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crise de la République (1889)

le général Boulanger (1837-1891)

 


La crise Boulangiste
Après la nomination du général Boulanger en tant que ministre de la Guerre par Freycinet le 7 janvier 1886, le ministre sut très vite créer autour de lui un courant d'enthousiasme en améliorant sensiblement les conditions de vie des soldats. Ainsi il fut élu triomphalement le 27 janvier 1889 et naquit le boulangisme (rassemblement du peuple) qui voulut venger la commune et rassembla des patriotes qui voulaient humilier l'Allemagne, des monarchistes même qui voulaient profiter de la vague boulangiste. Incarné par des hommes aussi différents que Paul Déroulède, un ex-républicain, Henri Rochefort converti au nationalisme antisémite ou encore le sénateur Naquet, il représenta la première apparition d'une vraie force politique antiparlementaire.
Outre les décisions vigoureuses des républicains (rétablissement du scrutin d'arrondissement, interdiction de la Ligue des patriotes), outre les mesures symboliques prises (centenaire de 1789, l'Exposition Universelle…), l'échec fut sans doute le résultat des contradictions irréductibles de cette coalition dont Boulanger était le seul ciment.
La République a été sauvée mais entre les années 1890 et 1800, deux nouvelles crises allaient voir le jour, entraînant un glissement vers la gauche de la majorité.

source : site académie de la Réunion


Boulanger, Georges, général et homme politique français né à Rennes en 1837 et mort à Ixelles, Belgique, en 1891, ministre de la Guerre (parti républicain) de 1886 à 1887. Sa popularité est due à divers coups d'éclat et des circonstances peu banales :

Il réussit à faire expulser du gouvernement le duc D'Aumale, le quatrième fils de Louis-Philippe ; il soutint les mineurs grévistes et invita l'armée envoyée contre eux de se joindre à leur mouvement ; il améliora les conditions des soldats, etc., etc.

Sa prestance (à cheval) en fit une figure très populaire (par exemple à Longchamp, 14 juillet 1886) et c'est suite à cet événement que l'un des chanteurs les plus populaires de l'époque, Paulus substitua, dans le deuxième couplet d'En revenant de la revue le vers suivant :

«Ma tendre épouse bat des mains
Quand défilent les saint-cyriens
Ma bell'-mèr' pouss' des cris
En r'luquant les spahis
Moi j'faisais qu'admirer
Notr' brav' général Boulanger»

Le succès de cette chanson fut énorme et ne fit qu'accroître sa popularité.

Ayant su rallier et grouper autour de lui tous les mécontents, de l'extrême gauche à la droite dure et nationaliste, il fut triomphalement élu dans plusieurs départements (ainsi qu'à Paris) mais plutôt indécis (certains disent velléitaire), il renonça en 1889 à faire le coup d'État qui allait le porter au pouvoir - pourtant appuyé par tous - et il s'enfuit en Belgique. Condamné à la prison à perpétuité par contumace, il finit par se suicider sur la tombe de sa maîtresse.

Ce qui avait fait dire à Clémenceau : «Il est mort comme il a vécu : en sous-lieutenant.»

Source : www.udenap.org

 

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- voir, sur ce blog, les paragraphes 11, 12, 13, 14 et 15 qui concernent la crise boulangiste, dans le dossier sur les crises politiques sous la IIIe République

- voir au bas de cette page, les dessins d'élèves sur Boulanger


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document d'approfondissement


le général Georges Ernest Boulanger

figure marquante de la seconde moitié du XIXe siècle,

tant sur le plan politique que militaire


                                                           

De la carrière des armes à la carrière  politique                            

Georges Ernest Boulanger naît à Rennes, le 29 avril 1837. Reçu à l’École impériale militaire de Saint-Cyr-l’Ecole en 1854, dans la promotion De Crimée - Boulanger___chevalSébastopol, il participe aux campagnes de Kabylie comme lieutenant de turcos. En 1859 il combat en Italie, où une blessure à la poitrine, reçue à Rochebetto, lui vaut la Légion d'honneur. En 1861, il est en Cochinchine, contre Tu-Duc et se trouve de nouveau blessé, à Traï-Dan, d'un coup de lance à la cuisse. Capitaine-instructeur à l'école de Saint-Cyr, il y annonce à ses élèves le déclenchement de la guerre contre la Prusse.            

Promu chef de bataillon en 1871, «à la suite d'actes héroïques » qui lui valent notamment une nouvelle blessure reçue pendant la bataille de Champigny, au cours de la défense de Paris. Il reçoit alors le commandement du 114e régiment d'infanterie de ligne, qu’il dirige contre la Commune de Paris.
À la tête de cette unité, il est encore blessé le 24 mai 1871, pendant la prise du Panthéon. Cité nommément dans le rapport du maréchal de Mac-Mahon, il est promu commandeur de la Légion d'honneur le 24 juin 1871, à l’âge de trente-quatre ans. Colonel commandant le 133e régimentaumale d’infanterie en 1874, il est placé sous les ordres du duc d'Aumale [ci-contre]. C’est à l’appui de ce dernier, et de ses partisans orléanistes, qu’il doit d’ailleurs sa nomination comme officier général l’année suivante.            

Spécialiste du combat d’infanterie, qu’il enseignait déjà à Saint-Cyr, il devient directeur de cette arme au ministère de la Guerre en 1882, et met en place ses premières réformes en faveur des troupes à pied, qui assurent sa popularité. À ce poste, soutenu à la fois par le duc d’Aumale et les Républicains, il s’affirme comme l’homme du consensus et devient, à 45 ans, l’un des officiers généraux les plus en vue. Promu deux ans plus tard au grade de général de division, il commande l’armée française en Tunisie et s’y distingue par son intransigeance dans la défense de l’armée, notamment lorsqu’il fait tripler la peine de six jours de prison infligé à un Italien ayant souffleté un lieutenant français à Tunis : s’il frise l’incident diplomatique, et est finalement privé de son commandement par le gouvernement Brisson, Boulanger se fait aussi remarquer à cette occasion par sa fermeté et vient de donner naissance au mythe du «Général Revanche».            
Désormais soutenu par Clemenceau et par les radicaux, il entre comme ministre de la Guerre dans le troisième cabinet Freycinet, le 7 janvier 1886. Sensible et moderniste pour les uns, démagogue pour les autres, il met en œuvre une intense politique de rénovation. Officier d’infanterie resté longtemps au contact de la troupe, Boulanger s’intéresse d’abord à la condition du soldat : il entreprend d’en améliorer le confort, par exemple en réévaluant l’ordinaire ou en autorisant le port de la barbe pour les conscrits. Puis il passe à des mesures de fond, politiquement sensibles, en ramenant la durée du service militaire obligatoire de cinq à trois ans et en élaborant une loi plus restrictive sur les exemptions, symptomatiquement surnommée «les curés sac au dos». Cette dernière initiative, jointe à la radiation de l’armée des princes d’Orléans, lui aliène finalement  le soutien des conservateurs. La presse, quant à elle, souligne son ingratitude…

Mais le ministère Boulanger est également une époque de modernisation générale. L’armement et l’équipement en sont les domaines les plus marquants, et l’adoption du fusil Lebel, encore en usage dans certains  corps en 1940, l’exemple le plus emblématique.              

Boulanger et la gendarmerie

Toutefois, si cet aspect de l’œuvre politique du général Boulanger est très bien  connue, un pan entier de son action au ministère reste en revanche largement ignorée : il s’agit du train de réformes qu’il met en place, dès son arrivée, concernant la gendarmerie. Cette dernière, en effet, fait question au début de la Troisième République. Dès 1871, de nombreux projets de réorganisation de l’armée et de rationalisation de son budget ont proposé la démilitarisation de la gendarmerie, laquelle aurait dû, selon leurs auteurs, être confiée tantôt au ministère de l’Intérieur, tantôt à celui de la Justice, voire aux conseils généraux. Sa dissolution pure et simple, «par voie d’extinction du corps de la gendarmerie» est même envisagée. Et si aucune de ces propositions n’est réalisée sous «l’ordre moral», rien ne vient non plus prendre en compte la source de ces interrogations : la nécessaire réforme d’un corps directement légué par Napoléon III.              

L’arrivée des Républicains au gouvernement relance naturellement l’affaire (...).

C’est qu’en réalité, Boulanger porte un vif intérêt à ce qui lui paraît le chantier essentiel dans la préparation de la «Revanche», et la mesure préalable à toute autre réforme : l’organisation de la mobilisation. Pour son chef de cabinet, Théodore Cahu, auteur en 1889 d’un petit opuscule intitulé La mobilisation et le général Boulanger, toute l’énergie du ministre converge en effet sur ce point, son attachement au succès du plan de mobilisation passant même, au besoin, par des manœuvres occultes. Or, à l’heure où est ouvertement envisagée la reconquête de l’Alsace-Lorraine, alors qu’à cette fin est programmé un vaste «redressement militaire» de la France, la gendarmerie apparaît aux yeux du général-ministre comme une interface hors pair pour encadrer l’ensemble du territoire, veiller sur l’exécution, dans chaque village, des prescriptions de l’autorité militaire, et en dernier lieu assurer la mise en route des conscrits et des rappelés.

Elle lui semble en outre toute disposée pour assurer la surveillance des populations, et notamment des étrangers et suspects d’espionnage. C’est ainsi qu’il ordonne explicitement à la gendarmerie, par la «loi Boulanger» du 18 avril 1886 et surtout dans les circulaires d’application qui lui font suite, de contrôler étroitement les étrangers résidant en France, notamment dans les régions frontalières, ainsi que les itinérants dont le comportement aurait attiré l’attention. Ces textes sont en fait l’embryon des fameux «Carnets A et B», recension des individus suspectés de vouloir faire échec au plan de mobilisation (que Georges Clemenceau réorienta, à partir de 1907, dans le sens d’un fichier concernant surtout les anarchistes et antimilitaristes, tout en en laissant la gestion à la gendarmerie).

Ainsi, lorsque la question de la démilitarisation est de nouveau posée, par la voie parlementaire, Boulanger trouve, vis-à-vis de la représentation nationale, un argument imparable. À ceux qui estiment en effet que la gendarmerie, à l’époque essentiellement centrée sur des missions de police rurale, devrait être retranchée d’un budget de la Guerre entièrement orienté vers la «Revanche», il objecte, au cours d’une fameuse séance à la Chambre, qu’au nom même de la «Revanche», l’Arme doit rester une force militaire : «Si nous avons pu mener à bonne fin l’organisation de nos forces nationales en cas de mobilisation, lance-t-il aux députés, c’est grâce au concours dévoué et infatigable que nous a prêté la gendarmerie». L’argument faisant mouche, la question est ajournée sine die, même si l’opposition ne désarme pas. (...)

S’attaquera-t-il à présent à l’épineuse question de la gendarmerie mobile, dont le dernier bataillon a été dissout le 29 mars 1885 ? Toute entreprise est en fait brutalement suspendue au mois de mai 1887, à la suite de l’affaire Schnaebelé, un incident diplomatique sur la frontière allemande. Alors que Boulanger réclame la mobilisation des troupes de couverture, manœuvre qu’il vient de préparer minutieusement, et même la signification à Berlin d’un ultimatum, il perd l’appui du président de la République et quitte le ministère à la faveur d’un remaniement, le 29 mai 1887.

             
Epilogue

La suite est connue : nommé au commandement de la région militaire de Clermont-Ferrand, ce qui est  perçue comme une demie disgrâce, il est retenu par la foule, dix mille personnes envahissant la gare de Lyon. Finalement «exilé» dans le Puy-de-Dôme, il y acquiert le soutien des différents partisans d’un État fort, venus de tous les bords de l’échiquier politique.
Dès l’automne 1887, alors que l’affaire de la vente des décorations pousse le président Grévy à démissionner, Boulanger devient la figure de ralliement des monarchistes, mais aussi de bonapartistes, radicaux et nationalistes. C’est ainsi que le 1er janvier 1888, il rencontre secrètement, en Suisse, le prince Jérôme Bonaparte, qui lui assure le soutien bonapartiste. Se présentant alors, le mois suivant, à des élections législatives partielles dans plusieurs départements, il est déclaré inéligible en raison de son appartenance à l’armée active. Rayé des cadres et cassé de son grade le 25 mars, il entre enfin à la Chambre des députés, le 12 juillet suivant.              

La République semble en péril lorsqu’il se présente à Paris, bastion du parti républicain, à la faveur du décès en cours de mandat du député Hude. Victorieux à une écrasante majorité, le 27 janvier 1889, Boulanger, poussé par cinquante mille personnes, hésite à marcher sur l’Elysée, puis y renonce finalement. Poursuivi par la haute cour et contraint à l’exil, il se réfugie en Belgique, où il se suicide sur la tombe de sa maîtresse, le 10 septembre 1891. Clemenceau, qui l’avait naguère soutenu pour entrer au gouvernement, aura ce mot cruel et célèbre : «il est mort comme il a vécu, en sous-lieutenant».

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Aspirant Louis Panel - Service historique de la défense, département de la Gendarmerie nationale.

            

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le général Boulanger vu par des élèves talentueuses


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Amélia, 1e ES 1 (1er avril 2009)

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Drifa, 1e ES 2 (1er avril 2009)


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