vendredi 20 juin 2008

salle des professeurs

salle des professeurs


salle_des_profs_1
la grande salle (19 juin 2008)


salle_des_profs_2
l'un des box de travail équipé d'ordinateur


salle_des_profs_3
un autre box de travail


salle_des_profs_4
box de travail donnant sur la cour


salle_des_profs_5
casiers et photocopieuse


salle_des_profs_6
casiers et photocopieuse



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jeudi 19 juin 2008

"Vanille", Corinne, Gilles

entr_e_4


hommes et femmes

qui travaillent au lycée (1)



Vanille
"Vanille"


Corinne__floue_
Corinne qui va quitter le lycée (image floue, il faudra la refaire...)


Gilles_1
Gilles


- lycée Claude Lebois à Saint-Chamond (Loire)


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mardi 17 juin 2008

corrigé Bac Histoire juin 2008 - série S

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corrigé du Baccalauréat Histoire

série S épreuve du 17 juin 2008

sujet III - étude d'un ensemble documentaire


*** message en cours de rédaction


sujet

La colonisation et le système colonial français entre le milieu du XIXe siècle et la fin des années 1930 : quelles caractéristiques ?

Liste des documents :

document 1 : Jules Ferry et la politique coloniale française
document 2 : L'empire colonial français entre les deux guerres (1919-1939)
document 3 : Le commerce entre la France et son empire colonial
document 4 : Affiche du PCF en réaction à la célébration du centenaire de la conquête de l'Algérie
document 5 : Maurice Viollette explique son projet de loi dans la presse

première partie

Analysez l'ensemble documentaire en répondant aux question suivants :

1. Quels sont les arguments de Jules Ferry pour défendre la politique coloniale de la France à l'époque (document 1) ?
2. À l'aide du document 2, présentez et expliquez la diversité des modes d'administration de l'empire colonial français en 1939.
3. À partir des documents 3 et 4, présentez la dimension économique de la colonisation.
4. Quelle politique défend Maurice Viollette et pour quelles raisons (document 5) ?
5. Quelles attitudes différentes envers les peuples colonisés apparaissent* dans les documents 1, 4 et 5.

deuxième partie

À l'aide des réponses aux questions, des informations contenues dans les documents et de vos connaissances, rédigez une réponse organisée au sujet :

La colonisation et le système colonial français entre le milieu du XIXe siècle et la fin des années 1930 : quelles caractéristiques ?

* Il aurait fallu, pour respecter la tournure interrogative, écrire : ... apparaissent-elles (...!) MR


documents

document 1 : Jules Ferry et la politique coloniale française

Il y a, je crois, quelque intérêt à résumer et à condenser, sous forme d'arguments, les principes, les mobiles, les intérêts divers qui justifient la politique d'expansion coloniale. (...) Je disais qu'on pouvait rattacher ce système à trois ordres d'idées : à des idées économiques, à des idées de civilisation de la plus haute portée et à des idées d'ordre politique et patriotique.

Sur le terrain économique, je me suis permis de placer devant vous, en les appuyant de quelques chiffres, les considérations qui justifient la politique d'expansion coloniale au point de vue de ce besoin de plus en plus impérieusement senti par les populations industrielles de l'Europe et particulièrement de notre riche et laborieux pays de France, le besoin de débouchés. (...)

Messieurs, il y a un second point, un second ordre d’idées que je dois également aborder, le plus rapidement possible, croyez-le bien : c'est le côté humanitaire et civilisateur de la question.* Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! il faut dire ouvertement qu'en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures...* Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. (...)

Un troisième, plus délicat, plus grave, et sur lequel je vous demande la permission de m'expliquer en toute franchise. C’est le côté politique de la question.* Il faut que notre pays se mette en mesure de faire ce que font tous les autres, et, puisque la politique d'expansion coloniale est le mobile général qui emporte à l'heure qu'il est toutes les puissances européennes, il faut qu'il en prenne son parti, autrement il arrivera... Oh ! pas à nous qui ne verrons pas ces choses, mais à  nos fils et à nos petits-fils ! il arrivera ce qui est advenu à d’autres nations qui ont joué un très grand rôle il y a trois siècles, et qui se trouvent aujourd'hui, quelque puissantes, quelque grandes qu'elles aient été, descendues au troisième ou au quatrième rang.* 

Quand vous direz à vos électeurs : «Voilà ce que nous avons voulu faire» soyez tranquilles, vos électeurs vous entendront, et le pays sera avec vous, car la France n’a jamais tenu rigueur à ceux qui ont voulu sa grandeur matérielle, morale et intellectuelle.

Discours prononcé par Jules Ferry (1), à la Chambre des députés, le 28 juillet 1885.

(1) Jules Ferry (1832-1893) a été président du Conseil et ministre des affaires étrangères de 1883 à mars 1885.

* coupure dans le texte non mentionnée comme telle dans cet extrait (MR)


document 2 : L'empire colonial français entre les deux guerres (1919-1939)

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[cliquer sur l'image pour l'agrandir]


document 3 : Le commerce entre la France et son empire colonial

doc_3_tableau
[cliquer sur l'image pour l'agrandir] cf. livre de Jacques Marseille, p. 54-55


document 4 : Affiche du PCF en réaction à la célébration du centenaire de la conquête de l'Algérie

affiche_PCF_et_CGTU
source : affiche du Parti communiste et de la CGTU
(Confédération générale du travail unifiée), 1930


document 5 : Maurice Viollette explique son projet de loi dans la presse

En 1937, Maurice Viollette, ancien gouverneur général d'Algérie, ministre du Front populaire, présente un projet de loi sur l'Algérie. Il propose d'accorder le droit de vote à un nombre restreint de musulmans appartenant à l'élite francisée. Face à l'opposition des colons d'Algérie, Maurice Viollette explique son projet dans la presse nationale.

(...) À la vérité,  les colons ont exprimé des idées bien inquiétantes : elles valent l'attention de tous les hommes de bonne foi et de tous les bons Français. "Nous avons, disent-ils en gros, la souveraineté en Algérie ; nous ne voulons pas la partager, nous voulons la conserver pour nous seuls. Des concessions ont du être consenties au Sénégal, parce que les Européens sont peu nombreux dans cette colonie. Mais, par contre, en Algérie, où nous sommes 800 000, nous sommes en nombre suffisant pour n'accepter personne à côté de nous."
Le problème est très bien posé, il y a une catégorie ethnique qui ne veut pas avoir à discuter avec d'autres le pouvoir que le fait de la colonisation lui a remis. Donc, il est bien entendu que, quel que soit le nombre des indigènes, sept millions, dix millions, quinze millions, ils resteront éternellement, et comme par le décret de je ne sais quelle divinité raciale, les sujets des 800 000 Européens devenus 2 millions ou 1-200-000.
Je dis clairement que je considère un tel langage comme absolument fou.
D'abord, comment prétendre tenir sous la loi formidable du nombre ? Comment espérer continuer à rabaisser ces générations qui, d'année en année se grossissent de plus d'intellectuels, de grands industriels, de grands commerçants, d'ouvriers conscients (…)-?

source : extrait du journal Paris-Soir, 7 mars 1937

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Jules Ferry en 1883



propositions pour un corrigé


Analyse de l'ensemble documentaire

question 1 (doc. 1)
- Ce discours célèbre [déjà évoqué l'année dernière - dans des conditions contestables - comme sujet de Bac en série S...!] a été prononcé alors que Jules Ferry n'est plus au gouvernement mais seulement député. Il a pour enjeu la question de savoir si il faut approuver on non les propositions budgétaires du gouvernement : ouverture d'un crédit extraordinaire pour les dépenses occasionnées par les événements de Madagascar. C'est l'occasion pour Jules Ferry de défendre ses options de politique coloniale, lui qui a été renversé quelques mois plus tôt au sujet de la politique française au Tonkin (affaire du "désastre" de Lang-Son, mars 1885). Comme le remarque l'historien Henri Brunschwig : "Ce fut la première fois qu'il rassembla ses arguments en un corps de doctrine" (Mythes et réalités de l'impérialisme colonial français, 1871-1914, 1960, p. 73). Ici, quelques courts extraits - dont les coupures ne sont pas toujours mentionnées - sont retenus pour résumer la globalité de la pensée du député.

Jules Ferry, chef du gouvernement en 1880-1881 et en 1883-1885, fut l'homme qui relança l'expansion coloniale avec la conquête de la Tunisie, de l'Annam et du Tonkin, avec les opérations au Congo ou à Madagascar... Il justifie sa politique après coup dans un contexte marqué par l'opposition de l'extrême-gauche (Clemenceau), de la droite monarchiste (de Baudry d'Asson) et du bonapartisme (Paul de Cassagnac).

L'orateur utilise trois types d'arguments : économique, humanitaire, politique. L'argument économique se réduit en fait à sa dimension commerciale par l'évocation des débouchés que la métropole, selon Ferry, ne peut offrir au développement de son économie. L'argument humanitaire est énoncé dans les termes de l'époque qui, de façon presque unanime, qualifiait de "races supérieures" les peuples ayant atteint un haut niveau de maîtrise technologique et de puissance économique et militaire, et donc de "races inférieures" les peuples n'ayant pas atteint ce niveau. Ce vocabulaire ne véhiculait alors aucun mépris ni infériorisation "racistes", en tout cas pas dans le sens que le XXe siècle a donné à ces termes avec les crimes nazis. Enfin, l'argument politique appelle à prendre sa place dans la concurrence qui oppose les grandes puissances. La France, vaincue de 1870, ne doit pas renoncer à une politique de présence dans le monde car elle reste un grand pays.


question 2 (doc. 2)
- Le planisphère indiquant la présence coloniale française dans l'entre-deux-guerres distingue les territoires colonisés selon leur statut politique à l'égard de la métropole. La dépendance coloniale a, en effet, revêtu plusieurs formes administratives.
Les colonies proprement dites couvrent le plus grand nombre de situations, en Algérie, en Afrique noire (A.O.F. et A.E.F.), à Madagascar, dans les établissements du Pacifique et de l'Océan Indien. La France y exerce un pouvoir politique direct représenté par les prérogatives d'un gouverneur, d'une administration, d'une police et d'une armée.
Les protectorats qualifient les pays qui ont conservé une administration propre et un souverain mais dont l'activité est subordonnée au contrôle d'un résident général (exemple, Lyautey au Maroc). La puissance protectrice a, seule, la responsabilité de la politique étrangère, des forces militaires et des questions financières.
Les mandats résultent des traités d'après la Première Guerre mondiale qui confient aux vainqueurs de l'Allemagne et de l'empire Ottoman le soin d'administrer, "vers l'auto-détermination", leurs anciennes colonies (mandat de type B sur le Togo et le Cameroun) ou possessions (mandat de type A au Liban et en Syrie). Au Proche-Orient, la France était représentée par un Haut-Commissaire, en Afrique par un Commissaire de la République. Dans ce dernier territoire, le pouvoir de la France tendit vers l'attitude coloniale directe.
Ces variations de statut proviennent de contextes historiques très différents (1830 ou 1848 pour l'Algérie, 1912 pour le Maroc...), de traditions locales dissemblables (l'Indochine n'est pas l'Afrique en regard de l'administration "étatique"), de configurations internationales changeantes (les mandats sont liés aux préoccupations du président américain Wilson pour le "principe des nationalités" qui contrebalancent la tradition coloniale européenne).


question 3 (doc. 3 et 4)10322687_p
- Le tableau du commerce entre la France et son empire colonial distingue-:
a) l'offre de matières premières et de produits agricoles en provenance des colonies (importations françaises) ;
b) la part de l'empire comme client de l'industrie française (exportations).
Il ressort de sa lecture que l'empire était tout à la fois un réservoir de matières premières agricoles et un débouché pour des branches essentielles de l'économie métropolitaine, à une époque où les colonies deviennent le premier partenaire commercial de la France. L'apport des colonies à la prospérité française semble décisif et le "gagnant" est désigné comme étant la "domination française".
Or, on ne saurait juger de la dimension économique de la colonisation à partir de ce seul tableau (ni, a fortiori, en y ajoutant l'affiche caricaturale du PCF et de la CGTU). En effet, dans le livre dont ces chiffres sont tirés, l'auteur met en garde : "Pour apprécier la fonction du débouché colonial, le simple commentaire des pourcentages des ventes dans l'empire ne suffit pas. Il peut même se révéler particulièrement illusoire dans la mesure où une croissance quantitative peut très bien entretenir en l'état une structure industrielle peu compétitive. La fonction du débouché colonial ne peut se mesurer à l'aune des tonnages exportés mais plutôt au type de secteur dont il permet la survie" (Jacques Marseille, Empire colonial et capitalisme français, Points-Seuil, 1984, p. 84).
Ainsi donc, l'usage partiel de tableaux statistiques fait dire à l'auteur le contraire des thèses qu'il a présentées dans son livre.


à suivre...

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Daniel_Lefeuvre







commentaire de Daniel Lefeuvre,

spécialiste de l'histoire économique coloniale

Le tableau tiré du livre de Jacques Marseille, et proposé au Bac en série "S" cette année, pose un délicat problème d'interprétation qui n'était pas à la portée des élèves.
En premier lieu, il indique, pour différents produits importés ou exportés, la part de l'empire, à une date donnée.
Mais, ces pourcentages ne disent rien des quantités effectivement importées ou exportées. Or, la formidable croissance du "partenaire colonial" qui s'amorce à la fin des années 1920, ne traduit pas une croissance des volumes commercialisés, mais l'effondrement des échanges avec les pays étrangers lié, dans un premier temps à la stabilisation monétaire opérée par Poincaré, puis aux effets de la dépression mondiale.

La croissance française des années 1920 s'est appuyée sur un formidable dynamisme des exportations : en 1925, la France exporte 18,9 % de son PIB, soit plus qu'en 1990. Le secteur automobile exporte, à cette date, 34 % de sa production, la métallurgie 40 %.

Principalement tournées vers les pays étrangers, ces exportations reposaient, en bonne part, sur la faiblesse du Franc par rapport à la livre et au dollar. Mais cet avantage disparaît avec la politique de stabilisation mise en oeuvre en 1928 par Poincaré. Après la dévaluation de juin 1928, l'amélioration du taux de change du F freine la pénétration des produits français sur les marchés étrangers. Dès ce moment, les exportations stagnent puis elles refluent en 1929.

La dépression des années 1930 et les politiques autarciques mises en oeuvre par les différents pays (dévaluations de la Livre et du dollar, taxes sur les produits de luxe, etc.) touchent particulièrement les secteurs exportateurs de l'industrie et de l'agro-industrie française, particulièrement présents dans les secteurs pénalisés.

En revanche, les exportations à destination de l'empire - intégré dans l'espace douanier français - sont relativement épargnées. Cependant, et contrairement à ce qu'une lecture superficielle des données du tableau pourrait laisser croire, en quantité, elles n'augmentent pas de manière considérable, voire même elles diminuent pour certaines branches d'activité.

Exportations vers l'empire de tissus de coton, en milliers de tonnes :

1929        41,13
1930        34,04
1931        28,98
1932        29,29
1933        35,40
1934        34,87
1935        35,68
1936        37,22
1937        35,42
1938        43,54


Si la part de l'empire augmente considérablement dans ce secteur, c'est d'abord parce que les exportations vers l'étranger se sont, dans le même temps effondrées.

Ainsi, en 1929, la branche exportait 26,09 milliers de tonnes de tissus vers l'étranger et 41,13 vers l'empire. Celui-ci représentait donc 61,18 % des exportations totales. En 1932, avec seulement 29,29 milliers de tonnes (soit un recul de 29 % par rapport à 1929), sa part dans le total des exportations s'élève à 75,21 % parce qu'à destination de l'étranger les exportations sont tombées à 9,65 milliers de tonnes.

Les pourcentages présentés dans le tableau sont, d'autre part, calculés à partir de la valeur des produits échangés.

Or les prix avec l'empire sont beaucoup plus stables, alors qu'avec l'étranger, les prix sont à la baisse, d'où, deuxième facteur de renforcement du poids relatif de l'empire. Si l'on prend à nouveau l'exemple des cotonnades, on constate que le prix de vente à l'étranger a baissé, au cours des années de crise, de 25 %, alors qu'il ne reculait que de 15 % avec les colonies. En 1938, le quintal de produit chimique est vendu 146 F à l'étranger et 195 F aux colonies, les outils respectivement 298 F et 390 F.

La croissance des échanges avec l'empire est également liée à un choix politique : celui de "l'autarchisme". La France a limité les importations en provenance des pays étrangers (café, cacao, caoutchouc, arachides, etc.) pour favoriser l'écoulement des produits de ses colonies. Non pas, comme on pourrait le croire pour s'alimenter à meilleur compte, mais pour solvabiliser les marchés coloniaux afin qu'ils puissent absorber une partie des productions industrielles métropolitaines. 

Ainsi, le prix de l'hectolitre de vin algérien introduit en France baisse-t-il de 2 % entre 1930 à 1933 quand, au cours de la même période celui des vins espagnols recule de 26 %, les premiers coûtant 58 % plus chers que ceux de la péninsule ibérique. Ainsi, si les produits exportés aux colonies le sont à des prix plus élevés que vers les pays étrangers, en contrepartie la France achète les productions de ses colonies à des prix supérieurs aux cours mondiaux.

D'ailleurs, les termes de l'échange marchandises ont, au cours de ces années, évolué en faveur des colonies : mesuré par rapport à une base 100 pour la moyenne des années 1924/1938, l'indice de l'échange marchandises de l'Algérie passe de 56,6 en 1924 à 116,5 en 1938. À la différence de nombreux pays, les colonies françaises non seulement n'ont pas été contraintes de diminuer leurs importations de produits manufacturés ou agro-alimentaires, mais elles ont généralement pu les augmenter, comme l'illustre l'exemple algérien :

- les achats de sucres bruts ou raffinés par la colonie passent de 733 639 quintaux en 1929 à 757 522 quintaux en 1936 ; les importations d'huiles d'arachide de 224 064 quintaux à 286 778 quintaux ; celles de tissus de coton qui tombent de 174 354 q en 1929 à 117 325 q en 1931 remontent à 127 857 q en 1936 ; celles de café s'élèvent de 119 730 q à 154 627 q entre 1929 et 1936, etc.

Autrement dit, la croissance des liens avec les colonies ne signifie pas un pillage de leurs ressources, qui auraient été acquises à bon marché. Au cours de ces années, le repli impérial a contribué à amortir les effets économiques et sociaux de la crise aussi bien en métropole que dans les colonies.

Mais, telles qu'elles étaient fournies, les données statistiques ne permettaient pas au candidat de le montrer. La plupart d'entre eux sont donc probablement restés à un niveau d'interprétation correspondant aux lieux communs pleins de bons sentiments qui circulent sur cette question.

On aurait pu espérer que sur un sujet qui revient pour la deuxième fois consécutive, le choix des documents soit effectué de manière plus judicieuse.

Daniel Lefeuvre
professeur d'histoire contemporaine à l'université Paris VIII / Saint-Denis
auteur de Chère Algérie, la France et sa colonie, 1830-1962, rééd. Flammarion, 2005
et de Pour en finir avec la repentance coloniale, rééd. en poche Flammarion/Champs, 2008

9782082105019FS


















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question 4 (doc. 5)
- Maurice Viollette (1870-1960) est un homme de gauche, républicain-socialiste. Il s'oppose, de bonneMaurice_Viollette_1936 heure, aux expéditions coloniales (Madagascar, 1898). De 1925 à 1927 (Cartel des gauches en France), il est gouverneur général en Algérie. Mais il ne peut imposer aux colons les réformes souhaitées par la gauche. En 1931, il écrit L'Algérie vivra-t-elle ? et plaide pour une accélération des réformes en vue d'une assimilation des "indigènes" : "allons-nous en faire des révoltés ou des Français ?" (p. 472). En 1936 [photo ci-contre], il devient ministre d'État dans le gouvernement du Front populaire (Léon Blum). C'est dans ce contexte qu'est discuté, au début de l'année 1937, le projet de loi Blum-Viollette qui prévoit l'octroi de la citoyenneté française à environ 25 000 indigènes algériens sans qu'ils perdent le bénéfice du statut personnel (ils restent régis par le droit musulman pour ce qui concerne la famille, le mariage et l'héritage). Les Européens d'Algérie (improprement appelés tous "colons"...) sont hostiles à cette perspective de crainte que la "souveraineté française" ne soit entamée ; les nationalistes algériens regroupés derrière Messali Hadj sont aussi contre ce projet considéré comme une manoeuvre du colonialisme.
Dans l'extrait de l'article tiré du journal Paris-Soir, Viollette s'en prend prioritairement aux "Européens" d'Algérie attachés à un privilège relevant, selon lui, d'une "divinité raciale". Ce sont eux qui ont organisé les pressions contre le projet Blum-Viollette : en janvier 1937, 300 maires des communes algériennes (contre 2...) ont rejeté ce texte. À côté de l'argument de justice humaine, Viollette pressent que cette inégalité politique ne peut tenir longtemps encore au vu de l'évolution démographique et économico-sociale.


affiche_PCF_et_CGTU

question 5 (doc. 1, 4 et 5)
- Jules Ferry apparaît comme le théoricien de l'expansion coloniale au nom d'intérêts économiques, stratégiques et "civilisateurs". Maurice Viollette est un "indigénophile" : il n'est pas anti-colonialiste mais défend l'idée que l'avenir de l'Algérie coloniale nécessite de profondes réformes dans le sens de l'assimilation des "indigènes" aux droits des Français. Le Parti communiste est anti-colonialiste ; sa propagande présente la colonisation comme une domination féroce engendrant la misère des "uns" (les indigènes algériens) et la richesse des "autres" (les Européens...?), tableau évidemment simplificateur.


à finir...

Michel Renard
professeur d'histoire au lycée Claude Lebois
Saint-Chamond (Loire) - contact

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coloniser, civiliser...

on aurait pu interroger sur le

sens des mots à une date donnée

Daniel LETOUZEY
professeur d'histoire


Vus de loin, les sujets du bac 2008 sont excellents.
A corriger les copies réelles, le point de vue est davantage nuancé.

- 3 préalables :
. Ce qui suit porte sur la conception du sujet, pas sur la notation des copies.
. Seul le ministre sait ce qu'il adviendra de l'HG dans le lycée réformé.
Les observations suivantes visent seulement à explorer la "marge de
progression" des concepteurs, à partir de notre expérience, celle de la conception des
sujets de bac blanc.
. L'harmonisation est source de débats très vifs en SES. Pas chez les
historiens.

Pour ceux qui échappent à la correction en lycée :
- L'ensemble documentaire sur le système colonial, en S
http://lyce1.free.fr/forum/viewtopic.php?p=1125
ou
http://profshistoirelcl.canalblog.com/archives/2008/06/17/9606343.html

2 propositions de correction :
Louis Brun : http://jacobhistgeo.over-blog.com/
Michel Renard :
http://profshistoirelcl.canalblog.com/archives/2008/06/17/9606343.html

Il y a aussi France-examen mais c'est 0,86 euros le corrigé…


1 - La forme de l'épreuve

"dans les documents"
doc 1 : Jules Ferry et la politique coloniale
doc 5 : Maurice Viollette explique son projet de loi dans la presse

question 1 - quels sont les arguments ... [ "à l'époque"]
question 4 - quelle politique défend Maurice Viollette et pour quelles raisons ?

Le traitement différent de Ferry et de Viollette ne semble pas intentionnel,
mais d'après une conceptrice de sujet, il semble dû aux consignes en vigueur
sur la progression du questionnement.

Dans une copie réelle, "quels sont les arguments",
cela encourage le simple copier-coller.
Le texte de Ferry mérite sans doute mieux, même un jour de bac.

Dans une autre conception de l'histoire, on aurait pu interroger
sur le sens des mots (coloniser, civiliser) à une date donnée,
et sur l'évolution de ce sens…
(sur les "races inférieures", cf Carole Reynaud Paligot qui a été l'invitée
d'Emmanuel et de Jeanneney pour son ouvrage La République raciale - PUF
http://www.puf.com/wiki/Auteur:Carole_Reynaud_Paligot
http://www.puf.com/wiki/Autres_Collections:La_R%C3%A9publique_raciale


2 - le choix des documents

Le tableau statistique est une bonne étude de cas.
Pourquoi une telle litanie de pourcentages avec 1 décimale,
quand il manque l'essentiel : le total, en valeur absolue !

Lire l'analyse de Daniel Lefeuvre sur les chiffres extraits de Jacques
Marseille.
http://profshistoirelcl.canalblog.com/archives/2008/06/17/9606343.html

Viollette parle "d'indigènes" à propos des Algériens.
Le concepteur du sujet parle, dans son chapeau, de "musulmans"...

La question du point de vue est récurrente.
Le dernier sujet de documents sur la Guerre d'indépendance algérienne
ne donnait qu'un seul point de vue : celui des Français.

- Pourquoi, année après année, des dossiers  qui font l'impasse
sur le point de vue des colonisés ?
(il existe des textes sur le travail forcé vu par des Africains…)


3 - La nature de l'épreuve

Depuis 20 ans, plusieurs versions de l'épreuve sur documents ont été tentées
(commentaire composé, tableau…). Aucune n'a donné satisfaction,
ni dans la justesse de la notation, ni dans l'évaluation du travail mené
dans l'année en classe.

4 - La conception des programmes

Lors du débat sur le contenu des programmes de terminale,
celui de Term S avait été vanté pour la rupture avec l'ordre chronologique,
colonisation en 1ere, décolonisation en Term.
Or sur quel aspect porte le sujet de cette année ?
Sur le programme de 1ere ES-L, avec des élèves de Term S qui ont d'autres
urgences que celle de réviser leur histoire de 1ere S.

** Rappel : en 2007, Ferrry n'existait qu'à travers le discours de … Clémenceau...
http://etudescoloniales.canalblog.com/archives/2007/06/13/5297508.html

** Bac de français : "Un roman doit-il chercher à faire oublier
au lecteur que ses personnages sont fictifs?"

http://www.liberation.fr/actualite/societe/333682.FR.php

Daniel Letouzey
professeur au lycée Marie Curie à Vire (Calvados)

Histoire et interactivité : http://clioweb.free.fr
Les Clionautes, l'association : www.clionautes.org
H-Francais, la liste : http://www.h-net.org/%7Efrancais/



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lundi 16 juin 2008

Festi-claude le 12 juin 2008

le Festi-Claude


fest_claude_12_juin_2008


Le Festi-Claude, c'est le festival du lycée Claude Lebois


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dimanche 18 mai 2008

le fascisme italien

Gioventu_fascista



iconographie du fascisme italien




Ame
image de Enrico Sacchetti 


fascismo3f001pu4


Mostra_della_Rivoluzione
affiche de l'exposition à l'occasion des dix premières années
accomplies de la "révolution fasciste" (1933)

"Mostra della rivoluzione fascista" - éloge de la force et de la virilité guerrière (casque) de la "révolution fasciste" : les visages sont des blocs aux contours sévères et anguleux, au menton carré, évoquant, bien sûr, la ressemblance avec le visage de Mussolini ; le haut du corps est démesurément musclé ; la dynamique des lignes indique une ascension (progrès du fascisme), et la froide détermination des traits semble indiquer une acceptation du combat jusqu'au sacrifice ; le choix des couleurs primaires (jaune, rouge, bleu) renforce la netteté du message : le fascisme est une force que rien ne pourra arrêter, appelée à occuper tout l'espace de l'histoire.


Gioventu_fascista
affiche de Canevari (1920)
pour la couverture du journal Jeunesse Fasciste



T970208A





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samedi 10 mai 2008

la Bâtie d'Urfé (XVIe siècle)

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la Bâtie d'Urfé et la Renaissance



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Claude d'Urfé (1501-1558), portrait par Jean Clouet vers 1540. D'Urfé (à gauche), proche de François 1er se fait représenter comme quasi sosie du souverain (à droite). C'est lui qui aménage un manoir du XVe siècle en château renaissance, situé sur le territoire de Saint-Étienne du Molard (Loire) qu'on appelle Bâstie, ou Bâtie d'Urfé. Claude d'Urfé est le grand-père d'Honoré d'Urfé, l'auteur de l'Astrée (1607).

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une visite à la Bâtie d'Urfé, samedi 11 mai 2008


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arrivée devant l'entrée du domaine


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panneau de présentation

Le château de la Bâtie d'Urfé est passé de la maison forte médiévale au modèle du château renaissance au XVIe siècle. C'est vers 1550 que Claude d'Urfé, bailli du Forez et proche du roi François 1er, le met au goût du jour et le dote d'aménagements influencés par ses séjours en Italie : loggia, galerie, niches... Les jardins, créés entre 1546 et 1558, clos de murs crénelés, s'organisaient autour d'un édicule circulaire encore visible actuellement au centre duquel la fontaine a retrouvé sa place originelle.
Le château a été sauvé par la Société archéologique du Forez, la DIANA qui a obtenu un classement parmi les monuments historiques en 1912.
En 1990, la DIANA a remis le château pour plusieurs décennies au Conseil général de la Loire qui assure la mise en valeur du site grâce à de nombreux travaux de restauration et d'embellissement.


panneau_restauration_grotte
panneau informatif sur la restauration de la grotte de fraîcheur

Château de la Bâtie d'Urfé à Saint-Étienne le Molard : restauration de la grotte de fraicheur

Le château et son parc sont l'oeuvre de Claude d'Urfé. Des artistes français et italiens l'élaborent entre 1548 et 1558.
La grotte de fraîcheur, ou nymphée, entièrement décorée à partir de matériaux naturels, constitue le vestibule de la chapelle. Le programme iconographique symbolise, selon les idées de la Contre Réforme catholique, le passage de l'espace profane à l'espace sacré.
La chantier en cours permettra de résorber l'humidité des murs, de restaurer la structure du plafond de bois et de restituer les lacunes des décors : rocaille du sol et des murs, sables collés du plafond, menuiseries et ferronneries. Durée des travaux : six mois.


entr_e_du_parc
entrée du domaine avec la Bâtie au fond


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derrière les arbres, façade de la Bâtie


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la Bâtie, vue de la cour


Diapositive1
la Bâtie, différentes parties du château


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la Bâtie, vue de derrière le pont sur le canal


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la Bâtie, vue de derrière le pont sur le canal


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le pont et le plan d'eau


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bâtiment de dépendances


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le jardin, vu à l'angle de la Bâtie


galerie_et_loggia
au sol la galerie et ses pilastres, à l'étage la loggia et ses colonnes ;
la différence entre une galerie et une loggia est que la première assure
une fonction de passage mais pas la seconde


rampe_cavali_re
le sphinx et la rampe cavalière


shpinx
le sphinx, symbole de sagesse


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façade du socle du sphinx :
Simon de Cyrène portant la croix de Jésus


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face latérale du socle du sphinx : évocation du dieu romain de la guerre, Mars,
entouré d'armes et de boucliers et surmontant le corps de ses adversaires vaincus
(scène probablement copié sur une sculpture antique)


rampe_cavali_re__2_
la galerie et la rampe cavalière ; celle-ci servait aux cavaliers pour accéder
directement en salle de réception et impressionner les convives ;
il n'est pas certain qu'elle fut utilisée car sa pente, surtout dans le sens de la descente,
était trop abrupte et effrayait les chevaux (voir ci-desssous)


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vue du haut de la rampe cavalière


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entre une arcade et ses deux pilastres, une fenêtre de la galerie


galerie
la galerie et son muret


Diapositive1
les différents éléments de la galerie


entre_deux_pilastres
entre eux pilastres


aile_galerie_et_loggia
rampe cavalière, galerie et loggia

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la loggia en enfilade


plafond___caisson
en haut de la rampe, un plafond à caisson


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la loggia et la cour


galerie_d__tage_ou_loggia
la loggia et ses élégantes colonnes


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le bâtiment du corps de garde


vue_de_la_cour
la cour et, à droite, le bâtiment du corps de garde


vu_de_la_cour
la cour


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la grotte de fraicheur (en travaux)


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le jardin vu de derrière les fenêtres à barreaux


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le jardin vu de derrière les fenêtres à barreaux


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le jardin vu de derrière les fenêtres à barreaux


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le jardin vu de derrière les fenêtres à barreaux


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les jardins de la Bâtie d'Urfé


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les jardins de la Bâtie d'Urfé


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les jardins de la Bâtie d'Urfé


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les jardins de la Bâtie d'Urfé


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le château vu des jardins


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le château vu des jardins


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la rotonde de la Bâtie d'Urfé


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la rotonde de la Bâtie d'Urfé


rotonde__3_
la rotonde de la Bâtie d'Urfé


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maquette et dessins de la Bâtie d'Urfé


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la maquette de la Bâtie d'Urfé exposée au château dans l'ancienne cuisine


dessin__1_
dessin du manoir au XIVe siècle



Urf__XVe
dessin du manoir au XIVe siècle
plaque émaillée de Joëlle Verjat (source)


dessin__2_
dessin du château médiéval au XVe siècle


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dessin des transformations du château médiéval en demeure Renaissance


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dessin des constructions du XVIe siècle



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plaque émaillée de Joëlle Verjat (source)




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les travaux des années précédentes à la Bâtie d'Urfé


fa_ade_apr_s_d_croutage
Saint-Étienne-le-Molard, la Bastie d’Urfé, Château de la Bastie d’Urfé.
Vue générale de la façade sur jardin du corps de galerie, après décroutage.
Phot. Inv. J.-M. Refflé © Inventaire général, ADAGP, 2004.


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quelques jalons dans l'histoire de la Bâtie d'Urfé
(document affiché au château)


XIIe/XIIIe s. - Le domaine de la Bâtie est une "grange monastique" appartenant au prieuré de Chandieu. Le site du château est alors certainement occupé par des moulins installés le long d'une dérivation du Lignon.

1265 - Jean de Marcilly acquiert le domaine par échange.

vers 1270 - Le domaine entre dans la famille d'Urfé par le mariage d'Arnoul d'Urfé avec Marguerite de Marcilly.

1313 - Première mention du toponyme La Batia dans le testament d'un paroissien de Saint-Étienne-le-Molard.

1338 - Les seigneurs d'Urfé font hommage de la seigneurie de la Bâtie (Basticia) au comte de Forez.

1405-1440 - Un registre de justice mentionne le fortalitium de la Bâtie, ses fossés et son pont-levis.

1485 - Pierre d'Urfé fonde un couvent de Cordeliers au pied des murs du château.

1500-1558 - Antoinette de Beauvau et son fils Claude d'Urfé se livrent à de nombreuses acquisitions foncières autour de la Bâtie.

1545-1558 - Claude d'Urfé réaménage complètement le château et crée les jardins.

1764 - La seigneurie de la Bâtie, mise en aux enchères, est achetée par le marquis de Simiane.

1778 - La seigneurie est rachetée par un Montbrisonnais, Louis-François Puy de Mussieu. Un état des lieux effectué cette année-là montre que le château est très délabré.

1794 - Louis-François Puy est exécuté après avoir partiicipé au siège de Lyon ; saisie d'une partie de ses biens et destruction des monuments funéraires des Urfé dans la chapelle des Cordeliers de la Bâtie et à l'abbaye de Bonlieu. La famille Puy de la Bâtie parvient néanmoins à conserver le domaine.

1836 - Pierre Puy de la Bâtie, ruiné, vend le domaine à Madame Nompère de Champagny, veuve du duc de Cadore.

1861 - Les propriétaires démarchent - sans succès - Mérimée pour faire classer la Bâtie sur une la liste des Monuments Historiques.

1872 - Les héritiers du duc de Cadore revendent le domaine à un homme d'affaires de Montbrison, M. Verdolin.

1874 - Verdolin vend toute la décoration du château en utilisant les services d'un antiquaire lyonnais, M. Derriaz. Les plus beaux morceaux échouent dans de grandes collections parisiennes.

vers 1875 - Verdolin installe une féculerie et fait reconstruire les bâtiments des communs.

1884 - Faillite de Verdolin. Rachat du château par M. Meyer, qui le revend immédiatement à Jean-Baptiste de Neufbourg.

1904 - Départ des boiseries de la chapelle (alors collection Peyre à Paris) pour les États-Unis.

1907 - Louis de Neufbourg remet en vente le château pratiquement voué à la démolition.

1909 - La Société archéologique de la Diana rachète la Bâtie sous l'impulsion de son président, Alphonse de Saint-Pulgent.

1912 - La Bâtie est classée sur la liste des Monuments Historiques.

1920 - La Diana débute les travaux de restauration, avec le concours de l'administration des Monuments Historiques et du Conseil général de la Loire.

1949 - Les peintures de la chapelle sont réinstallées (dépôt du Musée des Arts Décoratifs de Paris).

1962 - Achèvement du programme de restauration, dont le bilan fut dressé lors du centenaire de la Diana.

1990 - Début d'un nouveau programme de travaux avec, en premier lieu, la réfection de la toiture du corps de bâtiment central.


 

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lundi 5 mai 2008

révolution agricole début XXe siècle


les progrès du machinisme agricole

début XXe siècle





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carte postale ancienne, premier tiers du XXe siècle



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dimanche 4 mai 2008

"La plaie saigne toujours, Monsieur Jaurès", 1903

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"la plaie saigne toujours, Monsieur Jaurès"

Le Petit Journal, 3 décembre 1903



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«La France ne doit pas s’hypnotiser dans l’attente d’une revanche ... »

Francis de Pressensé, 23 novembre 1903

 

nature du document
Il s'agit d'une gravure en couleurs publiée dans le Supplément illustré du Petit Journal, quotidien parisien né en 1863 ; son prix, 5 centimes (= 1 sou) contre 15 cts pour la plupart des autres titres, en fait une presse très populaire. Il n'a pas d'appartenance politique, c'est-à-dire qu'il n'exprime ni les thèses de la droite nationaliste ni celles des socialistes.

auteur du document
Le nom du dessinateur n'est pas mentionné. Le Supplément Illustré du Petit Journal comportait huit pages dont la première (la "une") et la dernière étaient en couleurs.

date et contexte
Le journal n° 681 paraît à la date du 3 décembre 1903. Le discours de Jaurès à la Chambre des Députés avait été prononcé le 23 novembre 1903.

analyse
Le texte porté au bas du dessin dit : «La France ne doit pas s’hypnotiser dans l’attente d’une revanche dont personne ne veut, dont personne n’a jamais voulu», formule prononcée par Francis de Pressensé à la Chambre des députés le 23 novembre 1903 (source). (1)

L'image représente une interpellation de Jaurès par une allégorie combattante de la France soucieuse du sort des "provinces perdues" .

 

description

En 1902, Jaurès a été réélu député de Carmaux (Tarn) et il est vice-président de la Chambre des députés. Avec Édouard Vaillant, il constitue autour de lui le Parti socialiste français, rival du Parti socialiste de France de Jules Guesde. Son combat pour le désarmement universel est connu. Le 30 juillet 1903, Jaurès s’est adressé aux élèves du lycée d’Albi, où il a lui-même été élève, puis professeur quelques décennies plus tôt

interprétation

force dramatique du dessin

En 1899, la première Conférence internationale de la paix s'est tenue à La Haye. A la différence de presque toutes les conférences précédentes, celle-ci fut convoquée non pas pour conclure ou pour résoudre une guerre, mais pour discuter de la création de mécanismes permanents de droit international, qui favoriseraient le désarmement, la prévention de la guerre et la résolution pacifique des conflits.

Au niveau international, Jaurès préconise une politique «de désarmement simultané entre les nations» et une «politique d'arbitrage international applicable à tous les litiges», proposition novatrice pour l'époque et qui préfigure les objectifs de la SDN. Il recommande de résoudre certains problèmes internationaux par la négociation bilatérale et les concessions réciproques. Ainsi pourrait-il en être, selon lui, de la question de l'Alsace-Lorraine pour laquelle il propose une large autonomie au sein du Reich. Proposition qui détonne dans une France où la «Revanche» est massivement prônée.

 

Les internationalistes, ceux qui prêchent au nom d'une vague sentimentalité l'oubli des griefs les plus sacrés, et qui, par contre, ne craignent pas d'attiser entre les citoyens d' une même nation les haines et les discordes politiques, les émeutes sanglantes, ont reçu de la Chambre des députés une leçon complète et sévère. C' était à propos du budget des affaires étrangères. Au sujet de la question du désarmement, le rapporteur, M. de Pressensé, osa déclarer "qu'aucun Français ne voulait, qu'aucun n' avait jamais voulu de la revanche !"

Ces honteuses paroles soulevèrent une indignation presque générale. Un tollé formidable s'éleva et l'on vit alors la presque unanimité de la Chambre unie dans un même mouvement spontané d' indignation patriotique. Le colonel Rousset, dont la voix puissante dominait le tumulte, s'écria : "Au nom de l'Alsace-Lorraine mutilée et du département frontière que je représente, je vous inflige, monsieur de Pressensé, un démenti catégorique pour les paroles impardonnables que vous avez prononcées !"

M. Paul Doumer s'empressa, hâtons-nous de dire, de répudier, avec la plus patriotique énergie, au nom de la commission du budget, qu'il préside, le rapporteur qui trahissait avec une telle indignité   le mandat qu'il en avait reçu. M. de Pressensé, non content  de s'attirer, comme rapporteur, un désaveu retentissant de la part de l'honorable président de la commission du budget, a réussi  à préparer à M. Jaurès un double échec et à provoquer, en obligeant la majorité à prendre position sur le terrain du patriotisme, une manifestation qui indique tout au moins que l'immense majorité du pays - contre laquelle n'a pas osé se dresser la majorité parlementaire - longtemps encore restera réfractaire aux doctrines avilissantes de l'internationalisme  révolutionnaire.

Mais combien il est triste, un tiers de siècle après l'invasion de l'année terrible, les incendies volontaires, les fusillades d'instituteurs, de femmes, de vieillards et d'enfants, les massacres barbares et le démembrement, de constater qu'une fraction même infime du peuple vaincu, mutilé, a tout oublié, n'a rien compris, ou est tombée dans un tel état de déliquescence morale, que ses représentants en viennent à se coucher aux pieds du Prussien vainqueur, pourvu qu'il les fasse vivre et dormir en paix.

Les paroles de M. Jaurès ou de M. de Pressensé ne sont pas seulement honteuses et sacrilèges ; elles sonnent comme l'écho de celles que l'on entendait déjà au parlement de la fin du second Empire, alors qu'une poignée de mystiques  de l'antimilitarisme nous préparait les désastres de 1870.

Ne vous y trompez pas un instant, ajoute fort tristement un de mes confrères, une telle manifestation aura du retentissement en Allemagne, et l'écho qu'elle y éveillera ne peut être que fâcheux. D'abord, les gazeliers d'outre-Vosges s'en empareront pour dénoncer une fois de plus à l'Europe le péril de guerre où la met notre incorrigible chauvinisme.

Cette levée de plumes teutonnes est de peu de conséquence ; mais il se pourrait que l'astucieux de Bülow saisit aux cheveux l'occasion qui s'offre de demander au Reichstag de nouveaux crédits militaires et que, par ainsi, le débat, purement acccidentel, auquel vient de donner lieu notre  budget des affaires étrangères, eût cette conséquence  tout à fait imprévue d'accroître les moyens offensifs de l'ennemi sur notre frontière.

Cependant, cette manifestation, il était devenu, du fait de MM. de Pressensé et Jaurès, impossible de ne pas la faire. À la question posée par ces deux pontifes de l'internationalisme, aucune Chambre française n'eût pu faire une autre réponse que celle qui a été faite. C'est assez d'avoir signé le traité de démembrement une fois ; il n'y a vraiment pas de raison pour reboire, tous les jours, les larmes qu'il nous a fait verser. Rien n'obligeait donc à parler de ces choses ; mais, du moment que les "bêleurs de paix", comme les appelle M. Clémenceau, en parlaient, on ne pouvait dire que ce qui a été dit.

Le Petit Journal du 6 Décembre 1903      

 

(1) - Merci à Patrick Goulet qui m'a fait remarquer que cette phrase étaient bien de Francis de Pressensé et non de Jaurès comme on le trouve écrit dans presque tous les manuels.

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mercredi 30 avril 2008

l'Étranger d'Albert Camus - documentation

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L'Étranger, d'Albert Camus, 1942

éléments d'information et d'iconographie




différentes couvertures du livre



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Lo straniero, film de Luchino Visconti, 1967



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déclarations de Camus à propos de l'Étranger


«...J'ai résumé L'Étranger, il y a longtemps, par une phrase dont je reconnais qu'elle est très paradoxale : 'Dans notre sociéte tout homme qui ne pleure pas à l'enterrement de sa mère risque d'être condamné à mort'. Je voulais dire seulement que le héros du livre est condamné parce qu'il ne joue pas le jeu. En ce sens, il est étranger à la société ou il vit, il erre, en marge, dans les faubourgs de la vie privée, solitaire, sensuelle. Et c'est pourquoi des lecteurs ont été tenté de le considérer comme une épave. Meursault ne joue pas le jeu. La réponse est  simple : il refuse de mentir.
[...]

...On ne se tromperait donc pas beaucoup en lisant dans L'Étranger l'histoire d'un homme qui, sans aucune attitude héroïque, accepte de mourir pour la vérité. Meursault pour moi n'est donc pas une épave, mais un homme pauvre et nu, amoureux du soleil qui ne laisse pas d'ombres. Loin qu'il soit privé de toute sensibilité, une passion profonde, parce que tenace l'anime, la passion de l'absolu et de la vérité. Il m'est arrivé de dire aussi, et toujours paradoxalement, que j'avais essayé de figurer dans mon personnage le seul christ que nous méritions. On comprendra, après mes explications, que je l'aie dit sans aucune intention de blasphème et seulement avec l'affection un peu ironique qu'un artiste a le droit d'éprouver a l'égard des personnages de sa création.»

Albert Camus, 1955, éd. La Pléiade





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lundi 28 avril 2008

Origines guerre 1914-1918

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l'étincelle dans les Balkans : 28 juin 1914 à Sarajevo

 

l'engrenage de l'été 1914

une représentation ondulatoire

 

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cliquer sur l'image pour l'agrandir et l'imprimer

 

L'engrenage des événements et des décisions qui conduit à l'entrée en guerre des principales puissances européennes à l'été 1914 est comparable au jet d'un caillou dans un bassin. L'impact du projectile dans l'eau propage une onde de choc sous forme de ronds plus ou moins concentriques chaque fois plus grands et plus éloignés du centre.

Ce qui se propagea, l'été 1914, ce furent les perceptions réciproques de dangerosité des mouvements de l'adversaire, la nécessité d'y répliquer. La mécanique qui présida à cet engrenage fut le système des alliances en Europe, opposant deux blocs (Triple Alliance et Triple Entente).

 

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28 juin 1914
L’archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d’Autriche, et sa femme sont assassinés à Sarajevo par des nationalistes serbes. Au cours des semaines suivantes («crise de juillet»), le conflit s’envenime, il dépasse les frontières régionales et devient une crise européenne.

28 juillet 1914
Déclaration de guerre de l’Autriche-Hongrie à la Serbie. Suivent les déclarations de guerre de l’Allemagne à la Russie (1er août) et à la France (3 août). Après l’invasion allemande de la Belgique, la Grande-Bretagne entre en guerre aux côtés de l’Entente franco-russe (4 août). Seuls 17 États resteront neutres pendant toute la durée du conflit, parmi lesquels les Pays-Bas, l’Espagne, le Mexique et la Suisse. Entre 1914 et 1918, près de 70 millions d’hommes sont mobilisés.

Markus Pöhlmann
source

 



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