le baptème historien des salles de classe
le nom des salles de salles de classe
en Histoire-Géographie
- la salle 204 devient la salle Ernest LAVISSE
- la salle 205 devient la salle Olympe de GOUGES
- la salle 206 devient la salle Fernand BRAUDEL
- la salle 208 devient la salle LAMARTINE
- la salle 208 bis (cabinet HG) devient la salle THUCYDIDE
- la salle 209 devient la salle Marc BLOCH
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qui sont ces historiens ?
Thucydide
(460-396 ? av.)
"celui qu'on est tenté d'appeler, en dépit d'Hérodote, le premier véritable historien grec" (Jean-Pierre Vernant)
- Histoire de la guerre du Péloponnèse, Garnier-Flammarion, 1993.
Souci du vrai dans l'établissement des
faits, exigence de clarté dans l'énoncé des changements qui se
produisent au cours de la vie des cités (guerres et révolutions
politiques), connaissance assez précise de la "nature humaine" pour
repérer dans la trame des événements l'ordre qui donne sur eux prise à
l'intelligence, - tous ces traits sont associés, chez celui qu'on est
tenté d'appeler, en dépit d'Hérodote, le premier véritable historien
grec, à un refus hautain du merveilleux, to muthôdes,
considéré comme un ornement propre au discours oral et à son caractère
circonstanciel mais qui se trouverait déplacé dans un texte écrit dont
l'apport doit constituer un acquis permanent : «À
l'audition l'absence de merveilleux dans les faits rapportés paraîtra
sans doute en diminuer le charme mais si l'on veut voir clair dans les
événements passés et dans ceux qui, à l'avenir, en vertu du caractère
humain qui est le leur, présenteront des similitudes ou des analogies,
qu'alors on les juge utiles et cela suffira : ils constituent un trésor
pour toujours (ktêma es aiei) plutôt qu'une production d'apparat pour un auditoire du moment»
(Thucydide, II, 22, 4). La critique que trois siècles plus tard Polybe
dirige contre Phylarque, accusé de vouloir provoquer la pitié et l'émoi
du lecteur en étalant sous ses yeux des scènes de terreur (ta deina),
fournit le meilleur commentaire au texte de Thucydide : «L'historien
ne doit pas faire servir l'histoire à produire l'émotion des lecteurs
par le fantastique, (…) mais présenter les actions et les paroles
entièrement selon la vérité, même si d'aventure
elles sont fort ordinaires». Car le but de l'histoire ne consiste pas à «émouvoir et charmer pour un moment les auditeurs» mais à «instruire et convaincre pour tout le temps les personnes studieuses avec des actes et des discours vrais» (Polybe, II, 56, 7-12).
Jean-Pierre Vernant, Mythe et société en Grèce ancienne,
Maspéro, 1974, p. 200-201.
(1790-1869)
(1842-1922)
(1886-1944)
notice biographique du fonds Marc Bloch aux Archives nationales
Né en 1886, Marc Bloch était le fils de Gustave Bloch, professeur d’histoire romaine à la Sorbonne. Agrégé d’histoire lui-même, il compléta ses études à Leipzig et à Berlin (1908-1909). Mobilisé comme agent d’infanterie, il fut, à l’issue de la Grande Guerre, capitaine d’état-major, titulaire de quatre citations et chevalier de la Légion d’honneur. À la faculté de Strasbourg, il fut chargé de cours d’histoire médiévale de 1919 à 1936. En 1929, il fonda avec Lucien Febvre (historien et professeur au Collège de France) Les Annales d’histoire économique et sociale et se trouva bientôt nommé professeur d’histoire économique à la Sorbonne.
Marqué par l’abandon de Munich, il demanda à servir lorsqu’éclata la guerre en 1939. Il entra dans la Résistance en 1942 et devint délégué du Mouvement Franc-Tireur au directoire régional des Mouvements unis de la Résistance. Mais, au printemps 1944, il fut arrêté et emprisonné au fort Montluc. Après le débarquement allié, il fut fusillé par les Allemands. Marc Bloch est l’auteur de nombreux ouvrages dont Les Rois thaumaturges, 1924, Les Caractères originaux de l’histoire rurale française, 1931, La Société féodale, 1939-1940. Dans son ouvrage posthume intitulé Apologie pour l’histoire (1952) est exposée sa conception de l’histoire.
- Marc Bloch au Panthéon ? une demande de 17 historiens
Fernand Braudel
(1902-1985)
notice biographique (corrigée) du site de l'Académie française :
Né à Luméville-en-Ornois (Meuse), le 24 août 1902.
Agrégé
d'histoire (1923). Professeur d'histoire aux lycées de Constantine et
d'Alger (1924-1932). Professeur aux lycées Pasteur, Condorcet et Henri
IV, à Paris (1932-1935). Membre d'une mission française d'enseignement
au Brésil, à Sao Paulo (1935-1937). Directeur d'études à l'École
pratique des Hautes études (section de philologie et d'histoire)
(1937). Mobilisé en 1938, prisonnier en Allemagne en 1940-1945.
Directeur de la revue Les Annales (1946-1968). Docteur ès lettres en 1947. Professeur titulaire de la chaire d'histoire de la civilisation moderne au Collège de France (1949-1972). Directeur d'études de la VIe section (Sciences économiques et sociales de l'École pratique des Hautes études (1956-1972). Fondateur de l'Association internationale d'histoire économique et administrateur de la Maison des Sciences de l'homme en 1962. Professeur honoraire au Collège de France en 1972.
Correspondant de nombreuses académies étrangères, notamment celles de
Budapest, Munich, Madrid, Belgrade. Docteur honoris causa de plusieurs
Universités, notamment Oxford, Bruxelles, Madrid, Varsovie, Cambridge,
Yale, Genève, Padoue, Leyde, Montréal, Cologne, Chicago.
Élu à
l'Académie française, le 14 juin 1984 au fauteuil de André Chamson
(15e) et reçu le 30 mai 1985 par Maurice Druon. Mort le 27 novembre
1985.
- notice biographique du site du Collège de France
- note bio-bibliographique sur le site de la revue EspacesTemps
- "Fernand Braudel et la Grammaire des civilisations (1963)"
une femme dans l'histoire
Olympe de Gouges
- une bio-bibliographie d'Olympe de Gouges
- une autre biographie :
Marie Gouze dite Olympe de Gouges. Née à Montauban en 1748 – Décédée à Paris en 1793.
Féministe française, femme généreuse, femme de cœur, Olympe de Gouges fut l’ardente avocate de l’émancipation de la femme.
Elle a été témoin engagée de la Révolution française au travers de ses pièces de théâtre, écrits littéraires et autre libellés politiques.
Ce n’est qu’à partir de la Révolution qu’elle va montrer à quel point elle est en avance sur son temps. Elle est en effet, avec Théroigne de Méricourt et Claire Lacombe l’une des premières féministes.
Auteur d’un texte précurseur publié en septembre 1791, "Les Droits de la Femme et de la citoyenneté", elle a su faire preuve d’un réel courage dans l’affirmation de ses idées, de ses prises de position face aux événements révolutionnaires et cela lui a valu de périr sur la guillotine, le 3 novembre 1793.
«Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne»
Le préambule adressé à Marie-Antoinette, ainsi que l’article X étaient prémonitoires.
Elle rédige également des pamphlets contre Marat et Robespierre. Lors du procès de Louis XVI, elle tente de défendre le roi, qu’elle ne juge pas coupable en tant qu’homme mais uniquement comme souverain.
Solidaire des girondins après les journées de mai-juin 1793, elle est accusée d’être l’auteur d’une affiche girondine. Olympe de Gouges est arrêtée le 20 juillet 1793, condamnée à mort et guillotinée le 2 novembre 1793.
"Pensez à moi et souvenez-vous de l’action que j’ai menée en faveur des femmes ! Je suis certaine que nous triompherons un jour !"
Olympe de Gouges
Analyse de l'image
Olympe de Gouges, une militante féministe
Née
en 1748 à Montauban d’un père boucher ou bien du noble Le Franc de
Pompignan, d’après ses dires, Marie-Olympe de Gouze monte à Paris en
1766, après son veuvage, et, sous le nom d’Olympe de Gouges, se lance
dans une carrière littéraire, tout en partageant la vie de Jacques
Biétrix de Rozières, un haut fonctionnaire de la Marine. Auteur de
nombreux romans et pièces de théâtre, elle s’engage dans des combats
politiques en faveur des Noirs et de l’égalité des sexes.
Son écrit politique le plus célèbre est la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (septembre 1791), véritable manifeste du féminisme adressé à Marie-Antoinette. Prenant pour modèle la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, elle affirme que « la femme naît et demeure égale à l’homme en droits » (art. 1). A la suite de Condorcet, qui avait rédigé l’année précédente un traité Sur l’admission des femmes au droit de cité, elle considère que la femme détient des droits naturels au même titre que les hommes et doit pouvoir participer en tant que citoyenne à la vie politique et au suffrage universel. Olympe de Gouges revendique également pour les femmes la liberté d’opinion et la liberté sexuelle : à ce titre, elle réclame la suppression du mariage et l’instauration du divorce.
Sur le plan politique, d’abord attachée à une monarchie modérée, puis républicaine, elle rejoint les Girondins et, convaincue que les femmes doivent jouer un rôle dans les débats politiques, propose à la Convention d’assister Malesherbes dans sa défense du roi Louis XVI en décembre 1792, qu’elle juge fautif en tant que roi mais non en tant qu’homme. Toutefois, sa demande sera rejetée au motif qu’une femme ne peut assumer une telle tâche. C’est cet épisode malheureux que rappelle la légende manuscrite de l’aquarelle anonyme représentant Olympe de Gouges dans l’attitude d’une femme savante, assise sur un fauteuil de style Louis XV, un livre à la main. Très fluide et transparente, cette aquarelle rehaussée de mine de plomb et le fond de paysage simplement esquissé annoncent le romantisme à venir.
En 1793, lors de la Terreur, Olympe de Gouges s’en prend à Robespierre et aux Montagnards qu’elle accuse de vouloir instaurer une dictature et auxquels elle reproche des violences aveugles. Après l’insurrection parisienne des 31 mai-2 juin et la chute de la Gironde, elle prend ouvertement parti en faveur de celle-ci à la Convention et est arrêtée le 20 juillet 1793 pour avoir rédigé un placard fédéraliste à caractère girondin, Les Trois Urnes ou le Salut de la Patrie. Jugée le 2 novembre, elle fut exécutée sur l’échafaud le lendemain.
Interprétation
La Révolution : une avancée pour les droits des femmes ?
Sur
le plan politique, les révolutionnaires refusent de reconnaître le
droit des femmes à participer à la vie politique. Après les avoir
laissées un temps se constituer en clubs et se mêler aux mouvements
populaires, un terme est officiellement mis à l’automne 1793 à toute
activité politique féminine, avec l’interdiction des clubs féminins et
le refus de la citoyenneté pour les femmes. Ce revirement de l’opinion
par rapport aux femmes se durcit en 1795, lors de l’insurrection de
prairial (20-24 mai) : la Convention interdit d’abord aux femmes
d’entrer dans ses tribunes, puis d’assister aux assemblées politiques
et de s’attrouper dans la rue, cependant que de nombreuses femmes sont
pourchassées dans la nuit du 1er au 2 prairial et jugées par
une commission militaire.
Si les femmes se virent ainsi exclues des affaires de la cité, les révolutionnaires prirent néanmoins quelques mesures pour améliorer leur statut civil et social et les soustraire à l’oppression masculine : l’égalité des droits de succession entre hommes et femmes fut admise le 8 avril 1791, le divorce, réclamé par Olympe de Gouges, instauré le 30 août 1792 et la reconnaissance civile concédée aux femmes le 20 septembre 1792, lors des lois sur l’état civil. Mais de telles avancées furent de courte durée, car le Code civil napoléonien, promulgué le 21 mars 1804, rétablit bientôt les pleins pouvoirs du chef de famille. Seul le divorce échappe momentanément à ce retour en arrière : il ne sera supprimé qu’en 1816.
Les femmes et la Révolution
La participation politique des femmes aux événements s’est affirmée durant la Révolution française. Tantôt dans la rue, tantôt dans les tribunes des clubs, sociétés ou assemblées, les femmes ont occupé le terrain de l’action militante à plusieurs reprises, en particulier lors des journées insurrectionnelles des 31 mai-2 juin 1793 et du 9 thermidor an II (27 juillet 1794) qui virent respectivement la chute des Girondins et celle des Robespierristes.
Souvent surnommées péjorativement les «tricoteuses», en référence à leur travail manuel qu’elles continuaient à exercer dans les tribunes publiques, tout en participant activement aux délibérations politiques, ces militantes s’engageaient sur tous les fronts-: lutte contre la misère et la faim, contre la Gironde à la Convention, etc. Parallèlement à ces combats, un mouvement de défense des droits de la femme se fait jour, soutenu par quelques personnalités comme Olympe de Gouges, Etta Palm d’Aelders ou Théroigne de Méricourt qui revendiquent la liberté de la femme et l’amélioration de sa condition sur le plan civil, social ou économique.
Charlotte DENOËL (source)



















