mardi 6 novembre 2018

plaque du souvenir 1914-1918 et 1939-1945

en_attendant_l_assaut
en attendant l'assaut (Montdidier, Somme), 1918

 

plaque commémorative

des maîtres et élèves "morts pour

la France"

journal de bord d'une recherche en cours (2008 - 2013-2014)

91982347_o

Le lycée Claude Lebois, à Saint-Chamond (Loire), conserve dans son enceinte une plaque commémorative dédiée aux "maîtres et élèves" "morts pour la France" en 1914-1918.

Elle est apposée sur l'extérieur d'un mur de la maison du gardien de l'établissement. Dès mon arrivée dans ce lycée, la plaque m'avait intéressé et j'avais transcrit les noms de façon qu'ils soient lisibles par un moteur de recherche sur internet, en 2008. Peut-être quelques descendants de ces victimes se manifesteraient-ils ?

évoquer, refaire, ressusciter...

Fin 2013, j'ai entamé des recherches visant à réunir un maximum d'informations sur ces quatre "maîtres" et ces cinquante-et-un "élèves" ayant appartenu à l'ancêtre du lycée Claude Lebois, l'École Pratique fondée à Saint-Chamond en 1879.
Leur point commun, outre leur rapport à l'École, était d'avoir perdu la vie au cours de l'affrontement de la Première Guerre mondiale, nommée à l'époque la "Grande Guerre". Mais, cette communauté de destin restait un petit agrégat statistique.

Il importait de savoir que, derrière cet anonymat, se cachaient des parcours de vie diversifiés. Il fallait, en quelque sorte,comme le pensait Jules Michelet dans la préface de son Histoire de France en 1869, "évoquer, refaire, ressusciter" ces noms clos sur eux-mêmes par leur seule énonciation et par leur inscription dans la pierre.

Qu'avaient-ils été avant le fatal instant qui les avait fauchés, pour la plupart, à l'aube de leur vie d'adultes ? Qu'avaient-ils accompli durant la vingtaine d'années qui précéda leur mort ? D'où venaient-ils ? À quoi ressemblaient-ils ? Qu'étaient donc leur famille, leur itinéraire scolaire et professionnel, leurs amours ?
Ensuite, quels avaient été les épisodes de leur vie de soldat ? Souvent courte pour nombre d'entre eux. Dans quelles circonstances avaient-ils trouvé la mort, quels paysages avaient-ils eu sous les yeux ?

Difficile de répondre, pour tous, à toutes ces interrogations. Mais les archives et documents iconographiques anciens délivraient des connaissances factuelles, permettaient de formuler des hypothèses, autorisaient une reconstitution probable des ultimes moments de leur vie.

fiche matricule cerclée
fiche matricule de Louis Arrivet, professeur à l'École pratique de Saint-Chamond


comment et où chercher ?

Les sources d'informations sont multiples :

  • fiches individuelles des soldats "morts pour la France" mises en ligne sur le site du service historique du ministère de la Défense, Mémoire des hommes ;
  • Journaux de Marche et d'Opérations (J.M.O.) des unités militaires édités sur le même site ;
  • registres de recrutement, registres de recensement de population, état-civil, courriers officiels reçus par la Mairie... tout cela consultable aux Archives municipales de Saint-Chamond ;
  • récits et mémoires individuels publiés sous forme de livres ou édités sur internet par les familles et descendants des combattants ; iconographie diverse, dont les cartes postales anciennes...


Mais ces sources réservent aussi des obstacles, des complications, des silences, quelques confusions parfois. L'identification de tel ou tel soldat, la localisation de tel ou tel épisode ne sont pas toujours aisées. C'est le sort de toute investigation et le défi du métier d'historien.

Espérons avoir arraché, à un passé fuyant, des traces tangibles ressuscitant quelque peu ces hommes morts pour la France, pour nous.

Michel Renard
professeur d'histoire
au lycée Claude Lebois
de Saint-Chamond

 

Morts_pour_la_France_1
apposée sur le côté de la maison du gardien au lycée Claude Lebois

 

plan

I - enquête sur une plaque commémorative

     1) photo et description stylistique

     2) l'emplacement initial de la plaque commémorative

     3) la plaque du souvenir dressée dans le nouveau lycée

     4) le graveur Maurice Bourdier

     5) une image de la plaque en 1936

     6) la commémoration du cinquantenaire de l'École en 1929

     7) des témoignages contradictoires

     8) quand la plaque a-t-elle été installée sur le site de l'actuel lycée

II - qui furent ces élèves et professeurs "morts pour la France" ?

     1) liste nominative gravée sur la plaque

     2) photos des anciens élèves de l'École Pratique (1936)

     3) fiches individuelles des 4 "maitres"

     4) fiches individuelles des 51 élèves

     5) statistiques :

        A) données démographiques sur les 51 élèves
        B) quelles ont été les années les plus meurtrières ?
        C) quelles ont été les unités (régiments) ?

III - transmettre la mémoire et perpétuer le patrimoine à Saint-Chamond

     1) pour une politique de patrimonialisation du cimetière

     2) le cas de la tombe de Pierre Frécon

        - lettre au Maire de Saint-Chamond (4 février 2014
        - réponse de la Mairie (13 mars 2014)
        - commentaire

 

 

I - enquête sur une plaque commémorative

rédaction provisoire

 

1) photo et description stylistique

 

27012159-1
les noms gravés sur la plaque

 - lycée Claude Lebois, Saint-Chamond (Loire) : plaque commémorative des "maîtres" et "élèves" de l'École Pratique "morts pour la France" durant la Première Guerre mondiale (1914-1918) et mention des victimes de la Deuxième Guerre (1939-1945) par l'association des Anciens élèves de l'école Claude Lebois.

 

Diapositive1
une plaque de marbre gravée ; légende stylistique

 

recherche : 2008

 

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2) l'emplacement initial de la plaque commémorative

 

- J'ai appris aujourd'hui (2 décembre 2013), grâce à l'archiviste Samuel Bouteille, où était apposée la plaque avant qu'elle n'arrive au lycée : sur les murs de l'ancienne École Pratique d'industrie, puis Collège Claude Lebois, juste à droite de l'actuelle entrée des Archives municipales, dans la cour intérieure de la Mairie (ancien cloître).

emplacement de la plaque mur mairie
juste à l'entrée droite du cloître (actuelle cour intérieure de la Mairie) quand on vient du Jardin public

 

emplacement de la plaque mur mairie (2)
entre les deux obus, on devine l'emplacement de la stèle

 

En respectant les proportions, la plaque occupait cet espace dans son emplacement initial :

plaque montage janvier 2014

- montage réalisé le 9 janvier 2014.

 

La plaque devait comporter, dans sa partie inférieure, une palme comme on peut en voir sur d'autres plaques commémoratives. Cette palme fut, sans doute, retirée, après la Libération, afin de faire graver l'évocation des victimes de 1939-1945.

 

Parné-sur-Roc (53) plaque avec palme
plaque de Parné-sur-Roc, en Mayenne (source)

 

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3) la plaque du souvenir dressée dans le nouveau lycée

- Je découvre aujourd'hui (3 décembre 2013) l'emplacement premier de la plaque, en mémoire des lycéens de Claude Lebois "morts pour la France", sur le site du nouveau lycée (1961) : carte postale en couleurs ci-dessous.

En recueillant le témoignage de l'actuel gardien, Gilles Samard (17 décembre 2013), lui-même ancien élève de l'établissement, j'apprends que :
- la date à laquelle le lycée a été victime d'un incendie est 1994 ;
- le bâtiment de l'administration, visible ici au premier plan, avait les mêmes dimensions qu'aujourd'hui (la photo ne le laisse pas voir de manière évidente...). Donc la plaque était élevée à l'endroit où les élèves passent aujourd'hui sous le porche pour accéder à la cour ;
- longtemps, le 11 novembre, le lycée a été ouvert le matin pour la cérémonie de dépôt de gerbe devant la plaque. Ce fait m'a été confirmé (19 décembre 2013) par Mme Simone Malosse, ancienne responsable de la Société des Anciens élèves du lycée d'État Claude Lebois ; dont j'ai découvert ce jour un dossier de demande subvention à la Mairie, datant de 1998.

lycée Claude Lebois années 1960_70
les bâtiments du lycée Claude avant l'incendie de 1994

 

Diapositive1

 

 - Elle était plus visible, et plus lisible, à l'époque qu'aujourd'hui. On devrait peut-être songer à la réinstaller dans la cour pour qu'elle soit plus présente à l'esprit des lycéens. Ce serait un bel hommage à l'occasion du centenaire des années 1914-1918.

- 27 décembre 2013, rencontre, à la bibliothèque de Saint-Chamond, avec Christian Peyrard, ancien professeur d'EPS à la retraite depuis 2002. Il témoigne que le proviseur, Roger Moisy (1996-2001 ; nommé ensuite dans un lycée marseillais) souhaitait jeter la plaque commémorative...! Finalement, elle fut reléguée sur un mur de la maison du gardien, devenant quasiment invisible.

Mme Yvette Bonnet, ancienne du C.D.I. du lycée, témoigne pour sa part que la plaque était déjà installée au lycée en 1964-1965.

 

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Indi aux archives 9 déc 2013 (2)

 

4) le graveur Maurice Bourdier

L'auteur de la plaque du souvenir est Maurice Bourdier, dont "l'atelier de sculpture et marbrerie" existait dans les années 1920 et, sûrement, dès avant la Grande Guerre.

Comment le savons-nous ? D'abord, son nom figure au bas de sa réalisation : Bourdier M. Ensuite, les Archives municipales livrent des renseignements dans les cartons relatifs au Monument aux Morts du cimetière communal de Saint-Chamond et à l'École Pratique d'Industrie (ancêtre du lycée Claude Lebois).

On y découvre un courrier à entête de Maurice Bourdier, datée du 22 août 1922 (réf. 1 Msc 26).

Bourdier lettre (1)

 

Bourdier lettre (2)
la lettre à entête de Maurice Bourdier, graveur, 1922

 

données familiales sur le graveur Maurice Bourdier

On trouve aussi quelques informations sur Maurice Bourdier et sa famille dans le recensement des habitants de Saint-Chamond en 1911 (archives en ligne du département de la Loire).

Celui qui grava la plaque commémorative actuelle habitait rue Ventefol à Saint-Chamond, il était né en 1870 à Saint-Étienne ; son épouse se prénommait Virginie, née en 1876 dans la petite commune de Saugues [noté par erreur : Sauges] en Haute-Loire.
Ils avaient un fils, Marcel, né en 1897, à Saint-Étienne comme son père. Ce dernier nous apprend, dans sa lettre du 22 août 1922, que son fils a participé à la Première Guerre mondiale où il a été blessé deux fois et qu'il a reçu la Croix de Guerre.

Il est noté que Maurice Bourdier avait comme profession celle de marbrier et qu'il était patron.

 

Recensement Bourdier 1911 photo
recensement de Saint-Chamond en 1911, rue Ventefol

 

Dans le recensement de 1906, Maurice Bourdier est indiqué comme domicilié rue Ventefol à Saint-Chamond. Sa date de naissance est notée 1871 et non 1870 comme cinq ans plus tard (?). Aucun autre Bourdier n'est enregistré... mais son épouse est notée à la ligne suivante sous son nom de jeune fille : Chades Virginie.

Bourdier 1906 photo
Recensement de 1906, huitième ligne en partant du haut

 

La consultation de trois annuaires professionnels anciens recensant les commerces et industries du département livre les données suivantes.
Celui de 1924 inscrit : Bourdier, rue Ventefol (à Saint-Chamond, bien sûr), sous la rubrique "Monuments funéraires (entreprises de).
Celui de 1946 indique : Bourdier Maurice, marbrier ; 3, rue Ventefol.
Par contre, celui de 1955-1956 ne connaît plus de Bourdier. Mais, à la même adresse (3, rue Ventefol), on trouve, dans la rubrique "marbrier", un Bonnet.
Donc Maurice Bourdier a, professionnellement, disparu entre 1946 et 1955.
Mais quand précisément ? Sa tombe, au cimetière de Saint-Chamond, nous l'apprend : en 1953, à l'âge de quatre-vingt-trois ans.

 

la stèle de Maurice Bourdier au cimetière de Saint-Chamond

stèle Bourdier cimetière St-Cham
photo prise le 2 février 2014

 

Cette stèle nous apprend :
a) que Maurice Bourdier est décédé en 1953 à l'âge de 83 ans (sa première épouse était Virgine née Chades, 1876-1958) ;
b) que son fils Marcel est mort avant lui, en 1947 à l'âge de 50 ans (son épouse était Madeleine [ou Marie ?] née Bur, 1893-1967).
La dernière mention à la mémoire de Barbara Bustos, 1915-2002 est énigmatique. S'agit-il d'une seconde épouse de Maurice Bourdier, né en 1870 ? Cela est peu vraisemblable...
C'est, probablement, Maurice Bourdier qui a gravé les lignes supplémentaires sur la plaque commémorative du lycée évoquant les victimes de 1939-1945.

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5) une image de la plaque en 1936...

Les archives conservent un dessin révélant, presque à la dérobée, la plaque dans son emplacement d'origine : la galerie du cloître devenue élément architectural de l'École Pratique d'Industrie (aujourd'hui cour intérieure de la Mairie). Ce dessin datant d'environ 1936 (réf. 4 Msc 13).

 

dessin 1936 plaque
projet de rénovation de l'École Pratique d'Industrie, env. 1936

 

Diapositive1

 

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6) la commémoration du cinquantenaire de l'École en 1929

 

avec la plaquette de 1929

Il est établi que la plaque commémorative dédiée aux élèves et professeurs morts en 1914-1918 existait dès les années 1920. Comme tous les monuments mémoriels relatifs à la guerre de 1914-1918.
En effet, à l'occasion du cinquantenaire de l'École Pratique, un hommage a été rendu à son fondateur, Claude Lebois, le 27 octobre 1929. Dans la plaquette éditée à cette occasion, il est fait mention de "l'hommage aux morts" rendu devant cette plaque et du dépôt d'une gerbe par le président de l'Association des Anciens élèves (arch. mun., 1 Rsc 20).

couv 1929

 

hommage aux morts 1929

 

- "Les personnes ayant pris part à la cérémonie se forment en cortège. Elles viennent se recueillir un instant devant la plaque  portant les noms des Professeurs et des Élèves Morts pour la France.
M. Parizot, Président de l'Association des Anciens Élèves, dépose des fleurs."

 

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7) des témoignages contradictoires...

Diapositive1
en fait, ce montage ne correspond pas à l'image de la plaque... (6 janvier 2014)


Au cours de cette enquête, des témoignages contradictoires, totalement incompatibles, ont été recueillis sur la date à laquelle la plaque, posée au début des années 1920, était encore visible.
L'ancien responsable des bâtiments de la Mairie (sollicité par l'archiviste municipal), en poste au début des années 1980, ne se souvient absolument pas d'avoir vu cette plaque. Samuel Bouteille, archiviste, affirme qu'elle n'était pas là en 2000, lors de son arrivée.
Par contre, deux employées de la Mairie, l'une à la retraite (entrée en 1973) et l'autre encore en activité (entrée en 1985), sont formelles : la plaque était toujours là à la fin des années 1980, voire au début des années 2000.
L'enquête continue... Tous les témoignages sont les bienvenus.

Gérard Ducarre
Gérard Ducarre

Le jeudi 19 décembre 2013, on a recueilli le témoignage téléphonique de Gérard Ducarre. Il a été Maire de Saint-Chamond de 1989 à 2008, c'est-à-dire pendant trois mandatures.

Bien qu'ancien élève de l'École Pratique d'Industrie, il ne se souvient pas de la plaque commémorative sous la première arcade du cloître (cour intérieure de la Mairie) à l'époque où il exerçait ses reponsabilités.

Premier édile de la ville, il entrait, la plupart du temps, par la façade principale de la Mairie. Cependant, il se rappelle s'être souvent demandé ce que signifiaient ces deux obus de part et d'autre de la base de cette arcade.

Mais il est formel sur un point : il n'y a jamais eu de délibération en Conseil municipal au sujet d'un éventuel retrait de cette plaque. Attaché à la mémoire des combats pour la France et des victimes qui ont donné leur vie pour elle, il aurait gardé mémoire d'une telle initiative.

Cela voudrait dire que la plaque aurait été retirée avant 1989. Ce qui est contradictoire avec d'autres témoignages... Mais, à force de croiser les déclarations et indices, il ressort que l'ancien maire avait raison...

 

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8) quand la deuxième plaque a-t-elle été installée sur le site de l'actuel

lycée Claude Lebois ?

Ce que j'ai découvert, c'est une démarche datant de 1966 évoquant le transfert de la plaque initiale. Le syndicat intercommunal qui a pris en charge le financement du nouveau lycée, avant les lois de décentralisation confiant ces établissements à la Région, a déposé aux Archives les PV de ses réunions.
À la date du 1er octobre 1966, il est question d'une demande de subvention adressée par l'Association des Anciens élèves du Collège Claude Lebois, à titre de participation "aux frais de transport, dans le nouvel établissement, de la plaque commémorative érigée dans l'Ancien Collège, à la mémoire des professeurs et élèves morts au champ d'Honneur". Coût total pour l'Association : 3 000 francs.
Cette demande reçoit une réponse favorable à hauteur de 1 500 francs. Approuvée par le Préfet le 25 novembre 1966.

Synd inter 1 oct 1966 (1)
archives communales Saint-Chamond, 1 S 2

Synd inter 1 oct 1966 (2)
archives communales Saint-Chamond, 1 S 2

 

Un autre registre, archivé, livre la même information.

1 S 1 pv 1966 (1)
archives communales Saint-Chamond, 1 S 1

 

1 S 1 pv 1966 (2)
archives communales Saint-Chamond, 1 S 1

 

1 S 1 pv 1966 (3)
archives communales Saint-Chamond, 1 S 1

 

À ce jour, on ignore les suites de cette démarche. Quel usage a été fait de cette subvention accordée à l'Association des Anciens élèves en octobre 1966 ? L'enquête se poursuit.

enquête : Michel Renard
professeur d'Histoire au lycée
collaboration : Kim Lekhal
assistante de recherche
remerciements à Samuel Bouteille
archiviste municipal

 

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27012159-1

 

 

II - qui furent ces élèves et professeurs "morts

pour la France" ?

 

1) liste nominative gravée sur la plaque

 

morts pour la France (1914-1918) - 4 "maîtres"

Marius BADARD (voir fiche des quatre professeurs)
Joseph BRACCIANO (voir fiche des quatre professeurs)
Julien CARUELLE (voir fiche des quatre professeurs)
Constant GARNIER (voir fiche des quatre professeurs)

 

morts pour la France (1914-1918) - 51 "élèves"

Louis ARRIVET (voir la fiche)

Placide BABOIN (voir la fiche)

Joannès BADOR (voir fiche)

Jean BOTTE (voir fiche)

Jacques BUNARD (voir fiche)

Laurent CHAMPAGNAT (voir fiche)

Pierre CHAZET (voir fiche)

Paul CHORLIOT (voir fiche)

Marius CLAVEL (voir fiche)

Antoine DEFAIX (voir fiche)

Jean DEPOUILLY (voir fiche)

Claudius DUBREUIL (voir fiche)

Jean DUBREUIL (voir fiche)

Marius FARA (voir fiche)

Louis FOND (voir fiche)

Philippe FRANÇON (voir fiche)

Pierre FRÉCON (voir fiche)

François GACHON (voir fiche)

Jean GACHON (voir fiche)

François GIRARD (voir fiche)

Pierre GOBERT (voir fiche)

Marius GRANJON (voir fiche)

Jean GRENIER (voir fiche)

Joseph GUICHARD (voir fiche)

Antoine JOUBERT (voir fiche)

Antoine LARDERET (voir fiche)

Jean LEZEY (voir fiche)

Jean MAISONNIAL (voir fiche)

Jean MALLET (voir fiche)

Jean MOREL (voir fiche)

Antoine MOULIN (voir fiche)

Pierre NANTAS (voir fiche)

Marcel NOUVEAU (voir fiche)

Claudius PACCALIER (voir fiche)

Marius PASCAL (voir fiche)

René PLÉNET (voir fiche)

François POYET (voir fiche)

Marius POYET (voir fiche)

Léon PROST (voir fiche)

Félix RELAVE (voir fiche)

Marius REMILLIER (voir fiche)

Jules REYMOND (voir fiche)

Henri SEYTRE (voir fiche)

Émile STOECKEL (voir fiche)

Wilfrid VIGOUROUX (voir fiche)

Claudius VINCENT (voir fiche)

André MARCELLIN (voir fiche)

Pierre REYNAUD (voir fiche)

Pierre FONTVIEILLE (voir fiche)

Marius PORTE (voir fiche)

Marcel VACHER (voir fiche)

 

* à partir du nom de Claudius Vincent, l'ordre alphabétique n'est plus observé. On passe à André Marcellin qui fait partie des cinq noms ajoutés probablement après une première liste dont le marbrier avait déjà gravé tous les noms... (?).

relevé : Michel Renard
professeur d'Histoire au lycée

 

2) photos des anciens élèves de l'École Pratique (1936)

Pour l'instant, il n'existe pas de portaits individuels des anciens élèves morts pour la France. Nous avons retrouvé ces deux photos datant de juin et juillet 1936. Elles ont été prises à l'occasion d'une "sortie" d'anciens élèves de l'École Pratique d'Industrie.
Il est difficile d'affirmer si certains d'entre eux ont connu leurs prédécesseurs. Mais il est fort probable qu'il y a parmi eux les animateurs de l'amicale des Anciens élèves, ceux qui ont pris l'initiative d'honorer le souvenir de leur camarades en faisant graver et apposer la plaque commémorative.

anciens élèves en 1936 (1)
sortie des anciens élèves de l'École Pratique de Saint-Chamond, juin 1936

 

anciens élèves en 1936 (2)
sortie des anciens élèves de l'École Pratique de Saint-Chamond
à la Croix de l'Oeillon, juillet 1936

 

renseignements  biographiques individuels

 

 

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photo plaque lycée

 

 4) fiches individuelles des 51 élèves

 

- la photo des fiches nominatives provient du site Mémoire des hommes, du service historique du ministère de la Défense nationale. On y trouve les fiches numérisées des soldats "morts pour la France" au cours de la Première Guerre mondiale, telles qu'elles ont été remplies par l'administration des anciens combattants juste après-guerre. La base de données contient plus de 1,3 million de noms.

D'autres sources contiennent des informations précieuses ; les registres matricules déposés aux archives départementales (pour la Loire), les Journaux de marche et d'opérations (J.M.O.) mis en ligne sur le site Mémoire des hommes ; les Historiques de régiments rédigés rapidement à la fin de la guerre, disponibles sur internet. Et d'autres références particulières sur de nombreux sites évoquant tel ou tel combattant dont les descendants ont effectué des recherches familiales.

 

Les fiches sont en lien à côté de chaque nom dans la liste des 51 ci-dessus.

 

 

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5) statistiques

Après les itinéraires individuels, il est intéressant de donner une image globale et des informations synthétiques sur le groupe des anciens élèves de l'École Pratique qui ont partagé le destin commun d'une mort dans la Grande Guerre.

 

A) données démographiques sur les 51 "élèves"


Louis ARRIVET : 1899-1918 (18 ans)

Placide BABOIN :1895-1916 (21 ans)

Joannès BADOR : 1882-1914 (32 ans)

Jean BOTTE : 1893-1914 (21 ans)

Jacques BUNARD : 1887-1918 (31 ans)

Laurent CHAMPAGNAT : 1894-1918 (23 ans)

Pierre CHAZET : 1897-1915 (18 ans)

Paul CHORLIOT : 1890-1919 (29 ans)

Marius CLAVEL : 1893-1914 (20 ans)

Antoine DEFAIX : 1895-1915 (19 ans)

Jean DEPOUILLY : 1897-1918 (20 ans)

Claudius DUBREUIL : 1891-1917 (26 ans)

Jean DUBREUIL : 1892-1916 (23 ans)

Marius FARA : 1881-1914 (33 ans)

Louis FOND : 1892-1915 (22 ans)

Philippe FRANÇON : 1892-1914 (22 ans)

Pierre FRÉCON : 1890-1914 (24 ans)

François GACHON : 1894-1917 (22 ans)

Jean GACHON : 1892-1914 (22 ans)

François GIRARD : 1886-1914 (28 ans)

Pierre GOBERT : 1891-1914 (23 ans)

Marius GRANJON : 1890-1918 (27 ans)

Jean GRENIER : 1895-1918 (22 ans)

Joseph GUICHARD : 1883-1914 (31 ans)

Antoine JOUBERT : 1898-1918 (20 ans)

Antoine LARDERET : 1897-1918 (20 ans)

Jean LEZEY : 1890-1914 (24 ans)

Jean MAISONNIAL : 1894-1918 (24 ans)

Jean MALLET : 1897-1917 (20 ans)

Jean MOREL : ------

Antoine MOULIN : 1886-1916 (30 ans)

Pierre NANTAS : ------

Marcel NOUVEAU : 1888-1914 (25 ans)

Claudius PACCALIER : 1894-1915 (20 ans)

Marius PASCAL : 1894-1916 (21 ans)

René PLÉNET : 1894-1918 (23 ans)

François POYET : 1882-1914 (32 ans)

Marius POYET : 1891-1918 (27 ans)

Léon PROST : 1894-1914 (26 ans)

Félix RELAVE : 1880-1918 (38 ans)

Marius REMILLIER : 1882-1914 (32 ans)

Jules REYMOND : 1887-1915 (27 ans)

Henri SEYTRE : 1891-1918 (27 ans)

Émile STOECKEL : 1889-1914 (24 ans)

Wilfrid VIGOUROUX : 1893-1915 (22 ans)

Claudius VINCENT : 1894-1916 (21 ans)

André MARCELLIN : 1888-1915 (26 ans)

Pierre REYNAUD : 1891-1917 (26 ans)

Pierre FONTVIEILLE : 1897-1918 (21 ans)

Marius PORTE : 1887-1914 (27 ans)

Marcel VACHER : 1886-1914 (32 ans)

 

B) quelles ont été les années les plus meurtrières ?

 

décès par année
dates de mort des anciens élèves de l'École Pratique de Saint-Chamond
(Claude Lebois) selon les années du conflit

Il apparaît facilement que les années 1914 et 1918 ont été les plus meurtrières par rapport aux années intermédiaires. En réalité, la prépondérance de l'année 1914 est beaucoup plus importante puisqu'elle ne compta que 5 mois de guerre. Proportionnellement, il y eut six fois plus de décès en 1914 qu'en 1915, par exemple.

La comparaison avec le bilan d'ensemble pour l'amée française (tableau ci-dessous) indique donc une surmortalité des anciens élèves de l'École Pratique pour l'année 1914 : 36% des victimes contre 21%. Il en va de même pour l'année 1918 : presque 32% pour les anciens élèves contre 16% pour l'ensemble des combattants français.

 

pertes françaises 1914-1918
tableau d'ensemble pour l'armée française

 


C) quelles ont été les unités (régiments) ?


Très peu d'anciens élèves de Saint-Chamond se sont trouvés regroupés dans les mêmes unités lors de la guerre. La plupart ont été affectés dans des régiments très différents. Aucune explication ne peut en être fournie pour l'instant. Mais cela n'a rien d'exceptionnel non plus...

Voici les unités mentionnées sur les fiches ; avec quelques incertitudes quand certains soldats n'ont pu être clairement identifiés (homonymie, localisation quasi identique...) comme provenant de l'École Pratique de Saint-Chamond :

11e Bataillon de Chasseurs Alpins (2)

12e Bataillon de Chasseurs à Pied

13e Bataillon de Chasseurs Alpins

28e Bataillon de Chasseurs

54e Bataillon de Chasseurs à Pied

16e Régiment d’Infanterie (incertain)

17e Régiment d’Infanterie (2)

38e Régiment d’Infanterie (4)

49e Régiment d’Infanterie (incertain)

56e Régiment d’Infanterie

69e Régiment d’Infanterie

118e Régiment d’Infanterie

123e Régiment d’Infanterie (2)

133e Régiment d’Infanterie (2)

142e Régiment d’Infanterie

152e Régiment d’Infanterie

155e Régiment d’Infanterie

158e Régiment d’Infanterie

161e Régiment d’Infanterie

165e Régiment d’Infanterie

174e Régiment d’Infanterie

201e Régiment d’Infanterie

216e Régiment d’Infanterie (incertain)

238e Régiment d’Infanterie

275e Régiment d’Infanterie

311e Régiment d’Infanterie

339e Régiment d’Infanterie

346e Régiment d’Infanterie

358e Régiment d’Infanterie

414e Régiment d’Infanterie

14e Régiment de Dragons

4e Régiment d’Artillerie de campagne

6e Régiment d’Artillerie de campagne

7e Régiment d’Artillerie à pied

16e Régiment d’Artillerie

260e Régiment d’Artillerie de Campagne

263e Régiment d’Artillerie de Campagne

7e Régiment du Génie (2)

10e Régiment du Génie (2)

2e Régiment de Marche d’Afrique

2e Bataillon de Marche d’Afrique, infanterie légère (incertain)

8e Régiment de Zouaves de Marche

2e Groupe d’Aviation, Escadrille 36

 

Michel Renard
professeur d'Histoire
au lycée Claude Lebois (Saint-Chamond)

MR aux AM 2014


Kim Lekhal
assistante de recherche

Kim Lekhal 2014 cimetière

 

 

III - transmettre la mémoire et perpétuer le

patrimoine à Saint-Chamond

 

1) pour une politique de patrimonialisation du cimetière

Les anciens élèves de l'École Pratique et d'Industrie de Saint-Chamond sont, pour le plus grand nombre, enterrés dans le cimetière communal.

Si les sépultures disposées autour du monument aux morts sont régulièrement entretenues, grâce notamment au Souvenir français, les tombes familiales le sont moins. Pour la simple raison que les descendants ne sont souvent plus sur place.

Il importe de veiller à l'entretien de ce patrimoine historique. Et d'envisager des mesures originales, car le cadre législatif a vieilli et ne permet pas de faire face aux situations nouvelles que le temps a créées. C'est notamment le cas des tombes familiales.

D'une manière plus générale, le moment est venu de réfléchir à une patrimonialisation du cimetière. Comme toute nécropole communale, celle de Saint-Chamond a d'abord vocation à permettre l'inhumation des décédés récents et à pourvoir à la protection des tombes selon le régime actuel des concessions.

Mais le cimetière abrite aussi des monuments funéraires et de simples sépultures qui ont acquis la dimension d'un témoignage historique à sauvegarder. Une ville ne saurait se priver des traces de son passé. Car il appartient à tous. Morts et vivants.

 

__________________________________

2) le cas de la tombe de Pierre Frécon

tombe Frécon 2 bis (2 fév 2014)

 

lettre au Maire de Saint-Chamond (4 février 2014)

 

MR aux AM

Michel RENARD
42400 – Saint-Chamond

4 février 2014

Monsieur le Maire
Hôtel de Ville de Saint-Chamond

Objet : sépulture de Pierre Frécon
Mort pour la France (1890-1914)

Monsieur le Maire,

J’ai l’honneur d’attirer votre attention sur la situation de la tombe de Pierre Frécon (1890-1914) et de sa mère (1863-1932) sise dans le cimetière communal.

Cette sépulture porte, depuis un certain temps, la plaque officielle «cette concession échue sera reprise par l'administration».

Effectuant des recherches sur les anciens élèves de l’École Pratique (ancêtre du lycée Claude Lebois) «morts pour la France», dans la perspective des hommages qui seront rendus lors des commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale, je vous informe que Pierre Frécon fait partie de ces anciens élèves.

Sa famille ayant opté pour l’inhumation familiale, Pierre Frécon n’entre donc pas dans le cadre des dispositions assurant la sépulture perpétuelle aux frais de l’État (articles R564, D408 et L496 du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre).

Néanmoins, au-delà de ces strictes dispositions législatives, ne pensez-vous pas qu’il conviendrait, par devoir de mémoire, d’envisager les moyens de perpétuation de cette tombe à titre d’hommage public ?

L’aspect extérieur de cette sépulture n’est guère endommagé. Seul se manifeste une inclinaison due à un affaissement latéral droit de la stèle.

Je souhaiterais, s’il vous plaît, connaître votre sentiment à l’égard de cette situation.

Le lycée, en collaboration avec l’institution militaire, envisage plusieurs actions de commémoration (2014-2018) de la Première Guerre mondiale et d’hommage à ses anciens élèves qui sont morts pour la France.

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer, Monsieur le Maire, l’expression de ma considération distinguée.

Michel Renard
Professeur d’Histoire au lycée Claude Lebois
Membre du Conseil scientifique de la Fondation
pour la Mémoire de la guerre d’Algérie

réf.
http://profshistoirelcl.canalblog.com/archives/2008/06/18/28951098.html

 

réponse de la Mairie  (13 mars 2014)

Hôtel de Ville St-Cham

réponse Mairie

 

Saint-Chamond
le 13 mars 2014

Objet : sépulture de Pierre Frécon

Monsieur,

Par courrier en date du 4 février 2014, vous attirez mon attention sur l'état d'entretien de la concession de la famille Cellard-Frécon, sise rangée 13, n° 116, au cimetière de Saint-Chamond.

Cette concession perpétuelle abrite, effectivement, la sépulture de Pierre Frécon, mort pour la France en 1914.

Un travail de recensement de ces tombes privées accueillant des soldats morts pour la France sera mené avec le service patrimoine de la collectivité. Puis, une réflexion globale sera engagée afin de trouver les ressources nécessaires à la perpétuation de ces sépultures.

Je vous remercie sincèrement de m'avoir interpellée à ce sujet, et vous prie de croire, Monsieur, à l'assurance de ma considération distinguée.

Le maire,
pour le maire et par délégation,
la conseillère municipale chargée de l'état civil,
des élections et de la population
Nathalie Champalle

commentaire

Trois engagements ont été formulés par la Mairie, à la date du 13 mars 2014 :

1) une opération de recensement de toutes les tombes des "morts pour la France" sera entreprise ;

2) une réflexion globale sera organisée - espérons qu'elle sera la plus large possible ;

3) la formulation d'un objectif : "trouver les ressources nécessaires à la perpétuation de ces sépultures".

C'est tout à fait louable.

Souhaitons que, quelque soit le résultat des élections, ces engagements seront tenus.

Michel Renard
15 mars 2014

tombe Baptiste Gourgeon
Baptiste Gourgeon (1886-1914), mort pour la France
(photo du 2 mars 2014)

 

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dimanche 4 novembre 2018

les 4 professeurs de l'École pratique de Saint-Chamond, morts pour la France

professeurs École Pratique avant 1914

 

 

Marius BADARD, Joseph BRACCIANO,

Julien CARUELLE, Constant GARNIER

les 4 professeurs de l'École pratique de Saint-Chamond,

morts pour la France

 

 

Une photo d'un groupe de professeurs à l'École Pratique et d'Industrie de Saint-Chamond (sans date et sans identification personnelle), avant 1914 :

professeurs École Pratique avant 1914
archives municipales de Saint-Chamond

 

_____________________________________

 

Marius BADARD

Badard Marius fiche MPLF

 

Marius Badard était âgé de 35 ans lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale. Il est mort à 36 ans de pneumonie et complications cardiaques, à l'hôpital temporaire n° 9 à Amiens dans la Somme.
Ses connaissances techniques et ses compétences lui avaient valu d'être nommé maréchal des logis, autrement dit "sergent". Il était donc sous-officier.
Son régiment, le 6e d'Artillerie a combattu dans les Vosges à l'été 1914, puis participé à la défense d'Arras (Pas-de-Calais) en octobre de la même année. Début 1915, il est stationné dans la boue des tranchées de l'Artois. Est-ce là que Marius Badard a contracté sa pneumonie ? Possible.

l'artillerie autour d'Arras en 1914

Aucune image ne présente avec certitude les lieux et activités auxquels Marius Badard a pu être réellement associé. Mais ces photos fournissent un indice de probabilité permettant d'imaginer l'univers qu'il a côtoyé au combat dans la défense d'Arras à l'automne 1914.

batterie 75 environs Arras
batterie d'artillerie française (canons de 75 mm) en action sur le front aux environs d'Arras en 1914

 

convoi artillerie près d'Arras 1914
convoi d'artillerie près d'Arras en 1914

 

abris artilleurs Arras
abris construits par les artilleurs près du front d'Arras en 1914

 

messe parc d'artillerie région Arras
messe militaire dans un parc d'artillerie, région d'Arras, 1914

 

Arras bombardée par les Allemands en 1914

arras bombardement 6 oct 1914
bombardement du 6 octobre 1914 à Arras, rue Gambetta prolongée

 

Arras premier bombardement
le beffroi d'Arras après le premier bombardement de 1914

 

bombardement 21 oct 1914
l'Hôtel-de-Ville après le bombardement du 21 octobre 1914

 

Arras ruines Hôtel-de-Ville 1914
ruines de l'Hôtel-de-Ville d'Arras, fin 1914 - début 1915

 

l'hôpital temporaire n° 9 à Amiens

Marius Badard est décédé le 25 avril 1915 dans un hôpital temporaire installé dans la ville d'Amiens. Il y en avait plusieurs. Le n° 9 était abrité dans le Collège de la Providence, situé rue Émile Zola.

pharmaciens Hôp temp n° 9 Amiens
pharmaciens de l'Hôpital temporaire n° 9 à Amiens

 

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Joseph BRACCIANO

Ce nom pose un problème. Il ne figure pas sur la liste des "morts pour la France" dans la base de données éditée par le site Mémoire des hommes.
On ne trouve sur cette base qu'une seule référence pour ce patronyme. Il s'agit de Joachim Émile Bracciano né en Martinique en 1889 et mort le 24 septembre 1916 dans la Somme. L'autorité enregistrant ce décès est le Tribunal de Fort-de-France dont le jugement est envoyé à Trois Ilets en Martinique. Peut-il correspondre au professeur Joseph Bracciano ?

Non. En réalité, il s'agit probablement d'une erreur commise lors de la recension des noms à graver sur la plaque en 1920-1921.
Le seul Bracciano identifiable comme ayant été professeur à l'École Pratique de Saint-Chamond s'appelle Louis Bracciano.

Son nom apparaît - mais sans prénom - dans l'Annuaire administratif et statistique du département de la Loire, 1900 (en ligne sur Gallica BnF). Il est mentionné comme professeur à l'École Pratique de Saint-Étienne et de Saint-Chamond au titre de contremaître de modelage et de sculpture. Il ne peut donc y avoir de confusion avec un Joachim Bracciano né à la Martinique en 1899.
Voici ces documents dans lesquels figure le nom de Bracciano :

Annuaire 495

Annuaire 496
Annuaire administratif et statistique du département de la Loire, 1900

Annuaire 497
Annuaire administratif et statistique du département de la Loire, 1900

 

Par ailleurs, Michèle Bracciano, petite-fille de Louis, a porté à notre connaissance le prénom de son grand-père, ses dates de naissance et de décès (1844-1926) et des informations familiales sur les enfants de Louis.
Croisant celles-ci avec l'adresse de Louis Bracciano à Saint-Étienne au 5, rue Denis-Papin (voir photos ci-dessous), nous avons trouvé les données de la famille Bracciano dans le recensement de 1911 :

Bracciano recenc 1911 recadré
recensement de la famille Bracciano, au 5, rue Denis Papin à Saint-Étienne, en 1911
(arch. municipales de Saint-Étienne)

 

la famille Bracciano et la guerre

Louis Bracciano n'a pas fait la guerre. De son épouse, Alexandrine Caristia, il eut plusieurs enfants dont cinq furent mobilisés :

- Charles, né en 1878, sculpteur, ne semble pas avoir combattu ; une commission de réforme du 9 juin 1915 ayant pris en compte la pathologie (endocardite) qui l'emporta peu après, le 28 février 1916 à Saint-Étienne.

- Eugène, né en 1884, sculpteur, est passé par le 38e régiment d'Infanterie et par le 14e régiment de Dragons entre 1914 et 1915 sans que l'on sache précisément quelles furent ses activités ; il fut réformé en août 1916 pour "mélancolie anxieuse" après un séjour à l'asile de Saint-Dizier ; on évoca ensuite une "démence précoce à forme paranoïde" (janvier 1926).

- Félix, né en 1887, menuisier ; engagé volontaire pour trois ans, le 5 octobre 1906, au 96e puis au 17e régiment d'Infanterie ; nomme sergent le 3 juillet 1908 ; affecté à plusieurs régiments divers de 1914 à 1919 ; il a habité rue Daguerre à Saint-Étienne, puis a déménagé à Saint-Dizier en 1925, pour revenir à Saint-Étienne, rue Désirée-Claude en décembre 1927.

- Adrien, né en 1890, dessinateur industriel ; deux ans de service militaire de 1911 à 1913 ; semble avoir passé la guerre dans plusieurs régiments sans que, comme son aîné Eugène, l'on sache les tâches qu'il y accomplit ; on le suit, sur sa fiche matricule, jusqu'en 1939.

- Jean, né en 1894, employé de commerce ; a passé les quatre années de guerre dans différents régiments d'artillerie lourde, nommé brigadier en juillet 1916 ; on suit sa trace jusqu'en 1929.

Ainsi, aucun Bracciano n'est "mort pour la France". Aucun ne s'appelait (prénoms ou surnom) Joseph. Il semble assez peu probable qu'un autre Bracciano ait été "maître" à l'École Pratique juste avant guerre et qu'il soit mort au cours de celle-ci sans qu'on n'en retrouve le moindre souvenir...

Concluons donc, provisoirement, qu'il sagit d'une erreur. Cependant, étant donné que la recension des noms fut effectuée par l'Amicale des Anciens élèves et par la direction de l'école, l'inexactitude reste, pour une part, une éventualité inexplicable.

 

la maison du sculpteur Louis Bracciano à Saint-Étienne

maison Bracciano 5 rue Denis Papin
5, rue Denis Papin à Saint-Étienne (Street View)

maison Bracciano façade et inscription
5, rue Denis Papin à Saint-Étienne (Street View)

 

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Julien CARUELLE

 

Caruelle Julien Paul fiche MPLF


Julien Paul Caruelle est né le 6 mars 1885 à Bailleul-sur-Thirain (aujourd'hui, Bailleur-sur-Thérain) dans le département de l'Oise. Est-ce bien lui qui fut professeur à l'École Pratique de Saint-Chamond ?
Cette fiche homonyme, d'un soldat "mort pour la France", est peut-être la sienne.

D'abord parce qu'elle porte les mêmes nom et prénom, et qu'elle est la seule parmi les treize fiches disponibles sur Mémoire des hommes. Ensuite, parce qu'elle nous permet d'accéder à sa fiche matricule conservée aux archives départementales de l'Oise.

Celle-ci nous fournit deux indices qui étayent la possibilité que ce Julien Caruelle soit le professeur de l'École Pratique d'Industrie de Saint-Chamond :
- au moment de son recensement, il exerçait la profession d'instituteur public ;
- il a travaillé à l'École professionnelle de Reims (Marne), qui était également son domicile à la date du 2 octobre 1907 : 55, rue Libergier.

Caruelle infos sur fiche mat
fiche matricule de Julien Caruelle (1885-1914)

 

école professionnelle Reims
l'école professionnelle de Reims dans laquelle Julien Caruelle a exercé sa profession

 

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Constant GARNIER

 

fiche MPLF Garnier Constant

 

Constant Garnier est né en 1883 à Bévenais, dans l'Isère. Son père s'appelait Jean-Pierre et sa mère, Marie-Madeleine Truffier-Blanc.

Bévenais vue générale
le village de Bévenais, où est né Constant Garnier le 7 janvier 1883


la famille de Constant Garnier

En 1896 (peut-être dès avant...), Jean-Pierre Garnier (1851-1910) était instituteur et directeur d'école à Châbons, petite commune de l'Isère. Il habitait au numéro 18 du hameau de l'Église, avec son épouse (38 ans) et leurs quatre enfants : Félix (19 ans), instituteur-adjoint, Constant (13 ans), Gabriel (11 ans) et Rosine (2 ans).

Châbons école laïque de garçons 2
l'école dont le père de Constant Garnier était directeur, à Châbons (Isère)

 

Châbons grande rue, colorisée
Châbons, village où a grandi Constant Garnier (carte postale ancienne, colorisée)

 

Châbons la gare (cpa 1905)
la gare de Châbons d'où est parti Constant Garnier pour l'École nationale de Voiron en 1905

 
Constant Garnier avait les cheveux et les sourcils châtains clairs, les yeux bleus, le menton rond et le visage ovale. Il mesurait 1m64. Lors de son recensement en 1903, il exerçait, comme son père et comme son grand-frère, la profession d'instituteur.

Les adresses mentionnées sur sa fiche matricule permettent de reconstituer son itinéraire professionnel. En octobre 1905, il est admis à l'École nationale de Voiron et y reste jusqu'à la fin de l'année scolaire 1909.

En octobre 1909, il est nommé à l'École pratique d'industrie de Mazamet dans le Tarn et y exerce deux années durant. En décembre 1911, son adresse mentionne la commune de Voiron, au 19 avenue de la Gare.

Le 28 mars 1914, Constant Garnier habite à Saint-Chamond, au numéro 5 de la rue Sadi-Carnot. L'immeuble qu'il occupa est toujours visible aujourd'hui.

 

Voiron École nationale (1)
l'École nationale (professionnelle) que fréquenta Constant Garnier de 1905 à 1909

 

Mazamet École pratique
Constant Garnier fut nommé à l'École pratique de Mazamet (Tarn) à la rentrée 1909

 

Mazamet ministre circulé en 1909
cette carte postale ancienne a circulé en 1909

Mazamet 1910
Constant Garnier était professeur à Mazamet à l'époque de cette exposition (juin 1910) ;
il a certainement dû s'y rendre

Voiron av Gare cpa 1902
l'avenue de la Gare à Voiron, ville où Constant Garnier résida à partir de 1911

av Gare aujourd'hui à Voiron
la même avenue aujourd'hui (rebaptisée Léon et Joanny Tardy après 1945)

av Gare Voiron cpa 1903
l'avenue de la Gare à Voiron, telle que Constant Garnier a dû la connaître en 1911

 

19 av Tardy à Voiron
l'immeuble du numéro 19 de l'avenue Tardy aujourd'hui, ancienne av. de la Gare,
où Constant Garnier habita en 1911
; le bâtiment est le même

 

 5 rue Sadi-Carnot St-Chamond
5, rue Sadi-Carnot, à Saint-Chamond, adresse de Constant Garnier en mars 1914

 

5 rue Sadi-Carnot St-Chamond porte 1

 

5 rue Sadi-Carnot St-Chamond porte

 

 

 

 

 

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samedi 3 novembre 2018

Louis Arrivet

 Les 51 anciens élèves de l'École pratique de Saint-Chamond, morts pour la France

 

 

Louis ARRIVET

mort pour la France

 

 

Arrivet fiche MPLF

 
Louis Arrivet est né le 4 novembre 1899 à Saint-Chamond. Il avait les cheveux châtains, les yeux marrons, le front moyen, le nez régulier, le visage ovale, la bouche "en dedans". Son père se prénommait Louis Bernard et sa mère s'appelait Jeanne Sauvage. Son adresse est notée : "rue du Garat (Hospice)".

Louis Arrivet, engagé volontaire à 17 ans

Sur sa fiche matricule, la profession de Louis Arrivet est enregistrée comme "élève à l'école pratique". Il s'est en effet engagé, à l'âge de 17 ans et quelques mois, le 1er mars 1917, à Saint-Étienne, "pour la durée de la guerre".

fiche matricule cerclée


son parcours de combattant, 1917-1918

Il est arrivé à son corps, le 28e Bataillon de Chasseurs, le 5 mars 1917. Puis est passé au 54e Bataillon de Chasseurs le 18 septembre 1918. Il lui reste, alors, vingt-quatre jours à vivre...

Auparavant, il avait été blessé "à son poste de combat", le 23 octobre 1917 à la Malmaison (nom du fort situé à proximité du terrain d'affrontement). Cette bataille se déroula le long du "Chemin des Dames", connu pour l'offensive meurtrière du général Nivelle en avril de la même année. Mais en octobre, l'armée française fait reculer l'adversaire.

La Malmaison 23-26 oct 1917
plan de la bataille de La Malmaison, 23-26 octobre 1917,
tiré de Pages de gloire du 28e Bataillon de Chasseurs alpins, 1921

Fort Malmaison pris et repris
ruines du fort de La Malmaison, à proximité du Chemin des Dames


ferme de La Malmaisonruines de la Ferme de La Malmaison, entre La Malmaison et la Potière


"Le but de l'attaque à laquelle doit collaborer le Bataillon - note le Journal de Marche et d'Opérations du Bataillon (J.M.O.) - est de reprendre au Boche toute la ligne des observations qu'il tient de la région du Panthéon au Moulin Laffaux, en passant par le fort de la Malmaison, c'est-à-dire toute la partie ouest de la crête du Chemin des Dames".
Dès le 23 octobre, donc, Louis Arrivet, "chasseur courageux", est touché à la main droite par éclat d'obus. Le J.M.O. enregistre le nom de tous les tués et blessés de cette bataille.
À la date du 23 octobre, parmi les blessés de la 3e Compagnie, on trouve le nom d'Arrivet.

JMO page Arrivet blessé 23 oct
page du J.M.O. du 28e B.C.A.

Il est cité à l'ordre du Bataillon en date du 16 novembre 1917.


la mort au combat de Louis Arrivet

En septembre, il fait partie du 54e Bataillon de Chasseurs Alpins (voir ici). Voilà ce qu'on trouve au sujet des opérations de ce Bataillon en octobre 1918 :
"Le 2 octobre, le 54e Bataillon est engagé devant le Bois de l’Autruche, point d'appui fortement organisé de la ligne Hindenburg. Après cinq assauts et au prix d'héroïques sacrifices, il s'en empare le 5 octobre. Le 8 octobre, le 54e Bataillon pousse jusqu'à la route Fontaine-Uterte Essigny-le-Petit, réalisant une avance de 1.200 mètres.
Après quelques jours de repos au cours desquels la Fourragère aux couleurs de la Médaille Militaire, est remise au Fanion du Bataillon par le Général Debeney, la Division remonte en ligne." source 1 ; et 2 : Bnf-Gallica

Louis Arrivet est mort le 12 octobre 1918, à 19 ans, à quelques jours de ses 20 ans. Il a passé dix-huit mois à la guerre. Outre la citation à l'ordre du Bataillon, il fut décoré de la Croix de Guerre. Son nom figure dans l'Historique du 54e Bataillon alpin de Chasseurs à pied, page 16.

 

ligne Hindenburg
blockhaus sur la ligne Hindenburg

 

les lieux des derniers jours de Louis Arrivet

Diapositive1
les lieux actuels, désignés dans l'Historique du 54e B.C.A. pour les combats d'octobre 1918 ;
Louis Arrivet y a passé certainement les derniers instants de sa vie

Diapositive1
le "Bois de l'Autruche", en réalité "Bois de la Belière" (Aisne), enlevé après trois jours de combats
(du 2 au 5 octobre 1918) auxquels participa Louis Arrivet (54e B.C.A.) quelques jours avant sa mort

Le Chardon Vert
un peu au nord du "Bois de l'Autruche", Le Chardon Vert, un paysage semblable a été vu par Louis Arrivet


Louis Arrivet a livré ses derniers combats, en octobre 1918, dans cette région de l'Aisne (Picardie), quelques kilomètres à l'est de Saint-Quentin devant la ligne Hindenburg. Les pertes du 54e Bataillon de Chasseurs alpins, auquel il appartenait, furent considérables. Lui-même y fut mortellement blessé et expira le 12 octobre 1918, à 2 heures, un mois avant l'armistice.


lieu du décès de Louis Arrivet

La fiche "mort la France" de Louis Arrivet ne mentionne comme endroit du décès que l'ambulance 5/99 avec un point d'interrogation. En réalité, il s'agit de l'ambulance 5/59 logée dans l'hôpital temporaire n° 16 à Royallieu-les-Compiègne. Le registre précise bien qu'il y ait décédé "des suites de blessures de guerre".

Hôpital temp n° 16 Royallieu
l'hôpital temporaire n° 16, à Royallieu-les-Compiègne (Oise) comptait 2023 lits

 

Hôp temp n° 16
l'hôpital temporaire n° 16, à Royallieu-les-Compiègne comprenait aussi l'ambulance 5/59


Il a ensuite été inhumé dans un lieu que l'on ne connaît pas - peut-être dans l'enceinte même de l'hôpital ? -, puis transféré le 24 septembre 1921 dans le cimetière militaire de Royallieu à Compiègne (tombe n° 214, carré a).

Compiègne cimetière militaire de Royallieu
cimetière militaire de Royallieu à Compiègne dans lequel fut inhumé Louis Arrivet le 24 septembre 1921

 

acte de décès de Louis Arrivet

acte de décès marge

 

acte de décès de Louis Arrivet

 

 

 

 

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vendredi 2 novembre 2018

Placide Badoin

  Les 51 anciens élèves de l'École pratique de Saint-Chamond, morts pour la France

 

 

Placide BADOIN

mort pour la France

 

 

Baboin Placide fiche MPLF

 
Placide Baboin est né le 2 septembre 1895 à Izieux, où il résidait lors de son recensement en 1914. Il avait les yeux châtains, les yeux gris, le front moyen, le nez rectiligne, le visage moyen. Il mesurait 1m72. Il savait lire, écrire et compter. Et exerçait le métier de mécanicien.
Son père se prénommait Jean Joseph Marie, et sa mère s'appelait Jeanne Giraudet. Ils habitaient au 23, rue Gambetta à Izieux.

Il fut incorporé au "2e Régiment d'Aviation", dit sa fiche matricule, le 16 décembre 1914.


comment est-il mort à la guerre ?


Placide Baboin était soldat embarqué dans un Farman 42, avion biplan biplace. Il a trouvé la mort le 10 octobre 1916 au cours d'un accident sur le terrain de Coxyde en Belgique. L'appareil s'est écrasé et s'est embrasé. Le pilote était le sergent Delaquerière et Placide Baboin était mécanicien. Il s'agissait d'un avion d'observation.
On trouve des images de la tombe des deux hommes au cimetière de Coxyde en octobre 1916 :

036_Tombes_Delaquerriere
vue des tombes du sergent Delaquerière et du soldat Placide Baboin
au cimetière de Coxyde (Belgique) en 1916

036_Delaquerriere_coxyde
vue des tombes du sergent Delaquerière et du soldat Placide Baboin
au cimetière de Coxyde (Belgique) en 1916

036_Delaquerriere_deco
remise de décoration au sergent Henri Delaquerière (pilote) en
septembre-cotobre 1916 sur le terrain de la ferme Boogaerde, près de Coxyde
(Belgique) ; les soldats rendent les honneurs ;
peut-être Placide Baboin figure-t-il dans le groupe situé à gauche...?

 Mort à 21 ans.

- source des photos et des informations : http://albindenis.free.fr/Site_escadrille/escadrille036.htm

 

 

 

 

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