Les 51 anciens élèves de l'École pratique de Saint-Chamond, morts pour la France

 

 

 

Laurent CHAMPAGNAT

mort pour la France

 

 

Champagnat fiche MPLF

Laurent Pierre Marius Champagnat était tourneur sur métaux. Il habitait au 39, rue Vignette, était célibataire.

Ses cheveux et ses yeux sont décrits de couleur chatain foncé. Il mesurait 1m53, ce qui l'exemptait de service militaire, la taille minimale requise étant de 1m54. Il est donc ajourné lors de son recensement, mais déclaré "bon" peu après.

Il était vélocipédiste.

Et son degré d'instruction mentionne qu'il sait "lire, écrire et compter". Son père, déjà mort quand Laurent est recensé, s'appelait Jean François ; et sa mère Pierrette née Genest.

comment est-il mort à la guerre ?

Champagnat a trouvé la mort lors des combats de contre-offensive en juin 1918, menée par le général Mangin, dans la région  des communes de Belloy et de Gournay-sur-Aronde (village de Saint-Maur) dans le département de l'Oise.

Voici le court récit de cet engagement qui fut fatal à Laurent Champagnat :

"Belloy - cote 117 (11 juin 1918 - 9 août 1918).
Le 10 juin, le 155e est alerté, subitement, emmené en camions et débarque à Angivillers et Lieuvillers à minuit. À 2 heures du matin, ordre d'attaquer : la 165e D.I. participe à l'attaque Mangin qui va briser l'offensive ennemie sur Compiègne.
Le 155e est en réserve. Le 11 juin, à 11 heures, il est sur ses emplacements de départ : voie ferrée Wacquemoulin - Menevillers. Cette région est une suite de larges plateaux à blé, séparés par de petits ravins. De loin en loin, de grosses fermes ou villages. Méry sur la gauche, plus loin Belloy, ferme de Bauchemont à droite avec en avant un piton nu : la cote 117 ; entre la cote 117 et Belloy, le bois de Belloy et de Genlis.
L'attaque, précédée de tanks, est menée par le 287e et le 154e ; les 1er et 2e bataillons sont, engagés l'un avec le 151e, le deuxième avec le 287e. En fin de journée, on a avancé, de 4 à 5 kilomètres, malgré une résistance acharnée de l'ennemi. La ligne passe devant Belloy et le bois de Belloy — cote 117.
Le 12 juin, le 2e/155 tente une attaque sur Lataule qui échoue. Puis le secteur se calme très rapidement, sauf une série de coups de main de part et d'autre, pour la possession d'un élément de la tranchée Napolitaine, avec usage de lance-flammes (19 - 22 juin). Cet élément de tranchées reste entre nos mains.
À part cela, le secteur devient secteur calme, avec relève régulière. Nous travaillons activement à l'établissement d'une ligne principale de résistance que nous occupons en demi-repos. À noter encore un fort coup de main fait par le 3e bataillon, le 26 juillet.
Le 6 août, le 155e est en réserve (Wacquemoulin, ligne principale de résistance)."

Historique du 155e Régiment d'Infanterie

Ce qui est étrange, c'est la date de sa mort. Car le 24 juin 1918, les combats sont remportés victorieusement depuis plus de dix jours...

Sur la carte ci-dessous, les localités de Gournay-sur-Aronde et de Saint-Maur (village) sont soulignés de bleu ; un peu à l'ouest, on voit Lataule et Belloy. Or, la ligne de front (trait rouge) est à plusieurs kilomètres au nord dès le 9 juin...

 

Gournay Saint-Maur 1918
les contre-offensives alliées dans cette région de l'Oise en juin 1918 ;
on voit bien la flèche rouge de la 165e Division à laquelle appartenant le régiment de Champagnat

 

des paysages que Laurent Champagnat a peut-être traversés...

 

Wacquemoulin
"le régiment de Champagnat est sur son emplacements de départ : la voie ferrée Wacquemoulin - Méneviller,
le 11 juin à 11 heures" ; la voie ferrée passait un peu à l'écart du village ci-dessus, montré peu avant 1914

 

Belloy en juin 1918 (1)
"La ligne passe devant Belloy et le bois de Belloy — cote 117"

 

Belloy en juin 1918 (2)
Belloy (Oise), église et cimetière après les combats de juin 1918

 

Lataule bombardé
"Le 12 juin, le 2e/155 tente une attaque sur Lataule qui échoue"

 

 

 

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