lundi 2 juillet 2012

Une langue constitue aussi une manière de penser, une façon de voir le monde, une culture

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Claude Hagège : "Imposer sa langue,

c'est imposer sa pensée"

 

 

lundi 02 juillet 2012 à 13h38

Pour le grand linguiste Claude Hagège, le constat est sans appel : jamais, dans l'histoire de l'humanité, une langue n'a été « comparable en extension dans le monde à ce qu'est aujourd'hui l'anglais » (1). Oh ! il sait bien ce que l'on va dire. Que la défense du français est un combat ranci, franchouillard, passéiste. Une lubie de vieux ronchon réfractaire à la modernité. Il n'en a cure.

Car, à ses yeux, cette domination constitue une menace pour le patrimoine de l'humanité. Et fait peser sur elle un risque plus grave encore : voir cette «langue unique» déboucher sur une «pensée unique» obsédée par l'argent et le consumérisme. Que l'on se rassure, cependant : si Hagège est inquiet, il n'est pas défaitiste. La preuve, avec cet entretien où chacun en prend pour son grade.

 

Claude Hagège

Claude Hagège © Yann Rabarier pour Le Vif/L'Express

 

Le Vif/L'Express : Comment décide-t-on, comme vous, de consacrer sa vie aux langues ?
Claude Hagège :
Je l'ignore. Je suis né et j'ai grandi à Tunis, une ville polyglotte. Mais je ne crois pas que ce soit là une explication suffisante : mes frères, eux, n'ont pas du tout emprunté cette voie.

Enfant, quelles langues avez-vous apprises ?
À la maison, nous utilisions le français. Mais mes parents m'ont fait suivre une partie de ma scolarité en arabe - ce qui montre leur ouverture d'esprit, car l'arabe était alors considéré comme une langue de colonisés. J'ai également appris l'hébreu sous ses deux formes, biblique et israélienne. Et je connaissais l'italien, qu'employaient notamment plusieurs de mes maîtres de musique.

Combien de langues parlez-vous ?
S'il s'agit de dénombrer les idiomes dont je connais les règles, je puis en mentionner plusieurs centaines, comme la plupart de mes confrères linguistes. S'il s'agit de recenser ceux dans lesquels je sais m'exprimer aisément, la réponse sera plus proche de 10.

Beaucoup de Français pensent que la langue française compte parmi les plus difficiles, et, pour cette raison, qu'elle serait «supérieure» aux autres. Est-ce vraiment le cas ?
Pas du tout. En premier lieu, il n'existe pas de langue «supérieure». En France, le français ne s'est pas imposé au détriment du breton ou du gascon en raison de ses supposées qualités linguistiques, mais parce qu'il s'agissait de la langue du roi, puis de celle de la République. C'est toujours comme cela, d'ailleurs : un parler ne se développe jamais en raison de la richesse de son vocabulaire ou de la complexité de sa grammaire, mais parce que l'Etat qui l'utilise est puissant militairement - ce fut, entre autres choses, la colonisation - ou économiquement - c'est la «mondialisation». En second lieu, le français est un idiome moins difficile que le russe, l'arabe, le géorgien, le peul ou, surtout, l'anglais.

L'anglais ? Mais tout le monde, ou presque, l'utilise !
Beaucoup parlent un anglais d'aéroport, ce qui est très différent ! Mais l'anglais des autochtones reste un idiome redoutable. Son orthographe, notamment, est terriblement ardue : songez que ce qui s'écrit «ou» se prononce, par exemple, de cinq manières différentes dans through, rough, bough, four et tour ! De plus, il s'agit d'une langue imprécise, qui rend d'autant moins acceptable sa prétention à l'universalité.

Imprécise ?
Parfaitement. Prenez la sécurité aérienne. Le 29 décembre 1972, un avion s'est écrasé en Floride. La tour de contrôle avait ordonné : «Turn left, right now», c'est-à-dire «Tournez à gauche, immédiatement !» Mais le pilote avait traduit «right now» par «à droite maintenant», ce qui a provoqué la catastrophe. Voyez la diplomatie, avec la version anglaise de la fameuse résolution 242 de l'ONU de 1967, qui recommande le «withdrawal of Israel armed forces from territories occupied in the recent conflict». Les pays arabes estiment qu'Israël doit se retirer «des» territoires occupés - sous-entendu : de tous. Tandis qu'Israël considère qu'il lui suffit de se retirer «de» territoires occupés, c'est-à-dire d'une partie d'entre eux seulement.

Est-ce une raison pour partir si violemment en guerre contre l'anglais ?
Je ne pars pas en guerre contre l'anglais. Je pars en guerre contre ceux qui prétendent faire de l'anglais une langue universelle, car cette domination risque d'entraîner la disparition d'autres idiomes. Je combattrais avec autant d'énergie le japonais, le chinois ou encore le français s'ils avaient la même ambition. Il se trouve que c'est aujourd'hui l'anglais qui menace les autres, puisque jamais, dans l'Histoire, une langue n'a été en usage dans une telle proportion sur les cinq continents.

En quoi est-ce gênant ? La rencontre des cultures n'est-elle pas toujours enrichissante ?
La rencontre des cultures, oui. Le problème est que la plupart des gens qui affirment « Il faut apprendre des langues étrangères » n'en apprennent qu'une : l'anglais. Ce qui fait peser une menace pour l'humanité tout entière.

À ce point ?

Seuls les gens mal informés pensent qu'une langue sert seulement à communiquer. Une langue constitue aussi une manière de penser, une façon de voir le monde, une culture. En hindi, par exemple, on utilise le même mot pour «hier» et «demain». Cela nous étonne, mais cette population distingue entre ce qui est - aujourd'hui - et ce qui n'est pas : hier et demain, selon cette conception, appartiennent à la même catégorie. Tout idiome qui disparaît représente une perte inestimable, au même titre qu'un monument ou une oeuvre d'art.

Avec 27 pays dans l'Union européenne, n'est-il pas bien utile d'avoir l'anglais pour converser ? Nous dépensons des fortunes en traduction !
Cette idée est stupide ! La richesse de l'Europe réside précisément dans sa diversité. Comme le dit l'écrivain Umberto Eco, «la langue de l'Europe, c'est la traduction». Car la traduction - qui coûte moins cher qu'on ne le prétend - met en relief les différences entre les cultures, les exalte, permet de comprendre la richesse de l'autre.

Mais une langue commune est bien pratique quand on voyage. Et cela ne conduit en rien à éliminer les autres !
Détrompez-vous. Toute l'Histoire le montre : les idiomes des Etats dominants conduisent souvent à la disparition de ceux des Etats dominés. Le grec a englouti le phrygien. Le latin a tué l'ibère et le gaulois. À l'heure actuelle, 25 langues disparaissent chaque année ! Comprenez bien une chose : je ne me bats pas contre l'anglais ; je me bats pour la diversité. Un proverbe arménien résume merveilleusement ma pensée : «Autant tu connais de langues, autant de fois tu es un homme.»

Vous allez plus loin, en affirmant qu'une langue unique aboutirait à une « pensée unique »...
Ce point est fondamental. Il faut bien comprendre que la langue structure la pensée d'un individu. Certains croient qu'on peut promouvoir une pensée française en anglais : ils ont tort. Imposer sa langue, c'est aussi imposer sa manière de penser. Comme l'explique le grand mathématicien Laurent Lafforgue : ce n'est pas parce que l'école de mathématiques française est influente qu'elle peut encore publier en français ; c'est parce qu'elle publie en français qu'elle est puissante, car cela la conduit à emprunter des chemins de réflexion différents.

Vous estimez aussi que l'anglais est porteur d'une certaine idéologie néolibérale...
Oui. Et celle-ci menace de détruire nos cultures dans la mesure où elle est axée essentiellement sur le profit.

Je ne vous suis pas...
Prenez le débat sur l'exception culturelle. Les Américains ont voulu imposer l'idée selon laquelle un livre ou un film devaient être considérés comme n'importe quel objet commercial. Car eux ont compris qu'à côté de l'armée, de la diplomatie et du commerce il existe aussi une guerre culturelle. Un combat qu'ils entendent gagner à la fois pour des raisons nobles - les États-Unis ont toujours estimé que leurs valeurs sont universelles - et moins nobles : le formatage des esprits est le meilleur moyen d'écouler les produits américains. Songez que le cinéma représente leur poste d'exportation le plus important, bien avant les armes, l'aéronautique ou l'informatique ! D'où leur volonté d'imposer l'anglais comme langue mondiale. Même si l'on note depuis deux décennies un certain recul de leur influence.

Pour quelles raisons ?
D'abord, parce que les Américains ont connu une série d'échecs, en Irak et en Afghanistan, qui leur a fait prendre conscience que certaines guerres se perdaient aussi faute de compréhension des autres cultures. Ensuite, parce qu'Internet favorise la diversité : dans les dix dernières années, les langues qui ont connu la croissance la plus rapide sur la Toile sont l'arabe, le chinois, le portugais, l'espagnol et le français. Enfin, parce que les peuples se montrent attachés à leurs idiomes maternels et se révoltent peu à peu contre cette politique.

Pas en France, à vous lire... Vous vous en prenez même de manière violente aux « élites vassalisées » qui mèneraient un travail de sape contre le français.
Je maintiens. C'est d'ailleurs un invariant de l'Histoire. Le gaulois a disparu parce que les élites gauloises se sont empressées d'envoyer leurs enfants à l'école romaine. Tout comme les élites provinciales, plus tard, ont appris à leur progéniture le français au détriment des langues régionales. Les classes dominantes sont souvent les premières à adopter le parler de l'envahisseur. Elles font de même aujourd'hui avec l'anglais.

Comment l'expliquez-vous ?
En adoptant la langue de l'ennemi, elles espèrent en tirer parti sur le plan matériel, ou s'assimiler à lui pour bénéficier symboliquement de son prestige. La situation devient grave quand certains se convainquent de l'infériorité de leur propre culture. Or nous en sommes là. Dans certains milieux sensibles à la mode - la publicité, notamment, mais aussi, pardonnez-moi de vous le dire, le journalisme - on recourt aux anglicismes sans aucune raison. Pourquoi dire «planning» au lieu d'«emploi du temps» ? «Coach» au lieu d'«entraîneur » ? «Lifestyle» au lieu de «mode de vie» ? «Challenge» au lieu de «défi» ?

Pour se distinguer du peuple ?
Sans doute. Mais ceux qui s'adonnent à ces petits jeux se donnent l'illusion d'être modernes, alors qu'ils ne sont qu'américanisés. Et l'on en arrive à ce paradoxe : ce sont souvent les immigrés qui se disent les plus fiers de la culture française ! Il est vrai qu'eux se sont battus pour l'acquérir : ils en mesurent apparemment mieux la valeur que ceux qui se sont contentés d'en hériter.

Mais que dites-vous aux parents qui pensent bien faire en envoyant leurs enfants suivre un séjour linguistique en Angleterre ou aux Etats-Unis ?
Je leur réponds : «Pourquoi pas la Russie ou l'Allemagne ? Ce sont des marchés porteurs et beaucoup moins concurrentiels, où vos enfants trouveront plus facilement de l'emploi.»

Si une seule mesure était à prendre, quelle serait-elle ?
Tout commence à l'école primaire, où il faut enseigner non pas une, mais deux langues vivantes. Car, si on n'en propose qu'une, tout le monde se ruera sur l'anglais et nous aggraverons le problème. En offrir deux, c'est s'ouvrir à la diversité.

Le français pourrait-il être le porte-étendard de la diversité culturelle dans le monde ?
J'en suis persuadé, car il dispose de tous les atouts d'une grande langue internationale. Par sa diffusion sur les cinq continents, par le prestige de sa culture, par son statut de langue officielle à l'ONU, à la Commission européenne ou aux Jeux olympiques. Et aussi par la voix singulière de la France. Songez qu'après le discours de M. de Villepin à l'ONU, s'opposant à la guerre en Irak, on a assisté à un afflux d'inscriptions dans les Alliances françaises.

(1) Contre la pensée unique, par Claude Hagège.
Odile Jacob, 250 p.

PROPOS RECUEILLIS PAR MICHEL FELTIN-PALAS

 

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jeudi 14 juin 2012

Monument aux morts de Saint-Chamond et stèles individuelles

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le monument aux morts du cimetière

de Saint-Chamond

Michel RENARD

 

 

1) l'édifice et les plaques nominatives

 

1vue d'ensemble

 

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une immense stèle portant une croix chrétienne et la statue d'un soldat assis

 

3face au momunement le côté droit de l'espace circulaire des sépultures

 

4
face au momunement le côté gauche de l'espace circulaire des sépultures

 

5
monument aux morts (partie inférieure)

 

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plaque nominative des morts en Indochine (1947-1954)

 

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plaque nominative des combattants 1939-1940

 

8plaque nominative des décédés en A.F.N.

 

9plaque nominative des résistants combattants
volontaires et des S.T.O.

 

10plaque nominative des décédés de 1914-1918 (1)

 

11plaque nominative des décédés de 1914-1918 (2)

 

13plaque nominative des décédés de 1914-1918 (3)

 

12"à nos morts et héros"

 

 

2) les stèles individuelles des "Morts pour la France",

entretenues pas le Souvenir Français

(cliquez sur les images pour les agrandir)

 

14stèle individuelle (voir commentaire plus bas)

 

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63recruté dans le cadre du STO (Service du Travail obligatoire)

 

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Le nombre de stèles individuelles ne correspond pas au nombre, beaucoup plus élévé des victimes dont les noms sont gravés sur les faces de l'édifice.

On relève un total de 51 stèles individuelles parmi lesquelles :

- 38 pour 1914-1919

- 2 pour le Maroc (1912-1925)

- 6 pour 1939-1945

- 3 pour l'Indochine (1947-1954)

- 1 pour l'AFN

- 1 inconnu

photos : Michel Renard

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3) histoire du monument (à venir)

 

66516430

 

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4) commentaire sur la stèle de Jean GOY

 

L'une des stèles, placée à l'une des extrémités d'un des deux arcs de cercle qui entourent l'édifice, porte le nom de Jean GOY et l'inscription : "Mort à Saïgon, Indochine, 8 janvier 1949".

Intrigué par l'homonymie avec l'une de mes collègues au lycée Claude Lebois de Saint-Chamond, j'ai entamé quelques investigations pour en savoir plus.

J'ai interrogé le formidable site qui s'appelle "Mémoire des hommes" édité par les services historiques de l'Armée française. Il propose, sous forme numérisée, les listes de soldats "Morts pour la France" avec de nombreux renseignements individuels.

En cliquant sur "Guerre d'Indochine", on lit la présentation suivante : "La base de données des "Morts pour la France" au cours de la Guerre d’Indochine (1945-1954) a été constituée par la saisie et l’indexation d’un fichier établi par le ministère des Anciens combattants au lendemain de ce conflit".

On clique ensuite sur "formulaire de recherche" et on y inscrit le nom et le prénom Goy Jean. On clique à nouveau sur "lancer la recherche" et on obtient le résultat suivant. On apprend que Jean Goy est né le 5 décembre 1927 et qu'il est donc décédé à l'âge de 21 ans, à quelques jours de l'anniversaire de ses 22 ans...!

Finalement, en cliquant sur son nom, s'ouvre une fiche nominative plus détaillée qui nous apprend qu'il était né à Saint-Chamond (Loire), que son matricule était le 772, qu'il était soldat de 2e classe appartenant au 22e Régiment d'Infanterie coloniale. Il est mort des suites de ses blessures à l'hôpital Costes à Saïgon (Cholon).

Je souhaiterais retrouver une image de cet hôpital. Mais pour l'instant mes recherches sont restées vaines.

Une stèle individuelle, portant seulement un nom, un lieu et une date de décès, peut donc être le point de départ d'une recherche pédagogique donnant plus de "chair" à l'individu disparu et des renseignements historiques plus amples.

Un travail pédagogique peut être effectué avec des élèves de 1ère ou de Terminale pour relever les différents conflits au cours desquels sont morts ces hommes souvent jeunes et les circonstances historiques dans lesquelles ils se sont déroulés.

 

Michel Renard
professeur d'histoire

 

soldat en couple
un soldat en couple à Saïgon en 1949
(ce n'est pas Jean Goy)

 

colonial-2831edbun soldat du 22e Rgiment d'Infanterie coloniale en Indochine

 

GuerreIndochine

 

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vendredi 23 mars 2012

analyse d'un tableau : la Joconde

joconde

 

 

analyse du tableau de Léonard de Vinci

La Joconde (1503-1506)

 

Pourquoi La Joconde a-t-elle une renommée mondiale aussi exceptionnelle, exprimant la peinture en général et l'idéal féminin en particulier ? Qu'est-ce qui constitue l'attirance de ce tableau ? En quoi exprime-t-il l'idéal humaniste de la Renaissance tout en prenant des distances avec les lignes de conduite de cette époque ?

On dit souvent que ce tableau est incontournable, mais on dit rarement pourquoi. Comme si le raisonnement échouait par avance à expliquer ce que "cache" une image... Comme si l'intelligence en était réservée à une élite dotée d'une faculté, d'une intuition à saisir - sans en rendre compte - ce que le commun des mortels était incapable de sentir. Non...! La peinture peut se déchiffrer, s'élucider.

L'explication qui suit tient en grande partie à l'analyse et à la vision de Daniel Arasse (1944-2003), dans Histoires de peintures (Folio, 2004). Elle prend aussi comme références les décryptages du site Peintre-Analyse.com et celle du site la-mona-lisa.oldiblog.com.

 

1) désignation et origine du tableau

Le commanditaire de l'oeuvre est Francesco del Giocondo, riche marchand florentin qui s'adresse au peintre le plus célèbre de son temps, Léonard de Vinci. Celui-ci commence à travailler en 1502/1503. La jeune femme est âgée de 23 ou 24 ans et a déjà donné la vie à deux garçons. La famille déménage et le mari, heureux, veut installer dans la nouvelle demeure, le portrait de son épouse.
Finalement Francesco del Giocondo ne reçut jamais La Joconde car le tableau était inachevé quand Léonard quitta Florence pour Milan en 1506. Il emporta l'oeuvre en France en 1516 et mourut au clos Lucé, à côté d'Amboise,  le 2 mai 1519, protégé par François 1er jusqu'au terme de sa vie. Le tableau est resté en France.
Le titre est La Joconde ou Mona Lisa, pour "ma dona" (Madame), simplifié en "Mona" et son premier prénom, "Lisa".

 

2) identification et cadrage des éléments du tableau

Deux parties composent l'ensemble. Le choix est fait de représenter un mi-corps : buste et bras de la jeune femme, assise, positionnée de trois quarts mais pointant son regard vers le spectateur. Elle est assise sur un fauteuil sans dossier dans le cadre d'une loggia : on perçoit le rebord plat d'un muret et la naissance de deux colonnes, à gauche et à droite.
La Joconde est au centre de la composition, reflétant par ce lieu géométrique la place primordiale que l'humanisme accorde à l'individu. Et l'intersection des diagonales désigne le coeur du personnage.

Joconde diagonales coeur


Ce portrait est installé dans l'arrière-plan d'une nature minérale privée de toute présence humaine. Ce qui est assez inhabituel à l'époque de la Renaissance.
La jeune femme est, en effet, encadrée par deux blocs d'une nature plutôt inhospitalière. La partie droite est plus haute que la partie gauche mais on ignore comment s'effectue le passage de l'une à l'autre puisque le visage de Mona Lisa coupe cet arrière-plan (cf. Daniel Arasse).

Diapositive1
identification des éléments du tableau, d'après la lecture de Daniel Arasse
©
graphisme Michel Renard

3) la lumière

La lumière provient de la gauche et illumine le visage, la gorge et les mains du personnage. Le choix de vêtements sombres accentue la centralité visuelle des parties éclairées. C'est l'humain qui compte, la vitalité de cette jeune femme opposée à l'incertitude inquiétante du paysage auquel elle tourne le dos.

lumière
d'après Peintre-Analyse.com

4) les couleurs

"Les couleurs chaudes sont réservés au modèle. Les couleurs froides à la nature". (source : Peintre-Analyse.com) Il est plus difficile de le voir aujourd'hui car le tableau s'est assombri.

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5) le sfumato

La douceur, la légèreté, le velouté de l'image sont issus dune technique appelée sfumato, que Léonard de Vinci maîtrisait parfaitement. Cela signifie "enfumé", "vaporeux". Les lignes et les contours disparaissent et semblent se fondre les uns dans les autres grâce à la superposition raffinée de plusieurs couches de peinture. ("glacis") Il en ressort une impression de douceur et de sérénité.

- analyse technique (article du journal Libération du 16 juillet 2010 - extraits)

Glacis superposés. La radiographie elle aussi se révélait impuissante, tant elle était elle-même brouillée : les radios des Vinci sont fantomatiques. Avec le concours du Synchrotron européen de Grenoble, et de Bruno Mottin, spécialiste du laboratoire au Louvre, Laurence de Viguerie et Philippe Walter ont mis au point une méthode de modélisation, fondée sur la «spectrométrie de fluorescence des rayons X», permettant de calculer l’épaisseur de couches infimes de peinture et la composition des pigments. La demi-douzaine de Léonard au musée du Louvre a été analysée, les jours de fermeture, directement dans les salles.
Les chercheurs se sont attachés aux visages, dont le réalisme, la finesse de traits et le dégradé des couleurs témoignent d’une exceptionnelle maîtrise technique. Qui n’avaient jamais pu faire l’objet de prélèvements. L’analyse a révélé que Vinci avait déposé à la surface de sa peinture une superposition de glacis lui permettant d’ombrer subtilement sa composition. Pour Philippe Walter, c’est par ce moyen que Léonard pouvait obtenir à la fois une représentation hyperréaliste de la nature et ses fameux effets vaporeux. Le système fonctionne comme un verre opaque : chaque couche translucide lui permettait de jouer sur des variantes dans les clartés et les coloris.

Il faudrait plutôt parler de films, dont chacun fait 1, 2 ou 3 microns. Léonard pouvait ainsi déposer sur sa peinture jusqu’à trente microcouches, le tout inférieur à une quarantaine de microns, l’épaisseur d’un demi-cheveu. Chaque film demandait un temps de séchage pouvant s’étaler de plusieurs jours à quelques mois, ce qui explique que le biographe des peintres de l’époque, Giorgio Vasari, ait pu affirmer que Léonard avait pu passer «quatre années à travailler sur le portrait de la Joconde, avant de le laisser inachevé», tout en se disant ébahi de sa capacité à rendre des tons «plus noirs que noirs».

Résine et huile. Il n’aurait pas été le seul, ni même le premier, à user de cette superposition de glacis, inventée par les peintres flamands avant d’être introduite en Italie. Il avait cependant su jouer de pigments noirs comme l’oxyde de manganèse pour obtenir son effet «fumé». Auquel il a ajouté, pour certains visages, un soupçon de cuivre pouvant donner un reflet bleuté. Il a aussi retranscrit cette méthode avec la nouvelle technique de l’huile, en utilisant un liant probablement composé d’un mélange de résine et d’huile. L’addition des glacis, et la forte présence de manganèse ou de cuivre, apparaît clairement dans les trois chefs-d’œuvre du Louvre, Monna Lisa, Saint Jean Baptiste, et la Vierge à l’enfant avec sainte Anne. [article du journal Libération]

 

6) le sourire de La Joconde

D'après Daniel Arasse, "c'est Léonard qui a inventé l'idée de faire un portait avec un sourire. Il n'y a pas de portrait souriant avant La Joconde (...)". Il l'explique simplement par l'anecdote historique d'un mari comblé par son épouse qui a lui a donné deux enfants mâles : "tout ce qu'on a élaboré autour du sourire de la Joconde s'effondre devant l'analyse historique" (p. 35-37).

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7) le lien entre le sourire et le paysage

"Mais ce n'est pas ce qui fait que ce sourire est fascinant. Je crois que la raison est plus profonde, et il m'a fallu du temps pour percevoir ce que j'en percevais. En fait, ce qui me fascine, c'est ce qui lie profondément la figure au paysage de l'arrière-plan.
Si vous regardez bien ce dernier, vous vous rendrez compte qu'il est incohérent, c'est-à-dire que dans la partie droite, du point de vue du spectateur, vous avez des montagnes très hautes, et tout en haut un lac, plat comme un miroir, qui donne une ligne d'horizon très élevée.
Dans la partie gauche, au contraire, le paysage est beaucoup plus bas, et il n'y a pas de moyen de concevoir le passage entre les deux parties. En réalité, il y a un hiatus, caché, transformé par la figure elle-même et par le sourire de La Joconde. C'est du côté du paysage le plus haut que sourit la Joconde. La bouche se relève très légèrement de ce côté-là, et la transition impossible entre les deux parties du paysage se fait dans la figure, par le sourire de la figure." (Daniel Arasse, p. 37-38).

 

8) l'interprétation du sourire : le temps qui passe, la grâce et le chaos

"Vous me direz, et alors ? Eh bien, je crois qu'à ce moment-là il faut avoir lu les textes de Léonard, se rappeler qu'il était un grand admirateur d'Ovide et de ses Métamorphoses, et que pour Léonard comme pour Ovide - c'est un thème classique et courant -, la beauté est éphémère.
Il y a de fameuses phrases d'Hélène chez Ovide à ce sujet : «Aujourd'hui, je suis belle mais que serai-je dans quelque temps ?».
C'est ce thème-là que traite Léonard avec une densité cosmologique assez extraordinaire, car La Joconde c'est la grâce, la grâce d'un sourire. Or, le sourire est éphémère, ça ne dure qu'un instant. Et c'est ce sourire de la grâce qui fait l'union du chaos du paysage qui est derrière, c'est-à-dire que du chaos on passe à la grâce, et de la grâce on repassera au chaos.
Il s'agit donc d'une méditation sur une double temporalité, et nous sommes là au coeur du problème du portrait, puisque le portrait est inévitablement une méditation sur le temps qui passe. [...] On passe donc, avec ce sourire éphémère de La Joconde, du temps immémorial du chaos au temps fugitif et présent de la grâce, mais on reviendra à ce temps sans fin du chaos et de l'absence de forme." (Daniel Arasse, p. 38-39)

Diapositive1
le cercle rouge indique ce mouvement, du sourire éphémère
au temps immémorial du chaos

 

9) le pont

"Restait ce pont dont je ne comprenais pas la présence jusqu'au moment où j'ai lu Carlo Pedretti, le grand spécialiste de Léonard de Vinci, capable d'écrire comme lui de la main gauche et à l'envers. C'est un homme admirable qui a passé toute sa vie avec Léonard de Vinci.
À propos de cette interrogation sur la présence du pont, il dit une chose très simple à laquelle je n'avais pas pensé, à savoir que c'est le symbole du temps qui passe ; s'il y a pont, il y a une rivière, qui est le symbole banal par excellence du temps qui passe. C'est un indice donné au spectateur que l'étrangeté du rapport entre ce paysage chaotique et cette grâce souriante est le temps qui passe. Le thème du tableau c'est le temps.
C'est aussi pour cette raison que la figure tourne sur elle-même, car un mouvement se fait dans le temps... Et l'analyse peut repartir à ce moment-là. Le tableau est fascinant parce que sa densité et sa sobriété font qu'il n'arrête pas de renvoyer la réflexion et le regard au regard..." (Daniel Arasse, p. 39-40).

"Le thème du tableau c'est le temps"

 

10) un idéal de l'humanisme ?

En quoi La Joconde exprime-t-elle l'idéal de la Renaissance et de l'humanisme ? Léonard a donné de l'idéal de l'humanisme une vision peut-être plus profonde que certains de ses contemporains qui représentaient des personnages dans un environnement plus coloré, plus humain et avec une profusion d'éléments naturels plus rassurants (Botticelli, Ghirlandaio, Piero di Cosimo...).
Léonard de Vinci a inséré le portrait d'un femme souriante (la vie, la grâce) dans la philosophie d'une nature qu'il sait toute-puissante sans que l'on sache vraiment la part que le divin peut prendre au cycle du temps qui passe mais auquel l'homme peut échapper quelques instants.
La peinture disait Léonard de Vinci est cosa mentale (une chose mentale), donc une méditation.


La Joconde est une oeuvre humaniste parce ce que :
1) le modèle, en l'occurrence une femme, est au centre du tableau ;
2) son sourire et sa quiétude sont le signe de la confiance dans l'humanité de l'homme dégagée des terreurs d'un certain discours religieux apocalyptique tel celui de Savonarole (1452-1498) ;
3) le sourire et la simplicité du modèle (sans vêtements rutilants, sans bijoux...) replacent l'homme (la femme) au coeur d'une vie sans artifice ; ces éléments lui donnent une dimension quasi universelle dans laquelle on peut se reconnaître aujourd'hui encore ;
4) si l'humanisme fait de l'homme l'axe d'une dignité nouvelle, il n'en fait pas un nouveau dieu auto-suffisant.

Michel Renard
professeur d'histoire

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questions

 

topelement

 

1) La Joconde serait un homme

Des chercheurs italiens spécialisés dans la levée des mystères artistiques ont affirmé mercredi qu'un jeune homme avait servi de modèle pour La Joconde, une thèse qui laisse sceptiques les experts du Louvre.

Silvano Vincenti, président du Comité national pour la valorisation des biens historiques, a assuré devant la presse étrangère à Rome qu'un jeune assistant de Léonard de Vinci, le génie de la Renaissance, appelé Salai fut le modèle du célèbre portrait de Mona Lisa. Salai, de son vrai nom Gian Giacomo Caprotti, entré au service de l'artiste à 16 ans et resté 25 ans à ses côtés, aurait été sa muse et son modèle pour plusieurs tableaux. Selon M. Vincenti, les deux hommes entretenaient une relation "ambiguë" et étaient probablement amants.

M. Vincenti a fait état de fortes similitudes entre les traits des visages des protagonistes du Saint Jean Baptiste et L'Ange incarné avec le nez et la bouche de Mona Lisa. Pour ce chercheur, le peintre avait laissé des indices en peignant dans les yeux de La Joconde un minuscule L pour Leonardo et un S pour Salai.

Le chercheur, auteur d'un livre sur le sujet, a dit que son équipe s'était fondée sur l'analyse de reproductions numériques de haute qualité. Mais les affirmations de M. Vincenti sont contestées par le Louvre, propriétaire de la Joconde. Le musée rappelle que "le tableau a été soumis à toutes les analyses de laboratoire possibles en 2004 et en 2009. Aucune inscription (lettre ou chiffre) n'a été décelée lors de ces examens". "Le vieillissement de cette peinture sur bois a provoqué un grand nombre de craquelures dans la matière picturale, qui sont à l'origine de nombreuses formes qui ont souvent été l'objet de sur-interprétations", a-t-il souligné.

Le musée a en outre indiqué "ne pas avoir eu communication de pièces démontrant ces nouvelles hypothèses". M. Vincenti, dont l'équipe s'était fait connaître en juillet en identifiant les restes du Caravage, a mis cette réaction sur le compte de l'embarras. "Je comprends leur incrédulité et leur surprise, au fond c'est la peinture la plus étudiée au monde (..) ils sont vraiment aveugles", a-t-il dit. Appelant les spécialistes du Louvre à "être sérieux et reconnaître" qu'ils se trompent, il a offert sa collaboration avec l'envoi d'une équipe pour faire "des prélèvements de petits fragments de peinture" là où se trouveraient les chiffres et lettres "pour voir s'ils ont été faits à l'époque ou sont apparus avec le temps".

(L'essentiel Online/AFP)
3 février 2011 13:20

 

2) La Joconde serait un assemblage de deux visages

Après cinq siècles de questionnements, le spécialiste Silvano Vincenti prétend avoir enfin percé le mystère de l'identité de la femme au sourire énigmatique. Un examen à l'infrarouge lui permet d'affirmer que le maître ne s'est pas inspiré d'un, mais de deux modèles.

Et si deux visages se cachaient derrière l'ovale gracieux au mystérieux sourire ? Et si La Joconde était aussi un homme ? La défense de ces deux thèses audacieuses est le combat de l'historien de l'art Silvano Vincenti depuis 2011: «Nous sommes en présence de deux modèles. Le premier modèle était Lisa Gherardini, dite Mona Lisa ou la Joconde. Le seco nd modèle était... le jeune Gian Giacomo Caprotti, dit Salaï.» Dans une vidéo, le chercheur prétend en avoir aujourd'hui la preuve irréfutable.

 

 

Salaï, c'est ce petit garçon loqueteux d'une dizaine d'années que Léonard de Vinci rencontre par hasard dans les rues de Milan. Pour quelques florins, le peintre obtient de son père de le prendre dans son atelier.

Léonard de Vinci s'attache vite à celui qu'il surnomme affectueusement «petit diable». Il le forme et en fait un de ses disciples. En grandissant, son protégé affiche une troublante beauté androgyne, qui va inspirer le peintre. Très proche de son maître, l'assistant va rester vingt-cinq ans à ses côtés. Disciple, ami, sans doute amant, et muse, Salai entretient avec Léonard une relation pour le moins ambiguë.

 

On retrouve les traits de Salaï sur le «Saint Jean-Baptiste» de Léonard de Vinci.
Saint-Jean-Baptiste, Léonard de Vinci

 

En 2011, un premier constat conduit Vincenti et son équipe à penser que Salai a servi de modèle à La Joconde. Le nez et la bouche du personnage ressemblent de manière frappante aux traits du Saint Jean-Baptiste, pour lequel Salai avait officiellement posé, visible au Louvre.

 

Mona Lisa, anagramme de «Mon Salaï» ?

Si cette thèse laisse sceptique le conservateur du musée parisien, elle séduit divers chercheurs. Le moindre détail plastique est interprété comme un indice, voire des clefs secrètes qui auraient été disséminées par le maître.

Non visibles à l'œil nu, deux minuscules lettres seraient inscrites dans les yeux de la Joconde: un L pour Léonard et un S pour Salaï... Les examens de la toile n'ont néanmoins pas permis de déceler ces inscriptions qui ne seraient que des craquelures.

Autre théorie fantaisiste : «Mona Lisa» serait une anagramme de «Mon Salaï» : deux mots pour le même ensemble de lettres, à l'image de deux modèles pour un même tableau?

 

pas de sourire sur une première couche

De nouvelles «preuves» s'ajoutent donc maintenant selon Vincenti. «Nous avons percé le mystère de l'identité de La Joconde grâce au passage à l'infrarouge de sa première couche, détaille-t-il. Sur cette première couche, elle ne sourit pas et n'est pas joyeuse. Nous avons superposé tous les détails des peintures de Léonard de Vinci dans lesquels il a pris pour modèle Salai. Et certains détails obtenus correspondent exactement à ceux du portrait de Mona Lisa.»

Peinte à partir des années 1500 et peaufinée jusqu'à la fin de la vie de son auteur, La Joconde est une œuvre de maturité. Léonard a une cinquantaine d'années et y met tout son génie et sa conviction. Pour Vincenti, elle est l'expression de la perfection humaine, d'un idéal de beauté néoplatonicien. Soit une Joconde «homme et femme dans un même corps. D'où cette androgynie qui frappe au premier coup d'œil».

Le Figaro, 25 avril 2016

 

 

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vendredi 2 mars 2012

réponse à la propagande des opposants à Darwin

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réponse à Saidadjoul sur le darwinisme

Gérard MOLINA, agrégé de philosophie

 

[contrairement à ce que disait Saidadjoul dans ces commentaires, nous ne le censurons pas ni ne fuyons la controverse sur la théorie de l'évolution... Voici ses textes - ci-dessous - et la réponse d'un spécialiste qui démonte la pauvre aurgumentation de Saidadjoul. Celui-ci n'apporte aucun argument de fond contre la théorie de l'évolution... il ne fait que reprendre les grosses ficelles des sites "créationnistes américains" sans jamais aborder le fond du débat... et pour cause... La théorie darwinienne de l'évolution et ses développements sont la base de l'activité scientifique de 98% des biologistes actuels]. Michel Renard.

___________________________

 

Le commentaire de Saidadjoul, publié ci-dessous, développe quatre types d'argumentation bien connus depuis l'Antiquité grecque et réfutés par divers logiciens et philosophes dès cette époque.

1 - L'argumentation du nombre. Deux listes de créationnistes sont proposées (reprises et recopiés des sites créationnistes américains). Et Saidadjoul ajoute, bien sûr, "qu'ils sont en réalité des milliers" !

La liste 1 comprend 217 noms, la liste 2 en totalise 55 (H. Morris est cité deux fois). Cela ne prouve rien du tout. Sinon, il suffirait de faire les listes de ceux qui croient aux fantômes, à l'astrologie, aux extra-terrestres, etc. pour valider une certitude. Ou bien dire qu'il y a un milliard trois cents millions de musulmans (chiffre supposé) pour assurer que l'islam est la seule religion vraie. Les chrétiens répondraient qu'ils sont près de deux milliards (chiffre aussi supposé).

Rappelons d'ailleurs que Galilée et Copernic étaient à peu près seuls, aux XVIe et XVIIe siècle, à dire que le soleil était au centre du monde, c'est-à-dire du système solaire, seul univers connu à l'époque – et encore imparfaitement – et que la Terre tournait autour.

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Contre l'immense majorité des populations et des autorités diverses qui s'appuyaient sur certaines formules de la Bible (ou du Coran) pour soutenir que la Terre était fixe, au centre, et que le Soleil tournait autour avec les autres planètes connues.

Les deux solitaires avaient raison contre les autorités religieuses.

L'argument du nombre pourrait avoir une pertinence si la masse des biologistes travaillant dans des laboratoires de recherche avaient adopté "la science de la création". Malheureusement, ils la rejettent à 98% au profit de l'évolutionnisme, et de façon écrasante dans sa version darwinienne augmentée des connaissances génétiques propres au XXe siècle.

C'est donc un argument qui, en lui-même, n'a aucune valeur dans un sens ou dans l'autre. Seulement, et c'est fondamental, "la science de la création" est purement critique de la théorie de l'évolution, alors que les biologistes évolutionnistes produisent des découvertes et des informations nouvelles chaque année au sein des laboratoires de recherche en activité dans le monde entier. Ils sont créatifs et producteurs de connaissances, de savoir.

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2 – L'argument d'autorité. C'est le but visé par la liste 2 qui aligne de "grands noms" de la pensée scientifique. C'est indéniable, même si leurs apports respectifs s'ont d'inégale importance. Mais cette liste pose plusieurs problèmes.

D'abord, sur les 55 noms, 30 sont nés avant 1809, date de la naissance de Charles Darwin, et la plupart de ceux-ci n'ont jamais entendu parler de l'évolution biologique. Ils ne l'ont donc jamais discutée, encore moins réfutée. Ni Bacon, ni Boyle, ni Brahé, ni Copernic, ni Léonard de Vinci, ni Galilée, ni Newton, ni Pascal, ni Steno, etc, ne sont concernés par ce débat. On peut seulement dire qu'ils étaient chrétiens (sous des formes d'ailleurs diverses) et qu'ils acceptaient plus ou moins le récit de la Création.

Plusieurs des noms cités ne sont pas biologistes : Babbage, Brewster, Davy, Faraday, Fleming, Herschel, Joule, Kelvin-Thompson, Maxwell, Ramsay, Rayleigh, Riemann, etc. eux aussi étaient chrétiens, de telle ou telle obédience (ou juifs convertis) et ne faisaient qu'exprimer des doutes ou des questions de façon souvent incidente et marginale.

D'autres noms sont des biologistes contemporains de Darwin qui se sont opposés à sa théorie mais qui ont échoué à la réfuter de façon convaincante : Agassiz, Blyth, Conybeare, Fabre, Lister, Pasteur, Sedgwick et Virchow. Ajoutons que Linné a été surtout discuté par Buffon, que Cuvier a polémiqué avec Lamarck et que Mendel – qui était moine – n'a rien écrit sur Darwin.

Les derniers noms cités (Barnes, Burdick, Carver, Clark, Macht, Marsh, Millika,, Morris, Price, Wilder-Smith…) sont des scientifiques du XXe siècle qui ont essayé de combattre le darwinisme mais leurs divers essais furent tellement peu concluants qu'ils ont totalement disparu des sources de la recherche biologique actuelle. Ce sont des cas d'échec total d'alternatives du paradigme reçu par la quasi-totalité des chercheurs actifs.

Il ne faut ni s'en étonner ni s'en offusquer : c'est ainsi que le savoir avance, par essais et erreurs, tentatives de réfutation, expériences cruciales, objections et controverses, etc. Ils ont eu raison d'essayer si telle était leur conviction de départ. Simplement, c'est raté.

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3 – L'argument de compétence. Sur les 217 noms de la liste 1, beaucoup ont une thèse de sciences (aux États-Unis, principalement ou exclusivement). Sous-entendu : ils savent de quoi ils parlent et donc il faut les croire. Démontons l'argument.

D'abord, il faut éliminer les diplômés en physique, météorologie, horticulture, électricité, chimie, sciences des matériaux, mécanique, théorétique (sic !), aéronautique, physique nucléaire, mathématiques, recherche des opérations, astronomie, science du tournant (sic !), ingénierie, pharmacologie, métallurgie, science ophtalmique (sic !), kinésiologie (sic), géographie, kinetique des gazes (sic !), psycho-linguistique, etc. Ces spécialistes n'ont rien à voir avec l'évolution.

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Éliminons également les noms qui ne sont suivis d'aucune qualité précisée.

Si l'on conserve seulement les diplômés en biologie, génétique, zoologie, écologie, anthropologie, il ne reste qu'environ 50 noms (je dis "environ" car si la géologie était en temps de Darwin impliquée dans l'histoire du vivant, ce n'est plus le cas aujourd'hui).

50 noms en tout et pour tout ! Comparez avec les dizaines de milliers, voire les centaines de milliers de titulaires de licences ou de thèses en sciences biologiques depuis d'un siècle qui ont adopté la théorie darwinienne… En outre, parmi ces 50 diplômés (et c'est valable pour tous les autres), combien ont travaillé sur des questions non directement liées à la théorie de l'évolution ? C'est souvent le cas en anatomie, physiologie, biochimie, génétique, zoologie descriptive, etc.

Bref, ce sont des gens qui utilisent leur diplôme pour faire croire qu'ils possèdent une compétence particulière sur le darwinisme. Et c'est pour cela que beaucoup d'entre eux sont salariés des institutions chrétiennes fondamentalistes américaines (collèges, universités, muséums) voués à défendre le récit biblique littéral sous l'étiquette actuelle de "science de la création".

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Charles Darwin (1809-1882)

 

4 - L'argument du refus de la discussion. La preuve que j'ai raison, c'est que vous refusez de débattre avec moi. C'est ainsi, dit Saidadjoul, que "tous les darwinistes sut terre fuient les débats scientifiques quant à l'authenticité de leur théorie imaginaire". Quelle plaisanterie !

La puissances des fondamentalistes chrétiens américains qui veulent que "la science de la création" soit enseignée dans les établissements scolaires, est telle depuis 20 ou 30 ans que les biologistes authentiques ont été obligés de réagir, de répondre point par point et de répliquer à toutes les critiques.

Au début, ils ne voulaient pas perdre du temps avec des objections qui remontaient au XIXe siècle, mais ils comprirent peu à peu que le danger allait croître en raison des moyens financiers et politiques déployés par ceux qui défendent la lecture littérale stricte des écrits religieux, même s'ils prétendent ne parler que de science pour éviter d'être renvoyés à leurs croyances privées.

C'est ainsi que de nombreux biologistes américains ont témoigné dans les procès visant à changer les programmes scolaires. C'est le cas de Stephen Jay Gould ou d'Ernst Mayr, pour ne citer qu'eux. Et ces dernières années, plusieurs excellents ouvrages ont été publiés pour démonter avec précision, point par point, chacune des prétendues réfutations, des difficultés supposées ou des critiques artificielles apportées à la théorie darwinienne de l'évolution par la soi-disant "science de la création"

Ses élucubrations ont aussi subi, dans la période récente, un démolissage en règle qui a porté ses fruits aux États-Unis. Aujourd'hui, "la science de la création" est sur la défensive, en partie discréditée. Mais elle se répand dans des pays qui, jusqu'ici l'ignoraient, en Europe, en Asie, en Afrique à cause du militantisme d'organisations religieuses chrétiennes ou musulmanes.

S'il n'y avait qu'un seul ouvrage à lire ou par quoi commencer, ce serait celui d'Eugenie C. Scott, Evolution vs creationism, seconde édition, University of California Press, 2009.

Evolution+vs2

 

J'ajoute deux précisions fondamentales.

A) Dans cette brève réponse, je n'ai discuté aucune objection éventuelle avancée par la dite "science de la création" car il n'y en a pas dans le texte proposé par Saidadjoul. On trouvera les conceptions de ce créationnisme (pseudo) "scientifique" et leurs réfutations soignées et minutieuses dans le livre d'Eugenie. C. Scott et dans les nombreuses références qu'elle mentionne.

B) Le darwinisme, le néo-darwinisme et la théorie synthétique de l'évolution ne sont nullement incompatibles avec le croyance en Dieu. Darwin, lui-même, dans la première édition de L'Origine des espèces (1859) mentionne le Créateur. Il évolua ensuite, pour diverses raisons, vers un agnosticisme circonspect et réservé (une opinion réfléchie et avisée, pas une certitude savante).

Aujourd'hui, des biologistes darwiniens de premier plan sont des croyants sincères. Mais alors, où est le problème ? Il existe bien une incompatibilité absolue entre l'évolutionnisme darwinien et une certaine attitude religieuse, celle qui affirme la vérité littérale, totale et exclusive du récit de la Création, proposé dans la Bible et repris dans le Coran.

coran

 

"Nous avons créé en six jours les cieux, la Terre et ce qui se trouve entre les deux, sans éprouver aucune fatigue" (Coran, sourate L, verset 38, traduction Denise Masson, Folio, tome II, p. 646). Ou encore : "Il a créé les cieux sans colonnes visibles ; il a jeté sur la Terre des montagnes comme des piliers afin qu'elle ne branle pas et vous non plus ; il a propagé toutes sortes d'animaux. Nous avons fait descendre du ciel une eau et nous avons fait pousser sur la Terre toutes sortes d'espèces utiles" (Coran, sourate XXXI, verset 10, traduction Denise Masson, Folio, tome II, p. 506).

Et encore : "Dieu a créé, pour vous, huit animaux par couples : deux parmi les bovins et deux parmi les caprins" (Coran, sourate VI, verset 143, traduction Denise Masson, Folio, tome I, p. 173).

On peut citer également : "On voit parmi ses Signes la création des cieux, de la Terre, et des êtres vivants qu'il y a disséminés" (Coran, sourate XLII, verset 29, traduction Denise Masson, Folio, tome II, p. 601).

Si vous croyez que ces passages (et quelques autres) relatent exactement ce qui s'est passé réellement, décrivent des faits indiscutables, vous devez rejeter une grande partie de la science moderne depuis Galilée.

Mais si vous y voyez des énoncés allégoriques qui s'adressent à l'âme du fidèle et des paraboles destinées à ouvrir son cœur à la Toute-Puissance de la Divinité,  rien de vous empêche par ailleurs de connaître et de comprendre les multiples découvertes des sciences physiques et biologiques. Si Dieu a donné la raison à l'homme, c'est pour qu'il s'en serve.

Gérard Molina, agrégé de philosophie,
spécialiste du darwinisme, auteur de
nombreux articles sur ces questions notamment dans
le Dictionnaire du darwinisme et de l'évolution, dir. Patrick Tort, Puf, 1996.

 

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tombe de Charles Darwin dans l'abbaye de Westminster

 

 

13 février 2012, 22 H 10 - Message commenté : le Louvre et l'ignorance des "anti-illuminati"

Knowledge is power
Bonjour Michel Renard, tu dis donc (sauf par quelques idéologues fondamentalistes musulmans tel que Harun Yahia en Turquie)C'est exactement la même réponse que donnent tous les darwinistes sur terre pour fuir les débats scientifiques quand à l'authenticité de leur théorie imaginaire! la preuve, toi même tu l'a apprise par cœur!tu introduis la religion pour créer une diversion, la question qui se pose n'a rien à voire avec la religion, mais uniquement avec la science ! DONC, récapitulons,la théorie de l'évolution est-elle avérée et basée sur des faits scientifiques
irréfutable ? He bien NON !Tu peux raconter n'importe quoi ce sera toujours
un mensonge vous êtes tous des démagogues ! je vois que tu ne connais aucun
scientifique qui réfute le darwinisme alors je te cite quelque uns des plus
renommés dans le monde :

Les gens suivants sont des défenseurs contemporains de science de création et ont un ou plus d'un des degrés de diplômé dans une discipline de science. Ajoutez des noms à cette liste utilisant la liste principale.

Earl M.J. Aagaard Ph.D. biologie
Gerald E. Aardsma
Nathaniel Abraham
Gary L. Achtemeier Ph.D. météorologie
E. Theo Agard Ph.D. physique
Jim Allan Ph.D. génétique
Mark Armitage M.S. biologie
Russell Arndts Ph.D. chimie
Chris Ashcraft M.S. biologie, M. Ed.
Steven Austin Ph.D. géologie
Geoff Barnard Ph.D.
Don Batten Ph.D agronomie et science horticole
John Baumgardner Ph.D. Geophysique et physique d'espace
Michael Behe Ph.D. biochimie
David Bergman M.S. ingénieur-électricien
Jerry Bergman Ph.D. biologie
Guy Berthault
Kimberly Berrine
Vladimir Betina
Raymond Bohlin Ph.D. biologie
Andrew Bosanquet
Edward Boudreaux Ph.D. chimie
Stephen Boyd
David Boylan
Walter Bradley Ph.D. Science des matériaux
Patrick Briney Ph.D. Microbiologie
Walt Brown Ph.D. ingénierie mécanique
John Byl Ph.D. astronomie
Linn Carothers
David Catchpoole Ph.D. physiologie des plantes
Art Chadwick Ph.D. biologie
Eugene Chaffin Ph.D. physique théorétique
Choong-Kuk Chang
Donald Chittick Ph.D. chimie physique
John Cimbala Ph.D. aéronautique
Kenneth Cumming Ph.D. biologie
Harold Coffin Ph.D.
Bob Compton Ph.D. physiologie
Daniel Criswell Ph.D. biologie moléculaire
Jack Cuozzo D.D.S.
William Curtis M.S. aéronautique et physique nucléaire, Th.D.
Malcolm Cutchins
Lionel Dahmer
Raymond Damadian M.D.
Chris Darnbrough
Nancy Darrall Ph.D. botanie
Bolton Davidheiser Ph.D. zoologie (génétique)
Percival Davis M.A. zoologie
Bryan Dawson Ph.D. mathématique
Douglas Dean
Stephen Deckard M.S. biologie, Ph.D. éducation chrétienne
Richard Deem M.S. microbiologie
William Dembski Ph.D. mathématique
David DeWitt Ph.D neuroscience
Donald DeYoung Ph.D. physique
Geoff Downes physiologie des plantes
Ted Driggers Ph.D. recherche des opérations
Robert Eckel M.D.
André Eggen Ph.D. génétique des animaux et moléculaire
Martin Ehde Ph.D. mathématique
Dennis Englin M.Sc., Ed.D.
Raul Esperante-Caamano
Danny Faulkner Ph.D. astronomie
Carl Fliermans Ph.D. biologie
Dwain Ford Ph.D. chimie
Wayne Frair Ph.D. biologie
Robert Franks M.D.
Alan Galbraith Ph.D. science de tournant
Robert Gentry Ph.D. physique nucléaire
Paul Giem M.D.
Maciej Giertych Ph.D. génétique
Alan Gillen
Duane Gish Ph.D. biochimie
Werner Gitt doctorat en ingénierie
D.B. Gower Ph.D. biochimie
Russell Grigg M.Sc. chimie
Dianne Grocott MBBS.
Stephen Grocott Ph.D. chimie organique-métallique
Donald Hamann
Charles Harrison
John Hartnett Ph.D. physique
Mark Harwood Ph.D.
George Hawke Ph.D. météorologie de pollution atmosphérique
Alan Hayward
Margaret Helder Ph.D. botanie
Tom Hennigan M.P.S. ecologie
Harold Henry
Jonathan Henry
Joseph Henson
Robert Herrmann Ph.D. mathématique
Andrew Hodge M.B., B.S., FRACS
Bill Hoesch MS géologie
Kelly Hollowell Ph.D. pharmacologie moléculaire et cellulaire
Ed Holroyd Ph.D. science atmosphérique
Bob Hosken Ph.D. biochimie
George Howe Ph.D. botanie
Neil Huber anthropologue physique
James Huggins Ph.D. biologie
Russell Humphreys Ph.D. physique
Cornelius G. Hunter Ph.D. biophysique
Max Hunter
Andrey A. Ivanov Ph.D. physique
Yuri N. Ivanov Ph.D.
Tim Iverson M.A. mathématique
Evan Jamieson Ph.D. hydro-métallurgie
George Javor Ph.D. biochimie
Thomas Griffith Vernon Jenkins B.Sc.Hons, M.Sc. ingénierie de minier
Karen E. Jensen Ph.D. biologie
Pierre Gunnar Jerlström Ph.D. biologie moléculaire
James J. Scofield Johnson
John Johnson Ph.D. mathématique appliée
Robert Bowie Johnson A.A.D. science générale
Renard Lee David Jolly M.S. biologie
Arthur Jones Ph.D. biologie
Jonathan Jones
Raymond Jones
Ross Jones PhD linguistique
Stephen E. Jones B.S. administration de santé
Taylor B. Jones PhD chimie
R. D. Jonsonbaugh
Greg S. Jorgensen M.S. ingénierie
Pierre Y. Julien Ph.D ingénierie géologique
Valery Karpounin
Elaine Kennedy
Dean Kenyon Ph.D. biophysique
John Klotz Ph.D biologie
Vladimir Kondalenko
Leonid Korochkin
John K.G. Kramer Ph.D. biochimie
Johan Kruger Ph.D. zoologie (nematologie)
Walter Lammerts doctorat en génétique
John Leslie
Lane Lester Ph.D. génétique
Jean K. Lightner D.V.M.
Jason Lisle Ph.D. astrophysique
Alan Love
Marvin Lubenow
Heinz Lycklama Ph.D physique nucléaire
Ian Macreadie
Trevor Major M.Sc., M.A.
John Marcus Ph.D. biochimie
George Marshall Ph.D. science ophtalmique
Jobe Martin Th.M., D.M.D.
Joseph Mastropaolo Ph.D. kinesiologie
Ralph Matthews Ph.D. chimie de rayonnement
John McEwan Ph.D.
Andy McIntosh Ph.D. aérodynamique
David Menton Ph.D. biologie
Angela Meyer Ph.D. science horticole
John Meyer Ph.D. zoologie
Stephen Meyer Ph.D. histoire et philosophie de la science
Colin Mitchell Ph.D. la géographie de terrain-désert
Robert Mitchell M.D., B.A. biologie de la cellule
John Moore
John Moreland D.D.S.
John Morris Ph.D. ingénierie géologique
Len Morris
Graeme Mortimer
Stanley Mumma
Jay Nelson O.D.
Hee-Choon No
Eric Norman
Michael Oard M.S. science atmosphérique
Chris Osborne Ph.D. biologie
Bill Overn
Gary Parker M.S. in biologie/physiologie, Ed.D. in biologie
Johnson C. Philip Ph.D. physique quantique-nucléaire
Dave Phillips M.S. anthropologique physique
Sean D. Pitman M.D.
Georgia Purdom Ph.D. génétique moléculaire
Fazale Rana Ph.D. chimie
John Rankin Ph.D. physique mathématique
Walter ReMine M.S.
Ray Rempt Ph.D physique
Mark Robertson M.Sc. hydro-géologie
David Rogstad Ph.D. physique
Hugh Ross Ph.D. astronomie
Ariel Roth Ph.D. biologie
Robert Russell Ph.D. physique
John Sanford Ph.D. reproduction et génétique des plantes
Jonathan Sarfati Ph.D., F.M.
Joachim Scheven
Gerald Schroeder
Giuseppe Sermonti génétique
G. Thomas Sharp
Frank Sherwin M.A. zoologie
Emil Silvestru Ph.D géologie
Andrew Snelling Ph.D. géologie
Lee Spencer Ph.D. biologie
Lee Spetner Ph.D. physique
Timothy Standish Ph.D. biologie
Esther Su Ph.D. biochimie
Keith Swenson M.D.
Barry Tapp Ph.D. in géologie
Charles Thaxton Ph.D. chimie
Ker Thomson
Laurence Tisdall
Howard Van Till
Michael Todhunter Ph.D. génétique de forêt
Larry Vardiman Ph.D. science atmosphérique
Walter Veith Ph.D. zoologie
Charles Voss Ph.D. ingénieur-électricien
Linda Walkup Ph.D. génétique moléculaire
Graeme Watmuff
Keith Wanser Ph.D. physique
Jonathan Wells Ph.D. biologie
Monty White Ph.D. in kinetique des gazes
John Whitmore
Carl Wieland M.D.
Clifford Wilson M.A. archéologie Ph.D. psycho-linguistique
Jay Wile Ph.D. chimie nucléaire
Kurt Wise Ph.D. géologie
Bryant Wood
Todd Wood Ph.D. Biochemistry/Genomics
R. L. Wysong D.V.M
Henry Zuill Ph.D. biologie
Jeffrey Zweerink

On ne peut pas nier les achèvements et les contributions des scientifiques créationnistes dans l'histoire de la science. Plusieurs des pères fondants de divers champs de science étaient créationnistes.

Les personnes dans la liste suivantes sont scientifiques créationnistes historiques. Pendant leurs vies ils avaient une conviction ferme en Dieu et ou ont possédé un ou plus diplômes avancées dans une discipline de la science ou ont contribué substantiellement au champ de la science.

Ajoutez des noms à cette liste utilisant la liste principale.
Henry M. Morris (1918 – 2006)

Louis Agassiz (1807-1873)
Charles Babbage (1792-1871)
Francis Bacon (1561-1626)
Thomas Barnes (1911-2001)
Edward Blyth (1810-1873)
Robert Boyle (1627-1691)
Tycho Brahe (1546-1601)
David Brewster (1781-1868)
Clifford Burdick (1919-2005)
George Washington Carver (1864-1943)
Harold W. Clark (1891-1986)
Melvin Alonzo Cook (1911-2000)
William Conybeare (1787-1857)
Nicolas Copernicus (1473-1543)
Georges Curvier (1769-1832)
Leonardo Da Vinci (1452-1519)
Humphry Davy (1778-1829)
Henri Fabre (1823-1915)
Michael Faraday (1791-1867)
John Ambrose Fleming (1849-1945)
Galiléo Galiléi (1564-1642)
Joseph Henry (1797-1878)
William Herschel (1738-1822)
James Joule (1818-1889)
Lord Kelvin Calvin Thompson (1824-1907)
Johannes Kepler (1571-1630)
Carolus Linnaeus (1707-1778)
Joseph Lister (1827-1912)
David Macht (1882-1961)
Frank Marsh (1899-1992)
Matthew Maury (1806-1873)
James Clerk Maxwell (1831-1879)
Gregor Mendel (1822-1884)
Robert Millikan (1868-1953)
Samuel Morse (1791-1872)
Henry Morris (1918–2006)
Isaac Newton (1642-1727)
Blaise Pascal (1623-1662)
Louis Pasteur (1822-1895)
Antonio Snider-Pellegrini (1802-1885)
George McCready Price (1870-1963)
John Ray (1627-1705)
Lord Rayleigh John William Strutt (1842-1919)
William Ramsay (1852-1916)
Francesco Redi (1626-1697)
Bernhard Riemann (1826-1866)
Adam Sedgwick (1785–1873)
Benjamin Silliman (1779-1864)
James Simpson (1811-1870)
Lazzaro Spallanzani (1729-1799)
Nicolaus Steno (1638-1686)
A. E. Wilder-Smith (1915–1995)
William Whewell (1794–1866)
John Woodward (1665-1728)
Rudolph Virchow (1821-1902)

Source : http://creationwiki.org/fr/Scientifique_cr%C3%A9ationniste

Je peux t’assurer qu'ils sont en réalité des Milliers ! je t'invite à jeter un coup
d’œil à mes vidéos sur youtube que j'ai recueillis sur le web en allant sur
la chaine "saidadjoul" et tu comprendras que les scientifiques ne sont pas tous honnêtes. Je te conseille de les visionner sans préjugé et oublier totalement les religions sois juste sensé et honnête. Allez portes toi bien et sans rancune !
salut !
saidadjoul


13 février 2012, 22 H 33 - Pour le gérant de ce blog :
en plein dans le mille n'est-ce pas ? Le fait que
tu supprime mes commentaires dévoile ta face cachée de sataniste ! tu perds ton temps à vouloir endoctriner le publique il s'avère plus sensé et réfléchi que tu ne le pense ! Ce qui m'étonne c'est que tu es en train de te battre contre ton propre créateur tu ne te rends pas compte de la gravité de ce que tu fais c'est l'Enfer pour l'éternité qui t'attend ! Fais ce que tu veux Allah t'as créé libre de choisir!
saidadjoul

charles-darwin

 

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lundi 6 février 2012

nourrir les hommes - le rôle de l'eau

 

 

le rôle de l'eau dans la production alimentaire

 

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 ©  Michel Renard (reproductible avec mention de la source)

 

- un aspect, à la fois proprement agricole mais aussi géopolitique, dans la production des denrées alimentaires : la part qu'y prend l'eau.

 

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lundi 30 janvier 2012

littérature et société - Musset et George Sand

 

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littérature et société : le romantisme

Alfred de Musset et George Sand : Michel RENARD

 

L'année scolaire 2010-2011, une nouvelle "option" de la classe de Seconde, intitulée "Littérature et société" fut proposée aux élèves de lycée... et aux professeurs volontaires pour l'assurer.

Professeur d'Histoire, je m'y suis lancé, sensible à l'exaltation intellectuelle du romantisme pour lui-même et pour l'image qu'il donne du XIXe siècle. Les rapports entre l'histoire, telle que conçue dans dans les programmes scolaires, et le romantisme comme expression littéraire de cette époque me semblaient une source de curiosité pouvant susciter l'intérêt des élèves... comme il avait suscité le mien également.

Nous commençâmes par Musset et Sand. Lecture d'extraits de La confession d'un enfant du siècle de Musset et vision du film de Diane Kurys, Les enfants du siècle (1999), avec Juliette Binoche et Benoît Magimel. Film un peu surjoué par Binoche, Magimel et quelques autres mais présentant l'intérêt d'une tentative de restitution de l'atmosphère romantique, de ses libertés et de ses excès.

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L'étude du romantisme présente le double avantage d'une approche du XIXe siècle par-delà les implacables dynamiques économiques (révolution industrielle) ou bouleversements politiques (chute de l'Empire, 1830, 1848, Second Empire...), et d'un abord de la sémantique de l'émotion, des sentiments, de l'individualisme et des états d'âme qu'une jeunesse adolescente a un peu perdu d'appréhender dans ces temps de frustration et de violence des rapports entre filles et garçons. [mais il paraît que cette année, en "Littérature et société", on "étudie" le rap...!!]

Le film de Diane Kurys commence par une lecture de George Sand du livre de Musset, une fois leur histoire terminée (vingt mois...), La confession d'un enfant du siècle (1836). On entend Musset prononcer ces paroles : "Le monde était en ruines, et nous venions au monde. La guerre était finie, nous arrivions après la gloire, après l’idéal, il nous restait le désespoir pour seule religion et pour toutes passions et mépris.  Les femmes s’habillaient de blanc comme les fiancées, et nous les enfants du siècle, vêtus de noir comme les orphelins, nous les regardions, blasphème à la bouche et le cœur vide. J’allais dans ce désert, serré dans le manteau des égoïstes… quand soudain, je la rencontrai…"

J'ai cherché d'où provenaient ces mots. Mais je ne les trouvais pas dans La confession d'un enfant du siècle. Ni internet ni Google ne me renseignaient. On les indiquait comme des citations de Musset sans jamais fournir leur source. Agacé, j'ai fini par écrire au préfacier de la dernière édition du livre de Musset. (janvier 2012) Où donc Musset aurait-il écrit ces phrases ?

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Le professeur Frank Lestringant (université de Paris Sorbonne) me répondit immédiatement : "C'est tout simplement la substance du chap. II de la Confession, paraphrasée et résumée plutôt que citée. Sur le blanc et le noir, voir p. 69-70. Bien cordialement".

Voilà donc la vérité. Ce n'est pas une citation de Musset mais la reformulation condensée d'extraits de La confession d'un enfant du siècle. J'ajouterais même, aux évocations du chapitre II mentionnées par Frank Lestringant, les images du début de ce même chapitre, notamment cette fameuse phrase : "Alors il s'assit sur un monde en ruines une jeunesse soucieuse".

 

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On lit dans le chapitre II : "Mais il est certain que tout d'un coup, chose inouïe, dans tous les salons de Paris, les hommes passèrent d'un côté et les femmes de l'autre ; et ainsi, les unes vêtues de blanc comme des fiancées, les autres vêtus de noir comme des orphelins, ils commencèrent à se mesurer des yeux" (p. 69-70).

Je remercie le professeur Lestringant d'avoir apporté cette précision. Les recueils de citation sur internet - qui ne fournissent quasiment jamais les sources des propos retenus - pourront mettre à jour leur chapitre Musset. Quant à Diane Kurys, elle a fait du Musset - c'est son droit de créatrice de fiction même appuyée sur l'histoire - mais les propos ne sont pas de la plume de l'Enfant du siècle...

Michel Renard

 

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vendredi 30 décembre 2011

l'histoire démantelée en 1e S

 

 

Réforme du programme d'Histoire :

le nazisme en trois heures ?

Yannick LE GRUIEC


Deux ou trois heures pour étudier la guerre de 14-18, trois heures et trente minutes, contrôle compris, pour étudier la Seconde guerre mondiale... C'est désormais le temps dont disposent les professeurs d'Histoire-Géo pour faire ingurgiter ces deux grandes parties de notre passé aux lycéens. Retour sur cette réforme qui a tout changé avec l'enseignant Yannick Le Gruiec.


(Salle de classe - Mica - wikimedia - cc)
La réforme du lycée a entraîné la disparition de l’histoire-géographie des enseignements obligatoires en terminale S. Les élèves de première S suivent un nouveau programme qui est commun aux autres séries générales de L et ES. Les classes de première et de terminale étudiaient le monde contemporain du milieu du XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui. La même période a donc été condensée pour être étudiée en un an.

Pour justifier le temps réduit consacré à l’étude d’événements aussi fondamentaux que les guerres mondiales, la colonisation ou bien les régimes totalitaires, l’histoire contemporaine a été divisée en grandes rubriques fourre-tout (la «guerre», la «République», le «totalitarisme») qui regroupent des petits morceaux d’histoire.
Concrètement,  le thème intitulé «la guerre au XXe siècle» englobe comme supports d’étude les deux guerres mondiales, les organisations internationales nées à la suite de ces deux conflits (SDN et ONU), la guerre froide et différents conflits depuis 1990. Il est conseillé officiellement de consacrer au maximum 17 heures pour l’ensemble du thème.
Certes, chaque « support d’étude » est problématisé, par exemple, la Première Guerre mondiale est abordée sous l’angle de l’expérience combattante dans une guerre totale mais, au final, les élèves ont bénéficié de deux-trois heures pour étudier 1914-1918. Avec un peu de bonne volonté de la part de leur professeur, un tout petit plus pour la Seconde Guerre mondiale : Trois heures et trente minutes ; contrôle compris.


Vichy a donc disparu du lycée pour les élèves français

«La genèse et l’affirmation des régimes totalitaires (soviétique, fasciste et nazi)» peuvent être abordées en deux-trois  heures !  L’étude de la France pendant la Seconde Guerre mondiale (deux-trois heures, c’est en gros toujours le même tarif) est problématisée ainsi : «Les combats de la Résistance (contre l’occupant nazi et le régime de Vichy) et la refondation républicaine».
Les documents officiels pour guider les professeurs précisent qu’il «convient de rappeler les principes de ce régime [Vichy] et de sa politique». En effet, cela se limitera à un rappel d’un quart d’heure. Vichy a donc disparu du lycée pour les élèves français.  Quant à la Commune elle passe à la trappe. Mai 68 et mai 1981 aussi, car l’histoire de France s’achève… en 1962. Pour la majorité des élèves de la section S, elle n’ira pas plus loin.  

La chronologie a été largement abandonnée car ces thèmes rassemblent des «questions» très distinctes (par exemple le 11 septembre 2001 est rangé dans le même thème que la Première Guerre mondiale). Le professeur qui suit les thèmes dans l’ordre proposé (et c’est difficile de faire autrement) abordera en premier le génocide des populations juives pendant la Seconde Guerre mondiale (thème : la guerre), un peu plus tard le régime nazi (thème : le totalitarisme), puis encore plus tard l’affaire Dreyfus (thème : la République).
Le flashback comme outil méthodologique. Bonne chance à tous les élèves pour bien comprendre les causes de l’extermination des Juifs européens. Une dernière remarque en ce qui concerne la géographie. Les élèves en S n’aborderont pas dans leur cursus au lycée ni la mondialisation, ni l’Asie de l’Est. Par contre, ils auront étudié leur ville, leur région, et l’Union européenne.

Les élèves de S vont continuer à fournir le vivier des élites françaises ; grâce au nouveau programme, celles-ci seront pleinement éclairées sur les enjeux du monde contemporain. Mais, après tout, les élites actuelles avaient bénéficié d’un programme un peu plus cohérent, pour le résultat que nous connaissons.

Jeudi 29 Décembre 2011
Yannick Le Gruiec - Tribune

http://www.marianne2.fr/Reforme-du-programme-d-Histoire-le-nazisme-en-trois-heures_a213856.html?preaction=nl&id=2935077&idnl=26570& 

 

petain

 

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dimanche 13 novembre 2011

...et la France ? n'est-elle plus un "territoire" de proximité ?

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Mais où est donc passée la France ?

Rémy KNAFOU


Mis en oeuvre à partir de cette rentrée scolaire [2011], les nouveaux programmes de géographie de la classe de 1re ont été publiés dans l'indifférence générale, alors même qu'il s'agit d'un enjeu d'importance majeure pour la formation des jeunes Français et l'idée que nous pouvons nous faire de la France, de la République, de son territoire et de la société qui l'habite. On sait pourtant, ou on devrait le savoir, que l'enseignement de l'histoire et la géographie de la France a joué et joue encore un rôle important dans la manière dont se forge notre identité nationale.

Une identité ouverte, évolutive mais qui ne doit pas pour autant dépendre de l'air du temps interprété par un quarteron d'inspecteurs généraux de l'éducation nationale peu ou mal encadrés par ceux dont la responsabilité est de veiller à l'adéquation entre le contenu des programmes scolaires et l'idée qu'une collectivité souhaite se faire d'elle-même.

La «géographie de la France» n'est plus depuis longtemps celle d'un espace dont le mont Blanc est le point culminant et où la Loire prend sa source au mont Gerbier des Joncs, mais l'analyse raisonnée d'un territoire national produit, entretenu et renouvelé par une société qui elle-même s'est densifiée et transformée.

Autrement dit, la géographie de la France ne peut prétendre être uniquement un savoir positif et objectif ; elle est aussi pour partie - mais une partie politiquement déterminante - une idée que nous souhaitons collectivement proposer à nous-mêmes et aux jeunes que nous avons la charge de former.

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Or, à lire les nouveaux programmes de géographie de 1re, on reste pantois devant l'élision du niveau national : l'entité «France», celle de la République française, a purement et simplement disparu au profit de deux autres niveaux : le niveau européen, d'un côté, et celui des territoires qui composent la France, de l'autre, la part belle étant faite aux «territoires de proximité».

Il est permis de penser que la France ne se résume pas uniquement à l'addition ou à la juxtaposition des territoires qui la composent et que si, effectivement, on peut observer un recul du niveau national - l'État lui-même ayant transféré plusieurs de ses compétences ou prérogatives à des niveaux inférieurs ou à celui de l'Union européenne -, ce niveau existe toujours et constitue une partie importante du ciment qui lie une société. Le constat mérite d'être fait sans qu'on passe automatiquement pour un souverainiste.

À tout le moins, cet effacement aurait mérité un véritable débat politique et démocratique, car assurément, la question de l'identité nationale appelait une réflexion collective et non un médiocre travail d'experts sans vision générale et enfermés dans des enjeux disciplinaires de nature secondaire.

Quant à la consultation des enseignants qui a suivi, faite dans des délais anormalement limités, elle n'a été qu'un simulacre, ce qui en dit long sur l'idée que ceux qui nous gouvernent se font des professeurs : des intermédiaires, sortes d'opérateurs-relais, chargés de faire passer une vision très discutable de la géographie comme de l'histoire, et non des intellectuels pouvant avoir l'ambition de penser leur discipline, au contact qu'ils sont de la réalité sociale que constituent les élèves d'aujourd'hui et leurs familles.

Au-delà de la question de l'infaisabilité du nouveau programme d'histoire, cette indifférence de la hiérarchie au considérable potentiel que constitue le corps des professeurs d'histoire-géographie est probablement pour beaucoup dans le malaise qui alimente une fronde montante contre une réforme certes ambitieuse, mais mal pensée, sans appréciation des enjeux réels, et conduite avec une précipitation excessive.

On peut défendre l'idée qu'il est nullement incompatible de se sentir européen, de vivre dans des régions bien vivantes, de s'intéresser à son ou ses territoires de proximité et de penser que le niveau national signifie encore quelque chose, ne serait-ce qu'une certaine manière de vivre ensemble, qui ne ressemble pas tout à fait à celle des Allemands, des Britanniques, des Espagnols ou des Luxembourgeois.

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Et que ce vivre-ensemble ne peut se résumer au seul portage de la dette publique accumulée par un État de plus en plus empêtré dans ses contradictions et impuissant au point de payer des fonctionnaires littéralement irresponsables pour rédiger en toute bonne conscience l'acte de décès par omission de l'entité nationale.

Bref, ce nouveau programme de géographie de la classe de 1re est très représentatif d'une certaine désorientation collective et exemplaire de tout ce qu'il ne faut pas faire : une carence préoccupante d'interrogation sur l'objectif fondamental de formation des citoyens ; une absence inquiétante de mise en débat d'une question aussi importante ; une prise de pouvoir de la discipline au détriment de l'intérêt de la formation des jeunes : s'il est normal que les programmes scolaires s'appuient sur les avancées de la science, ils ne doivent pas pour autant devenir des béquilles pour les disciplines en mal d'affirmation.

Si l'école n'enseigne pas l'idée républicaine en lien avec un territoire, une société et son histoire, qui le fera ? La France est-elle devenue un niveau si obsolète que l'Éducation nationale en arrive à le passer par pertes et profits ? On ne peut que souhaiter que les politiques se saisissent, même tardivement, d'un enjeu au moins aussi important que la plupart des questions qui agitent la scène politique française depuis plusieurs mois. Mais il s'agit, il est vrai, d'un enjeu de long terme et l'on sait que la France contemporaine éprouve une difficulté croissante à se penser positivement dans la longue durée.

En cédant, en histoire à la tyrannie contemporaine de la mémoire et en géographie à la démagogie territoriale de la quotidienneté et de la proximité qui conduit à consacrer chaque individu comme centre du monde, les nouveaux programmes de la classe de 1re illustrent cruellement l'impuissance de nos «experts» à penser cette version française de la démocratie que l'on appelle République.

Rémy Knafou
professeur émérite de géographie à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne
Le Monde
, 5 octobre 2011

 

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samedi 12 novembre 2011

1 000 milliards de dollars d'aide à l’Afrique... Pour quel résultat ?

 Dambisa-Moyo

 

 

l'aide à l'Afrique est un échec

 Dambisa MOYO

 

Dans L’aide fatale, dont la traduction française est parue le 16 septembre 2009 aux éditions J.C. Lattès, un livre provocateur et implacablement documenté, Dambisa Moyo développe l’idée que l’aide à l’Afrique est en partie responsable des problèmes de développement du continent.

Elle affirme que l’assistance financière a été et continue d’être pour une grande partie du monde en développement un total désastre sur le plan économique, politique et humanitaire. Entre 1970 et 1988, quand le flux de l’aide à l’Afrique était à son maximum, le taux de pauvreté des populations s’est accru de façon stupéfiante : il est passé de 11% à 66%. Pourquoi ?

Adressée directement aux gouvernements, l’aide est facile à subtiliser, elle encourage la corruption à grande échelle et fragilise le pouvoir, objet des plus vives convoitises. Plus grave encore, l’aide sape l’épargne, les investissements locaux, la mise en place d’un vrai système bancaire et l’esprit d’entreprise. Dambisa Moyo propose une série de mesures souvent assez radicales pour sortir de cette spirale. On comprend pourquoi son livre a suscité de si vives réactions et débats au Nord comme au Sud et au cœur des institutions financières nationales et internationales.

Dambisa Moyo, diplômée en économie de Harvard et d’Oxford, a travaillé à la Banque mondiale et chez Goldman Sachs. Le site "la tribune.fr" a interviewé cette scientifique d’origine zambienne classée par le magazine Time parmi les cent personnalités les plus influentes du monde en 2008. Nous reproduisons ici cet interview. [l'Observatoire du Sahara et du Sahel]

 

Dans votre livre, vous défendez l’idée que l'aide à l'Afrique est en partie responsable des problèmes de développement. Pourtant, le plan Marshall a été très efficace pour relever l’Europe de la Seconde guerre mondiale...

Le plan Marshall était différent de l’aide accordée depuis près de cinq décennies à l’Afrique. Ce plan de 100 milliards de dollars était très ciblé et portait sur une période de cinq ans. En Afrique, il n’est pas question de sortir de l’aide qui est perçue comme une ressource permanente par les Etats récipiendaires. Cela permet à de nombreux gouvernements africains d’abdiquer leurs responsabilités puisqu’ils savent que d’autres financeront l’éducation, la santé ou les infrastructures nécessaires au décollage économique de leur pays.

 

Pourquoi l’aide ne marche pas ?

Au cours des cinquante dernières années, les pays riches ont déversé 1 000 milliards de dollars d'aide à l’Afrique. Pour quel résultat ? La croissance est moins forte et la pauvreté n’a cessé de grimper. Aujourd’hui, plus des deux tiers des Africains vivent avec moins d’un dollar par jour. L’aide des grands bailleurs de fonds, qu’il s’agisse de la Banque mondiale, des agences de développement ou encore de l’aide bilatérale, nourrit la corruption, alimente l’inflation, mine les services publics.

Aux États-Unis, un slogan affirme qu’il ne peut pas y avoir d’impôts sans représentation. En Afrique, c’est l'inverse. Les populations ne sont pas représentées car elles ne payent pas d’impôt. Nicolas Sarkozy se soucie de savoir ce que les Français veulent car il sait que l’action de gouvernement dépend de sa capacité à lever l’impôt. Les pays africains dépendant de l’aide n’ont pas à s’inquiéter de ce que souhaite véritablement la population puisque leurs ressources dépendent d’impôts levés à l’étranger.

 

Selon vous, la démocratie n’est pas indispensable au décollage économique, un dictateur éclairé serait parfois préférable...

Les parcours de la Chine, de Singapour ou encore du Chili illustrent le fait que la démocratie n’est pas un préalable au développement économique. Pas question pour moi de faire l’apologie de la dictature ou des régimes autoritaires. Mais la démocratie est un régime politique qui ne peut que se développer qu’avec l'émergence d’une classe moyenne en position de demander des comptes au pouvoir. Les pays occidentaux ont d’ailleurs pris acte de l’échec de la démocratie dans de nombreux pays africains. Au Kenya ou au Zimbabwe, la communauté internationale s’est efforcée de rapprocher la majorité et l’opposition pour qu’ils exercent le pouvoir ensemble. Il n’y a plus aujourd'hui d’opposition au Zimbabwe.

 

Que faire ?

L’aide des pays riches n’a jamais permis de sortir un pays de la pauvreté. Elle est un obstacle au développement car elle constitue une rente au même titre que le pétrole ou d’autres matières premières. C’est une incitation à ne rien faire pour améliorer l’environnement économique. Regardez le rapport annuel de la Banque Mondiale, ‘‘Doing Busines’’. Année après année, il montre que c’est en Afrique que l’environnement des affaires est le plus compliqué. Aussi longtemps que ces pays recevront de l’aide, ils n’ont aucune incitation à mettre en œuvre les réformes nécessaires.

 

Ne peut-on pas expliquer les difficultés du continent par la période coloniale ?

Combien de temps faudra-t-il attendre pour ne plus recourir à cette explication ? Cent ans ? Cela n’a rien à voir. La Chine, l’Inde, l’Indonésie ont été colonisés. Cela ne les empêche pas de se développer rapidement aujourd’hui.

 

Si l’aide est un échec, pourquoi les pays riches continuent de déverser autant d’argent en Afrique ?

Il faut souligner le poids des valeurs religieuses imprégnant le champ politique. Il y a comme un impératif moral pour les pays riches à aider les pays pauvres. Or, c’est une erreur de penser que le seul moyen d’aider l’Afrique est de l’assister financièrement. Les économies africaines tireraient un bien meilleur avantage d’une ouverture du marché européen à ses produits, notamment agricoles. Mais pour cela, il faudrait revoir la politique agricole commune (Pac) ; ce qui aurait pour conséquence de mettre les agriculteurs dans la rue et un grand nombre d’entre eux au chômage.

 

Que proposez-vous ?

Nous disposons de trois siècles d’expérience en matière de développement économique. Nous savons désormais ce qui marche et ce qui ne marche pas. La question qui se pose aujourd’hui est comment pousser les gouvernements africains à mettre en place les bonnes politiques. Il faut donc les préparer à la fin de l’aide. Les pays riches pourraient leur proposer un doublement de l’aide pendant dix ans avant d’y mettre un terme. Cela serait plus efficace que la perspective d’une aide permanente.

 

La Chine est de plus en plus présente en Afrique. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ?

Elle n’est pas en Afrique par charité mais pour y faire des affaires. Les Chinois ne donnent pas leur argent sans retour. Ils y sont pour les ressources naturelles qu’il s'agisse du pétrole, du cuivre ou des terres arables. Mais les investissements chinois se diversifient très rapidement vers d’autres secteurs comme la banque. Les Africains ont besoin de travail. Est-ce que l’aide des pays riches a permis de créer les emplois dont les jeunes en particulier ont besoin ? La réponse est clairement non ! Les entreprises chinoises viennent parfois avec leurs propres salariés, mais elles ont contribué à créer de nombreux emplois. Une enquête réalisée par l’Institut Pew dans dix pays africains révèle que la Chine dispose d’une très bonne image en Afrique. Au Sénégal et au Kenya, par exemple, neuf personnes sur dix estiment qu’elle a une influence positive sur leur économie.

 

L’aide fatale, de Dambisa Moyo, éditions JC Lattès, Paris, septembre 2009, 280 pages.

Source : latribune.fr

http://www.oss-online.org/index.php?option=com_content&task=view&id=947&Itemid=664

 

9782709633604FS

 

___________________________________________

 

commentaires sur le livre

 

- http://www.unmondelibre.org/Vuillemey_Moyo_aide_FR_240909

- une critique politique de Dambisa Moyo : http://enjodi.blog.lemonde.fr/2009/08/24/aide-a-lafrique-moins-de-dambisa-plus-daminata/

 

 

 

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samedi 22 octobre 2011

"devoir de mémoire" ? avec M. Degraix et M. Renard

Affiche-LOSCAMINOS

 

"devoir de mémoire" (France)

ou "récupération de la mémoire" (Espagne) ?

un débat au cinéma de Rive-de-Gier, 20 octobre 2011

 

Le Progrès 22 oct 2011
cliquer sur l'image pour l'agrandir et lire l'article
(de gauche à droite : Michel Renard, Ginette Mouin, Jean-Luc Degraix)

- compte rendu du débat de jeudi dernier au cinéma de Rive-de-Gier à propos du film sur l'Espagne, "Les chemins de la mémoire", dans le journal Le Progrès de ce 22 octobre 2011, avec la participation de deux professeurs du lycée : Jean-Luc Degraix et Michel Renard.

- site du film "Les Chemins de la mémoire"

 

Éléments des interventions de Michel Renard

Le film, au regard du thème de la mémoire, n'est pas comparable à la situation française. En France, la notion de "devoir de mémoire" se répand largement à partir des années 1980. En Espagne, à la mort de Franco en 1975, la problématique est inverse et fondée sur le "pacte d'oubli". On décide de ne pas évoquer le passé pour rendre possible la démocratie, la coexistence politique d'anciens franquistes et de partisans du passé républicain.


De 1975 à 1995, l'Espagne développe une politique de réconciliation, avec le vote de lois diverses. De 1995 à 2004, naît et croît une vague mémorielle avec la création de l'Association pour la récupération de la mémoire historique qui milite activement pour l'ouverture des fosses et l'exhumation des corps. Depuis 2004, et l'élection du socialiste Zapatero, petit-fils d'un capitaine de l'armée assassiné par ses pairs, une nouvelle politique mémorielle est impulsée avec la longue élaboration et le vote de la loi de décembre 2007.


En France, le "devoir de mémoire" repose sur un consensus, notamment la condamnation de la persécution des juifs sous l'Occupation. En Espagne, la "récupération de la mémoire historique" fait largement débat et  même contestation.
Avec le "devoir de mémoire", on envisageait d'abord de rendre vérité et hommage aux victimes, puis on passe à l'idée de corriger la souffrance individuelle des descendants par la réparation matérielle.

***

Pourquoi cette émergence mémorielle en Espagne à partir des années 1990 ? On peut discerner trois causes :

1) un effet de génération avec la disparition de la plupart des témoins de la guerre civile ;

2) l'arrivée à l'âge adulte des petits-enfants (ex. Zapatero) des victimes de la guerre civile ; (l'effet "troisième génération" avait déjà été observé pour la mémoire des massacres d'Arméniens) ;

3) la levée de la crainte d'une résurgence d'un conflit armé en Espagne.

D'une manière plus générale, on relève une temporalité parallèle du phénomène mémoriel dans plusieurs pays, aux États-Unis, en France et en Espagne.

Aux États-Unis, dès 1988, on avait assisté à une politique de dédommagements des citoyens américains d'origine japonaise emprisonnés arbitrairement à partir de 1941. Puis, dans les années 1996-1998, se développèrent les class actions (plaintes collectives) contre les banques suisses pour indemniser les victimes ou descendants de victimes de l'Holocauste.

Le point commun de ces attitudes mémorielles ? C'est non seulement l'idée d'établir une vérité sur un passé conflictuel mais surtout l'idée d'obtenir une réparation matérielle. On passe du droit pénal au droit civil. Il s'agit d'un nouveau régime d'historicité. Le passé considéré comme indépassable et pensé d'abord en termes politiques (avec un jugement pénal du genre Tribunal de Nuremberg) est désormais conçu comme un passé à repenser juridiquement dans les termes du droit individuel même si les responsables ont disparu.

C'est l'idée qu'une société ne peut vivre démocratiquement de manière pacifiée que si ses traumatismes historiques donnent lieu à une compensation des victimes ou descendants de victimes. C'est "refuser que le temps consacre l'injustice" (Antoine Garapon, Peut-on réparer l'histoire ? éd. Odile Jacob, 2008, p. 65).

Mais, en Espagne, il a d'abord fallu passer par la restitution, la "récupération" d'un passé nié pendant 40 ans de dictature franquiste.

***

La caractéristique du film documentaire, Les chemins de la mémoire, est de n'évoquer que les victimes du franquisme - il est vrai plus nombreuses que les victimes du républicanisme durant la guerre civile. Les morts dus aux nationalistes puis au régime franquiste après la victoire de 1939 sont plus importantes en nombre, pour deux raisons.
D'abord parce que les territoires conquis dès 1936 puis jusqu'en 1939 furent plus étendus et que la répression s'y exerça sans mesure. Ensuite, parce que Franco ne fit pas la paix en 1939 et sa vengeance s'exerça pendant de longues années dans le cadre des tribunaux militaires (Auditorias de Guerra). Il y eut jusqu'à 270 000 prisonniers politiques en décembre 1939, et encore 112 000 trois ans plus tard. En 1944, on en comptait presque 50 000 et il fallut attendre 1950 pour que le chiffre descende sous les 30 000.

 

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Ceci dit, il y eut aussi une répression républicaine aveugle, de 1936 à 1939, contre les supposés nationalistes  (tous ne l'étaient pas forcément...) et à l'intérieur même de la Gauche. Et le film a choisi de ne pas en parler. À l'image du livre Les fosses du franquisme d'Emilio Silva et de Santiago Macías (éd. Calmann-Lévy, 2006).

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Mais alors, le film n'est effectivement qu'une vision des chemins d'une mémoire. Et oublie l'autre mémoire. On dira que l'autre a été largement célébrée pendant 40 ans. Cest vrai. La mémoire des victimes du franquisme pourrait cependant s'écrire au pluriel. Car les opposants au national-catholicisme de Franco ont eu aussi leurs propres divisions et se sont massacrés entre eux.

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Sans oublier que certains furent aussi sauvés par des nationalistes, des phalangistes... comme le faisait remarquer une participante à la soirée en évoquant le cas de son propre père sauvé d'une arrestation par le message d'un phalangiste qui l'avertit la veille au soir. Ou que certains républicains sauvèrent des phalangistes. Comme on le voit dans le roman Les soldats de Salamine de Javier Cercas (2002).

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Mémoire, histoire, quel rapport entre les deux ? J'écoute la mémoire, je réfléchis avec l'histoire.

Michel Renard
professeur d'histoire

 

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