mercredi 19 décembre 2012

calendrier maya (CNRS)

CarteAH_Mayas
les grands sites mayas

 

 

les Mayas,

le calendrier et le 21 décembre 2012

 

http://www.youtube.com/watch?v=vOQ1uiqjVPc

 

Photo0849

 

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Le Point.fr - Publié le 20/12/2012 à 16:36 - Modifié le 20/12/2012 à 16:39

 

Décompte arithmétique des jours, art de la prophétie... Décryptage d'un usage du temps bien différent du nôtre.

par

Jamais les anciens Mayas n'ont annoncé que la fin du monde aurait lieu le 21 ou le 23 décembre 2012. Cette date n'apparaît dans aucun des trois livres autochtones qui nous sont parvenus et dont on situe la confection entre le XIIe et le XVe siècle (les codex de Dresde, Paris et Madrid, du nom des villes où ils sont aujourd'hui conservés). Pourtant, leur contenu montre qu'ils ont dû largement servir à prophétiser l'avenir, et la dernière page du codex de Dresde semble même représenter un déluge détruisant le monde. Cette apocalypse n'a toutefois rien à voir avec 2012. Par ailleurs, sur les milliers d'inscriptions de la période classique (300-900 apr. J.-C.) connues à ce jour, qu'elles soient sculptées sur pierre ou stuc ou bien peintes, la date en question n'apparaît qu'une seule et unique fois. Il s'agit du "monument" 6 de Tortuguero, un site modeste, aujourd'hui presque totalement détruit, situé à l'ouest de Palenque et dont l'histoire fut liée à ce grand centre.

La partie principale de la sculpture originale était une grande dalle verticale entièrement couverte d'une inscription évoquant divers épisodes de la vie d'un souverain local de la seconde moitié du VIIe siècle. De part et d'autre du sommet de cette dalle, deux petits panneaux, également couverts de glyphes, formaient un ensemble en T : l'un de ces panneaux latéraux est perdu et l'autre a été volé, mais on en possède une photographie. Et c'est justement là, sur ce dernier fragment, que l'achèvement du 13e bak'tun marquant la fin d'un grand cycle est mentionné, une mention immédiatement suivie, notons-le, du nom du nouveau cycle de bak'tun qui doit lui succéder. Le texte dit simplement : "Il adviendra le bak'tun 4 Ahaw 3 K'ank'in [en remplacement du bak'tun 4 Ahaw 8 Kumk'u]." Même si les ultimes glyphes du texte sont illisibles ou obscurs, absolument rien n'indique qu'ils se référeraient à une quelconque fin du monde. Il s'agit de la fin d'un cycle, qui n'a rien à voir avec la fin des temps !

Deux calendriers cycliques

Les anciens Mayas, comme les autres peuples de la Méso-Amérique, utilisaient couramment, c'est-à-dire en particulier dans la vie quotidienne, et de façon parallèle deux calendriers distincts. Au premier des deux, probablement le plus ancien (en usage dès 500 av. J.-C. au moins), on donne généralement le nom yucatèque (l'une des langues mayas) de tzolk'in, qui signifie "mettre en ordre les jours", mais aussi " interpréter [l'ordre] des jours". Le fait est que ce calendrier fut jadis, et est demeuré jusqu'à nos jours dans certaines communautés des Hautes Terres du Guatemala, la base la plus souvent usitée pour prédire ce qui pouvait advenir, une tâche traditionnellement assumée par des spécialistes dénommés les "gardiens des jours". Ce calendrier comprend 260 jours : un total qui résulte de la combinaison des chiffres de 1 à 13 avec 20 noms de jours, noms dont la signification n'est pas toujours claire, mais qui incluent ceux de plusieurs animaux (serpent, cerf, chien, singe, jaguar, oiseau...) ainsi que d'entités naturelles, favorables ou néfastes (nuit, maïs, mort, couteau, éclair...). La qualité de chaque jour semble dépendre moins de chacun des deux éléments composant son nom complet que de la combinaison des deux.

Parallèlement au tzolk'in, on sait que les Mayas connaissaient aussi l'année solaire (ha'b), qu'ils divisaient en 18 mois de 20 jours, soit 360, auxquels s'ajoutaient, à la fin du cycle, 5 jours sans nom et potentiellement dangereux. Dans l'année solaire, chaque jour est désigné par le nom du mois auquel il appartient accompagné des chiffres de 1 à 19, le dernier jour d'un mois étant qualifié de "fondateur" du mois suivant.
Chez les Mayas (comme chez les Aztèques), chaque jour recevait son appellation conjointement dans l'un et l'autre calendrier, si bien que tout jour, du fait de sa double désignation dans ces systèmes de durée inégale, se répétait au bout de 18 980 jours (le plus petit commun multiple de 260 et 365), soit 52 années de 365 jours, ou encore 73 cycles de 260 jours.
On sait qu'à la veille de la conquête espagnole les Aztèques attribuaient à ces recommencements de cycles combinés une importance sans égale puisque, pour eux, à chaque fois, le Soleil était susceptible d'arrêter sa course, c'est-à-dire de ne pas se lever le jour suivant, risquant d'entraîner du même coup la disparition de la vie sur Terre. Chez les Mayas, en revanche, ce "siècle" de 52 ans ne faisait apparemment pas l'objet d'une attention et encore moins d'une vénération particulières. Cela ne signifiait pas pour autant qu'ils se désintéressaient des fins de période, bien au contraire.

Le compte long : un temps linéaire

Au cours du dernier millénaire avant notre ère, il y a 2 500 ans au moins, peut-être d'abord chez les voisins occidentaux des Mayas, les Mixe-Zoques, puis en pays maya lui-même, on inventa et on commença à utiliser un autre compte du temps que les chercheurs ont appelé le "compte long". Son existence avait été repérée par plusieurs spécialistes dès la fin du XIXe siècle, à la fois dans le codex de Dresde et, surtout, en tête d'innombrables inscriptions de l'époque classique, sous la forme de cinq unités distinctes, affectées de chiffres qui ne dépassent jamais 20, et disposées en colonne sous un glyphe dit "introducteur".
La plus petite unité, située en bas de la série graphique, est évidemment le jour (k'in, qui signifie aussi "soleil" et renvoie, de façon plus abstraite, au temps en général). À l'échelon supérieur se trouve le mois, de 20 jours (winal). L'unité suivante, dans l'ordre croissant, est connue sous le nom de tun, un mot signifiant aussi "pierre" (qui n'était d'ailleurs pas celui utilisé au Classique). L'année, puisque c'est d'elle qu'il s'agit, a, dans ce système, une durée de 18 mois, soit 360 jours, le multiple de 20 qui s'approche le plus des 365 jours de l'année solaire. Dans le compte long, le tun est un pivot : il englobe deux unités plus petites (le jour et le mois) et s'inscrit dans deux autres plus grandes. De fait, au-dessus du tun vient le k'atun, soit 20 tun.

Selon David Stuart, l'étymologie du terme (k'altuun "attacher la pierre") renverrait à un rituel consistant probablement à attacher - ou à envelopper -, lors d'une fin de période, les pierres - ou les stèles - représentant la période. Au-dessus du k'atun, la dernière et la plus large des unités du système du compte long est le bak'tun ou 20 k'atun (et donc 400 ans). Selon ce compte long, qui apparaît essentiellement dans toutes les inscriptions officielles du Classique des Basses Terres du Sud, concrètement de 292 à 909 apr. J.-C., toute date représente un temps écoulé depuis un point temporel d'origine.
Une fois la logique du système décryptée se posait donc la question de la correspondance entre le compte long maya et notre propre calendrier. Après plusieurs conjectures, il fut établi que la date d'origine du compte long - d'une certaine façon comparable à celle de la naissance du Christ dans le calendrier grégorien et jouant, en tout cas, le même rôle - devait être le 11 août 3114 av. J.-C. Même si certains spécialistes expriment encore quelques doutes sur l'équivalence retenue, il n'y a pas à ce jour d'autre proposition solide.

Que se passe-t-il en 2012 ?

Enregistrer des événements de façon consécutive et à partir d'une date origine, cela paraît indiquer une adhésion à une certaine conception du temps linéaire, et on a beaucoup insisté sur cette apparente spécificité de la pensée maya, qui contrasterait avec le modèle adopté par les peuples du reste de la Méso-Amérique, chez qui la cyclicité domine : ainsi, les Aztèques pour qui, chaque 52 ans, le monde recommençait.
Toutefois, il ne faut pas aller trop loin. L'enregistrement des événements "le long" d'une échelle temporelle qui possède un point de départ implique, certes, une part de linéarité ; mais, dans un système à unités temporelles emboîtées comme celui du compte long - voire notre propre calendrier -, il existe au minimum des fins de période qui suscitent intérêt, interrogations, voire angoisses.
En réalité, l'idée de la cyclicité n'était pas du tout absente du compte long : le cycle de 13 bak'tun qui a débuté en 3114 av. J.-C. s'achèvera bien en décembre 2012, laissant la place au cycle de bak'tun suivant. Et, puisque rien ne permet de croire qu'aux yeux des Mayas le monde devrait disparaître lors de cette transition, il est assez vraisemblable qu'ils envisageaient le cycle de bak'tun prochain, d'une certaine façon comme un décalque de celui qui s'achève.

La meilleure preuve de la permanence d'une vision cyclique du temps chez les Mayas apparaît au sein même du compte long. Chaque période de 20 ans (k'atun) est appelée par le nom du jour dans le tzolk'in par lequel elle s'achève, et c'est toujours le même, Ahaw, autrement dit "seigneur", "roi", ce jour régnant peut-être sur la période de 20 ans à la manière dont les rois régnaient sur leurs sujets.
Or, comme dans le tzolk'in, les chiffres vont seulement de 1 à 13, il n'y a en fait que 13 noms complets possibles de k'atun. Après quoi, les noms de k'atun reprennent une nouvelle séquence identique. La roue des k'atun (13 fois 20 tun) recommence donc en permanence et cette répétition infinie fut à la base d'une longue tradition de prédictions censées s'appuyer sur la connaissance du passé. Avant même que le compte long cesse d'être utilisé dans les Basses Terres centrales (autour de 900, semble-t-il, au moment de la fin des royautés sacrées), les populations des Basses Terres du Nord avaient adopté comme calendrier (au VIIe siècle) le cycle des 13 k'atun, auquel on donna, par symétrie, le nom de "compte court".
Ce cycle s'imposa ensuite. C'est aux prophéties qu'il permettait que sont consacrées les premières pages du codex de Paris. Il faut donc le reconnaître, la pensée maya du temps conduit à réfléchir sur les modèles cyclique et linéaire et leur opposition supposée radicale... Par ailleurs, si les Mayas ont accordé un grand intérêt aux périodes courtes (les 260 jours du tzolk'in, les 360 du tun, les 7 200 du k'atun ainsi que la roue des k'atun), on doit constater qu'ils furent aussi capables d'imaginer des cycles et des temps a priori inconcevables. Fut-ce un pur jeu numérologique ? En tout cas, un jeu sérieux et époustouflant pour l'époque, estime David Stuart.

La création du monde

À l'instar d'autres peuples de Méso-Amérique, les Mayas croyaient certainement que le monde n'était pas apparu d'un coup, mais qu'il était passé par plusieurs étapes de création et de destruction. Toutefois, dans l'ensemble de la documentation les concernant, il n'y a aucun écrit, aucune image qui offrent une vision des origines aussi détaillée et complexe que ce qui nous a été transmis pour le haut plateau mexicain du XVIe siècle. Pour les Mayas, nous possédons néanmoins le Popol Vuh - la version qu'on en a ne fut transcrite par un religieux, le dominicain Francisco Ximénez, qu'en 1704 -, qui présente probablement le mythe cosmogonique le plus complet conservé.

Il évoque deux humanités avant l'actuelle, celle des hommes de boue et celle des hommes de bois, les deux anéanties parce que dénuées de raison et incapables de rendre aux dieux les hommages que leur bienveillance impose en retour ; et le texte se poursuit avec la geste des deux paires de héros qui sont responsables de l'avènement du monde présent. Bien que reprenant certainement des éléments de mythes anciens, le récit témoigne d'une époque, le XVIe siècle, et d'un groupe donné, les K'iche', qui dominaient alors une grande partie des Hautes Terres du Guatemala.
Dans quelques inscriptions du Classique ou sur des vases polychromes à scènes figurées, d'autres fragments de mythes de création apparaissent. Aucun document, littéraire ou iconographique, en revanche, ne semble parler de la fin des temps ou de la fin du monde. Il n'y a notamment pas, chez les Mayas, d'équivalent du 5e soleil aztèque dont l'anéantissement était annoncé et bien fixé dans le temps.

Chiffres et prophéties

L'existence de cycles dans l'organisation des calendriers et, partant, la reconnaissance de la nature cyclique du temps furent, on l'a vu, une constante chez les Mayas. Le paradigme lié à la cyclicité est évidemment celui de la répétition des événements d'un cycle à l'autre, porte ouverte à l'art de la prophétie. Les Mayas s'y sont probablement toujours adonnés, encore que très peu d'inscriptions du Classique en témoignent. À l'inverse, au Postclassique (950-1520) et jusque bien avant dans l'époque coloniale, les textes prédictifs abondent. Tel est le cas en particulier du codex de Madrid qui est, en fait, un almanach de l'année de 260 jours où à chaque jour une prédiction est associée. Dans une veine assez comparable, on peut situer plusieurs des textes connus sous l'appellation Chilam Balam.

Là, en effet, on trouve des listes d'événements du passé enregistrés, k'atun (20 ans) après k'atun, ce qui permet de prophétiser ce qui adviendra dans tout ka'tun à venir du même nom. Mais, pour les Mayas, le futur prophétisé sur la base d'une connaissance du passé ne s'inscrivait malgré tout pas, semble-t-il, dans une stricte fatalité. D'une part, des rites - propitiatoires - pouvaient être effectués pour modifier, d'une façon ou d'une autre, le cours de choses ; d'autre part, prophétiser, c'est toujours chercher à dominer le temps et le monde. Dans le passé cosmogonique maya seule avait compté la volonté des dieux. Dans l'avenir, pourtant écrit par le passé, les hommes avaient certainement un mot à dire.

Une conscience historique ?

La découverte, dans les années 1980, du sens historico-politique d'un grand nombre d'inscriptions du Classique, évoquant par exemple des intronisations, des guerres, des mariages, a conduit alors bien des spécialistes à considérer que les Mayas de cette époque, parce qu'ils étaient organisés en cités-États gouvernées par des dynasties de rois sacrés et qu'ils utilisaient un calendrier d'allure apparemment aussi linéaire que le nôtre, avaient acquis une conscience du temps historique et écrit des fragments de leur propre histoire. Mais cette façon d'envisager les textes que nous ont laissés les Mayas classiques est sans doute excessive.
Il faut noter d'abord que les événements qui sont consignés dans les inscriptions sont soit contemporains, soit très proches temporellement du moment où elles ont été exécutées (ainsi, un souverain parle de son père). Les inscriptions qui se rapportent à des événements du passé plus lointain existent certes, mais elles ne sont pas très nombreuses, et encore faudrait-il, parmi elles, soustraire tous les passages franchement mythiques (la naissance de dieux par exemple), ou d'autres, évoquant des époques trop éloignées dans le temps pour ne pas être suspectes. En enregistrant des faits et gestes de dirigeants - souvent d'ailleurs d'ordre plus rituel que strictement politique - du vivant des grands personnages ou peu après leur mort, les inscriptions mayas classiques constituent bien la trame d'une histoire.

Mais deux précisions s'imposent. Les faits narrés sont, pour une écrasante majorité d'entre eux, de nature étroitement locale ; autrement dit, les Mayas n'auraient jamais conçu une histoire de portée un tant soit peu générale. En outre, l'histoire, qui peut être restituée à partir des faits plus ou moins fragmentaires contenus dans chacune des inscriptions, est évidemment, d'abord et avant tout, l'oeuvre des épigraphistes et des historiens d'aujourd'hui qui se penchent sur ces textes.
Est-ce à dire que l'on doive dénier aux Mayas toute conscience historique ? Les langues mayas n'ont pas de forme verbale spécifique pour marquer les temps (passé, présent, futur). Ce qui permet de distinguer les temps, ce sont surtout des adverbes ou le contexte lui-même. Rien d'étonnant alors à constater l'absence de distinction linguistique entre temps historique et temps mythique, sans pourtant que cette continuité des temps, mythique et historique, invalide totalement l'idée que les anciens Mayas aient eu une vraie conception historique du temps. Il ne faut pas oublier, en effet, que, pour eux, l'histoire des hommes cherche à reproduire celle des dieux.

Cet article a été publié dans L'Histoire n° 382, décembre 2012.

 

 

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samedi 15 décembre 2012

Gladiator et l'histoire de Rome

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le film Gladiator (2000, Ridley Scott),

fiction et histoire

 

 

 

 

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contrôle : complétez les parties manquantes des dialogues

 

- Maximus : Si vous vous retrouvez tout seuls, …………….. dans de verts pâturages avec le soleil sur le visage, n'en soyez pas troublés, car vous êtes aux Champs Elyseum, et vous êtes déjà …………… ! […]
Frères, ce que l’on fait dans sa vie, …………………………..……… !

- Commode : Je l'ai manquée ? J'ai manqué la bataille ?!
Marc Aurèle : ……………………………………...

- Maximus : Cinq mille de mes hommes sont là-bas ……………………………….. Trois mille d'entre eux sont couverts de sang et d'entailles, deux mille n'en reviendront jamais ! Je ne veux pas croire qu'ils se sont battus et sont morts pour rien !
Marc Aurèle : Et que voudrais-tu ……………… Maximus ?
Maximus : Qu’ils se sont battus pour toi ! ... Et pour Rome.
Marc Aurèle : Et qu'est-ce que Rome, Maximus ?
Maximus : J'ai vu beaucoup du reste du monde. Il est b………, et c………… et s………… ... Rome est la lumière !
Marc Aurèle : C'est que tu n'y es jamais allé ! Que tu n'as pas vu ce qu'elle est devenue !

- Maximus : Mes ………….., je vous demande de me guider. Mère bien aimée, indique-moi comment les dieux voient mon avenir. Père bien aimé, …………………………………………………………………….., murmure-leur que je ne vis que pour les retrouver. Mes ancêtres, je vous honore et j'essaye de vivre avec la dignité que vous m'avez …………………..

- Commode : Tout ce que j'ai voulu c'est vivre selon tes vœux, César... Père.
Marc Aurèle : Commode... Tes fautes de fils sont ……………………………………… !
Commode : J'aurais massacré le monde entier... si seulement tu m'avais aimé !

- Gracchus : Le véritable cœur de Rome n'est pas dans le ……..…. du sénat, il est dans le …………. du Colisée.

- Proximo : Je n'étais pas le meilleur parce que je tuais plus vite, j'étais le meilleur ……………………………… …………………….

- Maximus : Mon nom est Maximus Decimus Meridius, commandant en chef des armées du nord, général des légions Félix, fidèle serviteur du vrai empereur …………………... Père d'un fils assassiné, époux d'une femme assassinée et j'aurai ma ……..............……. dans cette vie ou dans l'autre.

- Lucilla : Les dieux t'ont épargné ! Aujourd'hui j'ai vu un ……………… devenir plus puissant que l'empereur de Rome !
Maximus : Les dieux m'ont épargné ? Je suis à leur merci, avec comme seul pouvoir ……………………………… !
Lucilla : C'est le …………………… !

- Commode : Que vais-je faire de toi ? Tu ne veux donc pas... mourir ? Sommes-nous si différents toi et moi ? Quand il le faut, tu prends la vie des autres, comme moi.
Maximus : Aujourd'hui je n'ai plus …………………………………… et j'en aurai fini.
Commode : Alors prends-la tout de suite !

- Maximus : Tu te battrais avec moi ?
Commode : Pourquoi pas ? Tu crois que j'ai peur ?
Maximus : Je ……………………………………………..
Commode : Contrairement à Maximus l'invincible qui ne connait pas la peur ?
Maximus : J’ai connu un homme qui a dit un jour : "……………………………………... Tout ce qu’on peut faire, c’est sourire à la mort."
Commode : Je me demande si ton ami a souri à sa propre mort.
Maximus : Tu dois le savoir. C’……………………………..

- Lucilla : Est-ce que Rome vaut la vie ……………………… ? Nous l'avons cru autrefois. Il faut le croire à nouveau. Il était un soldat de Rome, ………………….. !

 

 

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jeudi 6 décembre 2012

le triomphe de la République par Dalou

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le triomphe de la République, Dalou, 1889-1899

statue érigée place de la Nation à Paris

étude iconographique du symbolisme républicain

 

 

 

Le "Triomphe de la République" est une statue et même un ensemble monumental élevé place de la Nation à Paris. Son auteur est le sculpteur Aimé-Jules Dalou (1838-1902),

 

 

images

 

1statnat1
centrée

 

1nat_stat_dal5
façade latérale gauche avant

 

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avant du monument

 

1treph1partie supérieure

 

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face arrière

1triomp_rep4
détail de la façade latérale gauche


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vue de face et de la partie droite

1triomp_rep6
façade latérale droite (partie)

1triomp_rep7
façade latérale droite (partie)

 

1lph2
arrière du monument

 

 

images anciennes

 

Dalou 1
carte postale ancienne (comme toutes les images qui suivent),
monument de face, droit quart gauche

 

Dalou 2
monument de profil gauche : le génie de la Liberté, la République, la paix

 

Dalou 3
profil gauche, avec un crocodile menaçant (qui a disparu aujourd'hui)

 

Dalou 4
profil gauche de l'ensemble monumental

 

Dalou 5
le monument vu de face, et passants déambulant autour (avant Première Guerre mondiale)

 

Dalou 6
façade latérale gauche

 

Dalou 7
profil gauche et bassin avec crocodile

 

Dalou 8
monument de face et son reflet dans l'eau du bassin

 

Dalou 9
face trois quart gauche, carte postée en 1907

 

Dalou 10
le momument vu en contre-plongée

 

 

Dalou 11
la statue de Dalou et son environnement, place de la Nation

 

Dalou 12
carte postale anglaise colorisée

 

Dalou 13
autre vue en contre-plongée, carte postée en 1908

 

Dalou 14
image et commentaire explicatif

 

Dalou 15
encore une vue du profil gauche mais prise de haut avec le bassin

 

Dalou 16
profil de gauche et bassin avec crocodiles

 

Dalou 17
vue de face avec les colonnes du trône au fond

 

Dalou 18
face latérale gauche

 

Dalou 19
face latérale gauche

 

dessin Delahaye
dessin de Delahaye

 

 

 identification des éléments

 

Triomphe Rép Dalou
schéma à compléter

 

 

 

 (à compléter)

 

 

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mercredi 5 décembre 2012

terrritoires de l'empire romain

empire-rome-map-120

 

carte des provinces de l'empire romain

 

1) Baetica (Hispania); 2) Lusitania (Hispania); 3) Tarraconesis (Hispania); 4) Narbonensis (Gallia); 5) Aquitania (Gallia);
6) Lugdunensis (Gallia); 7) Belgica (Gallia); 8) Britannia; 9)Germania Inferior; 10) Germania Superior;
11) Langobardi/Cherusci/Sugambri; 12) Rhaetia; 13) Italia; 14) Sicilia (Italia); 15) Corsica et Sardinia; 16) Alpes Penninae (Gallia); 17) Alpes Cottiae (Gallia); 18) Alpes Maritimae (Gallia); 19) Noricum; 20) Pannonia; 21) Dalmatia; 22) Dacia;
23) Moesia; 24) Thracia; 25) Macedonia; 26) Epirus; 27) Achaea; 28) Asia; 29) Bithynia; 30) Galatia; 31) Lycaonia;
32) Lycia; 33) Pisidia; 34) Pamphylia; 35) Cyprus; 36) Cilicia; 37) Cappadocia; 38) Pontus; 39) Armenia Inferior;
40) Sophene; 41) Osroene; 42) Commagene; 43) Armenia; 44) Assyria; 45) Mesopotamia; 46) Syria; 47) Judaea (Palaestina); 48) Arabia Petraea; 49) Aegyptus; 50) Cyrenaica; 51) Numidia; 52) Africa; 53) Mauretania; 54) Baleares (Hispania).

 

provinces_empire_romain

 

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dimanche 2 décembre 2012

la citoyenneté dans le monde romain

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la citoyenneté dans le monde romain

 

 

 

1) la citoyenneté sous la Rome royale

 

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correction

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patriciens et plébéiens sous la Rome royale

 

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buste de Lucius Junius Brutus aux Musées du Capitole.
Selon les traditions, Junius Brutus, le neveu du dernier roi Tarquin le Superbe (c'est-à-dire l'orgueilleux),
est le fondateur légendaire de la République romaine, en 509 av. J.-C.

 

 

2) la citoyenneté sous la Rome répubicaine

 

Diapositive6
à compléter

 

correction 

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le cursus honorum

 

Diapositive1

 

correction

Fonctionnement-de-la-Republique-romaine

 

CursusHonorum

 

 

 

le recensement


Ahenobarbus_0157c10

Ce relief en marbre datant de la fin du IIe siècle av. J.-C. a été trouvé sur le Champ de Mars à Rome. Il décrit une scène de "recensement" : répertoriés par tribus, les citoyens sont répartis en cinq classes selon leur richesse et inscrits sur un registre, le "cens".
Ce classement détermine leur rang dans l'armée romaine, du moins pour les plus jeunes de chaque classe, les "juniores". Le cens est établi régulièrement à plusieurs années d'intervalle. Ce sont les "censeurs", deux magistrats élus tous les cinq ans, qui en ont la charge.
Au centre du relief, à droite de l'autel, le censeur en toge préside au sacrifice en l'honneur de Mars qui clôture la cérémonie de purification, le "lustrum". C'est un "suovetaurile" : on y sacrifie un porc, une brebis et un taureau, comme on le voit sur l'image ci-dessus. Le "lustrum" a lieu tous les cinq ans et a donné son nom à l'intervalle de temps qui sépare deux purifications. Le dieu Mars est représenté à gauche de l'autel.


source

 

Sur ce bas relief en Marbre nous pouvons voir deux personnes en train de jouer d'un instrument (le personnage de droite joue de la flûte double et celui de gauche de la cithare).Les deux personnes sont deux hommes habillés de toges lors d'un sacrifice en l'honneur de Mars. C'est un sarifice suovetorile (sacrifice d'un porc, d'une brebis et d'un taureau). Juste à côté du flûtiste nous pouvons voir la lance d'un soldat surveillant l'autel ou les animaux vont être sacrifiés.

- suovetaurile : de sus (porc), ovis (mouton) et taurus (taureau) ; immolation de trois victimes mâles au dieu Mars et destinée à purifier et bénir la terre.

 

 

Diapositive2

 

correction

Diapositive1

 

 

 3) la citoyenneté sous la Rome impériale

 

 

(à suivre)

 

 

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vendredi 30 novembre 2012

les origines de Rome et les étapes de son histoire

Capitole romain et musee romain, louve nourriissant Romulus et Remus 054a

 

 

les origines de Rome selon la tradition

 

ancêtres Romulus schéma
une généalogie

 

tableau-3
une autre généalogie

 

aeneas4
Énée et le roi Latinus

 - il existe deux versions au sujet des épouses d'Énée. Une première affirme qu'il s'est marié avec Créuse, fille du roi Priam de Troie. Une seconde prétend qu'il épouse Lavinia, fille du roi Latinus lorsqu'il arrive dans le Latium. L'historien latin Tite-Live (59 av. - 17 ap.) dans Histoire romaine cite les deux versions comme plausibles.

 

Diapositive1

 

 correction

Diapositive2
la fille du roi Latinus s'appelle Lavinium

 

 

La fondation de Rome d’après Virgile

Document 1 : Le mythe d’Énée

D’après le poète Virgile, Enée, fils d’Anchise et de la déesse Vénus, s’enfuit de Troie incendiée par les Grecs. Après que son navire ait longé les côtes de la Crète, de la Grèce, du sud de l’Italie et de la Sicile, il s’arrête à Carthage, royaume africain de la reine Didon. Mais, il s’attarde peu car les Dieux lui ont promis une terre en Italie. Après, un long voyage, il débarque enfin sur les rives du Tibre, dans le Latium. Le dieu Jupiter rassure alors Vénus, sur le sort de son fils et de ses descendants :

«Rassure-toi, Vénus, le destin de ton fils Enée reste immuable. Tu le verras édifier les murs de Lavinium, puis il mènera dans toute l’Italie une grande guerre brisant les peuples farouches. Pour son peuple il établira des lois et des murailles. Après trois années de règne sur le Latium, son jeune fils Ascagne, que l’on surnomme désormais Iule, régnera pendant trente années sur Albe-la-Longue qu’il munira de puissants remparts. Là, règneront durant trois fois cent longue années les descendants d’Ascagne jusqu’au jour où une prêtresse de sang royal, Iulia, enceinte du dieu Mars, donnera naissance à des jumeaux, Romulus et Rémus. Ensuite, sauvés et bien nourris à l’abri de leur louve nourricière, Romulus et Rémus perpétueront la race. Romulus bâtira Romeet donnera son nom aux Romains. Telle est ma volonté à moi, Jupiter, père des dieux et des hommes.»

D’après VIRGILE. L’Enéide. Livre 1. v. 255-275. 1er s. av. J.-C.

D’après une traduction française de Jean Regnault de Segrais sur Wikisources et sur http://bcs.fltr.ucl.ac.be/Virg/V01-223-417.html. (Université de Louvain)

 

a)Document 1 : Quelle est la nature du document, son auteur et sa date ?

b) Document 2 : À l’aide des noms de lieux mentionnés dans le texte de Virgile, complète la carte du périple d’Énée.

Document 2 : Du périple d’Énée à Romulus

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les grandes phases de l'histoire

de Rome sous l'Antiquité

 

 

Diapositive1
tableau à compléter

 

 correction

Diapositive2

 

- à la fin de la période républicaine de l'histoire de Rome, cette cité était à la tête de territoires conquis comprenant :
1 900 000 km2 en Europe
   600 000 km2 en Asie
   440 000 km2 en Afrique
soit, au total, près de 3 millions de km2.

 

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tableau à compléter

 

correction

Diapositive3

 

 

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samedi 24 novembre 2012

le théâtre à Athènes

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théâtre de Dionysos à Athènes

 

le théâtre à Athènes : la démocratie

vue et discutée par les Athéniens

correction d'un dossier documentaire

 

manuel d'Histoire, Nathan, 2010, p. 50-51

 

Présenter les œuvres.

Dans ce dossier, deux courts extraits de pièces de théâtre retiennent :

1) une pièce tragique d’Euripide (480-406), Les Suppliantes, présentée en 423 av. notre ère ;

2) une pièce comique d’Aristophane (445-385), Les Cavaliers, présentée en 424 av. notre ère.

Les deux principaux genres du théâtre athénien sont donc utilisés. Les œuvres sont presque de la même année, époque où Athènes est engagée dans la confrontation militaire avec Sparte (guerre du Péloponnèse).

 

Théatre-grec
plan d'un théâtre

Les tragédies et comédies sont jouées dans un théâtre (du grec théan : regarder) en forme d’hémicycle comportant trois parties principales :

1) l’avant-scène (proskénion) où sont présents les acteurs ; le terme vient du fait que la scène (skénè) désigne le mur du fond qui portait les décors (apparu au Ve siècle) ;

2) l’orchestra où se tient le chœur, ensemble de déclamateurs (discours et chants) dont le chef est le coryphée (qui ne chante pas).

3) les gradins qui accueillent les spectateurs.

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masque de tragédie

Les acteurs portent tous un masque que le cratère de Pronomos montre bien. Aristote avoue en ignorer l’origine mais ils se sont spécialisés dans les types de personnages et de caractères ; et ils aident à porter la voix.

[il faut noter que l’image du livre, p. 50, «le cratère de Pronomos» est présentée en inversant la droite et la gauche]

 

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même le site Larousse reproduit cette erreur...

 

Les pièces de théâtre sont des cérémonies religieuses et civiques. Elles célèbrent le culte de Dyonisos, dieu du vin, des processions et du théâtre ; et mettent en scène les activités et dilemmes de la cité.

Trois périodes de représentations étaient organisées. À Athènes, les Grandes Dionysies ont lieu en mars et avril.

Le mot «tragédie» vient de tragos (bouc : Dionysos) et ôdè (chant).

Le mot «drame» vient de drama qui signifie «action», «ce que l’on fait».

Le mot «comédie» vient de cômos, cortège bruyant de la saison des vendanges ; elle relève, au départ, du folklore de village.

- La tragédie a une origine religieuse : les héros mêlés à des intrigues nouées par les dieux, sont impuissants, souffrant de la fatalité qui pèse sur eux (Prométhée, Oedipe, Antigone, Iphigénie). Contrairement à la comédie, le héros tragique est d'ascendance noble et mythique. (Manuel de français de 2de, Terres littéraires, Hatier).

 

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Dionysos, vase grec

 

Analyser les oeuvres.

La controverse sur la démocratie est présente dans les deux extraits de pièces de théâtre. La démocratie est mise en scène et en débat. Le théâtre est un mode d'éducation du citoyen.

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Dans la pièce d’Euripide, Thésée défend la démocratie en invoquant le principe d’égalité. Le héraut thébain défend la tyrannie en invoquant le principe d’incapacité du peuple à conduire une cité.

Thésée insiste sur la neutralisation de la différence sociale, de la fortune. La démocratie offre des droits égaux à tous.

Le héraut thébain critique les manipulations dont la foule est l’objet dans une cité gouvernée par la démocratie. Elle peut être flattée et influencée par ceux qui s’expriment avec éloquence.

 

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Dans la pièce Les Cavaliers, Aristophane moque sévèrement le régime démocratique en prétendant qu’il peut être gouverné par un «ignorant doublé d’un coquin». Il met en scène le personnage d’un charcutier qu’il convainc d’être en mesure de diriger la cité par le simple usage de ses compétences professionnelles (tripatouiller, boudiner) et de ses bas instincts (voix de canaille, origine misérable, manières de vagabond). Ses arguments rejoignent ceux du héraut thébain.

 

Faire le lien entre art et histoire.

La tragédie comme la comédie font intervenir des mortels avec des personnages de légende mais ce n’est pas un théâtre sacré même si elles sont jouées lors des Dionysies.

Ce sont les problèmes de cité qui sont traités soit sous la forme du drame, soit sous la forme comique.

Par ailleurs, les représentations sont organisées par les gouvernants de la cité qui choisissent les chorèges, riches citoyens finançant les spectacles, et qui désignent les auteurs appelés à concourir. Les acteurs et les membres du chœur sont également choisis par l’archonte éponyme.


[la dernière question "comment la démocratie est-elle vue et discutée par les Athéniens lors de ces représentations ?" n'est pas traitable en fonction des documents présentés dans ce dossier, ni même en général... Nous ne savons que peu de choses de ce que pouvait penser le citoyen ordinaire]

theatre grec masques tragédie

 

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dimanche 28 octobre 2012

"Les aventures de Télémaque", Fénelon

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Les aventures de Télémaque, Fénelon

un roman pédagogique, un conte philosophique

 

Fenelon
Fénelon (1651-1715)

 

Le roman pour l'éducation d'un prince destiné à succéder à son grand-père Louis XIV, écrit à la fin du XVIIe siècle par Fénelon, nommé archevêque de Cambrai en 1695.

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- quatrième de couverture de l'édition Folio (Jacques Le Brun), 1995 :

En un temps où peintres, sculpteurs et musiciens trouvaient leur inspiration dans l'Antiquité païenne autant que dans la Bible, Fénelon, dans Les Aventures de Télémaque, peignait en tableaux enchanteurs ce qu'on appelait la fable, les dieux de la mythologie et les héros homériques.

Loin de contredire le christianisme dévôt et la spiritualité du pur amour de l'archevêque de Cambrai, l'Antiquité était, comme elle avait été chez Poussin et comme elle était chez Couperin, le moyen d'exprimer les inévitables questions sur lesquelles butaient les religions et les théologies : le désir, la culpabilité et la mort, la paternité et la filiation, la fragilité des cultures et la cruauté de l'histoire.

Parce qu'elles étaient leurs questions, des générations de lecteurs, par-delà les modes et les goûts, se sont laissé séduire par cette fable, écrite pour le petit-fils de Louis XIV, à la fois ancienne et moderne, une des rares qu'on ait créées depuis l'Antiquité avec un aussi durable succès.

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présentation par Joël Cornette, grand historien, spécialiste de cette période, professeur à l'université Paris VIII :

Joël Cornette photo

 

Les Aventures de Télémaque de Fénelon

Écrit pour l'éducation du duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV, Télémaque décrit un monde idéal. Qui inspira les philosophes des Lumières.

L'OEUVRE

Écrit entre 1693 et 1696, Les Aventures de Télémaque fils d'Ulysse, suite du IVe livre de l'Odyssée puise son sujet dans l'épopée d'Homère.

Conçue au moment où la guerre de la ligue d'Augsbourg 1688-1697 épuise le royaume, cette «narration fabuleuse» s'inscrit en opposition avec la politique belliqueuse de Louis le Grand : «N'oubliez jamais que les rois ne règnent point pour leur propre gloire mais pour le bien de leurs peuples.» C'est bien Louis XIV, roi de guerre, qui est fustigé : «Ces grands conquérants, qu'on nous dépeint avec tant de gloire, ressemblent à ces fleuves débordés qui paraissent majestueux, mais qui ravagent toutes les fertiles campagnes qu'ils devraient seulement arroser.»

Le roi ne s'y trompa pas : il fut furieux. D'autant que nombre de lecteurs reconnurent en Idoménée, prince arrogant et fastueux, le souverain de Versailles ; en Protésilas, son néfaste ministre Louvois ; en la ville de Tyr, commerçante et prospère, les opulentes Provinces-Unies. Quant à Calypso, déesse coquette et aimante, elle ressemblait à Mme de Montespan...

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madame de Montespan,
favorite de Louis XIV à partir de 1667

Fénelon se défendit de ces rapprochements : «Il aurait fallu que j'eusse été non seulement l'homme le plus ingrat, mais encore le plus insensé pour vouloir faire des portraits satiriques et insolents.» En vain.

Le royaume imaginé par le précepteur du duc de Bourgogne lui permet de décrire un monde parfait. La Bétique est peuplée de laboureurs, de pasteurs, d'«ouvriers diligents». C'est une société simple qui dédaigne le luxe, lequel «empoisonne toute une nation» nouvelle critique adressée aux fastes de la cour du Roi-Soleil. Le travail y est créatif, facteur de développement et de progrès humain. Sagement gouvernée par un «roi philosophe» , la Bétique évolue vers une patrie de petits producteurs accédant au bonheur parce que leur intérêt particulier coïncide avec l'intérêt général.

Les philosophes des Lumières verront dans cette description le modèle de la monarchie éclairée qu'ils appellent de leurs voeux. Sans doute, en cette crépusculaire fin de règne, Fénelon n'est pas le seul à proposer du nouveau, mais ce «nouveau» ressemble beaucoup, chez lui, à l'ancien, âge d'or d'une monarchie patriarcale où le roi, père de son peuple, ne serait que l'arbitre bienveillant d'un gouvernement associant les meilleurs, c'est-à-dire les gentilshommes.

Qu'en reste-t-il ?

Nous ne lisons plus guère Les Aventures de Télémaque, nourries d'une culture antique dont nous avons perdu les clés. Nous avons aussi quelque peu oublié le succès inattendu d'une oeuvre que Montesquieu qualifiait de «livre divin de ce siècle».

Dès 1694, des copies manuscrites circulèrent. Puis, après le vol du manuscrit par un valet s'il faut en croire Fénelon, le premier tome fut publié en avril 1699. Six cents exemplaires furent vendus avant la saisie. La suite parut clandestinement.

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Ce passage du manuscrit, destiné aux petits-fils du roi, à l'imprimé, et à un public de plus en plus large, fut décisif dans la formation d'une opinion publique. Car les hardiesses politiques de Télémaque pénétraient ainsi un espace de discussion et de réflexion non soumis à l'emprise de l'État. L'éducation prodiguée par Fénelon cessait d'être celle du prince pour devenir celle de tout honnête homme.

Télémaque fut l'un des livres les plus réédités et traduits de la littérature française. Il peut être redécouvert comme la synthèse d'une culture humaniste revivifiée et, à la charnière du XVIIe et du XVIIIe siècles, du classicisme et des Lumières, comme un témoin de la crise de la conscience européenne. Le testament du Grand Siècle.

Fénelon, Télémaque , rééd. Paris, GF-Flammarion, 1968.

Par Joël Cornette

Lire les classiques soumis le 29/05/2002 par Joël Cornette dans L'Histoire n°266 à la page 98 | Gratuit

http://www.histoire.presse.fr/lhistoire/266/les-aventures-de-telemaque-de-fenelon-29-05-2002-7198

 

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la dynastie des Bourbons

 

bourbon
dynastie simplifiée, notamment quant à la descendance de Louis XIV (cliquer pour agrandir)

 

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qui était le duc de Bourgogne ?

- le duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV (1638-1715), fils de Louis, le Grand Dauphin (1661-1711) est né en 1682 et décédé en 1712. Louis XIV a vu mourir son fils et ses petits-fils (à l'exception de Philippe, roi d'Espagne, décédé en 1746, mais qui ne pouvait unir sa couronne à celle de la France). Seul, son arrière-petit-fils lui a succédé.

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le duc de Bourgogne (1682-1712)

 

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le duc de Bourgogne, par Hyacinthe Rigaud

C'est en avril 1689 que Fénelon fut désigné come précepteur du duc de Bourgogne. Parallèlement, il poursuit son oeuvre théologique et participe à la controverse que l'on a nommé le "Pur Amour", notamment animée par Madame Guyon, fille du surintendant Fouquet en disgrâce et que Fénelon avant rencontrée dès 1688.

Cette dispute religieuse, appelé aussi le "quiétisme", poussa Fénelon à écrire en 1695, l'Explication des Maximes des Saints sur la Vie intérieure.
En août 1697, Fénelon est écarté de la Cour.

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Madame de Guyon

 

 

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Les aventures de Télémaque, Fénelon

 

Genèse de l'œuvre et histoire éditoriale

Les Aventures de Télémaque furent publiées en 1699 sans l'accord de l'auteur, et réimprimées en 1717 par les soins de sa famille. L'ouvrage a connu une foule d'éditions, a été traduit dans toutes les langues et a même été mis en vers latins (une première fois à Berlin en 1743, une seconde fois à Paris, par Étienne Viel en 1808).

Ce roman a provoqué la disgrâce de Fénelon à la cour. Ce dernier avait écrit ce roman d'aventures à l'attention des élèves royaux et en particulier du duc de Bourgogne, le fils du dauphin, dont il était le précepteur.

Intrigue

Fénelon raconte les pérégrinations de Télémaque, accompagné de Mentor, avatar de Minerve — prétexte d'un enseignement moral et politique qui fut également vu, à l'époque, comme une satire du règne de Louis XIV, représenté sous les traits d'Idoménée.

Telemachus_and_Mentor

Analyse

Les Aventures de Télémaque sont à la fois une épopée et un traité de morale et de politique. Ce roman de 1699 connaît un grand succès jusqu'à la Première Guerre mondiale. On le voit dans la réécriture d'Aragon : le roman de Fénelon est raillé. Or quand Aragon publie son œuvre (1922), le succès du roman de Fénelon n'est plus ce qu'il était avant-guerre.

Postérité

Marivaux publie une parodie des Voyages de Télémaque, en 1717.

Ce roman occupe une place à part, à la fois symbolique et praxéologique, au cœur de la doctrine pédagogique dite de L'Enseignement Universel de Joseph Jacotot.

En 1922, Louis Aragon publie un récit en sept chapitres également intitulé Les Aventures de Télémaque qui raille le roman de Fénelon.

texte Wikipédia

 

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iconographie

 

 

Télémaque icono 1
Minerve quitte la figure de Mentor et se sépare de Télémaque

 

Télémaque icono 2
Télémaque conte ses aventures à Calypso

 

Télémaque icono 3
Protesilas se jette aux pieds d'Hégésippe

 

Télémaque icono 4
Mentor jette Télémaque du haut d'un rocher dans la mer
et s'y précipte après lui

 

Télémaque icono 5
Télémaque demande à Hazaël le liberté de Mentor

 

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Les personnages du Télémaque de Fénelon

 

Calypso

Ulysse

Télémaque

Minerve

Mentor

Sésostris

Termosiris

Narbal

Astarbé

Nausicrate

Jupiter

Eucharis

 Amour

Adoam

Baléazar

Timocrate

Hégésippe<l

Hippias

Charon

Pluton

 

Résumé par livres

Livre 1 : Calypso se sent seule depuis le départ d’Ulysse. Télémaque et Mentor arrivent sur son ile. Elle s’occupe bien de Télémaque, celui-ci se laisse séduire malgré les avertissements de Mentor. Calypso dit qu’Ulysse est mort après l’avoir quittée. Télémaque lui raconte ses aventures dont celle avec Aceste.

Livre 2 : Télémaque raconte à Calypso qu’il a été fait prisonnier par Sésostris, un très bon roi, à cause d’un mauvais sujet de celui-ci. Il est séparé de Mentor. Il rencontre Termosiris qui lui redonne confiance. Sa bonté le fait libérer, il est sur le point de retourner à Ithaque lorsque Sésostris décède. Son fils n’est pas à la hauteur, il déclenche une guerre civile pendant laquelle il meurt. Télémaque dit qu’il en gardera toujours souvenir et se servira de cet exemple pour bien gouverner.

Livre 3 : Calypso admire Télémaque. Celui-ci raconte sa rencontre avec Narbal à Tyr. Cette ville est gouvernée par Pygmalion qui détruit sa grandeur par son avarice. Narbal donne de bons conseils à Télémaque pour bien gouverner un pays. Télémaque ne veut pas mentir et les dieux lui montrent leur appui en lui permettant de fuir Tyr.

Livre 4 : Calypso interrompt Télémaque pour qu’il aille se reposer. Mentor prévient Télémaque contre Calypso : elle ne les laissera plus partir. Calypso, elle, se méfie de la sagesse de Mentor. Télémaque reprend son histoire, il parle de l’ile de Chypre où sous l’influence de Vénus tout n’est que plaisir. Il parle de ses retrouvailles à Mentor et de sa rencontre avec Hasaël.

Livre 5 : Arrivée en Crète où ils font l’éloge des lois de Minos. Histoire d’Idoménée qui a tué son fils. Epreuves pour choisir le nouveau roi. Télémaque refuse d’être celui-ci, il veut revoir Ithaque. Il parle du naufrage et de l’arrivée sur l’ile de Calypso.

Livre 6 : Vénus emmène Amour sur l’ile de Calypso. Cela crée de nombreuses tensions surtout entre Calypso et la nymphe Eucharie. Mentor se sert de la jalousie pour forcer Calypso à vouloir chasser Télémaque. Il réussit à déjouer les plans d’Amour et des nymphes.

Livre 7 : Le commandant du bateau est Adoam, frère de Narbal. Il leur raconte ce qui est arrivé à Pygmalion et comment son fils, Baléazar a dû redorer l’image de la Phénicie. Adoam va les déposer chez eux. Il leur parle de la Bétique qui est peuplée d’hommes sages et vertueux. Télémaque admire les mœurs de ce pays.

Livre 8 : Vénus obtient de Jupiter que Télémaque erre encore avant de retourner en Ithaque mais il ne doit pas mourir. Ils se retrouvent à Salente, nouveau royaume d’Idoménée. Celui-ci lui promet de l’aider à rentrer s’il l’aide dans sa guerre que, suivant l’oracle, il ne peut gagner sans lui.

Livre 9 : Mentor demande à Idoménée les causes de cette guerre. Celle-ci est stupide. Mentor réussit grâce à sa grande sagesse à maintenir la paix. Nestor est parmi les chefs de l’Hespérie, il craint Adraste plus qu’Idoménée. Il veut prévenir ce dernier pour qu’il devienne leur allié plutôt que leur ennemi.

Livre 10 : Mentor envoie Télémaque à la guerre et lui donne de précieux conseils. Lui, il reste aux côtés d’Idoménée afin de modifier la ville et faire la fortune de l’Etat. Idoménée le remercie, il est heureux d’être aimé par son peuple et non pas craint.

Livre 11 : Idoménée avoue avoir été mal conseillé. Il parle de Philoclès dont il s’est séparé alors qu’il était le seul homme honnête et juste. Mentor lui dit de se séparer de Timocrate et Protésilas ce qui est fait et d’aller chercher Philoclès. Mentor fait de Salente un bon royaume pour en faire un parfait exemple pour Télémaque.

Livre 12 : Philoctète avoue à Télémaque qu’il a ressenti pendant longtemps de la haine envers Ulysse qu’il croyait responsable de ses maux. A présent, il admire sa vertu et s’en repent.

Livre 13 : Télémaque se comporte d’abord comme un enfant gâté. Il se querelle avec Phalante et Hippias. Le camp est attaqué par Adraste. Télémaque devient un autre homme, il remporte une petite victoire en repoussant ses ennemis mais il est surtout admiré pour sa générosité envers Hippias, décédé, et son frère Phalante, blessé mais bien vivant.

Livre 14 : Adraste attend le bon moment pour lancer une nouvelle attaque. Télémaque, suite à des rêves lui montrant Ulysse mort, se rend aux Enfers. Pluton le laisse les parcourir pour voir si son père y est. Il voit le malheur des rois. Aux Champs-Elysées, il rencontre son arrière-grand-père, Arcésius, qui lui montre le bonheur de ceux qui ont bien gouverné. Ulysse n’est pas mort. Télémaque ressort vivant des Enfers.

Livre 15 : Télémaque évite aux alliés de prendre de mauvaises décisions ce qui augmente sa réputation. La guerre éclate, il y a beaucoup de morts et de blessés des deux côtés dont Pisistrate, fils de Nestor. Télémaque réussit à arrêter Adraste et lui laisse la vie sauve mais celui-ci l’attaque et Télémaque le tue. Les Dauniens sont heureux d’être libérés de ce tyran.

Livre 16 : Télémaque rend les derniers hommages à Pisistrate. Il refuse les louanges qui pourraient le corrompre. Il ne veut pas être le nouveau roi des Dauniens. Arrivée de Diomède, roi malheureux qui a combattu pour les Grecs contre Troie, qui demande l’hospitalité. Télémaque offre une terre à Diomède et choisit Polydamas, un homme sage et vertueux, pour gouverner les Dauniens.

Livre 17 : Télémaque revient de la guerre. Salente a beaucoup changé. Mentor lui fait à nouveau des leçons pour bien gouverner Télémaque lui avoue aimer Antiope, fille d’Idoménée, amour que Mentor approuve. Il est temps de partir pour Ithaque mais Idoménée fait tout pour retenir ses amis. Télémaque a du mal à l’affronter. Le départ est très pénible et triste.

Livre 18 : Mentor fait encore la leçon à Télémaque sur son caractère. Rencontre avec Cléomène qui est en fait Ulysse. Avant de rentrer chez lui, Minerve se découvre à Télémaque et lui donne ses derniers conseils. Télémaque retourne chez son père chez Eumée.

source

 

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Les guerres de Louis XIV

 

1667-1668 : guerre de Dévolution – contre l’Espagne, le roi de France réclame la succession pour son épouse la reine Marie-Thérèse d’Espagne, sœur du roi Philippe IV qui vient de mourir. Conflit victorieux (douze places fortes dans les Flandres et la ville de Lille).

1672-1678 : guerre de Hollande - concurrence maritime ; griefs politiques contre la république calviniste des Pays-Bas ; affront personnel contre Louis XIV par l’ambassadeur hollandais. Premières victoires françaises mais la guerre devient européenne et la victoire finale française coûteuse et prouvant la difficulté de Louis XIV à vaincre  une petite république de marchands.

  • En 1694, Fénelon identifie le dérèglement de la monarchie à la guerre de Hollande : «jusqu’à cette guerre de Hollande […] la source de toutes les autres […] et de tous les maux que la France souffre».

1688-1697 : guerre de la ligue d’Augsbourg – coalition contre la France comprenant l’Autriche, la Hollande, la Franconie, la Suède, la Saxe, la Bavière, la Souabe puis l’Angleterre. L’affrontement, continental, maritime, colonial, fut épuisant. Finalement, le conflit se termina par une neutralisation des protagonistes

1701-1713 – guerre de succession d’Espagne -  quand le roi d’Espagne meurt, la succession revient au fils de Louis XIV, Philipe d’Anjou devenu Philippe V. Ce renversement de l’équilibre européen inquiète toute l’Europe qui forma une coalition avec l’Angleterre, la Hollande, l’Empire et les princes allemands. La France subit des revers Finalement, le 24 juillet 1712, Villars remporta une victoire décisive. Et des traités suivirent.

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détail à propos d'une citation de l'introduction

 

  • Michel Renard

    Manu, J'ai une question à te poser, toi qui es forte en maths et en philo... J'ai toujours eu un léger blocage devant certains doubles négations...

    "Épictète écrit : "Il est utile de prévoir ce qui dépend de nous. Il est moins utile d'ignorer ce qui ne dépend pas de nos soins, et ce que les dieux veulent faire de nous."

    La phrase doit être bancale... Moi, je comprends : "il n'est PAS moins utile d'ignorer..." Non...?

  • Emmanuelle Curatolo

    Salut Michel !

    En ce qui concerne ta citation, elle me paraît très claire, peut-être parce que je connais assez bien les Stoïciens. En fait il n'y a pas de double négation. Chez les Stoïciens, il faut distinguer ce qui dépend de nous de ce qui ne dépend pas de nous. Marc Aurèle est le plus intelligible pour cette façon de voir les choses. S'il faut faire cette distinction, c'est dans le cadre d'une réflexion sur la liberté :
    • choses qui dépendent de nous -> nous pouvons les changer
    • choses qui ne dépendent pas de nous -> nous ne pouvons pas les changer
    Si bien qu'il faut concentrer notre action sur les choses que nous pouvons changer. Se concentrer sur les autres choses est une perte de temps et nous pourrit l'existence. Et donc, pour accéder au bien-être, il faut arrêter d'essayer d'agir contre ce qui est guidé par le destin (ici les dieux) mais agir en conformité avec notre liberté.

    Je ne crois pas qu'il faille réécrire cette citation, mais simplement la comprendre comme ça.

    Voilà, j'espère t'avoir aidé.

  • Michel Renard

    Merci de ta réponse.
    je suis d'accord avec cette interprétation du stoïcisme. Mais la phrase que j'ai trouvée dans l'introduction des "Aventures de Télémaque" rédigée par Jeanne-Lydie Goré (Sorbonne) dans les années 1980 au moins... me semble défective.

    Depuis, j'ai cherché dans le texte de Fénelon lui-même (dans cette édition, il s'agit du livre VIII, p. 287, classiques Garnier, 1987-1994), et la phrase est bien :
    "Il est utile de prévoir ce qui dépend de nous pour le bien faire ; mais il N'est PAS moins utile d'ignorer ce qui ne dépend pas de nos soins, et ce que les dieux veulent faire de nous."

    J'ai vérifié aussi dans des éditions anciennes (mais c'est au chapitre IX). La phrase comporte bien : "pas moins utile..."
    http://books.google.fr/books?id=dbA8AAAAcAAJ&pg=PA622&lpg=PA622&dq=Il+est+utile+de+pr%C3%A9voir+ce+qui+d%C3%A9pend+de+nous.+Il+est+moins+utile+d%27ignorer+ce+qui+ne+d%C3%A9pend+pas+de+nos+soins,+et+ce+que+les+dieux+veulent+faire+de+nous.%22&source=bl&ots=L_Q6lAW9nX&sig=tS6pgFMKiGQidOtkVG830CKzc8k&hl=fr&sa=X&ei=VMCPUKP-FeWf0QXQqoCwDQ&ved=0CCUQ6AEwAQ#v=onepage&q=Il%20est%20utile%20de%20pr%C3%A9voir%20ce%20qui%20d%C3%A9pend%20de%20nous.%20Il%20est%20moins%20utile%20d%27ignorer%20ce%20qui%20ne%20d%C3%A9pend%20pas%20de%20nos%20soins%2C%20et%20ce%20que%20les%20dieux%20veulent%20faire%20de%20nous.%22&f=false

    Oeuvres choisies de Fénelon
    books.google.fr
     
  • Emmanuelle Curatolo

    C'est toujours dans le cadre de l'action libre :
    "Il est utile de prévoir ce qui dépend de nous pour le bien faire" = se concentrer sur ce que nous pouvons changer afin de le changer.
    "Il n'est pas moins utile d'ignorer etc." = il est encore plus utile d'ignorer ce qui ne dépend pas de nous afin de ne pas connaître l'échec de vouloir changer quelque chose que nous ne pouvons pas changer.

    La connaissance en vue d'une action libre se fait en renforçant notre connaissance de ce qui dépend de nous, et en même temps en repoussant ce qui ne dépend pas de nous. Privés de ce qui nous plombe et nous empêche d'agir, mais forts de la connaissance de ce que nous pouvons changer, nous élargissons le champ de notre liberté.

    La difficulté chez les Stoïciens c'est de prendre en compte la distinction entre la fatalité et le déterminisme. Nous n'agissons pas contre la fatalité (c'est impossible), en revanche, ce qui dépend de la sphère du déterminisme contient notre action libre : nous pouvons modifier une chaîne causale.

  • Michel Renard

    Merci. Je suis d'accord avec toi... d'autant que je m'étais quelque peu plongé parmi les stoïciens quand j'ai préparé d'anciens élèves au Bac, l'année dernière...
    Mais l'introductrice a commis une faute de syntaxe qui rendait sa phrase confuse...
    Fénelon n'a pas commis cette faute... Comme quoi, même parmi les savants de la Sorbonne, la culture grecque classique s'altère... à moins qu'il ne faille incriminer la personne qu'elle a payée pour lui saisir son texte... ^^

  • Emmanuelle Curatolo

    Les deux options sont envisageables (faute de l'introductrice et faute de saisie).
    Malheureusement, ça ne touche pas que la culture grecque. Il y a peu j'ai eu une conversation avec le préfacier d'un livre de sciences cognitives qui confondait deux concepts, et cette confusion était gravissime. Pourtant, dans la bibliographie il y avait bien le livre qui est à l'origine de la distinction conceptuelle...

  • Michel Renard

    Bon... mais si nous sommes capables de saisir ce genre de bévues, c'est que tout n'est pas perdu. Le savoir devra peut-être se réfugier dans de nouveaux monastères, comme la foi des protestants s'est confiée au "Désert" à la fin du XVIIe siècle... :)

  • Emmanuelle Curatolo

    Joli projet.

 

 

 

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samedi 27 octobre 2012

photos du lycée Claude Lebois à Saint-Chamond

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photos du lycée Claude Lebois

à Saint-Chamond

 

sommaire

 

- Hommes et femmes (1)

- salle des professeurs

- entrée principale du lycée

- plaque du souvenir des "morts pour la France" (1914-1918)

- le cabinet d'Histoire-Géographie

- Festiclaude du 12 juin 2008

- journée portes ouvertes : 15 mars 2008

- photos du lycée 30 mai 2007

- le C.D.I. (juin 2009)

 

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mercredi 17 juin 2009

 

adresse : 8, boulevard Alamagny - 42403 Saint-Chamond cedex - tél. 04 77 22 096 37

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samedi 20 octobre 2012

Émile Alamagny

buste Alamagny 5 nov 2012 (2)

 

Émile Alamagny, industriel

 

Le lycée Claude Lebois - la cité scolaire faudrait-il dire... - est situé au n° 8 du boulevard Alamagny. Le nom de ce personnage évoque le passé industriel de la ville au XIXe siècle.

"Émile Alamagny compte parmi les grandes figures de l'industrie locale. Associé à Benoît Oriol [père] en 1854 pour fonder à Saint-Chamond une entreprise de grande envergure destinée à la fabrication de différents types de tresses, fils et lacets, il connut le succès et consacra une partie de sa fortune à l'achat de terres..." (Henri Gerest, Ainsi coule le sang de la terre... Les hommes et la terre en Forez, XVIIIe-XXe siècle, Publications de l'université de Saint-Étienne, 2005, p. 138).

 

buste Alamagny 5 nov 2012
buste sculpté sur la tombe d'Émile Alamagny au cimetière de Saint-Chamond (photo MR, 5 nov 2012)

 

buste Oriol 5 nov 2012
buste sculpté de Benoît Oriol, cimetière de Saint-Chamond (photo MR, 5 nov 2012)

 

caveau Alamagny 5 nov 2012
caveau familial Alamagny au cimetière de Saint-Chamond (photo MR, 5 nov 2012)

 

caveau Alamagny intérieur
intérieur du caveau Alamagny (photo MR, 5 nov 2012)

 

- pour l'instant, je n'ai pas trouvé les dates de naissance et de décès d'Émile Alamagny, l'industriel du XIXe siècle. La plaque visible dans le caveau porte le nom d'Aimé Antoine Émile Alamagny avec les dates 1868-1957. Peut-être s'agit-il de son fils ? Aucune autre mention ni date ne figurent sur cet édifice ni sur la sculpture.
Mais nous allons chercher... L'archiviste de Saint-Chamond, Samuel Bouteille et moi-même, nous allons finir par trouver. Probablement lui avant moi d'ailleurs...

Michel Renard
professeur d'histoire
5 novembre 2012

 

Effectivement, Samuel Bouteille a rapidement trouvé la généalogie d'Émile Alamagny...! De mon côté, j'assemblais des renseignements lacunaires qui mêlaient en fait, sous le même prénom, le père (né en 1822) et le fils (né en 1868).

Ce jour, 6 novembre 2012, le responsable des archives municipales m'envoie une courte biographie rédigée par son prédécesseur et parue dans un bulletin municipal :

- "Émile Alamagny (1822-1876). Émile Alamagny naquit le 16 juillet 1822 en Saône-et-Loire. Ses parents vinrent s'implanter à Saint-Chamond en 1827 pour y exercer le métier de fabricant de boulons.
Sa brillante intelligence lui permit d'obtenir une bourse municipale afin de continuer ses études jusqu'en 1837 au collège communal. Il travailla ensuite avec son père puis dans l'industrie du lacet, alors prospère à Saint-Chamond. Après avoir espéré entrer dans le grand commerce, c'est en 1864 [1], par son association avec M. Benoît Oriol père, mécanicien et fabricant de lacets, que commence sa vie d'homme public.
Cette association fructueuse donnera une vive impulsion à une grande manufacture (aujourd'hui disparue) à l'orient de la place Notre-Dame.
Marié le 20 octobre 1864 avec Mme veuve Delermoy, fille de Benoît Oriol, Émile Alamagny mènera une vie laborieuse et charitable.
1866-1874 : membre du Conseil municipal.
1866 : directeur de la Caisse d'Épargne.
1867 : Grande médaille d'or à l'Exposition universelle.
1870 : médaille d'honneur de la société de protection des apprentis et des enfants employés dans les manufactures.
Il sera également membre de la société archéologique de la Diana, co-fondateur de l'école de commerce de Lyon, Officier d'Académie...
Au jour de son décès survenu le 6 mai 1876 [2], beaucoup de Saint-Chamonais se souviendront de ses largesses pour la ville.
Les manufactures Oriol et Alamagny participeront, en 1898, à la création des Manufactures Réunies des Tresses et lacets.
Son buste dans la salle du conseil et le boulevard gardent pour les Saint-Chamonais d'aujourd'hui et de demain la flamme vive de ce grand coeur et de ce remarquable industriel disparu."

[1] Je pense qu'il s'agit d'une erreur. La date du début des activités industrielles est 1854. Voir, entre autres, Elinor Accampo, Industrialization Family Life, and Class Relations. Saint-Chamond, 1815-1914, The University of California Press, 1989, p. 78 et 155.
[2] L'acte de décès est du 6 mai, mais la mort remonte au vendredi 5 mai à 16 heures.

Biographie_Alamagny

 

L'archiviste de Saint-Chamond m'adresse également la copie de l'acte de naissance d'Émile (Émilland) Alamagny et celui de son décès.

An_Emiliand_Alamagny

 

- transcription (défective)...) de l'acte de naissance d'Émile Alamagny (1822)

Du seize juillet an mil huit cent vingt deux, heure de deux du soir.
Acte de naissance de Alamagny du sexe masculin né à Saint-Gengoux [-le-Royal, en Saône-et-Loire] le seize du mois de juillet, heure de onze (?) du matin, fils de Émilliand Alamagny, profession de cloutier (?), demeurant à Saint-Gengoux et de Pierrette Moreau, auquel enfant a été donné le prénom de Émilland.
1er témoin, Claude Alamagny, profession de tonnelier, demeurant à Saint-Gengoux, âgé de cinquante-cinq ans ;
2me témoin, Étienne (?) (nom ?), profession de (?), demeurant à Saint-Gengoux, âgé de vingt-huit ans.
Le présent acte dressé sur la réquisition à nous faite par Émilland Alamagny qui a dit être père du nouveau né.

 

- acte de décès d'Émile Alamagny (1822-1876)

acte_de_ce_s_Alamagny_1876

 

Émile (Émilland) Alamagny est donc mort le vendredi 5 mai 1876 à 16 heures, en son domicile, place Notre-Dame à Saint-Chamond. Il était âgé de 53 ans et 9 mois. Il était l'époux d'Antoinette, dite Antonine, Oriol. Les déclarants qui se sont présentés en mairie le lendemain étaient : Benoît Oriol (1840-1926), beau-frère d'Émile Alamagny puisqu'il avait épousé la soeur de ce dernier ; et Eugène Édouard Flaxland, 57 ans, habitant Paris et ami d'Émile Alamagny. (Merci à Samuel Bouteille, archiviste à Saint-Chamond pour les précisions sur la famille Oriol, qui m'a aussi transmis la notice ci-dessous).

 

- notice biographique sur Benoît Oriol (1840-1926)

Biographie_Benoi_t_Oriol

- on corrigera la faute dans l'avant-dernier paragraphe : pour perpétuer (et non "perpétrer").

Michel Renard
professeur d'histoire
6 novembre 2012

___________________________________

 

- images des industries Oriol et Alamagny à Saint-Chamond, tirées du livre de l'historienne américaine, Elinor Accampo, Industrialization Family Life, and Class Relations. Saint-Chamond, 1815-1914, The University of California Press, 1989 (cahier images entre les pages 92 et 93).
Disponible aussi en ligne :
http://publishing.cdlib.org/ucpressebooks/view?docId=ft8f59p261;chunk.id=0;doc.view=print

 

ft8f59p261_00004
usines Oriol et Alamagny, place Notre-Dame, vers 1885

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usines Oriol et Alamagny, sur le Gier et rue Vignette, vers 1885

ft8f59p261_00006
usines Oriol et Alamagny, métiers à tresser, vers 1885

ft8f59p261_00007
usines Oriol et Alamagny, vers 1885
la légende de cette photo est la suivante : Warping, skeining, and bobbin-winding

À ma demande, Elinor Accampo a précisé le sens de ces termes techniques : chaîne (pour tissage - la chaîne et la trame) : ensemble des fils parallèles disposés dans le sens de longueur d'un tissu. Warping : ourdissage. Skein : écheveau de fil. Ensemblage des fils (échevettes) repliés et réunis par un fil de liage. Bobbin-winding : Le dévidage ; il consiste à enrouler sur des bobines les fils livrés en flottes ou en écheveaux.

 

ft8f59p261_00008
usines Oriol et Alamagny, travail de la soie, vers 1885

 

ft8f59p261_00009
usines Oriol et Alamagny, opérations de pliage, vers 1885

 

- merci à Elinor Accampo, Professor & Director of Undergraduate Studies Department of History University of Southern California, Los Angeles, California.

26311730

 

Michel Renard, professeur d'histoire
au lycée Claude Lebois à Saint-Chamond (Loire, France)

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