vendredi 7 août 2015

le gouvernement de Défense Nationale, dit "d'Union sacrée", 26 août 1914

Paris 1er août 1914 mobilisation
une rue de Paris le 1er août 1914, jour de la Mobilisation (Le Monde Illustré, 15 août 1914)

 

 

le gouvernement de Défense Nationale,

dit "d'Union sacrée",

présidé par René Viviani,

26 août 1914

 

René Viviani portrait
René Viviani

 

La formule "gouvernement de Défense Nationale" avait été utilisée par René Viviani, président du Conseil des ministres, dans son discours de clôture à la Chambre, le 4 août 1914 [à écouter ici].

 

Gouvernement Viviani 26 août 1914
identification des ministres et de leur fonction dans le gouvernement de Défense Nationale du 26 août 1914,
d'après une carte de 1915 (© Michel Renard)

 

Diapositive2
identification des ministres et de leur fonction dans le gouvernement de Défense Nationale du 26 août 1914,
d'après une carte de 1915 (© Michel Renard)

 

 

 

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jeudi 6 août 2015

les Républicains et la campagne (1870-1892)

Honneur aux agriculteurs comice Iffendic
"Honneur aux agriculteurs" adossé au mur sud de l'église, comice à Iffendic (Ille-et-Vilaine) (date ?)

 

 

La campagnocratie républicaine :

une double conversion

 Soo-Yun CHUN (2003, extraits)

 

Sans doute Wickersheimer dit-il la vérité lorsqu’il prononce en janvier 1886 cette phrase :

«J’ai le regret de constater que lorsqu’on interroge quelques-uns de nos collègues républicains, ils prétendent partager nos principes en matière de libre-échange ; tandis qu’en fait ils se sont laissés gagner par les arguments de nos adversaires» (Chambre des députés, 3 juillet 1886).

Quelques années plus tard, ces «collègues républicains» semblent partager les principes de ces «adversaires».

 

Des républicains «ruralisés»

En fait, on peut discerner la division du parti républicain autour de la question douanière dès le moment où l’anticléricalisme n’arrive plus à faire la «concentration républicaine».

René Goblet min Instruction pub

Ce n’est pas un hasard si le ministre de l’Instruction, Goblet [ci-contre], invoque le danger du mouvement clérical, quand il demande la priorité pour son projet de loi relatif à l’enseignement sur celui du relèvement des droits. Or, la concentration républicaine ne paraît plus à l’ordre du jour, parce que Ganault, membre du groupe agricole républicain, s’y oppose en demandant la priorité de la loi douanière. La Chambre rejette la demande de Goblet (Chambre des députés, 26 juin 1886).

En face de cette question douanière qui ne respecte pas le clivage politique de la décennie précédente, et bien que la droite compte quelques dissidents, en particulier parmi les bonapartistes, c’est le parti républicain qui se trouve divisé en deux camps bien nets : les républicains libre-échangistes de la France urbaine s’opposent aux républicains protectionnistes représentant la France rurale. L’union des villes et des campagnes, chère chez les républicains des années 1870, paraît tomber en désuétude.

Il semble que les républicains libre-échangistes emploient l’expression de «députés ruraux» ou «électeurs ruraux» dans le sens retrouvé des années de la fin de l’Empire et de l’Assemblée nationale de 1871 (Chambre des députés, 6 juillet 1886), alors que les discours des républicains protectionnistes ne sont pas très éloignés de ceux de leurs ennemis d’il y a à peine une ou deux décennies.

Dès les élections de 1881, les républicains modérés font allusion au contraste frappant entre la raideur des formules et les aspérités de l’intransigeance de certaines circonscriptions urbaines, et le calme général dont jouissent les circonscriptions rurales. Ils laissent entendre leur opinion d’après laquelle la République, en dépit de la brutalité des intransigeants qui «déshonorerait Paris, si Paris pouvait être confondu avec la horde de déclassés sans patrie» (La Semaine agricole, 28 août 1881), prospérerait sous la sauvegarde de la paysannerie, considérée comme réservoir de la société française.

On a l’impression qu’ils sont autant, sinon plus, gagnés par la cause paysanne que les paysans ne sont gagnés par la cause républicaine. Les agriculteurs que Méline félicite pour leur capacité de lecture et de mémoire (cf. son discours du 2 juin 1885 devant le groupe agricole, déjà cité) sont devenus conscients de la puissance de leur voix et les républicains opportunistes le sont à leur tour de ce fait.

On peut parler dès lors de la «ruralisation des républicains» aussi bien que de la «républicanisation des masses rurales». (Sur la question de la politisation des campagnes, concernant surtout sa «dernière étape», voir les interventions de Maurice Agulhon, Jean-François Chanet, de Ronald Hubscher, et de Caroline Ford dans les actes du colloque de Rome (20-22 février 1997) : La Politisation des campagnes au XIXe siècle. France, Italie, Espagne et Portugal, École française de Rome, 2000).

L’acculturation ou la conversion ne se jouent pas à sens unique (Lehning, 1995, p. 179-203).

 

Des ruraux «républicanisés»

Nous avons de nouveau une «majorité rurale», mais est-ce qu’elle constitue une «Chambre rurale dans le sens profond et vrai de ce mot» qu’a annoncée Gambetta dans son fameux discours de Bordeaux ?

S’agit-il d’une campagnocratie, reconstruite autour du protectionnisme ? Voit-on dans cette nouvelle majorité rurale un avant-goût de ralliement des conservateurs au régime républicain ou bien la conversion d’une bonne partie du parti républicain au conservatisme agricole ?

Ce qui semble évident, c’est que les dirigeants de la République opportuniste prennent leurs distances aussi bien avec les populations ouvrières qu’avec leurs représentants «démagogues». La conséquence est pour le parti républicain la perte de son aile radicale et de son électorat urbain. Cependant, les dirigeants du parti peuvent se satisfaire d’un effet compensateur : en se ralliant à la cause protectionniste, et en associant le Second Empire et le libre-échange à l’origine de la crise agricole, ils font un grand pas en avant dans leurs efforts de longue date pour détacher les paysans français du régime impérial.

La campagnocratie républicaine se différencie, au moins de ce point, de vue de la campagnocratie impériale. Les agrariens républicains ont raison de faire l’éloge de la fidélité des campagnes qui ont témoigné à la République «leur reconnaissance en la sauvant du coup de folie auquel se laissaient aller la plupart de nos grandes villes, et particulièrement Paris, à la suite du général Boulanger» (article de Couteaux, «L’agriculture», La Semaine agricole, 3 juillet 1892).

Soo-Yun Chun
extraits de l'article
"«Amis de l’agriculture» (1870-1892"
publié dans Histoire & Sociétés rurales, 2003/2
en ligne

 

 

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dimanche 2 août 2015

chronologie des élections cantonales sous la Troisième République (1871-1939)

Union Rép Finistère 5 nov 1877 élections cant
L'Union Républicaine du Finistère, lundi 5 novembre 1877 : élections cantonales

 

 

chronologie des élections cantonales

sous la Troisième République (1871-1939)

 

loi 28 pluviôse an VIII

 

origine des conseillers généraux (canton des départements)

Les conseils généraux sont une création du Consulat par la loi du 28 pluviôse en VIII (17 février 1800), d'où procède également le corps préfectoral.

Cette loi fut l'oeuvre, pour l'essentiel, de Jean Antoine Chaptal (1756-1832), connu comme chimiste et homme politique. Chaptal fut nommé par le Comité de Salut public directeur de l'Agence des Salpêtres et Poudres en juin 1794. Rallié à Bonaparte sous le Consulat, ce dernier le nomme conseiller d'État puis ministre de l'Intérieur en novembre 1800. Mais le texte fut également défendu devant le Corps législatif par Pierre-Louis Roederer (1754-1835) et Emmanuel Crétet (1747-1809).

La loi du 28 pluviôse an VIII concernait "la division du territoire français et l'administration". Elle institutait le préfet comme unique responsable de l'administration du département et créait un Conseil général chargé des contributions directes.

La philosophie de cette centralisation fut exprimée par Chaptal le jour du vote : "Le préfet, essentiellement occupé de l'exécution, transmet les ordres au sous-préfet, celui-ci aux maires des villes, bourgs et villages ; de manière que la chaîne d'exécution descend sans interruption du ministre à l'administré, et transmet la loi et les ordres du gouvernement jusqu'aux dernières ramifications de l'ordre social avec la rapidité du fluide électrique" (Archives parlementaires de 1787 à 1860, tome 1, éd. Dupont, 1867, p. 230).

Les conseillers généraux étaient nommés par le gouvernement et convoqués pour les sessions.

Sous la monarchie de Juillet, la loi du 22 juin 1833 instaure l'élection, au suffrage censitaire, des conseillers généraux : choisis par canton pour neuf ans et renouvelables par tiers. Il faut attendre la IIe République avec le décret-loi des 3-11 juillet 1848 pour les conseillers généraux soient élus au suffrage universel.

la loi du 7 juillet 1852, sous le Second Empire, entérine l'élection au suffrage universel mais le président et les membres du bureau du conseil sont nommés par le président de la République (le sénatus-consulte du 7 novembre suivant réserve à l'empereur le droit de désigner par décret le bureau des conseils généraux).

Enfin, La loi organique départementale du 10 août 1871, organise l'élection au suffrage universel d'un conseiller par canton pour six ans ; l'élection d'un bureau (président, vice-président, secrétaires) par les conseillers eux-mêmes. Elle met en place les commissions départementales, organes permanents du Conseil général, qui ont pour mission d'assurer la continuité de son action dans l'intervalle des sessions plénières. Cette liberté fut à la source  de nombreux désaccords avec les préfets et de contentieux examinés par le Conseil d'État.

 

loi 10 août 1871

 

 

scrutins canonaux sous la Troisième République

Entre 1871 et 1939, on compte 22 scrutins (à l'exception des élections partielles bien sûr), soit 14 de 1871 à 1913, organisés pour élire les conseillers généraux pour six ans, renouvelables par moitié. Il y a donc des élections cantonales tous les trois ans sur la moitié du territoire national.

 

Élections cantonales des 8 et 15 octobre 1871

 

Élections cantonales des 4 et 11 octobre 1874

 

Élections cantonales des 4 et 11 novembre 1877

 

Élections cantonales des 1er et 8 août 1880

 

Élections cantonales des 12 et 19 août 1883

 

Élections cantonales des 1er et 8 août 1886

 

Élections cantonales des 28 juillet et 4 août 1889

 

Élections cantonales des 31 juillet et 7 août 1892

 

Élections cantonales des 28 juillet et 5 août 1895

 

Élections cantonales des 31 juillet et 7 août 1898

 

Élections cantonales des 21 et 28 juillet 1901

 

Élections cantonales des 31 juillet et 7 août 1904

 

Élections cantonales des 24 juillet et 4 août 1907

 

Élections cantonales des 24 et 31 juillet 1910

 

Élections cantonales des 3 et 10 août 1913

 

Élections cantonales du 14 décembre 1919

 

Élections cantonales des 14 et 21 mai 1922

 

Élections cantonales des 19 et 26 juillet 1925

 

Élections cantonales des 14 et 21 octobre 1928

 

Élections cantonales des 18 et 25 octobre 1931

 

Élections cantonales des 7 et 14 octobre 1934

 

Élections cantonales des 10 et 17 octobre 1937

 

 

Mauron Morbihan 1886
canton de Mauron dans le Morbihan en 1886

 

 

 

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lundi 27 juillet 2015

émeute du 12 mai 1839

gravure émeute du 12 mai 1839
l'émeute du 12 mai 1839, gravure

 

 

l'émeute du 12 mai 1839

organisée par la "Société des Saisons"

 

Opposants à la monarchie de Juillet et au roi Louis-Philippe, les membres de la Société des Saisons (auparavant, Société des Familles), tente, en vain, de soulever la population parisienne le 12 mai 1839.

 

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la Société des Saisons

Qu'était donc cette Société des Saisons ? Un groupement révolutionnaire secret dirigé par trois figures républicaines : Armand Barbès, Martin Bernard et Auguste Blanqui.

 

Société des Saisons
note de Louis Biernawski, ancien élève de l'École des Chartes [sur Biernarwski]
dans l'index de L'Éducation sentimentale, Gustave Flaubert, éd. 1910
(la mention "P. 332" renvoie au passage de Flaubert évoquant l'événement)

 

organigramme Société des Saisons 1837-39 (© Michel Renard)organigramme de la Société des Saisons, vers 1837-39 (© Michel Renard)

 

* Sur cet organigramme, le mois n'est pas une unité de temps mais un échelon de la société secrète qu'était la "Société des Saisons".

Au plus haut niveau de la société, se trouvait une division en groupes qui correspondaient à une année (mais le terme ne semble pas avoir été utilisé). Chaque groupe était divisé en saisons, d'où le nom de la société républicaine : "Société des Saisons".
À la tête d'une saison, le chef était appelé printemps. On en comptait quatre puisque les saisons (périodes de l'année) sont au nombre de quatre.

Chaque saison était, à son tour, divisée en mois avec trois chefs nommés juillet. Chacun de ces chefs avait sous ses ordres un mois comprenant 28 personnes divisées en quatre semaines (six hommes plus leur chef).

 

* Sur le procès de l'insurrection des 12 et 13 mai 1839, voir le site du Sénat qui met en ligne les interrogatoires des accusés, le procès-verbal des séances de jugements par la Cour des Pairs et divers documents (très instructifs) liés à la procédure. [ici]

* Sur les procès de 1839 et 1840, voir plus bas la présentation du rapport du "commissaire" Joseph Mérilhou ("pair" nommé en octobre 1837), lors des séances des 11 et 12 juin 1839 de la Cour des Pairs.

 

 

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les dirigeants

 

Barbès portrait (1)
Armand Barbès (1809-1870)

 

Armand Barbès portrait (2)
Armand Barbès (1809-1870)

 

Armand Barbès portrait (3)
Armand Barbès (1809-1870)

 

Auguste Blanqui portrait années 1840 (1)
Auguste Blanqui (1805-1881), dans les années 1840

 

Auguste Blanqui portrait années 1840 (2)
Auguste Blanqui (1805-1881), dans les années 1840

 

Auguste Blanqui portrait années 1840 (3)
Auguste Blanqui (1805-1881), assis de travers sur un parapet
du donjon de Vincennes dans les années 1840
(A. Lacauchie, dessinateur du modèle ; P. Rebel, graveur)

 

Martin Bernard portrait (1) - 1
Martin Bernard (1808-1883), ouvrier imprimeur

 

Martin Bernard portrait (2)
Martin Bernard (1808-1883), ouvrier imprimeur (photo. Nadar)

 

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récit résumé de cette tentative.

 

émeute 12 mai 1839 récit (1)

émeute 12 mai 1839 récit (2

émeute 12 mai 1839 récit (3)
note de Louis Biernawski, ancien élève de l'École des Chartes [sur Biernarwski]
dans l'index de L'Éducation sentimentale, Gustave Flaubert, éd. 1910
(la mention "P. 332" renvoie au passage de Flaubert évoquant l'événement)

 

Barbès à l'Hôtel de Ville gravure Histoire de Dix ans
Barbès à l'Hôtel de Ville, le 12 mai 1839 (à l'arrière-plan), image tirée du livre de Louis Blanc (1811-1882),
Histoire de Dix ans. 1830-1840 (1841), éd de 1882, p. 985

 

gravure Armand Barbès blessé
Armand Barbès blessé le 12 mai 1839, gravure

 

 

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sur Martin Bernard (1808-1883)

 

Martin Bernard par Claude Latta
Claude Latta, in Maintien de l'ordre en France et en Europe au XIXe siècle,
Société d'Histoire de la Révolution de 1848 et des Révolutions du XIX siècle, 1987, p. 66
[extraits en ligne, ici]

 

Martin Bernard portrait (3)
Martin Bernard (1808-1883), ouvrier imprimeur (photo. Nadar)

 

Martin Bernard par Claude Latta couv

 

L'historien Claude Latta est l'auteur d'une biographie intitulée Un républicain méconnu : Martin Bernard, 1808-1883, éd. Centre d'études foréziennes, 1979. [extraits en ligne, ici]

 

 

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sur Paris en 1839

 

Il se trouve que l'année 1839 correspond à la date de la plus ancienne photo de Paris. Cette vue ne concerne pas les lieux de l'émeute du 12 mai 1839, mais elle fournit une indication des réalités urbaines du Paris de l'époque.

 

Paris 1839 Daguerre
la photo la plus ancienne de Paris : boulevard du Temple en 1839

 

- "À noter que la photo représente une rue particulièrement  fréquentée, cependant le temps d’exposition pour les photos de l’époque étant supérieure à 10 minutes, les passants en mouvement n’ont pas eu le temps d’imprégner le film… ils n’apparaissent donc pas sur le cliché. Seul apparaît l’homme en bas à gauche, resté immobile le temps de faire cirer ses chaussures." (source)

- sur les photographies du XIXe siècle, voir ici sur ce blog.

 

 

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sur les procès de 1839 et 1840

 

 

Cour des Pairs pièces (1)

 

Joseph Mérilhou (1788-1856), avocat libéral sous la Restauration (1815-1830), joua un rôle lors des Trois Glorieuses (27, 28 et 29 juillet 1830) qui renversèrent le roi Charles X, et dans les mois qui suivirent à des postes de responsabilités au ministère de la Justice. Mérilhou fut nommé ministre de l'Instruction publiques et des Cultes (novembre 1830 - mars 1831).
En 1832, il devint membre de la cour de Cassation. Il siégea également à la Chambre des députés comme élu du département de la Dordogne. Le roi Louis-Philippe le nomma à la Chambre des Pairs (Sénat) le 5 octobre 1837. C'est à ce titre qu'il fut désigné comme rapporteur dans l'affaire de l'émeute des 12 et 13 mai 1839.
Révoqué de la cour de Cassation par la révolution de 1848, il y fut réintégré dès 1849.

 

Joseph Mérilhou vers 1835
Joseph Mérilhou (1788-1856)

 

 

Cour des Pairs pièces (2)

Cour des Pairs pièces (3)

Cour des Pairs pièces (4)

Cour des Pairs pièces (5)

Cour des Pairs pièces (6)

Cour des Pairs pièces (7)

Cour des Pairs pièces (8)

Cour des Pairs pièces (9)

 

 

 

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dimanche 26 juillet 2015

Pouvoir au village et Révolution. Artois, 1760-1848 (1987) de Jean-Pierre Jessenne - compte rendu par J. Godechot

Jessenne Artois couv

 

 

Pouvoir au village et Révolution. Artois,

1760-1848 (1987)

de Jean-Pierre Jessenne - compte rendu par J. Godechot (1990)

 

Jean-Pierre Jessenne, Pouvoir au village et Révolution. Artois, 1760-1848, Lille, Pul, 1987.

L'auteur a étudié un problème encore mal connu, et, en tout cas fort controversé malgré des thèses importantes, telles que celles de Georges Lefebvre sur les paysans du Nord ou de Paul Bois sur ceux de l'Ouest.

Il établit d'abord la hiérarchie des groupes sociaux, qui était très nette et très stricte en Artois à la fin du XVIIIe siècle : en tête les fermiers (5% de la population). Ce terme ne désigne pas seulement, comme aujourd'hui, les locataires de terres, mais aussi les propriétaires, et d'une manière générale les gros exploitants. Puis les laboureurs (15%) qui se suffisent à eux-mêmes. Viennent ensuite les personnes "vivant de leurs biens", anciens fermiers ou bourgeois revenus au village et vivant des revenus de leurs terres. Les professions libérales, peu nombreuses, surtout médecins et hommes de loi (3%), les marchands (de chevaux, bestiaux etc., 8%), les artisans, groupe assez important (15%), les ménagers (7%) qui ne peuvent vivre de leurs seules propriétés, les manouvriers, le quart de la population rurale, qui doivent se louer pour vivre (dans le Midi on les appelle brassiers), les ouvriers (14%), en général tisserands, les domestiques (7%), les mendiants, de plus en plus nombreux à la veille de la Révolution, et coiffant le tout le seigneur et le curé (ou les religieux, s'il existe une abbaye dans le voisinage).

À la différence du Midi où le village est administré par un conseil politique élu (selon des règles il est vrai, en général peu démocratiques) en Artois c'est le seigneur qui désigne le lieutenant et le maire. Il existe bien des assemblées générales des chefs de famille, mais elles ne se rassemblent que rarement, et pour discuter le plus souvent des biens communaux. En fait le seigneur et les fermiers (par leur influence) dirigent la communauté villageoise.

Qu'en advint-il avec le nouveau régime qui institua les municipalités ? Jean-Pierre Jessenne constate, qu'en moyenne, 45% des membres de nouvelles municipalités ont été recrutés parmi les anciens dirigeants des villages. Quant aux citoyens actifs, c'est-à-dire les électeurs, que Georges Lefebvre estimait minoritaires, Jean-Pierre Jessenne constate comme Paul Bois et d'autres chercheurs travaillant sur le Midi de la France qu'ils formèrent la grande majorité des hommes de plus de 25 ans et n'étant pas domestiques.

Mais, question qui préoccupe - avec raison - les chercheurs aujourd'hui, quelle était la participation électorale ? Faible en général. Rarement elle dépasse 50% des citoyens actifs, et tombe parfois à 11% en 1790. En 1791 les taux de participation sont encore plus faibles, la moyenne atteint 12,7%. Quant aux élus, les fermiers, cette année-là, se taillent la part du lion : 83%. Les élections de septembre 1792 eurent lieu au suffrage universel, la participation ne fut pas plus forte, mais elle amena un renouvellement des élus, la place des paysans semble avoir régressé au profit des artisans. Mais beaucoup de documents ont été perdus. Toutefois les fermiers continuent à dominer les villages. C'est, écrit l'auteur, une "véritable fermocratie". Il conclut : "La continuité du pouvoir au village dans le changement politico-social caractérise la situation des villages artésiens jusqu'en 1792".

En 1793 un nouveau pouvoir naît : les comités de surveillance révolutionnaires, où manouvriers, artisans, tisserands ont la majorité. Ce sont les organismes locaux de la Terreur. Mais ils sont supprimés dès 1795. La Terreur, la guerre - toute proche - et ses conséquences (contributions, réquisitions, logement de soldats), la déchristianisation, la persécution des prêtres réfractaires, éloignent les paysans de la Révolution.

Sous le Directoire, les fermiers reconquièrent le pouvoir, mais la participation électorale reste très faible : en l'an V, 8 à 19%.

À partir du Consulat, et jusqu'à la révolution de 1848, on constate une grande stabilité dans le recrutement des maires, des adjoints et des conseillers municipaux. Les fermiers forment toujours l'énorme majorité. Mais les nobles et les prêtres sont totalement éliminés. Les artisans sont assez bien représentés. Souvent, on se succède de père en fils dans une fonction municipale.

La deuxième partie du volume est consacrée au système de production du village artésien, répartition des terres, mode de tenure (propriété ou fermage), moyens d'exploitation (trains de culture). Le chapitre VII est intitulé la Fermocratie et explique les stratégies familiales et matrimoniales pour maintenir les grosses fermes dans les mêmes familles. Tout ceci explique pourquoi, sauf en 1793-1794, les fermiers ont conservé le pouvoir au village.

Le livre se termine par d'utiles annexes : cartes de l'Artois, liste des villages étudiés avec les principales données numériques les concernant, répartition socio-professionnelle des délégués des communautés en 1789, des municipalités en 1790, participation électorale en 1790, répartition socio-professionnelle des électeurs en 1814, 1821, 1846, répartition des acquéreurs de biens nationaux et reproduction de quelques documents fondamentaux. L'ouvrage est illustré de photographies bien choisies. Il comporte une liste de sources et une bibliographie. Peut-être un index eût-il été utile.

Dans l'ensemble, excellente étude, qui servira de modèle et permettra des comparaisons avec d'autres régions de France.

Jacques Godechot

 

- source : Jacques Godechot, Revue belge de philologie et d'histoire, année 1990, volume 68, numéro 68-4, pp. 1012-1013

 

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 cartes

 

carte du livre de Jessenne
carte du livre de Jean-Pierre Jessenne

 

Nord-Pays-de-Calais paysages ruraux synthèse
Nord-Pas-de-Calais actuel : paysages ruraux, synthèse

 

- source : http://www.nord-pas-de-calais.developpement-durable.gouv.fr/?-Cartotheque-

 

 

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 images : cartes postales anciennes (avant 1914)

de quelques villages étudiés par Jean-Pierre Jessenne

 

Ayette (Arras) berger cpa
berger à Ayette (Arras)

 

Fleurbaix cpa
Fleurbaix, entrée du bourg par la route d'Armentières

 

Monchy-le-Preux cpa
Montchy-le-Preux, la porte du château

 

 

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mercredi 22 juillet 2015

Berlin en juillet 1945, en couleurs

Berlin juillet 45 (1)
Berlin, juillet 1845

 

 

Berlin en juillet 1945, en couleurs

 

 

Berlin in July 1945 HD 1080p color footage

 

On ne connaît pas le nom ni la nationalité de l'opérateur. Mais il s'agit d'un film tourné, juste quelques semaines après la chute de Berlin devant l'offensive soviétique.

 

Berlin juillet 45 (2)
Berlin, juillet 1945 ; panneaux en langue russe :
en haut à gauche, place de Paris, au dessous, Brandebourg ; à droite, en haut, Reichstag...

 

Berlin juillet 45 (3)
Berlin, juillet 1945 : panneau indicateur soviétique, Alexander Platz

 

Berlin juillet 45 (4)
Berlin, juillet 1945 : dans les ruines de la Chancellerie

 

 

La ville de Berlin fut conquise par l'Armée Rouge (soviétique) en avril-mai 1945. Les troupes américaines et britanniques, avec un petit contingent français, entrèrent dans Berlin à partir du 4 juillet 1945.

 

lien

- résumé historique de l'occupation de Berlin à l'été 1945 par les Alliés.

 

 

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lundi 20 juillet 2015

descendance de Charles VI (1380-1422) et d'Isabeau de Bavière

Charles VI et Isabeau détail
Charles VI et Isabeau de Bavière

 

descendance du roi Charles VI (1380-1422)

et d'Isabeau de Bavière

 

descendance de Charles VI et d'Isabeau de Bavière (Michel Renard)
descencance du roi Charles VI (1380-1422) et d'Isbeau de Bavière

 

 

le roi Charles VI (1380-1422), quatrième de la dynastie des Valois

 

Charles VI de Valois en majesté
le roi Charles VI en majesté, pourvu de tous les attributs royaux

 

Charles VI est le premier des deux enfants qui ont survécu de l'union de son père, Charles V le Sage (roi de 1364 à 1380) et de sa mère, Jeanne de Bourbon qui donna la vie à neuf enfants au total (voir le tableau ici). Charles eut en effet un frère cadet, Louis (1372-1407) qui vécut trente-cinq ans dont vingt-sept pendant le règne de son aîné.

Charles VI était né le 3 décembre 1368 et mourut le 21 octobre 1422, à l'âge de 73 ans. Sa folie débuta en 1392 et dura trente ans, mais avec des intermittences pendant lesquelles il recouvrait une certaine lucidité.

 

Isabeau de Bavière (1371-1435)

 

Isabeau de Bavière et ses suivantes
Isabeau de Bavière et ses suivantes

 

la mort d'Isabeau de Bavière
la mort d'Isabeau de Bavière

 

 

mariage de Charles VI

Charles VI épousa Elisabeth ou Isabeau de Bavière (née en 1370) le 17 juillet 1385, étant donc déjà roi mais seulement âgé de moins de dix-sept ans.

 

Charles VI en costume et Isabeau de Bavière devant une ville
Charles VI en costume de sacre et Isabeau de Bavière devant l'entrée d'une ville

 

 

les enfants de Charles VI et d'Isabeau


De leur mariage sont nés douze enfants, comme le montre le tableau ci-dessus. Et comme le précise l'archiviste-paléographe et historien Auguste Vallet de Viriville (1815-1868) dans un article paru en 1858 : "Note sur l'état civil des princes et princesses nés de Charles VI et d'Isabeau de Bavière", Bibliothèque de l'École des Chartes, 1858, n° 19, p. 473-482 (en ligne), dans le récapitulatif ci-dessous :

 

tableau enfants Charles VI Vallet de Viriville
tableau récapitlatif dressé par Auguste Vallet de Viriville (1858)

 

 

Charles (1386)

Charles 1386
Auguste Vallet de Viriville (en ligne)

 

chapelle Charles V à Saint-Denis
plan de la chapelle de Charles V, basilique de Saint-Denis, dessin tiré de l'ouvrage de Dom Félibien (1706) :
A : Le tombeau de Charles V ; B : Le tombeau de Charles VI, C : le tombeau de Charles VII - disparu.
D : Du Guesclin ; E : Bureau de La Rivière ; F : Charles, dauphin ; G : Louis de Sancerre; H : Arnaud de Barbazan

 

 

 

Jeanne (1388-1390)

2° "Jeanne de France, première fille, naquit en la maison royale de Saint-Ouen, près Saint-Denis, le 14 juin 1388, à une heure de prime (de six à sept heure du matin). Elle fut baptisée et vécut peu. Elle mourut en 1390, et fut inhumée en l'abbaye royale de Maubuisson."

Auguste Vallet de Viriville (en ligne)

 

abbaye de Maubuisson (1)
abbaye royale de Maubuisson où fut inhumée Jeanne (1390) la deuxième fille de Charles VI

 

abbaye de Maubuisson (2)
abbaye royale de Maubuisson où fut inhumée Jeanne (1390) la deuxième fille de Charles VI

 

 

Isabelle (1389-1409)

Mariée au roi Richard II d'Angleterre (1396-1400), en 1396, pas encore âgée de sept ans. L'union ne fut pas consommée, et Isabelle revint en France (août 1401) peu après la mort de son époux.

Elle fut ensuite

 

Isabelle de France 1389-1409
Auguste Vallet de Viriville (en ligne)

 

mariage Chaterine de Valois et Henri V en 1520
mariage d'Isabelle de Valois et du roi Richard II d'Angleterre, en 1396

 

mariage Chaterine de Valois et Henri V en 1520 détail
mariage d'Isabelle de Valois et du roi Richard II d'Angleterre, en 1396 (détail)

 

 

Jeanne (1391-1433)

 

Epouse Jean V, duc de Bretagne (1389-1442). Le mariage a lieu le 19 septembre 1896 : Jeanne est âgée de 5 ans, et Jean de 8 ans.

 

mariage Jeanne de Valois et de Jean V duc de Bretagne
mariage de Jeanne de France et de Jean V, duc de Bretagne, en 1896

 

 

Charles (1392-1401)

 

Premier dauphin, duc de Guyenne.

 

Charles dauphin 1392-1401 portrait
Charles, premier dauphin (1392-1401)

 

Charles dauphin 1392-1401
figure de jeune prince renant une couronne (dessin de Gaignières, 1642-1715)
Charles (1392-1401) ? [source]

 

 

Marie de Valois (1393-1438)

 

Prieure à Poissy. Y entra en 1397. Elle mourut de la peste. Enterrée dans l'église de Poissy près de la grille.

 

 

Michelle de Valois (1395-1422)

 

Michelle de Valois
Michelle de Valois (1395-1422), mariée à Philippe III de Bourgogne

 

 

 

Louis (1397-1415)

 

 

 

Louis (1398-1417)

 

 

 

Catherine de Valois (1401-1437)

 

Catherine de Valois épouse d'Henri V Ang
Catherine de Valois ((1401-1437), épouse du roi Henri V d'Angleterre

 

En application du traité de Troyes (21 mai 1420), la plus jeune fille de Charles VI fut accordée en mariage au roi d'Angleterre, Henri V. La cérémonie eut lieu le 2 juin 1420 dans l'église Saint-Jean-du-Marché à Troyes même.

Cette union ne dura que deux ans, puisque le souverain anglais mourut le 31 août 1422.

 

mariage Chaterine de Valois et Henri V en 1520 église
mariage de Catherine de Valois et d'Henri V d'Angleterre, le 2 juin 1420

 

 

Charles VII (1402-1461)

 

Charles VII roi jeune
le roi Charles VII, jeune

 

 

Phlippe (1407)

 

 

______________

 

bibliographie : Auguste Vallet de Viriville (1815-1868), "Note sur l'état civil des princes et princesses nés de Charles VI et d'Isabeau de Bavière", Bibliothèque de l'École des Chartes, année 1858, n° 19, p. 473-482 (en ligne)

- Auguste Vallet de Viriville : data.bnf.fr

Auguste Vallet de Viriville (1815-1868) 2
     photographie Nadar

 

Auguste Vallet de Viriville (1815-1868)
Auguste Vallet de Viriville (1815-1868), archiviste-paléographe, historien,
auteur de nombreux travaux sur la guerre de Cent ans, les XIVe et XVe siècles

 

Michel Renard
professeur d'histoire

* à terminer

 

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dimanche 19 juillet 2015

descendance de Charles V le Sage, roi de 1364 à 1380

Charles V et Jeanne de Bourbon
le roi Charles V le Sage (1364-1380) et son épouse Jeanne de Bournon

 

 

descendance de Charles V le Sage,

roi de 1364 à 1380,

et de Jeanne de Bourbon

 

descendance Charles V le Sage (Michel Renard)
descendance du roi Charles V le Sage (1364-1380) et de Jeanne de Bourbon

 

 

 

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samedi 18 juillet 2015

Philippe VI, roi (1328-1350) : ascendance et descendance

sacre de Philippe VI de Valois
sacre de Philippe VI de Valois, 1328 (Froissart, Chroniques, BnF)

 

ascendance et descendance du

roi Philippe VI de Valois (1328-1350)

et de Jeanne de Bourgogne

 

ascendance et descendance de Philippe VI de Valois (Michel Renard)
ascendance et descendance du roi Philippe VI de Valois (1328-1350)

 

Le roi Philippe VI de Valois (1328-1350) et son épouse Jeanne de Bourgogne eurent de nombreux enfants dont les données factuelles relatives à leur naissance, et même à leur prénom, ne sont pas toujours établies précisément. La plupart étant décédés en très bas âge et leur sort devant être laissé dans une certaine discrétion pour ne pas alimenter les jugements hostiles sur la "male royne boiteuse".

Des reproches, en effet, furent formulés à l'encontre de Jeanne de Bourgogne dont on réprouvait le rôle politique et son influence pour "lier le plus étroitement possible la politique française aux intérêts de la Papauté, de l'Empire et de sa famille bourguignonne, particulièrement ceux de son frère Eudes IV, duc de Bourgogne. Un historien contemporain voit dans cette attention "portée aux choses de l'Est" le contrepoids nécessaire à l'influence des hommes de l'Ouest - bretons et normands -  plus naturellement ouverts aux thèses anglaises. Il est bien évident que ce jugement porté à froid ne pouvait être celui des hommes du XIVe siècle, surtout s'ils étaient hostiles aux Bourguignons ou écrivaient sous le règne de Charles VI, en pleine domination anglaise. Or, les chroniqueurs qui ont cité Jeanne de Bourgogne, Froissart en tête, sont dans ce cas et rédigent à partir de racontars, dans la seconde moitié du siècle, donc bien après la mort de la reine. Leurs jugements sont ceux d'ennemis politiques (...)', explique Aiine Vallée-Karcher en 1980 (source).

De tous les enfants du couple, deux garçons survécurent : l'aîné Jean qui devint roi (Jean II le Bon) en succédant à son père, et le cinquième fils, Philippe, devenu duc d'Orléans par son apanage. Philippe d'Orléans (1336-1376) était donc l'oncle du roi Charles V (1364-1380).

 

Jeanne de Bourgogne, une "reine maudite" ?

Philippe VI enfants Vallée-Karcher - 1
"Jeanne de Bourgogne, épouse de Philippe VI de Valois : une reine maudite ?"
Aline Vallée-Karcher, conservateur aux Archives nationales,

Bibliothèque de l'École des Chartes, 1980, tome 138, livraison 1, p. 94-96 (source)

 

Michel Renard
professeur d'histoire

 

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jeudi 16 juillet 2015

la descendance du roi Jean le Bon (1350-1364)

Jehan le Bon
Jehan Roy de France, portarit anonyme

 

 

la descendance du roi de France

Jean II le Bon (1350-1364)

 

 

descendance de Jean II le Bon (Michel Renard)
la descendance du roi Jean II le Bon (1350-1364) et de Bonne de Luxembourg


Jean le Bon a épousé Bonne de Luxembourg à l'âge de treize ans ; elle en avait dix-sept. De cette union, ils eurent onze enfants, sept filles et quatre garçons. Ces derniers ont tous été des personnalités politiques importantes.

L'aîné, Charles, fut régent du temps de la captivité de son père en Angleterre, puis lui succéda à l'âge de 26 ans.

Le deuxième, Louis, exerce des responsabilités militaires de premier plan durant le rège de son frère puis devient président du conseil de régence à la mort de ce dernier en 1380.

Le troisième, Jean, est connu pour l'intérêt qu'il a manifesté à l'égard des arts et comme commanditaire de six livres d'heures dont le très célèbre Les très Riches heures du duc de Berry exécuté par les frères Limbourg (1410-1416, inachevé) ; mais il a également participé aux campagnes militaires.

Le quatrième, Philippe le Hardi, dont la légende a retenu le rôle héroïque, à l'âge de quatorze ans, aux côtés de son père lors de la bataille de Poitiers (1356) : "Père, gardez-vous à gauche ; père, gardez-vous à droite" ; est devenu duc de Bourgogne et le premier des quatre grands duc de cette contrée, avec son fils Jean sans Peur, le fils de celui-ci, Philippe le Bon et enfin Charles Téméraire.

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Les filles de Jean le Bon n'ont pas eu toutes une destinée égale. Quatre, sur les sept, sont mortes en bas âge (deux à moins d'une an, une à quatre ans et l'autre à cinq ans). Mais Jeanne, Marie et Isabelle, par leur mariage jouèrent un rôle politique et dynastique.

Jeanne de France (ou de Valois) vécut quarante ans. Elle épousa Charles II de Navarre, dit "Charles le Mauvais" (1332-1387).

 

Jeanne de France, fille de Jean le Bon (1)
Jeanne de France, fille de Jean le Bon

 

Jeanne de France, fille de Jean le Bon (2)
Jeanne de France (ou de Valois), fille de Jean le Bon, épouse de Charles le Mauvais (BnF)

 

(à suivre)

 

Psautier de Bonne de Luxembourg
Jean le Bon et Bonne de Luxembourg, Psautier de Bonne de Luxembourg (1348-1349)

 

Psautier de Bonne de Luxembourg (les deux époux)
Jean le Bon et Bonne de Luxembourg sur le Psautier de cette dernière

 

 

* au sujet de la naissance de Charles V, considérée comme ayant eu lieu en 1337, sur le témoignage erroné de Christine de Pisan, voir l'article de Roland Delachenal (1903) : "Date de la naissance de Charles V".

* sur le portrait Jehan Roy de France, voir "Le portrait royal entre Moyen Âge et Renaissance".

 

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