samedi 7 novembre 2015

les religions et les langues en Europe : répartition et définitions

 

 

 

 

religions et langues en Europe :

répartition et définitions

 

 

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divisions en Europe

 

 

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fond de carte : langues et religions en Europe

 

 

 

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mardi 3 novembre 2015

De Gaulle, discours du 4 septembre 1958

De Gaulle 4 septembre 1958 (1)

 

 

discours du 4 septembre 1958

prononcé par le général de Gaulle place de la République

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=ywdfHSCZJpw

 

vidéo complète (De Gaulle : à 8 mn) : http://www.ina.fr/video/CAF88024320

 

Transcription du discours

 

C'est en un temps où il lui fallait se réformer ou se briser que notre peuple, pour la première fois recourut à la République.

Jusqu'alors, au long des siècles, l'Ancien Régime avait réalisé l'unité et maintenu l'intégrité de la France.

Mais tandis qu'une immense vague de fond se formait dans les profondeurs, il s'était montré hors d'état de s'adapter au monde nouveau.

C'est alors qu'au milieu du drame national et de la guerre étrangère apparut la République.

Elle était la souveraineté du peuple, l'appel de la liberté, l'espérance de la justice. Elle est restée cela à travers les péripéties agitées de son histoire.

Et aujourd'hui autant que jamais, nous voulons qu'elle le demeure.

Certes la République a revêtu des formes diverses au cours de ses règnes successifs.

En 1792, révolutionnaire et guerrière, elle a renversé les trônes et les privilèges, pour succomber huit ans plus tard dans les troubles et dans les abus qu'elle n'avait pu maîtriser.

En 1848, on l'a dit s'élever au-dessus des barricades, se refuser à l'anarchie, se montrer sociale au-dedans et fraternelle au dehors.

Et puis s'effacer bientôt, faute d'avoir accordé l'ordre avec l'élan du renouveau.

Le 4 septembre 1870, au lendemain de Sedan, on la vit s'offrir au pays, pour réparer le désastre.

De ce fait, la République sut relever la France, reconstituer les armées, recréer un vaste empire, renouer des alliances solides.

Elle sut faire des lois, de bonnes lois sociales, développer l'instruction, si bien qu'au jour de la guerre mondiale, de la Première Guerre mondiale, elle eut la gloire d'assurer notre salut et notre victoire.

Le 11 novembre, quand le peuple s'assemble et que les drapeaux s'inclinent pour la commémoration, le témoignage que la patrie décerne à ceux qui l'ont bien servie s'adresse aussi à la République.

Cependant, le régime contenait des vices de fonctionnement qui sans doute étaient supportables en une époque statique,

Mais qui étaient incompatibles avec les mouvements humains, les changements économiques, les périls extérieurs qui précédaient la deuxième guerre mondiale.

On y eût remédié, les événements terribles de 1940 emportèrent tout.

Mais quand le 18 juin commença le combat pour la libération de la France, il fut aussitôt proclamé que la République à refaire serait une république nouvelle.

La résistance toute entière ne cessa pas de l'affirmer. On ne sait que trop ce qu'il advint de ces espoirs.

On sait, on ne sait que trop, qu'une fois le péril passé, tout fut livré et confondu à la discrétion des partis. On sait, on ne sait que trop quelles en furent les conséquences.

À force d'inconsistance et d'instabilité, quelles que fussent les intentions et souvent la valeur des hommes,

Le régime se trouva privé de l'autorité intérieure et de l'assurance extérieure sans lesquelles il ne pouvait agir.

Il était inévitable que la paralysie de l'État entraînât une grave crise nationale, et qu'aussitôt la République fut menacée d'effondrement.

C'est dans la légalité que moi-même et mon gouvernement avons assumé le mandat exceptionnel d'établir un projet de constitution nouvelle et de le soumettre à la décision du peuple.

Nous l'avons fait sur la base des principes posés lors de notre investiture, nous l'avons fait en coopération avec le conseil consultatif institué par la loi.

Nous l'avons fait compte tenu de l'avis solennel du Conseil d'État.

Nous l'avons fait après délibération très libre et très approfondie de nos conseils de ministres, ceux-ci formés d'hommes aussi divers que possible de tendances et d'origines et résolument solidaires.

Nous l'avons fait sans avoir à aucun moment attenté à aucun droit du peuple et à aucune liberté publique.

La Nation qui seule est juge approuvera ou repoussera notre oeuvre, mais c'est en toute conscience que nous la lui proposons.

Ce qui dans les pouvoirs publics est aujourd'hui primordial, c'est leur efficacité et leur continuité.

Nous vivons dans un monde que des forces gigantesques sont en train de transformer.

Sous peine de devenir un peuple périmé et dédaigné, il nous faut dans le domaine scientifique, économique, social, évoluer rapidement.

À cet impératif correspondent d'ailleurs le goût du progrès, la passion des réussites techniques qui se font jour parmi les français et d'abord dans notre jeunesse. Il y a là des faits qui dominent notre vie nationale et qui par conséquent doivent commander nos institutions.

La nécessité de rénover l'agriculture et l'industrie françaises, de procurer les moyens de vivre, de travailler, de s'instruire, de se loger à notre population rajeunie.

D'associer les travailleurs à la marche des entreprises nous pousse dans les affaires publiques à être dynamiques et expéditifs.

Le devoir d'assurer, de rétablir la paix en Algérie, ensuite celui de la mettre en valeur, enfin celui de fixer son statut et sa place dans notre ensemble, nous impose des efforts difficiles et prolongés.

Les perspectives que nous ouvrent les ressources du Sahara sont magnifiques certes mais complexes.

Les rapports de notre métropole avec les territoires d'outre-mer exigent une adaptation profonde.

Dans l'univers, les courants qui le traversent mettent en cause jusqu'à l'avenir de l'espèce humaine.

Ils portent la France à se garder tout en jouant le rôle de mesure, de paix et de fraternité que lui dicte sa vocation.

Telles sont les conditions dans lesquelles nous eûmes à établir notre projet de constitution.

Nous l'avons fait pour le peuple que nous sommes, au siècle et dans le monde où nous sommes.

Nous l'avons fait de telle sorte que notre pays puisse être en fin de compte et décidément dirigé par ceux qui le mandatent et lui accordent la confiance qui anime la légitimité,

Qu'il existe au-dessus des querelles politiques, qu'il existe un arbitre national élu par les citoyens qui ont un mandat public,

Qui soit chargé d'assurer le fonctionnement régulier des institutions, qui ait le droit de recourir au jugement du peuple souverain,

Et qui réponde en cas d'extrême péril de l'indépendance, de l'intégrité, de l'honneur de la France et du salut de la République.

Qu'il existe un gouvernement qui soit fait pour gouverner, à qui on en laisse le temps et la possibilité, qui ne se détourne pas par rien d'autre de sa tâche, et qui ainsi mérite l'adhésion du pays.

Qu'il existe un parlement destiné à représenter la volonté politique de la Nation, à voter des lois, à contrôler l'exécutif mais s'en sortir de son rôle.

Que le gouvernement et le parlement collaborent mais restent séparés dans leurs responsabilités, aucun membre de l'un ne pouvant en même temps être membre de l'autre.

Telle est la structure équilibrée que doit revêtir le pouvoir, le reste c'est l'affaire des hommes.

Qu'un Conseil social et économique désigné par les organisations professionnelles et syndicales du pays et de l'outre-mer, en dehors de la politique, fournisse ses avis au gouvernement et au parlement.

Qu'un comité constitutionnel soit qualifié pour vérifier que les lois votées sont conformes à la constitution, que les élections,

Toutes les élections aient lieu régulièrement, que l'autorité judiciaire soit assurée d'indépendance et puisse ainsi rester la garante des libertés de chacun.

La compétence, la dignité, l'impartialité de l'État en seront mieux garanties.

Qu'entre la métropole, la Nation française et les territoires d'outre-mer qui le veulent soit formée une communauté où chaque territoire deviendra un État qui se gouvernera lui-même,

Tandis que la politique étrangère, la défense, la politique économique et financière, la monnaie, le contrôle de la justice,

L'enseignement supérieur et les communications lointaines constitueront un domaine commun dont auront à connaître les organes de la communauté, président, conseil exécutif, sénat, cours d'arbitrage.

C'est ainsi que sera profondément rénové l'ensemble humain groupé autour de la France. Ce ne sera fait d'ailleurs que par la libre détermination de tous.

En effet, chaque territoire aura la faculté par son vote au référendum, soit d'accepter la proposition de la France, soit de la refuser et par là même de rompre avec elle tout lien.

Et ensuite, devenu membre de la communauté, chaque territoire pourra dans l'avenir, à une date que je ne précise naturellement pas.

Et après s'être mis d'accord avec les organes communs, assumer lui-même la charge de son destin indépendamment des autres.

Que pendant les quatre mois qui suivront le référendum, le gouvernement ait la charge des affaires publiques, qu'il ait à fixer notamment le régime électoral.

Ainsi par mandat du peuple, seront prises les dispositions nécessaires à la mise en place des futures institutions.

Voilà, françaises, français, de quoi s'inspire, en quoi consiste la constitution, qui le 28 septembre sera soumise à vos suffrages.

De tout mon coeur, au nom de la France, je vous demande de répondre « oui » !

Si vous ne le faites pas, nous retomberons le jour même dans les errements que vous savez.

Si vous le faites, la République deviendra forte et stable, pourvu que les hommes responsables sachent désormais le vouloir.

Mais aussi, cette manifestation positive de la volonté nationale sera le signe que le peuple français recouvre son unité et du coup les chances de sa grandeur.

Le monde qui discerne très bien quelle importance notre décision va revêtir pour lui-même, le monde en tirera la conclusion, peut-être l'a-t-il en ce moment même tirée.

Et une immense espérance s'élèvera sur la France, peut-être mais je le crois, s'est-elle déjà levée. Vive la République, vive la France !

S'il vous plaît, avant de nous séparer, tous ensemble, chantons l'hymne national, La Marseillaise.

 

De Gaulle 4 septembre 1958 (2)

 

 

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mercredi 28 octobre 2015

l'organisation des pouvoirs

presse 1958

 

 

la constitution de la Ve République

 

schéma constitution Ve République

 

 

8 janvier 1959 passation des pouvoirs
8 janvier 1959, passation des pouvoirs entre René Coty et Charles de Gaulle

 

 

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mardi 27 octobre 2015

Appels du 18 et 22 juin 1940, général de Gaulle

affiche-appel-18-juin-1940

 

 

général de Gaulle :

appels des 18 et 22 juin 1940

 

 

Appel du 18 juin 1940 (non enregistré)

 

"Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement.

Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat.

Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi.

Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui.

Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !

Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.

Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des États-Unis.

Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.

Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi.

Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.

Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de Londres."

source

 

Appel du 22 juin 1940

 

 

"Le gouvernement français, après avoir demandé l'armistice, connaît, maintenant, les conditions dictées par l'ennemi.

Il résulte de ces conditions que les forces françaises de terre, de mer et de l'air seraient entièrement démobilisées, que nos armes seraient livrées, que le territoire français serait totalement occupé et que le gouvernement français tomberait sous la dépendance de l'Allemagne et de l'Italie.

On peut donc dire que cet armistice serait non seulement une capitulation mais encore un asservissement.

Or, beaucoup de Français n'acceptent pas la capitulation ni la servitude pour des raisons qui s'appellent l'honneur, le bon sens, l'intérêt supérieur de la patrie.

Je dis l'honneur, car la France s'est engagée à ne déposer les armes que d'accord avec ses alliés.

Tant que ses alliés continuent la guerre, son gouvernement n'a pas le droit de se rendre à l'ennemi.

Le gouvernement polonais, le gouvernement norvégien, le gouvernement hollandais, le gouvernement belge, le gouvernement luxembourgeois, quoique chassés de leur territoire, ont compris ainsi leur devoir.

Je dis le bon sens, car il est absurde de considérer la lutte comme perdue.

Oui, nous avons subi une grande défaite.

Un système militaire mauvais, les fautes commises dans la conduite des opérations, l'esprit d'abandon du gouvernement pendant ces derniers combats nous ont fait perdre la bataille de France.

Mais il nous reste un vaste empire, une flotte intacte, beaucoup d'or.

Il nous reste des alliés dont les ressources sont immenses, et qui dominent les mers.

Il nous reste les gigantesques possibilités de l'industrie américaine.

Les mêmes conditions de la guerre qui nous ont fait battre par cinq mille avions et six mille chars peuvent nous donner, demain, la victoire par vingt mille chars et vingt mille avions.

Je dis l'intérêt supérieur de la patrie car cette guerre n'est pas une guerre franco-allemande, qu'une bataille puisse décider.

Cette guerre est une guerre mondiale.

Nul ne peut prévoir si les peuples qui sont neutres, aujourd'hui, le resteront demain.

Même les alliés de l'Allemagne resteront-ils toujours ses alliés ?

Si les forces de la liberté triomphent finalement de celles de la servitude, quel serait le destin d'une France qui se serait soumise à l'ennemi ?

L'honneur, le bon sens, l'intérêt supérieur de la patrie commandent à tous les Français libres de continuer le combat là où ils seront et comme ils pourront.

Il est, par conséquent, nécessaire de grouper partout où cela se peut une force française aussi grande que possible.

Tout ce qui peut être réuni en fait d'éléments militaires français et de capacité française de production d'armement doit être organisé partout où il y en a.

Moi, général De Gaulle, j'entreprends ici, en Angleterre, cette tâche nationale.

J'invite tous les militaires français des armées de terre, de mer et de l'air, j'invite les ingénieurs et les ouvriers français spécialistes de l'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui pourraient y parvenir, à se réunir à moi. J'invite les chefs, les soldats, les marins, les aviateurs des forces françaises de terre, de mer, de l'air, où qu'ils se trouvent actuellement, à se mettre en rapport avec moi. J'invite tous les Français qui veulent rester libres à m'écouter et à me suivre.

Vive la France libre dans l'honneur et dans l'indépendance !"

source

 

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lundi 26 octobre 2015

«Il est nécessaire de republier "Mein Kampf"»

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«Il est nécessaire de republier Mein Kampf»

Christian INGRAO

 

 

Jean-Luc Mélanchon

Après le courrier de l'homme politique Jean-Luc Mélenchon demandant aux éditions Fayard de ne pas republier l'ouvrage d'Adolf Hitler,le journal Libération publie la réponse de Christian Ingrao, historien du nazisme et chercheur au CNRS.

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Monsieur,

Je viens de prendre connaissance de votre courrier à l’éditrice de la maison Fayard, Sophie Hogg, lui demandant de renoncer à l’édition de Mein Kampf et en tant qu’historien du nazisme, je voudrais vous apporter quelques éléments de réflexion.

Votre description du livre d’Adolf Hitler m’a tout d’abord paru pour le moins problématique : «une condamnation de six millions de personnes à mort», vraiment ? Les cinquante dernières années de labeur acharné des historiens, illustrées par l’avènement de l’école fonctionnaliste opposée à cette école intentionnaliste que vous représentez ici involontairement, ont montré que le Troisième Reich ne fut pas la réalisation d’un programme écrit dans l’ennuyeux livre du futur dictateur, mais bien que le génocide constitua l’aboutissement de politiques incohérentes, obsessionnelles, portées à l’incandescence homicide par un mélange de considérations idéologiques, logistiques, économiques et guerrières.

Ni les usines de mort ni les groupes mobiles de tuerie ne sont annoncés dans Mein Kampf et il est tout simplement faux de penser accéder à la réalité du nazisme et du Génocide par la seule lecture du piètre pamphlet du prisonnier autrichien.

Vous me direz : «Raison de plus pour ne pas le publier !» et je n’en aurais pas disconvenu avant de vous lire. Mais votre argumentation m’a au fond convaincu du contraire.

 

ni psychopathe halluciné, ni magicien manipulant les foules

Il est nécessaire de re-publier ce livre, harnaché de ce discours historien dont vous faites peu de cas, pour pallier la pathologisation du dictateur et la surestimation de sa lourde prose. Il faut montrer en pleine lumière qu’Hitler fut le révélateur d’une immense crise politique non seulement allemande mais européenne. Ni psychopathe halluciné, ni magicien manipulant les foules, Hitler dicta un essai besogneux qu’il faut montrer comme tel. Il fut aussi et surtout le catalyseur d’un projet politique dont il faut montrer les évolutions, traquer les cohérences internes et, inexorablement, souligner la grande attractivité.

En d’autres termes, il faut s’adresser à des lecteurs comme vous, Monsieur, pour les conduire à cesser de rejeter Hitler et Mein Kampf dans le pathologique et la démonologie, pour les conduire à penser en termes historiens et politiques, simplement. Il faut arrêter de croire que Mein Kampf nazifierait les égarés qui tomberaient dessus par accident. C’est un livre qui ne peut convaincre que des convertis.

Vous me pardonnerez, je l’espère, de ne pas souscrire non plus à la formule choc «éditer c’est diffuser». Voilà bien le propos de quelqu’un qui n’a jamais tenté de trouver ce texte, et je vous comprends. Mais la recherche «Mein Kampf PDF» est la deuxième plus populaire quand on tape les premiers mots du titre dans Google, et il faut deux clics de souris pour y accéder. Allez-vous écrire une lettre aux fondateurs de Google ? J’imagine les nababs de Mountain View passablement occupés à imaginer le futur augmenté de notre planète et me demande bien comment ils recevraient votre courrier…

 

l'édition critique ne rendra pas le livre plus attractif

Regardons la réalité en face : le livre est immédiatement disponible à quiconque veut le trouver et l’édition que projette Fayard, en rendant la lecture du texte plus technique, ne me semble pas risquer de le rendre plus attractif. Garni de longues introductions, bardé de notes infra-paginales et de renvois d’index, le texte dont les historiens se seront saisis sera lisible pour ce qu’il est, mais aussi pour ce qui aura été créé. Et il sera enfin disponible pour les enseignants, étudiants, et lecteurs curieux qui veulent accéder au texte pour s’en faire une idée.

Vous faites ensuite appel à la mémoire de la maison Fayard et des précédentes éditions de Mein Kampf, caviardées et sorties avec l’aval d’Hitler. Je suis heureux de vous annoncer que cette fois-ci il n’en est rien et qu’il y eut aussi à l’époque une édition qui provoqua la fureur du dictateur et l’incita à ester en justice.

Mais anecdote que tout cela. Ce qui se dit dans votre propos, sur un monde sans mémoire, est bel et bien ce qui constitue mon désaccord suivant. Non, monsieur Mélenchon, le monde n’est pas sans mémoire : la guerre en Yougoslavie, par exemple, cette guerre monstrueuse, a bien surgi aussi d’un trop-plein de mémoire ; la dernière transgression de M. Nétanyahou n’est pas de l’ordre de l’amnésie, mais du calcul politique et de l’instrumentalisation d’une mémoire précisément encore si douloureusement omniprésente qu’elle est entourée du halo du tabou.

 

éditer Mein Kampf, c'est lui opposer le savoir historien

Éditer Mein Kampf, c’est précisément lutter contre cette mise en tabou, c’est refuser de sacraliser négativement ce texte si pataud. C’est lui opposer le savoir et l’éclairage historiens en muselant véritablement un texte dont on sent bien que son halo excède de très loin l’effet de sa lecture.

J’ai enfin, je l’avoue, beaucoup moins de prise et d’avis sur la question morale qui constitue le dernier axe de votre courrier. Vos propos sur l’ignominie et l’horreur que vous inspire le projet me semblent devoir être portés au crédit de la rhétorique de votre adresse car je vous avoue réserver pour ma part mes larmes et ma nausée aux charniers de Syrie et d’Irak, aux noyés de la Méditerranée, à l’incurie étatique de Calais, et certainement pas à ce texte.

Vous abordez cependant ensuite les aspects financiers de la question, et «la vertu, la brûlante exigence […] qui doivent commander à ceux qui ont l’honneur d’être les "pousse à penser" de leurs lecteurs». Décrites ainsi, la condition de l’éditeur et celle de l’historien sont bien lourdes à porter et très intimidantes.

Mais croyez-vous sérieusement que de ne pas éditer Mein Kampf va changer quelque chose à l’éventualité de la victoire de madame Le Pen aux élections régionales dans la région Nord-Pas-de-Calais ? Croyez-vous vraiment qu’éditeurs et historiens auraient quelqu’efficace à offrir leur abstention de publication tels des héros achéens leur poitrine pour empêcher des hordes brunes d’accéder à la représentativité ?

Ce n’est pas en empêchant un projet scientifique de venir à terme que ceux auxquels ces choses importent vont retrouver prise sur le réel de la politique. L’urgence, en politique, c’est de formuler enfin un projet fédérateur, une manière d’avenir que les hommes, les femmes et les enfants de France et d’Europe voudront vraiment vivre ensemble. Loin de moi l’idée de donner conseil à quiconque : j’ai trop travaillé sur des intellectuels militants nazis et génocidaires pour me permettre de sortir de mon rôle d’historien. Mais chacun son métier, sa fonction, ou son office, Monsieur : les historiens et les éditeurs sont là pour écrire des livres et parler du passé ; les hommes politiques pour parler d’avenir.

Je vous adresse mes sentiments les plus cordiaux.

 

Christian Ingrao chargé de recherches au CNRS
Libération, 25 octobre 2015

Christian Ingrao

 

Christian Ingrao a publié un ouvrage au sein de la maison d’édition Fayard.

 

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samedi 24 octobre 2015

les élections municipales sous la IIIe République

élections municipales 1904 Dijon

 

 

Élections municipales - IIIe République

 

 

* Élections municipales de 1871

 

 

* Élections municipales de 1874

 

 

* Élections municipales de 1878

 

 

* Élections municipales de 1884

 

 

* Élections municipales de 1888

 

 

* Élections municipales de 1892

 

 

* Élections municipales de 1896

 

 

* Élections municipales de 1900

 

 

* Élections municipales de 1904

 

 

* Élections municipales de 1908

 

 

* Élections municipales de 1912

 

 

* Élections municipales de 1919

 

 

* Élections municipales de 1925

 

 

* Élections municipales de 1929

 

 

* Élections municipales de 1935

 

 

 

 

 

 

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vendredi 23 octobre 2015

chronologie des élections législatives en France, 1791-1914


 

 

chronologie des élections législatives

en France, 1791-1914

 

 

* en cours de rédaction

 

1791

 

La première institution du suffrage universel date de l'élection de la Constituante en septembre 1792, à la suite de la chute de la monarchie.

 

 

 

 

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1871

 

 

 

 

 

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1877

 

 

Union Rép 3 oct 1877 lettre Thiers législative
L'Union Républicaine du Finistère, 3 octobre 1877 : soutien de Thiers au Dr Morvan

 

 

 

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1885

 

L'Illustré de l'Est 4 oct 1885 couv
L'Illustré de l'Est (Nancy), 4 octobre 1885

 

 

le vote à la campagne Illustré de l'Est 11 oct 1885
"Le vote à la campagne", élections du 4 octobre 1885, L'Illustré de l'Est (Nancy), 11 octobre 1885

 

 

 

 

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1906

 

 

1906 de Kerguezec législative
élections législatives du 6 mai 1906, Gustave de Kerguezec, conseiller général
candidat de la Fédéréation des Comités Républicains à Guingamp

 

 

 

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1911

 

Thiers 1911 Dr Claussat candidat des pauvres
élection législative de 1911 à Thiers (Puy-de-Dôme), le Dr Joseph Claussat,
maire de Châteldon se présente comme le "Candidat des Pauvres"

 

 

 

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lundi 5 octobre 2015

les institutions de la cité athénienne

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les institutions de la cité athénienne



La réforme de Clisthènes, fondatrice de la citoyenneté démocratique à Athènes, 508/507 av. JC.

 

1) le territoire de la cité

 

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2) les types de Constitution, selon Aristote

 

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les types de "constitutions", selon Aristote

 

Dans le livre III de La Politique, Aristote (384-322) a présenté la formulation classique des "constitutions". Ces constitutions, ou politeia, se divisaient en trois types selon le nombre de gens qui faisaient fonctionner les principaux organes du gouvernement.

Chaque type possède une variante positive et une variante négative (bon ou mauvais avatar) en fonction du rapport aux lois et à l'intérêt (public ou privé) :

- bon avatar : le gouvernement agit conformément aux lois et au bien de la cité ;

- mauvais avatar : le gouvernement agit au-dessus des lois et dans le seul intérêt de ceux qui l'exercent.

Les appelations du troisième type ont varié :

- Platon (428/427-348/347) : bonne démocratie et mauvaise démocratie ;

- Aristote : politeia et démocratie ;

- Polybe (200-118 av.) : démocratie et ochlocratie (gouvernement de la foule).

 

 

3) la mise en place de la démocratie à Athènes

 

507-322 av

 

 

Kleisthénês

 

 

synthèse

 

De 507 à 501, Athènes s'est dotée d'une constitution originale et radicale, sous l'impulsion d'un réformateur audacieux : Clisthène.

Qui était Clisthène ?

Un membre d'une des plus illustres familles athéniennes : les Alcméonides. Comment et pourquoi cet aristocrate a-t-il non seulement pris la tête du parti populaire et mis en place la première véritable constitution démocratique de l'histoire ? Nous devons nous satisfaire de la formule lapidaire d'Aristote qui résume ainsi son oeuvre et sa vie : "il donna le pouvoir à tout le peuple".

Sans doute la compétition politique et la pression des événements ont-elles joué un rôle aussi important que la vision historique mais il est certain que cet homme cultivé était également inspiré par la philosophie rationnelle de son temps et en particulier par le souci de perfection propre à la pensée pythagoricienne. On sait par ailleurs qu'il avait voyagé et étudié la constitution d'autres cités grecques et de quelques-unes de leurs colonies.

Redéfinition de l'espace et du temps politique

Ni Dracon, ni Solon ni Pisistrate n'avaient osé toucher à la structure clanique qui régissait le fonctionnement politique d'Athènes depuis le VIIIe siècle. Le système des quatre tribus servait de cadre à toute l'organisation civile, politique et religieuse. La réforme de Clisthène repose principalement sur un bouleversement complet de cette organisation. Les anciennes structures de base (dème, phratrie, tribu, trittye...) ne sont pas abolies mais leur rôle et leur répartition sont redéfinis.

Élargissement du demos

Pour assurer le succès de son redécoupage et rompre définitivement avec l'ancienne organisation de type clanique, Clisthène offre la citoyenneté à de nombreux non-citoyens qu'il répartit dans les nouveaux dèmes et les nouvelles tribus. Plusieurs milliers d'hommes libres mais issus d'unions illégitimes, de métèques, d'étrangers et même d'esclaves sont ainsi naturalisés et deviennent membres de plein droit de l'Ecclesia (assemblée) dans laquelle on peut penser qu'ils constituent un des plus fermes soutiens du régime démocratique naissant.

Les organes du gouvernement

En l'espace de cinq ans, tout le pouvoir politique est transféré à l'Ecclesia. On aménage spécialement la colline de la Pnyx sur laquelle les citoyens ont le droit et le devoir de se rendre, quatre fois par mois, pour débattre et gouverner directement la cité, selon la règle de la majorité simple et par votes individuels à main levée. L'Héliée (tribunal) retrouve tous les pouvoirs que la réforme de Solon lui avait conférés. Les magistrats sont tirés au sort. On crée aussi un nouveau collège appelée "stratégie", composé de dix membres élus par l'Assemblée.

Clisthène modifie en outre la composition et le fonctionnement de la Boulè (ἡ βουλή), qui devient un "Conseil" de 500 membres tirés au sort, siégeant au Bouleuterion (τὸ Βουλευτήριον) et assurant pendant un an le fonctionnement de l'exécutif.

L'Aréopage perd ainsi toutes ses fonctions politiques et la plupart de ses prérogatives judiciaires. En 462, poursuivant l'oeuvre de Clisthène, Ephialtès, le dernier grand réformateur, lui enlèva le contrôle des comptes de magistrats, ne lui laissant à juger que les affaires criminelles à implication religieuse.

L'établissement des principes démocratiques

Le nouveau régime ne s'appelle pas encore démocratie mais le pouvoir du demos est total, appuyé sur les principes d'iségorie (égalité de parole), et d'isonomie (égalité dans le partage de la citoyenneté quelque soit la naissance). Les classes censitaires ne sont pas abolies mais la prééminence de la loi écrite et l'égalité de jugement sont solennellement réaffirmées.

Sur la Pnyx, dans l'Héliée ou le Bouleuterion, toutes les voix sont égales. Le peuple souverain jouit donc de droits dont il n'avait jamais disposé jusqu'alors. Il se retrouve aussi face à ses devoirs. C'est à lui désormais de faire face à ses reponsabilités de gouvernant, et de donner une partie de son temps à la collectivité.

Il est aussi le seul gardien de la constitution et le garant de son pouvoir et de sa liberté. Pour se prémunir contre la corruption, la remise en question des principes démocratiques et un retour des oligarques ou des tyrans, la cité instaure une série de mesures de vigilance avec des procédures telles que la graphè paranomon ["action en justice publique dans l'intérêt des lois"] (ἡ γραφή παρανόμων), ou l'ostracisme [1] (ὁ ὀστρακισμός) dont furent parfois victimes des personnages très éminents.

[1]Le mot "ostracisme" vient d'ostrakon, qui signifie"coquille" ou "tesson" (de poterie). C'est une procédure très particulière qui visait à écarter des affaires publiques des citoyens jugés dangereux pour la cité et son régime politique. Elle se traduisait par une déchéance des droits de citoyenneté accompagnée d'un bannissement d'une durée de dix ans. Contrairement aux condamnés en justice, le banni ne perdait cependant pas ses droits civils et ses biens lui étaient conservés. L'ostracisme pouvait frapper tout homme exerçant une fonction politique mais surtout ceux qui étaient élus et non pas tirés au sort, en particulier les stratèges.

 

 

 

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samedi 3 octobre 2015

initiation à la Défense

bombe-mururoa1

 

 

initiation à la Défense :

l'arme nucléaire

 

 

1) "à l'ère nucléaire, le seul ennemi est..."

https://www.youtube.com/watch?v=yaggziSnmmE

 

Uss Alabam Denzel

 

Belle scène USS Alabama - Une cible, une checklist et un bouton à pousser

 

 

2) explosions nucléaires : images déclassifiées

 

 

De 1945 à 1993 il y a eu plus de 2000 essais nucléaire sur la planète dont deux en conditions réelles sur les populations paponaises.

 

 

3) la bombe la plus puissante du monde : 57 mégatonnes

* 57 mégatonnes = 3500 fois Hiroshima, environ

 

 

Tsar Bomba sur Washington

 

- article Wikipédia : Tsar Bomba

 

 

4) le nombre d'armes nucléaires dans le monde

 

nombre d'armes nucleaires dans le monde
journal Le Monde, 24 avril 2009

 

 

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Population en France




La population en France




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Au 1er janvier 2004, la population de la France métropolitaine est estimée à 59,9 millions d'habitants auxquels s'ajoutent 1,8 million d'habitants des départements d'outre-mer, soit un total de 61,7 millions [1]. En métropole, la population a augmenté de près de 266 000 habitants en 2003 (+ 0,4 %). La croissance a été un peu plus faible qu'en 2002, l'excédent des naissances sur les décès ayant légèrement diminué (les naissances sont restées au même niveau, mais les décès ont été un peu plus nombreux) et l'excédent des immigrations sur les émigrations (le solde migratoire) ayant été aussi un peu plus faible d'après les estimations de l'Insee.

Gilles Pison, Population et sociétés, n°399, mars 2004,  




 

Selon l'Insee, près de 9% des habitants en France sont des immigrés

Le Figaro, 13 octobre 2015

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/10/13/01016-20151013ARTFIG00012-selon-l-insee-pres-de-9-des-habitants-en-france-sont-des-immigres.php

 

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Par «immigré», Chantal Brutel, de la cellule statistique et études sur l'immigration de l'Insee, à qui l'on doit cette étude, désigne «une personne née de nationalité étrangère à l'étranger et résidant en France», certaines ayant pu devenir françaises par la suite. Par «étranger», elle qualifie «une personne qui réside en France et ne possède pas la nationalité française».

 

 

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