mardi 20 juin 2006

Louise Labé - accueil

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Louise Labé (1524-1566)

poétesse lyonnaise de la Renaissance


Louise Labé (1524-1566) une des premières femmes qui se soit affirmée comme poète et écrivain. Surnommée La Belle Cordière, elle est née à Lyon dans un milieu de riches cordiers (fabrication du fil, de ficelles, de cordes). Exceptionnellement pour une "femme du peuple", elle reçoit une éducation universitaire. Louise apprend le latin, l'italien, quelques rudiments de grec, la musique (on l'appelait "La z_7zdame au luth"), mais aussi tous les arts des armes traditionnellement réservé aux hommes. Au mépris des condamnations religieuses de l'époque, elle s'habille en homme pour monter à cheval tel un écuyer et "Le capitaine LOY " (comme on l'appelait aussi) s'illustre aux jeux martiaux de la joute. En 1555 par privilège accordé par le Roy, Louise est la seule lyonnaise de son temps à être publiée de son vivant. Le recueil contient un texte en prose : "le Débat de folie et d'amour", trois élégies, vingt-quatre sonnets. Immense et immédiat succès de ce petit livre qui fut réédité trois fois au cours de l'année 1556. Nous ne savons presque rien sur les dix dernières années de sa vie. En 1566, Louise Labé part discrètement.

(source : un document des "Amis du Club des poètes")



- la vie de Louise Labé (dossier détaillé - académie de Lyon)traboulestjean161x210

- la vie et l'oeuvre de Louise Labé (anthologie francophone)

- Les sonnets de Louise Labé : dossier réalisé par des professeurs en stage (académie de Lyon)

- liste des sonnets de Louise Labé (site poesie.webnet.fr)

- les oeuvres poétiques de Louise Labé (Aurore Rubio, étudiante)

- Lyon au XVIe siècle (site Renaissance-France)

- Louise Labé a-t-elle vraiment existé ? S'agit-il d'une supercherie littéraire ? Débat autour du livre de Mireille Huchon : Louise Labé : une créature de papier.




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Louise Labé, Oeuvres complètes
(Garnier-Flammarion, 2004)


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Oeuvres poétiques,

précédé de "Rymes" de Pernette du Guillet
(Gallimard,1983)


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François 1er (1515-1547)



éd. Garnier-Flammarion, 1993





Place des femmeslouiselabe1

dans la culture de la Renaissance



Les femmes, enfermées à la maison, étaient entr'aperçues seulement comme impératrices, prêtresses ou prostituées, ou comme objets des sentiments d'un poète. Il n'y avait de ce côté-là aucune voix utile ou rassurante à écouter. Tout au plus une meilleures connaissance de la société grecque ou romaine confirmait-elle la tendance à limiter, au-dessus de la classe des boutiquiers, le rôle des femmes à celui de maîtresse de maison et de mère de famille. En revanche, ayant désormais accès à la culture humaniste grâce aux livres imprimés, les filles et les femmes des familles qui l'acceptaient pouvaient en savoir autant que la plupart des hommes. À la fin du XVe siècle, les talents de latiniste et d'helléniste de la Vénitienne Cassandra Fedele et ses dons d'orateur manifestés à Venise et à l'université de Padoue lui valurent, toute jeune encore, une grande renommée. Angelo Poliziano, ami de Laurent de Médicis et précepteur de ses fils, avec Ficin et Pic de la Mirandole, l'un des tout premiers lettrés florentins, lui écrivait en 1491 son admiration pour Pic : "Jamais il n'y eut mortel plus brillant que lui, ni, à mon jugement, plus versé dans toutes les branches de la connaissance. Or écoutez bien Cassandra, je vous range immédiatement après lui, et peut-être même à ses côtés". Elle fut invitée par la reine Isabelle à la cour d'Aragon, mais le Sénat lui refusa l'autorisation de quitter la ville sur laquelle rejaillissait sa réputation. Par la suite, bien2262020329.08.lzzzzzzz que parfois elles fussent regardées par les hommes comme des phénomènes de foire, l'humanisme put se vanter d'avoir formé des femmes de haute culture, telle cette tragique victime de l'intrigue royale, lady Jane Grey, brièvement reine d'Angleterre avant son exécution en 1554, et sa contemporaine, la poétesse française Louise Labé.

John Hale, La civilisation de l'Europe à la Renaissance, (1993) Perrin- Tempus, 2003, p. 212-213.



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une femme de la Renaissance :
Diane de Poitiers (1499-1566),
favorite du roi Henri II (1547-1559)


L'imprimerie incitait aussi davantage d'hommes et de femmes à écrire, et à bien écrire : le recul de l'illetrisme était un bonus pour la littérature. Le livre imprimé donnait un coup de fouet à l'imagination de l'écrivain, qui prenait conscience de la contribution des autres au genre qui l'attirait. Pétrarque, Chaucer et François Villon restaient des exemples pour les auteurs italiens, anglais et français, Virgile, Tacite et Cicéron des modèles universels. Mais le désir de trouver un ton personnel et de le faire entendre était une motivation de plus en plus forte. Dans le caquetage du poulailler littéraire, les voix nouvelles se multiplient : la promesse d'un public élargi incitait les écrivains secrets à sortir de l'ombre. La poétesse lyonnaise Louise Labé, dans son introduction à ses Oeuvres, en 1555, exhortait les femmes à marquer leur siècle en écrivant. Ainsi, disait-elle, elles ne se perdront pas dans la procession anonyme des maîtresses de maison et des porteuses de bijoux, mais laisseront  une trace personnelle : "L'honneur que nous vaudra cette renommée nous appartiendra entièrement, et ne pourra nous être enlevé par l'habileté du voleur... ou par le passage du temps".

John Hale, La civilisation de l'Europe à la Renaissance, (1993)
Perrin- Tempus, 2003, p. 283-284.


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Costume de jeune fille. XVIe siècle. La Damoyselle.
[Illustration du Recueil de la diversité des habits qui sont de présent usage tant es pays d'Europe, Asie, Afrique et isles sauvages...]  François Deserps, aut. du texte,  Paris, R. Breton, 1567 (source)





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film américain de David Miller,
1956





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samedi 17 juin 2006

Voyages - accueil

voyages





Italie (avril 2006)


- voyage en Italie (avril 2006) : reportage photos

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le ponte vecchio sur l'Arno (Florence)






Rotterdam (avril 2006)


- Rotterdam (avril 2006)

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Rotterdam, 3e port du monde (après Singapour et Shanghaï)






Espagne (avril 2006)


- voyage en Espagne (avril 2006) : reportage photos

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la Cour des Orangers à la mosquée de Cordoue



voyages en préparation



États-Unis (2007)



- voyage aux États-Unis (2007)

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Richmond (États-Unis)

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La région correspondant à l'actuel État de Virgine fut découverte par les Européens en 1585. Elle fut ainsi nommée en l'honneur d'Élisabeth d'Angleterre, surnommée la "Reine vierge" (Virgin Queen en anglais).

 

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Civil War Richmond - National Battlefield Park

- National Battlefield Park (Virginie)


Richmond (Virginie) était la capitale des Confédérés (Sudistes) pendant la guerre civile ("guerre de Sécession" : 1861-1865). Elle tombe aux mains de l'armée nordiste le 3 avril 1865, six jours avant la capitulation sudiste à Appomatox.


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dévastation de Richmond pendant la guerre de Sécession


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Pontoon bridge across the James River at Richmond, 1865






- le voyage en Italie (2006)


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- le voyage en Espagne (2006)


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vendredi 16 juin 2006

Histoire et géographie en classe de Seconde


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Sandro Botticelli (1445-1510), Le Printemps (détail)



HISTOIRE ET GÉOGRAPHIE

EN CLASSE DE SECONDE GÉNÉRALE

ET TECHNOLOGIQUE



A. du 1-7- 2002. JO du 10-7-2002
NOR : MENE0201544A
RLR : 524-5
MEN - DESCO A4

Vu code de l'éducation, not. art. L. 311-1 à L. 311-3 et L. 311-5 ; D. n° 90-179 du 23-2-1990 ; A. du 18-3-1999 mod. ; avis du CNP du 27-6-2000 ; avis du CSE du 6-6-2002

Article 1 - Les programmes des enseignements communs d'histoire et de géographie en classe de seconde générale et technologique sont fixés conformément à l'annexe du présent arrêté.
Article 2 - Le directeur de l'enseignement scolaire est chargé de l'exécution du présent arrêté, qui sera publié au Journal officiel de la République française.
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Fait à Paris, le 1er juillet 2002
Pour le ministre de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche
et par délégation,
Le directeur de l'enseignement scolaire
Jean-Paul de GAUDEMAR


Annexe

PRÉAMBULE

La classe de seconde est à la charnière du collège et du lycée : il s'agit tout autant d'y prolonger les acquis du collège que d'initier les démarches propres au lycée, qui conduisent au baccalauréat. Les finalités de l'enseignement, qu'elles soient culturelles, civiques et intellectuelles, demeurent identiques et sont communes à l'histoire et à la géographie ainsi qu'à l'éducation civique, juridique et sociale qui prolonge par ses démarches et les thèmes abordés, l'enseignement de ces deux matières.
Au collège, les élèves ont acquis des connaissances, des notions, des repères chronologiques et spatiaux, des méthodes. Ils ont pris l'habitude d'utiliser des démarches intellectuelles : apprendre à identifier des informations, argumenter. Il ne s'agit pas au lycée de reprendre à l'identique le parcours chronologique et spatial du collège en l'étoffant, mais de mettre en œuvre une approche synthétique et problématisée.
frontonLes programmes d'histoire-géographie permettent en effet la compréhension du monde contemporain, par l'étude de moments historiques qui ont participé à sa construction et par celle de l'action actuelle des sociétés sur leurs territoires. La démarche par laquelle les connaissances sont acquises, la recherche permanente du sens, l'exercice du raisonnement et de l'esprit critique contribuent à la formation des élèves : ils leur donnent une vision dynamique et distanciée du monde, fondement nécessaire d'une citoyenneté qui devient au lycée une réalité effective.
Afin que ces finalités affichées soient réalisables, les contenus des programmes sont nettement délimités tout en préservant la liberté pédagogique des enseignants. La spécificité des modules ne doit pas être perdue de vue : ils permettent une pédagogie différenciée adaptée à l'hétérogénéité des élèves et à la diversité de leurs besoins. Les activités modulaires sont tout autant ancrées dans les contenus disciplinaires que le cours en groupe-classe mais selon des modalités différentes de mises en œuvre.
D'une manière générale, il est nécessaire de respecter la parité horaire de l'histoire et de la géographie.



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PROGRAMME DE GÉOGRAPHIE

Les hommes occupent et aménagent la Terre

Le programme de la classe de seconde a pour objet l'étude de l'occupation différenciée de la Terre par les hommes, envisagée à partir du traitement de six thèmes parmi les sept proposés. Ces thèmes sont traités de façon problématisée au travers d'exemples choisis sur tous les continents et abordés aux différentes échelles. Les études de cas, toujours resituées dans un cadre plus large, visent à fournir aux élèves les moyens de comprendre le monde dans lequel ils vivent. Ainsi, le programme rejoint les objectifs civiques des programmes de collège et d'éducation civique, juridique et sociale (ECJS) du lycée. Il se situe aussi dans le prolongement des programmes du collège qui ont fourni aux élèves un ensemble de repères spatiaux, de notions et les premières bases du raisonnement géographique qu'il s'agit ici d'approfondir dans une démarche problématisée. Il permet d'aborder ensuite les analyses des espaces français et européens en classe de première et une approche globale du monde en classe de terminale.


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La notion d'organisation de l'espace est au cœur de l'ensemble du programme, abordée à travers deux entrées principales : l'environnement et l'aménagement, qui sont présentes dans chaque thème. Ces trois notions sont les composantes distinctes d'une même et unique problématique, celle de l'appropriation et de la gestion de l'espace par les sociétés. L'approche est donc globale, dépassant les distinctions entre géographie physique et géographie humaine, entre géographie générale et géographie régionale ; elle met en évidence les relations multiples et complexes que les hommes entretiennent avec les milieux dans lesquels ils vivent et la façon dont ils aménagent et organisent leurs territoires.

Les élèves explorent les différents supports et pratiquent les langages qui permettent de décrire et d'expliquer l'organisation géographique du monde. Une place privilégiée est accordée à l'analyse de cartes et à la réalisation de croquis. Les technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement (TICE) sont intégrées avec profit, notamment dans des pratiques modulaires : ce sont pour les élèves des outils supplémentaires tant d'appropriation de savoirs et de méthodes que de production de travaux.
Les enseignants déterminent leurs approches pédagogiques, décident, après l'étude du thème introductif, de l'ordre des autres thèmes et du choix entre les littoraux et les montagnes, ainsi que des exemples significatifs qui constituent les supports du raisonnement géographique conduit avec leurs élèves (voir commentaire général).

1. Notion centrale du programme : organisation de l'espace.
2. Notions transversales du programme : environnement, aménagement.
3. Autres notions de base : acteurs spatiaux, contraintes, développement, discontinuités, flux, paysages, pôles, ressources, réseaux, risques, territoires.
N.B. : Les mots clefs apparaissent en caractères rouges dans les commentaires du programme. Le choix a été fait de les présenter de façon contextualisée, plutôt que de fournir une liste.

THÈME INTRODUCTIF OBLIGATOIRE
Plus de six milliards d'hommes sur la Terre
- L'inégale répartition des hommes et des richesses sur la terre
- Une division entre États, mais des enjeux transnationaux
- Frontières, aménagements et environnement

AUTRES THÈMES OBLIGATOIRES
Nourrir les hommes
- Croissance des productions, croissance des populations
- Quelles agricultures pour nourrir les hommes ?
- Agrosystèmes et environnement

L'eau, entre abondance et rareté
- Inégalité de répartition et d'accès à la ressource
- Maîtrise de l'eau et transformation des espaces
- Une ressource convoitée et parfois menacée

Dynamiques urbaines et environnement urbain
- L'explosion urbaine
- Les espaces de la ville
- L'environnement urbain

Les sociétés face aux risques
- Les zones de risques naturels majeurs
- Implantations humaines, activités et risques
- L'inégale réponse des sociétés aux risques et aux catastrophes

UN THEME AU CHOIX
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- La littoralisation des activités
- Espaces littoraux et formes d'aménagement
- Gestion et protection d'espaces convoités
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Les montagnes, entre traditions et nouveaux usages
- Des montagnes inégalement occupées
- La diversité des aménagements
- L'environnement en montagne


COMMENTAIRE GÉNÉRAL
L'intitulé du programme "les hommes occupent et aménagent la terre" renvoie explicitement à l'objet fondamental de la géographie qui étudie le monde en tant que territoire de l'humanité. Il permet donc d'aborder la problématique de l'organisation de l'espace par les hommes qui s'appuie sur une double approche alliant environnement et aménagement, réinvestie dans chacun des thèmes.

1 - L'espace terrestre organisé par les sociétés humaines
L'organisation de l'espace résulte d'un ensemble de processus : appropriation de l'espace, division et gestion des territoires, répartition des habitats, exploitation des ressources, émergence de pôles et mise en place de multiples réseaux de communications. L'espace, ainsi différencié, est riche d'inégalités et de discontinuités mais aussi de liens de dépendance et d'interdépendance qui unissent chaque lieu à d'autres lieux. C'est un ensemble structuré par des relations spatiales qui s'articulent autour de pôles reliés par des réseaux, où circulent des flux.

2 - Les aménagements réalisés par les sociétés humaines
L'aménagement désigne à la fois un ensemble d'actions d'une société et le résultat de ces actions sur son territoire. L'aménagement est donc le fruit d'acteurs qui, dotés de leurs stratégies, de leurs représentations spatiales, sont producteurs d'espace. Il est l'occasion de compétitions entre différentes activités, de conflits entre différents acteurs et différents pouvoirs. Les paysages en sont la traduction visible et leur étude diachronique montre aussi bien le caractère relatif des contraintes et des atouts environnementaux que l'impact grandissant des aménagements humains sur l'environnement.

3 - Les relations que les hommes établissent avec leur environnement
L'environnement est le milieu physique aménagé. Ses différentes composantes (biosphère, atmosphère, hydrosphère, lithosphère, pédosphère) agissent entre elles et sont en interrelations de nature et d'intensité variées avec les sociétés humaines : l'ensemble forme le géosystème. Il faut prendre en compte les ressources ‐ renouvelables ou non ‐, les contraintes ‐ relatives dans le temps et dans l'espace ‐ et les risques, d'origine naturelle ou aggravés, voire déclenchés par les activités humaines. La démarche géographique évite tout catastrophisme systématique qui voudrait que les actions des sociétés ne soient que destructrices ; elle met en avant l'inégale dépendance des sociétés face aux faits naturels suivant leur niveau de développement, mais aussi la fragilité des sociétés développées, les coûts qu'elles doivent assumer. Ainsi, les sociétés se trouvent au cœur de géosystèmes plus ou moins anthropisés : tout ce qu'elles ont construit participe aussi à l'environnement en tant que milieu aménagé.
Cette approche met donc en évidence l'ampleur des différenciations qui existent à la surface de la terre : différenciations aussi bien dans l'organisation de l'espace (des centres d'impulsion aux espaces marginaux), que dans l'aménagement (les techniques mises en œuvre par les sociétés laissent des empreintes très différentes sur l'espace terrestre) et dans l'environnement (inégalités face aux risques naturels comme dans la maîtrise des ressources).

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MISE EN ŒUVRE DU PROGRAMME

1 - Des études de cas contextualisées
Ce programme se traite donc en six thèmes. Chaque thème s'articule autour d'une ou deux études de cas qui mettent en place les problématiques nécessaires à l'appropriation des savoirs et constituent l'apprentissage du raisonnement géographique. Leur choix est donc fondamental : elles doivent être représentatives et sont l'occasion de définir des enjeux, des problèmes à résoudre en analysant des situations géographiques diversifiées. Il est nécessaire que chaque étude de cas soit contextualisée par une mise en perspective à plus petite échelle, s'appuyant prioritairement sur des cartes.
2 - Une approche multiscalaire
Ainsi les études de cas impliquent de travailler à plusieurs échelles. Il ne s'agit pas seulement d'étudier un même phénomène à différentes échelles - par exemple, la répartition de la population à l'échelle mondiale, continentale, d'un pays, d'une région ...- mais aussi de montrer qu'un phénomène étudié à une échelle donnée ne peut être compris sans références à d'autres échelles - par exemple, l'organisation d'un espace littoral qui dépend à la fois d'un tracé de côte, d'une politique nationale d'aménagement, de comportements sociaux, de flux internationaux...
3 - L'utilisation des outils géographiques
Les raisonnements mis en œuvre supposent la maîtrise d'outils géographiques. La carte et le croquis sont des outils majeurs qui impliquent l'apprentissage d'un langage spécifique dont l'utilisation trouvera une application dans les épreuves de baccalauréat qui donnent une place importante à la carte, au croquis et à leur interprétation. Plus largement, qu'il s'agisse de cartes, d'images ou d'autres sources documentaires, l'objectif est de privilégier le repérage, la lecture critique et la mise en relation des informations, apprentissages qui sont déjà au collège les fondements pédagogiques de l'approche des documents.
L'étude de chaque thème s'appuie donc sur des cartes à différentes échelles - de la plus petite qui permet de situer l'étude de cas à la plus grande, plan de ville, POS, plan de prévention des risques...- ainsi que sur des photographies de différente nature, des images satellitales, voire des systèmes d'information géographique (SIG).


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COMMENTAIRE DES THÈMES DU PROGRAMME
Une importance horaire égale est accordée à chaque thème qui permet d'initier le raisonnement géographique en s'appuyant sur les notions de base du programme.

Plus de six milliards d'hommes sur la Terre
L'accent est plus particulièrement mis sur les grands foyers de peuplement du monde. Les inégalités de répartition, de densité de population, de richesses et de développement sont envisagées à partir de la confrontation de cartes.
L'espace mondial se divise en États toujours plus nombreux. Les frontières qui les délimitent sont des discontinuités majeures de l'espace : elles donnent lieu à des formes spécifiques d'aménagement, de gestion de l'environnement et d'organisation de l'espace ; elles induisent des enjeux géopolitiques, voire des conflits concernant des ressources internationales (fleuves, ressources minières et énergétiques...).
Les enjeux environnementaux ignorent les frontières et impliquent une gestion internationale à laquelle les États, d'inégale puissance, adhérent plus ou moins.

Nourrir les hommes
Malgré les signes d'un ralentissement ‐ avancée dans le processus de la transition démographique -, l'accroissement démographique demeure rapide : la capacité de la terre à nourrir l'ensemble de ses habitants reste une question essentielle. Pour y faire face, les systèmes de production sont plus ou moins intensifs (rendement par hectare, productivité par homme), plus ou moins orientés vers les marchés régionaux, nationaux et internationaux ; ils mettent en scène des acteurs très différents : du petit paysan aux grandes firmes de l'agro-business et à leurs filières agro-alimentaires. Certaines pratiques agricoles ont de fortes répercussions environnementales - dégradation des sols, en particulier érosion, allant jusqu'à la désertification - susceptibles de menacer la capacité nourricière de la terre : concilier développement et gestion de l'environnement est un défi majeur à relever (révolution verte, organismes génétiquement modifiés (OGM), cultures et élevages hors-sol...).
Il convient de s'interroger sur l'existence de disettes et de famines : résultent-elles d'une réelle incapacité globale de l'agriculture à nourrir la population mondiale, de données naturelles, de crises économiques et sociales, de conflits politiques ?

L'eau, entre abondance et rareté
L'eau est une ressource que la nature distribue très inégalement sur la terre : les zones arides et semi-arides couvrent le tiers des terres émergées. La disponibilité de l'eau est donc très variable, tout autant que les demandes.
L'augmentation permanente des besoins des hommes et les multiples aménagements peuvent créer des tensions entre différents usages (touristiques et agricoles, agricoles et urbains ...) et à différentes échelles (une ville, une région, un espace continental ...). La quantité comme la qualité de l'eau sont ainsi mises en péril, d'autant que l'eau n'est pas toujours une ressource renouvelable (nappes fossiles). Les pays bien pourvus en eau n'échappent pas à certains arbitrages (tourisme et irrigation notamment les années deacf7v7pu1 sécheresse). Des politiques de gestion de l'eau se mettent en place et le coût de l'eau devient de plus en plus élevé.
Il s'agit de montrer que l'utilisation et la maîtrise de l'eau - irrigation, drainage - donnent naissance à des aménagements traditionnels ou modernes et à des paysages spécifiques. L'eau est depuis longtemps un des moteurs de l'organisation des territoires à différentes échelles : elle a fixé l'habitat, certaines activités... Elle est et sera de plus en plus un enjeu majeur pour les sociétés, pour les États (qu'ils soient riches ou pauvres) et pour la planète toute entière.

Dynamiques urbaines et environnement urbain
La croissance urbaine constitue un phénomène majeur à l'échelle de la planète. Dans les pays en développement, l'urbanisation des populations s'effectue aujourd'hui encore à un rythme très soutenu : de plus en plus de mégapoles s'y localisent.
L'étude des villes à l'échelle intra-urbaine lie l'analyse des paysages et des fonctions, en particulier les fonctions de commandement responsables du phénomène de métropolisation et le phénomène technopolitain qui renforce la centralité des villes en y concentrant les activités de recherche et de haute technologie. Les fonctions urbaines et la centralité que les villes impliquent ne sont pas étudiées de manière exhaustive, ni pour elles-mêmes.
La concentration croissante des populations dans les villes fait de l'environnement urbain un enjeu de plus en plus sensible. La ville est donc envisagée dans son environnement (paysage d'entrée de ville, type d'habitats, friches urbaines, espaces verts...) et en termes environnementaux : les sociétés utilisent des ressources inégalement accessibles et coûteuses comme l'eau ; elles doivent prendre en compte les risques naturels (inondations, instabilité des substrats...), gérer les risques technologiques et réfléchir aux types de transports urbains.
Cette approche met en évidence les inégalités entre les villes des pays riches et celles des pays pauvres.

Les sociétés face aux risques
Une étude géographique des risques ne peut être envisagée qu'en relation avec les sociétés. Les risques définissent des dangers que les sociétés doivent prendre en compte dans leurs choix d'aménagement et de gestion des milieux. Les risques sont de plusieurs types et s'expriment à différentes échelles spatiales.antilles
À petite échelle, les risques naturels majeurs sont inégalement répartis à la surface de la planète, liés à l'instabilité de la lithosphère (volcans, séismes) et aux excès climatiques (cyclones tropicaux, inondations, sécheresses...). Ils concernent parfois des espaces très peuplés. Les catastrophes ne doivent pas être confondues avec les risques : elles sont des risques devenus réalités, qui s'analysent en termes de coût humain et économique et de réactions des sociétés (alerte, aide aux populations, nouveaux choix d'aménagement...). Le bilan des catastrophes est inégal selon le niveau de développement des sociétés.
À plus grande échelle, les activités des hommes peuvent aussi bien déclencher ou aggraver certains risques naturels - avalanches, inondations, glissements de terrains, érosion des sols...- qu'être à l'origine des risques technologiques, liés aux industries, aux transports, à l'énergie nucléaire... Là encore, il y a inégalité des sociétés face aux risques : les choix d'aménagement limitant les impacts des risques varient suivant le niveau de développement des pays ; il importe de souligner la vulnérabilité aux risques des pays riches en raison même de leur développement technologique.

Les littoraux, espaces attractifs
La révolution des transports et la mondialisation de l'économie ont suscité une forte augmentation des flux internationaux et une littoralisation accrue des activités industrielles. Des façades maritimes se sont constituées qui ont une fonction majeure d'interface se traduisant par la croissance des trafics portuaires et la mise en place de vastes zones industrialo-portuaires. De même, les littoraux sont les espaces les plus touchés par le développement du tourisme et des loisirs. L'essor de ces activités a induit une urbanisation massive des espaces côtiers concernés.
La concentration des hommes et des activités le long de certains littoraux (de nombreuses zones littorales demeurent peu ou pas peuplées) en font donc des lieux convoités et menacés par des aménagements, qui, pour certains, les modifient profondément, voire les dégradent en particulier dans leur dimension paysagère. Les dynamiques naturelles des littoraux, ainsi modifiées, et leur fragilité nécessitent une gestion spécifique, en particulier dans les zones humides, mais elles rendent les mesures de protection très relatives.

Les montagnes, entre traditions et nouveaux usages
Les montagnes sont des espaces plus ou moins anciennement occupés et aménagés ; certaines sont quasi vides et d'autres sont très peuplées. L'analyse des aménagements montre leur impact sur des milieux souvent contraignants et parfois sources de risques pour les utilisateurs. Elle souligne également la relativité des contraintes physiques en fonction du degré de développement technique et économique. Les études diachroniques de paysages montrent les modifications des usages au cours des temps, l'évolution des contraintes et des risques et les conséquences pour les géosystèmes montagnards.
Le paysage devient d'ailleurs lui-même une ressource, en particulier pour l'activité touristique ; les conceptions différentes que les sociétés humaines peuvent avoir de l'utilisation de la montagne engendrent parfois des conflits d'usage.




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Acropole, Athènes


PROGRAMME D'HISTOIRE

Les fondements du monde contemporain

Comme le rappelle le préambule général, les programmes de lycée ont pour finalité la connaissance et la compréhension par les élèves du monde contemporain ; ils prennent en compte le fait que les élèves issus du collège ont déjà parcouru à grands traits la trame générale de l'histoire.
La nouvelle rédaction du programme d'histoire de seconde reprend l'articulation et la problématique générale du programme précédent. Sa réécriture a voulu intégrer les enseignements tirés de sa mise en œuvre dans les classes depuis 1996, afin de le mener plus sûrement à son terme.
Ce programme choisit donc toujours de privilégier l'étude de quelques moments historiques qui sont des jalons importants dans l'élaboration de la civilisation contemporaine et qui constituent souvent des ruptures majeures (ruptures culturelles, politiques, économiques et sociales).

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Les thèmes suivants sont étudiés :
- un exemple de citoyenneté dans l'Antiquité : le citoyen à Athènes au Vème siècle avant J-C. ;
- une approche de la religion chrétienne, composante majeure de la civilisation occidentale ;
- la diversité des civilisations médiévales ;
- une nouvelle vision de l'homme et du monde à la Renaissance ;
- le tournant fondamental représenté par la période révolutionnaire en France ;
- l'Europe en mutation pendant la première moitié du XIXème siècle (jusqu'aux révolutions de 1848 incluses).

Comment aboutir à une cohérence d'ensemble dans l'année, alors que l'approche est discontinue ? Il faut expliquer aux élèves les raisons de ces choix et les finalités de l'enseignement de l'histoire en classe de seconde. Ces finalités sont culturelles : il s'agit, pour eux, de construire une culture et pas seulement d'accumuler des connaissances factuelles. Après avoir rigoureusement replacé chaque moment historique étudié dans l'espace et dans le temps, une place privilégiée est accordée à l'analyse de quelques documents fondamentaux pour mettre en évidence les grands repères du programme.
Les finalités civiques sont, par ailleurs, étroitement liées aux finalités culturelles. Pour autant, les moments historiques proposés par le programme ne sont pas des modèles ; ils doivent permettre de développer l'esprit critique, la tolérance et la reconnaissance de l'autre.

Afin de mener à son terme l'étude du programme, les enseignants traitent trois des quatre premiers thèmes ; l'un de ces quatre thèmes est évoqué rapidement en l'introduisant lors de l'étude d'un des autres moments historiques. Ainsi la citoyenneté athénienne peut être évoquée lors de l'étude des mots clefs du vocabulaire politique dans le cadre du thème consacré à la Révolution et aux expériences politiques en France jusqu'en 1851, la religion chrétienne lors de la présentation des civilisations méditerranéennes au XIIème siècle, les héritages culturels du XIIème lors de l'étude de l'Humanisme...
Les thèmes V et VI, par l'importance qu'ils revêtent dans l'élaboration du monde contemporain, doivent bénéficier de la moitié environ du volume horaire attribué à l'histoire.
Les enseignants déterminent librement leurs approches pédagogiques et peuvent insister plus ou moins sur tel ou tel aspect des thèmes proposés.
N.B. : Les mots clefs apparaissent en caractères rouges dans les commentaires des programmes. Le choix a été fait de les présenter de façon contextualisée, plutôt que d'en fournir une liste.

offraI - Un exemple de citoyenneté dans l'Antiquité : le citoyen à Athènes au Vème siècle avant J-C.
- Être citoyen à Athènes
- Une conception restrictive de la citoyenneté

II - Naissance et diffusion du christianisme
- Le contexte religieux et historique de la naissance du christianisme
- La diffusion du christianisme jusqu'à la fin du IVème siècle

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III - La Méditerranée au XIIème siècle : carrefour de trois civilisations
- Les espaces de l'Occident chrétien, de l'Empire byzantin et du monde musulman
- Différents contacts entre ces trois civilisations : guerres, échanges commerciaux, influences culturelles

IV - Humanisme et Renaissance
- Une nouvelle vision de l'homme et du monde
- La Renaissance artistique

V - La Révolution et les expériences politiques en France jusqu'en 1851republique
- Ruptures avec l'Ancien Régime
- Mise en œuvre des principes révolutionnaires
- Héritages conservés, héritages remis en cause

VI - L'Europe en mutation dans la première moitié du XIXème siècle
- Les transformations économiques et sociales
- Les aspirations libérales et nationales jusqu'aux révolutions de 1848
- Un tableau de l'Europe au milieu du XIXème siècle





COMMENTAIRE DES THÈMES DU PROGRAMME

I - Un exemple de citoyenneté dans l'Antiquité : le citoyen à Athènes au Vème siècle avant J-C.
Athènes devient dès le Vème siècle avant Jésus-Christ une cité gouvernée par l'ensemble de ses citoyens. Il faut donc partir du citoyen, en centrant l'étude sur le fonctionnement concret de la démocratie (cadre géographique de la cité, droits et devoirs du citoyen, exercice des magistratures), puis en l'élargissant aux rapports du civique et du religieux, et aux aspects culturels.
per1Il faut en outre souligner la conception restrictive de la citoyenneté que développe Athènes au Ve siècle, et insister sur les limites de la démocratie athénienne : une citoyenneté fondée sur le droit du sang (mais refusée aux femmes), qui exclut les étrangers et les esclaves et dont le fonctionnement est imparfait.
Entrées possibles : les lieux de pouvoir à partir du plan d'Athènes, la religion civique à partir de la frise des Panathénées...



II - Naissance et diffusion du christianisme
Le programme invite à une présentation du cadre géographique et du contexte historique et culturel (l'Empire romain, la situation de la Palestine dans l'Empire, le monothéisme juif), pour mettre en évidence filiations et ruptures.
L'étude d'extraits du Nouveau Testament permet de souligner l'originalité du message chrétien transmis par les apôtres - par rapport à la religion juive et aux religions antiques - et de faire comprendre l'origine du dogme et des pratiques religieuses qui structurent pour longtemps la vie de l'Occident chrétien.stpaul
L'élève doit également percevoir l'élaboration progressive du christianisme et son organisation en Église (prêtres, évêques, conciles...).
Le second point, consacré à la diffusion du christianisme, religion à vocation universelle, pose les problèmes essentiels des relations de l'Église et du pouvoir : comment une religion, dont les adeptes ont été parfois persécutés, devient une religion tolérée, puis la religion d'État de l'Empire.
Entrées possibles : le message chrétien dans des extraits des Évangiles ou d'autres textes de la Bible, l'expansion du christianisme à travers les voyages de Paul de Tarse...


III - La Méditerranée au XIIème siècle : carrefour de trois civilisations
Il convient de présenter rapidement le cadre géographique à partir de cartes, et d'expliciter les limites ph02_sicile1_18chronologiques du sujet (1095-1204). S'il faut éviter de dresser un tableau exhaustif conduisant à l'étude détaillée des trois civilisations du bassin méditerranéen, il est souhaitable d'en souligner les fondements religieux (catholicisme romain, islam, orthodoxie) et politiques.
Le cœur de la question est bien l'idée de carrefour de civilisations. À l'aide d'un petit nombre d'exemples et de documents librement choisis, il s'agit de mettre en valeur la diversité des contacts que développent ces différentes civilisations : affrontements guerriers (croisades, Reconquista...), échanges commerciaux (comptoirs), influences culturelles (syncrétisme).
Entrées possibles : un carrefour exemplaire : la Sicile, un espace de contacts : l'Andalousie ...



IV - Humanisme et Renaissance
Dans l'Europe du XVème et XVIème siècles se produit une modification profonde de la vision de l'homme sur sa condition et sur le monde, ainsi que la naissance d'un esprit scientifique. Dans le même temps se transforment les rapports de l'homme avec la religion (les Réformes). Ces bouleversements sont facilités par les mutations importantes des moyens de communication et de diffusion des idées et des savoirs : invention de l'imprimerie, multiplication des universités, collèges et académies.
Il s'agit de privilégier l'exploitation de quelques documents variés (extraits des grands auteurs de l'Humanisme, œuvres d'art de la Renaissance pour mettre en relation les différents domaines du sujet et faire apparaître ruptures et continuités.
L'utilisation de cartes permet de prendre conscience de l'élargissement du monde (les grandes découvertes et de localiser les exemples choisis.
Entrées possibles : des personnalités (des écrivains, des artistes, des mécènes), des foyers de création (Florence, Rome, Flandres...) ou des œuvres emblématiques (peintures, sculptures...).

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carte du monde, Waldseemuller, 1507



V - La Révolution et les expériences politiques en France jusqu'en 1851
Cette question est délibérément centrée sur la France avec un triple objectif :
- faire percevoir la rupture fondamentale représentée par cette période ;
- évoquer les grands repères chronologiques, les moments forts et les acteurs de cette période ;
- dégager un bilan des bouleversements provoqués, en particulier dans les domaines politiques et sociaux.
Le programme invite à organiser cette étude autour de quelques axes privilégiés.
- Afin de comprendre la rupture que constitue la Révolution française, il est nécessaire de commencer par une rapide présentation de la France en 1789 pour souligner les pesanteurs du système politique et social de l'Ancien Régime, alors qu'émergent des idées nouvelles exprimées par les philosophes des Lumières et lors des révolutions anglaise et américaine.delacroix3
- Il faut mettre en valeur les principes qui fondent la Révolution française (droits de l'homme, égalité civile, liberté, nation...) en s'appuyant sur les textes fondamentaux de la période (Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, Constitutions, Code civil) et sur une chronologie montrant comment et par quelles forces sociales ces principes sont mis en œuvre. Au travers des interrogations sur qui vote, légifère et gouverne, les mots clefs du vocabulaire politique sont contextualisés (suffrage censitaire et universel, souveraineté nationale, séparation des pouvoirs, assemblée...).
- Les expériences politiques qui se suivent entre 1789 et 1851 ne doivent pas donner lieu à une étude exhaustive, mais il convient de définir les principaux régimes (monarchie constitutionnelle, république, empire) et d'amener les élèves à réfléchir sur la façon dont les principes fondamentaux de la Révolution ont été conservés ou remis en cause durant la première moitié du XIXème siècle.
Une attention particulière est accordée à l'exclusion persistante des femmes de la vie politique, et à la difficile abolition de l'esclavage.


VI - L'Europe en mutation dans la première moitié du XIXème siècle
Ce dernier thème d'étude se conçoit à l'échelle européenne.
Il invite à mettre en évidence les mutations durables qui s'amorcent durant la première moitié du XIXème siècle :
- les transformations économiques et sociales induites par le démarrage de l'industrialisation (Révolution industrielle) qui se traduisent par l'affirmation de la bourgeoisie, l'émergence de classes sociales nouvelles (monde ouvrier) et le développement du paupérisme ;
railiroad_monet_1- le développement des aspirations nationales et libérales accéléré par les transformations économiques et sociales et les influences de la Révolution française (nationalisme et libéralisme). Sont ainsi mises en évidence la nouveauté du sentiment national et la variété des situations politiques en Europe, dans un contexte de conflit entre les idées libérales et une classe politique qui appartient encore à l'Ancien Régime (Réaction et vagues révolutionnaires de 1830 et 1848) ;
- Des cartes fournissent un tableau des situations économique et politique de l'Europe au milieu du XIXème siècle, afin d'assurer la nécessaire transition avec le programme de la classe de première.

B.O.hors-série n° 6 du 29 août 2002
© Ministère de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche



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l'unité italienne : Garibaldi (1807-1882)


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Opéra/théâtre de Saint-Étienne 2006-2007



Opéra/théâtre de Saint-Étienne

2006-2007








Orphée et Eurydice
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C. W. Gluck

Christoph Willibald Gluck
1714-1787







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Aide pédagogique - classes de Première


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Aide pédagogique

classes de Première




Histoire













Géographie



Chapitres au programme :

1 - Qu'est-ce que l'Europe ?
2 - L'Europe des États et l'Union européenne
3 - Le fait régional : une région en France

4 - Les réseaux urbains et de communication
5 - La mobilité des hommes

6 - Des milieux entre nature et société
7 - L'espace économique français
8 - Disparités spatiales et aménagement du territoire





sites internet


- sur l'aménagement du territoire français : L'exception territoriale : un atout pour la France, rapport d'information au Sénat, avril 2003.

- cartographie : fonds de carte du site sciences-po.fr




















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Passe ton bac d'abord...! - accueil

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Passe ton bac d'abord...!

accueil



sommaire 

 

- sujets de la session de juin 2006

- modalités générales du baccalauréat

- épreuve d'Histoire au Bac (doc. Académie de Grenoble)


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lycée Loritz à Nancy en 1911



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Passe ton bac d'abord...! - session juin 2006

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Passe ton bac d'abord...!

session juin 2006





Session de juin 2006

HISTOIRE - GÉOGRAPHIE

séries L et ES


durée de l'épreuve :

- série L : 4 heures - coefficient : 4

- série ES : 4 heures - coefficient : 5


Le candidat doit traiter UN des trois sujets de géographie

et UN des deux sujets dhistoire


Première partie : GÉOGRAPHIE

Le candidat choisit UN des trois sujets proposés

sujet I - composition
L'Asie orientale, une aire de puissance en expansion


sujet II - composition
Les contrastes de développement dans les Sud
Le candidat pourra notamment s'appuyer sur l'exemple du Brésil


sujet III - étude d'un ensemble documentaire
L'espace rhénan : quelles caractéristiques et quelle place en Europe ?

Liste des documents :

Document 1 : L'espace rhénan au sein des échanges européens
Document 2 : Les villes européennes
Document 3 : Le port de Rotterdam
Document 4 : Les sièges sociaux des grandes firmes (industries et services) de l'espace rhénan
Document 5 : "La Ruhr ne fait plus grise mine"

Questions

Première partie

Analysez l'ensemble documentaire en répondant aux question suivantes :

1. Définissez et délimitez géographiquement l'espace rhénan.

2. En quoi cet espace apparaît-il comme un espace de carréfour et d'échanges (doc. 1 et 3) ?

3. Quelles sont les particularités des villes de l'espace rhénan (doc. 2) ?

4. Identifiez les aspects de la puissance économique de l'espace rhénan (docs. 1, 3, 4)

5. Quelles transformations a connues la Ruhr (doc. 5) ?

Deuxième partie

À l'aide des réponses aux question, de sinformations contenues dans les documenrts et de vos connaissances personnelles, rédigez une réponse organisée au sujet : L'espace rhénan : quelles caractéristiques et quelle place en Europe ?


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Document 1 : L'espace rhénan au sein des échanges européens
(cliquer sur l'image pour l'agrandir)




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Document 2 : Les villes européennes
cliquer sur l'image pour l'agrandir)


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Document 3 : Le port de Rotterdam
(cliquer sur l'image pour l'agrandir)


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Document 4: Les sièges sociaux des grandes firmes (industries et services) de l'espace rhénan
Document 5 : "La Ruhr ne fait plus grise mine"
(cliquer sur l'image pour l'agrandir)



Deuxième partie : HISTOIRE

EXPLICATION D'UN DOCUMENT D'HISTOIRE

Le candidat choisit UN des deux sujets proposés

sujet I
La mémoire de la Résistance vue par le général de Gaulle

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(cliquer sur l'image pour l'agrandir)


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(cliquer sur l'image pour l'agrandir)


sujet II
Une analyse américaine de la situation en Asie dans les années 1960

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(cliquer sur l'image pour l'agrandir)





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jeudi 15 juin 2006

Baccalauréat - modalités

Modalités générales du Baccalauréat



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le Bac, cela se prépare dès le 1er septembre



Les modalités du bac sont énoncées dans les circulaires du ministère de l'Éducation nationale :

- Le baccalauréat général : scientifique (S), littéraire (L), économique et social (ES). Présentation, liste des épreuves et coefficients.







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classe d'un lycée de Nancy en 1911





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Louise Labé, femme trompeuse (journal Libération)


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Lousie Labé, femme trompeuse


La poétesse la plus célèbre du XVIe siècle, figure du féminisme, ne serait qu'invention. C'est la thèse défendue par l'universitaire Mireille Huchon, qui jette un doute sur le travail des biographes.vf_crloges38

par Edouard LAUNET
Libération, vendredi 16 juin 2006

Au 28 de la rue Paufique, à Lyon, est apposée une plaque sur laquelle nous lisons : «La poétesse Louise Labé ­ "La Belle Cordière" ­ vécut en ces lieux au XVIe siècle.» Cette indication est hélas doublement erronée. D'une part, ladite «maison de Louise Labé» a été rasée au XVIIe siècle. D'autre part, et c'est nettement plus embêtant, la poétesse Louise Labé n'a jamais existé. C'est du moins ce qu'affirme Mireille Huchon, professeure à la Sorbonne, dans un ouvrage, Louise Labé, une créature de papier (éditions Droz), qui fait de jolies vagues.


 

louise_labeLa poétesse la plus célèbre du XVIe siècle ne serait qu'un personnage inventé par un groupe de littérateurs lyonnais. Ceux-ci se seraient amusés à «louer Louise» comme du temps de Pétrarque on s'entraînait à «louer Laure», femme idéalisée. Un exercice de style, une créature de papier, bref une mystification. C'est ainsi que seraient nées les fameuses OEuvres de Louise Labé Lyonnaise, parues en 1555, qui contiennent en particulier vingt-quatre sonnets dont beaucoup connaissent encore aujourd'hui, soit un demi-millénaire plus tard, quelques bribes et notamment celle-ci : «Baise m'encor, rebaise-moi et baise/ Donne m'en un de tes plus savoureux/ Donne m'en un de tes plus amoureux/ Je t'en rendrai quatre plus chauds que braise» (sonnet XVIII).

Car Louise Labé passait pour une fille très dégourdie. Son oeuvre exprime la passion amoureuse du point de vue féminin ­ une révolution pour l'époque. Et ses OEuvres s'ouvrent par un texte ­ une épître dédiée à «Mademoiselle Clémence de Bourges Lyonnaise» ­ qui est l'un des tout premiers plaidoyers aux tonalités féministes. Citons-en l'incipit : «Etant le temps venu, Mademoiselle, que les sévères lois des hommes n'empêchent plus les femmes de s'appliquer aux sciences et disciplines : il me semble que celles qui [en] ont la commodité doivent employer cette honnête liberté que notre sexe a autrefois tant désirée.» Les femmes doivent avoir une éducation, comme les hommes, et délaisser «quenouilles et fuseaux» pour se saisir de la plume.


Statue déboulonnée

Tout cela, plus le fait qu'une biographie très lacunaire prête à Louise d'infinies qualités ­ elle sait le latin, l'italien, l'espagnol, la musique, est excellente cavalière, s'est initiée aux métiers des armes, participe à des tournois... ­ a fait de Louise Labé une figure légendaire du proto-féminisme. Malheur à qui déboulonnera la statue !

Or voilà que c'est une femme qui le fait, et qui plus est une femme au sérieux et à l'érudition largement reconnus : Mireille Huchon. Dans son minuscule bureau de la Sorbonne, la directrice de l'UFR de langue française a le sourire de quelqu'un qui vient de jouer un bon tour. Comme si elle-même venait de plier une jolie cocotte de papier. Sauf que l'auteure de Rabelais grammairien n'est pas exactement une farceuse, et que son étude sur Louise Labé n'a rien du roman de gare. En analysant les textes, contexte et paratexte,sceve Mireille Huchon dit avoir repéré «un faisceau d'indices» convergeant vers cette conclusion : ce sont les poètes fréquentant l'atelier de l'imprimeur Jean de Tournes, réunis autour de Maurice Scève (ci-contre) et de quelques autres, qui ont créé les oeuvres de Louise Labé, à savoir les vingt-quatre sonnets, le Débat de folie et d'amour en prose et trois élégies. Le Débat devrait beaucoup à Maurice Scève, les poésies à Olivier de Magny, Claude de Taillemont, Jacques Pelletier du Mans et autres gentilshommes.

Cette controverse autour de Louise Labé ne serait sans doute pas sortie du cercle fermé des seiziémistes (quatre cents personnes en comptant large) si l'historien et académicien Marc Fumaroli n'avait procédé dans le Monde (du 12 mai) à une tintamarresque recension de la Créature de papier sous le titre : «Une géniale imposture». «La démonstration de Mireille Huchon est irréfutable et réjouissante, même si elle doit faire rentrer sous terre les exégètes et les biographes», écrit Fumaroli. Et plus loin cet adieu lapidaire : «Exit Louise Labé».

Au nombre des personnes censées se retrouver six pieds sous terre, il y a Madeleine Lazard, qui a publié en 2004 une très convaincante biographie de la poétesse (1). Dans son vaste appartement tout entier aux couleurs de la Perse (la spécialité de son mari, l'orientaliste et linguiste Gilbert Lazard), la présidente honoraire de la Société d'étude du XVIe siècle apparaît plus intriguée que catastrophée : «Mireille est une amie, et elle ne m'avait rien dit !» Madeleine Lazard a donc découvert le livre après publication. Elle loue chez sa collègue «une patience de détective et une admirable érudition». Mais elle n'est absolument pas convaincue. «Cette argumentation peut séduire de bons esprits, mais il faut fenetre_a_menaux_vieux_lyonbien avouer que ces indices ne forment qu'un faisceau de présomptions. Celles-ci suffisent-elles à condamner la poétesse Louise Labé ?»

Condamner, le mot est fort. Dans le fond, Madeleine Lazard reproche à sa collègue d'avoir travaillé en pure technicienne sans prendre en compte la qualité des poèmes et leur unité. Cette poésie innovait, au milieu du XVIe siècle, parce qu'elle se libérait des sempiternels thèmes pétrarquistes et platoniciens, ainsi que de la tradition courtoise. Or, «les poètes que Mireille Huchon désigne en auteurs probables n'ont jamais rien fait de comparable», note Madeleine Lazard. De toute façon, ne dispose-t-on pas de multiples preuves de l'existence de Louise Labé : témoignages, documents notariaux et même testament ?


Instrument de mystification

Mireille Huchon ne conteste pas l'existence d'une Louise Labé de chair mais, pour elle, cette personne n'aurait été qu'un instrument (volontaire ou pas, on ne sait) de la mystification. «Pour le lecteur moderne, la chose peut apparaître comme une supercherie littéraire, mais à l'époque tout le monde savait probablement que c'était une fiction.» D'ailleurs, relève Mireille Huchon : «Comment expliquer qu'en 1555 paraisse ce livre fulgurant, accompagné de l'éloge de tous les grands poètes lyonnais, et qu'ensuite on n'en parle plus du tout pendant des années ?»

Madeleine Lazard rétorque que Lyon a connu des années difficiles peu après cette publication, avec la peste et l'invasion des troupes de la Réforme : «Ce ne sont pas des circonstances qui favorisent la poésie amoureuse.» A son tour, la biographe interroge : «Comment expliquez-vous que la seule édition des OEuvres en dehors de Lyon a été faite à Rouen (en 1556), sinon par le fait que l'amant de Louise Labé, le banquier Fortini, avait des affaires là-bas ?»

Interrompons là cette partie de ping-pong pour donner la parole à François Rigolot, professeur de littérature française à l'université américaine de Princeton. Cet homme, auteur de plusieurs études sur la poétesse lyonnaise (2), défend une position intermédiaire : Louise Labé a bel et bien existé en tant que poétesse, mais «son oeuvre, comme d'ailleurs beaucoup d'oeuvres avant la promotion du solipsisme romantique, est sans doute le produit d'une entreprise collective». Dans le texte qu'il nous a adressé, titré d'un facétieux lyon4ronsarddet«Supercherie ou superbe chérie ?», François Rigolot détaille quelques supposés précédents : «Marguerite de Navarre ne consultait-elle pas son "valet de chambre" ­ un certain Clément Marot ­ sur la facture de ses vers et le tour de ses rimes ? Rabelais n'a-t-il pas écrit son Pantagruel avec le concours actif de ses amis carabins ?» Le prof de Princeton ajoute : «Ronsard lui-même, le grand Ronsard, qui embouchait à tout moment la trompette de la Gloire pour revendiquer la Priorité dans le renouveau des lettres, ne doit-il pas une bonne partie de son oeuvre à ses condisciples de la Pléiade ?»

Cette idée d'oeuvre collective, avec ou sans Louise, laisse Françoise Charpentier très sceptique. Cette spécialiste du XVIe, qui, en 2001, a supervisé l'édition des poésies de Labé chez Gallimard, souligne que les OEuvres de la Lyonnaise forment un ensemble cohérent, avec des particularités de style et de pensée que l'on retrouve d'un texte à l'autre : «J'ai du mal à croire que cela soit le fruit d'un travail à plusieurs mains.» Travail d'ailleurs si cohérent qu'il a fait l'an dernier son entrée au programme de l'agrégation de lettres modernes !

Reste à évaluer ce que l'identité réelle de son auteur ajoute ou retranche à la qualité d'une oeuvre qui vaut en partie par l'affirmation d'un point de vue singulier : celui d'une femme de la Renaissance. «Ça m'est parfaitement égal que ces OEuvres soient ou non de Louise Labé. Si c'est de quelqu'un d'autre, ce quelqu'un a du talent», estime Françoise Charpentier, qui ne peut s'empêcher de penser qu'il s'agit d'une quelqu'une.


Homme, femme, les deux, plusieurs ?

Pour François Rigolot, de Princeton, une production coopérative ajouterait du sel à l'affaire : «Montaigne portait aux nues "l'art de conférer" et c'est bien cet art de la coopération qui rend la production des sièclesmontaigne passés si émouvante et si riche aux yeux des Modernes.» Louise Labé était assez séduisante en première figure du féminisme, mais en créature de papier elle n'est pas mal non plus : la supercherie n'est-elle pas consubstantielle de la fiction ? Ne jalonne-t-elle pas toute l'histoire littéraire ? Ainsi Clotilde de Surville, poétesse du XVe siècle dont les textes enthousiasmèrent les Romantiques jusqu'à ce qu'on réalise que cette écrivaine, était pure invention. Ainsi Clara Gazul, née de l'imagination de Mérimée. Ainsi, côté hommes, Emile Ajar auquel Romain Gary est allé jusqu'à donner les traits de son neveu Paul Pavlowitch. Et puis encore Jeanne Flore, Louvigné du Dézert, Marc Ronceraille, Colombine de Sennebon, Vernon Sullivan et même les «22 lycéens» auxquels ce journal a cru longtemps, au point de publier leurs lettres, avant que ne se démasque leur véritable auteure, une demoiselle B. de Lyon (3).

traboule_vieux_lyon_021Sur Louise Labé, il est probable que nous n'aurons jamais le fin mot de l'histoire. Homme, femme, ou les deux, ou plusieurs ? «Au train où vont les choses, Louise Labé risque de passer du statut d'icône des gender studies à celui d'icône des queer studies (4)», sourit Mireille Huchon en nous priant de ne surtout pas la prendre au mot.

Pauvre Louise : «Je vis, je meurs, je me brûle et me noie» (sonnet VIII).

(1) Louise Labé, Fayard.

(2) Notamment Louise Labé ou la Renaissance au féminin, Honoré Champion Ed.

(3) Pour une liste complète, voir Supercheries Littéraires, de Jean-François Jeandillou, Droz Ed.

(4) Gender et queer studies désignent aux Etats-Unis les études relatives aux implications sociales et culturelles du masculin, du féminin et du transgenre.



bibliographie

260000534x.01.lzzzzzzz1
- Mireille Huchon, Louise Labé : une créature de papier, Droz, décembre 2005.









2020474239.01.lzzzzzzz- François Rigolot, Poésie et Renaissance, Points-Seuil, 2002.




2070389596.08.lzzzzzzz

- Rabelais, Quart Livre, éd. de Mireille Huchon, Folio-Gallimard, 1998.










2710306719.08.lzzzzzzz

- Françoise Joukovsky, Images de la femme au XVIe siècle, La Table Ronde, 1995.




2253905429.08.lzzzzzzz

- Mireille Huchon, Histoire de la langue française, Le Livre de poche, 2002.









2130414117.08.lzzzzzzz
- Mireille Huchon, Le français de la Renaissance, Puf, "Que sais-je ?", 1998.
















autres références au livre de Mireille Huchon

- "Louer Louise" ou l'énigme Louise Labé, Laurent Angard, avril 2006.


rouen_renaissance
Spectacle nautique donné lors de l’entrée royale d’Henri II et de Catherine de Médicis
à Rouen, le premier octobre 1550. (source)
un autre spectacle, à Lyon (2 septembre 1548), fut décrit par Maurice Scève




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les monts du Lyonnais l'automne

Diane estant en l'espesseur d'un bois,
Après avoir mainte beste assenee,
Prenoit le frais, de Nynfes couronnee :
J'allois resvant comme fay maintefois

(Louise Labé, sonnet XIX)



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