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Origines et installation de la République

en France, 1792-années 1880

 

La République

Le point de vue historique fait du XIXe siècle le temps de l'installation difficile mais définitive du régime républicain en France.

Elle est précédée par deux grands "essais" : la Première et la Seconde République.

* La Première République est proclamée le 21 septembre 1792. Elle est née de la Révolution de 1789 et suit la chute de la Monarchie le 10 août 1792. Le régime napoléonien puis la Restauration la remplacèrent.

* La Deuxième République est née de la Révolution des 22-24 février 1848 à Paris. Elle est proclamée les 24 février et 4 mai 1848 (par l'Assemblée nationale constituante). Elle s'achève avec le coup d'État du Prince-Président Louis-Napoléon Bonaparte - futur Napoléon III - le 2 décembre 1851.

 

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Napoléon III (à gauche) prisonnier de Bismarck, le 2 septembre 1870

 

* La Troisième République, proclamée le 4 septembre 1870 après la défaite de Sedan et la déchéance de l'Empire, a des débuts hésitants et ne s'impose que progressivement :

  • en 1871, l'Assemblée nationale est majoritairement monarchiste.

  • en 1873, après la chute de Thiers, l'élection à la présidence de Mac-Mahon et le gouvernement du duc de Broglie instaurent "l'Ordre Moral" : mouvement de réaction royaliste qui tente de rétablir la monarchie. Cependant le retour du prétendant au trône, le comte de Chambord, est un échec.

  • 30 janvier 1875 : l'amendement Wallon définit le mode d'élection du président "de la République".

  • la constitution de 1875 : un compromis.

  • mars 1876, puis octobre 1877 : les républicains remportent les élections législatives.

  • janvier 1879 : Mac-Mahon démissionne. Jules Grévy, un "vrai" républicain, est élu président de la République.

  • 1880-1884 : les grandes lois républicaines : sur les libertés publiques, l'enseignement, l'établissement des grands symboles républicains...

 

 

- source : chronologie du dossier "La République et ses images", musée d'Orsay

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le premier Président de la République vraiment républicain,

élu en janvier 1879

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Jules Grévy, président de 1879 à 1885 et de 1885 à 1887

 

biographie de Jules Grévy

Jules Grévy (1807-1891)

Né le 15 août 1807 à Mont sous Vaudrey (Jura), d'une famille aux convictions républicaines. Après de brillantes études au collège de l'Arc à Dole, il obtient une licence de droit à Paris et devient avocat. Il publie, en 1836, un recueil général de formules pour tous les actes judiciaires, Le Procédurier.

Sous la monarchie de juillet, il plaide lors de procès politiques (notamment l'affaire des "Saisons" en 1839 où les accusés sont poursuivis pour atteinte à la sûreté de l'Etat). Sa carrière politique débute à la faveur des événements de 1848

il est nommé commissaire de la République dans le Jura par le gouvernement issu de la révolution de 1848 puis il est élu député du Jura en avril 1848. Il se rend célèbre, lors des débats relatifs à l'élaboration de la Constitution, par son opposition à l'élection du président de la République au suffrage universel. Mais "l'amendement Grévy" est repoussé.

Le 4 avril 1849, Jules Grévy est élu vice-président de l'Assemblée.

À la suite du coup d'Etat du 2 décembre 1851, il redevient avocat en 1862, il est élu membre du conseil de l'ordre des avocats du Barreau de Paris puis, le 4 août 1868, bâtonnier de l'ordre des avocats.

À la fin du IIe Empire, il revient à la politique et est à nouveau élu député du Jura en 1868 et en 1869.

Il s'oppose, avec Thiers et Gambetta, à la déclaration de guerre en 1870 et condamne l'insurrection de la Commune.

En février 1871, il est élu président de l'Assemblée nationale jusqu'à sa démission en avril 1873. Il est à nouveau président de la Chambre des députés à partir de 1876.

A la suite de la disparition de Thiers, le 3 septembre 1977, dont il prononce l'éloge funèbre, il est chargé de la direction du parti républicain.

Le 30 janvier 1879, le président Mac Mahon démissionne et Jules Grévy est élu président de la République par le Congrès réuni à Versailles. Dans le message lu aux Chambres le 6 février 1879, Jules Grévy expose sa conception de la fonction présidentielle: "Soumis avec sincérité à la grande loi du régime parlementaire, je n'entrerai jamais en lutte conte la volonté nationale exprimée par ses organes institutionnels". Ainsi a-t-on parfois parlé de "constitution Grévy" pour qualifier cette interprétation restrictive des prérogatives présidentielles désormais en vigueur sous la IIIe République.

En politique intérieure, son mandat est marqué par des mesures anticléricales

Malgré ses convictions modérées, il laisse le gouvernement Freycinet prendre deux décrets en mars 1880, l'un pour disperser les jésuites, l'autre pour instaurer un enregistrement obligatoire des congrégations.

En politique extérieure, le président Grévy manifeste un grand souci de paix, en particulier vis-à-vis de l'Allemagne, tandis qu'il doit faire face à la crise boulangiste.

Il fait opérer quelques transformations au Palais de l'Elysée durant son mandat: installation du téléphone, construction du jardin d'hiver et pose d'une pendule sur le bâtiment central.

Président bourgeois, il avait épousé en 1848 Coralie Fraisse, fille d'un tanneur de Narbonne, dont il a eu une fille, Alice. Le mariage de sa fille avec Daniel Wilson, député, est célébré en 1881 à l'Elysée même, en présence de Jules Ferry, témoin du marié, et de Léon Gambetta.

Réélu en décembre 1885, il est contraint de démissionner le 2 décembre 1887 à la suite du scandale provoqué par la découverte d'un trafic de décorations auquel est mêlé son gendre Daniel Wilson.

Il s'éteint à Mont sous Vaudrey le 9 septembre 1891.

Source : Service des archives et de l'information documentaire de la Présidence de la République.

Bibliographie :
Pierre Jeambrun, Jules Grévy ou la République debout, Librairie Jules Tallandier, 1991.

site internet de la Présidence de la République

 

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