mardi 18 mars 2014

la bataille de Poitiers en 732

89868209-poitiers-battle-in-732-victory-of-charles-gettyimages

 

Poitiers 732

Récit de l’Anonyme de Cordoue

 

L’Anonyme de Cordoue (chrétien espagnol inconnu, écrivant après 754)

 “Alors Abd er-Rahmann voyant la terre pleine de la multitude de son armée, franchissant les montagnes des Basques et foulant les cols comme des plaines, s’enfonça à l’intérieur des terres des Francs ; et déjà en y pénétrant, il frappe du glaive à tel point qu’Eudes [le duc franc d’Aquitaine], s’étant préparé au combat de l’autre côté du fleuve appelé Garonne ou Dordogne, est mis en fuite.

Seul Dieu peut compter le nombre des morts et des blessés. Alors Abd er-Rahman en poursuivant le susdit Eudes décide d’aller piller l’église de Tours tout en détruisant sur son chemin les palais et en brûlant les églises. Lorsque le maire du palais d’Austrasie en France intérieure, nommé Charles, homme belliqueux depuis son jeune âge et expert dans l’art militaire, prévenu par Eudes, lui fait front.

À ce moment, pendant sept jours, les adversaires se harcèlent pour choisir le lieu de la bataille, puis enfin se préparent au combat, mais, pendant qu’ils combattent avec violence, les gens du Nord demeurant à première vue immobiles comme un mur restent serrés les uns contre les autres, telle une zone de froid glacial, et massacrent les Arabes à coups d’épée.

Mais lorsque les gens d’Autrasie, supérieurs par la masse de leurs membres et plus ardents par leur main armée de fer, en frappant au cœur, eurent trouvé le roi, ils le tuent ; dès qu’il fait nuit le combat prend fin, et ils élèvent en l’air leurs épées avec mépris.

Puis le jour suivant, voyant le camp immense des Arabes, ils s’apprêtent au combat. Tirant l’épée du fourreau, au point du jour, les Européens observent les tentes des Arabes rangées en ordre comme les camps de tentes avaient été disposés. Ils ne savent pas qu’elles sont toutes vides ; ils pensent qu’à l’intérieur se trouvent les phalanges des Sarrasins prêtes au combat ; ils envoient des éclaireurs qui découvrirent que les colonnes des Ismaélites s’étaient enfuies. Tous, en silence, pendant la nuit, s’étaient éloignés en ordre strict en direction de leur patrie.

Les Européens, cependant, craignent qu’en se cachant le long des sentiers, les Sarrasins ne leur tendent des embuscades. Aussi, quelle surprise lorsqu’ils se retrouvent entre eux après avoir fait vainement le tour du camp. Et, comme ces peuples susdits ne se soucient nullement de la poursuite, ayant partagé entre eux les dépouilles et le butin, ils s’en retournent joyeux dans leurs patries.

 

- retour à l'accueil

Posté par LCL42Histoire à 07:04 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


dimanche 16 mars 2014

à la recherche de la mystérieuse "plaine narbonnaise"

copy-paste-540x436

 

 

les délices du copier-coller...!

ou : comment les lycéens de Seconde prennent, trop souvent,

leurs professeurs pour des archaéoptéryx de l'internet

 

Quand, sur 90 copies de trois classes de Seconde ayant à effectuer un Devoir Maison sur les "Tables claudiennes" (histoire de Rome), vous en trouvez plus de la moitié avec la même faute (la "plaine narbonnaise"...), vous ne croyez plus à la "polyphonie intertextuelle" des théoriciens de la littérature dans les années 1960...

Vous vous dites qu'une cuillère de bois est restée dans le pâté (expression vendéenne) ou plus vulgairement : qu'il y a une couille dans le potage (Trésor des expressions françaises).

Le soupçon est rapidement confirmé après une très courte investigation sur internet. O tempora, o mores...!

Voilà le résultat.

Diapositive1
deux copies d'élèves parmi tant d'autres...

 

Diapositive1
la "source" de cette bêtise, commentée par le professeur

 

il n'existe pas de "plaine narbonnaise"...

Mais il a existé une province sénatoriale romaine, conquise à partir des années 125-121 av. JC, notamment par Cnaeus Ahénobarbus (dont le nom signifie "barbe rousse"... mais qui n'était pas "chevelu" comme les Gaulois de la Gaule transalpine...) et, plus tard, par César qui annexa Marseille.

Cette province, malgré son nom d'origine, ne se restreignait pas à la plaine de l'Aude, mais était très étendue. Et son relief ne se réduisait pas à une plaine.

gaulenarbo
province Narbonnaise sous l'empire romain

 

03Carte3R
l'organisation romaine de la Gaule aux Ie-IIIe siècles

 

carte-Narbo_avec_Glanum_cw
relief de la "Narbonnaise", province romaine (en vert : les plaines)

 

élèves, soyez intelligents quand vous cherchez "sur internet"...!

La recherche d'informations sur internet n'est pas interdite. À trois conditions :

1) renoncez aux sites du genre "devoir gratuit", "dissertations clés en mains" qui sont, le plus souvent bâclés, quand ce n'est pas truffés de fautes.

2) recourez à plusieurs sources et croisez-les, comparez-les, vérifiez. Évidemment, cela demande plus de temps... Mais c'est autrement formateur !

3) ne cédez pas au copier-coller. Utilisez les différentes informations collectées et rédigez vous-mêmes.

Michel Renard
professeur d'histoire

 

- retour à l'accueil

Posté par LCL42Histoire à 18:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]