mercredi 18 mai 2016

la mondialisation : cours - classe de 1e STI2D

bâteau porte-conteneurs
le porte-conteneurs le plus grand du monde

 

 

la mondialisation : cours

 

 

la mondialisation en 3 minutes (vidéo de Laure Le Gurun, 2013)

 

 

 

acteurs et flux mondialisation carte

 

flux et acteurs mondialisation légende

 

 

 

 

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lundi 16 mai 2016

la politique démographique en Chine communiste

affiche propagande couple et enfant unique

 

 

la politique démographique

en Chine communiste

 

Avec une population estimée par l’ONU à 1 335 millions d’habitants en juillet 2009, soit 19,6 % de la population mondiale, la Chine est le pays le plus peuplé du monde devant l’Inde (1 175 millions) et les États-Unis (309 millions). Sa population est 10 fois celle du Japon, 20 fois celle de la France.

Les données officielles ne furent pas toujours véridiques. Ainsi, la surmortalité entre 1959 et 1961 ("Grand Bond en avant") est estimée entre 20 et 50 millions de personnes (100 millions pour les auteurs les plus pessimistes).

On estime aussi que la Révolution culturelle a causé entre 1 et 4 millions de morts. Mais on évalue à 100 millions le nombre de ceux qui ont été estropiés, martyrisés, maltraités, humiliés. Cela veut dire un Chinois sur huit, c’est-à-dire un adulte sur deux...

 

1) L'évolution démographique en Chine, de 1965 à 2008

 

tableaux démographie chinoise

 

 

2) La Chine assouplit le dogme de l'enfant unique

Le Monde.fr avec AFP | 15.11.2013 à 12h35 • Mis à jour le 15.11.2013 à 13h43 (extraits)

 

enfant à Hong-Kong 2011

 

À l'issue du troisième plénum du 18e comité central du Parti communiste chinois (PCC), Pékin a fait vendredi 15 novembre [2013] une série d'annonces majeures relayées par l'agence de presse officielle Chine nouvelle : assouplissement du contrôle des naissances (...).

Contrôle des naissances

La Chine va assouplir sa politique de contrôle des naissances, dite de l'enfant unique, lancée en 1979. Les couples dont au moins l'un des membres est lui-même enfant unique seront autorisés à avoir deux enfants, selon "une décision majeure" dévoilée par le PCC, selon le média d'État.

Les démographes chinois réclamaient en vain depuis plusieurs années un assouplissement de la planification familiale, voire son abandon, au motif que le taux de fertilité était passé bien au-dessous du seuil de renouvellement de la population.

Le syndrome du "pays vieux avant d'être riche" préoccupe aujourd'hui les Chinois. Des démographes, mais aussi des économistes, signalent que la Chine approche du "tournant de Lewis", moment où le déclin de la population en âge de travailler à l'usine lui fera perdre ses avantages comparatifs : le dividende démographique, c'est-à-dire les bénéfices de la réduction de la population, est appelé à devenir une dette démographique, en raison du fardeau représenté par la population âgée.

Actuellement, la loi chinoise autorise les couples à n'avoir qu'un seul enfant, mais des exceptions existent pour les couples dont les deux membres sont enfants uniques. "La politique des naissances sera ajustée et améliorée progressivement pour promouvoir l'accroissement équilibré à long terme de la population de la Chine", a rapporté Chine nouvelle.

Jusqu'à présent, les dirigeants chinois répétaient de façon constante que la politique de l'enfant unique restait nécessaire et qu'un développement démographique excessif menacerait la croissance économique du pays.

En trente ans d'application, de 1980 à 2010, la politique de l'enfant unique a conduit à 281 millions d'avortements et 516 millions d'opérations de pose de contraceptifs et de stérilisation, selon le ministère de la santé.

Le Monde, 15 novembre 2013

 

 

affiche propagande enfant unique
affiche de propagande pour l'enfant unique, années 1980

 

 

3) Chute démographique, déficit de filles : les effets de la politique de l'enfant unique en Chine

Le Monde, 29 octobre 2015, Alexandre Pouchard

 

La Chine a annoncé, jeudi 29 octobre, la fin officielle de la politique de l’enfant unique. Cette dernière avait été instaurée en 1979 et n’autorisait qu’un seul enfant par couple, sauf exception pour certaines minorités par exemple.

La politique avait déjà été assouplie en 2002 (possibilité d’«acheter» le droit à un deuxième enfant) puis, surtout, en 2013 avec l’autorisation d’avoir deux enfants si l’un des parents était lui-même enfant unique. Désormais, tous les Chinois seront autorisés à avoir deux enfants.

La politique de l’enfant unique paraît avoir atteint son objectif : la natalité en Chine a drastiquement chuté en trente-cinq ans, passant de 33 naissances pour 1 000 habitants en 1970 à 12 en 2013, selon les données de la Banque mondiale.

 

chute natalité en Chine 1970-2010
Le Monde, 29 octobre 2015

 

Logiquement, cette baisse de la natalité a fortement ralenti le taux de croissance de la population chinoise, passé de 2,76 % en 1970 à 0,51 % en 2014.

 

chute croissance pop en Chine 1970-2010
Le Monde, 29 octobre 2015

 

Conséquence collatérale de cette politique : la part des femmes dans la population a peu à peu diminué, pour atteindre 48,48 % en 2014, soit 106 hommes pour 100 femmes. Le chiffre est encore plus impressionnant au sein de la génération née en 2010, où l’on comptait près de 118 naissances de garçons pour 100 naissances de filles, notamment à cause d’avortements sélectifs.

Ce déficit de filles s’explique par l’état de la société chinoise au sein de laquelle «les femmes sont socialement dévalorisées» et où les familles préfèrent généralement avoir des fils, notait la démographe Isabelle Attané dans Chinoises au XXIe siècle, paru en 2012. Autre signe de cette préférence masculine, la mortalité infantile des filles atteint ainsi 26,8 ‰ sur la période 2005-2010, contre 18 ‰ pour les garçons.

source

 

bibliographie

article de fond : "La démographie chinoise en mutation", Espace, populations, sociétés, 2009/3, p. 551-568.

 

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dimanche 15 mai 2016

la Chine depuis 1949 : tableaux chronologiques et histoire

Chine avec drapeau

 

 

la Chine depuis 1949

 

 

Diapositive1
grandes phases chronologiques de la Chine de 1949 à 2016

 

 

Diapositive2
à compléter avec le nom des dirigeants principaux et de deux périodes maoïstes désastreuses

 

 

- voir : la Chine et le monde depuis 1949 (Term S)

 

__________________

 

Les années Mao : révolution et tragédie

La Chine, 2000 ans d'empire - par Jean-Luc Domenach dans L'Histoire, mensuel n°300, daté juillet 2005 à la page 86.

Avec le Grand Bond en avant et la Révolution culturelle, Mao a jeté la Chine dans une fuite en avant révolutionnaire. Les archives aujourd’hui disponibles permettent de mieux comprendre les ressorts de cette dictature totalitaire.

 

L’Histoire : L’histoire de la Chine communiste semble aujourd’hui moins difficile à reconstituer. De quelles sources dispose-t-on pour cela ?

Jean-Luc Domenach : Les sources ont été très insuffisantes jusqu’à une période récente : elles se limitaient aux publications autorisées et aux témoignages de réfugiés de Hongkong ou de Chinois de Taiwan. Malgré cette pénurie, l’histoire de la Chine avait pu être reconstituée d’une manière assez juste, en particulier par les spécialistes américains.

De nouveaux progrès sont aujourd’hui rendus possibles par une véritable révolution documentaire. Si les archives du comité central demeurent fermées aux chercheurs étrangers, celles du ministère des Affaires étrangères et de certaines provinces s’ouvrent progressivement et l’on peut de plus en plus souvent consulter les archives des localités.

Surtout, les biographies de dirigeants communistes se sont multipliées, y compris celles de personnages autrefois contestés, victimes de purges : par exemple, le patron de la Sécurité de Shanghai, éliminé en 1955. Certains journalistes se sont également mis à écrire : l’un d’entre eux a par exemple récolté les souvenirs des enfants des dirigeants centraux... Quelques historiens appartenant aux centres de recherches liés du PCC mènent des travaux de plus en plus précis sur les grands moments de la période communiste - et ces chercheurs ont le droit d’utiliser les archives d’État ou du parti.

Dernier apport, et certainement le plus intéressant, les journaux et livres de mémoires rédigés par des proches du pouvoir ou des témoins : anciens gardes du corps ou secrétaires, camarades de guérilla, ou écrivains, et ces épouses qui avaient combattu le fusil à la main, puis, nommées secrétaire ou directrice de cabinet, s’étaient effacées derrière leur mari.

Ces sources nouvelles fournissent quantité de détails concrets qui font mieux comprendre la mécanique humaine du pouvoir. Elles conduisent, suivant les cas, à confirmer, à préciser ou à reconsidérer la dynamique historique de la Chine populaire.

L’H. : Comment voit-on aujourd’hui l’arrivée au pouvoir des communistes, le 1er octobre 1949 ?

J.-L. D. : La vision qu’on avait jusqu’à présent et qui reste largement exacte est celle d’un parti communiste à la fois uni et sûr de ses moyens, de son idéologie et de ses talents politico-militaires : ces qualités l’ont beaucoup aidé contre le Guomindang*.

Les communistes n’ont pas seulement su se maintenir puis vaincre militairement, ils ont fait leurs classes dans les zones de guérilla, puis dans les zones libérées ; ils ont appris à établir leur pouvoir en s’appuyant sur les élites locales, avant de liquider celles-ci progressivement. Et les dirigeants, Mao en tête, se sont révélés d’une extrême lucidité stratégique et habileté tactique.

Excellent stratège, Mao s’est solidement installé à la tête du parti dans les années 1938-1945, à la faveur d’une manipulation cynique du pouvoir. Très tôt, par exemple, il prend le contrôle de la communication avec Staline. En 1942-1943, Mao a lancé à l’intérieur du parti un mouvement de rectification, conduit par Kang Sheng, chef du fameux « département social », l’équivalent du KGB. Une esquisse de ce que seront plus tard les grandes campagnes d’épuration. Mais cela ne l’empêche pas de s’entourer de gens de qualité qui ne lui avaient pas été toujours favorables, comme Zhou Enlai, ou qui ne lui ressemblaient pas, comme Liu Shaoqi.

En revanche, l’inexpérience économique des dirigeants communistes et leur absence de programme précis les contraignent à se tourner exclusivement vers le modèle soviétique. Ce qui rend les choses très dangereuses, c’est qu’ils arrivent au pouvoir portés par un enthousiasme populaire inimaginable. La majorité de la population va suivre les yeux fermés ce pouvoir qui ne sait pas très bien où il va...

L’H. : Dans un premier temps, donc, les communistes chinois suivent le modèle venu de Moscou.

J.-L. D. : Sur les relations sino-soviétiques, on dispose de quelques témoignages nouveaux qui confirment plutôt ce que l’on pensait. D’un côté, les méfiances forgées durant les premières années de la révolution viennent d’être confirmées depuis 1945 par le comportement des armées soviétiques en Mandchourie : elles violent, se soûlent et démantèlent les usines pour les envoyer en Sibérie.

Et pourtant les commu­nistes chinois ont une confiance absolue dans le modèle soviétique proprement dit, à la fois, si l’on peut dire, à cause de Staline et de Stalingrad. Une fois arrivés au pouvoir, ils vont l’appliquer avec une très surprenante conviction dans au moins deux domaines : l’industrialisation et l’ingénierie politique, c’est-à-dire le dispositif institutionnel et juridique. Pendant les premières années, le système chinois est bel et bien édifié sur le modèle soviétique, et cela de façon parfaitement voulue.

L’orientation est donnée très tôt. En février 1949, juste avant la victoire, le dirigeant soviétique Mikoyan fait une visite secrète auprès du Parti communiste chinois PCC. Liu Shaoqi part à Moscou quelques mois plus tard. Il y a, surtout, le voyage de Mao à Moscou fin 1949-début 1950. Le contact avec Staline est désastreux et la négociation difficile, mais un traité est signé, bien inégal il est vrai. Par la suite, des dizaines de milliers d’experts soviétiques se rendront en Chine, parmi lesquels beaucoup d’excellent niveau.

L’H. : Quelle est la marque soviétique dans le communisme chinois ?

J.-L. D. : Elle ne se fait pas sentir d’emblée. Au début, l’essentiel est le retour à l’ordre. C’est la première fois depuis plus d’un siècle que les gens peuvent travailler et se nourrir à peu près normalement. En trois années 1949-1952, la production agricole retrouve son meilleur niveau d’avant-guerre. Dans les vieilles usines, souvent en mauvais état, les gens se remettent au travail. Et puis, c’est la fin d’une des plus épouvantables inflations que le siècle ait connues.

C’est à partir de 1952-1953 que l’aide des conseillers soviétiques porte tous ses fruits. Ils inspirent un système économique dans lequel la priorité est accordée à l’industrie. Pendant le premier plan quinquennal 1953-1957, 7 % seulement des investissements vont à l’agriculture dans un pays qui compte plus de 90 % de ruraux ! L’imitation frise parfois le ridicule, par exemple pour le trop grand barrage de Sanmen, sur le fleuve Jaune, qui causera une inondation !

Mais le principal est que les ingénieurs soviétiques mettent en place les bases de l’économie chinoise moderne. Ils rénovent notamment les quelques lignes de chemins de fer qui existent comme la grande ligne Pékin-Canton et font construire, en plus, l’essentiel des voies ferrées que la Chine possédera jusqu’à la fin des années 1970... Les grandes usines sidérurgiques, métallurgiques, chimiques et textiles du pays ont été installées par les spécialistes soviétiques dans les années 1950.

Dans ce modèle, la paysannerie n’a que deux fonctions majeures : nourrir le pays et financer son développement par un système de prix qui la défavorise. Elle est immédiatement enrégimentée sous le prétexte d’être libérée, fixée au sol et compartimentée.

L’H. : Rien à voir, donc, avec ce que l’on a pu décrire : un communisme qui marcherait « sur les deux jambes », l’industrie et l’agriculture.

J.-L. D. : C’est ce qu’ont prétendu quelques idéologues occidentaux dans les années 1960 et 1970. Cependant, dans le rapport ville-campagne en Chine, rien ne vient soutenir ces assertions. Bien au contraire. La prise du pouvoir n’a pas été une révolution paysanne. C’est une armée-parti, venue des villes, qui mobilise les paysans et prend ensuite les villes cf. Lucien Bianco, p. 76 . Certes, on partage la terre entre les paysans, mais la réforme agraire, lancée en 1950, et bientôt suivie par un processus de collectivisation, a d’abord pour but le ­contrôle de la population et le financement de l’industrialisation.

L’H. : Si la différence entre communismes soviétique et chinois ne se trouve pas dans le système économique, où faut-il la chercher ?

J.-L. D. : La grande différence entre la Chine et l’Union soviétique se trouve certainement dans la capacité de mobilisation de la population. Le système qui se met en place en Chine est, d’emblée, purement totalitaire. Les communistes chinois ont vraiment cherché à appliquer leur idéologie de transformation de l’homme ; celle-ci n’était, en URSS, qu’une clause de style, vide de sens et confiée à la police.

La volonté de créer un homme nouveau passe d’abord par les camps de «réforme par le travail». Ceux-ci sont mis en place par les communistes chinois dès leur arrivée au pouvoir, en partie avec l’aide des Soviétiques - et sur le modèle du Goulag cf. page de droite . Mais, contrairement à ce qui s’est passé en URSS, les camps devaient aussi permettre de créer un monde d’automates, de réaliser l’idéal d’une population à la fois docile et enthousiaste. Une population qui se dirige d’elle-même dans la direction que le pouvoir lui indique.

Tous les prisonniers sont donc soumis à un lavage de cerveau sans équivalent dans l’histoire. C’est ce que raconte Jean Pasqualini, un métis franco-chinois qui a été jeté en prion en 1958 à cause de ses origines et de sa profession. Il a fait l’objet, pendant sa détention, d’un tel conditionnement qu’il s’exprimait encore, quand je l’ai connu au début des années 1970, avec les termes de la propagande. Il raconte dans son livre comment, ayant été entraîné à la dénonciation et à l’autocritique, il a révélé avoir vu un gardien qui urinait contre un mur - c’était formellement interdit. Quelques mois après, le gardien se trouvait dans la même cellule que lui1...

En dehors des camps, le système a également mis en place une série de procédures de contrôle de la population. D’une façon ou d’une autre, plusieurs dizaines de millions de Chinois, considérés comme peu sûrs, sont ainsi surveillés quotidiennement. Tout ce système d’encadrement dans les villages, dans les quartiers, chapeauté par le comité local du parti, c’est quelque chose que les Chinois ont réalisé sur une très large échelle.

Malgré sa tension sans cesse relancée vers la perfection, l’horreur s’est rapidement ébréchée. L’efficacité du système de répression, comme l’efficacité du système politique, atteint son maximum au milieu des années 1950. Ensuite elle déclinera, avec des à-coups.

L’H. : Comment peut-on surveiller une population de 600 millions d’habitants ?

J.-L. D. : Comme toujours dans les systèmes totalitaires, l’efficacité du pouvoir dépend beaucoup de l’enthousiasme de la population et de la conviction des cadres. Au moins au début. Puis progressivement l’enthousiasme laisse place à la routine et la mobilisation des esprits à une police des gestes. En effet, la population était en gros d’accord pour un régime fort, qui envoie en prison les petits voleurs et les prostituées, mais elle n’était pas prête pour le socialisme et encore moins pour le communisme. D’où un long malentendu.

L’H. : Dans cette organisation totalitaire, est-ce que Mao contrôle tout ?

J.-L. D. : Selon une image convenue, Mao était un poète, un rêveur qui ne s’occupait pas de pouvoir, et qui, installé dans sa piscine à Zhongnanhai la partie du Palais impérial, à Pékin, où vivaient les dirigeants, lisait des auteurs antiques, et faisait des vers... En fait, d’après les sources récentes, Mao est un bureaucrate qui abat un travail effrayant ! Il voit tout, il relit tout, il donne son avis sur tout, et fond sur le ministre qui a cru pouvoir en prendre à son aise : par exemple, dans les années 1950, le patron de la Sécurité qui ne le met pas en copie de tout.

Ce que nous montrent aussi les sources nouvelles, c’est que le balancement que l’on croyait plus tardif chez Mao entre radicalisme et modération ainsi que sa manipulation des conflits de palais pour éliminer les dirigeants trop puissants se manifestent en fait dès la fin des années 1940. C’est ainsi qu’il faut interpréter une affaire peu connue et qui éclate en 1953-1954 : l’affaire Gao Gang.

L’H. : Qui est Gao Gang ?

J.-L. D. : Ce bellâtre amateur de femmes, dynamique, brillant, est à la fois un ancien de la guérilla et une étoile montante du parti. A ses côtés, ou plutôt parallèlement, on trouve un autre dirigeant prometteur, Rao Shushi, lui aussi expérimenté, original et brillant. Tous deux sont ambitieux et s’impatientent du monopole de l’entourage de Mao, tenu d’une main de fer par l’indispensable Zhou Enlai.

Cet entourage commence à encombrer Mao, qui se demande alors s’il ne va pas accorder sa confiance à de nouveaux dirigeants brillants comme Gao Gang et Rao Shushi. Ces deux hommes sentent l’occasion et, pour séduire le président, se dépêchent d’incarner une ligne favorable à l’accélération du passage au socialisme. Mais Mao ne va pas au bout de ses

sympathies. Vaguement conscient que le régime est trop jeune pour un changement aussi brutal, il se laisse convaincre que Gao Gang et Rao Shushi sont d’ignobles ambitieux. En échange d’une augmentation de son contrôle sur le gouvernement et de l’accord de tous pour avancer à 1953 la transition vers le socialisme, il charge alors le Comité central de liquider le «complot» et file se reposer dans le Sud. L’affaire est vite réglée, avec l’aide de Deng Xiaoping, qui fait là ses premières armes. Le comité central ­confirme, Gao Gang se suicide et Rao Shushi est embastillé.

Cet épisode est essentiel selon moi. Car c’est alors qu’apparaît la première faille entre Mao et l’équipe dont il se débarrassera douze ans plus tard, au moment de la Révolution culturelle. L’affaire Gao Gang est un des signes avant-coureurs des tentations autocratiques, radicales et utopiques de Mao. Dans les années suivantes, il comprend que le modèle soviétique est pétrifié et en partie inadapté au pays. Il se persuade que le régime chinois ne survivra que s’il se lance en avant, s’il conserve le sens de la révolution. C’est alors qu’apparaît l’expression de «révolution continue».

Cette conviction se trouve renforcée par la déstalinisation, qui séduit des intellectuels mais ne plaît pas du tout à Mao et son entourage. Pourquoi ? Parce que la déstalinisation peut viser le Staline chinois.

L’H. : Ce mouvement de radicalisation, comment se manifeste-t-il ?

J.-L. D. : À l’été 1955, le pouvoir généralise les coopératives sur le modèle des kolkhozes, ces fermes collectives imposées en URSS à partir de 1929. Ce projet de collectivisation des terres, qui signait la fin de la propriété privée, devait être achevé en une douzaine d’années : il est en fait réalisé en quelques mois. La population est mobilisée de manière incroyable : les comités du parti parcourent la campagne et contraignent les gens à manifester leur enthousiasme et à offrir aux coopératives une partie de leurs outils de travail, etc. Des grands travaux sont lancés, de petites usines apparaissent dans les campagnes. C’est la fin du petit capitalisme rural à chacun son lopin de terre. Et c’est aussi, dans les plus vastes de ces coopératives, l’esquisse des innovations utopiques qui s’imposeront avec le Grand Bond en avant. L’imitation de l’URSS ouvre sur une utopie proprement chinoise.

La lune de miel entre le régime et la population rurale est désormais terminée. Jusqu’à ce que Deng Xiaoping privatise l’agriculture, au début des années 1980, les paysans chinois ne travailleront plus que le minimum pour éviter la colère des cadres et se nourrir. D’où de très médiocres résultats économiques. En 1956, pour la première fois, la production agricole stagne. Des poches de famine apparaissent. A ce marasme social s’ajoute le vent qui vient de Moscou : au moment où le droit est donné de critiquer Staline, voilà que le camarade Mao n’a pas été parfait. Une crise larvée se fait jour au sommet du PCC.

L’H. : Ce sont ces critiques qui vont donner lieu à ce qu’on appelle la campagne «des Cent Fleurs», lancée par le pouvoir en 1957 ?

J.-L. D. : En effet. Cette campagne est un épisode étrange. Fin avril 1957, Mao Zedong appelle les intellectuels à donner leurs idées, à critiquer le régime, suivant la formule : «Que cent fleurs s’épanouissent, que cent écoles rivalisent.» L’initiative rencontre un tel succès que les critiques s’échauffent.

On s’est longtemps demandé si Mao était sincère ou s’il s’agissait d’un piège. Les documents disponibles donnent à penser que la vérité est au milieu. Mao paraît avoir d’abord voulu tirer la leçon de ce qui se passe en URSS avec la déstalinisation, en Pologne où éclatent des émeutes, en Hongrie avec la révolution de 1956. Pour éviter de tels mouvements en Chine, il laisse la population exprimer ses problèmes ; il décidera ensuite s’il faut réprimer ou réformer.

Très vite, le torrent de contestations et de critiques est tel que Mao choisit la répression, mais, avec un machiavélisme impavide, tient le piège ouvert encore quelque temps. Le mouvement est brutalement interrompu au début juin : 550 000 intellectuels seront envoyés dans des camps de travail ; les autres termineront leur carrière terrorisés. Cet épisode, qui devait réconcilier l’intelligentsia avec le régime, l’a finalement détachée définitivement de lui.

Ces années 1955-1957 sont donc une période pivot. Pendant les vingt années suivantes, toute l’histoire politique, économique et sociale chinoise sera marquée par une série de coups de barre à gauche suivis de moments plus ou moins longs d’accalmie. Mais d’accalmies dont un président de plus en plus nerveux interrompt le cours très vite. Car Mao impose un pouvoir de plus en plus tyrannique à ses collègues. Il se montre si violent contre Zhou Enlai qui avait osé critiquer en 1956 la mobilisation de 1955 que désormais ceux-ci hésiteront à faire connaître leurs craintes, et plus encore à se consulter entre eux.

L’H. : Parmi ces grandes campagnes de radicalisation du régime, il y a, en 1958, le Grand Bond en avant... Comment expliquer ce qui va tourner en une catastrophe économique et humaine ?

J.-L. D. : Cet épisode ne recèle plus guère de mystères. Il s’explique très largement par la nature du régime.

En 1956-1957, dans les campagnes, le marasme est total ; les villes souffrent quant à elles des effets du modèle stalinien une industrialisation peu adaptée à la situation chinoise ; tandis que, sur le plan politique, un vrai malaise s’exprime au sommet du parti. Comme dans beaucoup de régimes communistes, quand la situation est difficile, on propose une nouvelle avancée révolutionnaire : c’est ce que fait Mao Zedong. A partir de l’automne 1957, il charge ses hommes de main et ses collaborateurs immédiats de lancer dans un certain nombre de provinces une mobilisation destinée à faire tache d’huile : c’est le Grand Bond en avant, qui est imposé à l’ensemble du pays en mai 1958.

Il s’agit d’abord d’un mouvement productiviste sans précédent. Le pouvoir pose des objectifs économiques rapidement hors de portée : la production céréalière doit augmenter de 10 %, puis le mot d’ordre est de la doubler ; le slogan devient finalement qu’en cinq ans la Chine rejoigne l’Angleterre et en dix ans les États-Unis ! C’est l’époque où l’on construit des automobiles en bois, où des petites aciéries sont implantées dans les collines - en dépit de tout bon sens -, où les paysans doivent dormir dans les champs pour travailler davantage...

Les coopératives sont remplacées par des communes populaires, une forme plus poussée de collectivisation sur une échelle beaucoup plus large. Celles-ci constituent un instrument de militarisation de la production, puisque aussi bien la Chine est en guerre contre la nature. La population chinoise est manoeuvrée comme une immense armée de travailleurs, hommes, femmes et enfants confondus.

La limite est atteinte lorsque l’ordre est donné de construire des cantines et des dortoirs séparés pour les hommes, les femmes et les enfants. Il sera vite abandonné. En Chine, on ne touche pas à la famille si on veut se maintenir au pouvoir.

L’H. : Quel est le bilan du Grand Bond en avant ?

J.-L. D. : C’est une catastrophe à la mesure de l’ambition du projet et de l’épuisement de la population. Dès 1958 commence une immense famine.

Le Grand Bond en avant a été une entreprise absurde de bout en bout. L’industrialisation des campagnes a ­conduit à des gaspillages énormes, notamment en matières premières. Seule une partie infime de l’acier produit dans les campagnes était utilisable, tant sa qualité était médiocre. Et la surproduction entraînait des embouteillages dans les transports : au confluent entre les deux grands axes ferroviaires nord-sud et est-ouest, il fallait un mois et demi pour que les trains passent ; les céréales pourrissaient sur place...

Le pire pour les paysans est que là où les productions n’augmentaient que de 4 à 5 % - ce qui n’était déjà pas si mal -, on annonçait des croissances de 100 %, voire 150 %. Or les achats forcés de produits agricoles par l’État étaient fixés en fonction des productions déclarées : la tragédie était dès lors programmée dans de nombreux villages.

Résultat : dès le courant de 1958, la disette s’étend, et parfois la famine. Des maladies comme l’hydropisie apparaissent, des épidémies se répandent. A tout cela s’ajoutent des inondations dans le Sud et une sécheresse épouvantable dans le Nord. Si bien que, jusqu’en 1962, la Chine se débat dans une misère effroyable cf. ci-dessus . Le cannibalisme et l’anthropophagie réapparaissent. Un Chinois d’outre-mer en visite en Chine découvre un ongle humain dans un petit pain à la vapeur... Les paysans mangent des racines pendant que, dans les villes, les ersatz sont généralisés.

L’H. : Comment la population a-t-elle réagi ?

J.-L. D. : Il y a eu de nombreuses révoltes, toutes parcellaires, mais en général dirigées ou autorisées par des cadres locaux qui défendaient leurs ouailles contre la mort : on connaît de nombreux cas de greniers dévalisés par des hordes de gueux épuisés accompagnées de leurs chefs. Atterrés, les responsables centraux et provinciaux réagissent souvent avec intelligence et souplesse, allouant des secours là où la situation est la plus difficile, fusillant parfois des boucs émissaires, et aidant les autorités locales à développer des solutions temporaires. Mais certaines autorités provinciales ont laissé mourir des villages entiers. La survie du régime s’est jouée dans ces moments où l’encadrement de base pliait sans se rompre.

L’H. : Comment sort-on d’une telle catastrophe ?

J.-L. D. : D’abord en attendant que le temps passe. En clair, la production céréalière diminue d’environ 20 %. La crise dans l’industrie est également très grave, d’autant que les Soviétiques, exaspérés par les critiques chinoises, retirent leur aide. La rupture avec l’URSS est définitive en 1960.

En 1961-1962, le pouvoir est obligé de faire à nouveau une place au marché privé, et d’autoriser les paysans à cultiver un lopin de terre, tandis que le commerce rural est relancé. Les cadres communistes les plus gauchistes sont écartés.

Après avoir tardé à comprendre ce qui se passait alors que des informations filtraient de partout, c’est un point que confirment les sources récentes, tous les dirigeants, en particulier Liu Shaoqi et Zhou Enlai, font une autocritique publique. Celle de Mao est incomplète et contrainte... De son côté, Deng Xiaoping, le secrétaire général du parti, mène désormais une activité plus que pragmatique, presque cynique : tout est bon pour relever l’économie. Sans s’opposer, il prend ses distances avec l’approche à la fois tyrannique et idéologique du patron.

De fait, le parti est épuisé. Quand Mao tente en 1962 de relancer la vapeur idéologique par le Mouvement d’éducation socialiste, l’appareil rechigne et ergote. Alors Mao s’énerve... Il supporte de plus en plus difficilement les dirigeants qui l’entourent, en particulier Liu Shaoqi, qui ont été les témoins de ses erreurs. Et il se décide progressivement à éliminer sa garde rapprochée.

L’H. : Cette volonté d’éliminer la vieille garde, c’est ce qui conduit Mao à lancer le pays dans la Révolution culturelle ?

J.-L. D. : Qu’est-ce qui décide Mao à déclencher la Révolution culturelle ? La question n’est pas tranchée, mais les sources montrent clairement l’agacement à la fois idéologique et personnel de Mao à l’égard de l’appareil central du parti.

Elles insistent aussi sur le complot ourdi par deux personnages : Jiang Qing, la femme de Mao, une actrice du Shanghai des années 1930, et son ancien protecteur, Kang Sheng, que ses excès durant les années 1940 avaient isolé. Pendant que le Mouvement d’éducation socialiste s’ensable dans des querelles obscures, avec l’aide de quelques affidés comme Chen Boda et Wang Li, ils montent une série d’escarmouches littéraires et philosophiques. Celles-ci finissent par convaincre le président qu’il est trahi par des bureaucrates révisionnistes : Peng Zhen, Liu Shaoqi, Deng Xiaoping - Zhou Enlai réussira à louvoyer entre modération et alliance avec l’extrême gauche maoïste.

À l’automne 1965 commence la grande «révélation» : diverses affaires font apparaître la trahison de la mairie de Pékin, puis des principaux départements centraux du PCC. Le concept de Révolution culturelle est mis en avant : il faut faire une révolution à partir du secteur de la culture. Mais, en fait, il s’agit d’une révolution de palais, d’une bataille pour le pouvoir dont désormais Mao veut jouir sans partage, et dont d’autres ­convoitent de plus en plus la succession.

L’H. : Mais la Révolution culturelle, c’est aussi une incroyable mobilisation de la population...

J.-L. D. : Cette mobilisation est l’instrument de l’offensive. Durant l’été 1966, les écoliers et étudiants deviennent les Gardes rouges. Encadrés par l’armée, ils sont lancés à l’assaut de tous les pouvoir établis, brûlent des livres, humilient les intellectuels. Les hommes en place sont brutalisés, sont contraints à des autocritiques, se suicident... Liu Shaoqi mourra dans un cachot en novembre 1969 ; Deng Xiaoping est exilé, son fils défenestré il restera infirme. Des familles entières sont emprisonnées. Les grandes villes sont paralysées par les grèves et les combats de rue.

Les pouvoirs en place sont remplacés à partir de l’été 1967 par les comités révolutionnaires. Dans cette nouvelle épine dorsale du régime, l’armée joue le rôle majeur. Au sommet, c’est la victoire de l’aile gauche du parti : Jiang Qing, le maréchal Lin Biao, désormais héritier présomptif et nouvel homme fort, et Chen Boda, l’ancien secrétaire de Mao.

C’est ainsi qu’on peut raconter l’histoire superficiellement. Mais ce que nous apprennent de nouveaux éléments, c’est qu’au moment même où le monde entier croit que le communisme chinois a trouvé son continuateur en la personne de Lin Biao, à qui Chen Boda se rallie, l’élimination politique du maréchal a déjà ­commencé. Jiang Qing et Zhou Enlai réussissent à mettre en évidence l’ambition de Lin Biao. Celui-ci a-t-il comploté ? Les dénonciations de la propagande ne sont pas convaincantes. En revanche, son fils a probablement imaginé de bombarder le train du président. Le 12 septembre 1971, Mao rentre en catastrophe à Pékin dans une telle fureur que la panique saisit Lin Biao.

Incroyable : ce maréchal qui a connu tous les dangers, qui a contribué à inventer la guérilla, est devenu un opiomane maniaque entouré d’une bande de lâches, d’une femme hystérique et d’enfants qui se disputent. Habilement taraudé par Zhou Enlai, il prend peur et fuit vers la frontière la plus proche, celle de l’Union soviétique. Tout se passe comme dans un film. Affolé, Lin Biao monte avec son entourage à bord d’un avion, revolver au point, et somme le pilote de décoller avant que le plein de kérosène soit achevé. Bientôt, les réservoirs sont vides, l’avion rate son atterrissage forcé et s’écrase en Mongolie... Cet épisode ouvre l’agonie de la Révolution culturelle et du règne de Mao.

L’H. : Quel est le bilan humain de la Révolution culturelle ?

J.-L. D. : On estime que la Révolution culturelle a causé entre 1 et 4 millions de morts. Mais on évalue à 100 millions le nombre de ceux qui ont été estropiés, martyrisés, maltraités, humiliés. Cela veut dire un Chinois sur huit, c’est-à-dire un adulte sur deux...

Et le régime a franchi la ligne blanche en s’en prenant aux familles : pendant la Révolution culturelle, beaucoup de couples ont été séparés, beaucoup d’enfants éloignés de leurs parents ; en tout, une bonne moitié de la population a été atteinte d’une façon ou d’une autre dans sa famille. Crime impardonnable dans ce vieux pays confucéen*...

De 1966 jusqu’à la mort de Mao, malgré quelques campagnes productivistes, le marasme s’installe, en partie aussi car la démographie explose. Le pays est juste assez riche pour nourrir à peu près sa population et pour construire des armes. Sur le plan politique, la conséquence de la Révolution culturelle est l’effondrement de l’idéal maoïste d’une révolution continuée, sans cesse relancée : car chacun peut voir que le résultat est : plus de répression et plus de privations.

On peut, pour résumer, dire que si l’échec du Grand Bond en avant a frappé le communisme au ventre, celui de la Révolution culturelle l’a frappé à la tête. Il l’a ridiculisé et a menacé sa légitimité.

L’H. : Comment ce maoïsme disparaît-il ?

J.-L. D. : Dans une atmosphère de complots permanents. La Révolution culturelle a compromis une bonne partie de ses animateurs initiaux. Ainsi s’ouvre un espace pour des personnalités plus modérées. Elles sont regroupées autour de Zhou Enlai. C’est un personnage incroyable : fils de famille devenu étudiant nationaliste à la fin des années 1910 ; puis cadre du petit PCC naissant, agitateur stalinien et l’homme des basses oeuvres à Shanghai ; guérillero antimaoïste des années 1934-1935, il n’a vraiment cessé de jouer contre Mao qu’au début des années 1940 pour devenir ensuite, avec quelques éclairs de courage, l’indispensable collaborateur, à la fois Premier ministre, ministre des Affaires étrangères, chef de cabinet, simple courtisan et comploteur aux moments clés.

Après avoir réussi à survivre aux torrents de la Révolution culturelle, Zhou joue son va-tout en 1972. Il lance une critique de l’ultra-gauche, rationalise la politique économique et ouvre la Chine sur le monde. De fait, celle-ci entre à l’ONU en 1971. L’année suivante, le président américain Nixon se rend en Chine. Le pays renoue avec l’Occident.

Mais Zhou Enlai découvre qu’il est atteint d’un cancer. Jiang Qing et ses affidés l’apprennent et déclenchent une offensive à laquelle Mao se prête, jaloux des succès internationaux de son collaborateur. Zhou Enlai, que l’on empêche de se soigner, se trouve dans des difficultés politiques croissantes, d’autant qu’en 1973-1974 l’aile gauche tente de relancer la Révolution culturelle ; c’est la «critique de Lin Biao et Confucius».

Aussi, à la fin 1974, Zhou passe le flambeau à Deng Xiaoping, qui impose un programme de rationalisation. L’espoir renaît d’un retour à l’ordre et au réalisme. Mais, à la fin de 1975, Jiang Qing retrouve l’écoute de Mao et élimine Deng... Les neuf derniers mois avant la mort du Grand Timonier, en septembre 1976, et avant l’élimination de la Bande des quatre en octobre, voient une relance délirante de l’agitation dans un pays épuisé physiquement et psychologiquement.

L’H. : Peut-on conclure de tout cela que le maoïsme a constitué un des régimes les plus délirants que le XXe siècle ait produits ?

J.-L. D. : Probablement, oui. Et les Chinois ont souffert abominablement. Ils ont souffert de la faim et du froid. Ils ont souffert de leurs espoirs déçus - parce qu’ils ont beaucoup espéré dans les premières années. Ils ont souffert également d’humiliation - parce que le maoïsme n’a pas été seulement un pouvoir sur les corps mais également sur les esprits.

Pourtant, il y a eu des variations chronologiques et locales. Bien des cadres locaux ont cherché à soulager les populations, des habitudes aussi se sont prises. Bien souvent, l’horreur du totalitarisme a été quelque peu étouffée par le désir commun de survivre et de s’en sortir.

A mon avis, on ne comprend pas la violence avec laquelle cette société s’est jetée, après 1978, dans un développement brutal et inégal si on ne tient pas compte du sentiment, largement partagé, que l’on a trop longtemps souffert, qu’il faut créer l’irréversible. Au fond, l’idée d’une sorte de deuxième Grand Bond pour que les horreurs du temps de Mao ne soient plus possibles.

Propos recueillis par L’Histoire.

Par Jean-Luc Domenach

source

Jean-Luc Domenach
Jean-Luc Domenach, sinologue

 

 

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jeudi 12 mai 2016

plaque du souvenir 1914-1918 et 1939-1945

en_attendant_l_assaut
en attendant l'assaut (Montdidier, Somme), 1918

 

plaque commémorative

des maîtres et élèves "morts pour

la France"

journal de bord d'une recherche en cours (2008 - 2013-2014)

91982347_o

Le lycée Claude Lebois, à Saint-Chamond (Loire), conserve dans son enceinte une plaque commémorative dédiée aux "maîtres et élèves" "morts pour la France" en 1914-1918.

Elle est apposée sur l'extérieur d'un mur de la maison du gardien de l'établissement. Dès mon arrivée dans ce lycée, la plaque m'avait intéressé et j'avais transcrit les noms de façon qu'ils soient lisibles par un moteur de recherche sur internet, en 2008. Peut-être quelques descendants de ces victimes se manifesteraient-ils ?

évoquer, refaire, ressusciter...

Fin 2013, j'ai entamé des recherches visant à réunir un maximum d'informations sur ces quatre "maîtres" et ces cinquante-et-un "élèves" ayant appartenu à l'ancêtre du lycée Claude Lebois, l'École Pratique fondée à Saint-Chamond en 1879.
Leur point commun, outre leur rapport à l'École, était d'avoir perdu la vie au cours de l'affrontement de la Première Guerre mondiale, nommée à l'époque la "Grande Guerre". Mais, cette communauté de destin restait un petit agrégat statistique.

Il importait de savoir que, derrière cet anonymat, se cachaient des parcours de vie diversifiés. Il fallait, en quelque sorte,comme le pensait Jules Michelet dans la préface de son Histoire de France en 1869, "évoquer, refaire, ressusciter" ces noms clos sur eux-mêmes par leur seule énonciation et par leur inscription dans la pierre.

Qu'avaient-ils été avant le fatal instant qui les avait fauchés, pour la plupart, à l'aube de leur vie d'adultes ? Qu'avaient-ils accompli durant la vingtaine d'années qui précéda leur mort ? D'où venaient-ils ? À quoi ressemblaient-ils ? Qu'étaient donc leur famille, leur itinéraire scolaire et professionnel, leurs amours ?
Ensuite, quels avaient été les épisodes de leur vie de soldat ? Souvent courte pour nombre d'entre eux. Dans quelles circonstances avaient-ils trouvé la mort, quels paysages avaient-ils eu sous les yeux ?

Difficile de répondre, pour tous, à toutes ces interrogations. Mais les archives et documents iconographiques anciens délivraient des connaissances factuelles, permettaient de formuler des hypothèses, autorisaient une reconstitution probable des ultimes moments de leur vie.

fiche matricule cerclée
fiche matricule de Louis Arrivet, professeur à l'École pratique de Saint-Chamond


comment et où chercher ?

Les sources d'informations sont multiples :

  • fiches individuelles des soldats "morts pour la France" mises en ligne sur le site du service historique du ministère de la Défense, Mémoire des hommes ;
  • Journaux de Marche et d'Opérations (J.M.O.) des unités militaires édités sur le même site ;
  • registres de recrutement, registres de recensement de population, état-civil, courriers officiels reçus par la Mairie... tout cela consultable aux Archives municipales de Saint-Chamond ;
  • récits et mémoires individuels publiés sous forme de livres ou édités sur internet par les familles et descendants des combattants ; iconographie diverse, dont les cartes postales anciennes...


Mais ces sources réservent aussi des obstacles, des complications, des silences, quelques confusions parfois. L'identification de tel ou tel soldat, la localisation de tel ou tel épisode ne sont pas toujours aisées. C'est le sort de toute investigation et le défi du métier d'historien.

Espérons avoir arraché, à un passé fuyant, des traces tangibles ressuscitant quelque peu ces hommes morts pour la France, pour nous.

Michel Renard
professeur d'histoire
au lycée Claude Lebois
de Saint-Chamond

 

Morts_pour_la_France_1
apposée sur le côté de la maison du gardien au lycée Claude Lebois

 

plan

I - enquête sur une plaque commémorative

     1) photo et description stylistique

     2) l'emplacement initial de la plaque commémorative

     3) la plaque du souvenir dressée dans le nouveau lycée

     4) le graveur Maurice Bourdier

     5) une image de la plaque en 1936

     6) la commémoration du cinquantenaire de l'École en 1929

     7) des témoignages contradictoires

     8) quand la plaque a-t-elle été installée sur le site de l'actuel lycée

II - qui furent ces élèves et professeurs "morts pour la France" ?

     1) liste nominative gravée sur la plaque

     2) photos des anciens élèves de l'École Pratique (1936)

     3) fiches individuelles des 4 "maitres"

     4) fiches individuelles des 51 élèves

     5) statistiques :

        A) données démographiques sur les 51 élèves
        B) quelles ont été les années les plus meurtrières ?
        C) quelles ont été les unités (régiments) ?

III - transmettre la mémoire et perpétuer le patrimoine à Saint-Chamond

     1) pour une politique de patrimonialisation du cimetière

     2) le cas de la tombe de Pierre Frécon

        - lettre au Maire de Saint-Chamond (4 février 2014
        - réponse de la Mairie (13 mars 2014)
        - commentaire

 

 

I - enquête sur une plaque commémorative

rédaction provisoire

 

1) photo et description stylistique

 

27012159-1
les noms gravés sur la plaque

 - lycée Claude Lebois, Saint-Chamond (Loire) : plaque commémorative des "maîtres" et "élèves" de l'École Pratique "morts pour la France" durant la Première Guerre mondiale (1914-1918) et mention des victimes de la Deuxième Guerre (1939-1945) par l'association des Anciens élèves de l'école Claude Lebois.

 

Diapositive1
une plaque de marbre gravée ; légende stylistique

 

recherche : 2008

 

_________________________

 

2) l'emplacement initial de la plaque commémorative

 

- J'ai appris aujourd'hui (2 décembre 2013), grâce à l'archiviste Samuel Bouteille, où était apposée la plaque avant qu'elle n'arrive au lycée : sur les murs de l'ancienne École Pratique d'industrie, puis Collège Claude Lebois, juste à droite de l'actuelle entrée des Archives municipales, dans la cour intérieure de la Mairie (ancien cloître).

emplacement de la plaque mur mairie
juste à l'entrée droite du cloître (actuelle cour intérieure de la Mairie) quand on vient du Jardin public

 

emplacement de la plaque mur mairie (2)
entre les deux obus, on devine l'emplacement de la stèle

 

En respectant les proportions, la plaque occupait cet espace dans son emplacement initial :

plaque montage janvier 2014

- montage réalisé le 9 janvier 2014.

 

La plaque devait comporter, dans sa partie inférieure, une palme comme on peut en voir sur d'autres plaques commémoratives. Cette palme fut, sans doute, retirée, après la Libération, afin de faire graver l'évocation des victimes de 1939-1945.

 

Parné-sur-Roc (53) plaque avec palme
plaque de Parné-sur-Roc, en Mayenne (source)

 

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3) la plaque du souvenir dressée dans le nouveau lycée

- Je découvre aujourd'hui (3 décembre 2013) l'emplacement premier de la plaque, en mémoire des lycéens de Claude Lebois "morts pour la France", sur le site du nouveau lycée (1961) : carte postale en couleurs ci-dessous.

En recueillant le témoignage de l'actuel gardien, Gilles Samard (17 décembre 2013), lui-même ancien élève de l'établissement, j'apprends que :
- la date à laquelle le lycée a été victime d'un incendie est 1994 ;
- le bâtiment de l'administration, visible ici au premier plan, avait les mêmes dimensions qu'aujourd'hui (la photo ne le laisse pas voir de manière évidente...). Donc la plaque était élevée à l'endroit où les élèves passent aujourd'hui sous le porche pour accéder à la cour ;
- longtemps, le 11 novembre, le lycée a été ouvert le matin pour la cérémonie de dépôt de gerbe devant la plaque. Ce fait m'a été confirmé (19 décembre 2013) par Mme Simone Malosse, ancienne responsable de la Société des Anciens élèves du lycée d'État Claude Lebois ; dont j'ai découvert ce jour un dossier de demande subvention à la Mairie, datant de 1998.

lycée Claude Lebois années 1960_70
les bâtiments du lycée Claude avant l'incendie de 1994

 

Diapositive1

 

 - Elle était plus visible, et plus lisible, à l'époque qu'aujourd'hui. On devrait peut-être songer à la réinstaller dans la cour pour qu'elle soit plus présente à l'esprit des lycéens. Ce serait un bel hommage à l'occasion du centenaire des années 1914-1918.

- 27 décembre 2013, rencontre, à la bibliothèque de Saint-Chamond, avec Christian Peyrard, ancien professeur d'EPS à la retraite depuis 2002. Il témoigne que le proviseur, Roger Moisy (1996-2001 ; nommé ensuite dans un lycée marseillais) souhaitait jeter la plaque commémorative...! Finalement, elle fut reléguée sur un mur de la maison du gardien, devenant quasiment invisible.

Mme Yvette Bonnet, ancienne du C.D.I. du lycée, témoigne pour sa part que la plaque était déjà installée au lycée en 1964-1965.

 

_________________________

 

Indi aux archives 9 déc 2013 (2)

 

4) le graveur Maurice Bourdier

L'auteur de la plaque du souvenir est Maurice Bourdier, dont "l'atelier de sculpture et marbrerie" existait dans les années 1920 et, sûrement, dès avant la Grande Guerre.

Comment le savons-nous ? D'abord, son nom figure au bas de sa réalisation : Bourdier M. Ensuite, les Archives municipales livrent des renseignements dans les cartons relatifs au Monument aux Morts du cimetière communal de Saint-Chamond et à l'École Pratique d'Industrie (ancêtre du lycée Claude Lebois).

On y découvre un courrier à entête de Maurice Bourdier, datée du 22 août 1922 (réf. 1 Msc 26).

Bourdier lettre (1)

 

Bourdier lettre (2)
la lettre à entête de Maurice Bourdier, graveur, 1922

 

données familiales sur le graveur Maurice Bourdier

On trouve aussi quelques informations sur Maurice Bourdier et sa famille dans le recensement des habitants de Saint-Chamond en 1911 (archives en ligne du département de la Loire).

Celui qui grava la plaque commémorative actuelle habitait rue Ventefol à Saint-Chamond, il était né en 1870 à Saint-Étienne ; son épouse se prénommait Virginie, née en 1876 dans la petite commune de Saugues [noté par erreur : Sauges] en Haute-Loire.
Ils avaient un fils, Marcel, né en 1897, à Saint-Étienne comme son père. Ce dernier nous apprend, dans sa lettre du 22 août 1922, que son fils a participé à la Première Guerre mondiale où il a été blessé deux fois et qu'il a reçu la Croix de Guerre.

Il est noté que Maurice Bourdier avait comme profession celle de marbrier et qu'il était patron.

 

Recensement Bourdier 1911 photo
recensement de Saint-Chamond en 1911, rue Ventefol

 

Dans le recensement de 1906, Maurice Bourdier est indiqué comme domicilié rue Ventefol à Saint-Chamond. Sa date de naissance est notée 1871 et non 1870 comme cinq ans plus tard (?). Aucun autre Bourdier n'est enregistré... mais son épouse est notée à la ligne suivante sous son nom de jeune fille : Chades Virginie.

Bourdier 1906 photo
Recensement de 1906, huitième ligne en partant du haut

 

La consultation de trois annuaires professionnels anciens recensant les commerces et industries du département livre les données suivantes.
Celui de 1924 inscrit : Bourdier, rue Ventefol (à Saint-Chamond, bien sûr), sous la rubrique "Monuments funéraires (entreprises de).
Celui de 1946 indique : Bourdier Maurice, marbrier ; 3, rue Ventefol.
Par contre, celui de 1955-1956 ne connaît plus de Bourdier. Mais, à la même adresse (3, rue Ventefol), on trouve, dans la rubrique "marbrier", un Bonnet.
Donc Maurice Bourdier a, professionnellement, disparu entre 1946 et 1955.
Mais quand précisément ? Sa tombe, au cimetière de Saint-Chamond, nous l'apprend : en 1953, à l'âge de quatre-vingt-trois ans.

 

la stèle de Maurice Bourdier au cimetière de Saint-Chamond

stèle Bourdier cimetière St-Cham
photo prise le 2 février 2014

 

Cette stèle nous apprend :
a) que Maurice Bourdier est décédé en 1953 à l'âge de 83 ans (sa première épouse était Virgine née Chades, 1876-1958) ;
b) que son fils Marcel est mort avant lui, en 1947 à l'âge de 50 ans (son épouse était Madeleine [ou Marie ?] née Bur, 1893-1967).
La dernière mention à la mémoire de Barbara Bustos, 1915-2002 est énigmatique. S'agit-il d'une seconde épouse de Maurice Bourdier, né en 1870 ? Cela est peu vraisemblable...
C'est, probablement, Maurice Bourdier qui a gravé les lignes supplémentaires sur la plaque commémorative du lycée évoquant les victimes de 1939-1945.

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5) une image de la plaque en 1936...

Les archives conservent un dessin révélant, presque à la dérobée, la plaque dans son emplacement d'origine : la galerie du cloître devenue élément architectural de l'École Pratique d'Industrie (aujourd'hui cour intérieure de la Mairie). Ce dessin datant d'environ 1936 (réf. 4 Msc 13).

 

dessin 1936 plaque
projet de rénovation de l'École Pratique d'Industrie, env. 1936

 

Diapositive1

 

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6) la commémoration du cinquantenaire de l'École en 1929

 

avec la plaquette de 1929

Il est établi que la plaque commémorative dédiée aux élèves et professeurs morts en 1914-1918 existait dès les années 1920. Comme tous les monuments mémoriels relatifs à la guerre de 1914-1918.
En effet, à l'occasion du cinquantenaire de l'École Pratique, un hommage a été rendu à son fondateur, Claude Lebois, le 27 octobre 1929. Dans la plaquette éditée à cette occasion, il est fait mention de "l'hommage aux morts" rendu devant cette plaque et du dépôt d'une gerbe par le président de l'Association des Anciens élèves (arch. mun., 1 Rsc 20).

couv 1929

 

hommage aux morts 1929

 

- "Les personnes ayant pris part à la cérémonie se forment en cortège. Elles viennent se recueillir un instant devant la plaque  portant les noms des Professeurs et des Élèves Morts pour la France.
M. Parizot, Président de l'Association des Anciens Élèves, dépose des fleurs."

 

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7) des témoignages contradictoires...

Diapositive1
en fait, ce montage ne correspond pas à l'image de la plaque... (6 janvier 2014)


Au cours de cette enquête, des témoignages contradictoires, totalement incompatibles, ont été recueillis sur la date à laquelle la plaque, posée au début des années 1920, était encore visible.
L'ancien responsable des bâtiments de la Mairie (sollicité par l'archiviste municipal), en poste au début des années 1980, ne se souvient absolument pas d'avoir vu cette plaque. Samuel Bouteille, archiviste, affirme qu'elle n'était pas là en 2000, lors de son arrivée.
Par contre, deux employées de la Mairie, l'une à la retraite (entrée en 1973) et l'autre encore en activité (entrée en 1985), sont formelles : la plaque était toujours là à la fin des années 1980, voire au début des années 2000.
L'enquête continue... Tous les témoignages sont les bienvenus.

Gérard Ducarre
Gérard Ducarre

Le jeudi 19 décembre 2013, on a recueilli le témoignage téléphonique de Gérard Ducarre. Il a été Maire de Saint-Chamond de 1989 à 2008, c'est-à-dire pendant trois mandatures.

Bien qu'ancien élève de l'École Pratique d'Industrie, il ne se souvient pas de la plaque commémorative sous la première arcade du cloître (cour intérieure de la Mairie) à l'époque où il exerçait ses reponsabilités.

Premier édile de la ville, il entrait, la plupart du temps, par la façade principale de la Mairie. Cependant, il se rappelle s'être souvent demandé ce que signifiaient ces deux obus de part et d'autre de la base de cette arcade.

Mais il est formel sur un point : il n'y a jamais eu de délibération en Conseil municipal au sujet d'un éventuel retrait de cette plaque. Attaché à la mémoire des combats pour la France et des victimes qui ont donné leur vie pour elle, il aurait gardé mémoire d'une telle initiative.

Cela voudrait dire que la plaque aurait été retirée avant 1989. Ce qui est contradictoire avec d'autres témoignages... Mais, à force de croiser les déclarations et indices, il ressort que l'ancien maire avait raison...

 

_________________________

 

8) quand la deuxième plaque a-t-elle été installée sur le site de l'actuel

lycée Claude Lebois ?

Ce que j'ai découvert, c'est une démarche datant de 1966 évoquant le transfert de la plaque initiale. Le syndicat intercommunal qui a pris en charge le financement du nouveau lycée, avant les lois de décentralisation confiant ces établissements à la Région, a déposé aux Archives les PV de ses réunions.
À la date du 1er octobre 1966, il est question d'une demande de subvention adressée par l'Association des Anciens élèves du Collège Claude Lebois, à titre de participation "aux frais de transport, dans le nouvel établissement, de la plaque commémorative érigée dans l'Ancien Collège, à la mémoire des professeurs et élèves morts au champ d'Honneur". Coût total pour l'Association : 3 000 francs.
Cette demande reçoit une réponse favorable à hauteur de 1 500 francs. Approuvée par le Préfet le 25 novembre 1966.

Synd inter 1 oct 1966 (1)
archives communales Saint-Chamond, 1 S 2

Synd inter 1 oct 1966 (2)
archives communales Saint-Chamond, 1 S 2

 

Un autre registre, archivé, livre la même information.

1 S 1 pv 1966 (1)
archives communales Saint-Chamond, 1 S 1

 

1 S 1 pv 1966 (2)
archives communales Saint-Chamond, 1 S 1

 

1 S 1 pv 1966 (3)
archives communales Saint-Chamond, 1 S 1

 

À ce jour, on ignore les suites de cette démarche. Quel usage a été fait de cette subvention accordée à l'Association des Anciens élèves en octobre 1966 ? L'enquête se poursuit.

enquête : Michel Renard
professeur d'Histoire au lycée
collaboration : Kim Lekhal
assistante de recherche
remerciements à Samuel Bouteille
archiviste municipal

 

_________________________



 

27012159-1

 

 

II - qui furent ces élèves et professeurs "morts

pour la France" ?

 

1) liste nominative gravée sur la plaque

 

morts pour la France (1914-1918) - 4 "maîtres"

Marius BADARD
Joseph BRACCIANO
Julien CARUELLE
Constant GARNIER

 

morts pour la France (1914-1918) - 51 "élèves"

Louis ARRIVET
Placide BABOIN
Joannès BADOR
Jean BOTTE
Jacques BUNARD
Laurent CHAMPAGNAT
Pierre CHAZET
Paul CHORLIOT
Marius CLAVEL
Antoine DEFAIX
Jean DEPOUILLY
Claudius DUBREUIL
Jean DUBREUIL
Marius FARA
Louis FOND
Philippe FRANÇON
Pierre FRÉCON
François GACHON
Jean GACHON
François GIRARD
Pierre GOBERT
Marius GRANJON

Jean GRENIER
Joseph GUICHARD
Antoine JOUBERT
Antoine LARDERET
Jean LEZEY
Jean MAISONNIAL
Jean MALLET
Jean MOREL
Antoine MOULIN
Pierre NANTAS
Marcel NOUVEAU
Claudius PACCALIER
Marius PASCAL
René PLÉNET
François POYET
Marius POYET
Léon PROST
Félix RELAVE
Marius REMILLIER
Jules REYMOND
Henri SEYTRE
Émile STOECKEL
Wilfrid VIGOUROUX
Claudius VINCENT
André MARCELLIN
Pierre REYNAUD
Pierre FONTVIEILLE
Marius PORTE
Marcel VACHER

 

* à partir du nom de Claudius Vincent, l'ordre alphabétique n'est plus observé. On passe à André Marcellin qui fait partie des cinq noms ajoutés probablement après une première liste dont le marbrier avait déjà gravé tous les noms... (?).

relevé : Michel Renard
professeur d'Histoire au lycée

 

2) photos des anciens élèves de l'École Pratique (1936)

Pour l'instant, il n'existe pas de portaits individuels des anciens élèves morts pour la France. Nous avons retrouvé ces deux photos datant de juin et juillet 1936. Elles ont été prises à l'occasion d'une "sortie" d'anciens élèves de l'École Pratique d'Industrie.
Il est difficile d'affirmer si certains d'entre eux ont connu leurs prédécesseurs. Mais il est fort probable qu'il y a parmi eux les animateurs de l'amicale des Anciens élèves, ceux qui ont pris l'initiative d'honorer le souvenir de leur camarades en faisant graver et apposer la plaque commémorative.

anciens élèves en 1936 (1)
sortie des anciens élèves de l'École Pratique de Saint-Chamond, juin 1936

 

anciens élèves en 1936 (2)
sortie des anciens élèves de l'École Pratique de Saint-Chamond
à la Croix de l'Oeillon, juillet 1936

 

renseignements  biographiques individuels

 

 3) fiches individuelles des quatre "maîtres"

 

Une photo d'un groupe de professeurs à l'École Pratique et d'Industrie de Saint-Chamond (sans date et sans identification personnelle), avant 1914 :

professeurs École Pratique avant 1914
archives municipales de Saint-Chamond

 

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Marius BADARD

Badard Marius fiche MPLF

 

Marius Badard était âgé de 35 ans lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale. Il est mort à 36 ans de pneumonie et complications cardiaques, à l'hôpital temporaire n° 9 à Amiens dans la Somme.
Ses connaissances techniques et ses compétences lui avaient valu d'être nommé maréchal des logis, autrement dit "sergent". Il était donc sous-officier.
Son régiment, le 6e d'Artillerie a combattu dans les Vosges à l'été 1914, puis participé à la défense d'Arras (Pas-de-Calais) en octobre de la même année. Début 1915, il est stationné dans la boue des tranchées de l'Artois. Est-ce là que Marius Badard a contracté sa pneumonie ? Possible.

l'artillerie autour d'Arras en 1914

Aucune image ne présente avec certitude les lieux et activités auxquels Marius Badard a pu être réellement associé. Mais ces photos fournissent un indice de probabilité permettant d'imaginer l'univers qu'il a côtoyé au combat dans la défense d'Arras à l'automne 1914.

batterie 75 environs Arras
batterie d'artillerie française (canons de 75 mm) en action sur le front aux environs d'Arras en 1914

 

convoi artillerie près d'Arras 1914
convoi d'artillerie près d'Arras en 1914

 

abris artilleurs Arras
abris construits par les artilleurs près du front d'Arras en 1914

 

messe parc d'artillerie région Arras
messe militaire dans un parc d'artillerie, région d'Arras, 1914

 

Arras bombardée par les Allemands en 1914

arras bombardement 6 oct 1914
bombardement du 6 octobre 1914 à Arras, rue Gambetta prolongée

 

Arras premier bombardement
le beffroi d'Arras après le premier bombardement de 1914

 

bombardement 21 oct 1914
l'Hôtel-de-Ville après le bombardement du 21 octobre 1914

 

Arras ruines Hôtel-de-Ville 1914
ruines de l'Hôtel-de-Ville d'Arras, fin 1914 - début 1915

 

l'hôpital temporaire n° 9 à Amiens

Marius Badard est décédé le 25 avril 1915 dans un hôpital temporaire installé dans la ville d'Amiens. Il y en avait plusieurs. Le n° 9 était abrité dans le Collège de la Providence, situé rue Émile Zola.

pharmaciens Hôp temp n° 9 Amiens
pharmaciens de l'Hôpital temporaire n° 9 à Amiens

 

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Joseph BRACCIANO

Ce nom pose un problème. Il ne figure pas sur la liste des "morts pour la France" dans la base de données éditée par le site Mémoire des hommes.
On ne trouve sur cette base qu'une seule référence pour ce patronyme. Il s'agit de Joachim Émile Bracciano né en Martinique en 1889 et mort le 24 septembre 1916 dans la Somme. L'autorité enregistrant ce décès est le Tribunal de Fort-de-France dont le jugement est envoyé à Trois Ilets en Martinique. Peut-il correspondre au professeur Joseph Bracciano ?

Non. En réalité, il s'agit probablement d'une erreur commise lors de la recension des noms à graver sur la plaque en 1920-1921.
Le seul Bracciano identifiable comme ayant été professeur à l'École Pratique de Saint-Chamond s'appelle Louis Bracciano.

Son nom apparaît - mais sans prénom - dans l'Annuaire administratif et statistique du département de la Loire, 1900 (en ligne sur Gallica BnF). Il est mentionné comme professeur à l'École Pratique de Saint-Étienne et de Saint-Chamond au titre de contremaître de modelage et de sculpture. Il ne peut donc y avoir de confusion avec un Joachim Bracciano né à la Martinique en 1899.
Voici ces documents dans lesquels figure le nom de Bracciano :

Annuaire 495

Annuaire 496
Annuaire administratif et statistique du département de la Loire, 1900

Annuaire 497
Annuaire administratif et statistique du département de la Loire, 1900

 

Par ailleurs, Michèle Bracciano, petite-fille de Louis, a porté à notre connaissance le prénom de son grand-père, ses dates de naissance et de décès (1844-1926) et des informations familiales sur les enfants de Louis.
Croisant celles-ci avec l'adresse de Louis Bracciano à Saint-Étienne au 5, rue Denis-Papin (voir photos ci-dessous), nous avons trouvé les données de la famille Bracciano dans le recensement de 1911 :

Bracciano recenc 1911 recadré
recensement de la famille Bracciano, au 5, rue Denis Papin à Saint-Étienne, en 1911
(arch. municipales de Saint-Étienne)

 

la famille Bracciano et la guerre

Louis Bracciano n'a pas fait la guerre. De son épouse, Alexandrine Caristia, il eut plusieurs enfants dont cinq furent mobilisés :

- Charles, né en 1878, sculpteur, ne semble pas avoir combattu ; une commission de réforme du 9 juin 1915 ayant pris en compte la pathologie (endocardite) qui l'emporta peu après, le 28 février 1916 à Saint-Étienne.

- Eugène, né en 1884, sculpteur, est passé par le 38e régiment d'Infanterie et par le 14e régiment de Dragons entre 1914 et 1915 sans que l'on sache précisément quelles furent ses activités ; il fut réformé en août 1916 pour "mélancolie anxieuse" après un séjour à l'asile de Saint-Dizier ; on évoca ensuite une "démence précoce à forme paranoïde" (janvier 1926).

- Félix, né en 1887, menuisier ; engagé volontaire pour trois ans, le 5 octobre 1906, au 96e puis au 17e régiment d'Infanterie ; nomme sergent le 3 juillet 1908 ; affecté à plusieurs régiments divers de 1914 à 1919 ; il a habité rue Daguerre à Saint-Étienne, puis a déménagé à Saint-Dizier en 1925, pour revenir à Saint-Étienne, rue Désirée-Claude en décembre 1927.

- Adrien, né en 1890, dessinateur industriel ; deux ans de service militaire de 1911 à 1913 ; semble avoir passé la guerre dans plusieurs régiments sans que, comme son aîné Eugène, l'on sache les tâches qu'il y accomplit ; on le suit, sur sa fiche matricule, jusqu'en 1939.

- Jean, né en 1894, employé de commerce ; a passé les quatre années de guerre dans différents régiments d'artillerie lourde, nommé brigadier en juillet 1916 ; on suit sa trace jusqu'en 1929.

Ainsi, aucun Bracciano n'est "mort pour la France". Aucun ne s'appelait (prénoms ou surnom) Joseph. Il semble assez peu probable qu'un autre Bracciano ait été "maître" à l'École Pratique juste avant guerre et qu'il soit mort au cours de celle-ci sans qu'on n'en retrouve le moindre souvenir...

Concluons donc, provisoirement, qu'il sagit d'une erreur. Cependant, étant donné que la recension des noms fut effectuée par l'Amicale des Anciens élèves et par la direction de l'école, l'inexactitude reste, pour une part, une éventualité inexplicable.

 

la maison du sculpteur Louis Bracciano à Saint-Étienne

maison Bracciano 5 rue Denis Papin
5, rue Denis Papin à Saint-Étienne (Street View)

maison Bracciano façade et inscription
5, rue Denis Papin à Saint-Étienne (Street View)

 

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Julien CARUELLE

 

Caruelle Julien Paul fiche MPLF


Julien Paul Caruelle est né le 6 mars 1885 à Bailleul-sur-Thirain (aujourd'hui, Bailleur-sur-Thérain) dans le département de l'Oise. Est-ce bien lui qui fut professeur à l'École Pratique de Saint-Chamond ?
Cette fiche homonyme, d'un soldat "mort pour la France", est peut-être la sienne.

D'abord parce qu'elle porte les mêmes nom et prénom, et qu'elle est la seule parmi les treize fiches disponibles sur Mémoire des hommes. Ensuite, parce qu'elle nous permet d'accéder à sa fiche matricule conservée aux archives départementales de l'Oise.

Celle-ci nous fournit deux indices qui étayent la possibilité que ce Julien Caruelle soit le professeur de l'École Pratique d'Industrie de Saint-Chamond :
- au moment de son recensement, il exerçait la profession d'instituteur public ;
- il a travaillé à l'École professionnelle de Reims (Marne), qui était également son domicile à la date du 2 octobre 1907 : 55, rue Libergier.

Caruelle infos sur fiche mat
fiche matricule de Julien Caruelle (1885-1914)

 

école professionnelle Reims
l'école professionnelle de Reims dans laquelle Julien Caruelle a exercé sa profession

 

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Constant GARNIER

 

fiche MPLF Garnier Constant

 

Constant Garnier est né en 1883 à Bévenais, dans l'Isère. Son père s'appelait Jean-Pierre et sa mère, Marie-Madeleine Truffier-Blanc.

Bévenais vue générale
le village de Bévenais, où est né Constant Garnier le 7 janvier 1883


la famille de Constant Garnier

En 1896 (peut-être dès avant...), Jean-Pierre Garnier (1851-1910) était instituteur et directeur d'école à Châbons, petite commune de l'Isère. Il habitait au numéro 18 du hameau de l'Église, avec son épouse (38 ans) et leurs quatre enfants : Félix (19 ans), instituteur-adjoint, Constant (13 ans), Gabriel (11 ans) et Rosine (2 ans).

Châbons école laïque de garçons 2
l'école dont le père de Constant Garnier était directeur, à Châbons (Isère)

 

Châbons grande rue, colorisée
Châbons, village où a grandi Constant Garnier (carte postale ancienne, colorisée)

 

Châbons la gare (cpa 1905)
la gare de Châbons d'où est parti Constant Garnier pour l'École nationale de Voiron en 1905

 
Constant Garnier avait les cheveux et les sourcils châtains clairs, les yeux bleus, le menton rond et le visage ovale. Il mesurait 1m64. Lors de son recensement en 1903, il exerçait, comme son père et comme son grand-frère, la profession d'instituteur.

Les adresses mentionnées sur sa fiche matricule permettent de reconstituer son itinéraire professionnel. En octobre 1905, il est admis à l'École nationale de Voiron et y reste jusqu'à la fin de l'année scolaire 1909.

En octobre 1909, il est nommé à l'École pratique d'industrie de Mazamet dans le Tarn et y exerce deux années durant. En décembre 1911, son adresse mentionne la commune de Voiron, au 19 avenue de la Gare.

Le 28 mars 1914, Constant Garnier habite à Saint-Chamond, au numéro 5 de la rue Sadi-Carnot. L'immeuble qu'il occupa est toujours visible aujourd'hui.

 

Voiron École nationale (1)
l'École nationale (professionnelle) que fréquenta Constant Garnier de 1905 à 1909

 

Mazamet École pratique
Constant Garnier fut nommé à l'École pratique de Mazamet (Tarn) à la rentrée 1909

 

Mazamet ministre circulé en 1909
cette carte postale ancienne a circulé en 1909

Mazamet 1910
Constant Garnier était professeur à Mazamet à l'époque de cette exposition (juin 1910) ;
il a certainement dû s'y rendre

Voiron av Gare cpa 1902
l'avenue de la Gare à Voiron, ville où Constant Garnier résida à partir de 1911

av Gare aujourd'hui à Voiron
la même avenue aujourd'hui (rebaptisée Léon et Joanny Tardy après 1945)

av Gare Voiron cpa 1903
l'avenue de la Gare à Voiron, telle que Constant Garnier a dû la connaître en 1911

 

19 av Tardy à Voiron
l'immeuble du numéro 19 de l'avenue Tardy aujourd'hui, ancienne av. de la Gare,
où Constant Garnier habita en 1911
; le bâtiment est le même

 

 5 rue Sadi-Carnot St-Chamond
5, rue Sadi-Carnot, à Saint-Chamond, adresse de Constant Garnier en mars 1914

 

5 rue Sadi-Carnot St-Chamond porte 1

 

5 rue Sadi-Carnot St-Chamond porte

 

 

 

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photo plaque lycée

 

 4) fiches individuelles des 51 élèves

 

- la photo des fiches nominatives provient du site Mémoire des hommes, du service historique du ministère de la Défense nationale. On y trouve les fiches numérisées des soldats "morts pour la France" au cours de la Première Guerre mondiale, telles qu'elles ont été remplies par l'administration des anciens combattants juste après-guerre. La base de données contient plus de 1,3 million de noms.

D'autres sources contiennent des informations précieuses ; les registres matricules déposés aux archives départementales (pour la Loire), les Journaux de marche et d'opérations (J.M.O.) mis en ligne sur le site Mémoire des hommes ; les Historiques de régiments rédigés rapidement à la fin de la guerre, disponibles sur internet. Et d'autres références particulières sur de nombreux sites évoquant tel ou tel combattant dont les descendants ont effectué des recherches familiales.

 

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Louis ARRIVET

 

Arrivet fiche MPLF

 
Louis Arrivet est né le 4 novembre 1899 à Saint-Chamond. Il avait les cheveux châtains, les yeux marrons, le front moyen, le nez régulier, le visage ovale, la bouche "en dedans". Son père se prénommait Louis Bernard et sa mère s'appelait Jeanne Sauvage. Son adresse est notée : "rue du Garat (Hospice)".

Louis Arrivet, engagé volontaire à 17 ans

Sur sa fiche matricule, la profession de Louis Arrivet est enregistrée comme "élève à l'école pratique". Il s'est en effet engagé, à l'âge de 17 ans et quelques mois, le 1er mars 1917, à Saint-Étienne, "pour la durée de la guerre".

fiche matricule cerclée


son parcours de combattant, 1917-1918

Il est arrivé à son corps, le 28e Bataillon de Chasseurs, le 5 mars 1917. Puis est passé au 54e Bataillon de Chasseurs le 18 septembre 1918. Il lui reste, alors, vingt-quatre jours à vivre...

Auparavant, il avait été blessé "à son poste de combat", le 23 octobre 1917 à la Malmaison (nom du fort situé à proximité du terrain d'affrontement). Cette bataille se déroula le long du "Chemin des Dames", connu pour l'offensive meurtrière du général Nivelle en avril de la même année. Mais en octobre, l'armée française fait reculer l'adversaire.

La Malmaison 23-26 oct 1917
plan de la bataille de La Malmaison, 23-26 octobre 1917,
tiré de Pages de gloire du 28e Bataillon de Chasseurs alpins, 1921

Fort Malmaison pris et repris
ruines du fort de La Malmaison, à proximité du Chemin des Dames

 

ferme de La Malmaison
ruines de la Ferme de La Malmaison, entre La Malmaison et la Potière


"Le but de l'attaque à laquelle doit collaborer le Bataillon - note le Journal de Marche et d'Opérations du Bataillon (J.M.O.) - est de reprendre au Boche toute la ligne des observations qu'il tient de la région du Panthéon au Moulin Laffaux, en passant par le fort de la Malmaison, c'est-à-dire toute la partie ouest de la crête du Chemin des Dames".
Dès le 23 octobre, donc, Louis Arrivet, "chasseur courageux", est touché à la main droite par éclat d'obus. Le J.M.O. enregistre le nom de tous les tués et blessés de cette bataille.
À la date du 23 octobre, parmi les blessés de la 3e Compagnie, on trouve le nom d'Arrivet.

JMO page Arrivet blessé 23 oct
page du J.M.O. du 28e B.C.A.

Il est cité à l'ordre du Bataillon en date du 16 novembre 1917.


la mort au combat de Louis Arrivet

En septembre, il fait partie du 54e Bataillon de Chasseurs Alpins (voir ici). Voilà ce qu'on trouve au sujet des opérations de ce Bataillon en octobre 1918 :
"Le 2 octobre, le 54e Bataillon est engagé devant le Bois de l’Autruche, point d'appui fortement organisé de la ligne Hindenburg. Après cinq assauts et au prix d'héroïques sacrifices, il s'en empare le 5 octobre. Le 8 octobre, le 54e Bataillon pousse jusqu'à la route Fontaine-Uterte Essigny-le-Petit, réalisant une avance de 1.200 mètres.
Après quelques jours de repos au cours desquels la Fourragère aux couleurs de la Médaille Militaire, est remise au Fanion du Bataillon par le Général Debeney, la Division remonte en ligne." source 1 ; et 2 : Bnf-Gallica

Louis Arrivet est mort le 12 octobre 1918, à 19 ans, à quelques jours de ses 20 ans. Il a passé dix-huit mois à la guerre. Outre la citation à l'ordre du Bataillon, il fut décoré de la Croix de Guerre. Son nom figure dans l'Historique du 54e Bataillon alpin de Chasseurs à pied, page 16.

 

ligne Hindenburg
blockhaus sur la ligne Hindenburg

 

les lieux des derniers jours de Louis Arrivet

Diapositive1
les lieux actuels, désignés dans l'Historique du 54e B.C.A. pour les combats d'octobre 1918 ;
Louis Arrivet y a passé certainement les derniers instants de sa vie

Diapositive1
le "Bois de l'Autruche", en réalité "Bois de la Belière" (Aisne), enlevé après trois jours de combats
(du 2 au 5 octobre 1918) auxquels participa Louis Arrivet (54e B.C.A.) quelques jours avant sa mort

Le Chardon Vert
un peu au nord du "Bois de l'Autruche", Le Chardon Vert, un paysage semblable a été vu par Louis Arrivet


Louis Arrivet a livré ses derniers combats, en octobre 1918, dans cette région de l'Aisne (Picardie), quelques kilomètres à l'est de Saint-Quentin devant la ligne Hindenburg. Les pertes du 54e Bataillon de Chasseurs alpins, auquel il appartenait, furent considérables. Lui-même y fut mortellement blessé et expira le 12 octobre 1918, à 2 heures, un mois avant l'armistice.


lieu du décès de Louis Arrivet

La fiche "mort la France" de Louis Arrivet ne mentionne comme endroit du décès que l'ambulance 5/99 avec un point d'interrogation. En réalité, il s'agit de l'ambulance 5/59 logée dans l'hôpital temporaire n° 16 à Royallieu-les-Compiègne. Le registre précise bien qu'il y ait décédé "des suites de blessures de guerre".

Hôpital temp n° 16 Royallieu
l'hôpital temporaire n° 16, à Royallieu-les-Compiègne (Oise) comptait 2023 lits

 

Hôp temp n° 16
l'hôpital temporaire n° 16, à Royallieu-les-Compiègne comprenait aussi l'ambulance 5/59


Il a ensuite été inhumé dans un lieu que l'on ne connaît pas - peut-être dans l'enceinte même de l'hôpital ? -, puis transféré le 24 septembre 1921 dans le cimetière militaire de Royallieu à Compiègne (tombe n° 214, carré a).

Compiègne cimetière militaire de Royallieu
cimetière militaire de Royallieu à Compiègne dans lequel fut inhumé Louis Arrivet le 24 septembre 1921

 

acte de décès de Louis Arrivet

acte de décès marge

 

acte de décès de Louis Arrivet

 

 

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Placide BABOIN

 

Baboin Placide fiche MPLF

 
Placide Baboin est né le 2 septembre 1895 à Izieux, où il résidait lors de son recensement en 1914. Il avait les yeux châtains, les yeux gris, le front moyen, le nez rectiligne, le visage moyen. Il mesurait 1m72. Il savait lire, écrire et compter. Et exerçait le métier de mécanicien.
Son père se prénommait Jean Joseph Marie, et sa mère s'appelait Jeanne Giraudet. Ils habitaient au 23, rue Gambetta à Izieux.

Il fut incorporé au "2e Régiment d'Aviation", dit sa fiche matricule, le 16 décembre 1914.


comment est-il mort à la guerre ?


Placide Baboin était soldat embarqué dans un Farman 42, avion biplan biplace. Il a trouvé la mort le 10 octobre 1916 au cours d'un accident sur le terrain de Coxyde en Belgique. L'appareil s'est écrasé et s'est embrasé. Le pilote était le sergent Delaquerière et Placide Baboin était mécanicien. Il s'agissait d'un avion d'observation.
On trouve des images de la tombe des deux hommes au cimetière de Coxyde en octobre 1916 :

036_Tombes_Delaquerriere
vue des tombes du sergent Delaquerière et du soldat Placide Baboin
au cimetière de Coxyde (Belgique) en 1916

036_Delaquerriere_coxyde
vue des tombes du sergent Delaquerière et du soldat Placide Baboin
au cimetière de Coxyde (Belgique) en 1916

036_Delaquerriere_deco
remise de décoration au sergent Henri Delaquerière (pilote) en
septembre-cotobre 1916 sur le terrain de la ferme Boogaerde, près de Coxyde
(Belgique) ; les soldats rendent les honneurs ;
peut-être Placide Baboin figure-t-il dans le groupe situé à gauche...?

 Mort à 21 ans.

- source des photos et des informations : http://albindenis.free.fr/Site_escadrille/escadrille036.htm

 

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Joannès BADOR

 

Bador Joannes fiche MPLF


Joannès Bador était le fils de Jean Marcelin Bador et de Marceline née Thoully. Ses parents étaient employés de commerce et lui était cafetier. Il résidait à Izieux en 1902, lors de son recensement. Il est alors signalé comme "vélocipédiste". Le conseil de révision, en 1902, décide d'ajourner son incorporation dans l'armée pour cause de "faiblesse".
Lorsqu'il fut mobilisé, il était marié. À l'annonce du décès de son mari, son épouse a cherché à connaître les circonstances de sa mort (voir correspondance ci-dessous).

comment est-il mort à la guerre ?

Joannès Bador avait le grade de sergent. Son régiment était le 238e d'Infanterie qui participa, dans l'Aisne, aux combats autour de Fontenoy. Le 20 septembre, cette unité est épuisée après sept jours de bombardement. Elle est relevée et envoyée au repos, mais immédiatement rappelée car l'adversaire effectue une attaque générale sur cette ligne de front. Le 238e R.I. reste huit jours sous les bombardements, perdant énormément de soldats. Une histoire de ce régiment évoque ces moments :

"Résolus à défendre, contre tout retour offensif de l’ennemi, nos tranchées dans lesquelles gisaient les corps de ceux qui nous avaient relevés et les morts allemands, on travailla toute la nuit. On se compta, le dernier chef de bataillon ayant été appelé à prendre le commandement d’un régiment voisin, il ne nous restait plus que trois officiers, des compagnies étaient réduites à vingt-cinq hommes. Des renforts nous parvinrent alors qu’on amalgama sous le feu de l’ennemi ; presque tous les officiers et sous-officiers furent pris dans la troupe.
Pendant huit jours, l’ennemi harcelé sans cesse se contentait de nous canonner, nous faisant subir chaque jour de nouvelles pertes. La fatigue devenait extrême chez tous ceux qui, depuis près d’un mois, combattant ou poursuivant sans trêve l’ennemi, étaient exposés à toutes les intempéries, sans couverture, sans toiles de tente, couverts d’un seul vêtement. Mais notre consigne était : «Nul n’a le droit de se plaindre ici.»" - source

Le sergent Joannès Bador est mort dans ces circonstances, à l'âge de 32 ans.

Diapositive1
Fontenoy, à l'ouest de Soissons, dans le département de l'Aisne

 

la commune de Fontenoy pendant la guerre

soldats à Fontenoy 1914-1918
soldats français à Fontenoy pendant la guerre (sans date)

 

Fontenoy 1915 soldat en perm
un militaire en permission et un habitant de Fontenoy, en 1915

 

correspondance d'après décès

avis de décès Bador
avis de décès adressé par le Régiment de Joannès Bador à la mairie d'Izieux
(archives municipales de Saint-Chamond)

 

réponse à la mère de Bador (1)

réponse à la mère de Bador (2)
réponse de l'autorité militaire au maire d'Izieux au sujet des circonstances du décès de Joannès Bador
(archives municipales de Saint-Chamond)

 

transcription

Le 23 octobre 1914

Le lieutenant-colonel Maillard, commandant le 238e [Régiment] d'Infanterie
à Monsieur le Maire d'Izieux, Loire

J'ai bien reçu la lettre de Madame Veuve Bador du 13 octobre, et je m'empresse de vous communiquer tous les renseignements que j'ai pu obtenir. Ils ne sont pas aussi détaillés que je l'aurais voulu, mais malheureusement depuis un mois et demi le Régiment n'a pas cessé d'être en ligne de feu ou dans les tranchées, d'où l'impossibilité matérielle de faire préciser par les Compagnies où leurs hommes ont été tués, blessés et inhumés.
Pour le sergent Bador Joannès, j'ai pu savoir qu'il avait été inhumé à la lisière du bois vers le tournant de la route montant de Fontenoy. Une croix marque l'emplacement de la sépulture.
Le capotal Teyssier de la 20e Compagnie connaît l'endroit exact et pourra s'il est nécessaire fournir des renseignements complémentaires, mais j'espère que la description ci-haut permettra de retrouver l'emplacement.
Recevez, Monsieur le Maire, l'assurance de mes sentiments distingués.

P.O. [pour ordre], le lieutenant adjoint au Chef de Corps
[signature] Colcombet (?)

adresse du caporal Teyssier (dans le civil)
Teyssier Victor
Faubourg Lacroix
Maison Laffond, Saint-Étienne

lettre du 27 sept 1914
lettre du soldat Fagnet (orthographe et syntaxe incertaines)

transcription

Fontenoy, le 24 septembre 1914, Aisne
Monsieur Joannon, Maire d'Izieux

Par ordre de M. Le Commandant du 238e [Régiment d'Infanterie], Maillard, je vous p... de faire le nécessaire auprès de Mme Bador, cafetier au Creux d'Izieux, que sont [sic] mari vient d'être tué d'un éclat d'obus.
En qualité de camarade, j'.... tenu à lui faire cet honneur de l'enterrer avec le camarade Bonnet d'Izieux. Nous avons réserver [?] l'endroit du corps où l'un jour l'on voudrait le transporter.
M. Joannon, je vous remercie.
Fagnet, 8 rue Gambetta, Saint-Chamond ; actuellement 238e de ligne, 19e Compagnie.

le café de Joannès Bador (?), à Izieux...

cours d'Izieux (1)
le café de la famille Bador était situé Cours d'Izieux ; peut-être celui de gauche, sur la photo ...?

cours d'Izieux (2)
le Cours d'Izieux, avant la guerre de 1914-1918

 

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Jean BOTTE

 

Botte fiche MPLF

Jean Pierre Botte fut recensé en 1913. Il habitait au 3, rue de Plaisance, exerçait la profession de peintre, décorateur. Il était le fils de Pierre Marie Botte et de Jeanne Claudine Pauline née Merlet. Il est célibataire, mesure 1m62, a les cheveux noirs et les yeux marrons. Il est vélocipédiste.
Son degré d'instruction est de niveau 3 : "sait lire, écrire et compter".
Jean Botte s'était engagé volontairement, pour trois ans, le 13 septembre 1913, et incorporé au 13e Bataillon de Chasseurs Alpins.
Il est à mort à 21 ans, dans les Vosges, au tout début du conflit.

enseigne Pétrus Botte
source : archives municipales de Saint-Chamond, 6 Fi 44

Jean Botte est enregistré comme "peintre, décorateur" lors de son recensement. Son père, prénommé Pierre, dans le recensement de population de 1911, est également noté comme peintre et plâtrier.
Il se trouve qu'une entreprise de ce genre existait à Saint-Chamond, dès la fin du XIXe siècle, au nom de Pétrus Botte, domiciliée 8, place Dorian. Il y a toutes les chances pour qu'elle soit l'entreprise du père de Jean Botte.
Pourquoi s'appelait-elle "Pétrus Botte" et nom "Pierre Botte" ? Peut-être le père de Jean Botte usait-il des deux prénoms simultanément ? Peut-être s'agissait-il du prénom du grand-père de Jean, l'entreprise familiale étant relativement ancienne ?

Botte recensement 1911
extrait du recensement de population de Saint-Chamond en 1911

Lors du recensement de 1991, la famille Botte apparaît parmi les résidents du numéro 3 de la rue de Plaisance. Le père est né en 1863, exerce la profession de patron plâtrier. La mère est née en 1864, travaille dans la même branche. Jean Botte a un frère d'un an plus jeune que lui, Jules né en 1894, et est apprenti.

 

l'engagement militaire de Jean Botte en septembre 1913

registre Engagements 1 Hsc 21
archives municipales de Saint-Chamond, 1 Hsc 21

 

acte d'engagement (1)
Jean Botte s'engage volontairement le 13 septembre 1913 dans l'armée (recto)

 

acte d'engagement (2)
Jean Botte s'engage volontairement le 13 septembre 1913 dans l'armé (verso)


une image de Jean Botte ?

Il se trouve qu'un autre combattant a probablement été le voisin de Jean Botte dans son régiment. Son nom est Jean Charlon (source).
Il est mort au même endroit que Jean Botte le lendemain, 3 septembre 1914 à Mandray dans les Vosges. Il appartenait à la même unité avant même le déclenchement de la guerre, et tous les deux ont suivi la formation pour devenir caporal. Voici une photo de ces élèves-caporaux publiée par ce site :

JC08
élèves-caporaux de la classe 1913, du 13e Bataillon de Chasseurs Alpins

Il est tout à fait plausible que Jean Botte figure sur cette photo, puisqu'il était caporal ainsi que sa fiche l'indique. Mais où...? Quel est-il parmi cette trentaine d'élèves-caporaux ?

Si l'on suit la description de son visage dans l'acte d'engagement, "nez rectiligne", "visage allongé" et "menton rond", peut-être est-ce là le portrait de Jean Botte ?

visage Jean Botte      visage Jean Botte
visage de Jean Botte ?
sur la photo de groupe, 2e rang, accroupi,
premier à partir de la droite

 
comment est-il mort à la guerre ?

Il existe un récit des engagements du 13e Bataillon de Chasseurs Alpins durant toute la guerre. (source) Les combats de septembre 1914 dans les Vosges, et notamment à Mandray, sont évoqués (extraits) :

"La lutte reprend dès quatre heures du matin le 31 [août 1914]. Le 22e attaque la Tête de Béhouille de face, tandis que le 133e R.I. la déborde à l'est ; le 13e B.C.A., qui a récupéré toutes ses compagnies, appuie l'attaque à l'ouest. Le début de la progression est relativement facile, l'artillerie ennemie ne réagit pas. De l'ouest, au loin, vers Saint Dié, viennent les échos d'une bataille acharnée, au débouché de la route du Col de Sainte Marie aux Mines. À 7 heures, le bataillon occupe la Tête de Béhouille.
La progression continue, 13e et 22e alignés l'un sur l'autre, en direction du village de Fouchifol, qui est enlevé avant midi, sous le feu de l'artillerie allemande qui vient de se réveiller. Sous le bombardement, les chasseurs s'y maintiennent jusqu'au soir et s'y installent pour la nuit, se couvrant d'un réseau de petits postes.
Alors que son artillerie - de campagne et lourde - se déchaîne, l'infanterie allemande attaque de front, le 1er septembre au petit jour, débordant l'aile droite du 22e B.C.A., là où devrait se trouver le 133e d'Infanterie. Car celui-ci a abandonné ses positions au cours de la nuit... sans en avertir ses voisins.
La situation est tout de suite critique. Les hommes tombent par grappes. Le Capitaine Delalande, commandant la 3e Compagnie a le bras gauche arraché par un obus.
En bon ordre, par échelon, les compagnies décrochent en direction du Col des Journeaux, tandis que le 13e les épaule à l'ouest, avant de se replier à son tour sur le Col de Mandray.
Les deux bataillons s'arrêtent sur cette ligne et s'installent défensivement sur les positions déjà tenues le 27 août. L'ennemi n'a pas poursuivi, se contentant d'occuper les lisières du bois de la Béhouille et la cote 704.
Le Général Bataille, appelé au commandement de la 41ème D.I., est remplacé à la tête de la 81e Brigade par le Colonel Nudant.
Celui-ci réunit les chefs de corps au Col de Mandray le 2 septembre dans la matinée. Il leur annonce que l'attaque va reprendre dès l'après-midi, et qu'elle bénéficiera d'un énergique soutien d'artillerie... qui fera défaut, tout comme au cours des journées précédentes !
Côte à côte, le 22e et le 13e repartent à l'assaut de 704 et des bois de la Béhouille.
Après une progression sans trop de pertes, l'attaque est stoppée par la nuit à proximité de 704."

L'Historique du 13e Bataillon de Chasseurs Alpins, récit assez succinct publié dès 1920, note que le combat de la Tête de Behouille, du 2 au 4 septembre 1914, a causé la mort de 125 soldats (...!) et en a blessé 271.

JC12b
Carte des engagements du 13e Bataillon de Chasseurs Alpins,
fin août et début septembre 1914, dans les Vosges

On localise parfaitement l'endroit où Jean Botte a trouvé la mort le 2 septembre 1914, à Mandray, c'est-à-dire lors des combats pour le contrôle des bois appelés Tête de la Behouille.

Dans l'Historique du 13e Bataillon de Chasseurs Alpins, 1914-1918 (anonyme, Chambéry, imprimerie chambérienne, 1920), Jean Botte, caporal, est noté "disparu" à Mandray (p. 53).

 

Chasseurs Alpins que Jean Botte a peut-être croisés...

canon chasseurs Vosges
Chasseurs Alpins du 13e Bataillon

chasseurs alpuns maison forestière
Chasseurs Alpins du 13e Bataillon dans la Maison forestière d'Épinal, en 1914

artillerie Chasseurs alpins
artillerie des Chasseurs Alpins, dans les Vosges en 1914


lieux probablement traversés par Jean Botte

Après de premiers succès en Alsace, les troupes françaises, mises en échec en Lorraine, durent faire face à une offensive allemande dans les Vosges dont une partie fut occupée et souvent ravagée par les soldats ennemis (Raon-l'Étape, Saint-Dié...).
Au sud de Saint-Dié, Saint-Léonard et Mandray sont occupés par les Allemands le 27 août 1914. Contraint de les abandonner le 28, ils brûlent de nombreuses maisons. L'église de Mandray est aussi incendiée.
Le caporal Jean Botte fait partie des soldats qui repoussent l'ennemi et l'affrontent violemment dans les bois de Béhouille. Jean Botte meurt le 2 septembre dans ces combats pourtant victorieux mais qui coûtent cher aux Français.

 

ruines St-Léonard
scierie de Saint-Léonard (Vosges) détruite pes les Allemands en août 1914


ruines église Mandray
l'église de Saint-Mandray incendiée par les Allemands lors de leur retraite le 28 août 1914

 

bois de la Béhouille
en ligne d'horizon, les bois de la Béhouille, lieu de la mort de Jean Botte

deux kilomètres plus loin...

Le Chipal ruines

 

Le Chipal incendié

 

 

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Jacques BUNARD

 

Bunard fiche MPLF

 

carte Méry Oise 1918
Méry, cerclé de rouge, où est mort Jacques Bunard


comment est-il mort à la guerre ?

Jacques Bunard appartenait au 7e régiment d'Artillerie à pied. Il est mort à 31 ans dans l'Oise au cours des offensives allemandes du printemps 1918 (manoeuvre du général allemand Oskar von Hutier). Ce 9 juin, peu après minuit, l'artillerie allemande entame un bombardement de fer et de gaz asphyxiants sur un front de 40 km. C'est au cours d'affrontements très meurtriers pour les Allemands - mais efficaces - que le soldat Bunard est mortellement atteint dans la défense de Méry, petite localité perdue et reprise plusieurs fois dans les jours suivants par les troupes françaises. (La grande guerre vécue, racontée, illustrée par les Combattants, en 2 tomes  Aristide Quillet, 1922, source internet).

- voir aussi : "Juin 1918, la relance des offensives allemandes", avec des photos de juin 1918.

- le fils d'un combattant français qui se trouvait à Méry, à la même époque, a raconté le parcours de son père, Fernand Nonet pendant la guerre. Il se trouvait à Méry le 10 juin 1918, lendemain de la mort de Jacques Bunard. lire ici

 

Méry ligne de front juin 1918
ligne de tranchée française sur le champ de bataille de Méry (Oise), mai-juin 1918 - source

 

Méry rue Bachemont juin 1918
Méry (Oise), la rue Bachemont après les combats de juin 1918

 

Méry rue capitaine Ringwald 1918
Méry (Oise), la rue du Capitaine Ringwald tué devant Méry le 13 juin 1918

 

Méry ruines école mairie juin 1918
Méry (Oise), ruine de l'école et de la mairie après les combats de juin 1918

 

Méry Grande Rue juin 1918
Méry (Oise), la Grande-Rue après le passage des Allemands en juin 1918

 

 

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Laurent CHAMPAGNAT

 

Champagnat fiche MPLF

Laurent Pierre Marius Champagnat était tourneur sur métaux. Il habitait au 39, rue Vignette, était célibataire. Ses cheveux et ses yeux sont décrits de couleur chatain foncé. Il mesurait 1m53, ce qui l'exemptait de service militaire, la taille minimale requise étant de 1m54. Il est donc ajourné lors de son recensement, mais déclaré "bon" peu après.
Il était vélocipédiste. Et son degré d'instruction mentionne qu'il sait "lire, écrire et compter". Son père, mort quand Laurent est recensé, s'appelait Jean François ; et sa mère Pierrette née Genest.

comment est-il mort à la guerre ?

Champagnat a trouvé la mort lors des combats de contre-offensive en juin 1918, menée par le général Mangin, dans la région  des communes de Belloy et de Gournay-sur-Aronde (village de Saint-Maur) dans le département de l'Oise.

Voici le court récit de cet engagement qui fut fatal à Laurent Champagnat :

"Belloy - cote 117 (11 juin 1918 - 9 août 1918).
Le 10 juin, le 155e est alerté, subitement, emmené en camions et débarque à Angivillers et Lieuvillers à minuit. À 2 heures du matin, ordre d'attaquer : la 165e D.I. participe à l'attaque Mangin qui va briser l'offensive ennemie sur Compiègne.
Le 155e est en réserve. Le 11 juin, à 11 heures, il est sur ses emplacements de départ : voie ferrée Wacquemoulin - Menevillers. Cette région est une suite de larges plateaux à blé, séparés par de petits ravins. De loin en loin, de grosses fermes ou villages. Méry sur la gauche, plus loin Belloy, ferme de Bauchemont à droite avec en avant un piton nu : la cote 117 ; entre la cote 117 et Belloy, le bois de Belloy et de Genlis.
L'attaque, précédée de tanks, est menée par le 287e et le 154e ; les 1er et 2e bataillons sont, engagés l'un avec le 151e, le deuxième avec le 287e. En fin de journée, on a avancé, de 4 à 5 kilomètres, malgré une résistance acharnée de l'ennemi. La ligne passe devant Belloy et le bois de Belloy — cote 117.
Le 12 juin, le 2e/155 tente une attaque sur Lataule qui échoue. Puis le secteur se calme très rapidement, sauf une série de coups de main de part et d'autre, pour la possession d'un élément de la tranchée Napolitaine, avec usage de lance-flammes (19 - 22 juin). Cet élément de tranchées reste entre nos mains.
À part cela, le secteur devient secteur calme, avec relève régulière. Nous travaillons activement à l'établissement d'une ligne principale de résistance que nous occupons en demi-repos. À noter encore un fort coup de main fait par le 3e bataillon, le 26 juillet.
Le 6 août, le 155e est en réserve (Wacquemoulin, ligne principale de résistance)."

Historique du 155e Régiment d'Infanterie

Ce qui est étrange, c'est la date de sa mort. Car le 24 juin 1918, les combats sont remportés victorieusement depuis plus de dix jours...

Sur la carte ci-dessous, les localités de Gournay-sur-Aronde et de Saint-Maur (village) sont soulignés de bleu ; un peu à l'ouest, on voit Lataule et Belloy. Or, la ligne de front (trait rouge) est à plusieurs kilomètres au nord dès le 9 juin...

 

Gournay Saint-Maur 1918
les contre-offensives alliées dans cette région de l'Oise en juin 1918 ;
on voit bien la flèche rouge de la 165e Division à laquelle appartenant le régiment de Champagnat

 

des paysages que Laurent Champagnat a peut-être traversés...

 

Wacquemoulin
"le régiment de Champagnat est sur son emplacements de départ : la voie ferrée Wacquemoulin - Méneviller,
le 11 juin à 11 heures" ; la voie ferrée passait un peu à l'écart du village ci-dessus, montré peu avant 1914

 

Belloy en juin 1918 (1)
"La ligne passe devant Belloy et le bois de Belloy — cote 117"

 

Belloy en juin 1918 (2)
Belloy (Oise), église et cimetière après les combats de juin 1918

 

Lataule bombardé
"Le 12 juin, le 2e/155 tente une attaque sur Lataule qui échoue"

 
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Pierre CHAZET

 

Chazet Pierre fiche MPLF

Le cas de Pierre Chazet présente plusieurs énigmes et particularités.

son origine et les raisons de sa présence à Saint-Chamond

Si l'orthographe de son patronyme, reproduite sur la plaque, est exacte, on ne trouve que la fiche ci-dessus, dans la liste des "morts pour la France" publiée par Mémoires des Hommes.
Un seul indice permettrait de rattacher les indications de cette fiche à un ancien élève de l'École Pratique de Saint-Chamond : la localité à laquelle est adressé l'acte de son décès, Charolles, sous-préfecture de Saône-et-Loire.
Pourquoi cette piste ?

Charolles Festival 1913
Charolles, à l'été 1913 ; Pierre Chazet est âlors âgé de 16 ans

Si Pierre Chazet est né à Paris, sa famille a ensuite résidé à Charolles, dans un département qui est aussi celui où se trouve, à Cluny, l'École nationale des Arts et métiers (appellation de 1901) que Claude Lebois avait fréquentée dans sa jeunesse avant de venir à Saint-Chamond fonder l'École Pratique d'industrie (1879).
Charolles est située à 40 km de Cluny. On peut imaginer plusieurs hypothèses... Pierre Chazet a peut-être tenté d'entrer à l'école de Cluny sans succès, et a pu être dirigé vers l'École Pratique de Saint-Chamond. Ou les écoles de Charolles ont pu aussi le renseigner...
Notons que Charolles est une sous-préfecture dotée de plusieurs institutions scolaires et, notamment, d'une école professionnelle destinée aux jeunes filles.

Charolles école prof filles
École professionnelle de jeunes filles à Charolles,
ville où résidait la famille de Pierre Chazet

La famille Chazet est absente des recensements de la ville de Charolles en 1901 et en 1906. Mais elle apparaît l'année 1911. On y apprend que Pierre avait un frère, Maurice, de quatre ans plus âgé que lui, né également à Paris. Ce qui est surprenant est l'indication "sans profession" notée pour son père et sa mère...
Son père, Louis Chazet, était né en 1863 à Jonquières dans le département du Vaucluse (précisément, le 11 septembre) d'un père et d'une mère cultivateurs, selon l'acte de naissance (archives départementales du Vaucluse).
Sa mère, (Marie Clémentine) Marguerite Laugier était née le 7 septembre 1868 à Nans dans le Var, d'un père âgé de 42 ans, Charles Joseph Laugier, instituteur, et de Félicité Florence Jourdan âgée de 28 ans (archives départementales du Var).
Le grand-père maternel de Pierre Chazet était donc instituteur. Mais a-t-il connu son petit-fils, né vingt-neuf ans plus tard ? A-t-il joué un rôle dans l'orientation scolaire de Pierre ?

famille Chazet en 1911 à Charolles
recensement de la ville de Charolles (Saône-et-Loire) en 1911

La famille Chazet n'est plus mentionnée dans le recensement de 1921 de la ville de Charolles. Le nom de Pierre Chazet figure en tout cas sur le monument aux morts de la commune (référence).

 

son statut militaire

La mention soldat de "2e classe" biffée et remplacée par "aspirant" semble assez improbable.

Chazet aspirant jaune

À son âge, et compte tenu du peu de temps passé dans l'armée, il n'a pu accéder au grade d'aspirant qui est le premier grade d'officier.

 

son régiment

L'unité portée sur la fiche le ferait appartenir au 4e Régiment de Zouaves.

Chazet 4e Zouaves entouré

Or, on ne trouve pas son nom dans l'Historique de ce régiment qui, pourtant, les publie tous. On peut toujours, certes, envisager un oubli...
Par ailleurs, le 4e Zouaves était un régiment d'infanterie d'Afrique. Comment Pierre Chazey s'y serait-il retrouvé ? Peut-être avait-il demandé à être incorporé dans cette unité lors de son engagement volontaire ?

En effet, Pierre Chazet est né en 1897 et appartient donc, théoriquement, à la classe d'âge 1917. Cette classe a été incorporée par anticipation dès janvier 1916.
Or, Pierre Chazet est mort le 23 avril 1915. Il avait donc été incorporé avant les jeunes gens de sa classe d'âge.
La raison est simple : il s'était engagé sans attendre l'incorporation officielle. Ce qu'indiquent les lettres "E.V.", pour "engagé volontaire", placées dans la rubrique "classe 1917".

Chazet EV rempli

Pierre Chazet a dix-huit ans le 25 février 1915 et disparaît, tout juste âgé de dix-huit ans et deux mois, le 23 avril suivant.

comment Pierre Chazet est-il mort ?

Le lieu et la date de son décès renvoient aux terribles combats du 23 avril 1915 dans la région d'Ypres en Belgique où furent utilisés, pour la première fois, par les Allemands, les gaz asphyxiants qui surprirent les troupes françaises.
Le problème est l'absence de mention de son nom et de son unité (4e Zouaves) dans les Journaux de Marche et d'Opérations (J.M.O.) des régiments impliqués dans cette zone.
Pierre Chazey a perdu la vie à Boesinghe, lieu d'une bataille sur laquelle, par contre, de nombreuses informations et des témoignages peuvent être produits.

carte Boesinghe entouré
carte du front à l'été 1917

schéma du secteur corrigé et fléché
schéma du secteur, J.M.O. du 2e bis Régiment de Zouaves à la date du 15 avril 1915

gros plan Boesinghe
secteur de Boesinghe, gros plan

extrait de l'Historique du 2e bis Régiment de Marche des Zouaves

"Le 21 avril 1915 le 1er Régiment de Tirailleurs et les 1re et 2e Cie du 2e bis régiment de Zouaves occupent les tranchées de 1re ligne et de soutien immédiat sous les ordres du Lieutenant-Colonel Bourgeois, commandant le Bataillon de tirailleurs ; les 3e et 4e Compagnies du Régiment sont chargés d'assurer la défense du pont de Boesinghe. Les autres unités du Régiment cantonnent à Westvleteren.

À 17 heures, brusquement le 22 avril, une violente attaque allemande se prononce. Pour la première fois de la guerre, l’ennemi emploie les «gaz asphyxiants» formant un nuage épais de chlore que le vent pousse sur nos lignes. Suffoquée, et en butte a un intense bombardement la première ligne est contrainte de se replier, après avoir subi de fortes pertes.

Les 1re et 2e Compagnies du 2e bis Régiment de Zouaves placés en réserve, essayent en vain d'arrêter ce mouvement de retraite ; immédiatement débordées et violemment prises à partie par l’artillerie lourde ennemie soumises d'ailleurs à l'action des gaz délétères, elles sont bientôt décimées et obligées de se retirer à leur tour : la deuxième à droite sur les Canadiens la première à gauche sur le canal.

L’ennemi s'avance rapidement en colonnes serrées dans le but de franchir le canal de l’Yser, qu’il passe en trois points : à Stennstraat et Het-Sas et à Boesinghe mais au delà l’ennemi est arrêté net par nos feux.

Dans la direction d'Ypres, vers le Sud, les Allemands semparent de Pilckem et de la ligne de crête, leurs patrouilles arrivent même jusqu'au canal, sans pouvoir le franchir

Les deux bataillons du 2e bis Régiment de Zouaves alertés arrivent à Elverdinghe à 19 heures 30. À 20 heures le 3e Bataillon est mis à la disposition du 7e Zouaves pour contre-attaquer sur la rive Est du canal dans la direction de Pilckem.

À 3 heures 30, le 23 avril, le 2e Bataillon (Commandant de Metz), franchit le canal en liaison à droite avec le 7e Zouaves qui contre-attaque les Allemands entre Boesinghe et Pilckem à gauche avec les canadiens."

 

Zouaves 24 avril 1915 Boesinghe
Zouaves sur la route de Lizerne à Boesinghe le 24 avril 1915 (Pierre Chazet est mort le 23 avril)

 

canal de l'Yser
le canal de l'Yser à hauteur de Boesinghe pendant la guerre

 

café de Lizerne
le café de Lizerne, secteur de Boesinghe

 

Boesinghe 1917 montage de bois
Boesinghe en 1917 (autochrome)

 

Boesinghe en 1917
Boesinghe en 1917 (autochrome)

 

 

 

 

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Paul CHORLIOT

 

Chorliot fiche MPLF


Paul Chorliot est né le 14 janvier 1890 à Izieux. Quand a-t-il fréquenté l'École Pratique de Saint-Chamond ? Vers 1903, 1905...?
Avant de partir à la guerre, il était métallurgiste, marié et sans enfants. Son épouse s'appelait Marguerite, née Dussarge et habitait 7, rue Victor Hugo à Saint-Chamond.

Il fut soldat, 2e canonnier servant, au 451e Régiment d'Artillerie lourde, unité intégrée au 111e Régiment d'Artillerie lourde. Il appartenait à la 4e Batterie de ce régiment.

Paul Chorliot a perdu la vie des suites d'une "maladie contractée en service", le 15 février 1919 dans une unité sanitaire de Saint-Avold en Moselle. Quelle fut cette maladie ? Peut-être la "grippe espagnole" ? Ou simplement, une grippe compliquée d'une pneumonie ?

Il est inhumé dans le carré militaire du cimetière de Saint-Chamond, autour du monument aux morts.

l'épouse de Paul Charliot habitait 7, rue Victor Hugo à Saint-Chamond

rue Victor Hugo à St-Cham (1)
la naissance de la rue Victor Hugo à Saint-Chamond, au début du XXe siècle

Diapositive1
Paul Charliot habitait-il déjà 7, rue Victor Hugo ?

 

7 rue Victor Hugo le 14 février 2014
le 7, rue Victor Hugo en février 2014 : le bâtiment n'a pas changé...

 

l'activité militaire de Paul Chorliot

Un régiment d'artillerie lourde se distingue d'un régiment d'artillerie de campagne. Ses pièces propulsent des obus de plus gros calibre. [lire ici quelques informations techniques précises avec illustrations] On ne sait exactement à quel type de canon était affecté Paul Charliot. Quelques images permettent d'imaginer les tâches de l'artilleur Paul Chorliot.

pièce de 120 long
pièce d'artillerie de 120 long, au début de la guerre

 

obus et mortier de 220
obus et mortier de 220, au début de la guerre

 

1914 canon de 155
canon de 155 et ses servants, 1914

 

155 et son tracteur
un canon de 155 et son tracteur automobile, en 1914

 

comment Paul Chorliot est-il mort ?

Malade, à une date imprécise, Paul Charliot est d'abord dirigé vers l'ambulance 2/85, probablement à la fin de l'année 1918. Cette "ambulance" (formation sanitaire légère) est intégrée à l'hôpital militaire de Saint-Avold en décembre 1918. Paul Charliot y meurt le 15 février 1919.

Hôpital militaire Saint-Avold
hôpital militaire de Saint-Avold (Moselle)

 

groupe malades St-Avold mai 1919
groupes de malades convalescents à l'hôpital militaire de Saint-Avold en mai 1919

 

 information recueillie par la Mairie en 1920

Chorliot info 1920
archives municipales de Saint-Chamond, 5 Hsc 23

 

la sépulture de Paul Chorliot (1890-1919) à Saint-Chamond

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stèle de Paul Chorliot, "mort pour la France" le 15 février 1919.
Sa "sépulture perpétuelle" se trouve au cimetière de Saint-Chamond, dans l'aménagement
funéraire circulaire qui entoure le monument aux morts (photo 2012)

 

sépulture de nuit
la tombe de Paul Chorliot (1890-1919) à Saint-Chamond (photo de février 2014)

 

 

 

 

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Marius CLAVEL

 

Clavel Marius fiche MPLF

Marius Claude Clavel appartenait à la 6e Batterie du 4e Régiment d'Artillerie de Campagne (R.A.C.). Il était 2e cannonier servant et a trouvé la mort dans les Vosges le 3 septembre 1914. Son nom figure dans l'Historique de cette unité. Le lieu de son décès est Anould, commune des Vosges.

Anould vue générale
la tombe aux six sapins (remarque de Dominique Marchal que je remercie)

 

Anould La Hardall
ce n'est pas un artilleur... mais un chasseur alpin au premier rang

 

carte Vosges Haute-Meuse 2
carte de la région ; la ligne pointillée trace la limite entre le département des Vosges, à l'ouest,
et celui du Haut-Rin, à l'est

 

Anould papeteries
la commune d'Anould

 

comment est-il mort à la guerre ?

Selon le rapide Historique du 4e Régiment d'Artillerie de Campagne (publié en 1920) :

- "Durant la période ci-dessus [fin août – début septembre 1914], (le 4e Régiment d’Artillerie de Campagne) est complètement détaché de la Division d’Infanterie qui, elle, opère en liaison avec le 14e Corps, au nord de Gérardmer, où les 2 et 3e Groupes participent dans la vallée de la Meurthe aux combats d’Anould, du Col de Mandray, [du col] des Journaux et [du col] de la Planchette. Les Allemands, arrêtés au cours de ces combats meurtriers qui durèrent huit jours, refluent vers les frontières…".

Marius Clavel est donc décédé au cours de ces combats sans que, pour l'instant, nous n'ayons plus de précision.

Diapositive1

 

 

la tombe de Marius Clavel dans la nécropole de Saulcy-sur-Meurthe

100_5094
nécropole de Saulcy-sur-Meurthe (Vosges) - photo de Dominique Marchal

 

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nécropole de Saulcy-sur-Meurthe (Vosges) - photo de Dominique Marchal

 

tombe Marius Clavel à Saulcy
nécropole de Saulcy-sur-Meurthe (Vosges) tombe de Marius Clavel (n° 1233)
photo de Dominique Marchal


À propos du décès de Marius Clavel, Dominique Marchal m'a communiqué l'information suivante (mars 2014) : "Sept artilleurs du 4e RAC sont décédés en même temps. La tradition orale veut qu'un obus allemand soit tombé dans une caisse d'obus de la 6e batterie.
Sur les photos d'Anould que vous montrez sur votre site (ci-dessus), il en est une où une tombe est entourée de six sapins, on voit d'autres tombes plus loin. C'est à cet endroit que sont morts les artilleurs. Ce lieu est baptisé depuis "les six sapins". Ils ont été abattus (car pourris) il y a une vingtaine d'années.
Un projet pour la célébration du centenaire est de replanter six sapins et d"ériger au centre un petit monument.
"
Merci pour ces précisions et pour les photos.

 

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Antoine (Marius) DEFAIX

 

Marius Defaix fiche MPLF

Marius Antoine Defaix - que ses camarades d'école prénommaient sûrement Antoine, puisque c'est le prénom qui est gravé sur la plaque - est né le 12 décembre 1895 et exerçait la profession de mécanicien en lacets. Il résidait 34, rue du Champ du Geai à Saint-Chamond.
Il avait les cheveux châtaints, les yeux châtains, le front moyen, le nez régulier, et mesurait 1m63.
Il avait pour père Louis Pierre, déjà décédé lors de son recensement, et pour mère Blaisine Claudine Tarinand (ou Larniand ?), également décédée. Il était donc orphelin de père et de mère.
Son dégré d'instruction était de 3, c'est-à-dire qu'il savait lire, écrire et compter.

son parcours militaire

Antoine Defaix a été incorporé et est arrivé à son corps, le 58e Régiment d'infanterie, le 17 décembre 1914. Ayant donc juste dix-neuf ans. Le 24 juin 1915, il est affecté au 173e Régiment d'infanterie, dans la 11e compagnie, et trouve la mort trois jours plus tard, le 27 juin à 23 heures. Il a donc effectué six mois de guerre.

 

où est-il mort ?

Antoine Defaix fut mortellement blessé à Braux Sainte-Cohière et est décédé à l'ambulance n° 3. Sa sépulture se trouve dans le cimetière de Sainte-Menehould (Marne), tombe n° 2823.

 

 

 

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Jean DEPOUILLY

 

Depouilly Jean fiche MPLF

 

acte de naissance de Jean Depouilly (22 octobre 1897)

acte de naissance Jean Depouilly 1897

 

la mort de Jean Depouilly (15 juillet 1918)

pertes 15 juillet 1918 142e RI
extrait du J.M.O. du 142e Régiment d'Infanterie

 

Diapositive1
Jean Depouilly appartenait à la 2e Compagnie du 142e R.I.

 

Les J.M.O., Journaux de Marche et d'Opérations, sont rédigés par les différentes unités militaires. Les plus précis sont ceux des régiments. On y trouve consignés, les déplacements, les opérations de préparation et de d'engagement, les phases et résultats des combats, les pertes, les actes de bravoure... Les J.M.O. sont maintenant consultables en ligne sur le site Mémoire des Hommes. Voici celui du 142e Régiment d'Infanterie de novembre 1917 à mars 1919 (lien).

Jean Depouilly est mort lors du grand assaut allemand à l'est de Reims, le 15 juillet 1918. Sa fiche cite le secteur de Courmelois, lieu qui avait été fréquenté, trois plus tôt, par le soldat Guillaume Appolinaire...

 

 

 

le secteur de Courmelois (Marne) où est mort Jean Depouilly

 

Courmelois église avec soldat à vélo 1914-1918
l'église de Courmelois (Marne) pendant la guerre de 1914-1918

 

Courmelois église 1914-1919
l'église de Courmelois frappée par les bombardements

 

Courmelois pont canal et port 1914-1919
le Pont de Canal et le Port, à Courmelois (Marne) avant ou pendant la guerre (?)

 

 

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Claudius DUBREUIL

Dubreuil Claudius fiche MPLF

Claudius Antonin Dubreuil est né le 27 janvier 1891 à La Terrasse-en-Doizieu (Loire). Il est mort le 11 août 1917.

 

la tombe de Claudius Dubreuil à Saint-Martin-en-Coailleux

 

tombe St-Martin (1) 16 avril 2014
tombe de la famille Dubreuil au cimetière de Saint-Martin-en-Coailleux (16 avril 2014)

 

tombe St-Martin (2) 16 avril 2014
tombe de la famille Dubreuil au cimetière de Saint-Martin-en-Coailleux (16 avril 2014)

 

 

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Jean DUBREUIL

 

SrvImg-12


Jean Joseph Dubreuil est né le 22 janvier 1892 à à Doizieu (Loire, canton de Saint-Chamond). Il avait les cheveux châtains clairs, les yeux bleus, le front moyen, le nez busqué. Il mesurait 1m61 et portait un tatouage au bras gauche. Jean Dubreuil exerçait la profession d'ajusteur-mécanicien. Il habitait à Saint-Martin-en-Coallieux, à La Tuilière, maison Prost.

Il est incorporé à l'armée le 10 octobre 1913, dans le 28e Bataillon de Chassseurs à pied. Le 2 mai 1916, il reçoit le 6e prix au "concours mousquetons".

Jean Dubreuil est tué à l'ennemi le 12 septembre 1916 lors du combat de Bouchavesnes dans l'Aisne.

 

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Marius FARA

Fara Marius fiche MPLF

Marius Joannès Fara est né le 23 juin 1881 à Saint-Julien-en-Jarez. Son père se prénommait Antoine et sa mère avait pour nom Jenny Hélène Raymond. Il était marié avec deux enfants. Sa profession était employé de banque et il résidait au 10, rue de la Corre, puis au 2, rue Pasteur.

recensement et service militaire avant 1914

Lors de son recensement, on le décrivit avec des cheveux et sourcils châtains clairs, des yeux bleus, un front rond, un nez moyen, une bouche moyenne, un menton rond, un visale ovale. Il mesurait 1m70.
À cette date, 1901, il avait été dispensé au titre d'enfant unique d'une mère veuve.

Marius Joannès Fara a tout de même effectué son service militaire entre le 14 novembre 1902 et le 20 septembre 1903. À cette date, il fut envoyé en congé avec un "certificat de bonne conduite". Il a, plus tard, effectué deux périodes d'exercices dans le 38e régiment d'Infanterie : entre le 24 août et le 20 septembre 1908 ; et entre le 29 mai et le 14 juin 1911.

Marius Joannès Fara en 1914

Le registre matricule mentionne qu'il fut rappelé à l'activité par l'ordre de mobilisation du 1er août 1914 (publié au J.O. le 2 août), qu'il est arrivé dans son régiment, le 38e d'Infanterie, le 12 août comme soldat de 2e classe.
En fait, son unité n'était pas le 38e mais le 238e R.I. : ce dernier est issu du premier et constituait un régiment de réserve.

Marius Joannès Fara appartenait à la 25e Compagnie du 238e régiment d'Infanterie. Il est mort le 25 septembre 1914 à Port Fontenoy dans l'Aisne. Un autre ancien élève, Joannès Bador, est mort, lui aussi, au même endroit deux jours plus tôt, le 23 septembre.

Un site internet propose des photos de soldats du 238e Régiment, antérieures à septembre 1915 (date de la mort du sergent Célestin Giraud dont la famille a conservé les clichés). Peut-être Marius Joannès Fara et Joannès Bador y figurent-ils, même si leur décès est précoce ?

 

les lieux de sa mort

Port-Fontenoy Maison Hauvette
Port-Fontenoy, Maison Hauvette

Le Port-Fontenoy
Le Port-Fontenoy dans le département de l'Aisne

Aisne dévastée
Fontenoy, le port et la passerelle : l'Aisne dévastée
 

Fontenoy campagne 1914-1915
Fontenoy, le Port ; écrit et signé : "Campagne 1914-1915"

 

le témoignage de sa petite-fille

Marius Fara avait épousé en 1906 Jeanne (Anne-Marie à l'état civil) Abel, fille de Jean Abel entrepreneur de charpenterie à Saint-Chamond. Il était employé à la Banque Raverot.
Son père Antoine était, en 1870, employé aux "forges aciéries". Sa mère, Jenny Hélène Raymond, était issue d'une famille de maîtres passementiers saint-chamonais, métier abandonné par le père de celle-ci qui est en 1870 employé aux Forges d'Onzain.

Antoine Fara était décédé en 1899 et Marius vivait avec sa mère (il était leur unique enfant) au 11 rue de la Corre. Sans doute est-ce à cette adresse qu'elle exerçait depuis son veuvage l'activité de débitante de boissons. Jenny Hélène Raymond est morte en avril 1906, un mois avant le mariage de Marius.

 

St-Chamond Lavieu Fara
Saint-Chamond, coteau de Lavieu


Le jeune couple s'est installé Côte de Lavieu (Maison Fayard) où sont nés leurs deux enfants : Jean en septembre 1907 et Alice, ma mère, en novembre 1911.
Ma grand-mère m'a souvent raconté qu'en août 1914, sur le quai de la gare de Saint-Chamond, la petite Alice qui n'avait pas 3 ans s'accrochait à son père en disant "ne pars pas, mon Papa, ne pars pas". Elle ne l'a jamais revu.


Je peux expliquer pourquoi, quoique exempté, il a néanmoins accompli une année de service militaire. Le service militaire est alors régi par la loi Cissey (1872) complétée par la loi Freycinet (1889). La loi Cissey a supprimé la possibilité de remplacement tout en maintenant le tirage au sort. Les "bons numéros" devaient néanmoins accomplir une année de service. Cette loi prévoit aussi des cas de dispense, en particulier pour les soutiens de famille, et spécifiquement les fils uniques de veuves, ce qui était le cas de Marius Fara : ces "exemptés" devaient, comme les bons numéros, un an de service.


Nous n'avons jamais su où était enterré mon grand-père et son nom n'est pas dans le fichier des sépultures militaires, c'est un "soldat inconnu". La date même de son décès n'est pas certaine comme on le voit sur sa fiche matricule, elle a officiellement été fixée par le jugement intervenu seulement en 1917. Jusque là il était "disparu", pour la plus grande angoisse de sa famille.
Quand elle l'a appris, ma grand-mère a dit "s'il a perdu ses lorgnons, il sera allé n'importe où", s'accrochant à cet espoir car il était très myope.
Vous remarquez qu'il est mort au même endroit et à peu près en même temps que Joannès Bador. J'ajoute qu'ils étaient peut-être cousins. Je me souviens en effet que, lorsque j'allais à Saint-Chamond avec ma grand-mère nous rendions visite à une cousine de mon grand-père nommée Jeanne Bador.
Notre famille fut durement éprouvée puisque le 14 novembre 1914, le beau-frère de ma grand-mère, Henri Abélard, était à son tour tué en Belgique : les deux soeurs étaient veuves, elles avaient 33 et 30 ans et étaient mères de famille.


On vivait à l'aise dans ces familles de petite bourgeoisie et les femmes ne travaillaient pas. Mais le salaire du mari était la seule ressource. Ces jeunes femmes qui n'avaient appris qu'à tenir une maison, recevoir et broder (magnifiquement) la lingerie durent chercher un emploi.
Les Forges et Aciéries de la Marine embauchaient : il fallait fournir l'armée alors qu'une bonne partie de leur personnel était au front. Nombre de ces veuves de guerre se retrouvèrent dans les ateliers à graisser les machines.

 

Aciéries ouvrières Fara
ouvrières aux Aciéries de la Marine à Saint-Chamond

Ma grand-mère, elle, avait jusqu'à son mariage (tardif, à 27 ans), assuré l'administration de l'entreprise de son père. Elle savait rédiger une correspondance commerciale, établir des factures et avait des notions de comptabilité, grâce à quoi elle fut prise dans les bureaux. Quand elle en parlait, elle disait "J'ai eu de la chance". Mais il lui a fallu élever seule ses enfants, et ce fut difficile.
Les veuves étaient si nombreuses que la pension qui leur était servie ne pouvait être très élevée. À la fin de sa vie ma grand-mère n'avait que cette pension et, si elle n'avait pas vécu avec nous, sa vie aurait été bien misérable (elle avait économisé sou à sou toute sa vie, réalisé ce qui lui est venu par héritage et, pour assurer ses vieux jours, placé le tout chez ce bon Monsieur Stavisky... elle a tout perdu).

Éliane Carouge
janvier 2015

 

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Louis FOND

 

Fond Louis Élie (1) fiche MPLF

 la même, sous une autre forme

Fond Louis Élie (2) fiche MPLF

Louis Fond est né le 30 octobre 1892 à Saint-Chamond. Il appartenait au 174e régiment d'Infanterie avec le grade de sous-lieutenant.

Il a trouvé la mort le 6 octobre 1915 à Souain-Perthes-les-Hurlus dans le département de la Marne.

 

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Philippe FRANÇON

 

SrvImg-17

 

Philippe Claude Marie Françon est né le 5 avril 1892. Il appartenait au 14e régiment de Dragons.

Il est mort le 2 novembre 1914 à Zonnebeke en Belgique.

 

 

son service militaire à Saint-Étienne dans les Dragons

caserne 14e Dragons St-Étienne (1)
bâtiment de la caserne du 14e Régiment de Dragons à Saint-Étienne, avant 1914

 

caserne 14e Dragons St-Étienne (2)
entrée de la caserne du 14e Régiment de Dragons à Saint-Étienne, avant 1914

 

caserne 14e Dragons St-Étienne (3)
bâtiment et piste de la caserne du 14e Régiment de Dragons à Saint-Étienne, avant 1914

 

 

où et comment Philippe Françon est-il mort ?

Philippe Françon participa, avec son régiment, à la première bataille d'Ypres à l'automne 1914.

 

Il trouva la mort, tué à l'ennemi, dans le secteur de Zonnebeke (Belgique), le 2 novembre 1914.

 

carte Ypres Zonnebeke
Zonnebeke est à moins de 10 km, au nord-est d'Ypres

 

carte terrain gagné par All nov 1914
en vert, le terrain conquis par les Allemands entre octobre et novembre 1914 ;
Philippe Françon est mort dans le "saillant" (salient)

 

carte situation nov 1914
la position autour du "saillant" de Zonnebeke, du 6 au 13 novembre 1914

 

 

Le J.M.O. du 14e Régiment de Dragons enregistre les pertes de la journée du 2 novembre 1914.

 

 

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Pierre FRÉCON

 

Pierre_Fre_con_fiche_MPLF

Pierre-Annet Frécon exerçait la profession de Passementier. Il était domicilié 45, rue de la République. Célibataire, sa taille était de 1m64, son poids de 60 kg. Ses cheveux, sourcils et yeux étaient noirs. Son père se prénommait Étienne François, et sa mère Pierrette Marie née Celard. Il savait "lire, écrire et compter" et était vélocipédiste.

que faisait-il  à la guerre ?

Soldat du 11e Bataillon de Chasseurs Alpins, de la classe 1910, il est immédiatement mobilisé et envoyé au front. Il appartient à la 1ère Compagnie.

comment est-il mort ?

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les traces de mémoire : Pierre Frécon

Diapositive1
plaque commémorative de l'église Saint-Pierre (Saint-Chamond) où figure
le nom de Pierre Frécon, ancien élève de l'École Pratique de Saint-Chamond, mort le 27 août 1914


chapelle dans église St-Pierre
la chapelle dans l'église Saint-Pierre de Saint-Chamond
dédiée aux "morts pour la France" résidant dans la paroisse (architectes : Desvignes et Mivière)

 

les traces de mémoire : la tombe de Pierre Frécon à Saint-Chamond

tombe Frécon 1 (2 fév 2014)
l'inscription funéraire : Pierre Frécon (1890-1914) et sa mère (1863-1932) (photo du 2 février 2014)

 

tombe Frécon 3 (2 fév 2014)
tombe de Pierre Frécon : la plaque et la croix au cimetière de Saint-Chamond (photo du 2 février 2014)

 

tombe Frécon 2 bis (2 fév 2014)
la sépulture de Pierre Frécon est en mauvais état... (photo du 2 février 2014)

 

tombe Frécon 4 (2 fév 2014)
et promise à la destruction... (photo du 2 février 2014)

 

 

 

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François GACHON

 

François Aimé Gachon est né le 6 juillet 1894 à Saint-Chamond. Fils de Jean Denis Gachon, âgé de 42 ans, et de Marie Elisabeth Montabrun, âgée de 39 ans.

Son père était poêlier (fabrication de poêles en fonte et de cheminées ; ou : vendeur d'articles ménagers) et sa mère, ménagère. Ils habitaient au n° 7 de la rue Jeanne d'Arc.

acte naissance François Gachon
acte de naissance de François Gachon, le 6 juillet 1894 à Saint-Chamond

 

François était célibataire. Il avait les cheveux noirs, les yeux noirs, le front moyen, le nez moyen, et mesurait 1m63.

François Gachon exerçait la profession d'ajusteur.

Il est arrivé au 4e Régiment du Génie le 16 décembre 1914 comme sapeur-mineur de 2e classe.

4e Rgt Génie 1915
sapeurs-conducteurs du 4e Régiment du Génie, 13e bataillon, 14e Compagnie,
vers début 1915 (source)

 

Mais le 1er juillet 1915, il est détaché en usine travaillant pour la défense nationale

Le 26 mars 1917, François Gachon décède à l'hôpital civil de Saint-Laurent-du-Pont, de tuberculose pulmonaire.

 

Hôpital St-Laurent-du-Pont colorisé
l'hôpital de Saint-Laurent du Var (Isère) où est mort François Gachon, le 26 mars 1917

 

Hôpital St-Laurent
l'hôpital de Saint-Laurent du Var (Isère) où François Gachon est mort de tuberculose pulmonaire

 

 

 

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Jean GACHON

 

 

Gachon William Jean MPLF

 

William Jean Gachon est né le 21 avril 1892 à Saint-Chamond. À son recensement, il avait les cheveux noirs, les yeux châtains, le front moyen, le nez rectiligne,le visage long et mesurait 1m69. Il savait lire, écrire et compter.
Fils de Jean Denis Gachon et de Marie Élisabeth Montabrun. Son père était poêlier (fabrication de poêles en fonte et de cheminées ; ou : vendeur d'articles ménagers) et sa mère, ménagère.
William Jean était le frère aîné de François Gachon, mort lui aussi à la guerre onze mois après Jean. Tous résidaient au 7, rue Jeanne d'Arc. La profession de William Jean était ajusteur.

acte naissance Gachon William 2
acte de naissance de William Jean Gachon, le 22 avril 1892 à Saint-Chamond

 

service militaire et mort dans la campagne contre l'Allemagne

Incorporé au 86e Régiment d'Infanterie à compter du 8 octobre 1913, il est nommé caporal le 17 février 1914, puis sergent le 3 août 1914. Tué à l'ennemi à Baccarat, en Meurthe-et-Moselle, le 25 août 1914 (mais "disparu", selon sa fiche matricule en notant la date du 19 novembre 1914...?). Il fut inhumé à la cristallerie de Baccarat.
La fiche matricule note encore que cette inhumation fut effectuée "suivant l'avis de décès ministériel du 22 mars 1915".

Le 86e R.I. avait été engagé pour reprendre la ville de Baccarat que les Allemands avaient bombardée et occupée quelques jours plus tôt. Dans ce combat, le régiment perdit mille trois cents hommes sur les trois mille deux cents partis de Haute-Loire le 5 août 1914.

les lieux de la mort de Jean William Gachon

Baccarat rue des Ponts après 25 août
à Baccarat (Meurthe-et-Moselle) après la reprise française du 25 août 1914, rue des Ponts

 

cristallerie bombardée
la Cristallerie de Baccarat bombardée par les Allemands en août 1914

 

tombes des Cristalleries (3)
les tombes de 94 soldats français tombés dans la défense du Pont dans la cour de la Cristallerie

 

tombes Cristallerie (1)
les tombes françaises de 94 soldats tombés le 25 août 1914 à 4 h 30 du matin

tombes des Cristalleries
les tombes dans la cour de la Cristallerie

tombes des Cristalleries (2)
les tombes dans la cour de la Cristallerie (autre légende)

D'après son registre matricule, Jean Wiiliam Gachon a été inhumé dans cet enclos de la Cristallerie de Baccarat.

 

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François GIRARD

 

SrvImg-23

 

 

François Girard est né le 5 août 1886 à Saint-Martin-en-Coailleux (Loire).

Il appartenait au 33e Régiment d'Infanterie et a trouvé la mort le 27 septembre 1914 à Richecourt en Meurthe-et-Moselle.

 

 

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Pierre GOBERT

 

Pierre Gobert fiche MPLF

Pierre Gobert est né le 28 avril 1891 à Lorette (Loire). Il est le fils de Louis et de Marie Antoinette Cécile Fayolle.
Il mesurait 1m65, avait le teint pâle, les cheveux blond foncé, les yeux bleu clair, le visage plein, le front moyen, le nez rectiligne. Pierre Gobert exerçait la profession de tourneur sur métaux. Il habitait Rive-de-Gier.
Une anecdote est porté sur son registre matricule : le 5 février 1911, il est condamné à huit jours de prison pour "outrage à commissaire"...

son service militaire (1912-1914)

Pierre Gobert est incorporé le 8 octobre 1912 au 133e Régiment d'Infanterie à Belley dans le département de l'Ain. Au bout d'un an, le 1er octobre 1913, il est nommé caporal, puis caporal-fourrier le 1er août 1914 (le caporal-fourier n'est pas un grade d'épée mais de plume, c'est-à-dire qu'il désigne quelqu'un d'affecté aux écritures de la compagnie, tâche administrative).

 

caserne Belley (1)
la caserne du 133 Régiment d'Infanterie, au début du XXe siècle, à Belley dans l'Ain

 

caserne Belley (2)
caserne du 133e R.I., avant 1914

 

caserne Belley (3)
caserne du 133e R.I., avant 1914, à Belley (ce régiment a disparu en 1998)

 

caserne Belley (4)
la caserne Sibuet du 133e R.I.

 

caserne Belley (5)
la cour de la caserne du 133e Régiment d'Infanterie

 

une compagnie du 113e avant 1914
une compagnie du 133e R.I. avant 1914

 

la guerre de Pierre Gobert

Aucun document ne précise ni le Bataillon ni la Compagnie auxquels appartenait Pierre Gobert. Mais les lieux de son décès, "aux cols des Journaux et de Mandray", ne laissent aucun doute sur la bataille dans laquelle il laissa la vie.
Il s'agit des terribles combats, dans les Vosges, souvent mentionnés dans différentes sources. Les unités françaises engagées dans cet affrontement conquirent des positions, puis les perdirent et les reconquirent au prix de pertes énormes en hommes et sous-officiers comme en officiers.

couv Historique 133e
couverture de l'Historique du 133e Régiment d'Infanterie pendant la guerre

L'Historique du Régiment évoque ces moments. Le 133e y fut engagé dès le 30 août. D'abord pour le contrôle de la pointe la plus élevée, dominant les vallées de la Meurthe et de la Fave : la Tête de Béhouille. Puis pour le contrôle du col des Journaux. Plusieurs jours, les attaques ont permis de prendre le contrôle de positions stratégiques dans des conditions très éprouvantes : bombardements intenses, tirs de mitrailleuses, manque de munitions...

col des Journaux légendé
arte du secteur de combat où Pierre Gobert perdit la vie (source)

 

cols Journaux et Mandray perspective

 

la mort de Pierre Gobert

Il a perdu la vie le lundi 7 septembre 1914 dans les affrontements du col des Journaux, à l'âge de 23 ans.

carte topo Mandray Journaux souligné
carte topographique insérée dans le J.M.O. du 113e d'Infanterie à la date du 7 septembre 1914 (source)

 

Diapositive1
le décès de Pierre Gobert enregistré dans l'Historique du régiment :
il est écrit "cap-fr", c'est-à-dire "caporal-fourrier"

après guerre

Un secours de 150 francs fut accordé, le 22 juin 1915, à sa mère, Madame veuve Gobert, née Fayolle.

 

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Marius GRANJON

 

Marius Granjon fiche MPLF

Marius Jacques Granjon est né le 4 septembre 1890 à Saint-Chamond.

Il est mort le 8 octobre 1918 en Champagne.

 

 

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Jean GRENIER

 

Grenier MPLF (1)

et, la même

Grenier MPLF (2)

 

sous-lieutenant au 8e régiment de Zouaves

Grenier liste off du 8e Rgt Zouaves
parmi la liste des officiers du 8e Régiment de Zouaves pendant la guerre de 1914-1918

 

 

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Joseph GUICHARD

 

Joseph Guichard fiche MPLF

 

Ancien élève de l'École Pratique, probablement à la fin du XIXe siècle (1897... début 1900...), Joseph Guichard avait 31 ans lorsque la guerre le rattrapa.
Il était devenu ouvrier "tourneur" (son père était forgeur) et habitait La Valette à Saint-Martin-en-Coailleux, aujourd'hui quartier de Saint-Chamond. Sa mère s'appelait Marie, née Chabrolles ; et son père Mathieu.
Il fut noté, lors de son recensement en 1903, comme sachant "lire, écrire et compter", mais il était pourvu d'autres compétences plus étendues compte tenu de sa scolarité.
Sa taille était de 1m67.

comment est-il mort à la guerre ?

Joseph Guichard a trouvé la mort le 16 septembre 1914 au hameau de La Carmoy, dans la commune de Cannectancourt, dans le département de l'Oise.
Il servait comme caporal et appartenait au 38e Régiment d'Infanterie basé à Saint-Étienne (Loire). L'Historique de ce régiment, rédigé en 1919, par le colonel Charpentier, commandant alors cette unité, évoque les principaux engagements de ses hommes.
Après plusieurs semaines éprouvantes passées en Alsace, le régiment de Joseph Guichard (élément du 13e Corps d'Armée) est transporté dans l'Oise, dans le cadre du mouvement entamé par les Allemands et appelé la "Course à la Mer" :

- "Débarqué le 13 septembre dans la région de Creil, le Régiment marche immédiatement dans la direction du nord de Compiègne. Le 16 a lieu, au près de l’Ecouvillon, un sérieux  engagement resté présent à toutes les mémoires, moins par lui-même que par un épisode qui l’a suivi et dont fut le héros le sergent Giacomini, de la 6e Compagnie. Le soir du 16 [septembre], un de nos petits postes commandé par Giacomini se laisse surprendre et est enlevé par une patrouille ennemie.
Un officier allemand ordonne à Giacomini de le guider, lui et sa patrouille, vers la grand’garde française. Le sergent obéit : il arrive, suivi des Allemands, à proximité de la grand’garde. Mais lorsque les sentinelles françaises, mises en éveil, crient «Halte-là. Qui vive ?», Giacomini répond : «Tirez, ce sont des Allemands». Alertée, la grand’garde disperse rapidement par ses feux les Allemands qui s’enfuient en laissant une trentaine d’hommes sur le terrain. Le sergent Giacomini qui put rejoindre les nôtres, avait magnifiquement racheté sa surprise."

Ce jour-là, Joseph Guichard perdit la vie. Fut-ce lors de ces épisodes ? Possible.

Le récit de Paulin Bert  fournit des chiffres de tués très élevés en août et septembre 1914. À la date du 28 août, il note dans son carnet de guerre : "Cette journée a été une véritable hécatombe. Cent dix hommes sur les deux cents de ma compagnie manquent à l'appel. Neuf cents au régiment"...! (...)
[Dans l'Oise] - Le 15 septembre, on prend contact avec l'ennemi. Ça cogne dur. [Joseph Guichard meurt le 16]. Ma compagnie est engagée le 17 à Machemont [à trois ou quatre kilomètres, au sud de la Ferme de la Carmoy]. On pousse trois fois la charge à la baïonnette. On se bat de maison en maison, on se fusille à bout portant. C'est sinistre : les rues sont pleines de cadavres humains et d'un grand nombre de chevaux abattus. (...)". (source)

 

caserne 38e RI
la caserne du 38e Régiment d'Infanterie à Saint-Étienne avant 1914

élèves caporaux 38e RI
Joseph Guichard était caporal. Peut-être a-t-il suivi sa formation avec ces élèves caporaux ?
Mais la date précise de la photo est inconnue...

 

ferme Carmoy ruines
la ferme de la Carmoy, dans la commune de Cannectancourt, bombardée par les Allemands
au début de la guerre
. C'est là que Joseph Guichard fut tué le 16 septembre 1914

 ferme La Carmoy bombardée
destructions de la ferme de La Carmoy au début de la guerre

Diapositive1
après un premier repli, au cours duquel les Allemands incendièrent les lieux, ils revinrent
et occupèrent la zone jusqu'en 1917


Carmoy 1915 observatoire boche
observatoire allemand installé dans la ferme de La Carmoye en 1915

 

Lassigny 1917
retour des armées françaises dans la proche région, en 1917

 

Paulin Bert 38e RI
le soldat, marqué de bleu, n'est pas Joseph Guichard ; il s'appelle Paulin Bert et appartenait, lui aussi,
au 38e Régiment d'Infanterie ; il a laissé un carnet de guerre dont le début évoque
les combats d'août et de septembre 1914
(source)

 

soldats du 38e RI
soldats du 38e R.I. durant la Première Guerre, sans date... Joseph Guichard devrait leur ressembler

 

 

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Antoine JOUBERT

 

Joubert Antoine fiche MPLF

Antoine Joubert est né le 30 mai 1898 à Grand-Croix, à proximité de Saint-Chamond.

Il est mort le 11 août 1918 dans la Somme.

 

 

 

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Antoine LARDERET

 

Larderet Antoine fiche MPLF

Antoine Alphonse Larderet est né le 23 octobre 1897 à Saint-Chamond.

 

blessé à Juvincourt (Aisne)

Juvincourt camp de César
au sud-sud-est de Juvincourt-et-Damary, le "camp de César" où fut blessé à la jambe,
le 7 mai 1918, Antoine Larderet (la carte mentionne la position d'unités en 1917)
(source)

ferme Mauchamp à Juvincourt
entre le "camp de César" et le village de Juvincourt, la "Ferme Mauchamp", lieu de combats en mai 1918
(carte postale ancienne d'origine allemande)

positions devant Juvincourt
positions devant Juvincourt
(source)

 

morts (Juvincourt 1)
morts, peut-être à Juvincourt (source)

 

morts (Juvincourt 2)
encore des morts, peut-être à Juvincourt (source)

 

la mort d'Antoine Larderet

 

 

la tombe d'Antoine Larderet (1897-1918)

Larderet cimetière St-Cham
croix d'Antoine Larderet (1897-1917) dans le carré qui entoure le monument aux morts,
cimetière de Saint-Chamond
(photo, 14 juin 2012) (source)

 

croix Larderet Antoine
Antoine Larderet (Saint-Chamond), mort à Talma le 17 octobre 1918

 

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Jean LEZEY

 

Lezey Adrien Jean fiche MPLF
le lieu de décès de Jean Lezey n'est pas "Mononcourt" mais Manoncourt,
dans le département de Meurthe-et-Moselle

Jean Lezey est né le 9 février 1890 à Saint-Julien-en-Jarez .

Il est mort le 11 août 1914 en Meurthe-et-Moselle.

 

 

Manoncourt-en-Vermois
Manoncourt-en-Vermandois (Meurthe-et-Moselle) le village dans lequel Jean Lezey est mort,
le 11 août 1914, au cours d'une marche qui, pour lui, fut épuisante et fatale...

 

 

l'univers militaire de Jean Lezey

7e rgt Génie image édifiante
image édifiante du 7e régiment du Génie, avant 1914

 

caserne 7e rgt Génie Avignon
caserne du 7e régiment du Génie à Avignon, avant 1914

 

cuisine 7e rgt Génie
cuisine du 7e régiment du Génie, probablement en caserne

 

réfectoire 7e rgt Génie
réfectoire du 7e régiment du Génie, probablement en caserne

 

7e Rgt Génie 1914-1918
quelques militaires du 7e régiment du Génie, en 1914-1918

 

 

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Jean MAISONNIAL

 

Maisonnial fiche MPLF

 

Jean Maisonnial est né le 25 juillet 1894 dans un petit village de la Loire, Fraisses.

Fraisses le bourg
le bourg de Fraisses (Loire) où naquit Jean Maisonnial en 1894

Fraisses Périvaure
hameau de la Périvaure, dans le village de Fraisses (Loire)

Ajusteur de profession, Jean Maisonnial, âge dé 19 ans, s'était marié le 24 septembre 1913 avec Claudia Joannez. De cette union naquit un garçon, Jean Marie, le 29 juillet 1914.

Appartenant à la classe 1914, il fut théoriquement appelé sous les drapeaux en septembre de la même année. Nous ignorons, pour l'instant, la date précise à laquelle il fut envoyé au front. En tout cas, il fut soldat durant quatre années, jusqu'à sa mort le 5 octobre 1918.

Son unité était, au moment de son décès, le 414e Régiment d'Infanterie.

 

comment Jean Maisonnial est-il mort ?

L'Historique du 414e Régiment d'Infanterie (1915-1918), rédigé anonymement juste après guerre, évoque la période au cours de laquelle Jean Maisonnial perdit la vie :

"Le 18 septembre [1918], par voie ferrée, le régiment est transporté à Epernay, de là il se rend au camp de Chalons par étapes, puis, de nuit, il va s'installer dans un camp au Sud de Jonchery-sur-Suippe.

Le 26 septembre la division se porte à l'attaque, elle a pour mission d'enlever toutes les défenses allemandes, jusqu'à la Py.

Le 414e est d'abord en réserve, mais le 26, à 11 heures, il combat en première ligne. Un combat sanglant s'engage sur la ligne principale de résistance ennemie. Les boches combattent âprement, ils sont admirablement bien servis par des nuées de mitrailleuses. Ce n'est qu'après de longues heures de combat que l'on parvient à prendre pied dans la tranchée de Magdebourg.

Le 4 octobre, l'ennemi cède et se replie vers le Nord, la poursuite commence et durera sans arrêt jour et nuit, jusqu'au 12 octobre. L'ennemi essaye en vain de s'accrocher au terrain. Les mitrailleuses font un mal énorme à nos colonnes d'attaque. Les traversées de rivières donnent lieu à de sanglants combats. Celle de l'Arne, à Hauviné notamment, est rendue très pénible par un déluge d'obus toxiques. Enfin le 12, le régiment est placé en réserve et le 23, il gagne par étapes les environs de Châlons-sur- Marne pour se reposer." (source)

 

Diapositive1

Diapositive1
plaque apposée sur le monument aux morts au cimetière de Saint-Chamond

 

Maisonnial info 1920

 

 

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Jean MALLET

 

fiche Mémoire des hommes

Jean Mallet est né le 6 mai 1897 à Saint-Martin-en-Coailleux.

Lors de son recensement, en 1917, Jean Mallet était célibataire, ses cheveux châtains et ses yeux gris. Il mesurait 1m69. On note qu'il sait "lire, écrire et compter", monter à cheval, conduire et soigner les chevaux, et enfin, conduire les voitures [hippotractées].
Sa profession était chaudronnier, il habitait Saint-Martin-en-Coailleux. Ses parents se prénommaient Hippolyte Philibert et Antoinette née Dimier. Le registre de rencensement le fait naître le 9 mai et non le 6...

comment est-il mort à la guerre ?

La fiche "mort pour la France" de Jean Mallet indique qu'il est décédé à l'ambulance 13/8 à Sermoise dans l'Aisne, des "suites de ses blessures".
Il faut savoir que ce qui est désigné comme "ambulance" avec ce numéro ne correspond pas à un véhicule mais à une infirmerie plus ou moins équipée sur laquelle étaient dirigés les blessés avant leur envoi éventuel dans un hôpital proprement dit, beaucoup plus à l'abri à "l'arrière".

 

 

 

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Jean MOREL

 

SrvImg-34

ou

SrvImg-35

 ou

ou

SrvImg-37

 

 

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Antoine MOULIN

 

Moulin Antoine fiche MPLF

Antoine Moulin est né le 29 janvier 1886 à Terrenoire (Loire).

Il est mort le 10 septembre 1916 à Salonique, en Grèce.

 

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Pierre NANTAS

 

photo fiche matricule

Pierre Nantas est né le 8 avril 1893 à Izieux.

Il était mécanicien.

Pierre Nantas ne dispose pas de fiche "mort pour la France" sur la base de Mémoire des Hommes. Trois autres Nantas y figurent, mais pas Pierre. Pour quelle raison ? Probablement un oubli d'écriture. L'éditeur de cette base, le Service historique du ministère de la Défense, prévient d'ailleurs : "Cet ensemble de fiches nous a été transmis tel qu’il a été constitué et ne prétend pas à l’exhaustivité" (source).

 

 

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Marcel NOUVEAU

 

Nouveau Marcel fiche MPLF

Marcel Nouveau est né le 6 novembre 1888 à Saint-Chamond.

Il est mort le 27 octobre 1914 à l'hôpital temporaire n° 2 à Verdun (Meuse) des suites de ses blessures

 

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Claudius PACCALIER

 

Paccalier Claude fiche MPLF

Claude Paccalier est né à Saint-Julien-en-Jarez le 28 novembre 1894.

Il est mort le 7 octobre 1915 à la Butte-du-Mesnil dans la Marne.

 

 

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Marius PASCAL

 

PASCAL Marius fiche MPLF

Marius Pascal est né le 7 juillet 1894 à Saint-Chamond.

Il est mort le 22 avril 1916 dans la Meuse.

 

 

 

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René PLÉNET

 

René Plénet fiche MPLF

 

René Marc Plénet est né le 24 octobre 1894 à Annonay dans le département de l'Ardèche.

Il est mort le 21 août 1918 dans le secteur de Prosnes (Marne).

Son régiment, le 311 d'Infanterie "monte en ligne le 10 août et prend position dans le sous secteur des Mélèzes à l‘ouest de Prosnes à 7 km au N. de Mourmelon-le-Grand. Le régiment reste sur cette position jusqu’au 26 septembre et mène une vie de secteur très pénible", selon l'Historique du régiment.

 

Le J.M.O. enregistre son décès :

René Plénet entouré liste tués

 

tombe familiale à St-Chamond
tombe familiale de René Plénet, cimetière de Saint-Chamond
(photo 9 mars 2014)

 

tombe Plénet nom gravé
René Plénet (1894-1918), mort pour la France, dans la Marne

 

 

 

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François POYET

 

Poyet François fiche MPLF

 

François Annet Poyet est né le 19 février 1882 à Izieux. Il est le frère aîné de Marius.

 

Il est mort le 16 septembre 1914 à Écouvillon, dans l'Oise.

 

 

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Marius POYET

 

Poyet Marius fiche MPLF

Marius Poyet est né le 9 juin 1886 à Izieux, commune limitrophe de Saint-Chamond. Il est le frère cadet de François.

Il est mort le 12 janvier 1915 en Meurthe-et-Moselle.

250px-Woëvre_localization

À la fin décembre, le 252e régiment d’Infanterie est en Lorraine, dans la plaine de la Woëvre. Cet endroit a été l’objet d’attaques allemandes dès septembre 1914. Leurs avancées accomplies, ils creusèrent des tranchées, le front se stabilisa et la guerre de position commença.
D’octobre 1914 à 1916, l’armée française déclencha de multiples assauts coûtant la vie à des dizaines de milliers de combattants.
Fin 1914, le 252e est envoyé dans le secteur du village de Seicheprey – bombardé et en grande partie détruit. Le Journal de marches et d’opérations (J.M.O.) du régiment consigne des combats et la disparition de Marius Poyet.
Son unité, constituée des 5e (dont la 19e compagnie de Marius Poyet) et 6e bataillons, arrive à Seicheprey le 27 décembre à 2 h30 du matin. Il y reste deux jours puis est relevé, et y revient les deux jours suivants, etc. Les soldats aménagent les tranchées et les fortifications.
Les 6 et 7 janvier, le 252e est en ligne à Seicheprey : «il a à souffrir beaucoup du mauvais temps et de l’état du terrain ; il doit poursuivre une lutte incessante contre l’eau qui envahit sans cesse les tranchées et boyaux, qui éboule les parapets. Rien de particulier à signaler en dehors de l’état déplorable du secteur, indiqué ci-dessus. Bombardements espacés de Seicheprey».
Le 8 janvier, relève. Les 9 et 10 janvier, cantonnement.
Le 11 janvier, le régiment de Marius Poyet part «aux avant-postes, le 5e bataillon en tête avec sa section de mitrailleuses, le 6e bataillon suit avec sa section de mitrailleuses également. La marche est retardée par le mauvais temps. Le régiment arrive à Seicheprey avec un léger retard».
Les 12 et 13 janvier, le 5e bataillon occupe le secteur de Remières : «À la relève, un incident à signaler : une escouade de la 19e Compagnie, trompée par l’obscurité, est allée jusqu’aux tranchées allemandes. Quatre hommes de cette escouade, les caporaux Magdinier et Poyet, les soldats Liogier et Labaume ont disparu, faits prisonniers suivant toute vraisemblance».

Ainsi, le J.M.O. évoque-t-il une disparition. Comme aucun signe de vie ne fut donné par Marius Poyet, on conclut à sa mort. Celle ci- fut localisée dans le secteur de Saint-Baussant, au nord-nord-est de Seicheprey, et datée du 12 janvier 1915.

 

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Léon PROST

 

 

Prost Léon fiche MPLF


Léon Alexandre Prost est né le 24 mars 1880 à Paris, dans le 10e arrondissement. Son père était de la Loire mais, dans des circonstances que nous ignorons, il rencontra sa future épouse, de nationalité belge, à Paris.

Son père et sa mère eurent six enfants.

Il travaillait, comme chaudronnier, aux Aciéries de la Marine (Saint-Chamond).

Léon Prost est mort d'une fièvre typhoïde dans l'une des installations sanitaires installées dans la commune de Breteuil-sur-Noye dans le département de l'Oise, probablement l'Hôpital militaire. Il avait trentre-quatre et était père d'une petite fille.

 

ambulance militaire à Breteuil-sur-Noye
"ambulance" militaire à Breteuil-sur-Noye (Oise), sans date

hôp milit Breteuil (2)
hôpital mitaire de Breteuil-sur Noye (Oise), en 1914 ; le bâtiment de gauche (tâchée) abritait la
salle d'opérations, selon une mention manuscrite portée sur une carte postale identique

 

hôp milit Breteuil (1)
hôpital militaire de Breteuil-sur-Noye (Oise)

 

 

 

 

 

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Félix RELAVE

Relave Félix fiche MPLF

Jean Félix Relave est né le 1er juin 1880 à Saint-Chamond.

Il ets mort le 25 septembre 1918 à Allemand, dans le département de l'Aisne.

 

 

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Marius REMILLIER

 

Remillier Marius fiche MPLF

 

Marius Joannès Remillier est né le 5 août 1880 à Saint-Chamond.

Il est mort le 16 septembre 1914 à l'Écouvillon, dans le département de l'Oise.

 

 

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Jules REYMOND

 

Reymond Jules fiche MPLF

 

Jules Reymond est né le 2 octobre 1887 à Saint-Jean-Bonnefonds, dans la Loire, entre Saint-Chamond et Saint-Étienne.

Il est mort le 11 avril 1915 en Meurthe-et-Moselle.

 

 

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Henri SEYTRE

 

Seytre Henri fiche MPLF

 

Henri Claudius Seytre est né le 17 octobre 1891 à Izieux, à côté de Saint-Chamond.

Il est mort le 30 octobre 1918 dans l'Aisne.

 

tombe familiale Seytre
tombe familiale d'Henri Seytre au cimetière de Saint-Chamond
(photo 9 mars 2014)

 

nom d'Henri Seytre sur tombe
Henri Seytre (1891-1918), mort pour la France, dans l'Aisne

 

 

 

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Émile STOECKEL

 

Stoeckel Paul Émile fiche MPLF

 

Paul Émille Stoeckel est né le 9 novembre 1889 à Latilleu dans l'Ardèche.

Il ets mort le 9 octobre 1914 dans la Somme.

 

 

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Wilfrid VIGOUROUX

 

Vigouroux Jean

Wilfrid Jean Vigouroux est né le 23 février 1893 à Leigneux dans la Loire.

Caporal au 158e Régiment d'Infanterie.

Décédé le 15 mai 1915 à Noulette dans le Pas-de-Calais.

 

 

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Claudius VINCENT

Vincent Claudius MPLF

Claudius Vincent est né le 11 décembre 1894 à Saint-Haon-le-Vieux (Loire).

Il est mort le 7 juillet 1916 dans la Somme

 

 

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André MARCELLIN

 

Marcellin André MPLF

André Louis Marcellin est né le 28 septembre 1888 à Firminy dans la Loire.

Il était sergent au 12e Bataillon de Chasseurs à pied.

André  Marcellin est décédé le 1er août 1915 à Barenkopf (ou Barrenkopf, ou Baerenkopf) dans le massif de l'Hartmanswillerkopf, commune de Masevaux, dans le Haut-Rhin (Alsace).

 

Un extrait de l'Historique résumé du 12 Bataillon de Chasseurs alpins (1920) permet d'imlaginer dans quelles conditions André Marcellin a trouvé la mort dans la bataille du Barrenkopf qui s'est déroulée à la fin juillet et au début du mois d'août 1915 :

- "La préparation de l'attaque de l'Eïchwald avait été faite minutieusement et dans des conditions très pénibles, car les Allemands nous dominaient. Le bataillon y perdait 80 hommes.
Relevé le 30 juillet sur ces positions, il relève, à son tour, le 11e bataillon, le lendemain, dans ses tranchées de départ devant le Barrenkopf. L'ordre d'attaque est donné pour le lendemain. Pendant notre préparation d'artillerie, le bataillon est soumis à un tir violent de l'ennemi.
À 7 heures du soir, dans un élan magnifique, aux accents de La Marseillaise, le bataillon part à l'attaque et s'empare de l'objectif, malgré de très nombreuses pertes causées par les blockhaus de mitrailleuses laissés intacts, et malgré un barrage intense d'artillerie et de mitrailleuses.
Le capitaine Thierry, commandant le bataillon, est blessé au début du combat ; le capitaine Carbillet est mortellement blessé sur cette position du Barrenkopf, qu'il avait défendu aussi héroïquement sept mois plus tôt.
Le capitaine Lafouillade prend alors le commandement du bataillon. Pendant trois nuits consécutives, le bataillon repousse toutes les attaques acharnées des Allemands
Entre ces combats, il retourne la tranchée prise et organise la position. La situation du bataillon est rendue très pénible, car tout le terrain d'attaque est un véritable charnier et la chaleur est torride.
Au bout de douze jours, le bataillon est relevé pour prendre quelques jours de repos au camp d'Haeslen. À 2 lieues en arrière.
Le commandant Ardisson, désigné pour prendre le commandement du bataillon, était arrivé le 6 [août]. Une prise d'armes a lieu sous ses ordres dans le camp d'Haeslen. C'est la première fois que le bataillon est réuni en entier depuis son départ d'Embrun. Le général de Pouydraguin vient le féliciter du brillant succès qu'il vient de remporter."

source

 

liens

- le site magnifique de pierreswesternfront sur les batailles du secteur Kleinkopf-Barrenkopf

- vestiges de la Grande Guerre au Barrenkopf (vidéo)

 

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Pierre REYNAUD

 

Pierre Reyaud fiche Mémoire des Hommes

 

Passementier de profession, Pierre Antoine Reynaud a pour père, Claude Marie Félix Reynaud et pour mère, Antoinette née Peyrard. De taille plutôt grande pour l'époque, 1m73, il a les cheveux et les yeux de couleur châtain. Il habite 13, rue (?) du Châtelard et est célibataire lors de son recensement en 1911. On note qu'il est vélocipédiste.

que faisait-il  à la guerre ?

Pierre Reynaud (parfois écrit Raynaud), ancien élève du Collège Pratique d'industrie de Saint-Chamond, servait, comme maître pointeur brigadier, affecté à la 46e batterie du 263e Régiment d'artillerie de campagne.

Vraisemblablement donc, il s'occupait d'un canon de 75 mm pour en régler les coordonnées de tir sur le disque de niveau de la pièce d'artillerie. Références techniques 1 et 2.

En principe, un régiment d'artillerie de campagne (36 canons) comprend trois groupes comptant chacun trois batteries de quatre canons chacune. Donc Pierre Reynaud s'occupait d'un des quatre canons de sa batterie.

Diapositive1
carte postale d'avant 1914 montrant une pièce de 75 et ses servants ;
Pierre Reynaud était pointeur, plaçant la direction et l'angle de tir sur l'appareil de pointage

 

comment est-il mort à la guerre ?

Les derniers de son existence correspondent à cet extrait de l'Historique du 263e Régiment d'Artillerie de campagne (1992) :

"Pendant la fin d'août et en septembre, le régiment prend part à diverses opérations locales. Après un repos de quinze jours dans la région sud de Dunkerque, il rentre en ligne pour appuyer, les 12 et 13 octobre [1917], les attaques de la 133e Division [en Flandre belge]. Les groupes sont, à cet effet, mis en position près de Boesinghe, d'Hetsas et de la maison du Passeur. Puis le 3e groupe relève un groupe du 215e.
Les avances récentes permettent d'envoyer le 2e groupe près du hameau de Weidendreft [aujourd'hui commune de Langemark-Poelkapelle, en Belgique, au nord-est de Ypres], au bord du ruisseau du Steenbeck. De là, il sera en mesure de fournir de flanc des feux particulièrement efficaces. Malheureusement, la position est à peine masquée. À deux reprises, la 44e [batterie] est bouleversée de fond en comble, ses canons enterrés et détruits, ses munitions incendiées. La 45e, d'un seul obus ennemi, perd tous ses officiers, un sous-officier et six hommes. La 46e, en moins de deux jours, a la moitié de son personnel hors de combat ; le peloton de sa deuxième pièce en entier tombe au champ d'honneur." (source)

Cette "deuxième pièce" dont parle l'auteur de cet Historique est, presque certainement, celle dont faisait partie Pierre Reynaud. En effet, la liste des victimes de ce régiment mentionne plusieurs décès à la date du 25 octobre 1917 : Louis Vergnaud, maréchal-des-Logis ; Jean Chaput, cannonier servant ; Claude Damos, canonnier servant 2e classe ; Augustin-Jean Fouchet, cannonier servant 2e classe ; Henri Rebeix, canonnier servant 2e classe.

 

carte Ypres et environs
au nord-nord-est d'Ypres, la localité de Langemark dans les environs de laquelle est
mortellement blessé Pierre Reynaud le 25 octobre 1917


Diapositive1
mouvement et position de l'unité de Pierre Reynaud à la mi-octobre 1917 ;
sa batterie, à découvert, est rapidement hors de combat avec plusieurs morts le même jour

 

Langemark destructions
destructions à Langemark pendant la guerre de 1914-1918

Boezinge 1918
d'où est parti Pierre Reynaud, quelques jours avant sa mort (photo de 1918)

 

 

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Pierre FONTVIEILLE

 

Fontvieille Pierre fiche MPLF

Pierre Antoine Fontvieille est né le 6 juin 1897 à Saint-Martin-en-Coailleux.

Il est mort le 14 septembre 1918 dans l'Aisne.

 

 

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Marius PORTE

 

Porte Marius fiche MPLF

 

Marius Baptiste Porte est né le 5 juillet 1887 à Genève (Suisse).

Il appartenait au 1er Régiment d'Infanterie coloniale.

Il a trouvé la mort le 16 décembre 1914 dans la Marne.

 

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la tombe de Marius Porte dans le cimetière de Saint-Chamond (mai 2012)

 

croix Marius Porte
Marius Porte (Saint-Chamond), mort à Servon le 16 décembre 1914

 

 

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Marcel VACHER

 

Vacher Marcel 1899 MPLF

 

Marcel Jacques Vacher est né le 16 janvier 1899 à Saint-Chamond.

Ses parents habitaient Saint-Julien-en-Jarez (Loire), dans la Grande Rue. Sa mère y tenait un café.

 

St-Julien Grande Rue cpa 1
la Grande Rue à Saint-Julien-en-Jarez, avant 1914

 

St-Julien Grande Rue écrite en 1911
Saint-Julien-en-Jarez, Grande Rue, carte postale ancienne écrite en 1911

 

St-Julien Grande Rue cpa 2
Grande Rue de Saint-Julien-en-Jarez, avant 1914

 

Engagé pour la durée de la guerre, le 16 avril 1916 à Saint-Chamond. Il a 17 ans et trois mois.

Mort le 2 août 1917.

extrait fiche matricule

 

 

 

 

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5) statistiques

Après les itinéraires individuels, il est intéressant de donner une image globale et des informations synthétiques sur le groupe des anciens élèves de l'École Pratique qui ont partagé le destin commun d'une mort dans la Grande Guerre.

 

A) données démographiques sur les 51 "élèves"


Louis ARRIVET : 1899-1918 (18 ans)

Placide BABOIN :1895-1916 (21 ans)

Joannès BADOR : 1882-1914 (32 ans)

Jean BOTTE : 1893-1914 (21 ans)

Jacques BUNARD : 1887-1918 (31 ans)

Laurent CHAMPAGNAT : 1894-1918 (23 ans)

Pierre CHAZET : 1897-1915 (18 ans)

Paul CHORLIOT : 1890-1919 (29 ans)

Marius CLAVEL : 1893-1914 (20 ans)

Antoine DEFAIX : 1895-1915 (19 ans)

Jean DEPOUILLY : 1897-1918 (20 ans)

Claudius DUBREUIL : 1891-1917 (26 ans)

Jean DUBREUIL : 1892-1916 (23 ans)

Marius FARA : 1881-1914 (33 ans)

Louis FOND : 1892-1915 (22 ans)

Philippe FRANÇON : 1892-1914 (22 ans)

Pierre FRÉCON : 1890-1914 (24 ans)

François GACHON : 1894-1917 (22 ans)

Jean GACHON : 1892-1914 (22 ans)

François GIRARD : 1886-1914 (28 ans)

Pierre GOBERT : 1891-1914 (23 ans)

Marius GRANJON : 1890-1918 (27 ans)

Jean GRENIER : 1895-1918 (22 ans)

Joseph GUICHARD : 1883-1914 (31 ans)

Antoine JOUBERT : 1898-1918 (20 ans)

Antoine LARDERET : 1897-1918 (20 ans)

Jean LEZEY : 1890-1914 (24 ans)

Jean MAISONNIAL : 1894-1918 (24 ans)

Jean MALLET : 1897-1917 (20 ans)

Jean MOREL : ------

Antoine MOULIN : 1886-1916 (30 ans)

Pierre NANTAS : ------

Marcel NOUVEAU : 1888-1914 (25 ans)

Claudius PACCALIER : 1894-1915 (20 ans)

Marius PASCAL : 1894-1916 (21 ans)

René PLÉNET : 1894-1918 (23 ans)

François POYET : 1882-1914 (32 ans)

Marius POYET : 1891-1918 (27 ans)

Léon PROST : 1894-1914 (26 ans)

Félix RELAVE : 1880-1918 (38 ans)

Marius REMILLIER : 1882-1914 (32 ans)

Jules REYMOND : 1887-1915 (27 ans)

Henri SEYTRE : 1891-1918 (27 ans)

Émile STOECKEL : 1889-1914 (24 ans)

Wilfrid VIGOUROUX : 1893-1915 (22 ans)

Claudius VINCENT : 1894-1916 (21 ans)

André MARCELLIN : 1888-1915 (26 ans)

Pierre REYNAUD : 1891-1917 (26 ans)

Pierre FONTVIEILLE : 1897-1918 (21 ans)

Marius PORTE : 1887-1914 (27 ans)

Marcel VACHER : 1886-1914 (32 ans)

 

B) quelles ont été les années les plus meurtrières ?

 

décès par année
dates de mort des anciens élèves de l'École Pratique de Saint-Chamond
(Claude Lebois) selon les années du conflit

Il apparaît facilement que les années 1914 et 1918 ont été les plus meurtrières par rapport aux années intermédiaires. En réalité, la prépondérance de l'année 1914 est beaucoup plus importante puisqu'elle ne compta que 5 mois de guerre. Proportionnellement, il y eut six fois plus de décès en 1914 qu'en 1915, par exemple.

La comparaison avec le bilan d'ensemble pour l'amée française (tableau ci-dessous) indique donc une surmortalité des anciens élèves de l'École Pratique pour l'année 1914 : 36% des victimes contre 21%. Il en va de même pour l'année 1918 : presque 32% pour les anciens élèves contre 16% pour l'ensemble des combattants français.

 

pertes françaises 1914-1918
tableau d'ensemble pour l'armée française

 


C) quelles ont été les unités (régiments) ?


Très peu d'anciens élèves de Saint-Chamond se sont trouvés regroupés dans les mêmes unités lors de la guerre. La plupart ont été affectés dans des régiments très différents. Aucune explication ne peut en être fournie pour l'instant. Mais cela n'a rien d'exceptionnel non plus...

Voici les unités mentionnées sur les fiches ; avec quelques incertitudes quand certains soldats n'ont pu être clairement identifiés (homonymie, localisation quasi identique...) comme provenant de l'École Pratique de Saint-Chamond :

11e Bataillon de Chasseurs Alpins (2)

12e Bataillon de Chasseurs à Pied

13e Bataillon de Chasseurs Alpins

28e Bataillon de Chasseurs

54e Bataillon de Chasseurs à Pied

16e Régiment d’Infanterie (incertain)

17e Régiment d’Infanterie (2)

38e Régiment d’Infanterie (4)

49e Régiment d’Infanterie (incertain)

56e Régiment d’Infanterie

69e Régiment d’Infanterie

118e Régiment d’Infanterie

123e Régiment d’Infanterie (2)

133e Régiment d’Infanterie (2)

142e Régiment d’Infanterie

152e Régiment d’Infanterie

155e Régiment d’Infanterie

158e Régiment d’Infanterie

161e Régiment d’Infanterie

165e Régiment d’Infanterie

174e Régiment d’Infanterie

201e Régiment d’Infanterie

216e Régiment d’Infanterie (incertain)

238e Régiment d’Infanterie

275e Régiment d’Infanterie

311e Régiment d’Infanterie

339e Régiment d’Infanterie

346e Régiment d’Infanterie

358e Régiment d’Infanterie

414e Régiment d’Infanterie

14e Régiment de Dragons

4e Régiment d’Artillerie de campagne

6e Régiment d’Artillerie de campagne

7e Régiment d’Artillerie à pied

16e Régiment d’Artillerie

260e Régiment d’Artillerie de Campagne

263e Régiment d’Artillerie de Campagne

7e Régiment du Génie (2)

10e Régiment du Génie (2)

2e Régiment de Marche d’Afrique

2e Bataillon de Marche d’Afrique, infanterie légère (incertain)

8e Régiment de Zouaves de Marche

2e Groupe d’Aviation, Escadrille 36

 

Michel Renard
professeur d'Histoire
au lycée Claude Lebois (Saint-Chamond)

MR aux AM 2014


Kim Lekhal
assistante de recherche

Kim Lekhal 2014 cimetière

 

 

III - transmettre la mémoire et perpétuer le

patrimoine à Saint-Chamond

 

1) pour une politique de patrimonialisation du cimetière

Les anciens élèves de l'École Pratique et d'Industrie de Saint-Chamond sont, pour le plus grand nombre, enterrés dans le cimetière communal.

Si les sépultures disposées autour du monument aux morts sont régulièrement entretenues, grâce notamment au Souvenir français, les tombes familiales le sont moins. Pour la simple raison que les descendants ne sont souvent plus sur place.

Il importe de veiller à l'entretien de ce patrimoine historique. Et d'envisager des mesures originales, car le cadre législatif a vieilli et ne permet pas de faire face aux situations nouvelles que le temps a créées. C'est notamment le cas des tombes familiales.

D'une manière plus générale, le moment est venu de réfléchir à une patrimonialisation du cimetière. Comme toute nécropole communale, celle de Saint-Chamond a d'abord vocation à permettre l'inhumation des décédés récents et à pourvoir à la protection des tombes selon le régime actuel des concessions.

Mais le cimetière abrite aussi des monuments funéraires et de simples sépultures qui ont acquis la dimension d'un témoignage historique à sauvegarder. Une ville ne saurait se priver des traces de son passé. Car il appartient à tous. Morts et vivants.

 

__________________________________

2) le cas de la tombe de Pierre Frécon

tombe Frécon 2 bis (2 fév 2014)

 

lettre au Maire de Saint-Chamond (4 février 2014)

 

MR aux AM

Michel RENARD
42400 – Saint-Chamond

4 février 2014

Monsieur le Maire
Hôtel de Ville de Saint-Chamond

Objet : sépulture de Pierre Frécon
Mort pour la France (1890-1914)

Monsieur le Maire,

J’ai l’honneur d’attirer votre attention sur la situation de la tombe de Pierre Frécon (1890-1914) et de sa mère (1863-1932) sise dans le cimetière communal.

Cette sépulture porte, depuis un certain temps, la plaque officielle «cette concession échue sera reprise par l'administration».

Effectuant des recherches sur les anciens élèves de l’École Pratique (ancêtre du lycée Claude Lebois) «morts pour la France», dans la perspective des hommages qui seront rendus lors des commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale, je vous informe que Pierre Frécon fait partie de ces anciens élèves.

Sa famille ayant opté pour l’inhumation familiale, Pierre Frécon n’entre donc pas dans le cadre des dispositions assurant la sépulture perpétuelle aux frais de l’État (articles R564, D408 et L496 du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre).

Néanmoins, au-delà de ces strictes dispositions législatives, ne pensez-vous pas qu’il conviendrait, par devoir de mémoire, d’envisager les moyens de perpétuation de cette tombe à titre d’hommage public ?

L’aspect extérieur de cette sépulture n’est guère endommagé. Seul se manifeste une inclinaison due à un affaissement latéral droit de la stèle.

Je souhaiterais, s’il vous plaît, connaître votre sentiment à l’égard de cette situation.

Le lycée, en collaboration avec l’institution militaire, envisage plusieurs actions de commémoration (2014-2018) de la Première Guerre mondiale et d’hommage à ses anciens élèves qui sont morts pour la France.

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer, Monsieur le Maire, l’expression de ma considération distinguée.

Michel Renard
Professeur d’Histoire au lycée Claude Lebois
Membre du Conseil scientifique de la Fondation
pour la Mémoire de la guerre d’Algérie

réf.
http://profshistoirelcl.canalblog.com/archives/2008/06/18/28951098.html

 

réponse de la Mairie  (13 mars 2014)

Hôtel de Ville St-Cham

réponse Mairie

 

Saint-Chamond
le 13 mars 2014

Objet : sépulture de Pierre Frécon

Monsieur,

Par courrier en date du 4 février 2014, vous attirez mon attention sur l'état d'entretien de la concession de la famille Cellard-Frécon, sise rangée 13, n° 116, au cimetière de Saint-Chamond.

Cette concession perpétuelle abrite, effectivement, la sépulture de Pierre Frécon, mort pour la France en 1914.

Un travail de recensement de ces tombes privées accueillant des soldats morts pour la France sera mené avec le service patrimoine de la collectivité. Puis, une réflexion globale sera engagée afin de trouver les ressources nécessaires à la perpétuation de ces sépultures.

Je vous remercie sincèrement de m'avoir interpellée à ce sujet, et vous prie de croire, Monsieur, à l'assurance de ma considération distinguée.

Le maire,
pour le maire et par délégation,
la conseillère municipale chargée de l'état civil,
des élections et de la population
Nathalie Champalle

commentaire

Trois engagements ont été formulés par la Mairie, à la date du 13 mars 2014 :

1) une opération de recensement de toutes les tombes des "morts pour la France" sera entreprise ;

2) une réflexion globale sera organisée - espérons qu'elle sera la plus large possible ;

3) la formulation d'un objectif : "trouver les ressources nécessaires à la perpétuation de ces sépultures".

C'est tout à fait louable.

Souhaitons que, quelque soit le résultat des élections, ces engagements seront tenus.

Michel Renard
15 mars 2014

tombe Baptiste Gourgeon
Baptiste Gourgeon (1886-1914), mort pour la France
(photo du 2 mars 2014)

 

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vendredi 6 mai 2016

l'humanisme de la Renaissance

Vénus Botticelli et Pic de la Mirandole

 

Simonetta Vespucci

 

 

l'humanisme de la Renaissance

XVe - XVIe siècle

 

 

1) définitions

 

humanisme titre (1)

  • un mouvement intellectuel qui a transformé la vision du monde et de l'homme en plaçant celui-ci au centre de la vie terrestre.
  • une approche nouvelle de l'héritage de l'Antiquité qui refuse les interprétations et déformations de la scolastique (pensée religieuse des universités médiévales).
  • une discussion critique et historique des documents du passé, notamment à partir de l'étude (philologie historique) des langues latine, grecque et hébraïque ; on appelle cela le libre examen. Les penseurs de l'Antiquité ne sont plus des autorités (auctoritas) mais des auteurs (auctor).
  • une refonte des conceptions de la pédagogie (école et programmes).
  • dans le domaine de la peinture et de la sculpture, l'humanisme s'exprime par la priorité du sujet humain et par le naturalisme fondé sur l'étude scientifique du monde extérieur au moyen de deux nouvelles armes : la perspective et l'anatomie.

 

humanisme titre (2)

  • il n'est pas une doctrine, mais un mouvement divers dont les auteurs sont réunis par l'usage d'une langue commune à toute l'Europe savante : le latin.
  • il n'est pas anti-religieux ni anti-chrétien, même si il célèbre les mérites de la civilisation païenne.
  • il n'est pas une vision du monde partagée par tous les éléments des sociétés d'Europe, mais seulement par une élite de la fortune et de l'esprit. Les mentalités populaires n'ont pas été affectées par lui.
  • il n'a pas effacé les autres expressions intellectuelles et artistiques issues du Moyen Âge qui ont coexisté avec lui.
  • il n'est pas une transformation profonde des structures économiques et sociales. Aucune renaissance ne s'est accomplie dans la vie économique ni dans les institutions politiques.

 

D'une manière générale, la Renaissance ne se confond pas avec les XVe et XVIe siècles, mais se définit par l'humanisme qui est l'exaltation de l'individu ; pas de n'importe quel humain mais des membres d'aristocraties de la fortune et du savoir.

La Renaissance est donc la face culturelle de la domination des aristocraties. Mais elle a apporté à toute l'humanité.

 

Ghirlandaio les humanistes Ficin, Landino, Politien et Gentile Becci
Domenico Ghirlandaio, détail de l'Annonciation... (1485-1490), avec quatre humanistes :
de g. à d., Marsile Ficin, Cristoforo Landino, Ange Politien et Gentile Becchi

 

 

2) du Moyen Âge à la Renaissance 

 

Pour les hommes du Moyen Âge, deux institutions ont longtemps semblé constituer l'horizon de leur vie : l'Église et l'Empire. Mais des crises internes ont divisé la Papauté et l'Empire qui ont perdu leur crédibilité.

Un nouveau pouvoir a émergé : la force intellectuelle des humanistes avec qui les empereurs, rois et papes doivent composer.

Dans ce contexte, trois découvertes ont élargi le champ des esprits cultivés :

  • la découverte des livres (scoprimento di libri) ;
  • la découverte de l'Antiquité (scoprimento d'Antichità) ;
  • la découverte de l'Amérique (scoprimento dell' America).

Mais les hommes du temps de ces découvertes sont en partie restés ce qu'ils étaient : des médiévaux. La rupture entre le Moyen Âge et la Renaissance n'est pas une frontière nette. Les cultures ont coexisté.

La culture du Moyen Âge se caractérisait par :

  • l'art gothique ;
  • l'idéal de la chevalerie ;
  • la philosophie scolastique.

Ces trois composantes sont nées en France et l'apogée du Moyen Âge a été une époque d'hégémonie culturelle française en Europe. Ces formes ont perduré au XVe et jusqu'au XVIIe siècle.

Mais, à la Renaissance, elle ont perdu leur monopole et ont dû rivaliser avec des principes et des styles, issus du monde antique, apparus en Italie.

Pourquoi en Italie ?

  • parce que les modèles français avaient moins pénétré que dans d'autres régions d'Europe ;
  • parce que la scolastique était arrivée tard et que dans les universités italiennes, on enseignait surtout le droit, les arts et la médecine ;
  • parce que les cités italiennes étaient autonomes avec une culture laïque et non ecclésiastique.

 

Leonardo Bruni
Leonardo Bruni (1370-1444)

 

L'étude des langues anciennes et des textes de l'Antiquité était liée aux notions de vertu, d'amour du prochain. On leur donnait le nom latin d'humaniores litterae (les lettres qui nous rendent plus humains) ou de studia humanitatis (lettres humaines), d'où le nom d'humanistes (humanistas, en latin ; umanista, en italien).

Le vocable humanisme n'est apparu qu'au milieu du XIXe siècle.

 

humanisme citations (2)

 

Donc, on passe de l'humain à l'homme quand on revêt l'humanitas dans la pratiques des belles-lettres ou des studia humanitatis..

 

 

3) cartes

 

Italie après 1454
l'Italie après la paix de Lodi (1454) entre les grandes cités du Nord

 

Italie en 1494
l'Italie, ou "les Italie", en 1494

 

foyers humanisme italien
les foyers de l'humanisme en Italie au XVe siècle

 

Italie artiste (1)
l'Italie artiste au XVe siècle

 

berceau et foyers Renaissance
berceau et foyers de la Renaissance

 

foyers humanisme en Europe
les quatre foyers de la Renaissance en Europe : Italie, France, Allemagne, Flandre

 

foyers humanisme européens
les quatre foyers de la Renaissance en Europe : Italie, France, Allemagne, Flandre

 

 

 

4) les précurseurs en Italie

 

Diapositive1

 

 

5) les humanistes en Italie au XVe siècle

 

humanistes en Italie XVe siècle

 

 

 

6) les humanistes conseillers du Prince : début du XVIe siècle

 

humanistes conseillers du Prince tableau

 

 

 

7) les premiers humanistes en France : XVe-XVIe siècle

 

premiers humanistes en France tableau à compléter

 

 

8) les poètes humanistes en France : XVe-XVIe siècle

 

poètes humanistes France (1) tableau

 

 

poètes humanistes France (2)

 

 

 

Joachim du Bellay

 

 

 

________________

 

 

 

uomo vitruviano
le symbole de l'humanisme : l'Homme de Vitruve par Léonard de Vinci

 

 

 

bibliographie

  • Érasme et l'Espagne, Marcel Bataillon, (1937-1991), Droz, 1998.
  • L'humanisme italien, Eugenio Garin, (1947), Albin Michel, 2005.
  • La théorie des arts en Italie, 1450-1600, Anthony Blunt, (1940-1956), "idées/arts", Gallimard, 1966.
  • L'homme de la Renaissance, Eugenio Garin, (1988), Seuil, 2002.
  • La civilisation de l'Europe à la Renaissance, John Hale, (1993), éd. Tempus/perrin, 2003.
  • L'humanisme. L'Europe de la Renaissance, André Chastel et Robert Klein, (1963), éd. Skira, 1995.
  • La civilisation de la Renaissance, Jean Delumeau, Arthaud, 1984.
  • L'origine de la perspective, Hubert Damisch, (1987), "Champs arts", Flammarion, 2012.
  • La révolution culturelle dans la France des humanistes. Guillaumé Budé et François 1er, Gilbert Gadoffre, Droz, 1997.
  • La Renaissance européenne, Peter Burke, Seuil, 2002.
  • La Renaissance, 1470-1560, Christian Hermann, Éditions du Temps, 2002.
  • Anthologie des humanistes européens de la Renaissance, édition de Jean-Claude Margolin, Folio classique, 2007.

 

Garin couv

 

 

Michel Renard
professeur d'histoire
au lycée de Saint-Chamond

* travail en cours de rédaction

 

 

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