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il n'y a pas d'image de l'abbé Pierre datant de son
engaement dans la Résistance (ici, en 1954)





«Il aurait mérité dix fois

d'être fait “Juste parmi les nations”»

Henri Grouès est devenu l’abbé Pierre dans la Résistance. Mais il a eu

d’autres pseudonymes : Georges Houdin ou Harry Barlow…


Jean-Claude Duclos, conservateur du musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère décrit pour Libération.fr l’itinéraire de l’abbé Pierre dans la Résistance et particulièrement son action en faveur des juifs.

par Jean-Dominique MERCHET
LIBERATION.FR : mercredi 24 janvier 2007

 

Jean-Claude Duclos - (l'abbé Pierre) est entré dans la Résistance dès la rafle des juifs à Grenoble, le 26 août 1942. Il était alors vicaire à l’Eglise Notre-Dame et son évêque, Mgr Caillot, était un chaud partisan du maréchal Pétain. L’abbé Pierre, qui ne portait pas encore ce nom, a hébergé des Juifs, leur a confectionné de faux papiers et les a fait passer clandestinement en Suisse, par la région de Chamonix. Il aurait mérité dix fois d’être fait “Juste parmi les nations”, mais la demande n’a jamais été faite. Son action en faveur des juifs est incontestable. Ici, nous avons été offusqués quand on a essayé de le faire passer pour antisémite, à cause de son amitié pour Roger Garaudy (un auteur négationniste, ndlr).

L’abbé Pierre a également organisé, en novembre 1942, le passage en Suisse de Jacques De Gaulle, le jeune frère du général, qui était entièrement paralysé à la suite d’une maladie. Il va ensuite organiser la fuite aux maquis des jeunes réfractaires au Service du travail obligatoire. D’abord dans le massif de la Chartreuse, puis dans le Vercors. Lui-même n’a jamais combattu.

En janvier 44, l’abbé Pierre qui a été repéré par les Allemands, quitte l’Isère et au terme d’un long périple par l’Espagne, gagne Alger où il rencontre le général De Gaulle. Comme de nombreux résistants, il est naturellement entré en politique à la Libération, pour changer la société.

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biographie de l'abbé Pierre

De son vrai nom Henri Grouès, l'Abbé Pierre a consacré sa vie aux déshérités. Né le 5 août 1912 à Lyon dans une famille nombreuse et aisée, il effectue des études chez les Jésuites, avant d'entrer à 19 ans chez les Capucins, le plus pauvre des ordres mendiants. Malade, il doit les quitter peu après son ordination le 24 août 1938. Affecté au diocèse de Grenoble, il devient vicaire de la basilique Saint-Joseph, aumônier d'un orphelinat, puis vicaire à la cathédrale de Grenoble. Sous l'Occupation, il entre dans la clandestinité en 1942, vient en aide aux Juifs, soutient les résistants du Vercors et réussit à faire évader Jacques de Gaulle, le frère du général de Gaulle. Arrêté en mai 1944 par les Allemands à Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques), il réussit à s'échapper et à rejoindre Alger.

Député MRP de Meurthe-et-Moselle (1945-1951), l'Abbé Pierre fonde en 1949 "Les Compagnons d'Emmaüs", avant de lancer le 1er février 1954 son célèbre appel radiodiffusé pour "l'insurrection de la bonté" au cours du terrible hiver de cette année-là.



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la basilique Notre-Dame à Grenoble avant-guerre : Henri Grouès
(l'abbé Pierre) y fut vicaire au début des années 1940




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