquel le zélé persécuteur des chrétiens serait tombé en entendant le Christ s’adresser à lui.


Diapositive1
cliquer sur cette image pour l'agrandir et l'imprimer


Maître du clair-obscur, le Caravage révèle la divinité par un intense contraste lumineux. L’absence de symbole religieux autre et le réalisme du dessin confèrent au tableau ses caractéristiques baroques : goût du contraste, de la mise en scène, importance du sujet humain.


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Riche face-à-face pour le Caravage

article du journal Le Monde


Les Romains et les touristes n'ont que deux semaines pour profiter d'un événement unique : la présentation des deux versions de La Conversion de saint Paul réalisées par le Caravage (1571-1610). Jusqu'au 25 novembre, les deux tableaux sont visibles pour la première fois ensemble dans l'église Sainte-Marie-du-Peuple, sur la place du même nom, à Rome.

C'est là qu'est exposée, depuis 1605, la Conversion la plus connue, oeuvre sur toile qui remplaça mystérieusement la Conversion initiale, réalisée sur bois. Cette première version, peu connue car passant entre les mains de collectionneurs privés depuis des siècles, en Espagne et en Italie, vient d'être restaurée par son propriétaire actuel, la famille romaine Odescalchi, qui l'a prêtée pour la durée de l'exposition.

Réalisées à trois ou quatre ans d'écart, les deux versions montrent un tournant dans l'oeuvre du Caravage. Les couleurs éclatantes de la première Conversion dénotent une influence maniériste, alors que la seconde est caractéristique de la lumière et de la vision de la réalité des dernières années du peintre.

Comme une photo au grand angle

La confrontation des oeuvres ouvre une question : pourquoi le Caravage a-t-il peint deux fois le sujet pour le même commanditaire ? La Conversion de saint Paul lui avait été commandée "sur bois de cyprès" par Tiberio Cerasi, le ministre du Trésor du pape Clément VIII, qui venait d'acquérir la chapelle. Ce même Cerasi avait aussi commandé au Caravage une Crucifixion de saint Pierre. Or ces deux tableaux sur bois ont été remplacés par leur version sur toile fin 1605.

Parce qu'ils ont été "refusés par le patron", comme l'a prétendu l'historien Giovanni Baglione, ennemi du Caravage ? Mais quel patron ? Tiberio Cerasi, mort en mai 1601, ou son exécuteur testamentaire, l'hôpital de la Consolation, qui paya les deux tableaux à l'artiste en novembre de la même année ? À cette époque, les travaux de l'architecte Carlo Maderno avaient à peine débuté dans la chapelle. "Au fur et à mesure de l'avancement, le Caravage a dû se rendre compte que les peintures ne seraient pas adaptées à l'espace pensé par Maderno", explique Rossella Vodret, surintendante du patrimoine historique et artistique du Latium et commissaire de l'exposition. En effet, le lieu étroit n'autorise aucun recul. Mme Vodret y voit la raison pour laquelle le Caravage a repris ses pinceaux : "L'effet obtenu par la seconde version correspond à une photo prise au grand angle à 1,5 mètre de distance", note-t-elle. La seconde version est plus facilement lisible que la première, surtout sans recul. Pour La Crucifixion de saint Pierre, sur le mur opposé, la confrontation avec la version sur bois est impossible : on en a perdu la trace.

Jean-Jacques Bozonnet
article paru dans l'édition du Monde du 14.11.06



- une étude biographique du peintre Michelangelo Merisi, dit le Caravage, par Lorenzo Pericolo, maître de conférence à l'université Rennes II-Haute Bretagne




la conversion de Paul, selon les Évangiles


Actes, 9 les Actes des Apôtres sont la suite de l'Évangile de Luc

9.1 - Cependant Saul, respirant encore la menace et le meurtre contre les disciples du Seigneur, se rendit chez le souverain sacrificateur,

9.2 - et lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin que, s'il trouvait des partisans de la nouvelle doctrine, hommes ou femmes, il les amenât liés à Jérusalem.

9.3 - Comme il était en chemin, et qu'il approchait de Damas, tout à coup une lumière venant du ciel resplendit autour de lui.

9.4 - Il tomba par terre, et il entendit une voix qui lui disait : Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ?

9.5 - Il répondit : Qui es-tu, Seigneur ? Et le Seigneur dit : Je suis Jésus que tu persécutes. Il te serait dur de regimber contre les aiguillons.

9.6 - Tremblant et saisi d'effroi, il dit : Seigneur, que veux-tu que je fasse ? Et le Seigneur lui dit : Lève-toi, entre dans la ville, et on te dira ce que tu dois faire.

9.7 - Les hommes qui l'accompagnaient demeurèrent stupéfaits ; ils entendaient bien la voix, mais ils ne voyaient personne.

9.8 - Saul se releva de terre, et, quoique ses yeux fussent ouverts, il ne voyait rien ; on le prit par la main, et on le conduisit à Damas.

99 - Il resta trois jours sans voir, et il ne mangea ni ne but.
9.10

Or, il y avait à Damas un disciple nommé Ananias. Le Seigneur lui dit dans une vision : Ananias ! Il répondit : Me voici, Seigneur !

9.11

Et le Seigneur lui dit : Lève-toi, va dans la rue qu'on appelle la droite, et cherche, dans la maison de Judas, un nommé Saul de Tarse.

9.12

Car il prie, et il a vu en vision un homme du nom d'Ananias, qui entrait, et qui lui imposait les mains, afin qu'il recouvrât la vue. Ananias répondit :

9.13

Seigneur, j'ai appris de plusieurs personnes tous les maux que cet homme a faits à tes saints dans Jérusalem ;

9.14

et il a ici des pouvoirs, de la part des principaux sacrificateurs, pour lier tous ceux qui invoquent ton nom.

9.15

Mais le Seigneur lui dit : Va, car cet homme est un instrument que j'ai choisi, pour porter mon nom devant les nations, devant les rois, et devant les fils d'Israël ;

9.16

et je lui montrerai tout ce qu'il doit souffrir pour mon nom.

9.17

Ananias sortit ; et, lorsqu'il fut arrivé dans la maison, il imposa les mains à Saul, en disant : Saul, mon frère, le Seigneur Jésus, qui t'est apparu sur le chemin par lequel tu venais, m'a envoyé pour que tu recouvres la vue et que tu sois rempli du Saint Esprit.

9.18

Au même instant, il tomba de ses yeux comme des écailles, et il recouvra la vue. Il se leva, et fut baptisé;

9.19

et, après qu'il eut pris de la nourriture, les forces lui revinrent. Saul resta quelques jours avec les disciples qui étaient à Damas.

9.20

Et aussitôt il prêcha dans les synagogues que Jésus est le Fils de Dieu.

9.21

Tous ceux qui l'entendaient étaient dans l'étonnement, et disaient : N'est-ce pas celui qui persécutait à Jérusalem ceux qui invoquent ce nom, et n'est-il pas venu ici pour les emmener liés devant les principaux sacrificateurs ?

9.22

Cependant Saul se fortifiait de plus en plus, et il confondait les Juifs qui habitaient Damas, démontrant que Jésus est le Christ.

9.23

Au bout d'un certain temps, les Juifs se concertèrent pour le tuer,

9.24

et leur complot parvint à la connaissance de Saul. On gardait les portes jour et nuit, afin de lui ôter la vie.

9.25

Mais, pendant une nuit, les disciples le prirent, et le descendirent par la muraille, dans une corbeille.

9.25

Lorsqu'il se rendit à Jérusalem, Saul tâcha de se joindre à eux ; mais tous le craignaient, ne croyant pas qu'il fût un disciple.

9.27

Alors Barnabas, l'ayant pris avec lui, le conduisit vers les apôtres, et leur raconta comment sur le chemin Saul avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé, et comment à Damas il avait prêché franchement au nom de Jésus.

9.28

Il allait et venait avec eux dans Jérusalem, et s'exprimait en toute assurance au nom du Seigneur.

9.29

Il parlait aussi et disputait avec les Hellénistes ; mais ceux-ci cherchaient à lui ôter la vie.

9.30

Les frères, l'ayant su, l'emmenèrent à Césarée, et le firent partir pour Tarse.




http://interdenominationaldivineorder.com/gallery/paul.jpg
Michel-Ange, La conversion de Paul





Masaccio, Saint Paul
Masaccio,Saint-Paul, 1426 





http://www.hp.uab.edu/image_archive/ulj/mosaic33.jpg
Saint Paul, mosaïque de Ravenne






Saint Paul, mosaïque de Ravenne








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lundi 13 novembre 2006

La dernière tentation du Christ


La dernière tentation du Christ

un film de Martin Scorsese (1988)



intérêt de ce film

Le film, La dernière tentation du Christ, trace le portrait de Jésus partagé entre son humanité et sa divinité.

Cette affirmation de la double nature de Jésus, par la religion chrétienne est parfois difficile à comprendre (je ne parle pas d'y croire ou pas, ce n'est pas la question ; à l'école, il ne s'agit que d'acquérir des connaissances et des références critiques permettant de comprendre les grands traits du passé, et donc des religions ; la croyance ou la non croyance concerne chacun dans sa liberté de conscience, cela ne regarde pas l'école laïque).

Le film de Scorsese, tiré du livre de Kazantzakis(1955), met en scène un Jésus qui doute, qui cherche à échapper à la mission qu'il découvre avec angoisse en lui (se sacrifier pour racheter l'humanité de ses péchés), un Jésus dont la part humaine se rebiffe devant cette nature divine, avant de l'accepter.



Où les chrétiens lisent-ils que Jésus est Dieu ? Qu'il a deux natures, humaine et divine, indissolublement mêlée ? Dans l'Évangile. Par exemple, celui de Jean :

Thomas lui dit : Seigneur, nous ne savons où tu vas ; comment pouvons-nous en savoir le chemin ?

Jésus lui dit : Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi.

Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. Et dès maintenant vous le connaissez, et vous l'avez vu.

Philippe lui dit : Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit.

Jésus lui dit : Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m'as pas connu, Philippe ! Celui qui m'a vu a vu le Père ; comment dis-tu : Montre-nous le Père?
Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; et le Père qui demeure en moi, c'est lui qui fait les oeuvres.

Croyez-moi, je suis dans le Père, et le Père est en moi ; croyez du moins à cause de ces oeuvres.

Évangile, Jean, 14, 5-11


Pour les chrétiens, Dieu est unique, mais il y a trois personnes en lui : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Le christianisme appelle cela, la Trinité, et parle du "mystère de la Trinité" ; ce qui signifie : quelque chose de difficile à concevoir, mais cependant accessible à la compréhension. Pour cette religion, Jésus est l'incarnation de la Parole divine, le Verbe divin ; il est ce qu'il est possible de voir de Dieu sous la forme d'un être humain.
Les juifs (c'est-à-dire les autorités religieuses juives liées au Temple) l'ont ainsi compris puisqu'ils lui reprochent de blasphémer et cherchent à le lapider : "Ce n'est pas pour une belle oeuvre que nous voulons te lapider, mais pour un blasphème, parce que toi qui es un homme, tu te fais dieu" (Évangile, Jean, 10, 33).

Evangile_Jean_1
Un exemplaire de l’Evangile de Jean provenant
du monastère de Saint Stephanos, à Chypre. Il date de 1156



présentation

- présentation du film sur un site consacré à l'histoire du cinéma :

L'histoire : Jésus, charpentier à Nazareth, fabrique des croix pour les romains. Son ami, Judas désapprouve cette attitude. Plus tard, Jésus sauve de la lapidation, une prostituée, Marie-Madeleine. Mais il se sent investi d'une mission…

   

Scorsese avait pour projet d'adapté le roman de Nikos Kazantzakis depuis plusieurs années. C'est Barbara Hershey (qui joue le rôle de Marie-Madeleine) qui lui offrit le livre, en 1972, pendant le tournage de Boxcar Bertha.
Scorsese nous montre un Christ qui doute et qui refuse d'admettre qu'il est le Messie. Scorsese a confié le rôle à Williem Dafoe, tandis que l'on retrouve Harvey Keitel (qui n'avait pas travaillé avec Scorsese depuis Taxi Driver) dans le rôle d'un Judas qui aide Jésus à accepter son destin.

La vision peu commune des personnages choqua des catholiques. Aux Etats-Unis, un révérend milita pour interdire le film.
En France, des intégristes manifestèrent devant et dans les cinémas projetant le film. Des bombes
lacrymogènes interrompaient régulièrement les projections, et un incendie se déclara dans une salle parisienne.
Le film fut tourné au Maroc avec un budget relativement modeste de 5,6 millions de dollars.


- analyse du début du film par Valentin Noël, de la revue Eclipses, revue de cinéma

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lutdc_1t

La foto es del momento central de la película : el ángel enviado por Dios para salvar a Jesús (en realidad, ya sabrán, es Satanás) lo desclava de la cruz ; y le besa las llagas, y le explica que Dios no quiere sacrificios sino amor... Los dos se alejan, entonces ; Jesús se muestra aliviado al saber que no es el Mesías, que no tiene que salvar al mundo con su muerte ; y el ángel lo envía a disfrutar del mundo, a casarse con Magdalena y a tener hijos.
Esa es la última tentación. (source)


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La última tentación de Cristo

The last Temptation of Christ

- un commentaire en langue anglaise, par un écrivain étasunien : Ronald Bruce Meyer

- une chronique-résumé de ce film par "Kumar" (?)

Willem Dafoe

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Jesus Christ: Tempted human and perfect God in one.

Évangile de Jean, 8

«Va et ne pèche plus»

1 Quant à Jésus, il partit pour le mont des Oliviers.

2 Mais le lendemain, il revint de bonne heure dans la cour du Temple et tout le peuple se pressa autour de lui ; alors il s'assit et se mit à enseigner.

3 Tout à coup, les spécialistes de la Loi et les pharisiens traînèrent devant lui une femme qui avait été prise en flagrant délit d'adultère. Ils la firent avancer dans la foule et la placèrent, bien en vue, devant Jésus.

4 - Maître, lui dirent-ils, cette femme a commis un adultère ; elle a été prise sur le fait.

5 Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider les femmes de ce genre. Toi, quel est ton jugement sur ce cas ?

6 En lui posant cette question, ils voulaient lui tendre un piège, dans l'espoir de trouver quelque prétexte pour l'accuser.
Mais Jésus se baissa et se mit à écrire du doigt sur le sol.

7 Eux, ils insistaient, répétant leur question. Alors il se releva et leur dit :
- Que celui d'entre vous qui n'a jamais péché lui jette la première pierre !
   
8 Puis il se baissa de nouveau et se remit à écrire sur le sol.

9 Après avoir entendu ces paroles, ils s'esquivèrent l'un après l'autre, à commencer par les plus âgés, laissant finalement Jésus seul avec la femme, qui était restée au milieu de la cour du Temple.

10 Alors Jésus leva la tête et lui dit :
- Eh bien, où sont donc passés tes accusateurs ? Personne ne t'a condamnée ?

11 - Personne, Seigneur, lui répondit-elle.
Alors Jésus reprit :
- Je ne te condamne pas non plus. Va, mais désormais, ne pèche plus.



The Last Temptation of Christ


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Last Temptation of Christ 11

Last Temptation of Christ 16

Last Temptation of Chist 3

Last Temptation of Chist 1

Last Temptation of Chist 2


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Nikos Kazantzakis

La dernière Tentation du Christ, 1955


Le film La dernière Tentation du Christ (1988) de Martin Scorcese est tiré du livre de Nikos Kazantzakis, La dernière Tentation du Christ, écrit en 1955.

Nikos Kazantzakis, 1883-1957Kazantzakis_couv
 
Picture of Nikos Kazantzakis, author of Zorba the Greek and The Last Temptation of Christ; twentieth century Cretan Literature / Greek Literature

- une biographie de Kazanzakis

- une études des oeuvres de Kazantzakis

Crete and Matala Information

KazantzakisGrave
Δεν ελπίζω τίποτα. Δε φοβάμαι τίποτα. Είμαι λεύτερος
sur sa tombe, Kazantzakis a fait graver l'épitaphe suivante :
Je n'espère rien, je n'ai peur de rien, je suis libre


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vendredi 10 novembre 2006

quelques notions sur la religion juive

http://www.bluffton.edu/~sullivanm/titus/spoilscandle.jpg
la menorah, chandelier à sept branches

 

quelques notions sur la religion juive





la menorah, emportée jusqu'à Rome par les soldats de Titus,
général romain qui détruisit le Temple de Jérusalem en 70 ap. JC

 

Dans l'Antiquité, la religion juive, issue des récits bibliques et des traditions du peuple hébreu, se compose de croyances et de rituels. Elle est centrée sur le temple de Jérusalem, et basé sur la Loi. Celle-ci se trouve dans :

– la Torah ("enseignement"), ou Pentateuque 5 premiers livres de la Bible)

- le Talmud, commentaire oral du texte biblique transmis de génération en génération, matérialisation de la "Loi qui est sur la bouche".

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Judaism

 

La Loi (Thora) interprétée par les hommes

 

Dans un texte fameux, le Talmud dénie toute validité au surnaturel pour la détermination de la loi. Il s'agit dans ce texte d'une controverse entre Rabbi Eliezer et ses collègues concernant le statut d'un four construit en plaques détachées reliées par du sable. Rabbi Eliezer considérait qu'un tel four ne peut être rendu impur et ses collègues tenaient l'avis contraire.

Ce jour là, Rabbi Eliezer a donné tous les arguments imaginables mais les autres savants ne les ont pas agréés. Alors il leur a dit : «si la loi est comme moi, ce caroubier le prouvera.» Le caroubier fut déraciné et déplacé de cent coudées et selon d'autres de quatre cents coudées. On lui dit : «on n'apporte pas de preuve avec un caroubier».
Rabbi Eliezer reprit : «si la loi est comme moi, ce cours d'eau le prouvera». Les eaux du cours d'eau remontèrent à contre-courant. On lui dit : «on n'apporte pas une preuve avec un cours d'eau».
Rabbi Eliezer reprit : «si la loi est comme moi, les murs de la maison d'étude le prouveront». Les murs commencèrent à s'incliner. Rabbi Yehochoua se fâcha (contre les murs) : «si les savants se combattent sur la loi, cela ne vous regarde pas». Les murs ne s'écroulèrent pas par respect pour Rabbi Yehochoua mais ne se redressèrent pas par respect pour Rabbi Eliezer et ils sont restés penchés jusqu'à aujourd'hui.
Rabbi Eliezer reprit : «si la loi est comme moi, le ciel le prouvera». Une voix céleste intervint et dit : «qu'avez-vous à contredire Rabbi Eliezer fils de Horkanos ; la loi est comme lui en toute circonstance». Rabbi Yehochoua se dressa  et dit : «elle [la Torah] n'est pas au ciel».
Que signifie "elle n'est pas au ciel''?
Rabbi Jérémie a dit : la Torah a déjà été donnée au Mont Sinaï ; dès lors on ne fait plus attention à une voix céleste car il est écrit dans la Torah elle-même que l'on décide à la majorité.
Rabbi Natan a rencontré le prophète Elie. Il lui a demandé : que faisait le Saint-Béni-Soit-il [Dieu] à ce moment ?
Il lui a répondu : il riait et disait "mes fils m'ont vaincu, mes fils m'ont vaincu''.

La détermination de la loi obéit à sa logique propre et exclut tout recours à ce qui peut violenter la raison humaine, au miraculeux, au prophétique, à toute forme d'intimidation faisant perdre son sang-froid à l'esprit.
La Torah est définitivement sur la terre, l'établissement de la loi procède de la libre discussion des élèves des savants, des talmidé hakhamim.
Armés de principes et des acquis du passé, ils ont la responsabilité d'examiner calmement les nouveaux problèmes, à l'abri de toute sommation dont la force serait autre que celle de l'argumentation.

title
rabbi Eliezer

 

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mercredi 8 novembre 2006

La notion de civilité (M. Renard)

E.C.J.S. - notion de civilité (M. Renard)

 chevalier_et_dame_aux_oiseaux
chevalier et dame aux oiseaux
1305–1340, enluminure, manuscrit de Heidelberger
(source)

 

La notion de civilité

 

définitions

- citoyenneté : ensemble des règles de fonctionnement d'une communauté politique (cité de l'Antiquité, Nation d'aujourd'hui...) impliquant l'usage des droits politiques : droit de vote, droit d'être candidat, droit d'exercer des responsabilités dirigeantes...

- civisme : attachement à la citoyenneté de son pays, à l'accomplissement des devoirs et au respect des valeurs civiques.

- civilité : ensemble des règles et codes de vie en commun dans une société, de manière générale ; la civilité englobe la citoyenneté.

 

 

 

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civisme et culture,

selon Victor Hugo

Il n'y a pas de civisme sans culture.

* texte de Victor Hugo :

Les droits politiques, les fonctions de juré, d'électeur et de garde national entrent évidemment dans la constitution normale de tout membre de la cité. Tout homme du peuple est, a priori, homme de la cité.
Cependant les droits politiques doivent, évidemment aussi sommeiller dans l'individu jusqu'à ce que l'individu sache clairement ce que c'est que des droits politiques, ce que cela signifie et ce qu'on en fait. Pour exercer, il faut comprendre. En bonne logique, l'intelligence de la chose doit toujours précéder l'action sur la chose.
Il faut donc, on ne saurait trop insister sur ce point, éclairer le peuple pour pouvoir le constituer un jour. Et c'est un devoir sacré pour les gouvernants de se hâter de répandre la lumière dans ces masses obscures où le droit définitif repose. Tout tuteur honnête presse l'émancipation de son pupille. Multipliez donc les chemins qui mènent à l'intelligence, à la science, à l'aptitude. La Chambre, j'ai presque dit le trône (1), doit être le dernier échelon d'une échelle dont le premier échelon est une école.
Et puis, instruire le peuple, c'est l'améliorer ; éclairer le peuple, c'est le moraliser ; lettrer le peuple, c'est le civiliser. Toute brutalité se fond au feu doux des bonnes lectures quotidiennes. Humaniores litterae. Il faut donc faire au peuple ses humanités.
Ne demandez pas de droits pour le peuple tant que le peuple demandera des têtes.

Victor HUGO, décembre 1830, Choses vues,
Quarto-Gallimard, 2002, p. 69-70.

 

(1) - les 27, 28 et 29 juillet 1830 ont eu lieu les journées révolutionnaires qui ont mis un terme à la Restauration de la monarchie des Bourbon (Louis XVII, mort en 1824 ; et Charles X) ; Louis-Philippe d'Orléans a été proclamé "roi-citoyen"

exercice - expliquer les phrases suivantes :

- l'intelligence de la chose doit toujours précéder l'action sur la chose
- éclairer le peuple pour pouvoir le constituer un jour
- Tout tuteur honnête presse l'émancipation de son pupille
- Ne demandez pas de droits pour le peuple tant que le peuple demandera des têtes

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liens

citoyennete

- la civilité (institut de formation des maîtres d'Aix-en-Provence)

- citoyenneté et civilité (établissement Saint-Louis/Sainte-Marie de Gignac-Marignanne, Bouches-du-Rhône) : voir notamment, une liste de peines pour incivilités

- le texte intégral du livre d'Érasme (1530) : La civilité puérile

Portrait d'Erasme

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deux pôles de la civilité

 

Le cas de l'enfant sauvage, privé de toute civilité pendant des années, et celui de la cour du roi au XVIIIe siècle (film Ridicule), accumulant civilité et raffinement, peuvent être étudiés comme deux pôles de civilité : l'un tout au bas de la société, et même aux marges extérieures de celle-ci (l'enfant sauvage) ; l'autre au sommet de la société, du pouvoir et de la fortune. Mais, l'enfant sauvage, redécouvrant la société des hommes, ne semble pas avoir vraiment besoin d'elle. Et le courtisan de Versailles sous Louis XVI, coupé de la société réelle des hommes, manifestant cruauté, mépris et cynisme, semble également s'éloigner de toute réelle civilité.

 

- dossier sur les enfants sauvages et la notion de civilité : vous y trouverez les liens vers le texte du Dr Itard sur Victor de l'Aveyron

- dossier sur le film Ridicule (Patrice Leconte, 1996)

 

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mardi 7 novembre 2006

Dossier sur la notion de civilité : les enfants sauvages (M. Renard)

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E.C.J.S. - notion de civilité (M. Renard)

 

dossier

consignes, aide et documents



Les enfants sauvages et la civilité


Réaliser un dossier en répondant aux questions suivantes :

1) Qui était Victor de l'Aveyron

2) Qui était Jean Itard

3) Exposé : qu'est-ce que l'expérience éducative menée par Jean Itard auprès de Victor de l'Aveyron permet de comprendre de la notion de civilité ?

* ajouts possibles : images, évocation du film de François Truffaut... (la genèse du film L'enfant sauvage, de Truffaut - un extrait vidéo du film, avec surtitrage en langue espagnole)


- lien vers le texte intégral des Mémoires de Jean Itard sur Victor de l'Aveyron (1801 et 1806)

- Mémoire et rapport sur Victor de l'Aveyron (texte repris sur ce blog, sans les notes de bas de page)


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- le film L'enfant sauvage, de François Truffaut


présentation par l'éditeur du film

L'enfant sauvage (1970)

de François Truffaut, Claude Miller, Francois Truffaut avec Jean-pierre Cargol, Françoise Seigner, Paul Ville, Jean Dasté

Résumé

Aperçu plusieurs fois depuis 1797 dans la forêt de l'Aveyron où il vit entièrement nu un enfant âgé approximativement d'une douzaine d'années est capturé, malgré sa résistance, en 1798. Considéré d'abord comme un objet de curiosité (il ne parle pas et n'émet qu'un son, toujours le même), il est déclaré rebelle par l'administration, et plus particulièrement par le professeur Pinel, le célèbre aliéniste de l'époque, à toute tentative d'éducation. Un jeune médecin à l'Institution des sourds-muets, Jean Itard, croit au contraire que le jeune sauvage, doit pouvoir devenir, avec beaucoup de patience et de soins, un jeune garçon presque comme les autres. Il réussit à se faire confier la garde complète de l'enfant, l'emmène chez lui, lui donne le nom de Victor, et va livrer quotidiennement un véritable combat pour tenter de faire de cet être inférieur à bien des animaux un enfant qui donnera, petit à petit, des signes d'affection, d'intelligence et de sensibilité.

Les acteurs du film

Victor : Jean Pierre Cargol
Itard : François Truffaut
Professeur Pinel : Jean Dasté
Mme Guérin : Françoise Seigner                       
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L'Enfant sauvage



http://www.estacaovirtual.com/distribuidora/filmes_old/garotoselvagem500.jpg




EL NIÑO SALVAJE

(L'Enfant Sauvage)
de Francois Truffaut, Francia, 1970)

con Jean-Pierre Cargol, Francois Truffaut y Jean Dasté

El relato parte en 1798 cuando, en unos bosques de Francia, se descubre a un niño en estado salvaje que es enviado a una institución parisina para sordo-mudos donde se le enseña a erguirse, usar ropas y emitir las primeras palabras. Basado en un hecho real y temáticamente comparable a ANA DE LOS MILAGROS (que relataba la educación de Helen Séller), este notable estudio sobre la dignidad humana a través de la educación conmueve tanto por el drama que describe como por las magníficas actuaciones, especialmente la del pequeño Jean-Pierre Cargol (un muchacho gitano, en la vida real) en el rol protagónico.

 

* présentation du film en langue italienne



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lundi 6 novembre 2006

L'histoire du Jarez au fil de l'eau

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l'ancienne chartreuse

de Sainte-Croix-en-Jarez


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Sainte-Croix-en-Jarez, façade début XXe siècle


Historique du Monastère du XIIIe siècle à la Révolution

Guillaume de Roussillon envoyé en terre sainte par le roi, meurt à Saint Jean d’Acre en 1277. Quelques années plus tard, sa veuve, Béatrix de la Tour du Pin, a eu, d'après une légende, une vision prémonitoire concernant la construction d'une Chartreuse. En réalité, elle donna une place forte qu'elle possédait sur le site actuel du village, à la condition de pouvoir y finir ses jours.

À partir de 1280, les premières constructions cartusiennes voient le jour : église, petit cloître, salle capitulaire, réfectoire, cuisine et ermitages. Par la suite, les deux cours ainsi que la façade seront édifiées. Ce sont quelques-uns de ces lieux bien conservés qui font l'objet de visites.

Le monastère de Sainte-Croix-en-Jarez s'organisa sur les mêmes principes que les Chartreuses déjà existantes. Il abrita une communauté de pères et de frères jusqu'en 1792, date à laquelle ceux-ci quittèrent définitivement les lieux.

De la Révolution à nos jours

En 1794, le monastère, devenu bien national, fut divisé en 44 lots, vendus aux enchères aux familles des alentours.

Les paysans s'établirent alors à l'intérieur de la Chartreuse en modifiant certaines parties, notamment en démolissant en 1840 le cloître de la deuxième cour pour faciliter le passage des charrettes, et en supprimant certains locaux pour permettre la construction du clocher de l'église actuelle. Mais l'ensemble architectural a été conservé.

Le monastère devint village sous le nom de Sainte-Croix-en-Pavezin, puis commune de Sainte-Croix-en-Jarez en 1888. Les habitants actuels, la mairie, l'école, l'accueil des touristes et un restaurant occupent certains ermitages et des locaux communs, tels que l'ancienne boulangerie et l'hostellerie. Ce village est ainsi un exemple très particulier de la transformation d'un ensemble religieux en un ensemble laïque.

source

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