Les 51 anciens élèves de l'École pratique de Saint-Chamond, morts pour la France

 

 

Jean BOTTE

mort pour la France

 

 

Botte fiche MPLF

 

Jean Pierre Botte fut recensé en 1913. Il habitait au 3, rue de Plaisance, exerçait la profession de peintre, décorateur.

Il était le fils de Pierre Marie Botte et de Jeanne Claudine Pauline née Merlet. Il est célibataire, mesure 1m62, a les cheveux noirs et les yeux marrons. Il est vélocipédiste.
Son degré d'instruction est de niveau 3 : "sait lire, écrire et compter".

Jean Botte s'était engagé volontairement, pour trois ans, le 13 septembre 1913, et incorporé au 13e Bataillon de Chasseurs Alpins.

Il est à mort à 21 ans, dans les Vosges, au tout début du conflit.

enseigne Pétrus Botte
source : archives municipales de Saint-Chamond, 6 Fi 44

Jean Botte est enregistré comme "peintre, décorateur" lors de son recensement. Son père, prénommé Pierre, dans le recensement de population de 1911, est également noté comme peintre et plâtrier.
Il se trouve qu'une entreprise de ce genre existait à Saint-Chamond, dès la fin du XIXe siècle, au nom de Pétrus Botte, domiciliée 8, place Dorian. Il y a toutes les chances pour qu'elle soit l'entreprise du père de Jean Botte.
Pourquoi s'appelait-elle "Pétrus Botte" et nom "Pierre Botte" ? Peut-être le père de Jean Botte usait-il des deux prénoms simultanément ? Peut-être s'agissait-il du prénom du grand-père de Jean, l'entreprise familiale étant relativement ancienne ?

Botte recensement 1911
extrait du recensement de population de Saint-Chamond en 1911

Lors du recensement de 1991, la famille Botte apparaît parmi les résidents du numéro 3 de la rue de Plaisance. Le père est né en 1863, exerce la profession de patron plâtrier. La mère est née en 1864, travaille dans la même branche. Jean Botte a un frère d'un an plus jeune que lui, Jules né en 1894, et est apprenti.

 

l'engagement militaire de Jean Botte en septembre 1913

registre Engagements 1 Hsc 21
archives municipales de Saint-Chamond, 1 Hsc 21

 

acte d'engagement (1)
Jean Botte s'engage volontairement le 13 septembre 1913 dans l'armée (recto)

  

acte d'engagement (2)
Jean Botte s'engage volontairement le 13 septembre 1913 dans l'armé (verso)

 


une image de Jean Botte ?

Il se trouve qu'un autre combattant a probablement été le voisin de Jean Botte dans son régiment. Son nom est Jean Charlon (source).

Il est mort au même endroit que Jean Botte le lendemain, 3 septembre 1914 à Mandray dans les Vosges. Il appartenait à la même unité avant même le déclenchement de la guerre, et tous les deux ont suivi la formation pour devenir caporal.

Voici une photo de ces élèves-caporaux publiée par ce site :

JC08
élèves-caporaux de la classe 1913, du 13e Bataillon de Chasseurs Alpins

Il est tout à fait plausible que Jean Botte figure sur cette photo, puisqu'il était caporal ainsi que sa fiche l'indique. Mais où...? Quel est-il parmi cette trentaine d'élèves-caporaux ?

Si l'on suit la description de son visage dans l'acte d'engagement, "nez rectiligne", "visage allongé" et "menton rond", peut-être est-ce là le portrait de Jean Botte ?

visage Jean Botte      visage Jean Botte
visage de Jean Botte ?
sur la photo de groupe, 2e rang, accroupi,
premier à partir de la droite

 
comment est-il mort à la guerre ?

Il existe un récit des engagements du 13e Bataillon de Chasseurs Alpins durant toute la guerre. (source) Les combats de septembre 1914 dans les Vosges, et notamment à Mandray, sont évoqués (extraits) :

"La lutte reprend dès quatre heures du matin le 31 [août 1914]. Le 22e attaque la Tête de Béhouille de face, tandis que le 133e R.I. la déborde à l'est ; le 13e B.C.A., qui a récupéré toutes ses compagnies, appuie l'attaque à l'ouest. Le début de la progression est relativement facile, l'artillerie ennemie ne réagit pas. De l'ouest, au loin, vers Saint Dié, viennent les échos d'une bataille acharnée, au débouché de la route du Col de Sainte Marie aux Mines. À 7 heures, le bataillon occupe la Tête de Béhouille.
La progression continue, 13e et 22e alignés l'un sur l'autre, en direction du village de Fouchifol, qui est enlevé avant midi, sous le feu de l'artillerie allemande qui vient de se réveiller. Sous le bombardement, les chasseurs s'y maintiennent jusqu'au soir et s'y installent pour la nuit, se couvrant d'un réseau de petits postes.
Alors que son artillerie - de campagne et lourde - se déchaîne, l'infanterie allemande attaque de front, le 1er septembre au petit jour, débordant l'aile droite du 22e B.C.A., là où devrait se trouver le 133e d'Infanterie. Car celui-ci a abandonné ses positions au cours de la nuit... sans en avertir ses voisins.
La situation est tout de suite critique. Les hommes tombent par grappes. Le Capitaine Delalande, commandant la 3e Compagnie a le bras gauche arraché par un obus.
En bon ordre, par échelon, les compagnies décrochent en direction du Col des Journeaux, tandis que le 13e les épaule à l'ouest, avant de se replier à son tour sur le Col de Mandray.
Les deux bataillons s'arrêtent sur cette ligne et s'installent défensivement sur les positions déjà tenues le 27 août. L'ennemi n'a pas poursuivi, se contentant d'occuper les lisières du bois de la Béhouille et la cote 704.
Le Général Bataille, appelé au commandement de la 41ème D.I., est remplacé à la tête de la 81e Brigade par le Colonel Nudant.
Celui-ci réunit les chefs de corps au Col de Mandray le 2 septembre dans la matinée. Il leur annonce que l'attaque va reprendre dès l'après-midi, et qu'elle bénéficiera d'un énergique soutien d'artillerie... qui fera défaut, tout comme au cours des journées précédentes !
Côte à côte, le 22e et le 13e repartent à l'assaut de 704 et des bois de la Béhouille.
Après une progression sans trop de pertes, l'attaque est stoppée par la nuit à proximité de 704."

L'Historique du 13e Bataillon de Chasseurs Alpins, récit assez succinct publié dès 1920, note que le combat de la Tête de Behouille, du 2 au 4 septembre 1914, a causé la mort de 125 soldats (...!) et en a blessé 271.

JC12b
Carte des engagements du 13e Bataillon de Chasseurs Alpins,
fin août et début septembre 1914, dans les Vosges

On localise parfaitement l'endroit où Jean Botte a trouvé la mort le 2 septembre 1914, à Mandray, c'est-à-dire lors des combats pour le contrôle des bois appelés Tête de la Behouille.

Dans l'Historique du 13e Bataillon de Chasseurs Alpins, 1914-1918 (anonyme, Chambéry, imprimerie chambérienne, 1920), Jean Botte, caporal, est noté "disparu" à Mandray (p. 53).

 

Chasseurs Alpins que Jean Botte a peut-être croisés...

canon chasseurs Vosges
Chasseurs Alpins du 13e Bataillon

chasseurs alpuns maison forestière
Chasseurs Alpins du 13e Bataillon dans la Maison forestière d'Épinal, en 1914

artillerie Chasseurs alpins
artillerie des Chasseurs Alpins, dans les Vosges en 1914


lieux probablement traversés par Jean Botte

Après de premiers succès en Alsace, les troupes françaises, mises en échec en Lorraine, durent faire face à une offensive allemande dans les Vosges dont une partie fut occupée et souvent ravagée par les soldats ennemis (Raon-l'Étape, Saint-Dié...).
Au sud de Saint-Dié, Saint-Léonard et Mandray sont occupés par les Allemands le 27 août 1914. Contraint de les abandonner le 28, ils brûlent de nombreuses maisons. L'église de Mandray est aussi incendiée.
Le caporal Jean Botte fait partie des soldats qui repoussent l'ennemi et l'affrontent violemment dans les bois de Béhouille. Jean Botte meurt le 2 septembre dans ces combats pourtant victorieux mais qui coûtent cher aux Français.

 

ruines St-Léonard
scierie de Saint-Léonard (Vosges) détruite pes les Allemands en août 1914


ruines église Mandray
l'église de Saint-Mandray incendiée par les Allemands lors de leur retraite le 28 août 1914

 

bois de la Béhouille
en ligne d'horizon, les bois de la Béhouille, lieu de la mort de Jean Botte

deux kilomètres plus loin...

Le Chipal ruines

 

Le Chipal incendié

 

 

 

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