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les institutions de la cité athénienne



La réforme de Clisthènes, fondatrice de la citoyenneté démocratique à Athènes, 508/507 av. JC.

 

1) le territoire de la cité

 

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Clisthene


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2) les types de Constitution, selon Aristote

 

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les types de "constitutions", selon Aristote

 

Dans le livre III de La Politique, Aristote (384-322) a présenté la formulation classique des "constitutions". Ces constitutions, ou politeia, se divisaient en trois types selon le nombre de gens qui faisaient fonctionner les principaux organes du gouvernement.

Chaque type possède une variante positive et une variante négative (bon ou mauvais avatar) en fonction du rapport aux lois et à l'intérêt (public ou privé) :

- bon avatar : le gouvernement agit conformément aux lois et au bien de la cité ;

- mauvais avatar : le gouvernement agit au-dessus des lois et dans le seul intérêt de ceux qui l'exercent.

Les appelations du troisième type ont varié :

- Platon (428/427-348/347) : bonne démocratie et mauvaise démocratie ;

- Aristote : politeia et démocratie ;

- Polybe (200-118 av.) : démocratie et ochlocratie (gouvernement de la foule).

 

 

3) la mise en place de la démocratie à Athènes

 

507-322 av

 

 

Kleisthénês

 

 

synthèse

 

De 507 à 501, Athènes s'est dotée d'une constitution originale et radicale, sous l'impulsion d'un réformateur audacieux : Clisthène.

Qui était Clisthène ?

Un membre d'une des plus illustres familles athéniennes : les Alcméonides. Comment et pourquoi cet aristocrate a-t-il non seulement pris la tête du parti populaire et mis en place la première véritable constitution démocratique de l'histoire ? Nous devons nous satisfaire de la formule lapidaire d'Aristote qui résume ainsi son oeuvre et sa vie : "il donna le pouvoir à tout le peuple".

Sans doute la compétition politique et la pression des événements ont-elles joué un rôle aussi important que la vision historique mais il est certain que cet homme cultivé était également inspiré par la philosophie rationnelle de son temps et en particulier par le souci de perfection propre à la pensée pythagoricienne. On sait par ailleurs qu'il avait voyagé et étudié la constitution d'autres cités grecques et de quelques-unes de leurs colonies.

Redéfinition de l'espace et du temps politique

Ni Dracon, ni Solon ni Pisistrate n'avaient osé toucher à la structure clanique qui régissait le fonctionnement politique d'Athènes depuis le VIIIe siècle. Le système des quatre tribus servait de cadre à toute l'organisation civile, politique et religieuse. La réforme de Clisthène repose principalement sur un bouleversement complet de cette organisation. Les anciennes structures de base (dème, phratrie, tribu, trittye...) ne sont pas abolies mais leur rôle et leur répartition sont redéfinis.

Élargissement du demos

Pour assurer le succès de son redécoupage et rompre définitivement avec l'ancienne organisation de type clanique, Clisthène offre la citoyenneté à de nombreux non-citoyens qu'il répartit dans les nouveaux dèmes et les nouvelles tribus. Plusieurs milliers d'hommes libres mais issus d'unions illégitimes, de métèques, d'étrangers et même d'esclaves sont ainsi naturalisés et deviennent membres de plein droit de l'Ecclesia (assemblée) dans laquelle on peut penser qu'ils constituent un des plus fermes soutiens du régime démocratique naissant.

Les organes du gouvernement

En l'espace de cinq ans, tout le pouvoir politique est transféré à l'Ecclesia. On aménage spécialement la colline de la Pnyx sur laquelle les citoyens ont le droit et le devoir de se rendre, quatre fois par mois, pour débattre et gouverner directement la cité, selon la règle de la majorité simple et par votes individuels à main levée. L'Héliée (tribunal) retrouve tous les pouvoirs que la réforme de Solon lui avait conférés. Les magistrats sont tirés au sort. On crée aussi un nouveau collège appelée "stratégie", composé de dix membres élus par l'Assemblée.

Clisthène modifie en outre la composition et le fonctionnement de la Boulè (ἡ βουλή), qui devient un "Conseil" de 500 membres tirés au sort, siégeant au Bouleuterion (τὸ Βουλευτήριον) et assurant pendant un an le fonctionnement de l'exécutif.

L'Aréopage perd ainsi toutes ses fonctions politiques et la plupart de ses prérogatives judiciaires. En 462, poursuivant l'oeuvre de Clisthène, Ephialtès, le dernier grand réformateur, lui enlèva le contrôle des comptes de magistrats, ne lui laissant à juger que les affaires criminelles à implication religieuse.

L'établissement des principes démocratiques

Le nouveau régime ne s'appelle pas encore démocratie mais le pouvoir du demos est total, appuyé sur les principes d'iségorie (égalité de parole), et d'isonomie (égalité dans le partage de la citoyenneté quelque soit la naissance). Les classes censitaires ne sont pas abolies mais la prééminence de la loi écrite et l'égalité de jugement sont solennellement réaffirmées.

Sur la Pnyx, dans l'Héliée ou le Bouleuterion, toutes les voix sont égales. Le peuple souverain jouit donc de droits dont il n'avait jamais disposé jusqu'alors. Il se retrouve aussi face à ses devoirs. C'est à lui désormais de faire face à ses reponsabilités de gouvernant, et de donner une partie de son temps à la collectivité.

Il est aussi le seul gardien de la constitution et le garant de son pouvoir et de sa liberté. Pour se prémunir contre la corruption, la remise en question des principes démocratiques et un retour des oligarques ou des tyrans, la cité instaure une série de mesures de vigilance avec des procédures telles que la graphè paranomon ["action en justice publique dans l'intérêt des lois"] (ἡ γραφή παρανόμων), ou l'ostracisme [1] (ὁ ὀστρακισμός) dont furent parfois victimes des personnages très éminents.

[1]Le mot "ostracisme" vient d'ostrakon, qui signifie"coquille" ou "tesson" (de poterie). C'est une procédure très particulière qui visait à écarter des affaires publiques des citoyens jugés dangereux pour la cité et son régime politique. Elle se traduisait par une déchéance des droits de citoyenneté accompagnée d'un bannissement d'une durée de dix ans. Contrairement aux condamnés en justice, le banni ne perdait cependant pas ses droits civils et ses biens lui étaient conservés. L'ostracisme pouvait frapper tout homme exerçant une fonction politique mais surtout ceux qui étaient élus et non pas tirés au sort, en particulier les stratèges.

 

 

 

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